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Full text of "Archives générales de médecine"

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ARCHIVES  GÉNÉRALES 


DE  MÉDECINE. 


ARCHIVES  GENERALES 


DE 


MÉDECINE; 

JOURNAL 


PAR  UNE  SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINS, 


COMPOSÉE  DE  MEMBBES  DE  L’aCAÇÉMIE  ROVALE  DE  MÉDEGISE  ,  DE: 
PBOFESSEDAS  ,  DE  MÉDECINS  ET  DE  GHtEURGIBNS  DBS  IlÙPiTADX. 
CIVILS  ET  MILITAIRES  ,  Ctc. 


I.“ANNÉE.—TOMEI." 

JANVIER  ^823..  9  0  U‘  lî. 


A  PARIS, 


f  BÉCHET  jeune,  Libraite  ,  place  de  l’Ecole  de  M  édecine-, 
CEEZ  <  N.»  4; 

l  MIGNERET ,  Imprimeur-Libraire ,  rue  du  Dragon ,  N.”  acr. 


4823.. 


ARCHIVES  GENERALES 

DE  MÉDECINE. 

JOURNAL 


PAR  UNE  SOCIÉTÉ  DE  MÉDECINS, 

COMPOSÉE  DE  MEMBRES  DE  l’aCADÉMIE  BOTAEE  DE  MEDECINE,  DE 
PROPESSEDES,  DE  MEDECINS  ET  DE  CHIRURGIENS  DES  HÔPITAUX 
ClVItS  ET  MILITAIRES,  CtC. 


PROSPECTUS. 


L’utilité  des  Journaux  de  médeciné  n’a  jamais  été  plus 
réelle  ni  plus  vivement  sentie  qu’à  l’époque  o.ù  nous  som¬ 
mes  arrivés.  Chaque  jeur  ;  des  faits  et  des  aperçus  nou¬ 
veaux  perfectionnent  la  pratique  et  la  théorie  de  l’art  de 
guérir.  Tous  les  médecins ,  également  animés  du  besoin 
de  suivre  cette  heureuse  impulsion  ,  recherchent  les  divers 
recueils  périodiques  dans  lesquels  se  trouvent  rassem¬ 
blées  et  appréciées  les  richesses  que  la  science  ne  cesse 
d’acquérir. 

C’est  dans  de  telles  circonstances  qu’une  société  de 
médecins  s’est  formée  dans  le  dessein  de  publier  un  Journal 
qui ,  conçu  et  exécuté  sur  un  plan  plus  vaste  ijue  la  plu¬ 
part  des  entreprises  du  même  genre  ,  réunisse  les  avantages 
offerts  par  chacune  d’elles  en  particulier. 

Rédigé  dans  l’intérêt  unique  de  la  science,  et  non  dans 
celui  de  quelques  doctrines  ou  de  quelques  hommes  ,  ce 


(.2) 

recueil  contiendra  tous  les  faits  utiles  ,  toutes  les  obser¬ 
vations  importantes  ,  de  quelque  couleur  qu’elles  soient 
empreintes.  Toutes  les  opinions ,  ayant  chacune  leurs  re- 
présentaifs  dans  les  principaux  collaborateurs ,  y  jouiront 
d’égales  prérogatives  ;  les  unes  et  les  autres  seront  dis¬ 
cutées  avec  une  entière  liberté  ,  mais  avec  la  décence 
convenable.  Cette  impartialité  permettra  au  lecteur  de 
former  avec  connaissance  .de  cause  ,  son  jugement  sur 
les  grandes  questions  médicales  qui  sont  journellement 
agitées.  On  s’efforcera  sur-toiit  de  faire  marcher  de  front 
la  partie  théorique  et  la  partie  pratique  de  l’art ,  sans  que 
l’une  d’elles  soit  jamais  sacrifiée  à  l’autre. 

D’après  ces  principes  ,  les  rédacteurs  des  Ancnivns  gé¬ 
nérales  DE  Médecine  recevront  avec  reconnaissance  et 
s’empresseront  d’insérer  tout  ce  qui  pourra  contribuer  à 
l’avancement  de  la  science  j  ils  solliciteront  môme  ,  des 
médecins  connus  par  leurs  talëns  dans  un  genre  spécial  , 
les  renseignemens  oÜ  les  articles  qui  leur  seront  nécessaires. 
Au  moyen  d’une  telle  coopération  ,  ils  rempliront  avee 
plus  de  perfection  le  cadre  qu’ils  se  sont  tracé. 

Dans  ce  Journal  destiné  à  marquer  lés  pas  de  la  science 
et  à  concourir  à  ses  progrès  par  une  critique  éclah’ée  et 
indépendante ,  on  ne  s’appesantira  particulièrement  que 
sur  les  ouvrages  qui  contiendront  des  vérités  nouvelles 
à  faire  ressortir,  ou  des  erreurs  capitales  à  combattre  ; 
on  s’occupera  même ,  dans  les  premières  livraisons  cl  à 
mesure  que  les  occasions  se  présenteront ,  de  mettre  les 
lecteurs  au  courant  des  travaux  antérieurs  à  la  publication 
du  Journal,  et  qui  ont  aujourd’hui  là  plus  grande  influencé 
sur  la  Médecine.  On  évitera  ces  longs  et  ennuyeux  ex¬ 
traits  de  productions  qui ,  quelqu’estimables  qu’elles 
soient,  se  refusent  par  leur  nature  à  toute  analyse.  Ce¬ 
pendant,  comme  il  est  important  de  connaître  tout  ce  qui 
paraît  en  lillératüre  médicale ,  on  annoncera  tous  lés  ou-' 


vrages,  en  quelque  langue  qu’ils  soient  écrits,  et  on  y 
joindra  le  plus  souvent  une  notice  qui  indiquera,  leur 
genre  de  mérite  et  d’utililé. 

Malgré  les  efforts  de  quelques  hommes  que  leur  esprit 
supérieur  rendait  inaccessibles  aux  préjugés  nationaux ,  la 
littérature  médicale  étrangère  est  peut-être  trop  négligée 
en  France.  On  se  circonscrit  volontairement  dans  un  cercle 
qu’on  devrait  s’efforcer  d’agrandir.  Cette  indifférence  pour 
des  richesses  que  nous  offrent  plusieurs  Nations  rivales, 
est  aussi  blâmable  que  l’excès  opposé.  Les  auteurs  des 
Archives  de  MioEciNE  chercheront  è  détruire  cette  in¬ 
juste  prévention.  .Ils  s’attacheront  à  montrer  l’esprit  géné¬ 
ral  qui  dirige  les  médecins  étrangers  dans  l’étude  eli  la 
pratique  de  la  Médecine  ,  et  ils  croiront  ne  pouvoir  mieux 
y  parvenir ,  qu’en  faisant  connaître  ,  par  des  traductions 
et  des  analyses  ,  les  meilleurs  travaux  contenus  soit  dans 
les  ouvrages  particuliers ,  soit  dans  les  collections  acadé¬ 
miques  et  les  journaux. 

Enfin,  pour  qu’aucun  genre  d’utilité  ne  manque  aux 
Archives  de  Médecine  ,  on  suivra ,  dans  ce  Journal ,  les 
jprogrès  des  sciences  dites  accessoires;  on  donnera  con¬ 
naissance  des  principales  découvertes  faites  en  Médecine- 
vétérinaire  ,  en  Pharmacie ,  en  Botanique ,  en  Zoologie, 
en  Physique  et  en  Chimie.  Le  court  exposé  qui  en  sera 
fait  pourra  dispenser  le  médecin  de  recourir  aux  journaux 
consacrés  à  chacune  de  ces  sciences. 

Le  Journal  sera  divisé  en  deux  parties  :  la  première 
contiendra  les  Mémoires  originaux  et  inédits,  les  Obser¬ 
vations  particulières,  les  traductions  de  Mémoires  insérés 
dans  les  collections  et  journaux  étrangers.  Dans  la  se¬ 
conde  partie  seront  rangés- les  Analyses  critiques  et  les 
Extraits  A’ ouvrages  et  de  journaux;  \e&  Articles  relatifs 
aux  sciences  accessoires;  les  Variétés  médicales,  ou  ce 
qu’on  peut  appeler  les  nouvelles  en  Médecine ,  {'Extrait 


(4) 

des  séances  des  soôiétés  savantes,  l’Annonce  des  Prix 
<ju  elles  proposent,  les  Notices  biographiques ,  la  Cor¬ 
respondance  ,  etc.  ;  enfin  ,  la  Jîibliographie  ùu  l’annonce 
de  tous  les  ouvrages  publiés  sur  la  Médecine, 

Tous  les  Médecins  étant  appelés  à  Concourir  par  leurs 
travaux  à  la  publication*  des  Archives  de  Médecine  ,  il 
devenait  superflu  de  transcrire  ici  les  noms  de  tous  ceux 
qui  s’engagent  à  prendre  part  à  la  rédaction  du  Journal  ; 
mais  il  fallait  assurer  l’exécution  du  plan  qui  est  tracé  dans 
ce  prospectus,  et  donner  au  Public  la  garantie  que  ce  plan 
serait  rigoureusement  suivi.  Dans  cette  intention ,  les  ré¬ 
dacteurs  nommeront  tous  les  ans  une  commission  chargée 
de  surveiller  la  rédaction  générale  dès  Archives  de  Méde- 
GiNEr  Les  membres  de  la  commission  de  rédaction,  pour 
l’année  iSsS  ,  sont;  MM,  Béclard ,  Bousquet  ;  Breseket, 
Coütanceau ,  Desormeaux,  Esquirol,  Georget ,  Gucr- 
sciit.  Or  fila  i  Baigé-Delorme  et  Rayer. 


ARCHIVES  GÉNÉRALES 

DE  MÉDECINE. 


INTRODUCTION. 


Extrait  du  Mcotirs  prononcé  par  M  ^  ^ 

l’oüveriure  de  son  Cov^rs  de  mèdecine  au  Collègerôyal 
de  France 

L  B  but  de  la  médecine  est  la  guérison  .des  maladies. 
Une  multitude  de  voies  ont  été  tentées  pour  l’atteindre  , 
et  leur  nombre ,  ainsi  que  leur  variété ,  sont  bien  propres 
à  justifier  le  scepticisme  qu’a  souvent  inspiré  la  médecine , 
et  à  le  faire  partager  k  tous  les  esprits  légers  ,  à  la  foule 
incapable  de  percer  l’écorce  des  choses  ,  et  de  distinguer 
des  faits.au  milieu  des  nuages  dontles  ont  entourés  l’igno¬ 
rance,  la. vanité,  et  souvent  des  passions  plus  honteuses 
encore. 


(i)  Ce  discours  de  l’ùn  des  médecins  de  notre  époque  qui  ont  le 
pins  contribué  aux  progrès  de  la  médecine  d’observation  ,  contenant  des 
vues  générales  sur  l’étude  et  l’enseignement  de  la  médecine  ,  nous 
l’avons  cru  propre  à  former  l’introduction  de  notre  Recueil.  Nous 
avons  demandé  à  M.  Eaeimec  l’autorisation  d’en  faire  imprimer  un  ex¬ 
trait,  qu’il  a  revu  lui-même. 

Nous  donnerons  dans  un  prochain  Numéro ,  un  semblable  extrait  de 
la  seconde  leçon  de  ce  professeur,  qui  renferme  le  plan  d’un  cours 
complet  de  médecine  ,  fondé  sur  les  principes  émis  dans  la  première. 

(  jSofe  rfw  Rédacteurs.  ) 


V)  INTRODUCTION. 

€es  Toics  si  direrses  enapparence  ,  peuvent  cependant 
se  réduire  à  trois  ,  et  toutes  les  sectes  de  la  médecine 
peuvent  être  comprises  dans  ces  trois  catégories  :  celle 
des  empiriques ,  celle  des  étiologistes  et  celle  des  obser¬ 
vateurs. 

Dans  la  première  ,  sont  les  hommes  qui  ont  pensé  qu’il 
suffisait  de  distinguer  les  maladies  par  leurs  signes  les  plus 
apparens  ,  et  d’y.  appliquer  les  remèdes  que  des  essais 
heureux  avaient  fait  reconnaître  pour  les  plus  utiles .  re¬ 
gardant  d’ailleurs  tout  autre  raisonnement  comme  inutile 
ou  nuisible  eh  médecine. 

Dans  la  seconde  ,  se  rangent  les  hommes  qui  ont  cru 
pouvoir  remonter  aux  des  maladies  ,  sans  se  mettre 

en  peine  d’étudier  leurs  effets ,  et  donner  ainsi  à  l’art  de 
guérir  plus  de  certitude  qu^l  n’en  peut  avoir  par  la  pre¬ 
mière  méthode. 

La  troisième  catégorie  comprend  tous  les  médecins 
qui  ont  cru  que  ,  pour  guérir  les  maladies  ,  il  faut  les 
connaître  î  que  pour  les  connaître  ,  il  faut  les  étudier  sous 
tous  les  rapports  possibles ,  se  servir  de  l’observation  pour 
connaître  les  faits  ;  du  raisonnement  pour  les  comparer  , 
les  classer  dans  la  mémoire,  et  reconnaître  les  cas  sem¬ 
blables. 

De  ces  méthodes  ,  l’empirisnie  est  sans  doute  la  pre¬ 
mière  qui  se  soit  présentée  h  l’esprit  humain.  Les  hommes, 
frappés  d’abord  par  les  accidens  les  plus  graves  ou  les 
plus  faciles  h  distinguer ,  comme  les  plaies ,  les  luxations  , 
les  fractures ,  l’apoplexie ,  l’épilepsie ,  etc. ,  ont  cherché  h 
y  porter  remède,  soit  en  appliquant  la  règle  dés  con¬ 
traires  ,  soit  par  des  tentatives  faites  au  hasard.  Ils  tinrent 
liote  des  succès ,  et  c’est  ainsi  que  les  inscriptions  votives 
des  temples  d’Egypte  et  de  l’Ionie  devinrent  les  premières 
archives  de  la  médecine.  Sans  doute  on  a  marché  long  ¬ 
temps  dans  cette  voie  avant  de  se  douter  que  ce  qu’il  y  a 


INTRODUCTION.  vij  ’ 

de  plus  difficile  en  médecine  ,  est  la  distinction  exacte 
des  cas  semblables.  ,  ^ 

Cependant ,  quelque  imparfaite  que  fût  cette  méthode  ; 
elle  produisit  avec  le  temps  des  résultats  étonnans.  La  li-  ' 
thotomie  ,  les  réductions  des  fractures  et  des  luxations  , 
presque  toute  la  chirurgie,  sont  des  choses  antérieures 
aux  plus  anciens  monumens  écrits  de  la  science. 

Depuis  même,  l’empirisme ,  c’est-à-dire  ,  une  expé¬ 
rience  fondée  sur  des  cas  fortuits ,  a  mis  dans  les  mains 
de  l’homme  les  moyens  les  plus  puissans  de  prévenir  ou 
de  guérir  les  maladies  ,  l’opium  ,  le  quinquina l’aüti- 
moine  et  la  vaccine;  et  l’on  peut  même  remarquer  qu’il 
n’est  pas  de  médicamens  plus  efficaces  que  ceux  dont 
raclion  se  refuse  à  toute  explication  satisfaisante. 

La  lenteur  de  celte  voie,  les  nombreuses  lacunes  qu’elle 
laisse  dans  l’esprit,  ont  porté,  dans  tous  les  siècles,  des 
esprits  ardens  à  en  Imaginer  une  toute  contraire,  et  à  né¬ 
gliger  l’étude  des  effets ,  pour  remonter  aux  causes.  Leurs: 
doctrines  ,  fondées,  sur  l’imagination  ,  et  très-  diverses  en 
apparence,  reviennent  toutes  cependant  à  la  même. 

On  remarqua  que  ,  dans  le  plus  grand  nombre  des  cas , 
les  efforts  du  médecin  sè  boi'naient  à  affaiblir  ou  h  forti¬ 
fier  :  on  dit  que  toute  autre  connaissance  était  inutile, 
Ces  principes  commodes  durent  avoir  beaucoup  de  secta¬ 
teurs  ;  car  le.  travail  répugne  à  tous  les  hommes.  Toutes 
les  théories  étiologiques  se  réduisent  là ,  quelque  diffé* 
rentes  qu’elles  paraissent.  Nous  n’avons  plus  les  ouvrages 
où  ont  été  consignées  les  premières  doctrines  de  ce  genre;' 
mais  elles  doivent  être  fort  anciennes ,  puisque  Hippo¬ 
crate  a  pris  soin  de  nous  en  conserver  les  bases. 

«  Tous  ceux ,  dit-il ,  (  au  livre  de  la  Médecine  Antique)  , 
«qui  ont  entrepris  de  parlér  ou  d’écrire  sur  la  médecine, 
»  en  posant  pour  fondement  de  cette  science ,  le  chaud  ou 
»le  froid i  le  sec  ou  {'humide,  u\x  toute  autre  cause  qu’il 


■  riij  INÏBODtflTIOKv 

sieur  a  plu  d’imâgiDer.,  abrégeant  ainsi  la  science  et  la 
«réduisant  à  un  ou  deux  principes,  seules  causes  à  leur 
»  avis  des  maladies  et  de  la  mort ,  sont  tombés  dans  des 
«erreurs  manifestes  et  qu’il  est  facile  dé  reconnaître.  « 

Voilài  Messieurs  j  le  premier  résultat  auquel  conduisit 
l’envié  d’expliquer  non-seulement  les  maladies ,  mais  tous 
les  phénomènes  de  la  nature;  car ^  c’est  sur  ces  causes 
prétendues  qu’a  reposé ,  pendant  un  grand  nombl’e  de 
siècles  ,  tout  l’édifice  de.s  connaissances  physiques.  On  ne 
peut  indiquer  l’auteur  de  celle- théorie  ;  elle  se  perd  dans 
la  nuit  des  temps.  Les  philosophes  grecs  l’avaient  proba¬ 
blement  empruntée  des  égyptiens.  .  . 

Déniocrite  lui  donna  le  premier  une  forme  régulière , 
en  recueillant  les  opinions  admises  de  son  temps.  Empé- 
docle  réduisit  le  système  à  une  dichotomie  rigoureuse  : 
le  clifiud.,  le  «ec,  la  /erre  et  le  feu,  qui  sont  une  même 
chose,  le  froid,  Yhuràide,  l’air  ou  l’eau,  qui  cons  li- 
tuent,  le  principe  opposé  ;  il  exprimait  encore  ces  deux 
principes  contrâires,par  les  termes  d’amitié  et  d’miinittéj, 
d’attraction  et  de  répulsion.  Il  expliquait  ensuite  toutpar 
les  alômes..  Il  est  peut-être  honteux  pour  l’esprit  humain 
que  tant  d’hommes  supérieurs  n’aient  trouvé  que  cela; 
car ,  depuis,  on  a  rien  découvèrt  dé  mieux. 

Qui  ne  serait  en  effet  frappé  de  la  ressemblance  de  cefte 
doctrinc.avec  presque  toutes  lesautrés  théories  étiologiques, 
No  retrouve  t-on  pas  dans  ces  deux  principes  contraires 
V obstruction  et  la  libertédu  passage  des  atômes  d’Asclë- 
piade;  Ie;stnctKm  et  le  foccMiu  d;e  Thémison  >  son  disciplte  ^ 
fondateur  delà  célèbre  secte  des.  méthodistes  8 

V àlcalesceme  rlc  SylviusdcLeyde;  l’épine  dé  VanhelmbUt,* 
etj,  polrr  Ue  paider  que  des  opinions  qui  ont  eu  cours  de 
notre teiUps ,  X’ hypersthénie,  et.  l’asthénie,  de  Brown ,  l’tirt.- 
citalion  f  deLS.timutlus  et  le  controstimulus  ,  Virr{Mtion  et 
l’abirritation  de  ses  disciples,  les  théories,  enfin,,  dé 


I  NT  non  B  G  T  ION.  ix 

MM.  Rasori ,  Tommasiai.,  Millev  efrRpoussais ,  so  r<Jduisenli 
toujoucs  aux  deux  prioeipes  ,  l’excès  ©t  la  perte-da  ton  ,,v 
le  sIriGturaellelaxum,  le  chaud  et  le  froid. 

Celte  doctrine  est  devenue  depuis  long-lenijis  vulgaire. 
C’est  celle  des  letnmes  qui  savent  que  les  niédicamens  se 
divisent  en  échaulans:  etén-  rafijaichissans;,  que  les  mala¬ 
dies  dépendent  d’ un  grand- feu  ou  d’une  grande  faiblesse  ;: 
c’est  aussi  celle  de  toutes:  les  hérésies  médicales  qui  se 
sont  détachées  ,  dans  tous  les  temps ,  de  l’arbre  hippocra.- 
tique.  Cette  dqctrino  est  commode  ;;  elle  annulle  les  étu¬ 
des  pour  tous  les  esprits  conséquenS.  Déraocrite  ,  Erasis  - 
Irato,  et  plus  tard  les  méthodistes,  sont  les  seuls' qui 
l’aienfc  chargée  dé  descriptions  ét  dlobsei’Vfàtioasv  Tous  les 
aulires  s’enisoni  pou  mis  en  peine..  II.  leur  sujOTit.-j-  en  effet;, 
de  s’assurer  quel  principe  est  en  ]Q\h,  s’il  fait  chaud  ou 
froid  :  il  ne  faut  pas  de  longues  études  pour  cela. 

11  est  vrai  qu’on  na  peut  faire  un  pas  dans  celte  route 
sans  rencontrer  des  choses'quii  coniriariBntMnaîs  on  les  re¬ 
jette  Comme  un  bagage  inutile  qui  retarde  là  marche  de 
la  science.  Cé  sontj  dit'-on ,  des  aberrations  insaisissables:, 
mais  toujours  dès  effets  du  principe  unique.  Ainsi  ,  les 
vieilles  femmes  reconnaîlron#snns  peine  que  l’eau  froide  est! 
unéchauffant,  etquelopoivrè  rafraîchit.  Brown, s’écriera  : 
Opium, meherclè  non  sedat;!'  Que  si  un  fait-l’embarrasse  , 
il;  ho  craindra  pas  de  le  nier  ,  ’  quelque  connu ,  quelque 
vul^dre  qu’il  soit,  ^l  osera- délier  tous  les  praticiens-  de 
lui  citer  un  peripneumoniqUo  qui  ait  craché  du,  sang. 
Parmi, ses  disciples,  lés  esprits  les  plus  éclairés  arriveront 
à  reconnaître  que  le  quinquina ,  l’émétique,  la  gomme- 
gutte,  le  vin  etl’àlcohol ,  sont  des  coritro-stimulans  ,  c’estr 
îi-diro  ,  des  débilitanS.  Je  suis  loin' de  m’inscrire  en  faûX 
contre  les  faits  sur  lesquels  se  fdnde  la  doctrine  des 
Brownistes  dUtalio;  je- reconnaîtrai  même- volpnliefs;,  et; 
d’après  nue  expérience  personnelle,  les  services  impor- 


X  INTRODUCTION. 

tans  rendus  à  la  science  par  la  pratique  énergique  de 
M.  Rasori;  :  je  veux  seulement  montrer  les  inconvéniens 
qu’eptraîne  un  faux  principe ,  et  l’absurdité  des  consé¬ 
quences  qu’il  peut  forcer  d’admettre. 

'  Il  est  encore  un  caractère  commun  à  tous  les  médWins 
étiologistes  :  c’est  un  mépris  profond  pour  l’observation  et 
pour  le  premier  des  observateurs,  Hippocrate.  On  sait 
qu’Asclépîade  appelait  ses  écrits  des  méditations  sur  la 
mort.  Ses  successeurs  n’ont  pas  changé  de  sentiment  à  cet 
égard.  De  nos  jours ,  les  héritiers  de  ses  opinions  s’accor¬ 
dent  tous  à  regarder  Hippocrate  comme  un  simple  empi¬ 
rique  .  comme  un  homme  à  vues  courtes ,  qui  a  mis  la  science 
dans  une  route  hérissée  d’épines  et  d’obstacles ,  où  elle  ne 
peut  avancer  qu’en  tâtonnant ,  et  où  elle  peut  faire  à  peine 
quelques  pas  par  siècles. 

Un  troisième  caractère  commun  à  ces  hérétiques  de  la 
science  ,  est  une  excessive  bonne  opinion  d’eux-mêmes  ; 
un  ton  de  fougue  et  d’enthousiasme  propre  à  séduire  le 
vulgaire.  H  n’est  pas  un  d’eux  qui.,  après  avoir  trouvé  dans 
sa  mémoire  ou  dans  les  étroites  conceptions  d’un  esprit  peu 
instruit ,  celte  idée  dichotomique  dont  l’origine  se  perd  dans 
la  nuit  dés  siècles ,  ne  vienne  la  présenter ,  revêtue  de  quel¬ 
ques  mots  nouveaux  ,  h  l’admiration  plutôt  qu’à  l’examen 
de  ses  contemporains.  Cet  enthousiasme  est  la  cause  prin¬ 
cipale  delà  faveur  avec  laquelle  ces  opinions  sont  accueil¬ 
lies  ;  car  le  vulgaire  s’y  laisse  toujours  prendre  ,  et  les 
hommes  les  plus  sages,  ont  de  la  peine  à  résister  à  l’en¬ 
traînement  qui  séduit  les  masses.  Ainsi  Paracelse^  dont 
le  système  se  compose  de  l’empirisme  le  plus  incohérent 
et  de  dogmes  étiologiques  si  obscurs  ,  qu’on  se  demande 
s’il  s’est  compris  lui-même ,  ou  s’il  n’a  pas  voulu  se  jouer 
de  la  bonne  foi  de  ses  lecteurs,  Paracelse  sut  attirer  à  lui 
la  foule  ;  et  cependant  il  avoue  lui-même  implicitement 
n’avoir  jamais  fait  d’études  régulières.  Son  extrême  igno- 


INTRODtCTION.  Xi 

rance ,  son  langage  barbare  en  feraient  d’ailleurs  preuTe. 
Suivant  lui ,  nul  ne  peut  être  médecin  s’il  n’est  inspiré. 
Son  système,  mélange  confus  de  quelques  idées  des  éco¬ 
logistes  grecs,  de  l’astrologie  si  fort  en  vogue  dans  son 
siècle  J  des  rêveries  du  Talmud ,  des  superstitions  magiques 
e  t  cabalistiques  ,  et  de  quelques  notions  de  chimiè  empf- 
rique ,  se  réduit  cependant  dans  sès  écrits  les  moins  ob¬ 
scurs,  à  trôis'des  principes  pythagoriciens ,  l’eau, là  terre 
et  le  feu  :  mais  il'  va  lès  chercher  dans  lès  influences  pfané- 
taires  ,  et  trop  souvent  de  cette  prodigieuse  élévation  ,  il 
retombe  de  tout  le  poids  d’un  homme  ivre ,  d'ans  le  bour¬ 
bier  de  l’èrapirisme  forain.  Une  foule  iinmense  se  pressait 
à  Bâle  polir  l’entendl’e  débiter  dans  un  langage  d’une  tri¬ 
vialité  grossière,  quand  il  n’èst  pas  inintelligible ,, les  folies 
que  nous  venons  d’èxposer ,  et  des  assertions  plus  étranges 
encore  :  les  poils  de  sa  barbe  renferment  plus  dé  science 
que  toutes  les  Universités  ;  il  connaît  l’art  de  là  ts-ans- 
mutdtion  des  métaux;  sa  tliédrié  va  faire  le  tour  dit 
monde,  et  en  il  ne  sera  plus  question  d’Hippo¬ 
crate  et  de  Galien  ;  enfin ,  if  veut  bien  consentir  à  n-’être 
pas  cru  sur  sa  parolè ,  s’il  u’arrivè  à  unè  longévité  patriar- 
chale ,  et  il  meurt  à  quarante  ans  dans  un  hôpital.  Tel  fut 
l’ascendant  de  son  enthousiasme  fougueux,  que  ses  mœurs 
crapuleuses  ,  sa  vie  vagabonde  et  sa  pauvreté  n’empêchè¬ 
rent  pas  qu’il  ne  fût  suivi  de  ville  en  ville  par  plusieurs  adr 
rairateurs  ;  et  plus  d’un  sièclè  après  sa  mort ,  des  hommes 
qui  ne  manquaient  pas  absolument  de  connaissances  po¬ 
sitives,  s’occupaient  encore  à  reconcilier  avec  le  bon  sens 
les  idées  d’un  homme  qui  n’avait  jamais  parlé  ou  écrit  que 
dans  un  état  d’ivresse. 

Vanhelniont  s’empare  d’une  des  idées  de  ce  fréné¬ 
tique.  La  pureté  de  ses  mœurs,  la  sincérité  de  ses  prin¬ 
cipes  religieux  mettent  d’ailleurs  une  énorme  distance  en¬ 
tre  eux;  mais  il  se  croit  aussi  animé  par  une  inspiration 


xÿ  introduction* 

céleste.  Dieu  lui-même  lui  a  révélé  les  vrais  principes  de  la 
médecine.  Sa  conviction  est  si  profonde  qu’elle  fait  ou¬ 
blier  ce  qu’a  de  trop  fastiieux  le,  titre  üüOrtus  medicinœ 
dont  il  a  décoré  son  livre.  . 

Parnai  les  auteurs  qui ,  dans  les  temps  plus  rapprochés 
de  nous,  et  de  nos  jours  mêmeS|  ont  reproduit  des  théo¬ 
ries  de  même  genre  sous  des  forihes  nouvelles ,  il  n’en  est 
pas  un  qui  n’ait  aussi  annoncé  au  monde  un  nouveau  le¬ 
ver  du  Dieu  du  jour  et  de  la  médecine  ;  il  n’en  est  pas  un 
dont  les  opinions  ne  doivent,  h  l’entendre,  faire  le  tour 
du  globe  aussi  rapidement  que  le  soleil ,  et  mettre  en  fuite 
lés  idées  contraires  ,  comme  cet  astre  dissipe  les  ténè¬ 
bres;  il  n’en  est  pas  dont  les  écrits  et  les  discours  n’aient 
le  caractère  d’une  inspiration  analogue  à  celle  des  poètes; 
et  la  moindre  contradiction  a  toujours  suffi  pour  déve¬ 
lopper  chez  eux  celle  qui  animait  Archiloque. 

Si  l’on  écoute  les  plus  sages  d’entre  eux.  Part  ne  sera 
plus  long,  car  ils  le  réduisent  à  un  ou  deux  principes 
qu’on  peut  connaître  et  savoir  mettre  en  praüque  au  bout 
de  quelques  jours  ;  la  vie  ne  sera  plus  courte,  car  leurs 
théories  appliquées  au  traitement  des,  maladies ,  les  guéris¬ 
sent  toujours  infailliblement. 

Enfin  un  dernier  trait  qui  caractérise  encore  tous  les 
hommes  qui  ont  voulu  arriver  à  l’art  de  guérir  par  l’étio¬ 
logie ,  est  l’oubli  ou  le  mépris  des  faits  les  plus  constatés 
et  des  moyens  ou  des  méthodes  dont  rutilité  et  l’énergie 
sont  le  plus  démontrées.  Ainsi  Asclépiade  craignait  tous 
les  moyens  un  peu  actifs  ,,sans  doute  parce  qu’il  ne  savait 
pas  les  employer.  Paracelse  rejette  de  la  chirurgie  la  su¬ 
ture,  ,1e  cautère  actuel,  le  rapproçhement  des  plaies, 
l’appareil  contentif  des  fractures  et  l’instrument  tranchant. 
Il  substitue  à  ces  moyens  l’usage  interne  de  la  grande  con- 
soude.  Une  veut  saigner  qu’avec  de  grandes  précautions 
qu’après  avoir  observé  les  astres.  Il  bannit  la  saignée 


INTRODUCTION.  -XÜj 

du  traitement  des  hémorrhagies ,  et  la  remplace  par  l’ap¬ 
plication  de  l’aimant. 

Vanhelmont  proscrit  aussi  la  saignée.  Il  craint  en  outre 
les  évacuans.  Mais  il  employa  le  premier  le  calomel  contre 
les  maladies  du  foie ,  il  prescrivit  le  soufre  doré  d’anti¬ 
moine  ,  et  le  mercure  doux  contre  la  fièvre ,  nom  qui  de 
son  temps  comprenait  toutes  Içs  inflammations. 

Brown  ne  sait  presque  plus  employer  d’autres  médica- 
mens  que  les  toniques  et  les  excitans.  Il  rmettç  les  éva¬ 
cuans  et  la  saignée. 

Ses  disciples  modernes  ,  en  Italie ,  fopt  au  contraire  un 
assez  grandusage  de  la  saignée  ,  ety  joignent  les  évacuans , 
les  amers ,  les  excitans  ^  les  spirituenx  à  titre  de  déhi- 
litans. 

Les  Brownistes  de  France  rejettent  tout  ,  hors  k  saignée 
locale,  la  diète  et  l’eau;  et  bientôt  parmi  les  uns  et  les 
autres  ,  il  n’en  est  pas  un  qui  sache  employer  les  métho¬ 
des  Içs  plus  sûres ,  qui  sache  prescrire  le  quinquina 
contre  les  fièvres  ,  le  mercure  contre  la  syphilis ,  l’opium 
contre  la  diarrhée ,  les  drastiquçs  contre  la  rachialgie , 
enfin  les  évacuans  dans  le  traitement  d’un,  grand  nombre 
de  maladies  où  ces  médicamens  deviennpiit  cependant  des 
moyens  héroïques. 

Entre  l’incertitude,  l’incohérence  ,  la  brièyelé  de  vues  , 
de  l’empirisme  et  l’ignorance  des  choses  réelles  et  le  fana-  1 
lisme  scientilfque  où  conduit  l’abus  du  raisonnement  étio-  \ 
logique,  il  est  un  juste  milieu.  Ç’est  la  route  tracée  par 
Hippocrate  et  suivie  par  tous  les  maîtres  de  l’art ,  par 
Arétéo,  GaUen,  B aillou ,  Sydenham ,  Boerhaave  ,  et  par 
tous  les  médecins  qui ,  sous  quelque  dénomination  do  ! 
dogmatiques,  dkcclectiques ,  d’empiriques  même ,  qu’ils; 
aient  été  désignés  ;  ontpensé  que ,  pour  traiter  utilement  les 
maladies,  il  fallait  les  connaître ,  et  qui,  sans  affecter  une 
préférence  exclusive  pour  le  raisonnement  ou  pourl’obser-  ■ 


xiv  inthodtjctio'n. 

vation  ,  ont  su  se  servir  de  toutes  leurs  facultés  pour  arri¬ 
ver  à  la  connaissance  de  la  vérité. 

-  Hippocrate  a  tracé  les  bases  de  cette  méthode  qu’il  a 
suivie  dans  ses  ouvrages  légitimes.  «  Il  ne  faut  pas,  dil-il , 
»  (au  livre  des  Préceptes  s’appuyer  en  mé- 

»  decine  sur  des  raisonnemens  probables ,  mais  bien  sur 
«l’expérience  éclairée  par  la  raison.  Le  raisonnement,  en 
«effet,  n’est  qu’une  sorte  de  mémoire  qui  doit  se  borner 
«à  mettre  en  Ordre  les  choses  qui  ont  été  perçues  par  les 

«sens .  Je  loue  donc  le  raisonnement  lorsque  ses  bases 

»  sont  les  données  mêmes  fournies  par  les  sens  ,.et  qu’il  en 
«tire  des  inductions  immédiates  et  méthodiques.  Carlors- 
«que  le  raisonnement  s’exerce  sur  des  choses  claires  pour 
»  tous  les  yeux  ,  lorsqu’il  ne  s’appuie  que  sur  des  faits  sen- 
»  sibles ,  il  ne  sort  point  du  cercle  de  puissance  delà  pen- 
»  sée . . et  il  conduira  à  la  vérité. 

«  Mais  si  le  raisonne’ment  a  pour  point  de  départ  quel- 
«que  création  plausible  de  la  raison  (c’esf-à-rftVede  l’ima- 
«gination  )  plutôt  que  les  observations  faites  sur  les  choses 
«  sensibles ,  il  arrivera  souvent  à  un  résultat  aussi  triste 
»  pour  la  raison  que  dangereuxpottr  le  genre  humain. .... 
»  Nous  conclurons  donc  qu’il  ne  faut  avoir  une  confiance 
:.’exclusiye  ni  dans  les  décisions  du  raisonnement,  ni  dans 
«les  résultats  qui  frappent  immédiatement  les  sens.  » 

Voilà ,  Messieurs  ,  la  doctrine  d’Hippocrate  toute  en¬ 
tière;  et  tous  les  hommes  qui  ont  professé  ces  principes 
.  sont  réellement  des  médecins  hippocratiques  ,  quelles  que 
I  soient  d’aillèùrs  les  différences  de  leurs  opinions  particu¬ 
lières  et  des  points  de  vue  d’où  ils  ont  examiné  les  faits. 
Hippocrate  ,  aü  reste  ,  h’ est  point  inventeur  de  cette  mé¬ 
thode.  Elle  est  dans  la  nature  des  choses;  elle  a  été  suivie 
I  avant  lui  par  tous  les  bons  esprits.  C’est  ce  qu’il  déclare 
lui-même  au  livre  de  la  Médecine  Antique. 

•  «  La  médecine  n’est  point  une  science  nouvelle.  Depuis 


IM  RO»  tj  CT  10  N.  XV 

»  long-temps  ses  principes  sont  trouvés  et  sa  roule  est  tra- 
»  cée.  En  les  suivant ,  on  a  fait  pendant  un  long  espace  de 
«temps  un  grand  nombre  de  belles  et  utiles  découvertes  ;  -j 
»  et  tout  homme  qui  ,  doué  des  dispositions  nécessaires  et  / 
«instruit  de  ce  qui  a  été  fait  avant  luî'^arlira  de  ce  point] 
«et  suivra  la  même  route  ,  en  fera  encore  de  nouvelles  ;  | 
«mais  si  quelqu’un  ,  rejettantles  travaux  de  ses  prédéces- 1 
»  seurs  et  méprisant  tout  ;  cherche  par  un  autre  chemin 
«  et  avec  une  autre  manière  de  voir ,  et  qu’il  se  flatte  d’a- 
«voir  trouvé  quelque  chose, il  se  trompe  et  ll  trompeles 
autres.  « 

Quelle  est  cette  route  sûre ,  hors  de  laquelle  on  ne 
peut  que  s’égarer?  Il  l’indique  plus  loin  de  la  manière  la 
plus  précise. 

«  Tout  l’art  consiste  dans  des  observations  particu- 
»  libres ,  exactes  ,  réduites  par  le  raisonnement  en  règles 
»  générales.  II  faut  donc  avant  tout  s’appliquer  à  l’obser- 
«vation.  »  [Ibid.) 

Voilà  donc.  Messieurs;  les  seules  bases  solides  sur  les¬ 
quelles  on  puisse  fonder  l’étude  et  l’enseignement  de  la 
science  :  l’observation  qui  nous  donne  la  connaissance  des  ' 
faits ,  et  le  raisonnement  qui  ne  doit  être  employé  qu’à  les 
lier  entre  eux. 

'  Cet  usage  du  raisonnement,  qui  distingué  les  médecins 
hippocratiques  ou  rationnels  des  simples  empiriques ,  pro-  : 
duit  ce  qu’on  appelle  une  théorie.  Car  qu’est-ce  qu’une 
théorie,  5“sopi«?  c’est  une  manière  de  voir.  Les  faits 
constituent  seuls  la  science,  mais  les  hommes  ne  peuvent 
voir  un  objet  sous  tous  ses  rapports  ;  et  quand  nous  vou¬ 
lons  étudier  ou  exposer  nos  connaissances  ,  nous  nous 
mettons  à  un  point  de  vue;  et  nous  saisissons  un  certain 
'nombre  de  rapports.  S’ils  suffisent  pour  lier  tout  ce  que 
nous  voyons ,  pour  former  un  ensemble ,  un  sj'stème. 


xvj  I  nthodüction. 

notre  théorie  est  bonne,  an  rnoins  pouç  le  moment.  Mais 
si  elle  ne  lie  pas  tout ,  si ,  pour  j  faire  entrer  les  lhits,  il 
faut  les  tortui-er ,  les  tronquer;  s’il  faut  en  supposer,  en 
oublier  ou  en  nier ,  notre  théorie  ne  vaut  rien. 

Une  théorie  peut  ayoir  été  bonne.  Nous  en  voyons  un 
exemple  dans  le  systènae  de  Ptolémée ,  dans,  la  théorie  du 
phlogislique ,  et  pour  nous  renfermer  dans  les  théories  mé;j 
dicales  ,  le  grand  Boerhaare  comprenait  tous  les  faits 
connus  de  son  temps  dans  son  cadre  méçanico-humoral. 

Les  théories  dans  les  sciences  physiques  ne  doivent  donc 
être  regardées  que  comme  des  moyens  de  soulager  la, 
mémoire.  Elles  ne  constituent  pas  la  science. 

Et  ici ,  Messieurs,  observez  que  les  sciences  physiques., 
dont  le  Lut  est  la  connaissance  des  êtres  naturels  ,  opt 
bien  moins  h  craindre  des  théories  que  celles  qui  s’exercent 
sur  des  modifications  ou  dans  lesquelles  il  est  difficile  de 
distinguer  les  êtres  des  modifications. 

Ainsi,  la  botanique,  la  zoologie  peuvent  ne  perdre,  que 
peu  de  chose  à  un  mauvais  système  de  classification.  L’a¬ 
natomie  n’a  pas  besoin  d’une  bonne  nomenclature  ;  la 
minéralogie ,  la  chimie  ,  la  physique  au  contraire,  peuvent 
faire  fausse  route  avec  de  mauvaises  théories  ;  la  méde¬ 
cine,  à  plus  forte  raison.  H  est  donc  important  de  se  for¬ 
mer  une  théorie  sage.  Celle  qui,  simple,  tenant  peu  de 
place  dans  l’exposition  de  la  science',  n’exige  pas  plus 
d’étude  que  les  faits  eux- mêmes,  qui  en  renfenne  sans 
effort  le  plus  possible ,  cellc-lù,  réunit  les  qualités  d’une 
bonne  théorie. 

Telles  sont  en.  général  celles  des  médecius  hippocra- 
tiques  do  tous  les  âges.  Elles  reconnaisseul  ces  points 
communs  :  une  maladie  est  un  trouble  des.  fonctions,  avec 
ou  sans  lésion  des  organes;  pour  guérir- uuo  maladio,  il 
faut  agir  sur  elle;  on  agit  d’autant  mieux  sur  un  objet 
qu’ôn  le  connaît  mieux  et  sous  plus  de  rapports  :  delà  la 


»  INTBOBUCTIOIÎ.  Xvij 

nécessité  de  décrire  îès  maladies  et  les  altérations  des,  or¬ 
ganes  ,  d’étüdier  les  rëmèdés ,  de  faire  peu  de  cas  de^ 
explicàïions  j  d’examiner  sévèrement  ce  qu’on  sait  et  ce 
qu’on  de  Sait  pas  ;  d’abandôhner  ses  idées  systématiques 
dès  qu’un  fait  leuï*  échappe  ,  ètde  savoir,  en  ce' genre  sur¬ 
tout  ,  prendre  et  rejeter  à  propos.  Après  Hippocrate ,  ; 
Arétée,  Galien  ,  Sydenham  ;  Boerrhaavé',  Deliaën ,  Stoll,  i 
Culleu,  Morgagni,  Sarcone  ,  ont  suivi  bélte  Voie  J  ils  sont 
tous  des  médecins  hippocratiques  ,  quelque  différences 
qui  existent  d’ailleurs  dans  leurs  théories.  ,On  peut  ôter 
aux  ancieus  Hippocratiques  la  théorie  des  quatre  humeurs, 
celle  de  la  do  fluxion  ou  catarrhe ,  celle  de  la  coclionj  à 
Sydenham ,  l’ébullilion  et  la  despumation  ;  à  Gullen ,  sa 
théorie  du  collapsus ,  et  leurs  ouvrages  seront  encore  des 
tableaux  fidèles  de  la  nature.  On  y  trouvera  des  descrip¬ 
tions  capables  défaire  reconnaître  les  cas  semblables  et 
des  indications  curatives  fondées  sur  l’observation.  On 
verra  (^e  ces  expressions  n’ont  été  pour  les  médecins  bip-  j 
pocratiques  que  des  formules  qui ,  semblables  à  celles  des  ' 
Algébristes ,  sont  destinées  à  représenter  des  inconnues,  et  ' 
qu’ils  n’ont  pas  pris  Ces  mots  pour  des  réalités. 

Que  si  l’on  tentait  un  semblable  retranchement  sur  les 
médecins  étiologistes ,  que  resterait-il  ?  quelques  pages 
extraites  de  gros  volumes ,  quelques  faits  curieux  noyés 
au  milieu  dés  hypothèses ,  trop  souvent  tronqués  pour  les 
accommoder  aux  idées  doniinaniss  de  l’auteur,  et  par  cela 
même  suspects.  Il  nous  resterait  de  Vanhelmont  de  belles 
idées  sur  le  principe  vital  et  l’irritation ,  et  quelques  vues 
sur  la  méthode  südobifique;  de  Browri  et  de  ses  premiers 
disciples ,  quelques  èxfertjples  heureux  de  guérison  extraor¬ 
dinaires,  produites  par  un  emploi  téméraire  des  stimu- 
lans  ;  de  ses  disciples  réCéMs ,  des  exemples  d’dne  hardiesse 
toute  différente  et  également  couronnée  de  succès.  Il  nous 
faudrait  ensuite  démêler  le  vrai  du  faux,  et  chercher 


Xviij  ’  INTRODUCTION, 

nous-mêmes  l’indication  d’après  laquelle  Ces';  méthodes 
contraires  doivent  être  mises  en  usage  ;  car  nous  ne 
pourrons  croire  sur  parole  des  auteurs  qui  n’ayouent  point 
de  revers,  et  qui  d’ailleurs ,  habitués  à  voir  dans  les  ma¬ 
ladies  ce  qu’ils  en  pensent ,  plutôt  que  ce  qui  tombe: sous 
les  sens  ,  nous  laissent  presque  toujours ,  par  la  brièveté  et 
le  vague  de  leurs  descriptions ,  dans  l’incertitude  sur  ce,, 
dont  ils  veulent  parler. 

Entre  les  voies  que  nous  venons  de  décrire,  nojre 
choix  pourrait-il  être  douteux? 

Si  nous  pouvions  être  incertains  ,  nous  serions  entraînés 
par  l’exemple  de  nos  plus  célèbres  prédécesseurs. 

,  Il  est  remarquable ,  en  effet ,  Messieurs ,  qu’au  milieu 
des  hérésies  médicales ,  qui  depuis  trois  cents  ans  ont 
tour  à  tour  séduit  la  foule,  cette  chaire  a  toujours  été 
l’asile  de  la  médecine  d’observation  ;  qu’aucun  des  pro¬ 
fesseurs  qui  s’y  sont  succédés  n’a  jamais  quitté  cette 
route  assurée ,  qui  seule  peut  conduire  à  des  connaissances 
réelles  et  utiles,  et  maintenir  la  médecine  dans  le  rang 
qui  lui  appartient  parmi  les  sciences  physiques. 

Ainsi ,  tandis  que  l’Europe  médicale  s’égarait  sur  les 
pas  de  Paracelse  et  de  Vanhelmont,  Duret  dictait  dans 
cette  enceinte  son  commentaire  sur  les  Coaqtics,  Goupil 
y  faisait  connaître  un  modèle  d’observation.,  le  plus 
excellent  peut-être  que  l’antiquité  nous  eût  laissé,  Arétée  , 
et  vengeait  cet  illustre  historien  des  maladies,  de  l’incon¬ 
cevable  oubli  où  il  était  resté  jusque-lè. 

Gourmelen ,  qui ,  par  son  enseignement  dans  le  sein  de  la 
Faculté  de  Paris ,  fut  un  des  pères  de  la  chirurgie  française , 
s’attacha  aussi  à  combattre  la  fougue  des  novateurs ,  et  ce 
fut  au  Collège  de  France  qu’il  fit  son  commentaire  sur  le 
Traité  de  /’rtùinent,  ouvrage  dont  r.ulilité  ne,  peut  être 
bien  appréciée  que  lorsqu’on  se  reporte  au  temps,  et  que 


INT.RODUCTION.  XÎX 

l’on  a  quelque  connaissance  des  écarts  d’imagination  de 
Paracelse  et  de  Vanhelmont. ,  . 

Plus  tard  Réné  Chartier  qui  consacra  sa  vie  et  sa  for¬ 
tune  à  faire  connaître  en  entier  le  père  de  la  médecine , 
et  son  premier  commentateur,  Simon  Pietre,  et  le  pre¬ 
mier  des  Bouvard ,  conservèrent  dans  cette  école  le  dé¬ 
pôt  de  la  inédecine  hippocratique,  Guy-Patin  l’y  défen¬ 
dit  ,  avec  l’originalité  caustique  qui  faisait  le  caractère 
de  son  esprit ,  contre  la  chémiatrie  et  l’alchimie  empi¬ 
rique,  nées  des  doctrines  étiologiques  du  précédent  siècle. 
Pendant  le  cours  du  dernier  ,  Nicolas  Andry  ,  l’illustre 
botaniste  Tournefort ,  Geoffroy ,  Astruc  et  le  célèbre 
praticien  Bouvard  y  continuèrent  la  tradition  d’un  ensei¬ 
gnement  fondé  sur  les  faits.  Nous  la  recevons  nous-mcT 
mes  de  deux  de  nos  maîtres  dont  la  mémoire  nous  sera 
toujours  chère  et  vénérable ,  de  Corvisart  dont  le  talent 
observateur  ne  sera  apprécié  à  sa  valeur  que  par  ceux  qui , 
comme  nous ,  ont  pu  le  suivre  au  lit  des  malades ,  et  de  cet 
illustre  praticien  ,  de  ce  savant  modeste  que  l’étendue 
de  ses  connaissances  ,  la  noblesse  de  son  caractère  ,  la 
douceur  et  la  gravitéî  de  ses  mœurs  faisaient  regarder  par 
ses  confrères  comme  îéur  arbitre  et  leur  modèle,  et  dont 
la  perte  récente  causera  de  longs  regrets  à  ses  amis ,  ou 
plutôt  aux  amis  de  jl’huuianité ,  à  tous  les  gens  de  bien , 
à  tous  les  hommes  faits  pour  sentir  ce  que  vaut  la  science 
unie  à  la  vertu. 

Je  sens ,  Messieurs  ,  tout  ce  que  le  nom  de  M.  Hallé 
m’impose  d’obligations.  Dans  l’impossibilité  de  le  rempla¬ 
cer  ,  je  tâcherai  au  moins  de  l’imiter  dans  cette  sévérité 
de  logique  qui  lui  faisait  rejeter  les  idées  qui  ne  portent 
pas  l’empreinte  du  vrai  et  de  la  réalité  ;  et  si,  pour  ex¬ 
poser  l’ensemble  des  faits  qui  constituent  Iff  science  mé¬ 
dicale  ,  je  suis  quelquefois  obligé  de  me  servir  de  quel¬ 
qu’une  de  ces  expressions  vagues  ou  abstraites  par  les- 


XX  ÏNTRODUCtlON. 

quelles  on  exprimé  les  choses  que  l’hn  sent  ou  que  l’on 
imagine  plutôt  qu’on  ne  les  connaît,  j’espère  les  présen¬ 
ter  de  telle  sorte  qu’oh  ne  pourra  y  attacher  plus  d’impor¬ 
tance  que  je  n’y  en  mets  moi-même ,  et  qu’il  hé  in’arri- 
vera  jamais  de  donner  ce  que  je  pense ,  ce  que  je  suppose  , 
mon  point  de  vue  ,  ma  théorie  en  im  inot ,  pour  ce  qui 
constitue  réellement  la  science  ,  pour  ce  que  l’on  sait. 


MÉMOIRES 

ET 

OBSERVATIONS. 


Remarques  sur  [es  signes  donnés  par  (es  auteurs  de 
médecine  légale  comme  propres  à  faire  connaître  si  lé 
corps  d’une  personne,  trouvé  pendu,,  Ha  été  après  la 
mort  ou  pendant  qu’elle  vivait  encore;  par  M. 
Esquirol.  ’  '  .  ' 

BÆicn.  Aeberti  ,  de  Halle,  qui ,  au  commencém6nt  du 
dernier  siècle  ,  a  écrit  sur  toutes  les  parties  délia  médè-' 
cine  légale ,  énonce  de  la  manière  suivante  tous  les  signes 
qui  Se  manifestent  à  l’inspection  anatomique  du  corps 
d’un  pendu  :  impression  de  la  corde ,  livide  ét 'eèoliy- 
mosée,  peau  enfoncée  et  même  quelquefois  excoriée: 
dans  un  des  points  de  la  circonférence  du  Col jrlangué 
tuméfiée  livide ,  repliée  j  ou  passant  entré  les  dents' 
qui  la  serrent;  écume  s'anguinolerite  dans  le 'gosier-,, lés 
narines  et  autour  de  la  bouche;  inflammation  des  yeux,' 
paupières  gonflées  et' h  demi  v  fermées  ;  lèvres  livides  et 
tuméfiées;  roideur  du  corps,,  contraction  p  lividité  des 
doigts,  ecchymose  des  bras  et  des  cuisses.  La  dissection? 
,  démontre,  suivant  le  même  auteur,  que  les  poumons  ,ile' 
coeur,  le  cerveau,  sont:  extrêmement  gorgés; de  sang,; 
Tous  ces  signes  ne  serenc07itrentpas  qiiànd  le  corps  ii’ a 
pas  été  pendu  vivant,  :  i  .  .  '  ■  /'  ' 

Tous  les  auteurs  de  Médecine  légale  sont  univoques  b  cet 
égard;  les  faits  suivans  et  les  réflexions  qu’ils  m’ont  sug- 


gérées ,  en  faisant  naître  quelques  doutes  sur  la  validité  de 
ces  signes ,  doiverit  prouver  combien  éoht  difficiles  les  fonc¬ 
tions  dumédecin  légiste  appelé  à  prononcer  sur  la  cause  de 
la  mort  d’un  individu  dqnt  lë  Cadavre  a  été  trouvé  pendu. 

Marie,  âg^e  de  trente-cinq  ans,  était  d’une  taille  éle¬ 
vée  ;  elle  avait  le  bol  cdurt,  la  peau  bldnéhe ,  et  de  l’ em¬ 
bonpoint;  elle  était  née  d’un  pbre  et  d’upe  mère  qui 
avaient  eu  plusieurs  parens  aliénés. 

A  l’âge  de  deux  ans  ,  Marie  eut  la  petite  vérole  ;  à  dix 
ans,  éïiè  ftit  prise  dé  convulsions  qiii  persistèrent  jùsqù’à 
dôùzé,  épbqiië  dé  l’apparition  spontanée  dés  mé'nsfriiés, 
qui  dépüis  ont  été  peu  âbohdaniés ,  peii  réguliërés,  qüoi- 
qüé  cette  ffllé'  parût  douée  d’une  forte  constitution. 

Marie  avait  seize  ans  lorsqu’elle  perdit  sa  mère  ;  elle  en 
fut  très -affligée;  peu  après,  ayant  été  contrariée  du  ma¬ 
riage  de  sa  sœur  ,  les  menstrues  sé  supprimèrent  pendant 
un-  an  j- pendant  ce  temps  elle  eut  lin  accès  de  nianié 
avec  furepr  ,  pt }  après  sa  guérison  f  elle  pdss.a  plusieurs 
années  tfès-heûreuse  au  sein  de  sa  famille;  • 

.  A  trente  ahS /Marie  fut  Surprise  par  dix  soldats  enne¬ 
mis;  la  fraÿêunlüi  causa  on  tremblement  général  qui  per¬ 
sista  p'endant' plusieurs  jours;  La  maison  patérnellefxfut 
dévastée  ;  et  quelques  mois;  ^prèé  son  ,père  inoutüt  de 
châgrinvPése’spéréeî'cetteiille  quitta  son  pays  natal  et 
sp  rendit  à  Paris  s  aupŸès  de;Sa  soéur. 

Uni  ad' après  l’époque;  de  .cette  frayeur,  elle  fut  prise 
de  convulsîbns  si  violentes  qw’on  les  crut  épileptiqgés  ;  il 
se  inanifésta  ;  dès  lors  urie  légère  paralysie  dé  la  lang'ué 
qüi  gênait  la  parole  s  les  convulsions  se  renouvellèrent 
souvent  >  particulièrement  aux  époques  menstruellès. 

L’année  süivantej  Marie j  . âgée  de  trente-deux  ans, 
toujours  en  proie  aux  convulsions,  retourna  dans  son 
pays  natal;  iaprès  six  semainès  èllè  délira  ,  elle  dut  de  la 
fureur;  on  lui  fitbeaucoOp  de  l'emèdes,  mais  sans  subeès; 


ET  OBSEBVATlONSi  S 

Cependant ,  à  l’âge  de  trente-quatre  ans  ,  délivrée  de¬ 
puis  quelques  mois  des  convulsions  et  ,  du  délire  ,  mais 
ayant  toujours  la  céphalalgie  et  la  paralysie  de  lu  langue , 
cette  fille  voulut  revenir  chez  sa  sœur. 

Témoin  du  bonheur  de  cette  sœur ,  accablée  de  souve¬ 
nirs  aflreux ,  souffrante  de  maux  atroces ,  ne  pouvant  sup¬ 
porter  l’horreur  de  cette  position  ,  Marie  parlait  souvent 
de  se  détruire  ;  elle  éprouvait  de  véritables  paroxysmes  de 
suicide  ,  poussée  h  sa  destruction,  tantôt  par  des  terreurs 
paniques,  tantôt  par  des  souffrances  physiques  »  tantôt 
par  des  douleurs  morales  qui  la  jetaient  dans  le  désespoir. 

Après  trois  mois  d’alternatives  d’agitation  et  de  calme , 
de  délire  suicide  et  de  raison ,  dé  désespoir  et  d’espé¬ 
rance  ,  privée  de  sommeil ,  Marie  fut  conduite  à  la  Salpé¬ 
trière  le  i5  juin  1820. 

Lors  de  son  admission  dans  fhospîce ,  notre  malade 
fut  placée  dans  l’infirmerie;  elle  avait  des  convulsions 
qu’il  fut  facile  de  reconnaître  pour  des  convulsions  hys¬ 
tériques  ;  elle  délirait ,  elle  était  pâle  ,  maigre  ,  elle  par¬ 
lait  avec  difficulté,  elle  voulait  mourir,  se  tuer;  elle  crai>- 
gnait  qu’on  la  fit  supplicier  à  cause  de  ses  fautes;  elle  croyait 
reconnaître  les  personnes  qui  étaient  dans  l’infirmerie  ,  ou 
qui  la  servaient;  elle  leur  parlait  avec  brusquerie  et  même 
a Vec  colère  ,  toujours  en  bégayant;  parinstans  ,  sâ  raison 
était  parfaite*  Elle  avait  souvent  la  face  colorée  >  les  yeux 
injectés ,  de  la  céphalalgie  ;  alors  la  parole  était  plus 
difficile.- 

On  fit  deux  saignées  générales ,  on  appliqua  des  sang-- 
sues  au  cou,  à  la  vulve,  on  ordonna  des  bains  tièdes  tous , 
les  deux  jours.  •  .  . 

Au  mois  de  juillet,  les  convulsions  cessèrent  ;  la  ma¬ 
lade  était  plus  calme  ,  les  intervalles  lucides  étaient  pluS 
prononcés;  quelquefois  la  parole  était  très-facile.  Maié 
tous  les  quatre,  six,  sept  jours ,  elle  éprouvait  des  dou- 


4  mémoires 

leurs  aiguës  clans  les  membres ,  dans  le  ventre,  surtout 
dans  le  crâiîe;  alors  le  col  ëtait  gonflé ,  rouge  ,  ainsi  que  là 
tète;  les.  yeux  étaient  injectés,  saillans  ,  les  mouvemens 
étaient  brusques.Malgré  des  efforts  incroyables  elle  ne  pou- 
..vaitparler  distinctement;  elle  ne  pouvait  articuler  cjue  des 
mots  entrecoupés  indiquant  des  injures  etle  désir  de  mou¬ 
rir;  dans  cet  état  elle  avait  ioutrextérieur  d’une  mania- 
.qne.  A  l’épocjue  des  menstrues, elle.se  plaignaitde  douleurs 
..atroces  à  l’utérus;  pendant  la. durée  du  paroxysme,  qui 
était  d’un  ,  de  deux  ,  de  tr.ois  jours ,  elle  repoussait  les 
ajimens  avec  emportement,  quelquefois  avec  défiance. 
.Souvent  elle  prenait  les  personnes  qui  m’accompagnaient 
K  la  visite  pour  des. ennemis  (]u’elle  croyait  reconnaître, 
poür  les  .auteurs  de  ses  souffrances;  alors  elle! nous  acca¬ 
blait  d’injures,  de  menaces,  nous  suppliait  dé  faire  cesser 
soii  supplice  et  d’assouvir  promptementnotre  vengeance. 

Pendant  les  intervalles  de  calme,  elle  était  douce., 
bonne  j  reconnaissante  des  soins  qu’on  lui  donnait;  .elle 
racontaitl.es  causes  de  sa  maladie,,  en  indiquait  des  symp¬ 
tômes  et  priait  de  la  guérir.  On  là  tenait  souvent  dans  la 
.camisole  ;  il  lui  est  arrivé  de  la  demander  et  dé  prier 
qu’on  la  lui  laissât.  : 

Au  mois  d’août  ,  je  fis  appliquer  im  séton  sur  la  région 
du  foie,  et  je  dèterrninai  la  malade,  à  boii;é  beaucoup 
d’eau  ou  de  tisane.  Il  parut  y  avoir  un  peu  de  rémission  ; 
on  eut  moins  souvent  recours  à  la  camisole, \on  laissait 
sortir  la  malade  dans  les  jardins  pour  se  promener  ;  les 
paroxysmes  de  suicide  étaient  moins fréquens ,  moins  vio- 
lens,  les  intervalles  de  raisjan  étaient  plus  longs  ;  mais  ja¬ 
mais  ses  projets  sinistres  ne  cessèrent  entièrement.  > 

On  s.urprenait.Gçtte  fille  rara.assant  des  cordes,  des 
liens  ,  pàr-tout  pii  elle  pouvait  en  rencontrer;  lorsqu’on 
les  lui  retirait,  elle  se  fâchait  e,t  répétait,  tantôt  avec 
emportement,  tantôt  avec  calme  :  on  a  beau  faire,  je  mo 


ET  OBSERVATIONS.  5 

tuerai!  Que  fais-je  ici^  Je  faîskorr^ur ,  je  suis  ààharge 
à  tout  le  monde.  Elle  accusait  sa  sœur,  ses  frères.  Lors¬ 
que  je  cherchais  à  combattre  ses  idéesetses  désirs  i'  lorsque 
je  l’assurais  que  tout  était  prévu  ,  qu’elle  ne  pourrait  ac-ï 
cqmplirses  desseins ,  tantôt  elle  écoutait  mes  conseils  avec 
intérêt  :  Fous  me  faites  du  bien,  me  disait-ellè,  mais 
jamais  vous  ne  me  guérirez:  Tantôt ,  elle  repouséait  mes 
consolations  par  des  injures  ;  laissez-moi  mourir  ,  je  suis, 
une  criminelle,  on  veut  me' conduire  au  supplice,  je 
sou  ffre  cruellement  ;  je  vous  connais,  vous  voulez  me 
faire  du  mal.  Si  j’étais  assurée  de  nie  bien  porter  un 
jour,  de  pouvoir  travailler,  d’ôtre  het&euse,  je  voudrais 
vivre;  mais  cela  é.tant  impossible  ,je  me  tuerai,  on  a 
beau  faire.  Tout  çela  était  dit  avec  effort  et  èn  balbutiant. 

.  La  situation  de  celte  malade  était  d’autant  plus  affreüse 
que,  le  plus  souvent,  elle  avait  lè  sentiment  de  sdh'état 
et  la  conviction  qu’elle  se  tuerait  elle-même. 

Je  prescrivis,  pendant  le  mois  d’octobre,  l’extrait  de 
chicorée  combiné  avec  le  tartre  émétique  ,  alterné  avec 
les  bains  lièdes,  sans  autre  effet  que  plus  de  calme. 

Décembre.  Vésicatoire  entre  les  épaules  qui  diminua  la 
céphalalgie  et  la  violence  dos  paroxysmes.  ■ 

Au  commencement  de  février ,  il  y  eut  quelques  crises 
sémblables  ô  celles  précédemment  décrites  ;  la  céphalalgie 
fut  aussi  violente,  les  douleurs  des  membres  furent  aussi 
intehsesi  Ôn  pi’atiqua  une  saignée  le  20,  on  multiplia  les 
bains  tiôdes.  La  malade  parut  plus  calme  les  jours  suivans. 

Le  27,  Marie  avait  mangé  à  huit  heures  la  soupe  et 
un  morceau  de  pain;  elle  était  sortie  paisiblement  do 
l’infirmeriè;  elle  s’était  emparée  d’uné  Corde  qui  servait 
à  maintenir  le  tuteur  d’un  jeune  arbre;  à  neuf  heures  et 
demie ,  pendant  que  je  faisais  la  visite  ,  on  vint  m’avertir 
qu’une.,  femme  s’étranglait  dans  uu  des  jardins  qui  ser¬ 
vent  de  promenade  aux  aliénées/ 


6 


MlÉMPiJlES 

Je  me  transporte  sur  les  lieux  :  à  l’angle  dudit  prome-< 
noir,  derrière  des  pierres  destinées  à  la  construction  com¬ 
mencée  du  quartier  des  çonvalescens  ,  je  trouvai  Marie 
étendue  sur  le  plan  incliné  d’un  revêtement  en  terrasse 
du  mur  en  construction. 

Le  corps  était  couché  sur  le  dos ,  les  membres  abdomi¬ 
naux,  étendus  ,  étaient  étalés  sur  une  pierre  de  taille 
posée  sur  le  talus,  tandis  que  le  tronc  et  la  tête  re¬ 
posaient  sur  le  talus  lui-même.  Nulle  altération  de  la 
face  ,  quelques  bribes  de  pain  à  la  commissure  gauche 
des  lèvres  ;  la  peau  n’était  ni  décolorée ,  ni  ecchymosée  , 
la  chaleur  naturelle'  était  conservée.  On  voyait  au  col  la 
double  impression  d’une  corde  de  deux  lignes  de  diamè¬ 
tre.  L’une  de  ces  impressions  était  presque  horizontale , 
l’autrémontait  obliquement  de  dessous  le  menton  derrière  • 
chaque  oreille  et  se  réunissait  à  l’occiput.  Une  sugillation 
de  quatre  à  six  lignes  de  diamètre ,  du  côté  droit  du  col , 
correspondait  à  la  jugulaire  droite;  la  peau  déprimée  par 
la  corde  n’était  pas  changée  de  couleur ,  et  on  ne  voyait 
aucune  ecchymose  ni  au-dessus  ni  au-dessous  du  sillon 
formé  par  l’impression. 

Celte  fille  avait  posé  la  corde  horizontalement  derrière 
le  col;  elle  avait  ramené  les  deux  bouts  en  avant ,  les 
avait  croisés  sous  le  menton ,  et  reportés  derrière  les 
oreilles  et  la  tête  pour  les  attacher  à  un  pieu  „  haut  de 
deux  pieds  ,  fixé  anciennement  au  sommet  de  l’angle 
saillant  du  talus  sur  lequel  le  corps  était  gisant,  et  s’était 
glissée  sur  le  talus  et  puis  sur  la  pierre. 

La  jardinière  qui  avait  aperçu  les  mouvemens  de  cette 
fille,  sans  distinguer  çequi  en  était  la  cause,  étaitaccourue, 
et  avait  détaçhé  la  corde  (elle  n’avait  eu  que  cinquante 
toises  à  parcourir).  Un  élève  qui  avait  couru  dès  que  je  fus 
averti,  avait  ouvert  la  jugulaire  gauche,  lorsque  j’arrivai;, 
on  n’obtint  pasdesang,  Qn  ouvrit  la  veine  du  bras  droit,  if 


ET  observations,  J 

cpula ,  en  bavant  et‘  par  gouttes ,  tout  au  plus,  deux  gros 
de  sang  noir ,  ëpais. 

Je  fis  transporter  le  corps  à  l’infirmerie  ;  il  n’offrait 
aucun  signe  de  mort.  Des  frictions  avec  les  mainS ,  avec 
la  laine ,  avec  l’alcohol ,  avec  l’ammoniaque ,  furent  faites  ; 
on  essaya  vairièment  de  faire  couler  le  sang  par  les  ouver¬ 
tures  déjà  pratiquées  ;  on  insuffla  de  l’air  à  l’aide  d’uno 
sonde  de  gomme  élastique  et  d’un  soufflet  ;  on  exerça  al- 
terpalivement  des  pressions  sur  les  hypocpndres  et  sur  les 
flapcs,  jrour  pro,duire  des  mpwyemens  d’expiration  j  on 
introduisit  de  l’éther  sulfurique  dan?  la  bouche.  Après 
upe  heure  et  deçaie  de  soins  infructueux ,  je  fis  laisser  le 
cadavre  sur  le  fit  spr  lequel  je  l’ayais  fait  transporter. 

A  une  heure  je  yisitai  le  padavre ,  les  traits  de  la  face 
n’étaient  nufieuiept  altérés ,  le  tronc  n’était  pas  refroidi , 
les  membres  étaient  froids. 

A  cinq  heures  le  refroidisseinentvéfait  complet ,  la  peau 
de  la  face  était  un  peu  déçolorée ,  les  membres  un  peu 
roides  ,  la  tête  ,  un  peu  inelinée  à  droite  et  roide ,  les 
jambes  étaient  légèremént  livides ,  la  double  empfoi.nte  de 
la  corde  était  légèrement  colorée  en  brun- 

Abdomen  un  peu  distendu. 

Le  lendemain,  vers  six  heures  du  matin  ,  la  face  était 
un  peu  bouffie ,  violacée,  fes  membres. étaient  roides,  les 
pieds  et  la  moitié  des  jambes  étaient  riolacés  ,  le  ventre 
balloné. 

A  io  heures,  aS  heures  après  là  mort,  l’ouverture  du 
cadavre  fut  faite  en  présence  de  plusieurs  élèves. 

La  face.étàit  bouffie  et  livide  ,  les  traits  peu  altérés  ,lcs 
yeux  ouverts  et  b'rillàns ,  le  ventre  balloné ,  les  pieds  et  les 
jambes  violacés. 

La  double  impression  delà  corde  était  peu  pi’o  fonde  ;  la 
peausubjacente  était  brune ,  comme  brûlée  ,  sànseee/ij- 
inose;  la  sugillation  ,  observée  au  col  au  moment  de  la 


8  MÉMOIBES  . 

mort  ,  avait  disparu;  le  tissu  cellulaire  subjacent  à  l’ini' 
pression  delà  cordr  était  sec-,  serré,  dense  ,  et  présentait 
une  bandelette  d’u  ^e  ligne  et  demie  de  largeur,  d’un 
blanc  brillant. 

Le  cuir  chevelu  injecté  de  sang  noir. 

Le  crâne  épais  et  éburné,  la  ligne  médiane  déjetée  à 
gauche  ,  les  circonvolutions  du  cerveau  petites  et  comme 
pressées  les  unes  contre  les  autres; 

Après  avoir  enlevé  les  méninges  qui  étaient  légère¬ 
ment  infiltrées,  à  la  partie  moyenne  du  bord  supérieur  et 
interne'du  lobe  droit  du  cerveau  ,  sa  substance  grise  parut 
déprimée  et  altérée  dans  sa  couleur ,  dans  l’étendue  d’un 
pouce'  d’avant  en  arrière  et  de  six  lignes  transversale¬ 
ment;  au-dessous  de  la  substance  grise  ,  on  trouva  un  tu¬ 
bercule  squirreux ,  isolé  pab  sa  tunique  propre ,  de  la  sub¬ 
stance  blanche,  laquelle  était  un  peu  dense  autour  du  kyste , 
ét  sans  altération  notable  dans  le  reste  du  cerveau. 

Les  poumons  et  le  cœur  très-sains ,  nullement  gorgés 
de  sang.  ' 

Alimens  contenus  dans  l’estomac  à  l’état  chymeux  , 
exhalant  une  odeur  acide. 

Point  d’injection  ni  de  traces  d’inflammation  à  la  mu¬ 
queuse  du  conduit  alimentaire. 

La  vésicule  biliaire  renfermait  de  la  bile  brune  et 
épaisse. 

L’ovaire  droit  gorgé  de  sang  ;  le  gauche  offrait  un  petit 
kyste  séreux  et  était  beaucoup  moins  injecté  que  le  droit. 

Remarques.  —  1;°  Cette  observation  est  intéressante 
sous  le  rapport  pathologique.  En  effet ,  les  retours  fréquens 
de  la  céphalalgie  ,  des  douleurs  aiguës  des  membres ,  de 
l’injection  de  la  face  et  des  yeux ,  de  la  paralysie  de  la 
langue  ,  du  délire ,  indiquent  évidemment  que  l’impulsion 
au  suicide  dépendait  d’une  affection  cérébrale  primitive. 


E  T  OBSERVATIONS.  g 

d’autânf  plus  que  la  fureur  pour  se  détruire  augmentait 
avec  l’exaspéràtion  des  symptômes  cérébraux. 

L’engorgeinent  sanguin  de  l’ovaire  droit  rappelle  l’obser¬ 
vation  rapportée  dans  les  Mémoires  de  la  Société  Royale 
de  Médecine  ,  d’une  fille  qui ,  ayant  été  trahie  par  son 
ainant ,  se  pendit.  A  l’ouverture  du  cadavre ,  on  trouva 
l’ovaire  droit  gorgé  de  sang  et  rompu. 

2.°  Sous  le  rapport  de  la  médecine  légale,  cette  obser¬ 
vation  nous  a  paru  d’un  grand  intérêt. 

Le  cadavre  conserve  encore  tous  les  traits  de  la  vie, 
non  seulement  quelques  minutes  après  la  mort,  mais 
même  quelques  heures  après.  On  aperçoit  seulement,  lors 
de  la  première  inspection ,  la  trace  de  deux  tours  de  corde 
au  col;  cette  trace  est  peu  profonde  ,  et  n’a  pas  même  al¬ 
téré  la  couleur  de  la  peau. 

La  coloration  et  la  bouffissure  de  la  face ,  la  couleur 
violacée  des  pieds ,  la  roideur  des  membres  n’ont  com¬ 
mencé  à  se  manifester  que  7  à  8  heures  après  la  mort. 

Point  d’ecchymose  autour  du  col  ,et  la  sugillation ,  obser¬ 
vée!  l’instant  de  la  mort ,  avait  disparu  lors  de  l’ouverture 
du  cadavre  ,  26  heures  après. 

A  l’ouverture  du  cadavre ,  qu’observe-t-on  ?  Les  traits 
de  la  face  sont  peu  altérés,  la  sugillation  ,  observée  la 
veille,  a  disparu  ,  la  peau  qui  recouvre  les  deux  sillons 
formés  par  l’impression  de  la  corde  ,  n’est  ni  violacée ,  ni 
,  ecchymosée  ;  elle  est  comme  brûlée.'  ' 

Les  méningés  sont  très-peu 'injectées ,  ,1e  cerveau  ne 
l’est  point,  les  poumons  et  le  cœur  sont  vides  de  sang  , 
l’ovaire  droit  seul  est  gorgé  de  sang  noir. 

Quelles  conclusions,  propres  à  éclairer  le  magistral, 
le  médecin ,  appelé  •  à  trois  ou  quatre  heures  de  relevée , 
c’est-à-dire ,  6!  7  heures  après  la  mort  de  cette  fille ,  eût- 
il  pu  déduire  de  l’inspection  du  cadavre.  Il  n’eût  trouvé 
aucun  des  signes  donnés  par  les  médecins -légistes  comme 


10  U  01  UE  s 

caractéristiques  dé  la  suspensiou  avant  la  perte  de  la  vie. 
La  double  impression  de  la  corde  ne  pouvait-elle  pas  faire 
naître  en  lui  le  soupçon  d’iin  homicide  :  l’inspeotion  du 
terrein  aurait  peut-être  pu  fortifier  ce  soupçon. 

Si  ce  même  médecin,  après  avoir  reconnu  d’abord 
que  l’impression  dè  la  corde  n’était  ni  rouge  ni  violette , 
que  la  figure  n’était  ni  bonifie  ,  ni  livide ,  ni  hideuse ,  que 
les  lèvres  et  la  langue  n’étaient  pas  violacées ,  qu’il  n’y 
avait  pas  d’écume  à  la  bouche  ni  aux  narines ,  eût  procédé 
à  l’ouverture  du  cadavre,  24  heures  après,  et  qu’il  n’eût 
trouvé  ni  les  vaisseaux  du  cerveau ,  ni  ceux  des  nùéninges , 
ni’surtout  ceux  des  poumons  gorgés  de  sang ,  qu’aurait-il 
pu  conclure  ?  que  la  suspension  était  postérieure  à  la 
mort.  Et  nous,  que  devrionsrnous penser  d’une  pareille 
conclusion  ? 

Birons-nous  que  les  auteurs  de  médecinè  légale  ,  les 
Albert! ,  les  Zaçhias ,  que  Louis  et  Petit,  së  sont  trompés 
et  qu’ils  ont  préparé  l’errçur  de  ceux  qui  sont  venus  après 
gux,  de  MIVL  Fodéré,  Vigné,  Belloc,  etc.  Loin  de  moi 
une  pareille  pensée  ;  niais  j’ai  lieu  de  croire  que  plusieurs 
causes  ont  concouru  pour  en  imposer  aux  premiers  méde¬ 
cins  législes.  ' 

Les  anciens  étaient  convainêus  que  les  pendus  étaient 
étranglés  et  qu’ils  mouraient  apoplectiques.  Dès -lors 
tous  les  signes  cadavériques  de  l’apoplexie  ont  dû  leur 
paraître  les  signes  caractéristiques  de  la  strangulation 
suite  de  la  naort  par  la  suspension.  Ils  furent  confirmés 
dans  cette  opinion  ,  parce  qu’il  était  défendu  de  por¬ 
ter  assistance  à  un  homme  qui  se  détruisait ,  soit  par 
l’immersion,  soit  par  la  strangu|atiom  Jusques  aux  temps 
modernes ,  personne  n’eût  osé  tpueher  à  un  cadavre  trouvé 
pendu  ,  avant  l’arrivée  de  l’olfiçiOr  public  ;  de  nos  jours 
même  ,  avaqt  que  les  formalités  soient  temlpHès,  avàntquo 
le  magistrat  ait  ordonné  la  visite  du  médecin  ;  avant  que 


ET  OBSEK  VATIONS.  11 

çelui-çi  ait  pu  procéder  à  la  visite  du  cadavre ,  il  s’est 
écoulé  plusieurs  heures  depuis  la  mort. 

Or ,  si  l’pn  observe  plusieurs  heures  après  la  mort  le 
cadavre  d’un  individu  qui  s’est  étranglé  ou  pendu  ,  et  que 
le  lien  n’ait  point  été, enlevé  aussitôt  après ,  alors  la  face  est 
bouffie,  violacée,  il  y  a  de  l’écume  sanguinolente  à  la 
bouche ,  les .  membres  sont  roid'es ,  leurs  extrémités  sont 
violettes, etc,  Tous  ces  phénomènes  dépendent  de  la  con¬ 
servation  du  lien  autour  du  col  jusques  k  ce  que  le 
cadavre  soit  jrefroidi ,  comme  le  prouvent  les  observations 
suivantes. 

Une  femme ,  âgée" de  35  ans  ,  mère  de  deux  enfans ,  est 
accoblée  par  la  ruine  des  allkires  de  son  mari  ;  elle  tombe 
dans  la  lypémanie  suicide,  elle  est  morne ,  triste,  elle  ne 
parle  point ,  elle  reste  couchée  ou  assise ,  ne  voulant  faire 
aucun  exercice  ;  elle  semble  ne  vivre  que  pour  se  tuer  : 
elle  veut  s’étrangler  ,  onl’empèche  plusieurs  fois  de  se  pré¬ 
cipiter  par  les  croisées  ,  elle  refuse  démanger  pendant  plu¬ 
sieurs,  jours  de  suite  ,  elle  chèrchc  à  s’évader  de  chez  elle, 
elle  avale  un  sou ,  un  dez  à  coudre ,  deux  aiguilles  ;  elle  se 
jette  du  haut  des  marches  d’un  escalier;  enfin  elle  se  glisse 
au  travers  d’un  soupirail ,  dans  une  espèce  de  cave ,  et  s’y 
pend ,  après  six  mois.de  maladie.  On  ne  retrouve  le  cadavre 
de  celte  femme  que  cinq  k  six  heures  après  ;  elle  avait 
fait  un  nœud  coulant  k  une  corde  ;  après  avqir  monté  sur 
deux  pavés  qu’on  trouva  roulés  k  ses  pieds  lors  de  la 
visite  du  corps ,  elle  avait  accroché  la  corde  à  un  clou  fixé 
au  mur. 

La  face  était  violette ,  les  yeux  étaient  ouverts  et  bril- 
lans  ,  il  y  avait  une  écume  sanguinolente  autour  des  lè¬ 
vres  livides  ;  les  membres ,  la  moitié  des  jambes ,  les  pieds , 
dans  l’extension  ,  étaient  violets  ;  tout  le  cadavre  était  re¬ 
froidi.  La  chemise  était  encore  mouillée  antérieurement  j  la 
corde,  très-mince,  passait  sous  le  méntou  ,  se  dirigeait 


derrière  les  oreilles  ;  le  sillon  qu’avait  fait  sa  pression  était 
très-profond  ;  la  peau  qui  recouvrait  le  sillon  était  très- 
brune  ,  comrne  brûlée  ,  mais  sans  ecclijmose.. 

L’ouverture  du  cadavre  fut  faite  29  heures  après  la 
mort.  La  face  était  bouffie  ,  violacée ,  les  yeux  ouverts  , 
les  extrémités  des  membres  très-violacées,  le  ventre  très- 
balloné  J  le  tissu  cellulaire  subjacent  à  la-  dépression 
faite  au  col  par  la  corde  >  était  desséché,  condensé ,  et 
formait  une  bandelette  d’une  ligne  de  diamètre  et  d’uii 
blanc  très-brillant,  sans  apparence  d’infiltration  au  cou  , 
au-dessus  ou  au-dessous  de  la  dépression. 

Cuir  chevelu  gorgé  de  sang. 

Crâne  mince  ,  front  déjeté  en  arrière ,  bosses  pariétales 
très-saillantes.  , 

Méningés  un  peu  injectées ,  nulle  altération  apprécia¬ 
ble  dans  le  cerveau. 

La  portion  inférieure  et  postérieure  du  poumon  droit 
infiltrée  par  du  sang  noir. 

,  Cœur  plein  de  sang  noir  et  fluide. 

Foie  volumineux,  gorgé  de  sang;  le  grand  lobe  se  pro¬ 
longeant  dans  le  flanc  droit. 

Intestins  distendus  par  des  gaz,  le  colon  transverse  di¬ 
rigé  obliquement  jusques  au  pubis. 

Estomac  vide ,  nulle  trace  d’inflammation  de  la  mu¬ 
queuse  du  conduit  alimentaire. 

Remarques.  Quoique  le  sillon  de  la  corde  fût  très- 
profond,  il  n’y  avait  pas  d’ecchymose  autçur  du  col. 

L’engorgement  du  poumon  droit  était  évidemment  un 
effet  cadavérique. 

Le  déplacement  du  colon  transverse  n’est  pas  rare 
dans  les  aliénations  mentales  ,  et  particulièrement  dans 
la  lypémanie. 

Bans  cette  observation  , des  phénomènes  extérieurs  in¬ 
diqués  par  les  auteurs ,  tels  que  la  bouffisure  ,  la  lividité 


ET  OBSERVATIONS.  l3 

de  la  facOj  récume  à  la  bouche,  la  roideur  des  mem¬ 
bres,  etc,  ,  ont  été  observés,  parce  que  le  corps,  a  été 
visité  plusieurs  heures  après  la  mort ,  et  que  le  lien  n’ayait 
pas  été  enlevé  aussitôt  après  la  strangulation. 

En  laissant  â  chacun  le  soin  d’expliquer  ces  phénomènes 
cadavériques  comparés  aux  résultats  de  la .  première  ob¬ 
servation  ,  qu’il  nous  soit  permis  d’ajouter  quelques  faits 
directs  qui;  prouveront  que  la  pression  du  lien  autour 
du  col ,  continuée  jusqu’à  l’entier  refroidissement  du 
corps,  est  peut-être  la  vraie  cause  des  signes  observés  et 
décrits  par  les  auteurs. 

Un  homme  d’affaires,  ayant  fait  une  perte,  crut  être 
ruiné  èt  résolue  de  se  tuer.  Il  se  persuadait,  qu’il  allait 
être  poursuivi  criminellement  par  un  homme  très-riche 
dont  il  croyait  avoir  compromis  les  intérêts;, il  parlait  sans 
cesse  ,  il  était  en  mouvement  nuit  et  jour  ,  il  mangeait  et 
buvait  très-peu  :  après  huit  ou  dix  jours,  il  fit  une  espèce 
.  de  testament  qui  ne  contenait, pas  deux  mots  de  suite  qui 
pussent  se  lier  ensemble.  Il  fut  plus  calme  après  ,  pour 
mieux  tromper  la  surveillance  des  personnes  ,  qui  le  ser-, 
valent  ;  il  fit  un  nœud-coulant  h  sa  crayatte  passée  autour 
de  son  col  ,  .et,  profitant  d’un  instant  d’absence  de  scs  do  • 
mestiques  ,  il  attacha  les  bouts  du  mouchoir' à  l’espagnoir 
lelte  d’une  des  croisées  de  son  appartement ,  et  se  pendit; 
ainsi.  A  peine  l’opération  faite  ,  ses  gens  entrèrent  ;  on  le 
décrocha  ,  ôdîe  coucha  sur  sonljt,,  on  lui  donna  de, l’air  , 
etc.  Le.  cadavre  ne  présenta  aucqne  altération,  des  traits: 
delà  face,  aucune  ecchymose,  a  ucnneécuine  àlaliouche. 

Je  fus  mandé  pour  visiter  le; ,  corps  d’un  aliéné,  âgé 
de  4o  dns  ,  qui  était  depuis  plusieurs  années  dans,  la;  dé¬ 
mence,  suite  d’une  monomaqip.  Jamais  il  n’avaît  donné 
des  signes  de  penchant  au  suicjde.  Pendant  la  nuit  il  .avait  ; 
noué  à  la  suite  les  uns  dns  autrés|  plusieurs  rubans  attachés 
à  un  brassolet  destiné  à  contenir  l’appareil  d’un  vésica- 


l4  Bli  MO  IBÉS 

tôifé  ;  il  avait  fixé  lés  deux  bouts  de  Çés  petits  rubans  réunis, 
au  ciel  de  son  lit,  passé  sa  tête  b  travers  râûse  formée 
par  cè  lien  ,  et  abahdonné  sou  corps  commè  pour  s’age¬ 
nouiller.  Je  trouvai  les  pieds  et  les  jambes  traînans  sur 
le  lit ,  et  les  genoux  toucliabt  presque  les  couvertures.  Il 
y  avait  encore  un  reste  de  chaleur  à  l’épigastre.  A  peine 
le  lien  fut  ronipu  ,  le  cadavre  étendu  sur  le  lit ,  les  croi¬ 
sées  de  l’âppartement  ouvertes,  que  la  bouffissure  et  la 
lividité  de  la  face  disparurent,  ainsi  que  la  lividité  du  scro¬ 
tum  et  du  pénis  qui  était  dans  une  demi-érection. 

Ces  faits  me  paraissent  concluads,  et  prouvent  que  .,  si 
le  badavre  d’un  individu  qui  s’est  pendu  ou  qui  s’e^  étran¬ 
glé  est  délivré  du  lien  fatal ,  immédiatement  ou  même  plu¬ 
sieurs  heures  après  là  mort ,  alors  on  ne  trouve  point  les 
signes  cadavériques  indiqués  par  les  auteurs,  comme 
propres  à  signaler  la  suspension  avant  la  mort  î  ces  phé¬ 
nomènes  n’ont  pas  eu  lieu  ou  se  sont  dissipés. 

Les  cadavres  du  sabotièt-  dé  Liègé ,  de  Calas ,  èt  des  sü- 
jets  de  la  prémièrè  et  dé’ la  troisièmé  observation,  avaient 
été  délivrés  du  lien  aussitôt  après  la  mort;  ils  avaient  été 
visités  immédiatement  apr^  j  aussi  n’ont-ils  présenté  au¬ 
cun  des  signes  de  süspènsion  aVanl  la  mOrt  ;  ni’  à  Pleffer, 
ni  au  chirurgien  qui  fut  àppôlè  auprès  de  Calas ,  ni  à  moi 
tandis  qüè lé  cadàVré  du  SÜltel  de  ma  troisième  oLséryation, 
celui  de  la  quatrième ,  les  Offfi-aîent  tous  ,  parce  qu’ils 
étaient  restés  pendüS  plhsîetïrs  heures  après  la  mort,  et 
long-témps  avant  qu’on  lés  visitât.  Ôr  c’est  ce  qui  arrive 
presqùé  toujours  aüi  mMébihs  appelés  pour  faire  un  rap¬ 
port  sur  le  cadavre  d’hn  individu  trouvé  pendu.  Au  reste, 
ces  signés  sont  plus  Oii  iüoins  nombreux,  plus  ou  moins 
ptonénéés ,  suivant  là  'causé  immédiate  qui  a  causé 
la  mort  de  ceux  qui  së  Sont  péndüS  ou  qui  se  sont  étran¬ 
glés ,  car  tous  ne  périssent  pas  par  la  inênie  mort.  , 

Lorsque  le  célèbre  Pfeffer  entreprit  la  défense  de  la 


ET  OBSERVATIONS.  l5 

feoime  et  dii  gendré  du  sàÈoticr,  il  n’av'aît  pas  vii  ün 
graùd  noinbre  de  pendus  et  de  siiicidés  :  il  Vit  le  cada¬ 
vre  du  sabotier  imMédiàtcmenl  après  la  mort  ;  et  après 
t{u’on  eut  enlevé  du  cOl  lë  lièh  bVèc  lequel  il  s’étàit 
pendu ,  il  n’apèrçut  auëün  des  signes  indiqués  par  les 
auteurs ,  comme  propres  à  Caractériser  la  suspension 
avant  la  mort.  Cependant  il  était  cOnvai'ncù  qüe  cet 
homme  était  mort  suicide;  Il  chercha  à  expliquer ,  par 
une  supposition ,  l’absence  des  signes  ;  il  prétendit  qüe 
cette  absence  des  signes  et  la  promptitude  delà  mort, 
prouvaient  qu’elle  avait  eu  lieu  par  la  luxaliôtl  des  ver¬ 
tèbres  cervicales;  ëomme  si  l’asphyxie  par  l’occlusion 
des  voies  aériennes  h’était  pas  un  genre  de  tübrt  subite. 
Pfefier  h’eüt  pas  ou  recours  à  cette  explication  ,  dé- 
mèntiè  par  l’observation  ,  S’il  eût  tenu  compte  dü  prompt, 
enlèvement  du  lien  et  de  l’heure  à  laquelle  il  avait  visité 
le  cadavre;  s’il  eût  pu  le  visiter  immédiatement  après  là 
mort,  quelques  heures  après,  et  le  lendemain,  comme 
nous  avons  visité  le  cadavre  du  sujet  de  là  première  ob- 
servaliom 

Le  médecin  dè  Liège  éngagéà  Antoine  Petit  à  faire 
line  cofasiiltation ,  tendante  à  prouver  que  lè  sabotier , 
trouvé  mort  dans  sà  chambre  ,  s’étàit  pendu  lui -même. 
Petit  expliqua  feommënt  là  luxation  des  vèrlèbreS  Cérvicales 
est  possible  dans  cè  bas  -,  par  l’impulsion  qu’uh  individu 
donné  h  son  corps  lorsqu’il  veut  se  pendre  ,  et  même  par 
le  seul  poids  du  corps.  Ce  genre  de  mort,  dit -il,  rend 
raison  pourquoi  le  sabotier  mourut  très  -  promptement 
et  ne  présenta  pas  à  PfelTer  les  signes  propres  à  la  sus¬ 
pension  avant  la  mort.  Il  est  évident  que  la  conviction 
dé  PfelTer  entraîna  A;  Petit  dans  l’erreur. 

Des  faits  qui  précèdent,  et  des  considérations  auxquelles 
ils  ont  donné  lieu,  nous  tirons  les  conséquences  suivantes  : 

1.”  Que  les  signes  donnés  par  les  médecins  légiste's 


l6  MEMOIRES 

comme  propres  à  faire  reconnaître  si  le  cadavre  d’un 
homme  trouvé  pendu  l’a  été  avant  ou  après  la  mort, 
no  sont  pas  aussi  positifs  qu’ils  l’ont  avancé  ; 

2."  Que  l’ecchymose  autour  du.  col  n’est  pas  un  signe 
constant,  et  qu’il  faut  la  regarder  ,  .avecDehaën,  çomme 
un  signe  équivoque  de  la  suspension  avant  la  mort  ; 

5.“  Que  les  signes  indiqués  par  les  mêmes,  auteurs  doi¬ 
vent  se  rencontrer  moins  souvent  depuis  que  les  préjugés 
et  les  lois  ne  s’opposent  plus  à  ce  qu’on  donne  des  secours 
à  une  personne  qui  se  détruit  par  la  submersion  ou  la, 
strangulation; 

4.°  Enfin ,  que  lorsqu’un  médecin  est  appelé  pour  faire 
la  visite  d’un  cadavre  trouvé  pendu ,  il  doit  tenir  compte 
de  l’heure  à  laquelle  la  mort  a  eu  lieu,  et  du  temps 
pendant  lequel  le  lien  a  été  maintenu  autour  du  col  :  deux 
circonstances  qui  modifient  les  phénomènes  cadavériques , 
lesquels  ^servent  de  hase  au  jugement  qu’il  doit  porter.  , 

L’erreur  dans  laquelle  sont  tombés  des  hommes  aussi 
recommandables  par  leurs  lumières,  m’a  seule  déterminé 
è  rendre  publiques  ces  considérations  sur  une  des  ;ques-, 
lions  de  médecine  légale  les  plus  délicates  et  les  plus 
difficiles.  Je  les  .croirais- utiles ,  quand  elles  ne  produi¬ 
raient  d’autre  bien  que  dé  faire  naître  des  doutes,  dans 
l’esijrit  des  médecins  chargés  de  faire  des  rapports  en 
justice  ;  car  il  ,  n’y  a  que  l’examen  le  plus  judicieux  qui 
puisse  ,  en  éclairant  la  çonspié^ce  du^  médecin,  rassurer 
celle  du  magistrat,  arbitre  de  la  vie  et  d.e  l’honneur  des 
citoyens.  ....  -  ;  ;  ,  fi ,  ;  • 


Observations  relatives  aux  perforations  spontanées  de 

l’intestin  grêle  dans  les  maladies  aiguës,-  suivies  de 

quelques  réflexions  ;  par  M.  Louis,  D.-M.-P. 

Liîs  perforations  de  l’intestin  grêle  ,  dans  les  maladies 
aiguës  ,  sont,  un  des  accidens  les  plus  graves  qu’on  puisse 
rencontrer  dans  ,  la  pratique  de  la  médecine.  Elles  n’ont 
pourtant  pas  jusqu’ici  fixé  l’attention  des  médecins  ;  la 
science  possède  à  peine  quelques  laits  relatifs  à  ce  point 
intéressant  de,  pathologie  ,  et  nous  avons  cru  par  cette 
raison  faire  quelque  chose  d’utile  en  publiant  les  observa¬ 
tions  encore  peu  nombreuses ,  il  est  vrai ,  que  nous  ayons 
recueillies  à  ce  sujet.  Nous  les  avons  réunies  à  deux  autpes 
du  même  genre  qui  nous  ont  été  conimuniquéespar  M.,le 
docteur  Ghomel,  et  qui  ont  pour  auteurs,  l’une  M.  le 
docteur  Martin  Solon  {  l’autre  M.  Boulu ,  étudiant  en  mé-. 
decine.  Ces  deux  observations  sont  les ,  premières  dans 
l’ordre  indiqué;  viennent  ensuite  celles  que  nous  avons 
recueillies  à  l’hôpital  de  la  Charité ,  et  parmi  cellesrci  ,;la 
troisième  a  été  rendue  plus  complète  par  M.  le  docteur 
Andral  fils ,  qui  a  bien  voulu  nous  communiquer  quelques- 
uns  des  détails  qüi  nous  manquaient. 

Nous  avons  retranché  de  nos  observations  propres  tout 
ce  qui  nous  a  semblé  inutile  ;  mais  aussi  nous  y  avons  laissé 
tout  ce  qui  nous  a  paru  éclairer  la  marche  et  la  nature  do 
la  lésion  qui  donne  lieu  aux  perforations.  Si  quelques-uns 
des  détails  dans  lesquels  nous  sommes  entrés  paraissent 
minutieux,  de  nouvelles  observations  leur,  donneront  peut- 
être  de  l’importance  ,  et  c’est  par  cq  motif  que  nous  n’a¬ 
vons  pas  cru  pouvoir  les  supprimer. 


l8  MÉMOIBES 

PiiEMiîinE  Obsebvation. — M.  L . ,  commis -mar¬ 

chand  de  draps  ,  âgé  de  24  ans  ,  d’une  constitution 
faible,  d’un  tempérament  lymphatique ,  fut  pris,  le  27  mai 
1822,  à  la  suite  d’une  suppression  de  transpiration,  de 
douleurs  lombaires  très-yives  et  d’une  fièvre  Irès-inténse. 
Le  28  mai ,  M.  le  docteur  Martin  Solon  (médecin  du  ma¬ 
lade)  lui  conseilla  un  bain  chaud,  le  repos  du  lit  et 
la  diète.  Les  douleurs  des  lombes  se  dissipèrent ,  la 
fièvre  diminua,  et  M.  L. . . . .  reprit  ses  occupations. 
Quelques  jours  après ,  des  douleürs  vagues  se  firent 
sentir  dans  les  membres  ;  la  tête  était  pesante ,  doulou¬ 
reuse  ;  le  visage  triste  et  abattu  ;  la  langue  rouge  au  pour- 
toHir ,  couverte  à  Son  milieu  d’un  enduit  blanchâtre  épais  } 
la  soif  vive ,  le  ventre  légèrement  douloureux  à  la  pression  ; 
la  peau  brûlante  et  sèche ,  le  pouls  très-fréquent;  leséva' 
ouations  al  vines  étaient  rares  :  (i5  sangsues  à  l’anus  ,  lave- 
meWs  émolliens,  cataplasmes  émolliens  sur  le  ventre ,  dé¬ 
coction  d’orge  ,  diète  absolue  ). 

Lo  lendemain,  la  céphalalgie  était  dissipée,  mais  les 
autres  syihplômes  persistaient.  LeS  même»  moyens,  à 
l’exception  de  la  saignée ,  furent  employés ,  et  suivis  en 
quelques  jours  d’une  grande  amélioration.  Mais  le  malade 
ayant  pris  du  bouillon  qui  ne  lui  avait  pas  été  prescrit ,  le 
lendemain  8  juin  ,  tous  les  symptômes  inflammatoires 
avaient  reparu.  Il  y  avait  eu  de  l’agitation  pendant  la  nuit , 
et  la  chaleur  du  ventre  paraissait  plus  élevée  aü  toucher 
que  partout  ailleurs  :  (16  sangsues  à  la  région  iléo^cœcale , 
continuation  des  émolliens  à  l’intérieur  et  à  l’extérieur  , 
bains).  .  ? 

'  Leu  juin  ,  la  langue  était  assez  bonne  ,  le  veiitré  indo¬ 
lent,'  la  respiration  sé  faisait  convenablement  et  sans  bruit; 
mais  la  chaleur  de  la  peau  et  la  dureté  du  pouls  qui  subsis- 
1  a  ient,  engagèrent  à  faire  une  saignée  d’üne  pale  ttèet  demie. 
Le  sang  offrait  peu  de  sérosité  et  un  caillot  très-denser 


ET  0B8ERVATÎ0NS.  I9 

Le  12  ,  la  peau  était  moins  chaude  et  le  visage  moins 
animé  (  limonade ,  quelques  ceçîses  cuite8). 

Le  i4,  le  pouls  n’avait  plus  que  82  pulsations  par  mi¬ 
nute  ;  le  malade  se  sentait  beaucoup  mieux  ;  on  insista 
sur  la  diète. 

Le  1 5  ,  le  visage  était  très-ion  ,  le  pouls  excellent ,  le 
ventre  souple  et  indolent ,  le  malade  plaisantait  sur  son 
état  des  jours  précédons;  il  désirait  manger ,, mais  con¬ 
sentit  à  attendre  encore  deux  jours. 

Le  16  au  malin,  la  face  était  grippée  :  pendant  ,1a  nuit 
le  malade  avait  éprouvé  to.ut-à-eoup  des  nausées  fré¬ 
quentes  et  des  coliques  atroces  qui  l’avaient  réveillé  subite¬ 
ment,  et  quand  je  le  vis  (  dit  M.  Martin  Solon  )  il  se  disait 
beaucoup  mieux;  cependant,  le.  ventre  était  météorisé, 
douloureux  partout  ;  le  pouls  petit ,  serré ,  fréquent,:  je 
reconnus  une  péritonite ,  et  la  promptitude  de  son  déve¬ 
loppement  me  porta  à  croire  qu’elle  était  causée,  par  une 
perforation' de  l’intestip  :  (embrocations  huileuses  sur  le 
ventre  ,  potion  avec  le  sirop  diacode). 

M.  le  docteur  Chôme! ,  appelé  dans  la  journée ,  parta¬ 
gea  mon  avis. 

Le  soir,  il  y  eut  des  vomissemens  brunâtres  abondans, 
le  pouls  était  encore  plus  serré  ,  le  ventre  plus  tendu  ;  le 
malade  était  dans  la  plus  grande  sécurité  sur  son  état.  :  il 
expira  è  minuit ,  20  heures  après  le  développement  des 
açcidens  de  la  péritonite. 

Autopsié  cadavérique  faite  le  lendemain.-^  Ou  trou¬ 
va  le  péritoine  couvert  d’une  exudation  sangqine  ,  diffi¬ 
cile  à  enlever  parle  grattage  :  les' circonvolutions  inlesT 
tinales  adhéraient  entre  elles  :  un  liquide  de  mauvaise 
odeur ,  contenant  des  mucosités  intestinales  et  de  la  bile , 
était  épanché  dans  la  cavité  péritonéale  et  remplissait  la 
partie  Inférieure  de  l’abdomen.  —  Les  gangliorts  du  mé¬ 
sentère  étaient  volumineux  et  d’un  rouge  foncé,  . 


La  surface  externé  de  l’iléon  présentait,  dans  le  voisi¬ 
nage  delà  valvule  iléo-ccecale,  la  perforation  indiquée  ; 
et  dans  les  dernières  circonvolutions  de  l’intestin  ,  se  trou- 
vaient  au  moins  huit  à  dix  ulcérations.  La  plus  voisine  de 
la  valvule  iléo  -cœcale  avait  au  moins  deux  pouces  et  demi 
de  circonférence  ;  ses  Lords  étaient  rouges  et  gonflés,  et , 
îi  son  centre  ,  se  trouvait  la  perforation  qui  avait  au  moins 
■  deux  lignes  de  diamètre  :  sa  circonférence  n’était  pas  fran¬ 
gée,  ne  présentait  pas  de  lambeaux  d’escarres  ,  mais  elle 
était  mince  et  parfaitement  circulaire.  . 

Les  autres  ulcérations  étaient ,  en  s’éloignant  de  la  val¬ 
vule  ,  de  moins  en-  moins  larges  et  profondes  :  elles  in¬ 
téressaient  seulement  la  membrane  muqueuse;  on  ne 
voyait  plus  de  tracés  inflammatoires  sur  beaucoup  d’entre 
elles,  et  leurs  bords  paraissaient  disposés  à  sé  cicatriser. 

IL”"'’ Observation. — M.  L.;..  B... ,  étudiant  en  droit, 
âgé  de  2  2  ans ,  d’une  constitution  forte ,  d’un  tempérament 
sanguin  très  -  prononcé ,  d’une  santé  parfaite ,  ne  faisant 
d’excès  en  aucun  genre  ,  déjeûna  le  1 7  mai  1 822  un  peu 
plus  que  d’habitude,  et  le  soir  il  éprouva  un  sentiment 
de  malaise  général,  qui  dura  trois  jours,  sans  augmenter 
sensiblement. 

Le  20  mars,  il  se  plaignit  d’une  douleur  de  télé  ;  la 
face  était  vivement  colorée ,  les  yeux  étaient  brillans  et 
injectés  ;  la  langue- était  blanchâtre  ,  la  soif  vive  ,1e  ventre 
souple ,  insensible  <1  la  plus  forte  pression  ;  les  selles  étaient 
médiocrement  nombreuses  .et  liquides  ;  la  respiration  était 
naturelle  ,  le  pouls  fréquent  et  développé  :  (saignée do  qua¬ 
tre  palettes,  limonade  végétale,  lavemensémolliens,  diète 
absolue). 

Le  2 T ,  aux  symptômes  de  la  veille  s’étalent  jointes  de 
légères  douleurs  en  dilTérens  points  de  l’abdomen,  et  le 
tnajade  appréhendait  la  mort  (3o  sangsues  à  l’anus,  li¬ 
monade  végétale,  lavemensémolliens). 


ET  OBSERVAT  ro  NS.  21 

Le  soulagement  se  manifesta  aussitôt  après  l’application 
des  sangsues  ,  et  le  lendemain  22  ,  le  ventre  était  insen¬ 
sible  à  la  plus  forte  pression  :  cependant  les  Inquiétudes 
de  M.  L....  continuant ,  M.  Boulu  ,  qui  l’avait  soigné  seul 
jusqu’alors ,  fit  appeler  M.  le  docteur  Husson  qui  pres¬ 
crivit  une  nouvelle  saignée  de  dix  onces ,  avec  les  rafraî- 
chissans  et  la  diète. 

Le  23  ,  le  mieux  était  sensible  ,  la  nuit  avait  été  calme  , 
la  face  était  moins  animée  ,  le  pouls  moins  fréquent ,  la 
soif  moins  vive,  le  malade  un  peu  l’assuré  sur  son  état  : 
(continuation  de  la  diète  et  des.  boissons  rafraîchis¬ 
santes).  • 

Le  mieux  continua  jusqu’au  28  ,  et  la  veille ,  le  malade 
ayant  témoigné  le  désir  de  prendre  quelque  aliment ,  ou 
lui  permit  un  peu  de  bouillon  coupé  qu’il  but  avec^ 
plaisir. 

Le  28  au  matin,  s’élant-Jevé  pour  écrire,  il  se  recou¬ 
cha  .aussitôt  après,  et  eut  un  léger  frisson  suivi  d’une 
sueur  abondante.  Les  symptômes  inflammatoires  repa-^ 
rurent  avec  intensité  ,  le  visage  se  colora  vivement ,  le 
pouls  prit  du  développement ,  la  langue  était  humide  et 
blanchâtre  comme  auparavant  ;  de  légères  douleurs  se 
manifestèrent  dans  la  région  du  cæcum  ;  les  déjections 
alviiics,  d’une  couleur  brunâtre,  liquides,  étaient  fré¬ 
quentes  ,  les  urines  copieuses  et  rougeâtres  ;  outre  cela  ,  il 
y  avait  de  la  stupeur ,  du  délire  par  intervalles ,  une  lér 
gère  surdité,  et  par-dessus  tout  une  inquiétude  très- 
grande  de  la  part  du  malade  sut;  sa  situation. 

Le  soir ,  M.  le  docteur  Hervez  ayant  été  appelé  j  pros¬ 
crivit  dix  sangsues  derrière  chaque  oreille  ,  des  fomenta-. 
lions  émollientes  sur  la  région  du  cæcum  et  des  lavemens 
émolliens.  .  ■  . 

L’application  des  sangsues  fut  immédiatement  suivie  de; 
la  diminution  des  symptômes  nerveux  ,  mais  ils  reparurent 


22  .  MiMOIBJîS 

pendant  la  nuit ,  accompagnés  d’une  grande  agitation  et 
d’une  exaspération  extrême  et  subite  de  la  douleur  de 
ventre. 

Le  lendemain  29 ,  à  sept  heures  du  matin  ,  la  douleur 
de  ventre  étant  considérable,  20  sangsues  furent  appli¬ 
quées  à  l’endroit  douloureux  ;  et  leur  application  n’ayant 
été  suivie  d’aucun  succès  ,  MM.  Ghornel  et  Fouquier  fu- 
•  rent  appelés  en  consultation*  Ils  arrivèrent  au  moment  où 
le  malade  sortait  du  bain  :  il  s’y  était  bien  trouvé  ,  sans 
douleur  aucune  ,  et  il  en  était  à  peine  sorti  qu’il  expira. 

Autopsie  cadavériffue  faite  vingt-quatre  heures  après 
la  mort.— Oa  trouva  dans  la  cavité  de  l’abdomen  une  ma¬ 
tière  brunâtre,  d’une  odeur  fétide,  dans  laquelle  na¬ 
geaient  quelques  flocons  albumineux;  l’intestin  grêle  était 
rougeâtre  à  sa  surface  externe. 

Sur  l’iléon ,  à  huit  pouces  environ  du  cæcum ,  se  trou¬ 
vait  une  ouverture  circulaire,  de  la  largeur  d’un  tuyau 
de  plume  à  écrire;  à  cette  ouverture  correspondait  inté¬ 
rieurement  une  ulcération  de  la  largeur  d’une  pièce  de  00 
sous ,  laquelle  ,  formée  aux  dépens  de  la  membrane  mu¬ 
queuse  ,  avait  à  son  fond  la  membrane  musculaire  ,  per¬ 
forée  avec  la  péritonéale  à  son  centre  et  dans  la  même 
étendue.  La  membrane  muqueuse  était  phlogosée  aux  en¬ 
virons  de  l’ulcération ,  et  présentait  çh  et  là  des  saillies 
rougeâtres  ,  très-marquées.  L’estomac  n’oflrait  rien  qui 
fût  digne  d’attention. 

IIL“°  OnsEnvATioN. —  Un  jeune  homme  de  dix-sept 
ans ,  ayant  des  forines  grêles  .  des  cheveux  châtains  , 
d’une  taille  moyenne,  ayant  joui  jusqu’alors  d’une  bonne 
santé ,  fut  amené  à  l’hôpital  de  la  charité,  salfe  S'.-Louis; 
(service  deM.  le  docteur  Leribinier)  ,1e  i5  octobre  1822. 
Le  i5  il  avait  eu,  sans'caù^e  connue,  vers  le,  soir,  des 
étourdissemens  et  un  malaise  universel.  La  chaleur  avait 
été  vive  pendant  la  nuit;  et  le  lendemain,  aux  mêmes 


ET  OBSEBVATIOKS.  23^ 

symptômes  s’étaient  jointes  des  sueurs  abondantes  et  la 
perle  de  l’appétit.  , 

Le  i6 ,  lors  delà  visite,  le  nralade  avait  la  figure  ani¬ 
mée  ,  les  yeux  rouges ,  des  lassitudes,  dans  les  jneinbres  ; 
sa  bouche  étaitniauvaise,  l’anorexie  complète ,  la  langue 
couverte  d’un  enduit  jaunâtre  ,  la  soif  peu  considérable, 
le  .ventre  souple  j  indolent.  H  n’ayait  pas  eu  .de  selle  de¬ 
puis  vingt-qualréllenres;  (.tisdne  d’orge  gomm^ée,  lave¬ 
ment  de  guimauve). 

Le  1 7 ,  ayant  eu  une  seule  garde-a’pbe  la  veille ,  U  prit 
six  grains  d’ipécacuanha ,  vomit  un  àssex  grande  quantité 
de  bile,  sans  aller  à  la  selle,,  et  dormit  àsse?  tranquille¬ 
ment. 

.  Le  lendemain  la  langue  était  belle  et  vermeille,  la  bou¬ 
che  sans  mauvais  .goût,  le  pouls  peu  fréquent,  la  chaleur 
peu  élevée.  .  ; 

Le  20 ,  et  les  jours  suivons  ,  lé  malade  sé  sentait  assez 
hien ,  et  disait  à  ses  camarades  que  si  le  mieux  continuait , 
il  ne  resterait  pas  long-temps  à  rhôpitfd.  La  fièvre  était 
fort  modérée,, la  langue  conservait  sa  netteté;:  il  n’y  avait 
qu’une  selle  en  vingt-quatre  heures  ,  mais  l’appétit  ne  re¬ 
venait  pas  :,  (  tisanes  adoucissantes  ,  deiix  bouillons). 

Le  23  au  malin  ,  la  fièvre  avait  reparu  assez  forte' j  la 
peau  était  brûlante  ,  le  malade  se  plaigh^iit  dé  dOuleiiés  de 
ventre  ,  et  la  pression  les  augmentait  encore  ;  il^  nTftit  eu 
deux  selles  liquides  :  (huit  sangsues  à  l’anus,  tisaue 
d’orge  tiède.  )  . 

Les  sangsues  ne  furent  pas  appliquées  ;  lès  doujéurs 
augmentèrent  beaucoup  dans  la  journée ,  devinrent  d’uû!e 
extrême  violénce  pendant  la  nuit  ,  et  s’accom|>aghèceôt 
de  vomissemens  d’une  grande  quantité  dé  bile  vérte.  '  .  . 
Le  24 ,  â  la  yisite  du  mâtin ,  les  traits  du  malade  éfoion'' 

profondémeut  altérés,  ses  yeux  éteints  ;  des  nausées  con¬ 
tinuelles  amenaient  de  temps  â  aiilre  quelques:  gorgées 


s/f  MÉMOIRES 

de  bile;  la  pression  abdominale  était  extrêmement  dou¬ 
loureuse  ,  la  respiration  accélérée ,  le  pouls  fréquent , 
misérable,  la  peau  sans  chaleur.  M.  Lerminier,  pré¬ 
sumant  une  perforation  intestinale  ,  prescrivit  quarante 
sangsues  au  ventre  ,  des  fomentations  huileuses ,  des  sina¬ 
pismes  mitigés  dans  la  soirée ,  et  une  tisane  de  lin. 

Le  20  au  matin  ;-  le  malade  jouissait  encore  de  l’inté¬ 
grité  da  ses' facultés  intellectuelles,  était  dans  un  calme 
apparent ,  avait  le  visage  pâle ,  tirant  un  peu  sur  le  violet'; 
ses  yeux  n’étaient  pas  éteints ,  et  leur  expression  semblait 
presque  naturelle  ;  la  tête  était  penchée  sur  la  poitrine , 
les  cuisses  étaient  sous  le  ventre.  Le  malade  disait  ne  pas 
souffrir  beaucoup  et  être  dur  au  mal;  l’abdomen,  peu 
sensible  h  la  pression ,  était  plus  développé  et  renitent , 
les  voinissémens  de  bile  verte ,  qui  avaient  continué  le 
jour  et  la  nuit,  existaient  encore;  il  n’y  avait  paseu-d’é- 
vàcüâtion's  alvines  depuis  les  premiers  symptômes  de  pé  - 
ritonite.  -  ^  - 

Le  pouls  était  filiforme  ,  mais  régnliër;  les  mains 
étaient  froides.  Le  malade  ressemblait,  par  son  attitude , 
la  couleur  de  sa  figure  et  l’expression  de  ses  traits ,  à  un 
homme  qui  a  pris  un  bain  très  froid  et  qui;  ne  peut  se 
réchaufler.  ■  z  - 

Il  expira  le  soir  à  cinq  heures  environ. 

ÀiU’opsiè  cadavérique  faite  quinze  heures  après  la 
moH.  —Le  cadavre: ne  présentait  à  l’intérieur  rien  de  re¬ 
marquable.  ■  '  i 

.rm'Ilï-y  avait  un  liquide  trouble ,  puriforme  ,  contenant  des 
flocons  albumineux  ;  épanché  dans  la  cavité  du  bassin  et 
dans  les  flancs.  Les:  circonvolütions  intestinalés:  adhéraient 
entre  elles  par  le  moyen  de  fausses  membranes ,  molles 
et  jaunes  ;  l’intestin  grêlé  était  distendu  par  des  gaz.  Sur 
l’iléony  ü-'  dix  pouces  environ  de  la  valvule  iléo-cœcale, 
était  un  trou  qui  faisait  communiquer  l’iléon  ayecrinlérieur 


ET  OBSERVATIONS.  afi 

du  péritoine ,  et  était  pratiqué  au  fond  d’une  ulcération  de 
cinq  lignes  de  diamètre  ,  formée  par  la  destruction  de  la 
muqueuse ,  laquelle  était  saine  et  sans  épaississement  sen¬ 
sible  au  pourtour  de  l’ulcéralioij.  Entre  l’ulcère  et  le 
cæcum  était  un  certain  nombre  de  petites  élevures  appla- 
ties,  récouvertes  par  la  muqueuse  ,  qui  ne  paraissait  pas 
altérée ,  mais  dont  nous  n’avons  pas  examiné  la  structure. 
On  voyait  aussi ,  dans  cette  même  portion  de  l’intestin  , 
trois  ou  quatre  plaques  pointillées  de  gris ,  d’un  pouce 
ou  un  peu  plus  de  surface,  légèrement  saillantes.  L’es¬ 
tomac,  le  gros  intestin  ,  et  les  autres  viscères  étaient 
sains.  (L’état  des  glandes  du  mésentèfe  n’a^as  été  noté). 

ly  .mo  Observation.  —  Une  jeune  femme  de  vingt-six 
ans  ,  d’une  constitution  médiocrement  forte ,  d’une  taille 
moyenne,  d’un  embonpoint  modéré ,  parfaitement  bien 
conformée  ,  d’une  sensibilité  assez  vive ,  fut  conduite  è 
l’hôpital  de  là  6harité,  le  22  septembre  1822,  et  placée 
au  n.°  18  de  la  salle  S. '-Joseph  ('service  de  M.  le  docteur 
Chomel).  „ 

Elle  était  malade  depuis  huit  jours,  et  la  maladie,  qui 
avait  débuté  par  un  frisson  violent ,  avait  été  précédée , 
sans  cause^  connues,  de, malaises  indéfinissables  pendant 
un  mois.  Au  frisson,  avait  succédé  une  chaleur  assez  forte 
accompagnée  de  ,soif;  l’appétit  avait  disparu,  la  bouche 
était  devenue  mauvaise ,  l’épigastre  et  le  reste  du  ventre 
étaient  restés  indolens,  Cet  état,  auq.hel  se  joignirent  des 
spasmes  à  la  gorge .  se  prolongea  pendant  quelques  jours  ; 
mais  le  sixième  ,  les  idées  de  là  malade  étaient  par  fois 
désordonnées  ;  le  septième  ,  elle  accüsa  üûe  Céphalalgie 
assez  intense,  et  fut  conduite  à  l’hôpital ,  où  elle  passa  uiie 
partie  de  la  nuit  à  crier. 

Le  lendemain j  20  septembre,  elle  était  dans  l’état 
suivant  :  la  figure  pâle  et  un  peu  altérée  grimaçait  quel¬ 
quefois  ,  quelquefois  était  Calme  et  sans  expression  remar- 


26  MÉMOIRES 

quüble  ;  la  mâchoire  inférieure  était  agitée  de  mouvemens 
semblables  à  ceux  de  la  mastieation  :  la  malade ,  qui  ne 
répondait  au  médecin  que  par  monosyllabes  et  ne  parais¬ 
sait  pas  jouir  de  sa  raison ,  satisfaisait  assez  bien  cependant 
aux  questions  que  lui  faisait  la  sœur  de  service  :  elle  as¬ 
surait  n’avoir  de  douleurs  qu’aux  pieds ,  où  on  lui  avait 
appliqué  des  sinapismes  pendant  la  nuit;  la  langue  uù, 
peu  gluante  avait  sa  couleur  naturelle;  la  soif  était  nulle, 
le  ventre  un  peu  météorisé  ;  la  figure  grimaçait  quand  On 
le  pressait;  la  chaleur  était  élevée  et  sèche;  le  pouls, 
sans  dureté  ni  plénitude ,  battait  quatre-vingt-dix-huit 
fois  par  minüte;  la  respiration,  assez,  fréquente  j  était 
accompagnée  d’un  râle  sec  et  sonore  ,  les  crachats,  quel¬ 
quefois  mêlés  de  sang,  étaient  assez  liquides ,  la  toux 
était  rare.  Ces  symptômes  et  les  renseignemens  fournis 
par  le  médecin  qui  avait  vu  la  malade ,  engagèrent  ù  pres¬ 
crire  une  saignée  de  dix  onces,  des  lotions  froides  sur  la 
tété,  des  sinapismes,  des  vésicatoires  aux  cuisses,  et 
une  solution  de  sirop  de  gomme  acidulée. 

Le  calme  se  rétablit;  il  n’y  eut  de  cris  ni  le  jour  ni  la 
nuit;  la  malade  causa  un  peu  et  raisonnablement  avec 
les  personnes  qui  vinrent  la  voir. 

Cependant  le '24  ,  à  la  visite  du  matin ,  la  figure  expri¬ 
mait  l’anxiété  ;  la  malade  assurait  souffrir ,  tantôt  de  tout 
le  corps ,  tantôt  de  la  télé  seulement*  Il  y  avait  comme 
la  veille  des  mouvemens  spasmodiques  à  la  mâchoire  infé¬ 
rieure  :  là  bouche  était  remplie  de  mucosités  épaisses  ,  le 
ventre  .souple, mou  ,  insensible  à  la  pression  ;  la  chaleur 
comme  la  veille ,  le  pouls  un  peu  moins  accéléré  ,  un  peu 
plus  développé  et  sans  dureté;  les  crachats  étaient  gluans  ; 
(solution  de  sirop  de  gomme  ,  lavement  émollient ,  lotions 
d’eau  froide  sur  la  tête,  vésicatoires  aux  cuisses). 

La  journée  se  passa  Lien  ;  mais  aü  milieu  do  la  nuit, 
la  malade  fut  prise  tout-à-coüp  d’une  violente  douleur  de 


ET  OBSEHV  ETIONS,  ,  SJ 

ventre  qui  lui  arrachait  des  ci’is  aigus  ,  sans  nausées  ni 
Tomissemens. 

Le  a5  ,  au  moment  de  la  visite  ,  les  traits  étaient  décom¬ 
posés  ,  les  yeux  ternes.  La  pâleur  du  visage  était  encore 
plus  grande  qüede  coutume ,  l’afTaissement  considérable  , 
mais  l’intelligence  entière;  la  langue  sèche ,  en  partie 
noirâtre  et  encroûtée  ;  le  ventre  méléorisé ,  extrêmement 
douloureux,  ne  pouvait  supporter  la  moindre  pression; 
la  malade  y  sentait  une  chaleur  inOonimode  :  la  douleur 
était  encore  exaspérée  par  les  boissons  ;  le  pouls  ,  mé-* 
diocremenc  accéléré  ,  était  petit  et  faible,  la  respira¬ 
tion  plus  fréquente  que  la  veille.  Il  n’y  avait  ni  nausées  ni 
vomissemens.  M.  Ghomel,  qui  avait  reconnu  la  nature  de 
la  péritonite,  prescrivit  des  émolliens  sous  toutes  les 
formes.  i 

Les  douleurs  persistèrent  avec  beaucoup  de  violence 
le  jour  et  la  nuit ,  et  il  y  eut  des  vomissemens  bilieux  sans 
le  moindre  délire. 

Le  26  ,  la  malade  répondait  parfaitement  bien  aux 
questions  ;  sa  figure ,  entièrement  décomposée ,  portait 
l’empreinte  de  la  douleur  et  de  l’abattement,  était  pâle 
comme  le  reste  du  corps.  Les  dents  et  la  langue  étaient 
sèches ,  les  nausées  continuelles  ;  les  selles  ,  auparavant 
rares  et  difficiles  .  étaient  nombreuses  et  liquides;  l’hyf 
pogastte  ,  extrêmement  douloureux,  était  tendu  ;  le  pouls 
filiforme;lesjparties  à  découvert  étaient  froides.. 

La  malade  passa  la  nuit  au  milieu  des  cris:  et  des  vo^ 
misseroens  qui  continuèrent  jusqu’à  la  mort  ,  arrivée  le 
lendemain  27,  à  six  heures,  c’est-à-dire,  après  cinquante 
ou  cinquante-quatre  heures  d’une  péritonite  extrêmement 
douloureuse.  -  .  ,  '  : 

L’autopsie  cadavérique  fut  faite  'Oingt-six  heures  après 
/æ  mort.  Le  cadavre,  pâle  et  sans  vergctures,  n’ollrait 
rien  do  remarquable  à  l’extérieur.  ■: 


28  MiMOIIHiS 

Les  veines ,  ji  la  surface  du  cerveau ,  étaient  distendues 
par  le  sang;  le  cerveau,  un  peu  humide,  était  d’ailleurs 
parfaitement  sain. 

Le  coeur  était  d’uu  bon  volume.  Les  poumons  ,  le  droit 
surtout,  étaient  infiltrés  en  arrière  d’un  peu  de  sérosité 
non  écumeuse.  H  y  avait  un  léger  épanchement  de  sérosi¬ 
té  rougeâtre  dans  la  cavité  des  plèvres. 

Une  petite  incision  .  faite  aux  parois  de  l’abdomen  ,  en 
laissa  échapper  un  peu  de  gaz  sans  odeur.  L’épiploon  re¬ 
couvrait  toute  la  masse  intestinale,  qui  était météorisée ; 
il  y  adhérait  faiblement.  Un  liquide  trouble  et  roussâtre, 
puriforme,  contenant  des  flocons  albumineux,  remplissait 
la  cavité  du  bassin  et  se  répandait  jusqu’à  la  face  concave 
du  foie. —Les  circonvolutions  intestinales  adhéraient  légè¬ 
rement  entre  elles  ,  au  moyen  de  fausses  membranes  jau¬ 
nâtres  et  molles.  -—  Les  glandes  lymphatiques  du  mésen¬ 
tère  étaient  volumineuses  ét  d’un  rouge* foncé',  dans  la 
partie  correspondante  aux  ulcérations  que  je  vais  décrire  : 

Sur  l’iléon  ,  à  trois  pouces  environ  du  cæcum  ,  se  trou¬ 
vait  un  trou  de  deux  lignes  de  diamètre  pénétrant  dans  la 
cavité  de  l’intestin.  A  quelques  pouces  de  là  ,  et  plus  haut , 
s’en  trouvaient  encore  deux  autres ,  mais  beaucoup  plus 
petits.  Le  péritoine  correspondant  à  ces  trois  perfora¬ 
tions  était  rouge.  A  l’intérieur  de  l’intestin  ,  et  dans  l’é¬ 
tendue  d’un  pied  et  demi ,  à  compter  du  cæcum ,  étaient 
dix  ulcérations ,  parmi  lesquelles  s’en  trouvaient  trois 
ayant  à  leur  centre  les  perforations  indiquées.  Le  pourtour 
de  la’  plupart  de  ces  ulcérations  était  anguleux ,  un  peu 
saillant;'  la  touqueuse  y  paraissait  seulement  un  peu  plus 
épaisse  et  plus  mollé  qu’ailleurs ,  de  manière  que  le  petit 
bourrelet  était  principalement  formé  par  la  tunique  cçllu- 
leuse  épaissie  ;  le  fond  de  l’ulcération  l’était  par  la  luni - 
que  musculeuse,  encore  revêtue,  d’une  petite  lame  de  tis^ 
su  cellulaire  d’une  ténuité  extrême.  Cette  portion  demem.r 


ET  observations.  20 

hrâne  musculeuse  était  d’ailleurs  dans  un  état  d’intégrité 
parfaite,  ensorte  que  le  pourtour  de  la  perforation  était 
mince  et  formé  par  des  parties  saines ,  le  péritoine  excepté. 
Il  n’y  avait  ni  odeur  ni  traces  quelconques  de  gangrène 
dans  ces  ulcérations/ dont  la  surface  était  nette  et  pâle. 

Le  reste  de  la  muqueuse  du  canal  digestif  était  sain; 
le  foie  n’offrait  rien  de  remarquable  ;  la  bile  delà  vésicule 
était  très-foncée ,  mais  peu  épaisse.  La  rate ,  deux  fois 
plus  volumineuse  que  de  coutume  ,  était  un  peu  ramollie. 

V.”*”  Observation.  —  Un  garçon  charpentier  ,  âgé  de 
25  ans  ,  à  Paris  depuis  sept  mois,  d’une  taille  moyenne , 
d’une  constitution  médiocrement  forte  ,  plutôt  maigre 
que  gras ,  ayant  les  cheveux  noirs ,  la  poitrine  assez 
large  ,  prenant  une  bonne  nourriture  ,  mais  sans  excès  , 
n’en  faisant  dans  aucun  genre,  n’ayant  jamais  eu  de 
maladies  graves ,  n’étant  sujet  ni  au  rhume  ni  au  dé¬ 
voiement,  fut  reçu  à  l’hôpital  delà  Charité  le  2  décem¬ 
bre  1822,  salle  St-Jean  (servicè' de  M.  Chomel).  Il  se 
disait  malade  depuis  dix- huit  jours;  la  maladie  avait 
débuté  le  soir  ,  après  un  souper  pris  avec  appétit  et 
néanmoins  modéré;  par  un  frisson  avec  tremblement 
des  membres  qui  avait  duré  trois-quarts  d’heure  ,  et  avait 
été  suivi  d’uùe  chaleur  peu  considérable  :  le  frisson 
n’avait  pas  reparu  depuis  le  début ,  si  ce  n’est  pendant 
quelques  minutes  après  les  repas,  et  la  chaleur,  un  peu 
plus  élevée  que  de  coutume  ,  n’avait  pas  été  incommode. 
La  diminution  de  l’appétit,  dès  le  début,  n’avait  pas  em¬ 
pêché  le  malade  de  manger  tous  les  jours  et  de  boire  un 
peu  de  vin  ,  soit  pur,  soit  mêlé  d’eau  :  la  soif,  qui  avait 
toujours  été  peu  considérable  ,  n’en  était  pas  augmentée. 
La  constipation  avait  existé  depuis  le  début;  le  ventre  n’a¬ 
vait  pas  été  douloureux  un  instant.  — ■  11  souffrait  de¬ 
puis  cinq  jours.  Il  n’était  venu  à  l’hôpital  que  pour  con¬ 
sulter  sur  la  fièvre  et  les  douleurs  qu’il  éprouvait  tous,  les 


5o  MÉHOIBES 

jours  après  les  repas  ;  ses  forces  étaient  peu  diminuées  ; 

cepradant  il  consentit  à  prendre  un  lit. 

Le  22 ,  à  la  visite  du,  ma  tin ,  il  était  dans  l’état  suivant  : 
La  ligure  était  naturelle ,  l’intelligence  parfaite,  les  or¬ 
ganes  des  sens  dans  toute  leur  intégrité  :  il  n’y  avait  point 
de  sentiment  de  fatigue  ou  de  faiblesse  dans  les  membres  ; 
le  sommeil  avait  été  tranquille.  La  langue ,  nette  et  sans 
rougeur  ,  était  humide  ;  la  soif  médiocre  .l’appétit  un  peu 
diminué ,  la  bouche  sans  amertume  ni  mauvais  goût  :  l’é¬ 
pigastre  soupire ,  indolentt  tout  le  reste  du  corps  dans  le 
même  état;  l’urine  facile  ;  il  n’y  avait  pas  eu  do  selle  dcr 
puis  quarante-huit  heures.  Le  pouls  était  assez  plein  et 
large  ,  mais  très-calme,  battant  68  fois  par  minute  :  la 
chaleur  douce  ;  la  toux  peu  fréquente;  l’expectoration 
claire  ;  il  n’y  avait  pas  d’oppression;  la  fin  de  chaque 
inspiration  était  accompagnée  d’un  râle  sec  et  sonore , 
quelquefois  sifllantj (limonade végétale,  potion  gommeuse, 
trois  riz  ,  deux  bouillons  ) . 

Le  25  .après  une  nuit  tranquille ,  la  langue  était  un  peu 
rouge  à  son  pourtour ,  la  bouche  et  le  ventre  comme  la 
veille;  le  pouls  un  peu  accéléré;  la  chaleur  élevée;  la 
toux  et  l’état  de  la  respiration  n’avaient  pas  varié.;  le  ma¬ 
lade  n’éprouvait  de  douleur  nulle  part  :  (même  pres¬ 
cription). 

Le  24 ,  rien  de  remarquable. 

Le  25,1a  figure  etl’intelligence  étaient  comme  le  premier 
jour  ;  la  langue ,  rouge  à  ses  bords ,  était  blanchâtre  et 
villeuse  au  centre  ;  la  soif  modérée  ,  l’appétit  médiocre  , 
le  ventre  souple ,  indolent;  les  selles  étaient  rares  ;  le  pouls 
était  un  peu  amélioré  etlarglî  ;  la  toux  peu  considérable  , 
l’inspiration  accompagnée  de  râle  sec  et  sonore. 

Le  26  ,  le  malade  s’était  levé  et  promené  comme  de¬ 
puis  son  entrée  à  rhôpital. 

Mais  dans  la  nuit  du  26  au  27,  à  trois  heures  du  ma- 


ET  OBSERVATlOnS.  5l 

tîn',  il  fut  pris  tout-à-coup  d'une  douleur  extraordi¬ 
nairement  vive  dans  toute  l'étendue  de  L’abdomen  , 
saSs  frissons ,  nausées  ni  vomissemens.  A  la  visite  du  ma¬ 
tin  ,  cinq  heures  après  le  début ,  le  visage  était  triste  et 
abattu ,  jaunâtre  ,  exprimant  la  souffrance  et  l’anxiété,  le 
nez  pointu ,  les  sourcils  contractés;  les  yeux, étaient  assez 
naturels ,  l’intelligence  et  les  organes  des  sens  en  boa  état. 
Le  malade  était  immobile  dans  son  lit ,  craignant  de  faire 
le  plus  petit  mouvement;  la  soif  était  très-vive,  la  langue  • 
rouge  et  peu. humide;  les  dents  étaient  sèches  ;  les  lotions 
ne  produisaient  pas  d’exaspération  dans  les  douleurs  ;  la 
ligure ,  plus  encore  que  les  paroles,  exprimait  ses  souf¬ 
frances;  il  n’avait  point  de  chaleur  locale ,  mais  ne  pou¬ 
vait  supporter  la  plus  légère  pression  sur  l’abdomeir,  qui 
n’était  pas  météorisé;  le  pouls ,  très-accéléré  ,  n’était  pas 
misérable ,  mais  serré  et  assez  résistant  ;  la  toux  médiocre. 
La  nature  de  l’accident  fut  bientôt  reconnue;  on  appliqua 
des  sangsues  à  l’abdomen  ;  on  donna  des  boissons  adou¬ 
cissantes  ,  en  recommandant  de  les  prendre  par  gor¬ 
gée  ,  etc. 

La  douleur  diminua  un  peu  après  l’application  ries 
sangsues;  on  en  appliqua  de  nouvelles  dans  la  soirée. 

A  huit  heures  du  soir ,  les  nausées  et  les  vomissemensi 
se  manifestèrent  et  durèrent  toute  la  nuit. 

Le  lendemain  1 8 ,  l’expression  du  visage  était  comme 
la  veille  j  la  couleur  de  la  peau  presque  cadavéreuse;  les 
facultés  intellectuelles  étaient  libres  ,  les  yeux  n’offraient 
rien  de  remarquable  ;  les  mouvemens  du  corps  étaient  un 
peu  moins  douloureux  que  la  veillé;  la  langue  était  rougn. 
à  ses  bords  et  verdâtre  au  centre;  les  nausées  et  les  vo-,. 
missemens  de  bile  verte  étaient  continuels  ;  le  ventre  était 
balloné  et  très-sensible  à  la  pression,  mais  ua  peu  moins, 
que  la  veille  ;  le  pouls  petit ,  enfoncé  ,  difficile  â  comp¬ 
ter,  battait  1 4 5  fois  par  minute  ;  la  chaleur  était  pou 


52  MillOIRES 

élevée  ;  les  mouvemens  inspiratoires  se  répétaient  4o  fois 
par  minute  :-(] O  sangsues). 

Il  n’y  eut  point  de  vomissemens  dans  la  journée.  ^ 

Les  douleurs  furent  vives  pendant  la  nuit  ;  mais  à  la 
visite  du  29,  elles  étaient  presque  nulles;  le  malade 
assurait  ne  souflFrir  que  par  la  pression;  la  respiration 
et  la  circulation  étaient  encore  plus  "accélérées  que  la 
veille  ;  mais  la  physionomie  et  l’état  de  l’intelligence 
étaient  les  mêmes. 

A  midi,  ayant  dit  pour  la  première  fois  à  son  cama¬ 
rade  qu’il  n’avait  pas  à  vivre  long-temps,  il  demanda  à 
Loire,  et  mourut  au  moment  même,  au  milieu  d’un  vo¬ 
missement  abondant  de  bile. 

5i ,  autopsie  cadavérique  10  heures  après  la  mort. 

Rien  de  remarquable  à  l’intérieur  du  corps  :  les  veines 
de  la  superficie  du  cerveau  étaient  remplies  de  sang;  le 
cerveau,  extrêmement  injecté ,  était  ferme,  et  les  ven¬ 
tricules  latéraux  contenaient  un  peu  de  sérosité  rougeâtre 
à  gauche. 

Le  cœur  était,  parfaitement  sain,  l’oreillette  droite  dis¬ 
tendue  par  une  grande  quantité  de  sang  caillé.  —  Les 
poumons  avaient  extérieurement,  en  arrière,  de  larges 
tâches  noirâtres ,  et ,  en  dedans ,  des  taches  beaucoup  plus 
petites  et  de  même  couleur.  —  Les  bronches  étaient  d’un 
rouge  un  peu  obscur,  mais  pas  très- foncé.  11  y  avait  un 
verre  de  liquide  sanguinolent  dans  la  cavité  de  la  plèvre 
gauche, 

La  paroi  antérieure  de  l’abdomen  adhérait,  par  une 
fausse  membrane  molle  et  peu  épaisse  avec  l’épiploon;  le^ 
péritoine  qui  les  recouvrait  était  plus  injecté  que  partout 
ailleurs.  Les  intestins ,  distendus  par  du  gaz ,  étaient  unis 
entre  eux  par  des  fausses  membranes  ;  un  liquide  roussâtre , 
trouble,  épais  ,  un  peu  bourbeux,  d’une  bdeür  forte  , 
ayant  beaucoup  de  ressemblance  avec  celui  qui  était  con- 


tNS. 


53  > 

tenu  dansles'dernières  circonvolutions  de  l’intestin  grêle, 
remplissait  en  partie  le  bassin  ,  et  se jrépandâit  dans  les 
flancs.  Les  glandes  mésentériques  étaient  peu  volumirieu-  , 
ses ,  une  ou  deux  exceptées ,  près  du  cæcum  ;  leur  couleur 
et  leur  consistance  étaient  naturelles.  • 

'  Sur  la  partie  de  l’iléon  contenue  dans-le  bassin  ,  et  à 
un  pied  du  cæcum,  était  un  trou  de  deux  lignes  de  dia¬ 
mètre,  pratiqué  au  centre  d’une  ulcération  formée  par  la 
destruction  de  la  muqueuse  à  l’endroit  correspondant. 

•  La  première  portion  de  l’intestin  grêle  n’oflrait  rien  de 
remarquable;  mais  dans  toute  l’étendue  de  la  seconde  ,on 
rencontrait,  un  grand  nombre  de  plaques  saillantes ,  ova¬ 
laires,  de  6  à  i5  lignes  dans  leur  plus  grand  diamètre  , 
plus  ou  moins  irrégulières,  d’autant  plus  épaisses  qu’on 
s’approchait  davantage  du  coecum  ;  ayant  à  leur  maxi¬ 
mum  d’épaisseur  une  demi-ligne  ou  trois-quarts  de, ligne 
environ;  grisâtres,  piquetées  de  bleu ,  formées  par  la  mu¬ 
queuse  ayant  le  double  ou  le  triple  de  son  épaisseur  or¬ 
dinaire  ,  très-adhérente  avec  la  tunique  celluleuse  devenue 
plus  dense  et  plus  épaisse ,  la  membrane  musculeuse  étant 
saine.  Près  de  la  perforation ,  en  deçà  et  amdelà  „plusieurs 
de  ces  plaques  présentaient  tous  les  degrés  de  l’ulcération  , 
jusqu’à  la  destruction  complète  de  la  muqueuse  ;i;alors  le 
fond  en  était  formé  par  la  membrane  musculeuse  saine  , 
revêtue  d’une  laine  de  tissu  cellulaire.  Si  l’ulcéràtiqh 'était 
étroite  ,  là  muqueuse  qui  la  circonscrivait  avait  encore  les 
caractères  des  plaques;  si  elle  fêlait  plus  large,  la; mu¬ 
queuse  faisait  à  sa:  circonférence  ,  une  espèce  de  bourrelet 
gris ,  liiais  non  piqueté  de  bleu.:  c’était  précisément  le  ca¬ 
ractère  de,  l’ulcération  ,  au  fond  de  laquelle  se  trouvait  la 
perforation.  :  .  ;  :  .  ;  . 

.  L’estomac^  Irès-distendu  par  des  gaz ,  contenait  peu  de 
bile;  sa  membrane  muqueuse  , enduite  de  glaires,:  était 
rosée  dans  une  partie  de  son  étendue  ,  oÉ  grisâtre  près  du 


54  JiÈMOlRJÏ? 

pylorç.  ^4T»,  La  oiewbrajoB  ïnuquçqse  du  ;  colon  était  par¬ 
faitement  saine,  —  La  rate  était  un  peu  volumineuse  et 
molles  Le  reste  des  organes  contenus  dans  la  cavité  abdo¬ 
minale  étaient  sain8>  \ 

VI. “*  Observa-tion.!  —  Un  homme  de  ans ,  d’une 
taille  moyeune  d’un  embonpoint  convenable. ,  ayant  la 
peau  brune ,  les  cheveux  noirs.,  lès  chairs  très-fermes  ,  la 
poitripe  etles  membres  bien  développés ,  fut  admis  à  l’hô¬ 
pital;  de  la  Charité  ,  dans,  la  salle  Saint-Michel ,  le  i6  oc¬ 
tobre  i  822.  M.  Chômer,  qui  en  faisait  momentanément 
le  service,  vit  le  malade  le  lendemain.  Il  ne  lui  affrit 
alors  que  les  symptômes  d’une  entérite  avec  fièvre,;  mais 
celle  fièvre  n’était  pas  intense;  les  selles  étaient  peu  nom- 
hreuses  ;  les  facultés  intellectnelles  étaient  dans  toute  leur 
intégrité  :  (quinze  sangsues  à  l’anus ,  tisane  d’orge  acidulée 
avec  le  sirop  tartareux  ). 

.  Le  lendemain  18  ,  les  mêmes  symptômes  subsistaient , 
et  une  douleur  assez  vive  s’étant  manifestée  au-dessous  de 
l’ombilic  et  b  l’épigastre ,  on  appliqua  des  sangsues  aux 
endroits  douloureux. 

Le;  19,  les  mêmes  symptômes ,  un  peu  diminués  d’in- 
ténsitè ,  continuaient ,  et  l’on  répéta  la  prescription  de  la 
veille,  à;  l’exception  des  sangsues. 

Mais  le  2a  octobre,  à  cinq  heures  du  matin ,  le  malade 
sê  plaignit  îoMt;  à, cu«p  d^une  mo/ente  douleur  à  l'hypo- 
gastre  ,  et  lors  de  la  visite-de  M.  Chomel ,  ses  traita  dé¬ 
composés  annonçaient  les  plus  profondes  soufirances.  U 
assurait  que  la  douleur  avait  commencé  par  un  craque¬ 
ment  senti  dans  la  région  hypogaatrique; ,  laquelle,  était 
tendue  et  excessivement  douloureuse ,  au  point  do  ne 
pouvoir  supporter  la  moindre  pression.  Les  nausées  etles 
vomissemens  parurent  presque  aussitôt ,  e,l  continuèrent 
jusqulà  la  mort  ,  qui  arriva  environ  trente-six  heures 
après  1»  début  de  la  violente  douleur  sentie  à  l’hypogastre. 


ET  9j8  6Ç.p.y4TIOWS.  '35 

Aùtofijsifi  iÇ(i4(iiV^iqu6  f  seize  heures  après  la.inptt-vr- 
Le  GerTCau  ne  fut  -pas  pavert.  I^e  ppwmon  dEpjt  étejlt 
mou  ,  crépitant ,  d’un  ;rouge  un  peu  foncé  en  arrière  j  le 
gauche  adhérait  aux  parois  thorachiques  dans  une  pactjie 
de  son  étendue ,  par  un  tissu  cellulaire  ancien ,  et  présen¬ 
tait  à  son  spnaioet  deuÿ  , noyaux  tuberculeux.  Les  bron¬ 
ches  étaierit  rouges  ,  le  cœur  et  l’aorte  sains. 

Les  intestins  étaient  distendus  par  des  ga^;  il  y  avait 
environ  deux  verres  d’un  liquide  trouble  ,  floconneux,, 
odorant,  jaunâtre  .  épanché  dans  la  cavité  du  baasinet 
du  côté  du  foie.  Les  parois  du  bassindtaient  tapissées  par 
uné  fausse  membrane  tuplle^  sous  laquelle  le  péritoine 
était  vivement  injecté  ’ :  riptestin  grêle  1’, était  aussi ,  et , ses 
circonvolutipns  adhéraient  -entre  elles .  au  moyen  d’une 
faussé  membrane  molle^et  jaune  qui  ne  s’éteiidait  pas  spr 
les  espaces  intermédiaires,  TTr  Les  glandes  du  mésentère 
étaient  volumineuses  ,  -rpuges  la  -plupart  tr^T-fermes  .j 
quelques-unes  molles  à  leur  .centre;  , 

Surl’iléou,  à  cinq  pouces  du  cæcum ,  éîait  un  trou 
d’;une  ligne  et  demie  de;  diamètre,  pratiqué  au  centre 
d’une  ulcération  quatre  fois  plus  large ,  -etjqup  nous  allons 
décrire  ,  en  examinant  la  membrane  muqueuse  de  l’in¬ 
testin,,  des  parties  supérieures  aux  inférieures.  .Saine:  dans 
sa  partie  supérieure,  cette  membrane  présentait  daus  sps 
deux  derniers  cinquièmes,  jusqu’à  dix  pouces  du  cæcum  , 
et  souvent  très-rapprochées  ,;  deux  .espèces  de  .faillies  op 
plaques  qu’il  importe  de  signaler.  Les  premièiies-, /peu 
épaisses  , -grisâtres  ,  piquetées  de:  bleu  ,  (drmées,.pajr,jljé- 
paississeinent  de  la  -  muqueuse.,  étaient  en  tout  seniblaibl^s 
à’  celles  que  pOus  nvons4écrttes,.drnsl.a,précédéptef,(ihser- 
vation  1  Ut  quelquefois  avec  de  petites  ,qlcé,ratipp^;Uhgs 
•seconde^ ,  (plus  saillantes ,  d’une  ligne  à  pne,jigpé  ■  et  d;<ir 
mip  ;dlépaisseur  ■,  irrégulièrement  oivalaires  ,;,éta(ién,t 
ou  sans!  ulcératioàis.Gonimént^rités.  'Sur  Ics  plos^fUm 
■  '3, 


36  MÉMoinss 

"ulcérées,  la  membrane  muqueuse  était  un  peu  épaissie  et 
ramollie  j  et  la  musculeuse  correspondante  saine  ;  tandis 
que  dans  des  aréoles  de  la  membrane  cellulaire  interiné- 
diaihe  ^  s’était  développée  une  matière  homogène  légère¬ 
ment  rosée  ,  d’une  consistance  ferme  ,  et  qui  formait  la 
saillie.  Sur  les  plaques  avec  ulcération  commençante 
outre  la  destruction  de  la  muqueuse  dans  l’endroit  corres¬ 
pondant  ,  il  y  avait  ramollissement ,  destruction  plus  ou 
mbins  considérable  de  la  matière  indiquée  :  venaient  en¬ 
fin  ,  dans'les  derniers  six  pouces  de  l’intestin ,  des  ulcéra¬ 
tions  de  fix  à  huit  lignes  de  diamètre,  formées  par  la  des¬ 
truction  de  la  muqueuse,  ayant  pour  fond  la  tunique 
musculeuse  saine,  revêtues  d’une  lame  de  tissu  cellulaire , 
et  circonscrites  pâr  une-éspèce  de  bourrelet,  d’une  ligne 
d’épaisseur  ,  formé  par  une  matière  semblable  à  celle  des 
dernières  plaques  ;  et  au  milieu  de  ces  ulcérations  était 
celle  avec  perforation  ,  laquelle  ne  dilTérait  des  sept  autres 
que  par  cette  perforation  ,  et  ses  bords  plats  ,  sans  bour¬ 
relet.  ■ 

A  trois  pouces  du  pylore  ,  l’estomac  offrait  une  ulcé- 
xaliou  de  huit  ligues  dédiamètre  ,  formée  par  la  destruc¬ 
tion  de  la  muqueuse ,  ayant  pour  fond  la  membrane  mus¬ 
culeuse  saine  et  revêtue  d’une  lame  de  tissu  cellulaire-; 
il  son  pourtour  la  muqueuse  était  parfaitement  saine. 

Celle  du  colon  était  dans  le  même  état  d’intégrité  ;  la 
rate  volumineuse  ,  ramollie  ;■  le  reste  sain. 

VII.™”  OBSEnvATioNi  — ün  tailleur  de  pierres ,  âgé  de 
vingt-trois  ans  ,  d’une  taillé  moyenne  ,  d’une  constitution 
forte  ,  ayant  la  poitrine  large  ,  les  membres  bien  déve¬ 
loppés,  une  sensibilité  assez  vive,  n’ayant  jamais  eu  que 
des  indispositions,  était  à  Paris  depuis  six  mpis.  Il  y  avait 
où  ,  à  trois  réprises  différentes  ,  un  peu  de  diarrhée ,  cha¬ 
que  fois  aveC'  un  léger  mouvement  fébrile  ,  mais  pour  peu 
de  temps  et  sans 'être  obligé  dé  discontiauer  ses  travaux. 


ET  0BSÉI1VA<ÏI0NS.  Oÿ 

La  drarphée  avait  pcjiapu  depuis  quinze  jours  ,  quand  il 
fut  reçuià  l’hôpital  delà  Charité,  dans  la  salle  S.*-Jean 
(service  de  Mi  Chomel) ,  le  5i  octohre  iSàa.  Alors  il 
accusait  quinze  jours  de  maladiè,  avait  cessé  dé  travaillée 
depuis  six,  et  racontait  de  la  manière  suivante  les  acci- 
dens  qu’il  avait  éprouvés.  Il  avait  çommencé  par  perdre 
l’appétit,  sans  avoir  la  bouche  amère.  Après  cinq  jours 
d’iin  état  de  santé  douteux ,  il  avait  été  mouillé ,  avait  eu 
des  frissons  ;  lès  selles  étaient'  devenues  nombreuses  et  li¬ 
quides,  et  s’étaient  successivement  érevées  de  douze  à 
vingt  par  jour;  La  soif  avait  été*  vive  et  la  chaleur  mo¬ 
dérée  ,  les  frissons  s’étaient  renouvelés  quelquefois,  par 
des  causes  fort  légères  ;  il  n’ÿ  avait  eu  de  céphalalgie  que 
les  quatre  premiers  jours  J  là  soif  avait  un  peu  diminué 
les  trois  derniers,  le  malade  ayant  alors  renoncé  au  vin' 
qu’il  avait  pris  jusques-là,  quelquefois  pür,  quelquefoiür 
mêlé  d’eau.  '  ;  ! 

Il  attribuait  sa  maladie  h  un  vim  de  mauvaise  qualité^ 
dont  il  usait  modérément;  d’aiUèurs  il  n’avait  point  l’ha-' 
bitude  des  excès  et  n’en  avait  point  fait. 

Le  premier  novembre  ,  nous  lé  trouvâmes  dabs  l’état* 
suivant.  La  figure  était  médiocrement  animée ,  à  peu-près  - 
comme  en  santé  ;  la  tête  libre  et  sans  douleurs.  Les  fé-  ' 
ponses  étaient  faciles  et  nettes.  Les  joues  en  bon  état  ;' 
la  langue ,  un  peu  blanchâtre  au  centre  et  aride  était' 
tosée  sur  lés  bords;  la  soif  vive  ,  l’ànorexie  complète,’  la* 
bouéhe  sans  amertume  ni  mauvais  goût:  il  n’y  avait  de- 
douleurs  dans  aucune  partie  du  ventre  ;  l’uHne  étaità'bOn- 
dan  lé  et  facile  ,  et  les  selles  étaientnombreuses.La.toüx, 
qui  existait  depuis  le  principe,:était  modérée  ,  la  respirait 
tion  claire  dans  toute  l’étendue  de  là  poitrine  ,  la  chaleur., 
médiocrement  élevée,  la  peau  im  peu  injectée  ;  le  pouls 
assez  large ,  irrégulier  ,  sans  dureté ,  battait  quatre-vingU 
seize  fois  par  minute  (saignée- de  douze  oçiçés,  tisanef 


3g  •  «ÏÏKOlttHS 

d’àrg'é' êdùlcôrŸgë  ef  aèidulé'è  /  detix  laremens'  de  Un  ).' 

ÎI  n’y  éut  pas  de  cïtàngèménÉ  aijpifécîaiïè'  dftas'la  jôuf*- 
n^e;  ie  sàng  Éiré  du  Êrâè  s’étEfit  cohvéift  dWe  cbuëiine 
assez  consistante  et  épaisse  de  deux  lignes. 

Le  lendemain,.  2  novemïire,  l’expression  de  la  phy¬ 
sionomie  n’avait  rien  de  remarquable  ;  les  réponses  étaient 
nettes;  l’état  de  la  bouche  et  du  ventre  ne  dilTéraît  pas  de 
celui  de  la  veille,  à  l’exception  d’un  peu  de  météorisme  et 
d’une  légère  diminuiion  dans  le  nombre  des  selles;  les 
tégumens  étaient  fort  injectés;  le  pouls  un  peu  plus  plein 
et  plus  dur,  battait  seulement  quatre-vingt-cluatre  fois 
par  minute;  la  chaleur  était  un  plus  élevée;  il  y  avait  eu 
une  légère  sueur.  Ôn  observait  beaucoup  desudamina:' 
(tisane  d’orge  édulcorée  et  acidulée ,  lavemens  de  graine 
de  lin). 

La  journée  fut  assez  bonne  ,  les  selles  avaient  diminué 
dfe  fréquente ,■  et ,  le  trois  au  matin;  quand  nous  obser- 
vâiriës  le  malade,  l’état  de  l’intelligence  et  des  organes  des 
sens  était  satisfaisant  ;  il  n’y  avait  de  douleurs  nulle  part. 
La  figure  était  un  peu  violacée  ;  quelques  gouttes  de  sang 
avaient  eonlé  des  narines  pendant  la' nuit;  la  langue 
était  yetdâtre ,  le  ventre  un  peu  météorisé  ;  mais  indolent  ; 
les  selles  étaient  moins  nombreuses;  la  chaleur  était  éle¬ 
vée  ,  sans  sueurs ,  le  pouls  très  variable  ,  plus  accéléré. 
qUéla  veille;" la  respiration,  un  peu  fréquente,  se  faisait 
avec;:un  râle  sec  et  sonore  ;  le  malade  avaitexpectoré  deux 
crachats  noirâtres  et  sanglans  :  (même  prescription) . 

Le  4>  è  si*  heures  du  nia  tin  ;  il  y  aVait  un  peu  de  stu¬ 
peur;;  l’afiaisseihenb  était  général;  l’eXerciee  de  l’intelli-. 
gence  lent  et  pénible  j'l’éuïe  bonnè,  mais  la  vue  faible,  il 
y  avait 'eü  uü  peu  de  délire  pendant  la  huit;  la  langue 
était  euintae  la  véillé le  météorisme  augmenté ,  le  ventre; 
toiïjuùrs  iflfieHsible  d  la  'pression  ;  da  chaleur  forte,,  et  ce- 


BT  OBSEBf  ATIONS.  5g 

pendant  le  malade  se  couvfaît  arec  soin  :  (mêmeprescrip* 
tion,  vésicatoires  aux  jambes). 

Le  délire  augmenta  durant  le  jour  et  la  nuit  ,  et '  fut 
Constamment  accompagné  dé  frisson. 

A  la  visite  du  5 ,  le  délire  était  continuel.  On  pouvait  à 
peine  fixer  pendant  une  seconde  l’attention  du  malade , 
qui  faisait  comme  la  nuit  dés  efforts  continuels  pour  sortit 
de  son  lit ,  etparlait  sans  suite.  Le  visage  ,  les  maiUs  ët  le 
haut  de  la  poitrine  étaient  violacés;  le  frisson  ,  accompa¬ 
gné  quelquefois  de  tremblement ,  était  continuel  ;  l’exté¬ 
rieur  du  malade  était  celui  d’un  homme  qui ,  ayant  pHs 
un  bain  trop  froid ,  ne  pourrait  se  réchauffer.  La  langue 
était  comme  la  veille ,  la  déglutition  facile ,  le  ventte  très- 
météorisé,  indolent,  si  Ce  n’est  par  une  très -forte  pres¬ 
sion  qui  faisait  un  peu  grimacer  les  traits. 

Les  mêmes  symptômes  ,  et  en  particulier  le  délire  et 
le  frisson  avec  tremblement,  continuèrent  jusqu’à  la  mort, 
qui  arriva  le  soir  du  même  jour ,  à  sept  heures ,  sans  que 
le  malade  ait  eu  de  voraissemens.  La  respiration  avait 
commencé  à  s’embarrasser  à  une  heure  après  midi. 

Autopsie  cadavérique  quatorze  heures  après  la  Inort. 
—  Le  cadavre  était  celui  d’un  homme  fort  et  d’un  mé¬ 
diocre  embonpoint  ,  sans  vergetures;  sa  roideur  était 
extrême. 

Le  cerveau  un  peu  humide ,  mais  très-ferme ,  était 
légèrement  injecté.  Il  y  avait  environ  deux  cuillerées  à 
café  de  sérosité  dans  chacun  dés  ventricules-latéraux. 

Le  cœur  était  parfaitement  sain.  Les  poumons,  à  l’ex¬ 
ception  d’une  couleur  violacée  en  arrière ,  l’étaient  aussi; 
mais  les  bronches  étaient  d’un  rOuge  assez  vif. 

Les  intestins  distendus  par  des  gaz  présentaient  le 
mêtae  aspect ,  et  étaient  unis  entre  eux  de  la  même  ma- 
nièré'que  chez  les  sujets  des  Observations  précédentes  : 


l^0  MÉMOIBES 

le  liquide  épanché  dans  la  cavité  du  bassin  et  dans  les 
flancs  ,  ne  différait  pas  non  plus  de  celui  que  nous  avons 
décrit. 

Les  glandes  mésentériques  d’un  volume  considérable 
(  quelques-unes  avaient  un  pouce  de  diamètre  )  ,  d’une 
grande  consistance ,  étaient ,  en  très-grande  partie  ,  d’un 
rose  tendre  ;  aucune  n’était ,  dans  toute  son  étendue ,  d’un 
rouge-brun.  , 

A  six  pouces  du  cæcum  et  sur  l’iléon  ^  était  une  per¬ 
foration  qui  établissait  une  communication  de  l’intérieur 
de  l’intestin  avec  la  cavité  péritonéale  ;  elle  était  placée 
au  centte  d’une  ulcération  intérieure  parfaitement  circu¬ 
laire  ,  de  six  lignes  de  diamètre  ,  ayant  les  caractères  in¬ 
diqués  dans  la  sixième  observation.  Près  d’elle  s’en 
trouvaient  encore  trois  autres,  mais  imperforées,  et  dont 
les  caractères  étaient  aussi  ceux  assignés  dans  la  même 
observation  aux  ulcérations  de  cette  espèce. 

Outre  ces  ulcérations ,  il  y  avait ,  dans  l’étendue  de  deux 
pieds  à  la  fin  de  l’iléon  ,  et  jusqu’au  cæcum  qui  en  formait 
la  limite,  beaucoup  de  plaques  pareilles  à  celles  de  la  secon¬ 
de  espèce  décrites  dans  la  sixième  observation  ;  elles  étaient 
fpririëes  comme  elles  par  le  développement  d’une  ma¬ 
tière  déposée  dans  les  aréoles  du  tissu  cellulaire  sous-mu¬ 
queux  ,  mais  toutes  plus  ou  moins  profondément  ulcérées 
parla  destruction  d’une  partie  de  la  miiqueuse  et  de  la 
matière  qui  les  formait  ;  ajoutez  à  cela  que  la  membrane 
musculeuse  correspondante  était  un  peu  épaissie ,  jau  - 
nâtre,  friable  ,  et  plus  du  moins  profondément  altérée. 
Depuis  le  moment  où  finissaient  ces  plaques,  jusqu’à 
un  pied  du  duodénum  ,  s’en  trouvaient  d’autres  ,  de 
huit  à  douze  lignes  de  diamètre  -,  à  qüatre  ou  cinq  pouces 
lès  unes  des  autres  ,  piquetées  de  gris  à  leur  surface, 
et  parfaitement  semblables  à  celles  de  la  seconde  espèce 
décrites  dans  les  cinquième  et' sixième  observations.  '  ; 


ET  OBSEHVA'TIONS.  4* 

Les  membranes  muqueuses  du  duodénum  ,  de;  l’esto  - 
mac  et  de  l’œsophage,  étaient  saines;  à  rex,ception  de 
quelques  rougeurs  qui  se.  trouvaient  , dans  le  grand  cùl-de- 
Bac  dù  ventricule,  et  qui  comprenaient  toute  son  épais, - 
seur.  La  membrane  muqueuse  du  colon  était  parfaitement 
saine  et  sans  la  moindre  rougeur.  .  '  ■ 

Le  tissu  du  foie  était  peu  résistant  et  d’iine  teinte  vio¬ 
lacée. —  La  vésicule  biliaire  contenait  un  liquide  épais  , 
vert  foncé.  La  rate,  voluinineuse  ,  ayant  huit  à’ neuf  pou¬ 
ces  de  hauteur,  avait  une  couleur  et  une  consistance  or¬ 
dinaires.  —  Le  reste  était  sain. 

Réflexions. — Nous  avons  rapporté  lés  précédentes 
observations  sans  commentaire  ni  réflexions  ,  n’ayant  pas 
dessein  de  nous  livrer  h  tous  les  développemens  dont  elles 
sont  peut-être  susceptibles,  et  pour  éviter  les  répéti¬ 
tions  ;  mais  nous  allons  maintenant  les  examiner  d’une 
manière  générale  ,  comparer  rapidement  entre  eux  les 
symptômes  observés  avant  et  après  la  perforation,  et 
tirer  de  ce  rapprochement  les  conséquences  qui  en  dé¬ 
coulent.  - 

Nous  observerons  avant  tout,  que  les  sept  exemples 
de  perforation  que  nous  avons  donnés,  ont  été  recueillis 
en  peu  de  temps  ,  dans  l’espace  de  sept  mois  ,  et  qu’en 
faisant  la  part  du  hasard  ,  on  peut  croire  néanmoins  que 
l’accident  dont  il  s’agit  est  un  peu  plus  fréquent  qu’on 
ne  pense. 

Les  malades  qui  en  ont  été  victimes  ,  étaient  jeunes  et 
dans  la  force  de  l’âge  ;  à  l’exception  du  premier  qui  était 
un  peu  faible  et  d’un  tempérament  lymphatique ,  ils 
étaient  d’une  bonne  et  forte  constitution ,  rarément  ma¬ 
lades  ,  ne  faisant  pas  d’excès ,  et  présentaient  lès  attributs 
du  tempérament  sanguin  ou  bilieux,  ou  lymphalico- 
sanguin.  ■  -  : 


42  Ml^MOlttËS 

Les  causes  apparentes  de  la  maladie  étaient  inconnues 
pu  légères. 

Elle  a  débuté  chez  tous  les  sujets  comme  une  iièrre 
continue  assez  légère.  Chez  presque  tous ,  elle  n’a  pré¬ 
senté  aucun  symptôme  grave  avant  l’époque  de  la  pei’fo- 
tion.  —  La  diarrhée  n’a  été  forte  et  continue  que  chez 
un  malade  (septième  Obs.  )  ;  elle  a  été  modérée  chez  un 
autre  (sixième  Obs.  )  ;  moindre  encore  chez  un  troisième 
deuxième  Obs.  )  Les  quatre  autres  ne  l’ont  point  eue. 
—  L’un  des  malades,  celui  dont  la  diarrhée  était  si  in¬ 
tense,  n’a  point  éprouvé  de  douleurs  de  ventre;  les  au¬ 
tres  ont  été  dans  le  même  cas ,  ou  n’en  ont  eu  que  par 
intervalles,  et  ordinairement  d’assez  légères.  —  Quatre 
d  entre  eux  se  croyaient  convaléscehs  et  étaient  con¬ 
sidérés  comme  tels  depuis  quelques  jours  ,  quand  se 
manifestèrent  les  premiers  symptômes  dé  perforation  : 
un  quatriènae  (  sixième  Obs.  )  ,  semblait  devoir  guérir 
promptement  d’une  entérite  légère  ;  de  manière  que 
non-seulement  rien  ne  pouvait  faire  prévoir  chez  ces 
quatre  malades  l’accident  auquel  ils  ont  succombé  , 
mais  qu’il  eût  dû  paraître  absurde ,  à  raison  de  la  bérii- 
gnitô  des  symptômes ,  de  redouter  pour  eux  des  accidens 
gravés.  Et  actuellement  même  que  nous  sommes  préité- 
nus  ,  que  nous  avons  étudié  rhistoîre  des  malades  qui  ont 
süCconabé  à  ùnfe  perforation  ëlgUë  dé  l’intestin  ,  nousn’eh 
serions  pas  plus  câpablès  delà  prévoir  ,  la  maladie  anté¬ 
rieure  n’ayant  pas  une  marche  ou  des  symptômes  qui  lui 
soient  ptoprés. 

Il  n’est  pas  possible  de  fixer  d’une  manière  sûre  l’épo¬ 
que  à  laquelle  leS  ulcérations  ont  commencé;  mais  en 
supposant  .(.ce  qui  peut-être  ne  s’éloigne  pas  beaucoup 
de  la  vérité)'  qu’elles  aient  pris  naissance  avec  les  pré'- 
miérs  symptômes  de  la  maladie,  elles  ont  eu  une  marche 
assez  rapideetsontarrivées  à  leur  dernier  terme ,  dedouzeà 


ET  OBSERVATIONS. 

vingt-cinq  joursi  Dans  un  seul  cas  ( 4*“°  Observation),  le 
cours  de  la  maladie  semble  avoir  été  plus  lent. 

Malgré,  l’identité  de  la  cause  qui  a  donné  lieu  h  la  pé¬ 
ritonite  et  à  la  mort ,  les  phénomènes  qu’elle  a  produits 
n’ont  pas  été  constamment  les  mêmes.  Chez  cinq  des  sept 
malades  *  il  ést  Vrai ,  la  perforation  a  été  accompagnée 
d’une  douleur  subite  et  déchirante  ,  de  la  décomposition 
rapide  des  traits  de  la  face,  bientôt  suivie  de. nausées  et 
de  vomiSseinéns ;  mais  des  deux  autres,  l’un  (a.“°  Obs. ) 
éprouva  d’abord  une  douleur  trop  légère  pour  en  indiquer 
la  fiourcè  et  expliquer  l’apparition  des  autres  symptômes; 
elle  ne  fut  portée  à  un  point  extrême  que  douze  ou  quinze 
heures  après  sa  première  apparition  (il  n’a  pas  été  dit  si 
le  malade  avait  éprouvé  ou  non  des  vomissemens,  etc.); 
et  quant  è  l’autre  malade  (  7.“°  Obs.)  ,  le  délire  ,  qui  s’est 
probablement  manifesté  au  moment  même  de  la  perfora¬ 
tion,  a  sans  doute  empêché  la  douleur  avec  les  autres 
signes  de  la  péritonite  aigiie  de  se  manifester.  Cependant, 
c’est  à  l’apparition  subite  d’une  douleur  de  ventre,  à  son 
exaspération  par  la  plus  légère  pression,  è  la  prompte  dé¬ 
composition  des  traits .  été, ,  que  la  nature  de  l’accident 
qui  nous  occupe  a  été  reconnue  par  MM.  Lerminier , 
Ghotnel  et  Martin' Solon  ,  qui  donnaient  des  soins  au.x  ma¬ 
lades  dont  J’ai  donné  l’histoire;  et  comme  ces  symptôr 
mes  n’ont  dû  manquer,  chez  celui  qui  fait  l’objet  de  la 
7,**“°  observation  ,  que  par  suite  du  délire,  et  qu’ils  sont 
d’ailleurs  ceux  d’une  péritonite  intense  ,  nous  les  regarde¬ 
rons  comme  des  signes  caractéristiques  de  la  perforation  ; 
de  manière  que ,  si ,  dans  une  maladie  aiguë  et  dans  des 
circonstances  tout-à~fait  inattenflues ,  U  survenait  tout- 
à^GOup  une  violente  douleur  de  ventre,  que  cette  dou¬ 
leur  s’ accompagnât  d’ une  etxstrêtne  Sensibilité  it  la  pres¬ 
sion,  de  là  prompte  décomposition  des  traits  de  la  fa<?e  , 
et  autres  symptômes  qui  appartiennênt  à  la  péritonite  ei’ 


44  MÉMOIRES 

giie  inteose,  nous  croirions  et  nous  annoncerions  qu’il  y 
a  perforation  de  l’intestin. 

La  douleur  dë  ventre  la  plus  vive,  et  survenue  subite¬ 
ment,  en  la  supposant  même  accompagnée  de  l’altérai- 
tion  des  traits  ,  dé  nausées,  ou  de  vomissemens  ,  serait 
insuffisante  pour  porter  un  pareil  diagnostic  :  l’exaspéra  tion 
de  la  douleur  par  la  pression  est  indispensable.  C’est  ainsi 
que  nous  avons  vu  dernièrement,  avec  M.  le  docteur 
Chomel,  périr,  en  deux  jours  ,  à  l’hôpital  de  la  Charitéi,- 
une  femme  atteiuted’unepbthisie  pulmonaire  peu  avancée, 
et  qui,  après  avoir  éprouvé  les  symptômes  énoncés  sans 
exaspération  de  la  douleur  par  la  pression  ,  ne  présenta  ; 
à  l’ouverture  du  corps ,  qu’une  foule  de  taches  rouges 
lenticulaires  dans  toute  l’étendue  de  la  membrane  mu¬ 
queuse  du  colon. 

-  Les  symptômes  les  plus  formidables  sont  ordinairementi 
si  bien  masqués  par  le  délire  ,  qu’aussitôt  qu’il  se  mani-, 
feste ,  il  rend  le  diagnostic  des  maladies  les  plus  faciles  à 
connaître ,  difficile ,  quelquefois  même  impossible  :  aussi 
le  sujet  de  la  septième  Observation  a-t-il  succombé  sans 
qu’on  eût  reconnu  la  nature  de  l’accident  qui  causait  sa 
mort.  Néanmoins  ,et  dans  cette  circonstance  même,iln’é- 
tait  peut  être  pas  impossible  de  reconnaître  la  perforation; 
car ,  au  milieu  d’une  maladie  aigüe ,  d’une  diarrhée  assez 
intense ,  le  malade  avait  été  pris  d’un  frisson  viojent  qui  dura 
jusqu’à  la  mort;  et  un  frisson  survenant  dans  une  maladie 
aigüe  est  ordinairement  le  signal  d’une  affection  nouvelle. 
En  outre,  sa  figure  grimaçait  quand  on  exerçait  une  cer^ 
taine  pression  sur  l’abdomen ,  toujours  insensible  jusques. 
là;  ne:  pouvait  on  pas,  d’après  ces  seuls  symptômes, 
soupçonner  une  perforation?  Nous  ne  croyons  pas  que 
cela  eût  été  impossible  ;  et  nous  pensons  que  si ,  au  milieu 
d’une  maladie  aigüe ,  avec  diarrhée ,  ou  d’une  fièvre  con¬ 
tinue,'  accdm.pragMt;é(f’accfffen5  du,  côté  de  t' abdomen. 


ET  OBSEHVATIONS.  45 

lé  nialade  était' pris  toùt-à-eoup de  délire  et  de  frisson, 
arec  uné  légère  sensibilité  du  ventre  (reconnaissable  aux 
grimaces  excitées;  par  la  pression  abdominale)  ,  qui 
jusques'  là  n’avait  pas  été  douloureux ,  on  serait  autorisé 
à  soupçonner  une  perforation  de  l’intestin.  IPest  clair, 
quedanscè  cas,  il  faut,  pour  reconnaître  l’accident ,  qu’il 
y  ait  eu  antérieurement  au  moins  un  peu  de  diarrhée  , 
sans  douleur  de' ventre;  puisque  sans  diarrhée  antérieure 
on  n’aurait  aucune  raison  do  soupçonner  une  perforation, 
et  que  dans  le  cas  où  il  y  aurait  eu  de  la  sensibilité  au 
ventre  avant  la  perforation  ,  la  légère  douleur  indiquée 
par  les  grimaces ,  au  moyeü  de  la  pression  abdominale  , 
n’aurait  aucune  valeur. 

Au  reste  ,  il  y  a  cette  analogie  eütre  le  deuxième  et  le 
septième  malade ,  que  le  moment  de  la  perforation  paraît 
avoir  été  chez  eux  le  signal  du  délire  ;  tandis  ,  qu’il,  en  à 
été  le  terme  chez  la  malade  qui  fait  le  sujet  dç  la  5,“.'  Ob¬ 
servation,  et  qu’il  ;  ri’a  existé  en  aucun  temps  chez  les 
quatre  autrès  malades. 

Le  temps  écoulé  entre  les  premiers  symptômes  de  per¬ 
foration  et  la  mort ,  . a  varié  de  vingt  à  quarante-huit  heures.. 
Le  sujet  le  mOins  fort  a  lutté  peu  de  temps;  l’agonie  des 
autres  s’est  prolongée  davantage.  ,  ,  ■ 

Nous  n’avons  pas  besoin  de  dire  que ,  si  l’expérience 
et  le  caractère  bien  connu  d’une  maladie  sulGsent,  pour 
établir  le  pronostic  du  médecin  ,  il  doit  être  constamment 
mortel  dans  le  cas  dont  il  s’agit. 

Le  traitement  de;  la  maladie  ayant  la  perforation  a, été 
le  même  chez  tous  les  malades  ,,ou  du  moins  à.  très-peu 
de  choses  près.  Les  saignées  générales  et. locales  ont  été 
employées  plus  ou  moins  largement  ;  les  sangsues  ont  été 
appliquées  plus  ou,  moins  près  de  l’endroit  douloureux, 
sans  qu’on  puisse  attribuer  au  choix  de  ces  différentes 
méthodes  la  moindre  influence  sur  la  marche  de  la  mala- 


46  M  ÉMO  USÉS 

die  et  la  manifestation  plug  ou  moins  rapide  de  l’accident 
mortel.  La  méthode  antiphlogistique  n’a  cprtainemenl'. 
pas  été  employée  avec  trop  de  réserve  chez  le  second 
malade  ,  et  il  est  un  dé  ceux  dont  Ja  maladie  a  en  le 
cours  le  plus  rapide.  ’ 

Ce  que  nous  avons  dit  au  sujet  du  pronostic  après  la 
perforation,  indique  assez  que  le  traitement  ne  peut 
alors  avoir  pour  but  que  dé  diminuer  les  douleurs  des  ma-.! 
làdes  par  les  saignées  locales,  lesémolliens ,  les  anodins 
légers  ,  etc. 

^Quant  aux  résultats  de  l’aUtopsie  cadavérique;  nous 
rdppelerons  seulement  ce  qui  a  rapport  à  l’inteslin  et -au 
péritoine. 

Chez  presque  tous  les  sujets ,  il  y  avait  dans  l’intestin 
grêle  des  ulcérations  avec  et  sans  perforation'.  'Chez  tous, 
les  premières  étaient  placées  sur  l’iléon  ,  très-près  diu  eoe- 
cum  ;  c’e5t-à-.dîrei,  dans  un  endroit  correspondant  à  .celui 
oü  la  douléUr  avait  été  ^assez  ordinairciuent  rapportée 
pendant  la  vie.  Chez  tous,  la  perforEdion  était  au  centre 
d^'ime  ulcération  plus  ou  mdins  large  ,  circouscr.ite  par 
la  muqueuse,  et  doUtlC  fOnd  était  formé  parla  membrane 
mUscUleùse  revêtue  d’Une  terne  mince  de  tissu  cèlluteire. 
Dans  presque  tous  les  cas  (i.'^V  2."^°  j  S.s»”  j  6.““  et  y.w 
Observations  ) ,  lè  cbn  tour  de  l’ulcératiQîi  avec  perforation 
était  plat  ;  lés  membranes  muqueuses ,  Cellule  usés  et  mus¬ 
culeuses  y  avaient  conservé  leurs  rapports  nâture'ls  $  la 
membrane  muqueuse ,  ordinairement' pâle  et  à  peine  un 
pëiiépaissie ,  s’enlevait  avec -facilité  dé'dessus  la  membrane 
cëllüleusè  sousijâcénte  ;  il  semblait  dans  la  plupart  dés 
cas  que  la  pèrfbradon  e&l  été  Laite  mécaniquement  ette 
mômbrâne  muqüeuse  emportlie  avec’  ün  emporte  ;  pièce. 
L^’ülèératiori  trouvée  sur  la  ibembrané  muqueuse  dé  ï’os- 
lôiriàé  du  cinqdièmé  malade  .  présentait -ces  caractères 
d’un'é  manière  endore  {rtus'tmridbée; tear  îl-ri’y  avaft.mi 


et  OBSEBVATIONS.  47 

dans  l’épaisseur  ni  dans  la  couleur  de  la  muqueuse  qui; 
circonscrirait  l’ulcération  ,  rien  qui  pût  la  distinguer  de 
celle  qui  recouvrait  les  parties  intactes. 

Les  ulcérations  sans  perforation  ne  différaient  guères 
de  celles  avec  perforation,  (abstraction  faite  de  cette 
dernière  circonstance),  que  par  la  présence,,  à  leur 
pourtour,  d’un  bourrelet  plus  ou  moins  saillant,  formé, 
comme  il  a  été  dit ,  par  le  développement  d’une  substance 
particulière  dans  les  aréoles  du  tissu  cellulaire  sous-mu- 
queux  ,  ou  par  l’épaississement  de  la  membrane  muqueuse 
elle-même.  (  6.“°  Observation.  ) 

Ces  deux  espèces  d’ulcérations  n’étaient  pas  les  seules 
lésions  remarquables  de  l’intestin  grêle.  Il  y  en  avait , 
comme  nous  l’avons  déjà  dit ,  deux  autres  non!  moins  di¬ 
gnes  d’attention,  et  décrites  dans  les  6.“',  6.”°  et  7.“*^ 
Observations.  C’était  des  espèces  de  plaques  de.  six.  à 
douze  lignes  dans  leur  plus  grand  diamètre  ,  formant 
deux  variétés  bien  distinctes.  Les  unes  ,  produites  par  le 
développement  d’une  substance  particulière  dans  les 
aréoles  du  tissu  sous  muqueux  ,  reposant  sur  la  membrane 
musculeuse  saine  ,  quelquefois  :  aussi  plus  ou  naoins 
profondément  altérée  (7.'’°  Observation)  ,  étaient  avec 
ou  sans  ulcérations  commençantes  :  dans  ce  dernier 
cas  la  matière  des  plaques  était  d’unu  bonne  consisi- 
tance ,  légèrement  rosée ,  rappellent  un  peu  Ibs.  glandes 
lymphatiques  pâles  ,  incisées  ;  tandis  qu’au  niveau  des 
ulcérations  commençantes,  elle  était  ramollie,  plus  ;ou 
moins  friable  ,  et  ressemblait  parfaitement,  à  celle  qui 
formait  la  face  intérieure  des  bonrrelets  dtjs  ulcérations 
imperforées.  Les  autres  plaques,  beaucoup' mioins  épaisses, 
d’un  aspect  très-différent ,  grisâtres  et  piqusitées  de  hleu  , 
différaient  surtout,  des  premières,  en  ce  que  la  saillie 
qu’elles  formaient  était  due  à  un  excès  d’( épaisseur  de  la 
membrane  muqueuse;  mais  elles  s’en  ra  pprochaienl  par 


48  •  mïîjioibe's 

la  présence  d’uii  plus  ou  moins  grand  nombre  d’ulcéra¬ 
tions  à  (tous  les  degrés.  :  . 

Cette  simple  exposition  des  faits  nous  semble  l’expression 
fidèle  de  la  marche  de  la  nature  dans  la  production  des  per¬ 
forations  aiguës  de  l’intestin ,  au  moins  dans  certains  cas,  A 
Une  époque  de  leur  existence ,  les  deux  espèces  de  plaques 
s’ulcèrent;  l’ulcération  fait  des  progrès  en  largeur  et  en 
profondeur .  de  manière  qu’après  un  temps  plus  ou  moins 
considérable ,  le  fond  de  l’ulcère  se  trouve  formé  par  la 
membrane  musculeuse  couverte  encore  d’une  lame  de 
tissu  cellulaire,  et  son  pourtour  par  un  bourrelet  de  la 
nature  de  la  plaque  à  laquelle  il  appartient,  jusqu’à  ce 
que  ,  par  les  progrès  ultérieurs  de  l’ulcération .  le  bourre¬ 
let  disparaisse  plus  ou,  moins  complètement  ;  alors ,  si  la 
menlibrane  musculeuse  est  altérée  primitivement  ,(7.“° 
Observation),  ou  consécutivement,  la  perforation  a  lieu; 
dans  le  cas  contraire  ,  la  cicatrisation  s’opère. 

Il  est  infiniment  probable  que,  dans  la  plupart  des 
cas  dont  l’histoire  précède ,  la  perforation  n’a  eu 
lieu  que  par  suite  d’une  altération  consécutive  de  la 
membrane  musculeuse  ;  car  ,  à  l’exception  de  la  rou¬ 
geur  qui  existait  dans  plusieurs  cas ,  les  fibres  musculaires 
qui.  formaient  le  bord  de  la  perforation  et  le  fond  de  l’ul¬ 
cère  ,  étaient!  saines  ;  et  d’ailleurs  ,  près  de  la  perforation 
décrite  dans  le  sujet  de  la  5.“°  observation ,  il  y  avait  un 
!ulcère  dont  le  fond  était  formé  par  la  membrane  muscu¬ 
leuse  saineiv  dépourvue,  dé  tissu  cellulaire  à  son  centre,  et 
réduite  à  une  extrême  ténuité  dans  l’endroit  correspondant; 
demanière  qu’ici  la  perforation  était  au  moment  de  s’opé¬ 
rer  dans  un  point  où  lamembrane  musculeuse  lie  présen¬ 
tait  pas  l’appatenced’uné  lésion  organique,  (i) 

(1)  Nous  avioiisi  reli’anclié  ce  détail  de  l’autopsie,  daus  l’iutcutlon 
dfl le  mettre  A  uiiè  autre  place.  '  ' 


ET  observations. 

Il  serait  fort  important ,  sans  doute  ,  de  savoir  dans 
quelles  circonstances  se  développent  les  plaques  que  nous 
avons  décrites,  le  moyen  de  les  prévenir,  les  signes  qui 
indiquent  leur  ulcération  plus  ou  moins  avancée  j  mais  si 
ces  problèmes  peuvent  être  jamais  résolus ,  ce  ne  sera 
certainement  qu’à  une  autre  époque  et  par  le  concours 
d’un  grand  nombre  d’observations. 

N’oublions  pas  toutefois  que  ces  ulcérations  n’avaient^ 
aucune  mauvaise  odeur  qui  pût  donner  l’idée  d’une  gan¬ 
grène  ;  qu’elles  étaient  pâles ,  sans'  traces  de  sang ,  etc. , 
de  manière  qu’il  n’était  pas  possible  de  les  regarder 
comme  le  produit  d’une  inflammation  terminée  par  gan¬ 
grène. 

Chez  tous  ces  malades,  les  ganglions  mésentériques 
avaient  un  volume  considérable,  étaient  généralement 
d’une  couleur  foncée  et  d’une  bonne  consistance. 

Dans  tous  les  cas  ,  la  membrane  muqueuse  du  colon 
était  saine ,  même  chez  le  sujet  dont,  la  diarrhée  avait 
été  forte  et  sans  interruption. 

Les  désordres  consécutifs  à  la  perforation  étaient  si 
parfaitement  les  mêmes  dans  toutes  nos  observations  , 
qu’il  est  inutile  de  s’y  arrêter.  Nous  remarquerons  seule¬ 
ment  que  le  liquide  épanché  dans  le  bassin  et  dans  le^ 
flancs ,  mêlé  avec  une  certaine  quantité  de  la.matière  qui 
se  trouvait  dans  l’intestin  grêle,  avait,  par  cela  même, 
des  caractères  dilTérens  de  celui  qui  est  le  résultat  de  la 
péritonite  ordinaire. 

D’ailleurs ,  nous  n’ignorons  pas  tout  le  parti  qu’on  peut 
tirer  des  observations  qui  précèdent ,  sous  le  rapport 
théorique;  mais  nous  nous  abstiendrons  de  toute  espèce 
de  réflexions  à  cet  égard,  n’ayant  eu  d’autre  dessein  que 
de  fixer  l’attention  sur  un  sujet  presque  ignoré  et.  dont 
la  connaissance  est  entièrement  duc  auE  progrès  de  l’ana¬ 
tomie  pathologique. 


4 


MiMOîhÉS 


Sb 


Mémoire  sur  (a  Hernie  du  périnée  ;  par  Antoine 
ScAEPA  ,  professeur-émérite  et  directeur  de  la  Fa^- 
culte  de  Médecine  et  de  l’Université  1.  et  B.  de 
Pavie,  etc.  Traduit  de  l’italien  ,  par  C.  P.  Ollivier 
[d’Angers.  )  [Communiqué par  Ml.  Ai  Iîéceard.  ) 

t  Lë-  ÔhifUë^iëil  lé  plüs‘ versé  darts  la  CGnnàiSsâücë  dé  la 
êitüclupfe  dli  ëorjis  llüiüain  est ,  Sans  douté  i  moinS  qüè 
toiA  adiré  ,  Jibété  îi  adtoellrë  céfhùiê  jictsSiitlë ,  qu’un 
iîiteStiti  oli  tout  aütbë  ti'scèrë  dé  Pabdoiüën  jpUissë  ,  pdt 
l’èlTet  d’üttë  c'âüse  Violënle  oii  de  qUelqu’afféctiod  tAélr- 
bide,  éprouver  un  déplacement  tel  qu’il  soit  pousSé  èU 
Ldfe  hOPS  du  bassin;  dé  manière  à  former  ünè  herüié  sail- 
laiilë  bü  Jjérinéé.  Ghbpaél;  et  DeSaiilt,  en  effet ,  h’oht  jpàs 
regardé  comiüe  démonh’éë  la  possibilité  dé  cé  fait  pa- 
Iholbgiqüe  ;  ét  Asllëy  COéper  ,  qüi  admet  bien  qü’ün  in¬ 
testin  péut  êtré  dépl&cé  ët  pOélé  jusque  dans  le  bàs-fohd 
du  bassin,  ne  pense  pas  qu’il  püiSSé  forftieé  edsuilé  ébé  tii- 
ïnéur  ïhànifeStê  âü  pêrittéé.  Üôih  fut  à'péü-prèS  éu  tiiême 
aVis  ftlalîVéùient  à  l’èbîsléüéë  dé  éette  ïnaîadîë  danS  le 
sëié  ïémibîn ,  ét  îl  dit  fclairëm'ébt  qu’il  he  pèut  sé  fo'rrilër 
'che4  la  fenéidié  de  hetbîè  pèrittéalë  qti’éé  piiisSè  ëéigat*- 
dë'r  feolntiiè  ^ifférënfé  dë  cèlîé  qü’ob  némriie  i)à'gitéàîb. 

A  là  véHié  ,  si  i’éb  ëbilSidèëé  qUè  lé  péHtoîdë  rOéniB 
Üiië  dlélkéé  'qôî  'S'éphté  le  Îôé4  dé  bàSSi'n  dé  sa  fcàpa'cft'é 
supérieure  dans  l’endroit  où  il  se  replié  délias  feh  bàiil, 
èétre  l’inleStîn  tectum  ét  là  pârliè  pôSlééiëUre  delà  Vessie , 
déék  travers  dë  'doi^t  àii^deiSUsl 'dé  l’inSéirtion  dés  üié- 
lèrèS  ijuë  ‘cètte  cléîéon  i^é'oiqtilô  lüéitobéa’iiéusé  è'st  forte 
et  élàstiqtfe  >  éépiiblè  ‘dé  éésistWr  facîlëiïiént  à  ï’àcltoé 
sÎTfn’ultanéë  dés ÜùéS clés  àbdoùîiéani  ët  dü  diaphtà'|nie  : 
si  l’on  temà'rliJUb  '<j[i!i’aü-déSsoiis  d’éllé  ïoétè  là  Sérfaée  in¬ 
terne  du  Ijassin  est  recouverte  d’une  tbilè  àjiénëvtotiq lie 
fixe  et  solide  ,  formée  par  l’aponévrose  iliaque  ;  qué  les 


ET  OBSERVATIONS.  5l 

côtés  de  eçilo  même  cavité  sont  remplis,  par  les  ligamens 
sacro-iscliiatkjueS  î  enfin  quelle  est  fermée  datts  sa^partie 
la  plus  déclive  par.  leS' muscles  ischio-coecygiéüS  et  r'ele- 
veurs  de  l’anus  dont  les  fibres  forment  toubàf-la  -fois  Un 
plan  résistant  et  susceptible  par  ses  contractions  de  Con-^ 
trebalancer  l’eflert  d’impulsion  exercée  sur  les  viséëreS 
de  l’abdomen  par  les  tnuècles  de  cette  région  et  le  dia¬ 
phragme  ;  il  ne  semble  pas  vraisemblable  que  quelque  vis-; 
Cère  du  bas-ventre  puisse  jamais  ,  par  l’effet  des  causes  in¬ 
diquées,  ou  par  Celui  d’une  violente  pressiori  exercée  stir 
l’abdomen  ,  être  poussé  hors  du  bassin  par  k  partie  infé¬ 
rieure  ,  et  venir  fornaer  une  hernie  proéminente  au  péri¬ 
née.  Enfin  on  peut  ajouter  h  ces  considérations  ,qué  l’ac¬ 
tion  réunie  du  diaphragme  et  des  musclés  abdominaux  ne 
s’exerce  que  rarement  dans  la  direction  de  l’àxe  Vertical 
du  bassin ,  et  qu’il  n’existe  point  dans  le  bas-fond  de  cettd 
cavité  de  vaisseaux  sanguins  d’un  yoluinè  remarquable  ; 
dans  le  trajet  desquels  se  forment  ordinairement  les  her¬ 
nies  ,  comme  cela  a  lieü  b  la  sortie  des  vaisseaux  de  l’om- 
bilic-,  du  cordon  spermatique  ,  de  l’artère  fémorale  dans 
lepli  de  la  cuisse  ,  des  artères  ischiatique  et  Obluralrice 
dans  la eavi té  du  bassin.  .  ’  i  ■  ■ 

Quelque  fondées  que  paraissent  ces  réflexioüs  è  Celui 
qui  connaît  l’anatomie ,  et  qui  considère  l’action  réciproque 
des  parois  de  l’abdomen  et  des  parties  qu’elles  renferment , 
la  formation  d’une  hernie  saillante  au  périnée  n’en  est  jias 
moins  un  fait  certain  ,  et  qui  ne  peut  plus  être  révoquée 
en  doute  dans  la  pratique  chirurgicale ,  malgré  qii’tl 
puisse  sembler  extraordinaire  àieèuX  qui  cdnhaisséiit  la 
structure  du  corps  de  l’homme.  L’histoire  que  je  vais  rap¬ 
porter  rendra  ce  cas  de  pathologie  chirurgicale  de  toute 
évidence,  et  confirmera  en  même  lems  la  réalité  et  l’inl- 
portance  de  l’observation  analogue  de'  Ghardénoh, 
laquelle  les  écrivains  les  plus  célèbres  en  chirurgie  n’a¬ 
vaient  pas  accordé  toute  l’altenlion  qu’elle  mérite. 

4.. 


5  ®  Mijioiniis 

'  Carlp  Gapella,  laillandier,  demeurant  î>  Ftvcnte .vil¬ 
lage  distant  de  six  milles  de  Pa vie ,  âgé  de  âgans,  d’une 
lliible  constitution ,  avait  la  poitrine  mal  conformée,  et 
depuis  sa  jeunesse  était  sujet  à  une  difficulté. de  respirer, 
ainsi  cjû,  â  des  accès  d  asthme  et-à  des  catarrhes  fréquens  , 
accompagnés  quélquefois  de  crachement  dé  sang.  Jamais 
ce  malade  ne  s’était  plaint  de  douleurs  vives  dans  l’abdo¬ 
men,  seulement  de  constipation  ,  et  par  intervalles,  d’un 
sentiment: confus  de  tiraillemens  dans  les  lombes,  dont  il 
attribuait , principalement  la  cause  à  la  fatigue  habituelle 
déterminée  par  sa  profession.  — Il-me  raconta  que,  peu 
d  années  avant  I  époque  où  il  vint  me  consulter,  ayan  en¬ 
jambé  un  fossé  pour  en  faciliter  le  passage  à  un  enfant, 
dans  l’effort  qu’ilffit,  ayant  ainsi  les  jambes  écartées  et  le 
corps  porté  en  avant,  il  avait  ressenti  tout-à-coup  une 
douleur  très-vive  dans  le  bas  de  la  fesse  droite,  comme  si 
une  fibre  s’éJait  déchirée  dans  son  intérieur.  Après  s’être 
redressé  ;  il  porta  la  main  sur  le  siège  do  la  douleur,  près 
de  l’anus  i  et  sentit  à  son  côté  droit  une  tumeur  de  la 
grosseur  d’une  petite  noix ,  qui  cédait  facilement  à  une 
légère  pression , et^ui ,  comprimée  plus  fortement,  rentra 
dans  le  bassin  où  il  la  maintint  .ainsi  au  moyen  d’une 
compresse  et  d’une  bande. 

Peu  de  temps  après  il  fut  pris  d’un  rhume  assez  fort, 
qui  dura  constamment  pendant  quelques  mois ,  et  pendant 
lequel  la  tumeur  augmenta  insensiblement  de  volume  et 
devint  grosse  comme  un  œuf  de  poule.  Dans  le  courant  de 
1 -année  suivante ,  étant  placé  sur  une  charrette  remplie  de 
foin  et  les.  jambes  écartées,  il  voulut  enlever  dans  cette 
position  plusieurs  bottes  pesantes  et  les  porter  dans  un 
grenier;  dans  ce  moment,  la  douleur  de  la;  fesse  droite  se 
renouvella  avec  plus  de  force,  de  même  que  dans  le  pé¬ 
rinée,  et  fut  accompagnée  d’un  engourdissement  qu’il 
n  avait  pas  encore  ressenti  dans  toute  la  cuisse  et  la 
jambedü  même  côté. 


ET  ob-sehvations.  '53 

Ce  ne  fut  que  le  28  mars  1810  que  ce  malade  se  pré¬ 
senta  à  la  Clinique  pour  qu’on  lui  appliquât  un  bandage  , 
ou  un  brayer  ,  capable  de  maintenir  la  tumeur  réduite-, 
ou  du  moins  d’en  empêcher  raccroisseméntr  Lorsqu’il 
était  debout,  les  jambes  écartées,  lé'  corps,  incliné  en 
avant,  et  le  pied  droit  appuyé  sur  Une  chaise,  Ih  tumeur 
étant  vue  par  derrière,  il  était  facile  dé  juger  de  toute 
son  étendue.  On  la  voyait  saillir  au;  périnée  ,  près  de  la 
marge  de  l’anus  du  côté  droit,  ayantla  forme  d’une  poire*, 
dont  la  base  appuyait  sur  le  bord  inférieur  du  grand  fessier. 
Elle  avait  le  volume  d’un  œuf  de  poule ,  étaitlarge  en  bas , 
étroite  à  son  sommet ,  qui  était  contigu  au  bord  droit  de 
l’orifice  de  l’anus.  Quand  le  malade  toussait,  ohiientait 
évidemment  les  viscères  contenus  dans  la  tumeur  [qiui  re¬ 
poussaient  la  main  appliquée  h  sa  surface.  ;  La.:  réduction 
complète  en  fut  facile  ,  et  l’on  entendit  un  gargouillement 
obscur  qui  indiqua  positivement  que  cetté  hetnie  du  pé¬ 
rinée  était  intestinale.  ,  , 

Je  pensai  qu’une  simple  pelote  conique  *  sdutenue  par 
un  bandage  en  T.,  ne  pouvait  pas  suffire  pour  maintenir  la 
réduction  ,  et  la  machine  inventée  par  Pipelet  , (ÆfémotVes 
de  l’Ac.  Roy.  de  chirurg, ,  4*  )  j  mêmChpour  ün  icàs 

semblable,  ne  me  sembla  pas  devéir  remplir  le! but  que 
je  me  proposais ,  car  la  tumeur  était  déjà  d’Un* 'V.olnme 
assez  considérable ,  et  les  viscères  étaient  poussés  avec 
force  lorsque  le  malade  toussait.  D’aillcùrs  je.'savais  que 
la  machine  de  Pipelet  n’était  pas  exempte  des  inconvéniéns. 
du  bandage  en  T,  dentelle  ne  diffère  véritablement  que 
par  la  bande  inférieure  ,  qui  est  faite  en  peau  amlieu 
d’être  en  toile,  et  qui ,  au  lieu  d’être  unie  en  avant  et  en 
arrière  à  une  ceinture  de  toile  ,  l’est  à  un  ressort  circulaire 
semblable  à  celui  d’un,  brayer  ordinaire.  L’auteur  lui- 
même ,  en  parlant  de  son  bandage,  n’a  pas  ;craint  do 
faire  remarquer  que  le  compresseur  ,  soutenu  par  la  bande 
de  cuir  descendante ,  était  sujet  h  changer  sohvent  de  pe-- 


•54  M'ÉM'OI’KES 

sition  daris  les  différens  aÿoà*véiri«ns  du  corps.  Pour  ob¬ 
vier,  iàiceittediflic^ité  ,'je  jugèai;  qü’iî  jétaît  biçii  préférable 
.d’employer  ®ïie'  ceinWFé  oonstrüitë  dé  la  même  mamèré 
ique  celle  emploiîe’  pour  i>réy6hir  la  chute  de  l’hi- 

itestdn  rectum  et  le  maîtitënlr  réduit  ;  c’est  pourquoi  je 
disposai  le  bàndiage  de  'là  maéîërc  suivante  : 

Xè  s'ossoî’.ï'atmtiairé  qui  embrasse  la  circonférence  du 
«bassin  iesit  -fixé  sur  le  pUbîs  au  «moyen  d’un  courroie.  Un 
.antre  msorten  forme: de  segment  de  cerclé  ,  uni  posté¬ 
rieur  énient  .au  premier  j'  descend  le  long  ded’os  sacrum , 
et se  recourbant  modérément  en  avant  et  en  haut,  son 
/éxtÉéHMté  appUîe"diréctement  sur  le  fond  dè  la  hernie  qui 
csitiainsîconiprimée  de  bas  en  haut,  et  qui  rentré  facile¬ 
ment  >par>licuVérture  qui  lui  a  livré  passage;  pour  rendre 
la  icompression  plus  efficace  et  pllis  exacte  ,  l’extrémité 
!  de' icëi 'Second  'ressort  est  garnie  d’une  petite  pelote  de 
-forme  ovale.*  H  Suffit  que  la  force  de  résistance  de  ce  res¬ 
sort  demi-circulaire  soit  proportionnée  à  l’impulsion  pro- 
di^ite  ipariles  viscères  de  l’ abdomen  ,  pdür  que  la  rédiic- 
iicin  shitftOuj’OUrs  maintenue. 'Tout  l’appareil  doit  être  re- 
■.cottrerlidluinè  peàu  seiuple  i  et Totl peut  ,  s’il  est  besoin  , 

'  lui  «joütWtuil  éoiiS-cUÎsse  éiast'iffiie  qui  rend  .plus  stable  le 
ipoiii.t:-de’prHspk)n  qù’ëXércé la  pelote  sUr'le  périnée. 

iQticliqués  q ours  après  l’application  du  bandage  ainsi 
constrnit  ,'le  inalade  se  pilai^it d’être  üri  peu  gêné  par  ie 
resson.^&mi-Mràulaïre-y'iotÉiitLii  était'assiS;  iil  fut  facile 
de  iÈeœïé'dfêr'îè  éet  iinconvéffiéèt'  en  faisant  placer  dans 
d’intér.ienr -de  la  pelitë' pélote  diië  spiraîè  mélaUique, 
Ebmme  daas'le  'éompresseifr-  employé  poür  contenir  la 
hèrriieîoinbHioàlei  '  ' 

Eichtef  ditdahs  sonouvrage  {Trait6  des  Herniés ,  pag. 
0821)  que  ,  daftscetite 'Sorte  dé'hernie ,  lai  pression  exercée 
Sur  le  périfléë  'Èe  la  fdit'pds  disparaître  eriüèremcnt , 
!  qaldle  n'’<a!|it:q'üe  sm-;  la  portion  de  ’rîritôs’tin.qni  fait'  sail- 


ET  OB.S^nVAÏIOMS.  Jjp 

lie  extériçureme^l  j-f  ^rcp  que ,  ajuiitert-il ,  |i^R§  pe(;tjejq§- 
la4ip  ç  l’intestjq  rçpqqs^é  rpqtrp  .paç  dpqg  |a  GsyiJtélibrp 
de  l’abdopaen  ,  wais  pestp  plapf^  entre  le  rpcfujm  pt  la 
ypsisje.  Il  ipe  sepablp  qu’pp  peuj;ponçlurp  de  çettpréflejfio.p, 
qpp  cp  pélèbrp  chirqrgipn  ppnsajj;  qu’il  exisfaif  fî^’us  PP 
genre  de  hernie  ,  entre  l’orifice  du  spç  p|;  la  payité  afidp- 
njinple,  un  ppqpl  jplermé,di£i.irp  (J?»»?  ÜPqqel  les  iptp^tins 
ppqypjept  êfrp  coqtpnu§  après  ayoir  été  reppus^és  {  i]  pst, 
b  cet  égard  ,  complètement  dan§  J’ppreup  pelatjyemppl,  à 
}p  hprnie  fpisppt  saillie  pépiqpe ,  qu’pu  appplle  CRmtpu- 
ftéiueut  ppmplètç  plors ,  pt  qq’il  p’a  ppuj-plpp  jamais  pb- 
sprv^p  ;  pap  j’orifice  du  spp  dp  cpfjle  bprnie  p’est  pas  dans 
le  bassin,  cpufujp  Ip  peqsp  ppt  .qptpur,  mais  bipu  prépîsé- 
mput  danslp  pépluée^ptpu-dpssps  dp,  pet  prfjGpp,  les.  vis - 
cèpes  rentppptijupaédiafpajeuf  dqns  japavitédH  bas-yeutrp, 
sans  qu’ils  aiept  ^  fpauphir  .,  pxÿpjeiupnt  p.aplan| ,  aupuu 
ititepsalle,  ou  çanaji  iptppiuddiaipp  putrp  }p  périuée  .pt  la 
papapjté  dabassinv 

Depuis  l’année  iSto  jusqu’à  l’année  igiQ,  (lapelja 
apppplp  de  lupiuspn  îuqins  d'al-tenfipu  |i  son  jncQuimQdité, 
P):  chaque  jpup  fl  deyiplt  plus  uégligpn.t  SHF  les  soins  que 
néçpssilait  sa  shna/ipn  ,  dp  spytp  qu’,à  ,la  fin  il  pe  s’occupa 
même  pas  de  fahe  penouveUcp  Ip  Tfi^sgvt  demi-civculaire , 
compip  il  le  baisait  les  anuiéps-prépédentes ,  et  qüoiquUl  fût 
brisé,  du  ÇorouapnGpinçnt  de  juin  iSig  ,  il  fut  pris  lout- 
è-poup  de  dpulfiursyi,ypsdans,(e  yentre,  lesquelles  s’éten¬ 
daient  du  fijud  dpj  bassin  jus.qu’autoup  de  rombilic ,  ac- 
.cojppagnées  .de  tirajljlpnieus;  d’esj;QU)aP ,  d’edopts  de  ;Vo- 
.ipisseipefls  et  d’puvies  inutiles  d’uriner*  Bientôt  tout  l’ab- 
demep  se  turndha  >.  nauséps  dèyiupeut  plus  fréqueriles  ; 
le  malade  vp^ulssai};  par  ifltcry.alles ,  ptpp  .fut  dans. cet  itat 
fâcheu?^  qu’au  "e  brausporta  b  l’bûphab:  Ce  malade  présen¬ 
tait  tous  les  apcideus  qqi  Garaptjé.P.isent  l’interruption  du 
poMP?  du?  paatibPl?*;  a|ifapnta|pos  par  sjuito  d’un  étrangler 


56  ■  MÉ  MO  THE  s 

mentdù  canal  intestinal.  La  hernie  était  d’ailleura  beaa- 
Cdup  augmentée  dé  grosseur,  tendue,  rénitentéà  la  pres¬ 
sion,  douloureuse  au  toucher,  et  l’on  remarquait  que 
l’orifice  de  l’ànus  était  repoussé  plus  qu’auparavant  du 
côté  de  la  fesse  gauche,  à  cause  de  l’accroissement  de 
volume  de  la  tumeur. 

Je  prescrivis  des  fomentations  sur  la  tumeur ,  et  de 
deux  heures  en  deux  heures  l’administration  d’un  lave¬ 
ment  émollient ,  huileux. 

Dans  la  nuit  suivante ,  le  malade  eut  une  évacuation  co¬ 
pieuse  de  matières  fécales  dures,  après  laquelle  les  nau¬ 
sées  et  les  vomissemens  cessèrent  et  la  tumeur  devint 
plus  souple.  Le  lendemain  matin,  la  hernie  fut  réduite 
assez  facilement.  Vers  la  fin  du  jour ,  lorsque  tout  annon¬ 
çait  un  câline  général ,  il  survint  une  diarrhée  si  abon¬ 
dante  que  peu  s’en  fallut  qu’il  ne  perdît  entièrement  ses 
forces;  elle  céda  à  l’emploi  de  l’opium,  des  toniques  et 
d’alimens  légers.  La  convalescence  fut  longue  ,  mais  sans 
guérison  parfaite. 

A  la  fin  de  la  mêine  année  1S19,  l’ancienne  maladie 
de  poitrine  reparut  avec  une  toux  continuelle ,  une  dou¬ 
leur  profonde  dans  le  thorax ,  des  crachats  purulens  , 
une  fièvre  dont  les  accès  revenaient  chaque  soir,  des 
sueurs  nocturnes.  Gette  affection  fit  de  rapides  progrès ,  et 
le  malade  mourut  vers  la  fin  de  novenibre,  même  année. 

L’ouverture  du  cadavre  fut  faite  avec  le  plus  grand 
soin.  On  n’observa  d’abord  aucun  déplacement  particu¬ 
lier  de  l’épiploon  et  du  canal  intestinal  ;  inais,  en  soule¬ 
vant  les  dernières  circonvolutions  de  l’iléon,  on  vit  que 
cetintestin  descendait  plus  profondément  qüe  de  coutume 
dans  le  fond  du  bassin  et  du  côté  droit,  entraînant  avec 
lui  la  portion  de  mésentère  qui  l’attache.  La  totalité  des 
circonvolutions  de  l’iléon  réunies  ensemble  dans  le  côté 
droit  de  l’excavation  dit  bassin,  avait  l’aspect  d’une  petite 


ET  OBSEEVATIOfJS.  67 

juasse  d’intestins  plus,  grêles  ajoutée  h  celle  des  autres 
intestins  situés  supérieurement  dans  les  réglons  iliaque 
droite  et  inguinale.  En  attirant  avec  précaution  l’anse 
d’intestin  qui  était  descendue  le  plus  profondément  dans 
le  côté  droit  du  bassin ,  on  aperçut  la  portion  de  cet  in¬ 
testin  qui,  sortait  évidemment  et  formait  une  hernie  sail¬ 
lante  au  périnée.  Des  deux  parties  de  l’excavation  du  bas¬ 
sin  ,  formées  par  l’interposition  du  rectum  et  de  la  vessie , 
la  droite  avait  une  largeur  bien  plus  considérable  que  la 
gauche.  Dans  le  fond  de  la  première  ,  on  voyait  manifes¬ 
tement  l’orifice  circulaire  par  lequel  la  cloison  membra¬ 
neuse  que  forme  le  -péritoine  ,  et  qui  était  alongée  et 
amincie ,  descendait  et  se  prolongeait  hors  du  bas-fond 
du  bassin  pour .  former ,  au  périnée ,  le  sac  herniaire 
proprement  dit.  L’ouverture  circulaire  dont  je  viens  de 
parler,  ou  l’orifice  du  sac,  avait  près  d’un  pouce  de  dia¬ 
mètre.  L’intestin  rectum  ,  appuyé  sur  le  haut  du  sacrum , 
offrait  plusieurs  courbures  particulières ,  au-dessus  des¬ 
quelles  il  était  plus  rétréci  que  de  coutume  et  repoussé 
d’une  manière  très-marquée  du  côté  gauche  du  bassin. 
La  vessie  était  rétrécie  et  portée  du  même  côté  ainsi  que 
le  rectum  ;  mais  on  retnarqua  qué ,  lorsqu’elle  était  dis¬ 
tendue  par  l’urine  ,  son  fond  devait  couvrir  au  moins  la 
moitià  de  la  circonférence  de  l’orifice  qui  livrait  passage 
'  à  l’intestin.  L’ànse  de  l’iléon  qui  formait  la  hernie  semblait 
d’abord  introduite  seulement  entre  le  rectum  et  la  vessie  ; 
mais  ,  en  suivant  son  trajet ,  on  voyait  qu’arrivée  près  du 
col  de  la  vessie  elle  se  repliait  de  gauche  à  droite,  sous  la 
vésicule  séminale  de  ce  côté,  et  la  prostàte,  et  se  portait 
dans  l’intervalle  qui  existe  entre  le  côté  droit  de  la  marge 
de  l’anus ,  la  tubérosité  de  l’ischion  droit  et  le  sommet 
du  coccyx. 

La  disposition  des  parties  intérieures  bien  reconnue  , 
on  examina  les  parties  extérieures.  Le  volume  de  la  lier- 


58  H)|>(QinES 

lii^  SAillante  au  périuée  létait  égal  à  çeliii  qu’elle  uifr 
pjFéspnta  la  première;  fpis  qpe  j’examinai  le  ipalade,prpuvp 
(Gertaipe  que  le  coippresaeiur  plastique  l’availt  cpptenue  , 
pu  au  moins  s’^tpit  opppsé  à  app  développepient  pendant 
Jps  neuf  années  qui;  araiept  spivi  sqp  apparition. 

Lapeau  qpireçpuvraitlpi^erpieayp.ptété  disséquée  ayep 
spip,  PP  reGpnputqueapnlppfl  p’avapt  pas  çoptpacté (}’adr 
héreppep  avec  lep  téguppeps  .çppitpuus  ;  après  ayeipeplpyé 
jp  tispu  pellulpirp  a<5usrçptané ,  en  fiéçopvrjt  la  ppueip: 
des  filjres  phprpues  du  mpsçlc  Fej.eyeur  dp  l'anps ,  qui 
étaient. écartéps,lG,s  unps  des  autres  pt  dont  |ps  plus  fpin- 
,ces  pepppalcpt  le  milieu  dp  la.tppieur.  Les  autres^  péu- 
pies  ep;  faisceaux ,  se  portaient  en  partie  spp  le  ppf;,  pp 
partie  sur  J,e  fppd  de  Ja  lierpie  ,  qpi  appuyait,  poninie  je 
j'pi  déjè  dit  plqs  haut,  sur  |p  poipt  d’prigjne  le  plus  ifile- 
rjpur  dp  musple  grand  fessipp.  Qn  pppyait  observer  qup  la 
hprpie  avait  dû  paraître  d’abord  daps  le  périnée ,  ipip}é“ 
diatepapnt  aprdesspus  d4  fflpsclc  fraPfyéfS-e  de  çptte  régipp; 
.p’pStTè-dirP}  SH  inihep  dp  i’espaçe  pompris  eptrp  je  bord 
dspit  dp  Js  PISFS®'  fîs  rSPH^ .  Ip  ligapoent  spero- 

.ischiatique  droit  et  le  sotnptet  ds  PPPPy^-  .ii'Jia.is  %  eppipç 
la  tppiippr,ep  apgpaeptapt  dp  .yplupae,  aypit  trppvé  papins 
4e  fésistappe  dn  e,ôté.dp  splîfflptpp  d®  J’SRH®.  qs®  du  côté 
dp  la  tpbéFpsité  de  l’Ischipp  d>?pit?.  fe  tpï’ffiÎPSisPB  ds  Tip- 
itestip  reçtupt  ayait  été  RPÇPS^siSP'R.fRt  ppussée  dp  côté. 
:gauçhp  du  bsssip, 

^ilprdpsspus  dp  1?  ppqcfep  pïasPMlsife  .ds  fplpyçsr  d® 

fjfanps ,  oq  tpppva  Ip  sac  herqiaisp  isfRlé  par  le,périt,Qin,e, 

, dont  d’épaisseur  n’pxpédait  pas  eelje  qu’jl  présente  prd/- 
qpirppapnt  daps,  l’sMPtPPRî  t^SP  ispi^ipp  pratiquée  daps 
Jippte  la  dpnguepr  d®  SSÇ  Sîit  à  décppyprt  l’apse  inlest|pàie 
dont  la  sortie  avait  produit  la  hernie  au  périnée.  EJlc  éfait 
repliée  spr  eljp-njêpjp  et  popapp?.  pejptppppe  ep  ppe  petite 
ipassp.  L.9  pprtapt  le  bout  dp  doigt  le  long  djeeptte  apse- 


ET  OBSIJEVA  TION  S.  69 

jusque  dans  là  cavité  du  bassin  ,  je  reconnus  f[ue  i’oqbce 
du  sac  beFniairc  n’étajtpas  situé  positiveEraent  dans  la  par¬ 
tie  osseuse  de  cette  cavité,  niais  au-dessous  de  son  fond  , 
précisément  dans  le  périnée ,  qu’il  suffisait  que  le  doigt 
dépassât  un  peu  pour  se  mouvoir  librement,  en  tous  sens  , 
dans  le  côté  droit  de  la  cavité  pelvienne.  Je  reconnus 
alors  la  différence  manifeste  que  présente  la  position  de 
l’intestin  dans  les  eommencemens  de  cette  maladie  et 
lorsqu’elle  se  manifeste  extérieurement  par  une  saillie  au 
périnée.  Car ,  dans  le  principe ,  l’orifice  du  sac  herniaire 
se  trouve  situé  dans  le  bassin,  àpeurprès  à  la  même  hau¬ 
teur  que  le  repli  du  péritoine  qui  existe  entre- le  rectum 
et  la  vessie  ;  mais  à  mesure  que  la  hernie  fait  des  progrès , 
qu’elle  descend ,  le  sac  herniaire  .est  entraîné  èn  bas ,  et  son 
orifice  s’abaisse  en  même  temps  ;  enfin ,  aussitôt  que  la 
hernie  proémine  dans  le  périnée ,  l’prifice  du  sac  herniaire 
se  trouve  presque  hors  du  fond  du  hassiu.  Richter,  com¬ 
me  je  J’ai  dit  plus  baut ,  paraît  avoir  seulement  considéré 
pfi  que  cette  maladie  pouvait  présenter  vraisemblablement 
dans  son  (début,  dé  sorte  que  ce  qu’il  dit  de  la  nature  de 
cette  affeption  n’esi  pas  applicablè  h  la  hernie  saillante 
au  périnée ,  et  dont  il  est  ici  question. 

En  paursuivant  mes  recherches,  je  trouvai  près  du  cô¬ 
té  droit  du  sphincter  de  l’anus  une  vésicule  très-adhérente 
avec  le  sac  herniaire ,  mais  sans  aucune  communication 
avec  s,a  cavité,  L’ayant  ouverte  ,  je  vis  qu’elle  était  for¬ 
mée  par  une  dilatatiôn  latérale,  de  forme  ovoïde,  de  la 
membrane  de  l’intestin  reêtuni.  J’examinai  avec-attention 
l’étendue  des  diamfetrés  du  bassin  :  ayant  mésuré  la  dis- 
tapee  qui  séparait  les  deux  tubérosités  de  l’ischion ,  je 
m’assurai  qu’elle  était  de  quatre  pouces ,  comme  dans  un 
bassin  de  femme  bien  conformé ,  tandis  que  dans  l’homme 
elle  n’est  ordinairement  .que  de  Irôis  pouces  deux  lignes. 
Le  diamètre  antérorposlérieur,  c’ést  à-dire,  qui  mesure 


6o  M  ÉMOI  HE  s 

l’espace  qui  sépare  l’extrémité  du  coccyx  de  l’arcade  du 
pubis  ,  était  aussi  de  quatre  pouces  six  lignes ,  comme 
dans  la  femme,  tandis  que  dans  l’honime  il  n’en  a  que 
trois. 

Tel  était  l’état  pathologique  des  parties  internes  et 
externes  qui  formaient  la  hernie  complète  du  périnée 
chez  le  sujet  dont  je  viens  de  tracer  l’histoire.  A  cet  égard, 
je  pense  que  la  lenteur  avec  laquelle  le  repli  péritonéal 
de  la  cavité  du  bassin  s’est  relâché ,  de  même  que  l’aion- 
gement  de  la  portion  dq  mésentère  liée  à  l’anse  intesti¬ 
nale  ,  qui  ne  s’opérait  que  peu  à  peu ,  expliquent  pourquoi 
ce  malade  ne  ressentit  aucune  incommodité  avant  l’épôquè 
où  la  hernie  vint  former  une  tumeur  saillante  au  périnée. 
La  douleur  vive  qu’il  éprouva  tout  d’un  coup  dans  la  po¬ 
sition  où  il  se  trouvait  lorsque  la  hernie  parut  â  l’extérieur, 
me  semble  expliquée  plus  naturellement  par  la  distension 
vive  et  subite  et  le  déchirement  des  fibres  charnues  du 
muscle  releveur  de  l’anus  ,  que  par  un  mode  quelconque 
d’étranglement  de  l’intestin  sorti,  puisque  la  réduction 
put  . en  être  faite  facilement  à  l’aide  d’une  légère  pression. 
La  cause  occasionnelle  de  la  production  de  cette  mala¬ 
die  paraît  avoir  été  un  affaiblissement  primitif  et  contre 
nature  du  péritoine  ,  du  muscle/ ischio-coCcygien ,  et  sur¬ 
tout  du  releveur  de  l’anus  du  côté  droit,  qiii ,  peu-à-peü  , 
a  rompu  le  juste  équilibre  qui  existait  entre  la  résistance 
de  ces  parties  et  la  forcé  réunie  et  combinée  du  dia¬ 
phragme  et  des  muscles  abdominaux.  A  cette  prédisposi¬ 
tion  particulière  se  joignaient  d’autres  causes  non  moins 
graves  :  la  largeur  des  diamètres  du  bassin ,  particulière¬ 
ment  de  son  excavation.  Ceci  est  peut-être  une  des  prin¬ 
cipales  causes ,  comme  jele  démontrerai  dans  la  suite ,  ppur 
laquelle  cette  maladie- a  jusqu’à  présent  été  observée  plus 
souvent  chez  la  femme  que  chez  l’homme.  En  outre  ,  ce 
qui  contribua  sans  doute  encore  à  la  formation  de  cette 


E  T  0  B  SE  n  V  A  1 10  NS.  6  1 

hernie  ,  ce  fut  la  toux  presque  continuelle  et  le  niétier 
fatigant  de  taillandier. 

Cette  observation  est  entièrement  analogue  à  celle  pu¬ 
bliée  par  Charderion  en  1 740 ,  et.  dont  voici  l’exposé  : 
(Voyez  Leblanc ,  Précis  d’ Opérations  de  chirurgie ,  t.  II , 
p.  244)-  «  En  ouvrant,  dit-il,  le  cadavre  d’un  Iiommede 
»45  ans,  mort,  à  ce  qu’il  parut,  de  maladie  aiguë,  je 
»  trouvai  une  hernie  singulière ,  dont  jusqu’alors  on  n’avait 
»  pas  rapporté  d’exemple.  Ayant  ouvert  l’abdomen ,  je  me 
»  mis  à  déployer  les  intestins  qui  me  semblèrent  déplacés 
«et  descendus  dans  le  bassin  plus  bas  que  de  coutume. 

P  Quand  je  fus  parvenu  à  la  portion  de  l’iléon  qui  plongeait 
pie  plus  dans  cette  excavation,  je  voulus  l’attirer,  mais 
»  j’éprouvai  une  telle  résistance  que  je  soupçonnai  qu’il 
))  existait  des  adhérences  entre  elles  et  les  parties  voisines  , 
P  ou  bien  qu’elle  était  engagée  dans  le  trou  ovÿle.  Mais 
»  en  examinant  les  choses  de  plus  près,  je  reconnus  que 
P  l’intestin  iléon  s’était  engagé  au  milieu  du  bassin  entre 
P  la  vessie  et  l’anus  ;  en  poursuivant  mes  recherches,  et 
P  soulevant  ef  attirant  en  haut  cette  portion  d’intestin 
P  toute  entière  ,  je  ne  fus  pas  peu  surpris  en  voyant  que 
P  là  où  je  présumais  qu’il  existait  des  adhérences ,  il  y 
pavait  au  contraire  une  cavité  ca.pable  de  contenir  un  œuf 
P  de  pigeon.  L’orifice  de  ce  sac  était  circonscrit  par  un  re- 
pbord  dur  et  calleux,  dont  le  diamètre  avait  un  tiers  de 
P  moins  d’étendue  que  celui  du  fond.  Je  portai  un  doigt 
P  dans  cette  cavité  ,  et  en  appliquant  mon  autre  main  sur 
pie  périnée  ,  je  sentis  que  je  n’en  étais  séparé  que  parl’é- 
ppaisseur  des  tégumens  communs.  Ayant  rempli  le  sac 
P  de  charpie,  il  me  fut  facile  de  me  convaincre  que  cette 
P  tumeur  faisait  saillie  au  périnée.  En  disséquant  la  peau, 
P  je  pus  à  peine  la  séparer  du  sac  herniaire  :  je  ne  trouvai 
P  aucune  trace  des  muscles  du  périnée  dans  ce  point ,  à 
P  l’exception  du  transversc  dont  les  fibres  étaient  éparses 


fia  méhomves 

»  sur  le  sdrameü  de  k  tumeiir.  Celle  circdnstimee  ,  téuûie 
»  à  l’observa  tien  que  j’avais  faite,  que  l’itlfestiû  iléert  était 
»  rétréci  dans  la  paftie  fcofrespofldantc  à  l’oelftee  du,  sac  , 
sme  portèrent  h  croire  que.  cette  hernie  était  arieientiev 
»Je  ne  pus  connaître  à  quelle  nîaladie  -cet  lietüine  avait 
a  succombé;  ei  quoique  le  canal  inleslinàl  fût  ici- lé  siège 
t)  d’une  altération manifeste  s  on  ne  pouvait  pas  en  conclure 
«que  ce  fût  Lien  la  cause  de  la  mort,  n 

Il  est  évident ,  d’après  Cette  désCription  ,  que  dans  le 
Sujet  observé  par  Chardénoû  >  la  hernie  s’était  frayé  üû 
passage  du  fond  du  bassin  att  périnée  ,  un  peu  au-  dessus 
du  muscle  iransVerse  j  ainsi  quelques  lignes  plus  haut  que 
dans  le  malade  dont  je  viens  de  donner  rhistoire.  Ën 
outre  ,  les  fibres  do  ttiUScle  reléveur  de  l’anus  étaient  dis¬ 
parues  ,  tandis  qüe  dans  le  Sujet  de  mon  observation ,  on 
en  Voyait  encore  quelques  faisceaux  charnus  sur  le  sommet 
et  le  fond  de  la  tumeur  qui ,  dans  toute  son  étendue ,  n’of¬ 
frait  aucune  adhérence  notable  avec  la  peau ,  tandis  que 
dans  l’observatioU  citée  elle  lui  était  intimement  unie. 

Il  y  à  du  reste  si  peu  de  dirférences  entre  Ces  deux. 
faitSj  qu’on  peùtdire  avéC  certitude  que,  dansl’üU  etraütrë,; 
la  hernie  était  complète  et  Saillàniè  au  périnée,  daUsriii- 
tervallè  compris  entre  la  marge  de  l’dnus  ,  la  tubérosité 
dé  l’ischion  et  lé  soinmet  du  coccyx:.  Chardéüon  aurait 
rendu  son  observation  bien  plus  profitable  à  l’intérêt  de 
la  sciencè'.  S’il  eût  comparé  les  diamètres  du  bassin  de 
Son  sujet  avec  Ceux  d’une  femme  bien  conformée. 

Je  pensé  qu’il  est  assez  rare  de  voir  l’épiploen  dans  la 
hernie  complété  du  périnée  ,  car  il  ne  descend  jamais  assez 
bas  dans  le  bassin  pour  accompagner  une  anse  intestinale 
dans  une  partie  aussi  déclive  :  d’ailleurs ,  quelle  qUe  soit  la 
violence  dés  efibrls ,  l’épiploon ,  comprimé  entre  les  in¬ 
testins  et  les  parois  abdominales ,  n’a  nulle  tendance  à  sc 
déplacer  dans  ce  sens. 


ET  OBSEHVATIONS.  63 

On  ne  peut  pas  ën  dire  autant  de  la  vcssié ,  qui  est  < 
sans  aucun  doute ,  après  l’intestin  grêle,  l’organe  le  plus 
silsceptible  de  tous  ceux  èonteuus  dans  l’abdomen  j  défor¬ 
mer  hernie  au  2)érinéé  ,  à  cause  de  sa  situàtioil  dans  le 
bassin  et  de  l’extensibilité  de  ses  parois  ;  l’expérience  éou- 
firme  en  effet  ce  principe  de  pathologie  chirùrgicalei 
«Eli  1760,  je  fus  consulté)  écrit  [Aedil..  Roj. 

»  d'echirurg. ,  t.  4-  )  >  homme  âgé  de  6b  ans ,  aft 

«fefcté  d’une  hernie  inguinale  fécente ,  dont  la  réduction 
»  était  facile  et  qui  ne  nécessitait  riéh  aùtrë  chose  que  l’ap^ 
«plication  d’un  brayer  ordinaire.  Cette  incommodité  n’é-= 

»  tait  pas  le  sujet  de  ses  inquiétudes  autant  qu’une  maladie 
»  plus  ancienne  >  qui  datait  dé  sik  anè.  Un  jour  »  me  dit-il  , 

»  soh  pied  ayant  glissé  ,  ses  ^tnbes  furent  à  l’instant  forte- 
»  ment  écartées ,  et  dans  ce  mouvéraént  brusque ,  il  éprouva 
«une  douleur  vive  au  périnée  qui  persista  pendant  plu- 
«sieürs  jours;  Quelque  temps  après  ces  accidens,  étant 
«h  se  promener  dans  la  câmpagne)  il  sabla  un  fossé  ,  et 
»aü  moment  même  dl  ressentit  de  nouveau  la  douleur  au 
«périnée,  mais  tellement  forte,  qu’il  ne  put  retourner 
»  chez  lui ,  quoiqu’il  fût  peu  éloigné  dé  sa  demeure.  La 
»  doulehr ,  cette  fois  j  exista  long-temps  j  et  depuis  Cette 
«époqiie  >  il  fut  tbujôurs  touCtnenté  pàr  la  sensation  d’un 
«  poids  et  d’une  irritation  dans  la  région  dû  jjérinée  et  dé 
«la  vessie;  Géqül  le  gênait  le  plus  ,  ajouta-t-il  ,  c’était  de 
»  ne  poüvoir  urineé  que  peu  à  peu  èt  d’èlfe  Obligé  de  faire 
«dtes  frictions  et  de  presser  lé  périnée  avec  la  main  en  se 
«  tenant  penché  en  avaût  pour  üriner  fconiplùlement.  de 
isfisconcher  le  malade ,  dit  Pipelet  ,  ét  je  remarquai  au 
»  périnée  utie  tu mfeur  de  la  grosseur  d’un  œuf,  molle  -, 
«ohlonguo  ,  et  què  la  pression  faisait  rentrer  dans  le  bas- 
«  sin ,  le  long  du  cûté  droit  de-  l’urètre.  Ayant  réduit  la 
»  tumeur ,  j’enfonçai  le  bout  de  mon  doigt  è  côté  du  raphé 
»  du  périnée  ,  et  je  pénétrai  h  travers  uné  'ouverture  bir- 


64  îiiiioïKÉS 

»  culaire  ,  dont  la  largeur  pouvait  livrer  passage  à  une 
»noix.  »  • 

De  toutes  les  circonstances  de  cette  observation  ,  la 
libre  sortie  des  urines  au  moyen  de  la  pression  exercée 
snr  le  périnée ,  montre  surtout  évidemment  que  la  tumeur 
décrite  était  une  hernie  de  cette  région  formée  par  la 
vessie.  Pipelet  employa  ,  pour  maintenir  la  réduction ,  la 
machine  dont  j’ai  parlé  plus  haut ,  et  dont  l’application 
avait  été  souvent  dérangée  pendant  les  cinq  premiers 
mois  ,  comme  il  le  dit  lui  même  franchement  :'pour 
rémédier  à  cet  inconvénient ,  il  remplaça  la  boule  d’ivoire , 
qu’il  avait  employée  d’abord ,  par  un  coussinet  rempli  de 
lainésoutenu par  une  bande  fendue  dans  son  milieu  pour 
le  passage  de  la  verge;  et!,!|tinsi  modifié  ^  ce  bandage 
remplit  parfaitement  le  but  qu’il  s’était  proposé. 

Les  annales  de  la  chirurgie  renferment  donc  trois 
cas,  bien  démontrés  et  certains,  de  hernie  complète  du 
périnée  dans  l’homme  ,  dont  deux  étaient  formés  par  la 
sortie  de  l’intestin  iléon  ,  et  le  troisième  par  le  dépla¬ 
cement  de  la  vessie. 

Presque  tous  les  auteurs  qui  ont  écrit  sur  la  chirur¬ 
gie  font  mention  de  la  hernie  du  périnée  chez  la  femme. 
Cependant,  quand  on  réfléchit  la  différence  de  con¬ 
formation  qui  existe  entre  les  parties  génitales  externes 
de  celle-ci  et  celles  de  l’homme  ,on  conçoit  difficilement  ce 
qu’ils  entendent  par  hernie  du  périnée  chez  la' femme. 
Car  l’espace ,  compris  chez  l’homme  sous  le  nom  de  péri¬ 
née,  est  rempli ,  dans  cette  dernière,  par  les  grandes  lèvres 
de  la  vulve  ,  l’orifice  du  vagin  et  celui  de  l’urètre  ;  et 
si  on  veut  appeller  périnée  chez  elle  ,  le  court  intervalle 
qui  sépare  la  fosse  naviculàire  de  l’anus,  on  indique 
une  partie  dans  laquelle  jusqu’à  présent  on  n'a  observé 
aucune  espèce  de  hernie. 

Il  me  semble  qu’Astley  Cooper  ,  tout  en  ayant  une 


ET  OBSERVATIONS.  65 

autre  intention,  a  corrigé  cette  inexactitude  de  nomen¬ 
clature,  lorsqu’il  voulut  faire  connaître  une  nouvelle  es-' 
pèce  de  hernie  chez  la  femme,  qu’ilnonimà',  ’vttlvdire 
{del  pudendo) .  Cette  maladie  est,  à’ mon  avis,  la  même 
que  celle  nomimée  improprement  quelquefois,  chez  la 
femme,  hernie  du  périnée';  car  celle-là,  de  même  que 
celle  décrite  par  Gooper ,  sous  le  nom  de  hernie  vulvaire 
(  dei  pudendo  ) ,  lorsqu’elle  fait  saillie  extérieurement  pa¬ 
raît  dans  la  moitié  inférieure  de  la  grande  lèvre  ,  et  tou¬ 
tes  les  deux ,  en  augmentant  de  volume  ,  se  développent 
également  entre  l’orifice  de  l’anus  ,  la  tubérosité  de  l’is¬ 
chion  et  le  sommet  du  coccyx.  L’une  et  l’autre  résultent 
do  la  pénétration,  dans  la  grande  lèvre,  d’un  intestin  ou 
de  la  vessie.  On  les  distingue  facilement  chez  la  femme 
de  la  hernie  inguinale  et  de  la  hernie  vaginale  ,  puis¬ 
qu’elles  occupent  ,  comme  on  l’a  dit ,  la  moitié  infé¬ 
rieure  d’une  des  lèvres  de  la  vulve  ,  tandis  qùé‘ 7* t«- 
guinale  s’étend  du  milieu  de  cette  même  lèvre  vers  l’àn 
neau  inguinal.  La  hernie  vaginale  forme  une  tumeur 
saillante  dans  la  cavité  du  vagin  ,  tantôt  immédiàfèmeht 
au-dessous  du  méat  urinaire  ,  ‘tantôt  dans  l’ün  des  côtés 
de  ce  canal  :  elle  est  donc  bien  distincte  des  précédéiitès. 

Je  n’ai  rencontré  dans  ma  statistique  que  •  deux' ’exèm-^' 
pies  de  hernie  vulvaire  (. autrement  dite  du  pferlnéè  ). 
Le  premier  sujet  fut  une  villageoise,  âgée  db  46 
ans  ,  qui  n’avait  jamais  eu  d’enfans  :  le  secoiid  -iüïib 
jeune  dame  qui  avait  accouché  une  fois;  Dans'  le  jçrëmiër'^ 
cas  ,  lorsque  la  malade  se  tenait  debout  ,  la  tubàëür  avait 
la  grosseur  d’une  noix.  Quand  elle  était  côuèh^è  P'ïd 
hernie  comprimée  légèrement  rentrait  âëebl  fàéiîité',  et 
sans  qu’il  fût  nécessaire  d’introduire  le  doigt  daüs'  le‘’Vagiit 
pour  l’empêcher  de  ressortir.  La  réduction  epéréè  f  ih 
était  aisé  de  pénétrer  avec  le  bout  du  doigt  dàns  rbuvee-' 
lure  circulaire  qui  livrait  passage  à  l’intestin’,'  en  tu- 


66  MÉMoinKs 

poussant  les  tégumens  correspondans  qui  étaient  flasques. 
Cette  femme  maintenait  la  hernie  réduite  au  moyen 
d’un  coussinet  rempli  de  laine  et  soutenu  pat  un  bandage 
enT.  La  dame  quifut  le  sujet  du  secondexempletoe  con¬ 
sulta  conjointement  avec  le  docteur  Gairoli  j  professeur  dis¬ 
tingué  de. chirurgie  dans  celte  Université.  Gelledame, 
âgée  de  2  2  ans  ,  avait  éprouvé  pendant  sa  première  gros¬ 
sesse  des,  difficultés  d’uriner.  Vers  le  9.°  mois  seulement 
elle  s’aperçut  qu’il  existait  une  petite  tumeur  dans  la 
moitié  inférieure  de^  la  grande  lèvre  du  côté  droit  ,  et 
qui  s’étendait  jusqu’au  bord  Correspondant  de  l’orifice 
de  l’anus.  Ce  premier  aqcouchement  n’eut  lieu  qu’après 
un  travail  laborieux ,  et  d’autant  plüs  pénible  que  la 
sage-femme  était  peu  instruite.  Pendant  l’écoulement  des 
lochies  ,  la  difficulté  d’uriner  persista ,  et  lorsque  ,  celte 
cette  dame  fut  entièrement  rétablie ,  elle  reconnut  que 
la  tumeur  avait  augmenté  de  volume  et  acquis  celui 
d’une  noix.  ,  ; 

Dans  l’examen  que  je  fis  >  de  concert  avec  le  profes¬ 
seur  que  je  viens  de  nommer  ,  je  remarquai  que 
lorsque  cette  dame  était  debout  >  la  tumeur  était  plus 
tendue  et  saillante  dans  la  partie  inférieure  de  la  grande 
lèvre,  que  lorsqu’elle  était  couchée.  Dans  cet  état  de 
tension  delà  tumeur,  la  malade  éprouvait  un  pressant 
besoin  d’uriner  quelle  satisfaisait  d’autant  plus  promp¬ 
tement  et  plus  cemplèlemént ,  qu’elle  comprimait  davan¬ 
tage  Jp.. tumeur  avec  sa.  main.  L’urine  expulsée  j  la  tumeur 
disparaissait  :  presqu’aussitôt  :  ce  fait  fut  vérifié  et  mis 
hors  de  doute  en  vidant  la  vessie  .aU  moyen  du  cathéter. 
En  enfonçant  le  doigt  dans  les  tégùmens  graisseux  de  la 
grande  lèvre  qui  Contenait  là  tumeur  ,  .je  .reconnus 
manifestement  ronverture  par  laquelle  une  portion  de 
la-vessie  sortait  hors  du  bassin. 

La;  malade  ne  pouvait  supporter  qu’une  pression  modé- 


ET  OBSERVAT^OMS.  67 

rée  sur  la  tumeur ,  de  sorte  qu’on  préfera ,  pour  maintenir 
la  hernie  réduite,  un  bandage  en.  T,  composé  d’une 
large  ef  îovIg,  ventrière  do.  toile  et  .  d’un.,,  spus-cittsse 
formé  de  bandes  solides  croisées  comme  un  X  ,  qui,  à 
l’aide  de  boutonnières  ,  étaient  fixées  antérieurement  et 
postérieurement  à  la  ventrière  ,  et  servaient  à  presser  plus 
ou  moins  et  à  volonté  une  petite  pelote  remplie  de  coton 
contre  l’puverture  herniaire.  Ge  bandage  produisit  l’effet 
qu’on  désirait ,  et  depuis  son  application  ,  la  difficulté 
d’uriner  devint  moins  fréquente. 

Dans  le  même  mois  ,  cette  dùme  devint  enceinte 
pour  la  seconde  fois,  Pendant  le  premier  et  le,  de^^nier 
mois  de  la  grossesse  ,  les  difficultés  d’uriner  reparurent , 
et  non  dans  lés  mois  intermédiaires,  Pendant  l’accouche¬ 
ment  ,  le  chirurgien  accouçhenr  eut  l’attention  de  main¬ 
tenir  la  hernie  exactement  réduite  jusqu’à  çp.ique  la 
tête  de  l’enfant  fut  sortie.  Après  son  rétablissement, 
cette  dame  fut  agréablement  surprise  en  reconnaissant 
que  lorsqu’elle  était  levée  la.  tumeur  ,  au  lieu  d’avoir 
augmenté  de  volume ,  ;éta:it  au  contraire  devenue  beap- 
conp  plus  petite  qu’elle  n’avait  ^té  pendant.  la  durée  d,e 
la  grossesse.  Je  ne  chercherai  pas  à  expliquer, çé  phéno¬ 
mène  !  maisil  est  tonjonrs  eertain  que  l’ai  vn  ici  se  véri¬ 
fier,  non  eemplètement  ,mais  en  partie,  ce  que  Verdier  a 
écrit  à.ce  sujet,  {Acad,  royale  (U  67uî’,,  t.  Lahevuie. 

»de  la  vessie,  dit-il  ,  qui  arrive  quelquefois,  aux  femçaes 
D.enceintes  ,  entre  la  vulyeet.ifnnus  ,,n’ost  pas  ahsolninOO!* 
J»  dangereuse  .  puisqu’elle  disparaît  pour  l’ordinaire  dès 
«que  la  femme  est  accouchée*  «.  Néanmoins  çptte  dame 
continua  de  porter  par  précaution .  le  handage  ■  indiqué. 
Douze  années  se  sont  écoulées  depuis  Cé  second  accouche¬ 
ment  sans  qu’elle  ait  éprouvé  de  difficultés  d’uriner,  > 


68  i!  K  M  01  n  ES 

Ges  deujc  fdits  rappellent  deux  observations  analogues 
rapportées ,  l’une  par  Méry  '( Acad.  R.  des  Sciences,  1 7 1 3 , 
et  ràutre  ;par  Curade.  [Acad.  R.  de  Chir.,  t.  ÎI  J , 
Dans  la  première ,  la  hernie  fut  observée  sur  une  femme 
entre  le  5."  et  le  6.°  mois  de  la  grossesse  ;  dans  la  seconde 
précisément  dans  le  6.' tnois  ;  dans  l’un  et  l’autre  cas  , 
quand  on  comprimait  la  tumeur,  l’urine  s’écoulait  goutte 
à  goutte  par  l’urètre  ,  et  dès  que  la  vessie  était  complè- 
temént  vide  ,  la  hernie  disparaissait.  11  est  impossible  de 
soupçonner  que  la  hernie  fût  ^vaginale ,  car  Méry  s’ex¬ 
prime  trop  clairement  à  ce  sujet  :  «  Cette  tumeur  était 
»  siluéé  entre  l’anus  et 'la  partie  inférieure  de  l’oriflce 
«externe  de  la  matrice  »,  ce  qui  veut  dire  dans  la  partie 
inférieure  de  la  grande  lèvre  ,  entre  la  marge  de  l’anus 
et  la  tubérosité  de  l’ischion.  Verdier,  après  avoir  cité 
ces  deux  observations , fait  la  réflexion  suivante, qui  vient 
à  l’appui  de  ce  qui  a  été  dit  plus  haut.  «  Mais  si  la  vessie , 
«dans  l’état  de  grossesse  ,  forme  une  hernie,  ce  n’est 
«pas  toujours  par  les  anneaux  ,  ni  niême  par  les  arcades 
«  crurales  ;  elle  se  glisse  quelquefois  sur  un  des  côtés  du 
«vagin  et  de  l’intèsiin  rectum,  et ,  pressée  par  la  miatrice, 
«  elle  force  quelques-unes  des  fibres  des  muscles  rele- 
«  veurs  de  l’anus ,  et  forme  une  tumeur  au  périnée  un  peu 
«latéralement.  »  Smellie  a  observé  aussi  cette  hernie 
sur  deux  femmes  enceintes,  et  il  la  nomme  ,  selon  la  cou¬ 
tume , hernie  du  périnée.  Dans  les  deux  ,  elle  Contenait  une 
portion  d’intestin.  L’une  d’elles ,  qui  avait  le  volume  du 
poing  vers  la  fin  de  la  grossesse ,  s’étrangla  et  se  gaugré- 
na;  néanmoins  la  malade  guérit.  Hoin  pense  que  ces  deux 
observations  doivent  se  rapporter  à  celles  de  hernie  nag-i- 
nale;  mais  il  se  trompe  ,  puisque  l’auteur  dit  clairement 
que  l’une  et  l’autrë  tumeurs  herniaires  faisaient  saillie  au 
côté  gauche  de  l’orifice  de  l’anus. 

Il  n’y  a  donc  plus  aucun  doute ,  que  dans  la  hernie  du 


ET  observations.  69 

peîn’nee chez  rhomme,etlahérnie  titt/vat/’e  chez  la-fem? 
me,  la  tumeur  estforméepar  l’issue  ,  hors  duhàs-foad:du 
hassin  ,  d’une  anse  d’inteslih  ou  d’une  portion  de  là  vessie; 
Les  signes  particuliers  à  l’existence  de  l’uné  ou  de  l’aiilt'e 
de  CCS  parties  dans  le  sac  herniaire  ont  été  suffisamment 
indiqués  par  l’exposé  qu’on  vient  d’en  faire  ,  pour  qu’il 
soit  maintenant  facile  de  les  reconnaître.  . 

Hartmann  {Acad.  N.  G. ,  décad.  II,an  v.  1686; ohs.  71) 
est  le  seul ,  je  croi.'î ,  qui  ait  eu  l’occasion  de  disséquer 
une  hernie  «wfoatVe  formée  par  la  vessie.  «  Dans  le  ca- 
»davre  d’une  femme,  écrit-il,  qui ,  long  temps  avant  sa 
»  mort ,  avait  rendu  plusieurs  calculs  par  l’urètre ,  je  trou- 
»  vai  une  tuineur  située  sur  la  grande  lèvre  gauche ,  qu’elle 
»  dépassait  beaucoup  ,  et  qui  avait  aminci  lés  tégumens 
^communs.  A  l’ouverture  de  l’abdomen ,  je  crus  d’abord 
!)que  la  vessie  n’existait  pas  ;  mais  je  reconnus  ensuite 
»  qu’elle  était  située  en  partie  sous  le  pubis  ,  et  en  partie 
«hors  du  fond  du  bassin.  Cette  secondé  portion  conte- 
«nait  un  calcul  du  poids  dé  3  onces.  Ayant  soûlevé  d’une 
»  main  le  col  de  la  vessie ,  j’essayai  de  l’autre:  de  repousser 
«de  bas  en  haut  la  portion  qui  formait  une  tumeur  exté- 
»  rieuFement ,  et  je  trouvai  qu’élle  ne  communiqdait.  plus 
«avec  le  reste  de  la  vessie.  Dans  les  derniers  temps  dé  sa 
«vie,  cette  malade  ne  rendait  l’urme  qué  goutte  à  goutte 
«et  avec  des  efforts  violens  et  douloureux  qui  causaient  en 
«  même  temps  la  sortie  des  matières  fécales;  « 

L’expérience  prouveque  la hernieî^ag'mafcqui, comme 
on  vient  de  le  voir,  ne  peut  être  confondue  avec  la  hernie 
vulvaire ,  est  plus  fréquente  que  cette  dernière.  Geci  vient 
probablement  de  ce  qué  la  hernie  vaginale  se  for, nie  ordinai¬ 
rement  dans  les  femmes  qui  ont  éu  plusieurs  enfans  etchez 
lesquelles  pécessairenient  les  parois  du  vagin  sont  devç- 
nues  flasques ,  et  les  muscles  iscliio-coccygiens,  relcvéurs  de 
l’anus  ,  ainsi  que  la  membrane  fibreuse  qui  revêt  la  fjice  ln~ 


70  .  MiMOIlVES 

terne  de  l’excavation  du  bâssin,  offrent  moins  de  ré¬ 
sistance  à  l’imipulsibn  des  viscères  abdominaux-  Sur  quinze 
cas  de  hernie  vaginale  observés  par  Hoin  ( Leblanc , 
PHc.  •  dés  opér^  db  C hh\ ,  t,  2  ;  et  Sandifort ,  {Obs.  path., 
Chap-î  4  )  V  treize  étaient  chez  des  femmes  qui  avaient  ac- 
Coaiché  plusieurs  fois.  On  trouve  l'explication  de  cette  plus 
grande  fréquence  dans  l’examen  des  cadavres  des  accou 
chées  j  CheiÉ lesquelles  le  doigt  déprime  bien  plus  facilement 
le  péritoine  qui  recouvre  les  parois  du  vagin  que  celui 
qui  s’étend  dans  le  fond  du  bassin. 

Si  nous  revenons  à  l’examen  de  la  hernie  vulvaire  chez 
la  femme  et  du  périnée  chez  l’homme ,  nous  voyons  qu’il 
existé  des  exemples  funestes  de  son  développement  énorme, 
lesquels,  doivent  engager  à  ne  pas  négliger  les  moyens 
propres  à  s’opposer  à  son  accroissement  dès  le  commen¬ 
cement  dè  sa  formation;  tels  sont  les  cas  rapportés  par 
I^apen  et  Bosc-. 

Le  sujet  de  l’observation  de.  Papen  était  une  femme  de 
àns  *  robuste  j  et  morte  subitementi  u  II  trouva  sur  le 
»  cadavre  ühe  tumeur  qui  avait  la  forme  d’une  grosse  bou- 
»  teille  j  pendante  au  côté  droit  de  l’orifice  de  l’anus ,  et 
*se  prolongeant  presque  jusqu’à  la  jambe.  Ce  sac  énorme 
«  n’avâit  paà  moins  d’une  brasse  et  demie  de  circonférence 
»à  son  fond  et  d’une  palme  à  son  col  près  l’anus.  Après 
»  l’avoir  ouvert  longitudinalement  ,il  trouva  dans  son  inté- 
»  rieur  une  longue  portion  des  intestins  grêles  ,  le  cæcum 
j>'ét  son  appendice  >  le  colon  droitet  le  colon  gauche  jusqu’à 
*  sa  courbure  sigmoïde.  Après  avoir  enlevé  cés  intestins  du 
»sac  hèrbiaire  et  de  l’abdomen,  il  vit  dans  le  côté  droit 
'j>  du  bassin  une  vaste  cavité  infundibuliforme ,  tapissée  par 
»lé  péritoine,  et  qui  naissait  dans  l’intervalle  circonscrit 
spar  la  grande  lèvre ,  la  marge  de  l’anus ,  et  le  sommet  du 
scoCcyx.  «L’aulèur  apprit  des  parens  ,  que  dix  ans  avant 
la  uiort  j  cette  tumeur  n’était  pas  plus  grosse  qu’une  pe¬ 
tite  boule. 


KT  OBSERVATIONS. 


7ï 

Il  m’imporle  peu,  à  ce  qu’il  me  semble;,  de  discuter 
si  Papen  a  eu  tort  ou  raison  de  nommer  cette  tuoieur 
hernie  dorsale.  Toujours  est^il  certain  que  la  sortie  des 
viscères  ,  dans  la  partie  inférieure  de  la  grande  lèyre  r, 
entre  la  marge  de  l’anus  ,  la  tubérosité  de  l’ischion ,  et  le 
sommet  du  çocçyx ,  caractérise  évidemment  la  hernie 

vulvaire.  •  •  :  ,  , 

Celle  qui  fut  disséquée  par  Bosc  sur  le  padayrie  d’nne 
femme  âgée  de  6o  ans  ?  étaÎ!;  d’un  volume  moins  consiT 
dérable ,  quoiqu’elle  contînt  une  anse  d’intestin  grêle  delà 
longueur  d’une  brasse  et  un  quart ,  qui  ét®it  étrangléUr 
«  La  tumeur  herniaire  ?  écritri}  ,  sortait  dq  fond  du  , bassin 
«entre  le  côté  droit  de  la  ntnrge  l’anns,  fa  lèvre  cor- 
•  respondaute  de  la  vulve  ,  .ut  la  pointe  du-ppccys.,  L’ip^ 
«testin  reçtum  ,  plus  rétréci  que  de  coutume  ,,  avait  été 
»  poussé  par  la  hernie  vers  le  eôté  gauche  du  bassin  :  dans 
»  le  fond  -de  son  excavation ,  ,9x1  voyait  une  .ou-verture  par- 
»  ticulLère ,  par  laquelle  le  péritoine  s’était  prolongé  pour 
»  former  le  sac  herniaire.  »  '  :  ■  •  ,  ,  i  , 

H  plaft  à  Bosç  de  nommer  cette  hernie  in¬ 

terne  , pour  .la  distinguer  ide  celle  . qnise  forme  par  Té, chan- 
crure  saero-isçfaiatique  ,et  qu’il  voulait  .qu’on  désignât  sous 
le  nom  A" isçhiat,ique  externe ,  et  k  laquelle,;  mal  .k propos, 
il  rapporte  ' le  .cas  cité  par.  Papen  ;  mais  Panatomier  dé¬ 
montre  que  ces  deux  tumeurs  étaient  des  hernies 
vaires.  . .  :  ,  ,  . 

Les  autevn’s  les  plus  recommandables  semblent  disposés 
à  croire  que  les  hernies  les  plus  rares ,  parmi  lesquelles 
on  peut  compter  celles  qui  se  iformont  dans  les  environs  g 
dans  le  fond  du  bassin ,  sont  ^sujettes  à  l’étrangleménit.  il 
ine  parait  que  cette  opinion  n’a  été  émise  qüe  par  àhâlo- 
gie ,  puisqu’il  n’existe  ancun  fait  4®  Cé.tte  espèce  rapporté 
dans  les  Annales  de  la  chirurgie  antérieures  à  l’époque 
actuelle  :  on  peut  seulement  dire  que  cèt  accident  a  été 


■72  hémoihes 

observée  Ainsi  Coo})er  fut  appelé  pour  secourir  une 
dame  âgée  de  22  ans,  qui  était  dans  un  état  fort  alar- 
tnant,  causé  par  l’étranglement  d’une  hernie  vulvaire. 
La  tumeur  avait  la  grosseur  d’un  œuf  de  pigeon  et  s’éten  ¬ 
dait  de  la  moitié  inférieure  de  la  grande  lèvre  gauche  au 
bord  correspondant  de  l’anus.  Le  taxis,  exercé  par  ce  cé¬ 
lèbre  chirurgien,  fit  rentrer  la  hernie.  Pendant  l’opéra¬ 
tion  ,  la  nialadé  donna  les  signes  d’une  très-vive  douleur  ; 
mais  aussitôt  que  la  réduction  eut  lieu ,  les  douleurs  ces¬ 
sèrent;  (Les  observations  d’étranglement  de  hernie  vu^- 
vaîrot  arrivées  pendant  l’accouchement ,  comme  celles 
rapportées  par  Smellie  ,  diffèrent  des  cas  dont  il  s’agit). 

Dans  l’homme  dont  j’ai  rapporté  l’observation  ,  je  fus 
témoin  oculaire  de  l’étranglement  d’une  hernie  complète 
du  périnée ,  formée  par  l’iléon  :  le  taxis  seul  me  réussit 
parfaitement,  sans  qu’il  fût  nécessaire  de  recourir  au 
moyen  chirurgical  qu’on  emploie  souvent  dans  cette  cir¬ 
constance.  D’ailleurs,  si  dans  un  cas ,  que  je  pense  devoir 
êtré  bien  rare,  on  était  obligé  d’inciser  la  tumeur,  je  n’hé- 
sitè  pas  à  affirmer  que  l’opération  ne  serait  ni  difficile  à 
pratiquer,  ni  dangereuse  par  elle-même  pour  le  malade. 
Car  dans  la  hernie  vttf'uatVe  et  du  périnée,  l’orifice  du 
sac  se  trouve  toujours  situé  presque  hors  du  bas-fond  du 
bassin  (1)  ,  de  sorte  qu’après  avoir  ouvert  le  sac  vers 
son  col ,  si  la  tumeur  était  volumineuse ,  ou  bien  dans 
toute  sa  longueur,  si  elle  était  petite,  il  suffirait  pour  dé¬ 
fi)  Sabatier  ,  de  même  que  le  plus  graud  nombre  des  écriyains 
en  chirurgie ,  a  cru  à  tort  que  l’orifice  du  sac  dans  ces  hernies  est 
situé  très-haut  dans  le  bassin.  «Si  l’opération  ,  dit-il,  devenait  né- 
»  cessaire ,  on  pourrait  y  trouver  de  grandes  difficultés  relativement 
»  à  la  profondeur  de  l’ouverture  qui  donné  passage  aux,  viscères.  » 
Cette  asseriion  est  contredite  par  l’observation  des  faits ,  comme  je 
l’ai  prouvé  dans  plusieurs  eudroits  de  ce  Mémoire.  (  F'oy.  Méd.  opé¬ 
rât.  ,  t.  I ,  p.  i54  ).  , 


EXTRAITS  ET  ANALYSES.  y5 

truire  l’étranglement,  d’introduire  l’extrémité  d’ùn  bistouri 
étroit  et  boutonné  entré  les  viscères  et  le  rebord  épais  de 
l’orifice  du  sac  ,  et  de  faire  une  petite  incision  de  bas  en 
haut  dans  une  direction  oblique  vers  le  flanc.  De  celle 
manière  on  évite  de  blesser ,  chez  l’homme ,  la  vessie  ,  et 
le  vagin  chez  la  femme. 


EXTRAITS  ET  ANALYSES. 


Traité  de  Physiologie  appliquée  à  la  Pathologie  ;  par 
J.  V.  Beoxtssais. — •  Paris  ,  1822.  — 

(  Premier  article.  ) 

L’ùtilité  de  l’application  de  la  physiologie  à  la  patho¬ 
logie  a  été  sentie  dans  ces  derniers  temps  par  plusieurs  mé¬ 
decins  célèbres.  Corvisart  et  Barthez  la  proclamaient  hau¬ 
tement,  tandis  que  l’illustre  Chaussier  reconstruisait  la 
première  de  ces  deux  sciences  et  s’occupiait  à  en  bannir 
toute  application  physique  ou  chimique.  Barthez  fut  sur¬ 
tout  celui  qui  s’exprima  de  la  manière  la  moins  équivoque 
sur  la  réunion  de  la  physiologie  à  la  pathologlé.  Tout 
système  de  physiologie ,  disait-il,  qui  ne  donne  point  le 
moyen  d’analyser  et  de  classer  les  faits  pathologiques  et 
d’où  l’on  ne  peut  déduire  à  priori  des  préceptes  de  nlé- 
decine  pratique  absolument  semblables  à  ceux  qu’on  a 
tirés  de  l’expérience ,  n’est  qu’un  amusement  frivole  .  in¬ 
digne  de  tout  médecin  sensé.  »  Cette  sentence  ,  portée  par 
un  homme  d’un  rare  mérite ,  serait  une  critiqué  sanglante 
des  Traités  classiques  de  physiologie  ,  si  Barthez  lui-même 


74  EXTRAITS  , 

n’eût  échoué  en  voulant  effectuer,  le  rapprochement  lu¬ 
mineux  dont  il  .sentait  la,  nécessité.  Son  génie  vaste  eût 
élevé  rédifice  dont  il  avait  conçu  le.  plan,  s’ileùt  placé 
snr  un  terrain  moins  fragile  les  matériaux  immenses  qu’il 
avait  assemblés.  Si  Barthez  se  fût  borné  au  rapprochement 
et  à  la  comparaison  des  faits,  s’il  se  fût  arrêté  aux  phéno- 
mènes  visibles  ,  s’il  se  fût  contenté  d’étudier  ceux-ci  dans 
1  état  de  santé  et  dans  l’état  de  maladie,  de  constater  la 
dépendance  dans  laquelle  les  phénomènes  pathologiques 
sont  presque  toujours  des  phénomènes  physiologiques ,  il 
eût  trouvé  leur  mode  de  succession,  il  les  eût  ralliés 
les  uns  aux  autres  et  nous  eût  laissé  une  physiologie  pa¬ 
thologique.  Malheureusement  Barthez  fut  entraîué  par 
son  imagination  ardente  dans  le  champ  des  hypothèses  :  il 
dirigea,  sur  les  causes  premières  des  phénomènes  de  la 
vie ,  ses  recherches  qu’il  devait  borner  à  leurs  seules  con¬ 
ditions  organiques.  11  voulut  une  cause  unique  pour  pré¬ 
sider  à  l’accomplissement  de  phénomènes  différons  ;  il  plaça 
cette  cause  hors  de  l’organisation ,  èt;celle-ci  fut  régie  par 
cette  imaginaire.  Quand  les  actes  manifestés 

par  l’organisation  venaient  à  se  déranger  ,  l’auteur,  loin  de 
s’arrêter  aux  changemens  presque  toujours  appréciables 
de  celle-ci ,  voyait  une  affection  de  son  unité  vitale,  et, 
hors  le  cas  des  lésions  les  plus  ihécaniques ,  il  supposait 
que  c’étaità  l’unité  vitale  affectée q.u’élaient  dûs  les  troubles 
des  actes  organiques  ;  il  s’imaginait,  que  les  symptômes 
morbides  n’indiquaient  que  le  dérangement  de  cette  unité 
vitale ,  et  par  une  conséquence  bien  juste  du  principe  éta¬ 
bli  ,  il  dirigeait  le  traitement  thérapeutique  sur  l’unité  vi¬ 
tale.  Tel  avait  été  le  résultat  des  travaux  de  Barthez ,  lors¬ 
que  Biohat  apparut  au  monde  imédical.  Ce  grand  hommè 
jette  un  regacd  Sur  toutes  les  branches  de  l’art  ,  et  con¬ 
çoit  le  vaste  projet  d’élever  un  système  complet  de  méde¬ 
cine,  dénué  de  toute  espèce  d’hypothèses  ,  et  basé  sur 


ET  ANALYSES.  76 

l’anatomie  ,'sur  l’étude  des  fonctions  dans  l’état  de  santé 
et  dans  l’état  de  maladie,  sur  la  distinction  des  tissus,  sur 
la  connaissance  des  sympathies  qui  les  lient  les  uns  aux  au¬ 
tres  ,  sür  l’obsërvàtion  des  effets  Ibcauxet  généraux  produits 
par  lés  modificateurs  divers  appliqués  aux  organes;  enfin, 
su  r  les  résultats  des  ouvertures  cadavériques.  Il  exploite 
une  idée  lumjneuse  de  l’illustre  Pinel,  celle  de  la  .distinc¬ 
tion  des  tissus;  il  en  fait  les  bases  d’un  travail  immortel. 
Fécondé  par  son  génie ,  le  principe  vital  do  Barthez  cesse 
d’être  une  umtd  chimérique ,  et  séparée  de  l’ôrga- 
nisme.  Bichat  le  lie  à  la  matière  organisée ,  et  ti  l’aide  d’a- 
gens  habilement  employés ,  il  mesure ,  s’il  m’est  permis 
d’employer  cette  expression,  les  doses  diverses  dé  ce 
principe  vital ,  attachées  à  chaque  tissu  différent.  Mais 
Bichat  est  ravi  à  la  science ,  et  l’étude  des  tissus  ma¬ 
lades  manque  encore  à  l’étude  des  tissus  sains!  Le  travail 
du  grand  homme  est  incomplet  ;  personne  n’ose  y  porter 
la  main.  Aucun  de  ses  successeurs  n’indique  le  mode  de 
transition  des  phénomènes  organiques  de  l’état  normal  à 
l’état  anormal;  la  physiologie  de  l’homme  sain  reste  sépa¬ 
rée  de  celle  de  l’homme  malade  ;  la  physiologie  redevient  de 
nouveau  l’abstraite  descriptien'des  fonctions  de  l’organisme, 
et  marche  séparée  de  la  qtathologie;  celle-ci  continue  d’être 
un  vrai  chaos  jusqu’à  l’époque  où  M.  Broussais ,  riche 
d’une  multitude  d’observations  recueillies  avec  autant  de 
zèle  que  de  soin  ,  vient  sapper  l’édifice  médical ,  et  nou¬ 
veau  Descartes  ,  établir  hautement  les  droits  qu’a  tout 
homme  de  douter  et  de  soumettre  tout  'à  son  examen  , 
sans  s’en  rapporter  à  la  parole  du  maître.  Si  nous  avions 
à  parler  delà  nouvelle  doctrine ,  sous  le  rapport  de  la  pa¬ 
thologie  ,  et  à  tracer  lés  'progrès  que  vient  de  faire  cette 
science,  il  nous  serait  indispensable  de  montrer  le  chef 
énergique  de  la  révolution  médicale  ,  jetant  dans  toutes 
les  têtes  ces  germes  do  l’esprit  d’indépendance'  dont  il  est 


76  EXTRAITS 

animé  .  renversant  d’une  main  hardie  des  idoles  révérées 
depuis  des  siècles ,  secouant  le  joug  de  l’injuste  et  despo¬ 
tique  autorité  des  grands  noms  ,  flétrissant  de  la  verge  du 
ridicule  cet  oiseux  et  servile  respect  de  l’antiquité,  et 
ouvrant  la  plus  vaste  arène  à  une  polémique  dont  les  résul¬ 
tats  ont  été  si  heureux.  Mais  c’est  de  la  physiologie  de 
M.  Broussais  que  j’ai  à  parler.  Nous  venons  de  voirie 
point  où  le  réformateur  de  la  médecine  a  pris  les  travaux 
de  ses  prédécesseurs  :  examinons  maintenant  jusqu’où  il 
les  a  conduits.  Que  se  propose  M.  Broussais  ?  D’unir  la 
physiologie  è  la  pathologie  ,  de  tirer  de  la  physiologie  des 
inductions  pour  la  pathologie.  Du  reste  ,  il  est  difficile  de 
parlerduplan  adoptéparM.  Broussais,  dans  la  physiolo¬ 
gie  pathologique  ,  puisque  c’est  seulement  par  cahiers  de 
deux  feuillets  qu’il  publie  son  ouvrage,  et  que  nous  sommes 
sans  doute  loin  encore  d’en  posséder  la  totalité;  nous  re¬ 
grettons  donc  de  ne  pouvoir  présenter  à  nos  lecteurs  ni 
cadre  ni  sommaire  qui  puissent  les  mettre  à  même  de  saisir 
l’ensemble  des  chaînons  que  nous  allons  dérouler.  Con¬ 
tentons-nous  de  suivreles  idées  de  M.  Broussais  dans  l’or¬ 
dre  où  elles  se  présenteront. 

Chapitre  —  L’intention  de  l’anteur  est  d’appli¬ 
quer  la  physiologie  à  l’homme  sain  et  à  l’homme  malade. 
Cette  science ,  dit-il  .  présente  un  mélange  de  phénomènes 
mécaniques  et  de  phénomènes  vitaux.  On  s’attachera  par¬ 
ticulièrement  aux  derniers.  — -  Lffiomme  ,  continue  M. 
Broussais,  est  un  être  organisé  partageant  avec  tout  ce 
qui  vit ,  la  faculté  de  se  développer  et  de  s’entretenir  pen¬ 
dant  un  certain  temps  ;  ce  qu’il  fait  i.“  en  s’appropriant 
et  soumettant  aux  lois  qui  le  régissent  une  certaine  quan~ 
tité  'de  matière  qu’il  puise  dans  les  autres  corps  de  la 
nature;  a.”  en  rejetant  ce  qu’il  a  pris  de  trop  ,  et  ce  qui , 
après  lui  avoir  servi  ,  a  perdu  l’aptitude  îi  lui  servir  en¬ 
core.  —  Il  se  distingue  entre  tous  les  êtres  vivans  ,  1  .“par 


ET  ANALtSES.  77 

une  forme  et  une  attitude  particulières;  2.°  par  des  rapports 
plus  multipliés  avec  les  corps  de  la  nature;  5.°  sur-tout  , 
par  la  réflexionjetc.-— Nousnousproposonsderétudieren 
rapport  avec  tout  ce  qui  agit  sur  lui ,  et  en  rapport  avec, 
lui-même,  dans  l’espoir  d’y  découvrir  la  source  de  ses 
maladies  et  les  moyens  de  les  prévenir  ou  bien  d’y  remédier. 
— Ce  n’est  donc  point  une  histoire  des  fonctions  que  nous 
nous  propo|ons  de  faire ,  c’est  l’histoire  de  la  vie  physique 
de  l’homme.  Tel  est  le  sommaire  des  propositions  émises 
dans  .ce  premier  chapitre.  Nous  ne  saurions  trop  louer 
M,  Broussais  de  l’intention  qu’il  manifeste  dMtudicr  les 
organes  en  rapport  avec  leurs  modificateurs.  C’est  non- 
seulement  ,  comme  il  le  dit ,  le  moyen  de  créer  une  phy¬ 
siologie  médicale  ,  de  découvrir  lé  passage  dé  l’état  physio¬ 
logique  h  l’état  pathologique;  mais  c’est  encore, au  moins 
suivant  mon  opinion  ,  le  seul  moyen  d’eXposer,  convena¬ 
blement  les  matériaux  de  l’hygiène  ,  car  il  me  semble 
plus  impossible  encore  d’isoler  cette  science  de  la  physio¬ 
logie  ,  que  cette  dernière  de  la  pathologie.  Yoici  mainte¬ 
nant  les  remarques  que  nous  avons  faites  sur  ce  chapitre  : 
i*”  ce  n’est  point  ,  comme  le  dit  M.  Broussais  ,  lois 
qui  le  régissent ,  mais  bien  aux  organes  qui  le  compo¬ 
sent,  que  l’homme  soumet  les  matières  qui  doivent  servir  à 
son  existence.  2.°  La  physiologie  comparée  nous  apprend, 
quoi  qu’en  dise  M.  Broussais  et  les  métaphysiciens,  que 
l’homme  n’est  pas  le  seul  des  animaux  qui  soit  susceptible 
de  réflexion  ,  mais  qu’il  partage  cette  faculté  avec  ceux  qui 
sont  les  plus  élevés  dans  l’échelle,  et  qui  conséquemment 
approchent  le  plus  de  lui  par  leur  organisation  cérébrale. 
5.“  enfin  ,  je  ne  sais  pourquoi  M.  Broussais  avance  que 
ce  n’est  point  une  histoire  des  fonctions  considérées 
d’une  manière  abstraite  y  qu’il  se  propose  de  faire, 
mais  que  c’ést  l’histoire  de  la  vie  phj'sique  de  l’homme. 
M.  Broussais  ne  peut  ignorer  que  l’histoire  des  fonctions 


E  X  T  B  A  J  T  s 


78 

comprend  non  seulement  l’histoire  de  la  vie  physique  , 
mais  encore  l’histoire  de  la  vie  morale  de  l’homme  ,  et 
que  pour  iitre  bien  faite,  cette  histoire  des  fonctions  ne 
peut  et  ne  doit  pasêtrè  séparée  dé  celle  des  stimulons  pro¬ 
pres  des  organes ,  c’est  h-dire ,  des  agens  qui  les  font  entrer 
en  action. 

Chapitre  IL  —  Ce  chapitre  porte  pour  titre  :  Compo¬ 
sition  du  corps,  humain,  II  comprend  les  idées  de  l’auteur 
sur  la  distribution  de  la  matière  animale ,  pour  la  compo¬ 
sition  des  dilTérens  tissus.  M.  Broussais  divise  cette  ma¬ 
tière  animale  en  fixe  et  en  mobile.  Je  ne  sais  pourquoi 
l’auteur  a  substitué  ces  deux  adjectifs  aux  substantifs  so¬ 
lides  et  liquides ,  qui  rendaient  beaucoup  mieux  les  deux 
formes  principales  de  la  matière  animale.  Est-ce  qu’un 
muscle  ne  serait  plus  mobile  ?  Est-ce  qu’un  cartilage  ,  un 
os  ,  etc. ,  ne  sont  pas  des  solides  ?  Est-ce  que  le  sang  n’est 
pas  un  liquide  tant  qu’il  est  contenu  dans  le  corps  vivant? 
L’auteur  définit  ensuite  les  mots  organe  ,■  fonction,  ap¬ 
pareil  ,  etc.  La  matière  animale  mobile  est ,  comme  là  fixe, 
formée  de  gélatine,  d’ albumine  et  de  fibrine.  Toutes  les 
définitions  données  dans  ce  chapitre  ne  sont  pas  très- 
exactes.  Ainsi ,  une  fonction  est  tout  simplement  t  Fac¬ 
tion.  d’un  ou  de  plusieurs  organes;  et  l’auteur  la  définit  : 
«Le  but  commun  d’une  association  'd’organes  ,et  des 
actes  qui  en  dépendent;  »  Cette  définition  désigne  bien 
le  travail  de  tou  t  Un  appareil  ;  mais  comment  , appellera -t-on 
le  travaildé  chaque  organe  considéré  isolément  P’Aureste, 
sans  nous  arrêter  h  discuter  sur  les  mots ,  disons  que  la 
manière  dont  procède  M.  Broussais  est  jusqu’ici  très-mé¬ 
thodique’;  il  termine  ce  chapitre  en  rappelant  l’attention 
du  lecteur  sur  les  trois  formes  de  matière  animale,  qui , 
dit-il ,  sont  les  seules  auxquelles  la  nature  ait  attaché  ce 
que  les  physiologistes,  ont  appelé /es  proprt^tJs  vitales. 
Cette  assertion  pourrait  fournir  matière  à  discussion;  mais 
passons  aux  propriétés  vitales. 


ET  ANALTSES.  79 

ChapitTe  lU,  -^  l\  n’y  a  qu’ùne  propriété  vîï&lé ,  c’est 
la  contractilité,  sensibilité  n’est  adtnise  que  comme 
une  conséquence  de  ce  raisonnement  :  «  La  fibre  s’est 
contractée  parce  qu’urle  cause  l’y  a  déterminée.  »  La 
fibrine  est  la  forme  de  matière  atiimale  qui  possède  la 
contractilité  Afxns  le  degré  le  plus  éminent.  Cette  pro¬ 
priété  y  persiste  après  la  mort  comme  pendant  la  vie  et 
ne  peut-être  détruite  que  par  là  décomposition  spontanée 
ou  artificielle  do  cette  matière.  Les  mots  Contractilité  ani¬ 
male,  contractilité  organique  sensible  ,  n’expriment  pas 
Aies  propriétés  différentes.  Lagélatineest ,  après  la  fibrine, 
la  manière  animale  qui  manifeste  le  plus  de  contractilité. 
L’albumine  est  celle  des  formes  delà  matière  animale  or¬ 
ganisée  oùla  contractilité  se  manifeste  le  moins  ;  toutefois  , 
il  est.  encore  possible  de  l’y  démontrer  dans  bien  des  cas  ; 
la  masse  cérébrale,  soulevée  par  le  double  mouvement 
circulatoire  et  respiratoire ,  revient  sur  elle-même.  En 
outre  ,  le  contact  de  certaines  surfaces  est  adouci  par  une 
membrane  séreuse  ,  ce  qui  prouve  des  glissemeqs.  Or, 
tous  ces  mouvemens  ne  peuvent  être  expliqués  que  par 
une  nuance  de  contractilité  ,  particulière  à  l’albumine  or¬ 
ganisée.  La  sensibilité ,  en  vertu  de  laquelle  nous  perce¬ 
vons  la  douleur  et  le  plaisir,  n’est  point  une  propriété  vi¬ 
tale  parce  qu’elle  cesse  dans  le  sommeil ,  quoique  la  con¬ 
tractilité  continue  d’avoir  lieu  ,  et  qu’une' propriété  vitale 
ne  peut-être  amovible;  Si  la  sensibilité  mêmë  perçue  n’est 
pas  une  propriété,  il  n’y  aplus  d’autremanlère  do  la  con¬ 
cevoir  que  comme  üne  condition  qui  sS  manifoste  passa¬ 
gèrement  dans  la  matière  animale  organisée,  et  l’on  peut 
démontrer  que  cette  condition  est  elle-même  subordonnée 
aux  différons  états  de  la  contractilité.  La  sensibilité  doit 
donc  être  considérée  comme tra  des  résultats  de  l’exercice 
de  nos  fonctions ,  résultat  immatériel  et  incompréhensible 
qui  correspond  toujours  à  une  eialtaiion  de  la  contracti- 


EXTRAITS 


8o 

lité  ,  mais  qui  n’en  est  pas  inséparaLle  ;  comme  un,  état 
violent  de  notre  économie  qui  doit  nécessairement  éprou¬ 
ver  de  l’intermittence  et  dont  la  continuité  constitue  une 
véritable  maladie.  La  force  vitale  est  la  puissance  qui  pré¬ 
side  à  la  formation  ,  au  développement  etàla  conservation 
de  l’individu  :  résiderait-elle  dans  la  contractilité,  proprié¬ 
té  vitale  unique  ?  Cette  puissance  opère  l’assimilation  des 
substances  nutritives  ;  elle  en  tire  de  la  gélatine ,  de  l’al¬ 
bumine,  de  la  fibrine;  elle  donne  à  ces  formes  delà  ma¬ 
tière  animale ,  la  propriété  contractile  ;  elle  règle  la  forme  , 
la  consistance  ,  le  volume ,  la  durée  de  nos  organes  ;  elle 
les  rétablit  dans  les  conditions  nécessaires  à  l’état  de  vie  et 
de  santé ,  lorsqu’ils  en  ont  été  écartés  par  une  cause  mor¬ 
bifique.  La  contractilité  ne  saurait  donc  jamais  être  consi¬ 
dérée  que  comme  un  des  ouvrages  de  la  force  vitale , 
comme  un  moyen  qu’elle  emploie  pour  exécuter  les  mou- 
vemens  qui  doivent  concourir  à  l’entretien  des  fonctions. 

La  force  ou  puissance  vitale  préexiste  donc  nécessaire  ¬ 
ment  aux  propriétés  ,  ou  pour  mieux  dire  ,  îi  la  propriété 
fondaméntale  des  tissus  ;  elle  commence  par  la  créer;  en¬ 
suite  elle  s’en  sert  comme  d’instrument  pour  se  procurer 
les  matériaux  avec  lesquels  elle  travaille  continuellement 
à  la  composition  du  corps  vivant.  Cette  force  vitale ,  cause 
première,  inconnue  dans  son  essence,  se  fait  connaître 
par  la  chimie  vivante.  Celle-ci  est  le  premier  instrument  de 
la  force  vitale  :  cet  instrument  est  invisible  ,  Immatériel. 
C’est  par  là  que  la  force  vitale ,  en  agissant  sur  la  matière  , 
produit  des  instrumens  secondaires  purement  matériels , 
perceptibles  à  nos  sens.  • 

Les  lois  vitales  consistent  dans  un  certain  nombre  de 
phénomènes  généraux ,  communs  à  tous  les  tissus  et  qui 
s’observent  chez  les  animaux  avec  tant  de  constance  et  de 
rég^ularité ,  que  nous  sommes  portés  à  les  considérer  comme 
des  lois  inséparables. de  l’état  de  vie;  ce  sont,  en  quelque 


ET  ■A'NAtYSES.  8l 

sorte  J  des  fonctions -générales  ondes  la'its  qui  font  partie 
de  la  grande  fonction  ,  qui  est  la  vie;  voici  les  plus  frap¬ 
pons  r  .1.”  la  conttaclilité  est  déviée  -  et  elle  l’est  par 
chaque  modificateur,  d’une  façon  particulière  ;  2.°  lors¬ 
que  la  contractilité  augmente  dans  un  point  de  la' niatière 
organique  fixe ,  la  matière  organique  mobile  est  attirée 
vers  ce  point;  5.°  lorsque  ce  dernier  phénomène  a  lieu, 
il  survient  une  augmentation  de  densité  ;  de  là  les  érec¬ 
tions  vitales  .  L’irritation,  la  sur-irritation  ou.  sur-exci¬ 
tation  :  4'°  dans  toute  érection  vitale^,  il  y  a  augmentation 
des  phénomènes  de  la  chimie  vivante;  5.“  les  érections 
vitales  se  dissipent  après  une  durée  plus  ou  moins  courte  ; 
6."  les  érections  vitales  développées  dans  un  point  quel¬ 
conque  de  l’organisme  ne  peuvent  pas  s’élever  à  un  cer¬ 
tain  degré  sans  être  transmises  à  d’autres  points;  7.»  ces 
transmissions  ont  lieu  par  l’intermédiaire  des  tissus  ner¬ 
veux;  8.°  l’irritation  transmise  est  de  même  nature  qu& 
l’irritation  primitive;  elle  est  toujours  le  résultat  de  l’ac¬ 
tion  d’un  agent  qui  a  exagéré  les  phénomènes  vitaux; 
9.°  les  agens  qui  développent  les  phénomènes  de  vitalité 
dans  nos  tissus  peuvent  se  partâger  en  deux  séries  :  les 
premiers  exaltent  directement  ces  phénomènes  ;  les  seconds 
commencent  par  les  diminuer ,  après  quoi  on  les  voit  re¬ 
paraître  avec  plus  d’intensité  qu’ils  n’en  manifestaient 
avant  leur  diminution;  delà  la -rduction.  vitale;  10.°  le 
calorique  est  le  principal  agent  de  la  vitalité;  après 
lui  ce  sont  les  agens  destinés  à  l’entretien  des  fonctions  et 
ceux,  surtout,  qui  servent  à  la  nutrition  de  l’animal; 
12,'’  les  causes  de  la  diminution  des  phénomènes  de  vita¬ 
lité  sont  positives  ou  négatives;  à  leur  tête  se  trouve  le 
froid;  i5,°  les  autres  causes  sont  les  soustractions  des  ma¬ 
tériaux  alibiles  avec  celle,  des  fluides  et  celle  de  tous  les 
agens  qui  sont  nécessaires  à  l’exercice  des  fonctions  ;  pt 
l’on  observera  constamment  que  la  puissance  qui  dirige  la 


82  EXThAITS 

vie,  réagit  aussi  contre  la  modification  débilitante  qui  ré¬ 
sulte  de  leur  absence.  Toulefois ,  cette  réaction  est  moins 
considérable  que  celle  qui  résiste  au  A'oid ,  bien  qu’elle 
soit  exactement  de  même  nature ,  puisqu’elle  se  réduit 
toujours  à  une  exaltation  des  phénomènes  vitaux  ; 
14.“  lorsque  la  réaction  de  la  puissance  vitale,  contre  les 
causes  débililautes  ne  peut  parvenir  à  rétablifja.  vigueur 
dans  le  lieu  affaibli ,  elle  se  dirige  sur  d’autres  points  et 
y  produit  une  sur^exçilation  malgré  la  diminution  générale 
de  la, somme  de  force  et  de. vitalité;  i5.°,les  agens  positifs 
de  la  diminution  des  phénomènes  do. la  vie  sont  désignés 
par  une  secte  de  médecins  sous  le  titre  de  contro-stimu-, 
lans;  ils  sont  moins  nombreux  que  ces  médecins,  ne  le 
pensent  ;  Brown  pensait  qu’ils  ne  pouvaient  agir  que  par 
un  mode  d’excitation  qui  répugne  aux  lois  de  la  yie  :son 
opinion  mérite  d’être  sérieusement  discutée;  16  “  les  lois, 
physiques  sont  modifiées;  dans  l’éconornie  vivante  ,  par  les 
lois  vitales.  L’attraction  tend  à  appliquer  la  masse,  du 
corps  vivant  à  la  surface  de  la  terre;  la  contraction  mus¬ 
culaire  annulle  une  partie  de  ses  efforts  ;  1 7.°  ce  qui  . s’ob¬ 
serve  pour  la  masse  entière  du  corps  peut  encore  être  re¬ 
marqué  dans  chacune  de  ses  parties  ,  considérées  dans 
leurs  rapports. entre  elles;  18.°  l’attraction  tend  constam¬ 
ment  h  attirer  les  fluides  dans  la  région  la  plus  déclive  du 
corps  vivant;  mais  la  contractilité  du  cœur  et  des  vais¬ 
seaux  qui  résiste  à  cette  force  ,  leur  trace  dans  l’intérieur 
de  ces  organes  une  route  qu’ils  sont  obligés  de  suivre:; 
19.°  l’atmosphère,  à  raison  de  sa  pesanteur  ,  tend  conti¬ 
nuellement  à  seconder  les  efforts  do  l’attraction  ^Jar  la 
pression  qu’elle  exerce  sur  le  corjis  vivant;  20,°  les  puis¬ 
sances  impondérables  que  l’on  désigne  soifi  les  noms  d’é¬ 
lectricité,  de  galvanisme  ;  et  qui  ne  sont  peut-être  que 
des  modifications  de  l’attraction  générale,  ont  sur  le 
corps  vivant  des  influences  qui  sont  modifiées  par  la  puis- 


ET  ANALYSES.  83 

sance  de  la  vie  j  ce  qui  nous  donne  lieu  d’observer  de  nou¬ 
velles  lois  vitales.  L’électricité  et  le  galvanisme  manifestent 
sur  le  corps  ■  animal  des  effets  excitans  que  l’on  observe 
primitivement  dans  le  système  nerveux,  et  secondaire-., 
ment  dans  les  tissus  oii  les  nerfs  vont  se  terminer.  Ces 
puissances ,  en  effet ,  parcourent  les  nerfs  èt  vont  déter¬ 
miner  un  surcroît  de  contractilité  dans  la  fibrine  de  l’ap¬ 
pareil  musculaire  et  dans  la  gélatine  de  l’appareil  vascu¬ 
laire.  Elles  produisent  des  contractions  musculaires  et  des 
érections  vitales  auxquelles  la  volonté  ne  saurait  mettre 
aucun  obstacle.  Appliquée  à  petite  dose,  l’électricité  aug¬ 
mente  les  fonctions  ;  21.°  appliquée  plus  énergiquement, 
et  d’une  manière  subite ,  l’électricité ,  comme  le  galva¬ 
nisme  ,  trouble  les  fonctions  en  exagérant  les  phénomènes, 
produits  par  la  conttactilité;  22.°  répétée  souvent,  la  se¬ 
cousse  produite  par  l’électricité  et  le  galvanisme  épuise 
la  contractilité. 

Ici  se  terminent  le  troisième  chapitre  de  l’ouvrage  dq 
M.  Broussais  et  en  même- temps  les  généralités  de  la 
physiologie  pathologique.  Notre  prochain  article  sera  con¬ 
sacré  à  l’examen  de  l’histoire  des  fonctions  de  rapports. 
Revenons  maintenant  sur  ce  troisième  chapitre.  J’aiqiré^ 
senté ,  sans  les  altérer,  les  idées  qu’il  renferme ,  dans  le 
mojus  d’espace  qu’il  m’a  été  possible  j  cependant  partout 
j’ai  cru  devoir  me  servir  des  propres  expressions  de  l’au-. 
leur  ou  plutôt  le  laisser,  pour  ainsi  dire  ,  parler  lui-même, 
persuadé  que  je  suis  que  le  lecteurne  peut  me  savoir  mau  ; 
vais  gré  d’une  fidélité  minutieuse  qui,  sans  donner  plus 
de  longueur  à  l’analysé ,  le  met  à  même  de  prononcer 
au  premier  coup  d’œil,  et  par  lui-même,  tant  sur  le  fon4 
que  sur  la  forme  de  l’ouvrage en  même-temps  qu’elle 
lui  permet  de  juger  sûrement  la  valeur  des  réflexions 
auxquelles  il  a  donné. lieu.  On  trouve ^  dans  ce  chapitre, 
beaucoup  de  vues  lumineuses;  mais  il  est  souvent  ah- 


EX T  B AI TS 


strait,  quelquefois  même  obscur.  Si  Tauteur  se  croit 
fondé  à  n’admellre,  comme  propriété  vitalç,  que  la  con- 
tvactUité,  pourquoi  ne  pas  faire  une  fonction  Ae  la  sen¬ 
sibilité.  L’amovibilité  de  cette  faculté  empêche  M. 
Broussais  d’en  faire  une  propriété  vitale.  Elle  cesse  ,  dit-il , 
pendant  le  sommeil  .  tandis  que  la  contractilité  persiste. 
Eh  bien  I  soit  :  mais  la  sensibilité  est  dépendante  du  cer¬ 
veau  ,  les  diverses  fonctions  de  cet  organe  ne  cessent  pas 
moins  que  celle-ci ,  pendant  le  sommeil  ;  faisons  donc  de 
cette  faculté  une  fonction  cérébrale ,  et  non  un  résultat 
immatériel  el  incompréhensible  de  l’exercice  de  nos 
fonctions,  et  encore  moins  un  état  violent  de  noire  éco¬ 
nomie  qui  doit  éprouver  de  l’intermittence  ,  etc.  Il  est 
évident  que  la  première  cause  de  la  confusion  et  de  l’incer¬ 
titude  qui  régnent  dans  cet  article ,  relativement  à  la  sen¬ 
sibilité  ,  est  due  à.  un  vice  de  langage.  L’espèce  de  sensi¬ 
bilité  à  laquelle  M.  Broussais  enlève  le  titre  de  propriété 
vitale  ,  ne  doit  pas  porter  le  nom  de  sensibilité.  C’est 
pourquoi ,  pour  éviter  la  confusion  ,  M.  Chaussier  avait 
ajouté  à  ce  mot  l’épithète  staminale  (de  stamen ;  trame , 
tissu)  ;  mais  continuons.  Brown  n’admit,  dans  les  corps 
organisés  ,  qu’une  propriété  unique  r  cette  idée  n’était 
pas  moins  grande  que  sa  division  des  maladies  dont  il  tira  , 
malheureusement  pour  l’humanité,  de  si  fâcheuses  con¬ 
séquences.  Le  trop  célèbre  écossais  donna ,  à  la  propriété 
dont  il  s’agit,  le  nom  A’ excitabilité.  C’est  cette  propriété 
en  vertu  de  laquelle  un  corps  organisé  répond  au  stimulus 
avec  lequel  on  le  met  en  contact  ;  c’est  V irritabilité  de 
la  plupart  de  nos  physiologistes  ;  c’est ,  enfin ,  à  cette  pro¬ 
priété  variable  suivant  les  tissus ,  ainsi  que  l’a  démontré 
Rolando  dans  un  ouvrage  récemment  traduit  par  MM.  Bois¬ 
seau  et  Jourdan ,  que  M.  Broussais  donne  le  nom  de  con¬ 
tractilité.  Maintenant,  que  M.  Broussais  admette  ou, re¬ 
jette  l’existencé  d’un  autre  propriété  spéciale  en  vertu  de 


ET  ANAI,V8ES. 


85 

laquelle  les  tissus  sentent  la  présence  du  stimnlus  sur,  le¬ 
quel  ils  réagissent ,  peu  nous  importe.  Nous  comprendrons 
parfaitement  ce  double  phénomène  sous  Tunique  nom 
ài’ excitabilité ,  de  contractilité  ou  irritabilité ,  et  nous 
passerons  volontiers  condamnation  sur  le  rejet  de  la  pré¬ 
tendue  sensibilité  de  tissu  ou  organique ,  comme  on  vou¬ 
dra  l’appeler.  Mais  la  véritable  sensibilité,  l’action  des 
nerfs  et  du  cerveau  ,  celte  faculté  en  vertu  de  laquelle  cet 
organe ,  ou /e  ,  pour  me  servir  de  l’expression  à  la 
mode,  perçoit,  ressent  les  impressions  faites  sur  les  ex¬ 
trémités  des  nerfs;  pour  cette  faculté  là,  ilnepeut  en  être 
de  même.  A  l’aide  de  quelques  sophismes  on  peut  en 
nier  l’existence,  peut-être  aussi  facilement  que  les  disci¬ 
ples  de  Pyrrhon  mettaient  la  leur  en  doute  ;  mais  la  dou¬ 
leur  sera  toujours  là  pour  attester  leconlraîre,  et  plus  d’un 
fait  pourra  prouver  également  que,  dans  Tétat  normal,  la 
sensibilité  n’est  point  un  état  violent ,  plus  que  la  digestion 
qui  n’est  pas  plus  co«ïm«6  qu’elle.  Maintenant,  que  la  sen¬ 
sibilité  soit  mise  en  jeu  par  la  contractilité ,  comme  le 
prouve,  à  la  page  23 ,  M.  Broussais,  cela  peut  être;  mais 
l’idée  n’est  pas  neuve;  Taùteur  ne  fait  que  substituer  au 
mot  mouvement  le  mot  contractilité.  Les  philosophes 
de  tous  les  temps  ,  et  Cabanis  dans  ces  temps  modernes  , 
ont  avoué  ne  pouvoir  concevoir  une  sensation  sans  un 
mouvement  au  moins  moléculaire  dans  l’agent  de  trans¬ 
mission  (le  nerf)  et  dans  l’organe  de  perception  (le  cer¬ 
veau).  Or,  la  contractilité,  invoquée  par  M.  Broussais 
pour  expliquer  la  sensation  perçue  dans  un  doigt  malade , 
n’est  autre  que  le  mouvement  admis  par  certains  philo,- 
sophes  pour  expliquer  la  .transmission  des  impressions,  au 
cerveau.  Au  reste  ,  de  peur  d’avoir  mal  compris  Tidée  de 
M.  Broussais ,  je  vais  transcrire  le  passage  :  «  Si  la  sensi¬ 
bilité,  même  perçue  ,  n’est  pas  de  cette  nature  (n’est pas 
nne  propriété  vitale) ,  il  n’y  a  plus- d’autre -roanièro  do  la 


86 


EXTRA] 


concevoir  que  comme  une  condition  qui  se  manifeste  pas¬ 
sagèrement  dans  la  matière  animale  organisée,  et  l’on 
peut  démontrer  que  cette  condition  est  elle-même  subor¬ 
donnée  aux  différens  états  de  la  contractilité.  En  effet , 
la  contractilité  organique  vient  d’être  exaltée  dans  le 
doigt  dont  nous  avons  supposé  la  piqûre.  Si  le  cerveau 
est  dans  les  conditions  de  la  veille  et  de  la  santé ,  les  nerfs 
intermédiaires,  entre  la  plaie  et  ce  viscère ,  excitent  en 
lui  une  autre  augmentation  de  contractilité  analogue  à 
Celle  du  doigt  blessé  ,  et  la  douleur  est  perçue.  Ce  n’est 
pas  trop  de  dire  que  le  cerveau  reçoit  un  surcroît  d’action 
organique  ou  de  contractilité  :  l’uxpérience  le  prouve; 
Car  ,  si  la  douleur  est  vive ,  le  sang  s’accumule  dans  ce 
viscère  à  tel  point,  que  la  face  participé  à  sa  conges-' 
(ion,  etc. 

Malgré  quelques  taches ,  on  trouve  dans  ce  chapitre  des 
propositions  d’une  grande  vérité ,  une  interprétation  ingé¬ 
nieuse  de  plusieurs  faits ,  tels  que  celui  des  convulsions  qui 
suivent  l’émission  sanguine  ,  dans  l’animal  que  l’on  faitpé- 
fir  d’hémorrhagie  ;  mais  on  j  rencontre  aussi  quelques 
propositions  que  l’analogie  peut  nous  faire  croire  vraies , 
mais  qu’il  serait  impossible  de  croire  telles ,  seulement 
d’après  les  -faibles  preuves  données  par  M.  Broussais.  Je 
puis  citer  au  nombre  de  ces  assertions  non  assez  prouvées , 
tout  ce  que  dit  l’auteur  sur  la  contractilité  de  la  masse 
cérébrale.  Il  me  reste  encore  à  relever  dans  ce  chapitre 
un  vice  que  j’étais  loin  de  m’attendre  à  rencontrer  dans  les 
ouvrages  de  M.  Broussais.  Je  veux  parler  d’un  langage 
ontologique  qu’on  passerait  tout  au  plus  aux  fauteurs  de 
là  doctrine  des  fièvres  essentielles.  Qu’est-ce  que  c’est 
qu’une  force  vitale  qui  préside  à  la  formation ,  au  d^e- 
loppement  et  à  la  conservation  de  l’individu  (jui 

réside  dans  la  contractilité . .  mais  qui  n’est  pas 

elle; . qui  opère  l’assimilation  des  substances  nutri- 


ET  ANALYSES. 


87 

tiées ,  qui  en  tire  de  la  gélatine,  de  l’albumine,  de  la 
fibrine;  qui  donne,  à  ces  foimies  de  la  matière  animale , 

la  propriété  contractile; . qui  est  seule  capable  de 

créer  la  matière  animale  (elle  y  préexiste  donc 
qui  crée  la  contractilité  (mais  tout-à-l’heure  elle  résidait 
dedans)  qui  se  fait  connaître  par  la  chimie  vi¬ 

vante  ;  qui  en  est  le  prernier  instrument  :  l’instrument 
iNvisiiiLE  !  iMMATiniEL  !  !  !  par  lequel  la  force  vitale,  en 
agissant  sur  la  matière,  produit  des  instrumens  secon¬ 
daires  ,  etc.  »  Analysons  un  peu  tout  cecî  :  La  force  vitale ,  ' 
être  immatériel ,  sesert  de  la  chimie  vivante  ,  instrument 
encore  immatériel,  pour  produire  des  instrumens  maté¬ 
riels  !  Il  est  temps  enfin  que  ces  derniers  se  présentent , 
car  les  réactions  d’êtres  imniatériels  les  nns  sur  les  autres 
pourraient  avoir  lieu  long- temps,  avant  que  ceux-ci  pus¬ 
sent  fournir  un  produit  positif.  Jusqu’alors  les  partisans  les 
plus  enthousiastes  de  Vanlielmbnt’et  de  Sthall  s’étaient 
contentés  d’un  archée  ou  d’un  autre  principe  de  même 
couleur  .  pour  entretenir  le  jeu  de  la  machine  animale  ma¬ 
térielle  (c’était  déjà  bien  assez).  M.  Broussais  renchérit 
sur  eux  :  il  lui  en  faut  deux;  encore  si  la  chimie  vivante  , 
instrument  invisible  de  l’immatérielle  force  vitale ,  était 
tant  soit  peu  matérielle  ,  elle  pourrait  facililer7«  soudurè 
des  deux  substances;  mais  non  :  la  chimie  vivante  est  un 
instrument  non  seulement  invisible  ,  mais  encore  immaté¬ 
riel',  qui  sert  à  la  force  vitale  immatérielle  pour  créer  des 
«■corps  matériels.  Terminons  ici  ces  citations  que  nous  n’a 
vons  faites  que  pour  conseiller  à  M.  Broussais  de  ne  point 
se  servir  d' instrumens  invisibles  ét  non  responsables ,  pour 
rédiger  sa  physiologie  ;  mais  de  n’y  employer  que  son  cer¬ 
veau  ,  sauf  à  nous  faire  attendre  plus  long-temps  chaque 
numéro  des  Annales  ;  et  disons  que  nous  ne  nous  fussions 
pas  permis  ces  privautés  si  nous  eussions  pu  croire  que 
notre  maître  seul  eût  mis  la  main  h  cet  article.  Maintenant 


EXTRAITS  • 


résumons-nous  :  assemblage  hétérogène  des  opinions  dé¬ 
figurées  de  Brown,  de  Stfaal,  de  Barthez  ,  de  Bordeu.de 
Bichat ,  de  Reil  et  de  Rolando  ,  la  première  partie  de  ce 
chapitre ,  inintelligible  pour  beaucoup  de  lecteurs ,  por-  ; 
terait  de  cruelles  atteinles  à  la  réputation  si  justement  ac¬ 
quise  de  M.  Broussais,  si  dans  la  seconde  moitié  ,  presque 
pathologique ,  et  basée  sur  des  faits ,  l’on  ne  voyait  promp¬ 
tement  reparaître  le  génie  de  l’observateur ,  un  instant  ca¬ 
ché  sous  un  nuage  d’abstractions. 

Cn.  Londe. 


L’Art  du  Bojaudtcr par  A  G.  Labarraque  ,  ;9/iar- 
macien  du  Roî  ,  etc. 

M.  Labarraque  vient  de  publier  ,  sous  ce  titré  ,  un  mé¬ 
moire  couronné' par  la  Société  d’encouragement.  Parmi 
les  objets  qu’il  renferme  ,  il  en  est  qui  intéressent  à  la  fois 
l’anatomie ,  la  médecine  légale  et  l’hygiène  publique  ;  nous 
croyons  donc  utile  de  les  faire  connaître  à  nos  lecteurs. 
Pénétrée  des  dangers  que  pourraient  courir  les  ouvriers 
chargés  de  préparer  iQs  bojàuai  souflés ,  en  employant  des 
intestins  souvent  infects  ,  la  Société  proposa  pour  sujet  de 
prix  de  l’année  1822  ,  là  question  suivante  :  Trouver  un 
procédé  chimique  ou  mécanique  pour  enlever  la  mem-^ 
brane  muqueuse  des  intestins  traités  dans  les  boyaude- 
ries,  sans  employer  la  macération,  et  en  s’opposant  à  la 
putréfaction  ;  décrire  la  manière  de  préparer  les  boyauec 
par  insufflation.  Après  avoir  inutilement  essayé  plusieurs 
réactifs  ,  tels  queles  acides  sulfuriqUe  ,  nitrique  et  hydro- 
chlorique  ,  la  potasse  ,  la  soude ,  les  sels  carbonatés  de 
ces  bases  ,  le  chlore,  le  vinaigre  ,  l’alun  ,  la  saumure  et 
le  charbon  en  poudre  ,  M.  Labarraque  imagina  de  faire 


ET  ANALYSES.  89 

usage  des  chlorures  alcalins  de  potasse  ,  de  chaux  et  de 
soude,  et  il  ne  tarda  pas  à  s’apercevoir  que  ce  dernier 
jouissait  à  un  très-haut  degré  des  propriétés  requises  , 
comme  on  peut  s’en  assurer  par  l’expérieiice  suivante  (1)  : 

Lorsqu’on  met  cent  ■  boyaux  de  bœuf  fétides  dans  un  , 
mélange  de  six  seaux  d’eau  et  de  trois  livres  de  chlorure 
de  soude  ,  marquant  16  degrés  et  décolorant  18  parties 
de  sulfate  d’indigo  ,  l’odeur  est  détruite  instantanément , 
et  au  bout  de  quelques  heures  le  boyau  peut  être  travaillé  ; 
la  membrane  muqueuse  se  détache  très-facilement ,  les 
boyaux  sont  superbes  et  le  deviennent  davantage  après  les 
autres  opérations.  En  établissant  le  prix  de  ce  chlorure  à 
vingt  centimes  le  kilogramme ,  les  frais  pour  cent  boyaux 
de  bœuf  s’élèveront  à  trente  centimes,  ou  à  quarante,  si 
l’on  croit  devoir  employer  quatre  livres  de  chlorure,  ce 
qui  est  le  maximum.  Le  chlorure  de  potasse  (eau  de  javelle) 
agit  de  la  même  manière  ;  mais  il  est  plus  coûteux.  Le 
chlorure  de  chaux ,  qui  est  le  moins  dispendieux ,  détruit 
sur  le  champ  l’odeur  putride;  mais  il  Crispe  la  membrane 
muqueuse  au  lieu  de  la  détacher  et  la  fixer  sur  l’intestin. 

Ce  dernier  chlorure  pourra  être  d’une  grande  utilité 
dans  nos  amphithéâtres,  soit  pour  conserver  les  cadavres, 
soit  pour  laver  le  sol ,  les  tables ,  etc.  M.  Labarraque 
propose  de  l’employer  journellement,  surtout  en  été, 
pour  laverla  Morgue; il  suffira,  pour  remplir  ce  but,  de 
le  mêler  avec  cent  cinquante  ou  deux  cents  fois  son  poids 
d’eau  de  rivière ,  ce  qui  sera  l’objet  d’une  légère  dépense. 
On  s’en  servira  avec  grand  atantage  dans  les  câs  d’éxhu- 
ination  *  lorsque  des  recherches  médico-légales  sont  or¬ 
données  sur  des  cadavres  inhumés  depuis  plusieurs  semai - 


(i)  Le  lecteur  ne  confondra  point  le  chlorure  de  chaus  avec  le  chio-  . 
rure  de  calcium  (  muriate  de  chaux  )  ,  employé  depuis  quelque  temps 
par  le  docteur  Brelouucau ,  pour  couserver  des  pièces  anatomiques ,  etc. 


go  EXTRAITS 

nés  et  putréfiés  ;  il  faudra  alors,  pour  faire  disparaître 
complètement  l’odeur  et  raffermir  les  chairs,  laisser  ma¬ 
cérer  le  cadavre  pendant  quelques  minutes  dans  une 
très-grande  baignoire  ou  cuvier  d’eau  ,  contenant  deux 
ou  trois  livres  dë  ce  chlorure  ;  la  proportion  serait  un  peu 
plus  forte  „  si  la  putréfaction  était  très-avancée.  Il  est 
inutile  d’insister  sur  les  avantages  que  pourront  retirer 
de  ce  moyen  ,  les  fabricans  de  colle ,  les  tanneurs  et  en 
général  tous  les  ouvriers  qui  manient  des  substances 
animales. 

On  obtient  le  chlorure  de  chaux  en  mettant  dans  l’eau 
de  la  chaux  éteinte  et  en  poudre  fine  ,  et  en  la  saturant 
de  chlore  gazeux;  il  ne  s’en  produirait  pas  un  atôme  si 
l’on  employait  de  la  chaux  vive  ou  du  marbre. 

Nous  nous  abstenons  à  dessein  de  parler  de  la  partie  du 
Mémoire  relative  à  la  fabrication  des  différentes  espèces 
de  cordes  à  boyaux,  et  surtout  des  cordes  destinées  aux 
instrumens  de  musique ,  parce  qu’elle  ne  présente  aucune 
application  utile  à  la  médecine.  Orfila. 


Analyse  des  Transactions  Philosophiques  des  la  Société 
royale  de  Londres ,  pour  l’année  1821. 

Sur  la  couleur  noire  du  réseau  muqueux  de  la  peau 
des  nègi'es ,  considérée  comme  servant  à  la  présener  de 
l’action  trop  vive  des  rayons  solaires  ;  par  sir  Everard 
Home.  (Lu  le  9  novembre  1820.  )  — Depuis  long¬ 
temps  les  physiologistes  ont  inutilement  cherché  quel 
pouvait  être  l’usage  de  la  couleur  noire  du  réseau  muqueux 
delà  peau  des  nègres.  Ce  fut  aussi  l’objet  des  premiers  tra¬ 
vaux  de  l’auteur  de  ce  Mémoire;  mais,  après  jilusieurs  es¬ 
sais  infructueux  ,  il  abandonna  ce  sujet,  désespérant d’ob- 


ET  analyses.  91 

tenir  des  résultats  satisfaisans.  Soû  attention  fut  rappelée 
sur-ce  point  par  Une- circonstance  fortuite  ,  il  y  a. environ 
deux  ans.  Il  entreprit  alors  une  série  d’iiexpériences ,  d’où 
il  résulte  : 

i.°  Qu’en  exposant,  pendant  un  certain  temps  ,  lé  dos 
de  sa  main  ou  son  bras  nu  aux 'rayons  solairès  ,  dont  la 
température ,  indiquée  par  un  thermomètre  placé  sur  ces 
parties,  était  de  84”,  96”  et  98“iFarein.  (28“,8;  52%2  et 
56?j  6  du  thermomètre  centigrade) ,  il  ressentit  une  vive 
douleur,. et  qu’il  se  forma  sur  la  peau  des  phlyctènes  , 
remplies  de  sérosité  coagulable  qui  devînt  vasculaire  sous 
ses  yeux  ;  ■ 

2;"  Que  dans  des  expériences  semblables ,  faites  sur  des 
nègres,  à  dés  températures  de  85”  et  100°  Far.  (29”,  4  et 
•57»,  7  centigr. )  ,  la  peau  n’éprouva  aucune  altération 
visible }  '  • 

3.”  Qu’en  soumettant  aux  rayons'  du  soleil  son  bras  ou 
le  dos  de  sa  main  recouverts  de  drap  noir  appliqué  exac¬ 
tement  sur  la  partie  ,  des  températures  de  90“^  94°  et  106” 
Far.  (32°, 2}  34°,4  et  4i‘’,i  ééntig.)  ,  ne  produisirent nj 
douleur ,  ni  aucun  elTet  visible  ; 

4-‘’  Qu’en  recouvrant  ces  parties  de  drap  blanc  ,  ou  de 
toile ,  il  s’y  manifesta  des  phlyctènes  à  une  température 
de  85°  Far.  (29”,  4  centig.)  ' 

De  ces  expériences  et  de  quelques  autres  que  nous 
croyons  inutile  de  rapporter  ici.  Fauteur  tire  la  conclu¬ 
sion  suivante  :  «  Il  est  évident  que  le  pouvoir  vésîcant  des 
«ràyohs  solairès  sur  la  peau  des  aninïaiix  est  détruit ,  lors- 
»  que  ces  rayons  tombent  sur  une  surface  noire,  quoique 
)>daiis  cë  cas  la  chaleur  absolue  soit  plus  grande,  eii raison 
J)  de  leur  absorption.  » 

D’après  ces  vues  ,  il  croit  pouvoir  expliquer  l’usage  de 
la  matière  noire  qui,  dans  l’œil,  recouvre  la  choroïde. 
«  Elle  n’est  pas  ,  dit-il ,  nécessaire  à  la  vision  ;  niais  elle 


9*  EXTRAITS 

ne  sert  qu'à  préserver  l’œil  de  l’action  nuisible  d’une  forte 
lumière.  »  On  sait  en  eflet  que  cette  matière  est  d’ün  noir 
plus  foncé  chez  les  habitans  des  Tropiques,  que  chez  les 
peuples  du  Nord  ;  qu’on  la  trouve  chez  les  singes  et  tous 
les  animaux  qui  ont  habituellement  les  yeux  dirigés  en  haut 
et  exposés  à  une  lumière  vive  ,  tels  que  divers  oiseaux  et 
les  poissons  qui  se  tiennent  à  la  surface  de  l’eau  s  qu’elle 
n’existe  pas  au  contraire  chez  le  hibou  ;  et  qu’enfin  chez 
Ions  les  animaux  ruminans  et  les  oiseaux  de  proie ,  elle  est 
remplacée  au  fond  de  l’œil  par  une  membrane  brillante  , 
nommée  tapis ,  etc.  - 

Enfin  l’auteur  ajoute  :  (t  J’ai  prouvé  que  les  rayons  so- 
•laires  perdaient  leur  pouvoir  rubéfiant  en  tombant  sur 
»une  surface  noire  ;  mais  je  suis  arrêté  h  ce  fait.  Sir  H.  Da- 
»vy ,  à  qui  j’ai  communiqué  ces  observations,  m’en  a  aus- 
»  sitôt  donné  cette  explication  :  chaleur  rayonnante 

T)  des  rayons  solaires  est  absorbée  par  la  surface  noire  e* 
^convertie  en  ckalèur  sensible. 

Cette  explication  ne  nous  paraît  nullement  satisfaisante  j , 
car  ,  on  ne  conçoit  pas  comment  l’absorption  des  rayons 
solaires  ,  et  leur  conversion  en  chaleur  sensible ,  peut  em¬ 
pêcher  leur  action  dans,  cette  circonstance  (i). 

Observations  microscopiques ,  i.'^sur  le  cerveau  et  les 
nerfs ,  prouvant  que  les  matériauae  qui  les  composent 
existent  dans  le  sang;  2.°  sur  la  découverte  de  valvules 
dans  les  branches  des  vaisseaux  courts  situées  entre 
tes  tuniques  muqueuse  et  musculaire  de  V estomac  ; 

sur  la  structure  dé  la  rate;  par  sir  Evehard  Home. 
(Lues  le  7  septembre  1820.)  — Les  Transactions  de 


(1)  Des  recherches  sur  l’actiou  propre  de  la  lumière  ,  que  mon  frère 
le  docteur  Edwards  se  propose  de  publier  indcssaiûwcnt ,  pourront 
servir  à  éclairer  ce  sujet.  (  H.  M.  E.  ) 


ET  Al^AtYSE! 


95 

la  Sociélé  royale  de  Londres  ,  pour  les  années  i8i8 ,  1819 
et  ,1820,  contiennent  plusieurs  Mémoires  de  sir  Everard 
Home ,  dans  lesquels  il  rend  compte  d’observations  mi¬ 
croscopiques  et  d’expériences  très-intéressantes ,  faites  par 
lui  et  M.  Bauer. 

,  Dans  le  premier  de  ces  Mémoires ,  l’auteur  s’occupe  spé¬ 
cialement  de  la  grandeur  des  globules  du  sang  et  de  l’ana¬ 
logie  qui  existe  entre  eux  et  la  fibre  musculaire.  Il  exa¬ 
mine  ensuite  le  développement  des  canaux  vasculaires  dans 
le  caillot  du  sang ,  et  il  prouve  que  le  gaz  acide  carbonique , 
contenu  dans  ce  liquide ,  et  qui  s’en  dégage  pendant  la 
coagulation  ,  est  la  cause  déterminante  de  leur  formation. 
Il  est  parvenu ,  au  moyen  d’un  procédé  très-ingénieux, 
à  injecter  ces  canaux ,  qui  auparavant  étaient  remplis  de 
gaz ,  et  à  mettre  ainsi  leur  existence  hors;  de  doute.  On 
voit  alors  qu’ils  s’anastomosent  fréquemment  entre  eux , 
et  forment  un  lacis  qui  pénètre  dans  toutes  les  parties 
du  coagulum.  11  suffit  donc,  pour  qu’un  caillot  formé  dans 
un  animal  vivant  devienne  vasculaire ,  que  du  sang  rouge 
pénètre  dans  les  conduits  dont  nous  venons  de  parler,  et  y 
remplace  l’acide  carbonique. 

L’examen  du  pus,  et  de  la  formation  des  granulations 
(bourgeons  charnus)  ,  est ,1e  sujet  du  second  Mémoire. 
Après  avoir  décrit  les  globules  incolores  que  M.  Bauer  a 
découverts  dans  le  sérum  du"  sang  et  établi  l’analogie  qu’ils 
présentent  avec  le  pus,  l’auteur  fait  voir  que ,  par  un  mé¬ 
canisme  semblable  à  celui  que  nous  avons  indiqué ,  en  par¬ 
lant  de  la  coagulation  du  sang ,  le  pus  se  transforme  en 
tubes  vasculaires  à  la  surface  d’une  ulcération ,  et  que  c’est 
ainsi'  que  sé  forment  les  cicatrices. 

Dans  le  troisième  Mémoire ,  l’auteur  décrit  le  coaguluin 
extrait  d’une  tumeur  anévrismale  et  la  couenne  inflamma¬ 
toire  du  sang.  Il  y  trouve  un  grand  nombre  de  globules 
semblables  à  ceux  qui  se  forment  dans  le  sérum.  Passant 


94  exteaits 

ensuite  à  l’examen  des  circonstances  qui  influent  sur  la 
proportion  d’acide  carbonique  contenu  dans  le  sang,  il 
est  conduit  h  l’étude  du  chyle  et  des  globules  qiii  le  com¬ 
posent. 

Nous  avons  cru  devoir  donner  cette  analyse  succincte 
de  ce  travail  de  sir  Everard  Home ,  pour  l’intelligence  des 
recherches  suivantes  qui  en* sont  la  continuation^ 

,  La  première  partie  de  ce  Mémoire  renferme  les  obser¬ 
vations  faites  par  l’auteur,  sur  les  nerfs  et  l’encéphale. 
Au  moyen  du  microscope ,  M.  Bauer  a  trouvé  que  le  nerf 
optique  est  formé  d’un  assemblage  de  fibres  réunies  en 
faisceaux,  et  composées,  en  grande  partie,  de  globules 
très-petits  dont  le  diamètre  varie  entre  ~~  de  pouce 
(  0,0907  mi'llim.  ) ,  et  (0,06349  millim.) ,  mêlés  à 
quelques  globules  de  (0,1269  millim.  ) ,  de  diamè¬ 
tre  ,  semblables  à  ceux  du  sang  ,  dépouillés  de  leur  enve¬ 
loppe  de  matière  colorante.  Ces  globules  sont  unis  par  une 
substance  gélatineuse  très-soluble  dans  l’eau,  et  parfaite  ¬ 
ment  transparente. 

La  rétine  ,  seule  expansion  nerveuse,  ën  forme  de  mem¬ 
brane,  qui  existe  dans  l’économie  ahimàle  ,  est  transpa¬ 
rente  pendant  la  vie ,  et  ne  devient  visible  que'  par  la  coa¬ 
gulation  qui  s’y  Opère  après  la  mort  Elle  n’est  autre  chose 
que  la  continüatioh  des  faisceaux  qui  constituent  le  nerf 
optique  ,  lesquels  sè  séparent  en  rayonnant  de  l’extrémité 
de  ce  nerf  et  disparaissent  peu-è-peu  vers  la  circonférence 
de  la  rétine  ,  oh  ils  se  terminent  en  une  membrane  unie. 
Des  artères  et  des  veinés ,  parleurs  anastomoses  fréquentes, 
forment  un  réseau  vasculaire  dans  toutes  les  parties  de 
celte  membrane. 

En  observant  au  microscope  la  substance  cérébrale,  on 
y  trouvé ,  comme  dans  les  nerfs  ,  des  globules  blancs  , 
demi  transparens  ,  dont  le  diamètre  le  plus  ordinaire  est 
de  de  pouce;  mais  qui  varie  entre  75V7  Trrr-  L® 


ET  ANALYSES.  g5 

substance  gélatineuse  soluble  dans  l’eau  ,  dont  nous  ayons 
déjà  signalé  l’existence ,  unit  ces  corpuscules  un  à  un 
pour,  en  former  des  fibres  ,  et  ces  fibres  entre  elles  ,  pour 
en  composer  des  faisceaux.  Un  liquide  presque  incolore , 
ou  semblable  au  sérum  du  sang,  se  rencontre  ,  en  propor- 
fions  variables  ,  dans  toutes  les  parties  delà  substance  cé¬ 
rébrale.  Une  quantité  innombrable  de  vaisseaux  sanguins 
la  traverse  de  toutes  parts.  Le  calibre  de  ces  vaisseaux  est 
assez  considérable  au  centre  du  cerveau  ;  mais ,  vers  la 
circonférence ,  ils  sont  d’une  ténuité  extrême  :  on  en  trouve 
cependant  qui  contiennent  un  liquide  rouge  ,  quoique  leur 
diamètre  ne  soit  pas  égal  à  la  moitié  de  celui  d’un  globule 
sanguin  entouré  de  son  enveloppe  colorée.  Les  artères , 
dans  cet  organe  ,  ne  s’anastomosent  pas  entre  elles  comme 
celles  de  la  rétine  ;  leurs  branches  sont  toujours  accompa¬ 
gnées  de  veines  dont  le  calibre  est  encore  moindre  que  ce¬ 
lui  que  nous  venons  d’indiquer.  Ces  veines  sont  pourvues, 
de  valvules  très- rapprochées  les  unes  des  autres ,  sur-tout 
à  leur  extrémité ,  et  contiennent  aussi  un  fluide  rouge, 
quand  le  cerveau  est  encore  frais, 

Les  principales  différences  que  présentent  les  diverses 
parties  du  cerveau ,  sous  le  rapport  de  leur  structure,  dé¬ 
pendent  en  partie  de  la  grandeur  des  globules  ;  mais  surtout 
des  proportions  relatives  de  substance  gélatineuse ,  de 
fluide  et  de  tissu  globulaire  qui  les  composent. 

La  substance  corticale ,  de  même  nature  dans  le  cer¬ 
veau  et  le  cervelet ,  est  principalement  formée  de  globules 
du  diamètre  de  b  — 5  ma*®  le  nombre  des  plus  pe¬ 
tits  prédomine.  On  ,  n’y  distingue  qu’avec  peine  les  fibres 
formées  de  globules  simples.  La  matière  gélatineuse  et  le 
liquide  semblable  au  sérum  y  sont  très  abondans  ;  c’est 
dans .  cette  partie  du  cerveau  que  se  trouvent  les  branches 
artérielles  et  veineuses  les  plus  ténues. 

La  substance  blanche  ou  médullaire  contient  des  fibres 


96  EXTRAITS 

plus  distinctes  et  plus  abondantes;  la  majeure  partie  des 
globules  qui  les  composent  sont  d’un  diamètre  plus  grand  ; 
la  substance  gélatineuse  est  plus  tenace  et  en  moindre 
proportion  que  dans  la  substance  grise  ;  enfin  ,  le  liquide 
séreux  est  incolore. 

Le  corps  calleux,  et  le  bulbe  rachidien  diffèrent  delà 
substance  blanche  que  nous  venons  d’examiner.  Les  glo 
bulesdu  diamètre  de  et y^sont  plus  abondons; 
la  substance  gélatineuse  et.  le  liquide  s’y  trouvent  en  plus 
grande  quantité  ,  et  la  première  est  moins  tenace. 

Ces  différences  d’organisation  entre  les  substances  cor¬ 
ticale  et  médullaire  paraissent  d’une  grande  importance 
h  l’auteurde  ce  mémoire,  te  Elles  jettent:,  dit-il ,  un  grand 
B  jour  sur  les  fonctions  du  cerveau  j  et  montrent  que  la 
»  substance  grise  en  est  une  des  parties  les  plus  importantes; 
»  quoique  le  pont  de  varole  soit  ,  peut-être  ,  plus  essentiel 
»  encore  à  la  vie ,  en  établissant  une  communication  entre 
»  toutes  les  parties  de  cet  organe  compliqué.  » 

Il  regarde  depuis  long-temps  la  substance  corticale  du 
cerveau  comme  le  siège  de  la  mémoire.  Voici  sur  quoi  il 
base  cette  opinion  :  une  pression  plus  ou  moins  forte  sur 
la  partie  antérieure  et  supérieure  du  cerveau  occasionne 
la  perte  de  la  mémoire  ,  ou,  au  moins ,  une  diminution  de 
cette  faculté.  Après  l’opération  du  trépan ,  on  peut  sus¬ 
pendre  l’exercice  de  toutes  les  fonctions  cérébrales  ,  en 
pressant  sur  la  dure-mère  ;  mais  elles  se  rétablissent  aussi¬ 
tôt  qu’on  fait  cesser  la  pression ,  et  la  répétition  de  celte 
expérience  ne  paraît  pas  nuisible  à  l’organe  encépha¬ 
lique.  Lorsque,  dans  l’hydrocéphale,  le  liquide  est  en 
grande  quantité,  et  , qu’il  ne  reste  plus  que  la  substance 
grise  ,  communiquant  avec  le  cervelet  par  le  pont  de  va¬ 
role  ,  les  facultés  intellectuelles  restent’  intactes .  et  la 
mémoire  nest  pas  diminnée,  tandis  qu’une  secousse  vio¬ 
lente  do  la  tête  produit ,  à  l’instant  inômo ,  l’insensibilité. 


ET  AKA.LTSES.  97 

Enfin  ,  daiis  un  cas  de  compression  de  la  partie  supé¬ 
rieure  du  cerveau,  par  l’enfoncement  d’une  pièce  d’os 
fracturée,  il  observa  que  le  malade  éprouva  un  dérange¬ 
ment  complet  de  Inintelligence,  accompagné  de  violons, 
désirs  vénériens ,  et  que  ces  symptômes  disparurent,  par 
l’opération  du  trépan. 

Tel  est  l’ensemble  des  faits  que  sir  Everard  Home  ap¬ 
porte  à  l’appui  de  son  opinion.  Ils  ne  nous  paraissent  pas 
propres  à  soutenir  son  hypothèse.  Ils  prouvent  bien  en 
effet ,  et  personne  ne  l’ignore  ,  qu’une  compression  subite 
de  la  surface  du  cerveau  fait  cesser ,  à  l’instant ,  toute 
sensibilité;  mais  peut-on  croire  que  cette  pression  n’agisse 
que  sur  la  substance  corticale  ?  Dans  quelques  opérations 
chirurgicales,  on  enlève,  des  portions  quelquefois  assez 
considérables  de  la  partie  supérieure  des  lobes  du  cer¬ 
veau  ,  et ,  par  conséquent,  une  grande  quantité  de  sub. 
stance  grise ,  sans  qu’il  en  résulte  un  dérangement  no¬ 
table  des  facultés  mentales.  Les  expériences  sur  les  ani¬ 
maux  prouvent  également  que  ce  n’est  pas  la  blessure  de 
la  superficie  du  cerveau ,  mais  bien  la  lésion  des  parties 
situées  profondément,  qui  produisent  des  accîdens  fâ-^ 
cheux.  Enfin  ,^dans  l’hydrocéphale  ,  la.  substance  blanche 
ne  paraît  pas  détruite ,  comme  l’auteur  semblerait  le 
croire ,  le  ceryeau  est  seulement  déplissé ,  et  dans  ce  cas 
les  parois  du  crâne  s’opposant  à  la  distension  produite 
par  le  liquide  ,  les  substances  médullaire  et  corficale  doi¬ 
vent  éprouver  une  compression  égale  ,  puisqu’elles  se 
trouvent  dans  les  mêmes  conditions. 

L’auteur  passe  ensuite  aux  usages  de  la  matière  gélati¬ 
neuse.  Voici  comment  il  s’exprime.  «  Puisque  cette  sub- 
»  stance  est  non-seulement  un  des  matériaux  les  plus  abon- 
»  dans  du  cerveau ,  mais  qu’elle  sert  de  moyen  d’union 
»  entre  les  globules  qui  composent  la  rétine  et  la  substance 
»  médullaire  *des  nerfs  ,  on  neçeut  douter  que  la  commu- 


98  EXtftAïïS 

Dhîcalioli  Vic  ia  seiisi'bilîlé  et  de  là  volofité  n’en  dépende 
»  plus  ou  moins,  » 

il  est  persuadé  ({ne  la  décourerite  dé  cètte  substance 
prouvé  la  vérité  des  idées  que  Hunier  'avait  émises  sur  le 
maî'erià  'û'itœ..Ç>e  physiologîsîlë  pensait  qu’il  est  impossi¬ 
ble  d’expliquer  la  communication  du  cerveau  et  des  autres 
parties  dû  cbrps,  si  l’on  n’admet  que  le  materia  vitæ 
existé  par-tout;  qu’il  se  trouve  sous  deux  formes,  rassem¬ 
blé.  dans  le  eervèau’  (  coacÈ-Hiàta  )  ,  et  dispersé  dans 
toute  l’économie  (  difjtisa /  ,  et  communiquant  au  moyen 
des  nérîs. 

Pour  compléter  ses  recherches  sur  ce  Sujet ,  sir  Eve- 
rard  Home  examine  la  composition  du  sang.  Il  retrouve 
la  matière  gélatineusé  dans  le  caillot,  et  reconnaît 
qu’elle  réunit  lés  particules  de  matière  colorante  pour  en 
former  rénvéloppe  dés  globules  rouges  du  sang. 

Il  arrive  enfin  à  cette  noïTclusiôn  générale  des  observa¬ 
tions  consignées  dans  la  suite  dé  ses  Mémoires  ,  «  que  les 
«principaux  Matériaux  qin  entrent  dans  la  composition 
»  du  corps  ,  se  trouvént  tout  formés  dans  le  sang.  «  Cepen¬ 
dant  U  chercha  vainement  la  graisse  dans  le  sang  de 
l’homme;  il  ne  parvint  à  en  démontrer  l’existence  que 
dans  celui  de  la  raye.  Un  chimiste  français  a  entrepris  des 
recherches  sûr  ce  point  :  il-  paraît  avoir  trouvé  manifeste¬ 
ment  cette  substance  daiis  lè  sang;  mais  son  travail  tt’est 
pas  encore  publié, 

La  seconde  partie  de  ce  mémoire  renfernae  des  obser¬ 
vations  sur  les  branchés  des  vaisseaux  courts  qui  condui¬ 
sent  lés  liquides  de  TéstOmac  dansda  veine  porte  ,  par 
l’intermédiaire  de  la  veine  splénique;  Vers  la  grande  cour¬ 
bure  de  l’estomac,  entre  les  membranes  muqueuse  et 
musculaire  ,,  M.  Bauer  a  trouvé  des  vaisseaux  pourvus  de 
valvules ,  qui  se  portent  dans  une  direction  opposée  à  celle 
des  artères.-  En  injectant  ,  avec  bdaùcoup  do  précaution  , 


ET  ASA-iySES.  gjj 

la  branebe  «Je  l’artère  çplénique  qui  se  distribue  è  l’esto- 
mac  ,  l’auteur  est  parvenu  à  faire  passer  la  matière  de 
l’injection  dans  la  cavjlè  de  ce  viscère  ,  sans  déchirure 
apparente  des  vaisseaux»  Cependant ,  les  veines  dont  nous 
venons  de  parler  ,  et  qu’on  pouvait  suivre  distinctement 
jusque  dans  les  villosités  ,  étaient  parfaitement  vides. 

La  découverte  de  ces  veiqes  garnies  de  valvules  con¬ 
duit  Sir  E,.  Home  à  expliquer,  par  l’action  de  ces  vais¬ 
seaux  ,  l’absorption  des  liquides  contenus  dans  l’estomaç. 

<!  Ces  Jiquides  ainsi  absorbés  ,  dit  -  il ,  traversent  la 
»  veine  splénique ,  pour  se  rendre  à  la  veine  porte ,  et 
Bparvenus  au  foie  ,  une  partie  est  employée  à  la  sécré- 
Dtion  de  la  bile,  tandis  que  l’autre  est  portée  par  la  veine 
«cave  dans  le  torrent  de  la  circulation.  »  La  grande 
quantité  de  liqnidc  qui  passe  par  la  veine  splénique  rend 
raison ,  selon  lui ,  de  la  prédominance  marquée  du  calibre 
de  ce  vaisseau  sur  celui  de  l’artère,  du  même  nom ,  et  de 
la  quantité  de  sérum  plus  grande  dans  le  sang  de  cette 
veine  que  dans  celui  de  tontes  les  autres. 

Hes  recherches  sur  l’organisation  et  les  usages  de  la 
rate  terminent  ce  mémoire  dont  elles  forment  la  troi¬ 
sième  partie. 

L’auteur  fit  macérer  dans  de  l’eau  renouvellée  tous  les 
jours,  une  rate  coupée  par  tranches,  et  observa  les 
cbangemens  successifs  qui  s’y  manifestèrent.  V.oici  les 
résultats  de  ces  observations  : 

«  La  rate  est  formée  de  vaisseaux  sanguins  entre  les- 
quelsH  n’existe  pas  de  tissu  cellulaire.  Les  interstices  sont 
remplies  de  sérum  et  de  matière  colorante  du  sang  ,  qui 
s’échappent  par  les  orifices  latéraux  des  veines  ,  lorsque 
celles-ci  sont  dans  un  état  de  distension.  Le  sérum  est  en¬ 
suite  absorbé  par  les  nombreux  lymphatiques  de  l’organe 
qui  se  i-etident  dans  le  canal  thoracique  ,  en  formant  un 
tronc  volumineux.  La  vascularité  de  toutes  les  fibres 


7” 


lt)0  EXTBAITS 

apparentes  de  la  rate  est  prouvée  par  une  injection 
dont  M.  Bauer  a  lait  le  dessin.  On  y  voit  distincte¬ 
ment  là  matière  de  rinjecliôn  rèmplir  les  canaux  dont 
ces  filamens  sont  formés  ,  et  se  répandre  dans  les  cel¬ 
lules  avec  lescpielles  ils  commimiquent.  Le  sérum  porte 
dans  les  interstices  des  vaisseaux  les  globules  qu’il  con¬ 
tient  ^  du  gaz  acide  carbôniqùe ,  et  une  assez  grande  quan¬ 
tité  de  substance  gélatineuse  s.olüble  dans  l’eau  ;  mais  on 
n’y  aperçoit  pas  de  globules  rouges.  Aussitôt  que  le  sérum 
est  en  repos',  l’acide  càrbonique  se  dégage  ,  et  détermine 
ainsflâ  formatiqn  de  cellules  dans  lesquelles  sont  contenues 
des  massés  de  globules  séreux  qui ,  réunis  entr’eux,  forment 
les  corpuscules:  incolores  qu’on  avait  regardés  comme  des 
glandes.  Le  gaz  dégagé  est  absorbé  par  le  sangdes  artères 
et  des  veinesi  D’après  ce  mécanisme ,  la  rate  paraît  être 
un  réservoir  destiné  à  contenir  l’excès  de  sérum  ,  de  glo¬ 
bules  séreux  et  de  matière  colorante  ,  portés  dans  la  cir¬ 
culation  immédiatement  après  le  travail  de  la  digestion.’  !» 

Des  dessins  faits  par  M.  Bauèr ,  ét  gravés  avec  une 
exactitude  et  un  luxe  remarquables ,  accompagnent  ce 
travail,  et  reproduisent  fidèlement  ce  que  l’auteur  a  ob¬ 
servé. 

Sur  les  organes  urinaires  et  l’urine  de  deux  especes 
dw  genre  Rana  ;  par  J.  Daw.  (Lu  le  i8  janvier  1821.) 
—  Dans  un  travail  déjà  publié  dans  les  Transactions  phi¬ 
losophiques  ,  M.  J.  Davy  a  décrit  les  reins  d’un  grand 
nombre  de  reptiles  (  ampkibia ,)  ;  et  dénaontréique  l’urine 
de  ces  animaux  est  composée  presqu’entièrement  d’acide 
urique.  ,  ' 

Celui  que  nous.avons  sous  les  yeux  renferme  des  obser¬ 
vations  sur  deux  espèces  de  batraciens  ,  la  grenouille- 
taureau  {  R.  taurina.  Cuvier)  ,  et  le  crapaud  brun 
[B.  fuscus.  Laurenli.  )  . 


Eï  analyses.  lOi 

L’appareil  urinaire  ,  à-peu-près  semblable  chez  ces 
deux  aninaaux,  sè  compose  de  reins  situés  sur  les  parties 
latérales  de  la  colonne  vertébrale,  d’une  vessie  urinaire  , 
et  d’uretères  qui  s’ôiivrent  dans  le  rectum ,  entre  l’anus 
et  l’orifice  de  celte  vessie. 

L’analyse  chimique  de  l’urine  de  ces  animaux  ,  recueil¬ 
lie  dans  la  vessie  urinaire  j  peu  de  temps  après  la  mort ,  y 
démontre  là  présence  de  l’urée  en  assez  grande  quantité. 
En  raisonnant  par  analogie  ,  l’auteur  est  conduit  à  pen¬ 
ser  que  cette  substance  existe  dans  l’urine  de  toute  cette 
classe  d’animaux ,  quoiqu’on  ne  la  trouve  pas  dans  celle 
de  quelques  espèces  voisines. 

S’élevant  ensuite  à  des  considérations  plus  générales ,  Il 
cherche  à  établir  que  la  composition  chimique  de  l’urine 
dépend  plutôt  de  l’organisation  intime  des  reins  que  de  la 
nature  des  alimens  dont  l’animal  se  nourrit  habituellé- 
ment  ,  sans  nier ,  cependant ,  que  le  genre  de  nourriture 
ne  puisse  exercer  une  certaine  influence  sur  cette  sé¬ 
crétion. 

Les  expériences  récentes  de  MM.  Prévost  et  Dumas  , 
sur  l’urée,  ne  jJermettent  pas  d’attribuer  à  la  seule  action 
des  reins  ,  la  présence  de  cètte  substance  dans  l’urine  , 
parce  qu’ils  la  retrouvent  dans  le  sang  lorsqu’on  a  ènlevé 
ces  organesi  D’un  autre  côté ,  cette  circonstance  ne  peut 
pas  dépendre  de  la  nature  des  alimens ,  car  rurinê  du 
crapaud  brun  et  celle  du  lézard  gris  diffèrent  beaucoup 
dans  leur  composition  chimique  ,  quoique  ces  animaux 
fassent  usage  des  mêmes  aliméns.  L’urihe  des  perro¬ 
quets  et  des  sérpens  offre  encore  une  preuve  frappante  à 
l’appui  de  cette  opinion.  L’analyse  chimique  donne  des 
résultats  semblables  pour  l’une  et  pour  l’autre  ,  et  cepen¬ 
dant  les  premiers  se  nourrissent  e.xclusivement  de  végé¬ 
taux,  les  autres  de  substances  anindales. 


loi  extraits 

Sur  la  formation  d’un  nouveau  canal  j  à  la  place 
d’une  portion  détruite  du  canal  de  l’urètre  ,  par 
H.  Eaule  j  chirurgien  de  l’hùspice  des  Enfans-Trou- 
vés  ,  etc.  Au  mois  de  mal  i8i3  ,  John  Wiiaker,  ma¬ 
telot  à  bord  du  Pjlade ,  tomba  ,  les  jambes  écartées  , 
sur  le  bord  d’une  barque.  Cet  accident  fut  suivi  d’une 
lésion  du  périnée  et  du  canal  de  l’urètre  ,  qui  l’obligea 
à  porter  une  sonde  pendant  plus  de  six  semaines.  Il  gué¬ 
rit  ,  mais  l’excrétion  de  l’urine  resta  difficile  depuis  cette 
époque. 

Six  ans  après ,  il  fut  tout-à-coup  affecté  d’une  rétentidn 
d’urine  ,  qui  causa  bientôt  un  épanchement  considérable 
de  ce  liquide  dans  le  tissu  cellulaire  du  périnée.  Avant  que 
ce  malade  .eût  pii  se  procurer  les  secours  de  l’art  ,  une 
eScarre  gangréneüse  avait  détruit ,  '  dans  ce  point  ^  les 
tégumens  et  le  canal  de  l’urètre  lui-même  ,  dans  Une  éten¬ 
due  de  plus  d’un  pouCe.  On. essaya  plusieurs  fois,  mais 
en  vain ,  de  faire  cicatriser  cette  plaie  sur  Une  sonde  intro¬ 
duite  à  demeure  dans  la  vèssie.  Enfin ,  au  mois  d’août 
1819,  le  malade  entra  h  l’hôpital  Sdint-Barthélemî ,  et 
reçut  les  soins  de  M.  Earle. 

Il  lié  restait  plus  alors  de  vestiges  du  canal  de  Turëtre  , 
dans  la  partie  qui  avait  été  le  siège  de  l’escarre  gangré¬ 
neuse.  Une  Cicatrice  large  et  unie  en  occupait  la  place. 
On  voyait  la  membrane  müqueuse  du  canal  se  terminer  à 
la  partie  postérieure  de  la  cicatrice  et  reparaître  à  sa  par¬ 
tie  antérieure.  L’évacuation  dé  l’urine  et  du  sperme  se 
faisait  entièrement  jiar  l’ouverture  postérieure  de  l’urètre , 
tandis  que  sa  portion  antérieure,  surtout  derrière  le  sCro- 
tum  >  était  considérablement  rétrécie. 

M  Earle  commença  d’abord  par  dilater  la  portion  anté¬ 
rieure  de  l’urètre  ,  au  moyen  de  bougies ,  et  parvint  à  ih 
troduire  une  sonde  jusque  dans  la  véssie.  En  tirant  k 
peau  et  la  cicatrice  du  côté  droit  vers  le  côté  opposé  ,  on 


ET  ANALYSES.  ia5  , 

pouvait  recouvrir  à  peur-près  la  moitié  de  la  sonde  que  la 
perte  ^^e  substance  laissait  à  nu  dans  ce  point.  Il  essaya 
d’abord  de  favoriser  cette  disposition  par  une  compres¬ 
sion  méthodique  long  temps  continuée  ,  et  comme  la  ci¬ 
catrice  n’était  pas  irritée  par  le  contact  de  rurine ,  il  réso¬ 
lut  de  s’en  servir  pour  former  un  nouveau  canal ,  espérant 
rétablir  ainsi  la  continuité  de  l’urètre.  D/ans  cette  vue  ,  il 
enleva  les  tégumens  du  cdté  gauche  de  la  Gicatriee,  dans, 
un  espace  de  dix-huit  lignes  de  long  sur  quatre  lignes  de 
large.  Cette  espèce  de  mortaise  était  destinée  à  recevoir 
le  bord  de  la  portion  de  peau  qu’il  voulait  détacher  du 
côté  opposé.  Au  moyen  d’incisions  transversales  sur  le  pé¬ 
rinée,  il  emporta  les  extrémités  calleuses  des  deux  portions 
de  l’urètre.  Il  forma  ensuite  un  lambeau  d’environ  un 
pouce  et  demi  de  long ,  sur  un  pouce  de  large  ,  auï  dé¬ 
pens  des  tégumens  du  côté  droit  du  périnée ,  de  manière 
à  laisser ,  entre  les  deux  plaies ,  un  espace  uni  d’à^peu- 
près  un  pouce  ,  destiné  à  former  les  parois  dii  nouveau 
canal.  Il  renversa  alors  ce  lambeau  sur  la  sonde  ,  et  mit 
les  bords  saignans  en  contact  avec  l’incision  du  côté  gau¬ 
che.  Pour  maintenir  les  parties  danscet.état ,  il  pratiqua 
deux  points  de  suture  simple;  des  bandelettes  agglulina- 
tives  et  un  bandage  approprié  complétèrent  l’appareil. 

L’urine  suinta  entre  les  bords  de  la  plaie  ,  et  le  troi¬ 
sième  jour ,  lorsqu’on  leva  l’appareil ,  on  trouva  qu’une  es¬ 
carre  gangréneuse  s’était  formée  dans  la  partie  dont  on 
avait  enlevé  la  peau.  Cependant ,  la  réunion  s’étai.t  opérée 
en  avant  et  en  arrière  de  la  cicatrice,  de  manière  à  for¬ 
mer  un  canal  ouvert  du  côté. gauche ,  et  assez  large  pour- 
contenir  la  sonde. 

On  laissa  cicatriser  les  deux  surfaces  dénudées  ;  mais  à 
mesure  que  la  cicatrice  se  forma  b  droite,  la  rétraction 
des  parties  entraîna  le  nouveau  canal  et  aggfandjt  ainsi 
rouvcrtiiro  dont  nous  venons  de  parler;  cepepdanl ,  lors- 


qu’on  en  comprimait  les  Lords  sur  la  sonde ,  on  parvenait 
à  faire  sortir  toute  l’urine  par  la  verge.  En  avivant  les 
bords  de  la  plaie ,  on  essaya  inutilement  et  à  plusieurs 
reprises  d’en  obtenir  la  réunion.  L’état  de  la  santé  géné¬ 
rale  du  malade  obligea  de  suspendre  pendant  long-temps 
les  tentatives  de  guérison. 

Dans  l’été  de  1820  ,  on  pratiqua  de  nouveau  la  même 
opération  ,  avec  cette  différence  qu’on  fit  le  lambeau  aux 
dépens  des  tégurriens  du  périnée  et  de  la  cuisse  gauche ,  et 
qu’on  employa  la  suture  entortillée  pour  maintenir  les 
parties  en  rapport.  On  ne  laissa  pas  non  plus  ,  comme  la 
première  fois  ,  la  sonde  à  demeure  dans  la  vessie  ;  le  ma¬ 
lade  ,  auquel  cette  opération  était  familière.,  l’introduisait 
deux  ou  trois  fois  par  jour. 

Pbr  cette  nouvelle  tentative,  on  rétablit  presque  com¬ 
plètement  le  canal ,  et  il  ne  restait  plus  qu’une  petite  ou¬ 
verture  à  la  partie  supérieure  ,  qui  résista  aux  escarroti- 
ques  et  à  l’instrument  tranchant;  ne  pouvant  obtenir  l’o-^ 
blitération  de  cette  fistule ,  on  fut  obligé  d’avoir  recours  à 
une  troisième  opération  ,  que  l’on  pratiqua  de  la  même 
manière  ,  mais  sur  une  étendue  beaucoup  moindre.  Il  ne 
resta  plus  alors  qu’une  fistule  très-petite  ,  qui  ne  tarda 
pas  à  se  fermer,  et,  au  mois  de  mars  1821 ,  le  malade 
était  parfaitement  guéri ,  et  urinait  à  plein  jet. 

L'observation  que  nous  venons  de  rapporter,  et  deux 
autres  à-peu-près  semblables  ,  consignées  dans  la  se¬ 
conde  partie  des  Essais  chirurgicaux  de  A.  M,  Goo- 
per,  font  espérer  qu’à  l’avenir}»  on  pourra,  au  moyen 
de  ce  nouveau  procédé  opératoire  ,  guérir  des  lésions 
de  l’urètre  ,  qu’on  avait  jusqu’ici  regardées  comme  in¬ 
curables. 

Expériences  sur  la  structure  et  les  fonctions  des  nerfs , 
qui  conduisent  à  un  nouvel  arrangement  du  sjstéme 


ET  ANALYSES.  105 

nerveux;  par  Cn.  Bell.  (Lues  le  12  juillet  1821.)  — 
En  examinant  altenUvement  le  système  nerveux  chez 
l’homme  et  les  autres  animaux,  on  observe  un  rapport 
remarquable  entre  le  nombre  des  organes ,  la  nature  com¬ 
posée  de  leurs  fondions ,  et  le  nombre  des  nerfs  qui  s’y 
distribuent,  ün  organe  qui  ne  sert  qu’à  une  seule'  fonC" 
tion ,  quelque  parfaite  que  soit  son  action ,  n’a  jamais 
qu’un  seul  nerf.  Quand  deux  nerfs,  d’origine  dilTérente, 
se  distribuent  à  une  même  partie ,  elle  remplit  une  double 
fonction.  Ainsi  ,  les  nerfs  que  reçoit  un  organe  sont  d’au¬ 
tant  plus  nombreux  que  ses  fonctions  sont  plus  variées  ; 
et  au  lieu  de  servir  uniquement  à  accumuler  la  puissance 
nerveuse  dans  cet  organe ,  ils  lui  communiquent  des  mo¬ 
des  d’action  très  distincts. 

Dans  les  animaux  qui  ne  jouissent  que  de  la  sensibilité 
et  de  la  locomotion ,  qui  n’ont  pas  d’organe  central  do  la 
circulation  ,  et  chez  lesquels  la  surface  du  corps  est  le 
seul  appareil  respiratoire ,  le  système  nerveux  est  d’une 
grande  simplicité.  11  est  formé  de  deux  cordons  parallèles 
dont  les  branches  latérales'  se  distribuent  également  à 
toutes  les  parties. 

En  examinant  des  animaux  successivement  plus  élevés 
dans  l’échelle  des  êtres ,  on  voit  de  nouveaux  nerfs  s’ajou¬ 
ter  à  ceux  dont  nous  venons  de  parler,  à  mesure  que- les 
organes  deviennent  et  plus  nombreux  et  plus  compliqués. 
Ce  système  de  nerfs  unifornae  et  symétrique,  qui, existe 
déjà  dans  les  vers,  se  retrouve  dans  l’homme.  Le  grand 
nombre  de  nerfs  qui ,  chez  lui ,  viennent  s’y  ajouter ,  n’en 
détruisent  pas  l’existence  ;  mais  seulement  la  rendent 
moins  évidente  au  premier  abord. 

M.  Bell  regarde  les  nerfs  vertébraux ,  sous-occipitaux 
et  trifaciaux ,  comme  formant  ce  système  primitif.  Us  ont 
tous  une  double  origine  et  des  ganglions  à  l’une  de  leurs 


106  EXTRAITS 

racines.  Ils  se  rendent  de  chaque  côté  à  certaines  parties; 
ne  servent  jamais  à  établir  des  rapports  entre  les  dilTérens 
systèmes  de  l’économie  ;  se  distribuent  tous  aux  muscles  ; 
ei  enfin  c’est  sous  leur  influence  que  s’exécutent  les  mou- 
vemens  volontaires.  Ils  donnent  à  toute  la  surface  du  corps 
la  sensibilité  dont  elle  jouit ,  et  la  possèdent  eux-mêmes  à 
un  très-haut  degré.  On  les  voit  se  ramifier  par-tout,  et  ce¬ 
pendant  ils  sont  simples  et  symétriques  ,  comme  chez  les 
animaux  des  classes  inférieures. 

Parmi  les  nerfs  destinés  à  des  organes  particuliers  qui , 
chez  l’homme  et  les  animaux  qui  s’en  rapprochent,  vien¬ 
nent,  en  si  grand  nombre  ,  s’ajouter  à  Ce  système  primi¬ 
tif,  l’auteur  examine  spécialement  ,  dans  ce  Mémoire, 
ceux  qui  appartiennent  à  l’appareil  respiratoire. 

D’après  sa  manière  d’envisager  ce  sujet ,  il  range  sous 
la  dénomination  de  nerfs  respiratoires  ,  tous  ceux  qui  ser¬ 
vent  à  établir  des  rapports  entre  les  organes  internes 
de  la  respiration  et  certaines  parties  éloignées  ,  et  h  coor¬ 
donner  les  mouvemens  des*  muscles  qui  agissent  dans 
cette  fonction?  Ces  muscles  sont  beaucoup  plus  nombreux 
qu’on  le  pense  généralement  ;  car,  lorsque  la  respiration 
est  très-accélérée ,  en  môme  temps  que  la  poitrine  se  di¬ 
late  et  se  resserre,  les  narines  exécutent  des  mouvemens 
correspondons  ;  les  épaules  sont  élevées  ,  et  l’on  voit  se 
contracter  les  muscles  du  cou  et  de  la  face.  Il  est  évident 
que  tous  ces  muscles  ,.  agissant  simultanément  dans  la 
respiration  et  les  actes  qui  en  dépendent ,  tels  que  la 
toux  j  l’éternuement ,  etc. ,  doivent  être  soumis  à  une  in¬ 
fluence  commune  qui  règle  et  coordonne  leur  action. 

Les  nerfs  qui  établissent  ces  rapports  forment  un  sys¬ 
tème  distinct  ;  «  Ils  dilTèrent ,  dit  l’auteur ,  de  ceux  du 
«système  primitif,  par  leur  racine  toujours  unique,  et  ne 
,  »  présentant  pas  de  ganglions.  Ils  naissent  de  la  moëlle 


»  alongée  et  de  la  partie  supérieure  du  cordon  rachidien  , 
i  et  se  portent  delà  aux  différentes  parties  qui  Concourent 
»  à  la  respiration ,  qui  sont  déjà,  pour  la  plupart,  ample- 
»  ment  pourvues  de  nerfs  appartenant  à  l’autre  système.  » 

II  range  dans  cette  classe  les  ïierfs  pneumo-gaslriqués  , 
le  facial  ou  portion  dure  de  la  septième  paire  ,  qu’il 
nomme  nerf  respiratoire  de  la  face  ;  le  spinal  ou  respira¬ 
toire  supérieüf  du  tronc ,  le  diaphragmatique  ou  grand 
nerf  respiratoire  interne  ,  une  branche  inférieure  du 
plexus  cervical  qui  se  porte  aux  muscles  extérieurs  des 
côtes  ,  ou  nerf  respiratoire  externe  j  enfin ,  le  glosso- 
pharyngien,  le  lingual  ,  et  les  branches  laryngées  du 
pneum'o-gastrique.  ■ 

Sans  nous  arrêter  à  la  description  anatomiqhe  que  l’au¬ 
teur  donne  de  ces  nerfs,  nous  passerons  de  suite  aux  con¬ 
sidérations  qu’il  présente  sur  ceux  de  la  face. 

,  On  trouve ,  dans  cette  partie,  des  nerfs  de  ces  deux 
classés ,  tels  que  le  trijumeau  et  la  portion  dure  de  la  sep¬ 
tième  paire,  qui ,  en  suivant  des  trajets  dlfférens  ,  vien¬ 
nent  se  réunir  à  leurs  extrémités  ,  et  se  distribuer  égale¬ 
ment  dans  toute  cette  région.  Ce  sera  donc  à  la  face  qü’on 
trouvera  le  plus  de  facilité  pour  déterminer,  par  des  ex¬ 
périences  directes,  la  manière  d’agir  des  uns  et  des  au¬ 
tres  ,  et  do  constater  ainsi  la  vérité  de  la  doctrine  que 
nous  venons  d’exposer. 

Après  quelques  considérations  sur  l’anatomie  comparée 
des  nerfs  de  la  cinquième  paire ,  et  facial ,  M.  Bell  présente 
les  différences  qui  existent  dans  leur  structure.  Ce  dernier, 
nerf  respiratoire  de  la  face  ,'  sè  rapproche  beaucoup 
■par  son  organisation  du  pheumo-gastrique;  les  filamens 
qui  le  composent  forment  ùrie  espèce  dè  plexüs  serré.  Le 
Irlfucial,  au  contraire,  est  d’une  structure  bien  moins 
compliquée  ;  ses  filamens  sont  arrondis  ,  asséiS  gros  ,  et 
séparés  les  uns  des  autres. 


La  division' que  l’auteur  a  établie  dans  le  système  ner¬ 
veux,  d’a]jrès  les  fonctions  de  ses  diverses  parties  ,  n’est 
fondée  jusqu’ici  que  sur  le  raisonnement  et  quelques  faits 
d’anatomie  comparée.  Pour  ne  laisser  aucun  doute  sur  la 
vérité  de  son  opinion ,  il  a  entrepris  la  série  d’expériences 
suivantes  : 

Après  avoir  bouché,,  pendant  quelques  secondes,  les 
narines  d’un  âne  ,  afin  de  le  rendre  haletant,  et  détermi¬ 
ner  ainsi  la  dilatation  et  le  resserrement  dès  narines  ,  on 
lujl  coupa  d’un  côté  la  portion  dure  de  la  septième  paire. 
L’animal  ne  donna  aucun  signe  de  douleur  au  moment  de 
la  section ,  mais  aussitôt  après  ,  les  mouvemens  de  la 
narine  cessèrent  entièrement  de  ce  côté ,  tandis  que  l’autre 
continua  de  se  dilater  à  chaque  inspiration.  On  lui  pré¬ 
senta  alors  du  foin  et  du  bled  dont  il  mangea  sans  la  moinr 
dre  difficulté.  . 

On  mit  à  nu  sur  un  âne  la  branche  maxillaire  supé¬ 
rieure  de  la  cinquième  paire.  Chaque  fois  qu’on  la  toucha  , 
l’animal  parut  éprouver  la  plus  vive  douleur.  On  en  fit  la 
section  ,  mais  la  dilatation  et  le  resserrement  des  narines 
continuèrent  à  se  faire  régulièrement ,  et  à  correspondre 
aux  mouvemens  des  autres  parties  de  l’appareil  respira¬ 
toire.  On  observa  seulement  que  la  lèvre  était  pendante  et 
tirée  du  côté  opposé.  On  coupa  alors  la  même  branche  du 
nerf  facial  de  l’autre  côté  ,  et  aussitôt  l’animal  perdit  la 
faculté  d’élever  la  lèvre  et  de  la  projeter  en  avant.  Il  lui 
devint ,  par  conséquent ,  impossible  de  s’en  servir  pour 
ramasser  de  l’aVoine  qu’on  lui  avait  jetée.  Il  ne  put  y 
parvenir  qu’au  moyen  de  sa  langue;  car  ,  pour  écarter  les 
lèvres  ,  il  était  obligé  d’appuyer  la  bouche  contre  le  sol. 

La  perte  des  mouvemens  dés  lèvres  dans  l’action  de 
manger  était  si  évidente  que  l’auteur  crut  inutile  de  cou¬ 
per  les  autres  branches, de  la  cinquième  paire.  Il  répéta  au 
contraire  plusieurs  fois  sur  des  chiens  et  des  ânes  la  sec- 


ET  ANALYSES.  JOQ 

lion  du  nerf  facial  qui  ne  paraissait  occasioner  que  peu 
de  douleur,  et  il  obtint  toujours  les  mêmes  résultats. 

Lorsqu’un  animal  meurt  d’hémorrhagie ,  l’impression 
qu’éprouve  le  cœur  détermine  des  convulsions  violentes  de 
tous  les  muscles,  qui  agissent  dans  la  respiration.  La  poi¬ 
trine  sq  dilate  par,  des  efforts  brusques  et  précipités  ,  et 
les  muscles  de,  la  bouche  ,  des  narines ,  des  paupières ,  etc. , 
sont  dans  un  état  de  spasme  violent. 

On  lit  périr  de  cette  manière  un  âne  auquel  on  avait 
préalablement  coupé  d’un  côté  le  nerf  facial.  On  observa 
alors  le  contraste  le  plus  frappant  entre  les  deux  côtés  de 
1, a  face.  L’un  était  agité  de  contrâetions  violentes  et  géné¬ 
rales  ;  l’autre  ,  dont  le  nerf  avait  été  divisé ,  offrait  l’inac¬ 
tion  la  plus  parfaite. 

L’auteur  çonclut  de  ces  faits  ;  «  que  la  portion  dure  de 
»la  septième  paire  est  le  nerf  respiratoire  de  la  face;  et 
«que  c’est  sous  son  influeface  que  les  muscles  des  lèvres  , 
»des  narines  et  du  voile  du  palais  se  contractent  lorsqu’ils 
«agissent  de  concert  avec  les  autres  organes  de  la  respi- 
»  ration.  » 

La  toux  et  l’éternuement  dépendent  entièrement  des 
nerfs  respiratoires.  L’expérience,  suivante  le  prouve  direcr 
tement.  On  plaça  du  carbonate  d’atmnoniaque  sous  le  nez 
d’un  âne  auquel  on  avait  coupé  un  de  ces  nerfs.  Le  côté 
de  la  face  où  la  section  avait  été  faite  resta  tranquille  et 
dans  un  état  de  relâchement,  tandis  que  l’autre  présen¬ 
tait  les  contractions  et  l’expression  particulières  à  l’éter- 
"nuement,  quoique  les  branches  du  trijumeaù  et  du  grand 
sympathique  fussent  intactes  ,  la  division  n’ayant  été  opé¬ 
rée  que  sur  le  nerf  respiratoire  de  la  face.  Cette  expé¬ 
rience,  répétée  sur  un  chien  ,  donna  les  mêmes  ré¬ 
sultats. 

Ces  faits  prouvent  que  ce  n’est  pas,  comme  on  l’avait 
cru ,  par  le  système  ganglionaire ,  que  s’établissent  les  rap- 


ports  qui  existent  entre  les  diverses  parties  agissant  dans 
la  TOspiralioii  ;  mais  Lien  par  le  nÿoyen  des  nerfs  que 
Uauteur  noitpme  rèspiratoires  d’après  la  nature  de  leur  fonc¬ 
tion  principale. 

Une  expression  analogue  au  sourire  se  voit  très-distinc¬ 
tement  dans  la  face  du  chien  qui  caresse  son  maître.  En 
coupant  le  nerf  respiratoire  d’un  côté,  on  y  fait  Cesser  à 
l’instant  la  contraction  des  lèvres  d’oii  dépend  cette  expres¬ 
sion,  qui  persiste  au  contraire  de  l’autre  côté.  La  même 
opération,  faite  sur  un  singe ,  détruisit  du  côté  de  la  sec¬ 
tion  la  mobilité  si  remarquable  des  traits  et  des  yeux  de 
eet  animal ,  et  lorsque  la  colère  lui  faisait  montrer  les 
dents,  les  lèvres  étaient  tirées  du  côté  opposé. 

Les  observations  suivantes  font  voir  que  chez  l’homme 
c’est  aussi  sous  l’influence  du  nerf  respiratoire  de  la  face 
que  les  muscles  agissent  pour  produire  le  sourire  et  le 
rire. 

Chez  un  homme  qui  avait  eu  le  tronc  de  ce  nerf  lésé 
par  une  suppuration  développée  sur  son  trajet  au-devant 
de  l’oreille  ,  on  remarqua  que  ,  dans  le  rireçt  le  sourire,  , 
la  bouche  était  portée  du  côté  opposé.  Des  contorsions  ri¬ 
dicules  des  lèvres  avaient  lieu  lorsqu’il  essayait  de  sllïlcr  ; 
enfin ,  en  éternuant ,  le  côté  malade  de  la  face  était 
calme ,  et  l’autre  présentait  les  mouvemens  habituels. 

En  enlevant  une  tumeur  située  au-devant  de  l’oreille  , 
chez  un  cocher,  M.  Bell  coupa  une  des  branches  du  fa¬ 
cial  qui  se  rendait  à  l’angle  de  la  bouche.  Le  malade. gué-, 
rit  parfaitement  de  cette  opéralion,;  mais  il  ne  pouvait  plus 
siffler. 

Nous  avons  vu  précédemment  que,  loi'squ’on  coupe; 
chez  un  âne  |e  nerf  de  la  cinquième  paire,  l’animal  ne: 
peut  plus  se  servir  des  lèvres  pour  ramasser  sa  nourriture , 
et  que  les  muscles  de  cos  parties  conliuiient  alors  d’agir. 


dans  la  respiration  ;  tandis  que  la  section  du  facial  pro¬ 
duit  des  phénomènes  inverses. 

Un  individu  avait  un  côté  de  la  figure  paralysé.  Les 
muscles  de  cette  partie  restaient  parfaitenient  immobiles  , 
lors  même  que  la  respiration  était  très-accé|érée  ;  et  ce¬ 
pendant  les  mêmes  mnsoles  ne  présentaient  ni  paralysie  , 
ni  même  de  débilité,  lorsqu’ils  concouraient  à  la  masti¬ 
cation.  , 

Par  la  section  de  la  branche  sous-orbitaire  du  trifacial 
du  côté  gauche,  la  sensibilité  fut  entièrement  détruite  de 
ce  côté  J  à  droite  ,  en  coupant  la  portion  dure  de  la  sep-r 
lième  paire ,  elle  ne  parut  pas  même  diminnée.  La  divi¬ 
sion  du  premier  causa  une  douléur  très-vive,,  tandis  que 
l’animal  ne  donna  aucun  signe  de  douleur  lorsqu’on  coupa 
le  second. 

On  voit  par  ces  expériences,  qu’indépendamment  de  la 
différence  dans  leur  sensibilité ,  ces  nerfs  n’ont  pas  le 
même  pouvoir  sur  les  contractions  musculaires.  En  effet , 
lorsqu’on  touchait  légèrement  le  nerf  respiratoire,,  l’ani¬ 
mal  me  donnait  aucun  signe  de.doulenr,  et  cependant 
tous  les  muscles  de  la  Lace  étaient  aussitôt  agités  de 
violentes  contractions.  Cette  excitation ,  portée  sur  le  nerf 
trifacial ,  causait  une  douleur  très-vive ,  mais  bien  moins 
d’action  musculaire. 

L’auteur  rapporte  qu’il  n’y  eut  pas  de  paralysie  du 
sourcil  chez  un  homme  auquel  fi  avait  coupé  la  brodicbé 
frontale  de  la  cinquième  paire ,  pour  le  guérir  d’un  tic 
dpuloureux.  Chez  une  autre  personne  qui  avait  eu  la 
branche  supérieure  du  nerf  respiratoire  affectée  par  un 
abcès  situé  au-devant  de  l’oreille ,  le  sourcil  -était  pen-^ 
dant,  et  ses  inouvemens  ne  correspondaient  plus  è  ceux 
de  l’autre  côté  lorsque  la  physionomie  était  animée. 

L’expression  de  la  physionomie  ,  chez  l’homme  et  les 
animaux,  dépend  aussi  do  la  portion  dure  de  la  septième 


112  EXTRAITS 

paire.  En  effet ,  la  seelion  de  ce  nerf  fait  disparaître  l’expres¬ 
sion  particulière  qu’on  remarque  dans  toute  la.têted’u'n 
chien  qiii  sebât.  Cette  expérience  prouve  que  ce  nerf  ne 
se  borne  pas  à. agir  dans  la  respiration. 

Les  animaux  carnivores ,  auxquels  on  a  coupé  ce  nerf, 
né  paraissent  pas  prendre  leur  nourriture  avec  autant  de 
facilité  que  les  herbivores ,  soumis  à  la  même  expérience. 
Ce  fait  ne  doit  pas  paraître  étonnant  ;  car  lorsque  ces 
derniers  prennent  leur  nourriture  ,  les  organes  de  la  mas¬ 
tication  sont  les  seuls  qui  agissent.  Les  premiers,  au  con¬ 
traire  ,  éprouvent  alors  une  excitation  générale  de  tout  le 
système  respiratoire  qu’ils  manifestent  par  leurs  cris. 

Ces  expériences  nous  paraissent  concluantes.  L’auteur 
en  confirme  encore  le  résultat  par  des  laits  que  fournit 
l’anatomie  comparée ,  avec  lesquels  elles  s’accordent  par-, 
faitement.  Il  fait  observer  que  jusqu’ici  on  avait  cru  que , 
chez  les  animaux  pourvus  d’antennes  ou  de  palpes ,  le  nerf 
de  la  cinquième  paire  fournissait  seul  des  branches  à  ces 
parties.'  Ce  fait  est  exact ,  lorsque  ces  organes  ne  parti¬ 
cipent  qu’à  une  seule  fonction.  Mais  s’ils  servent  aussi  à  la 
respiration ,  comme  la  trompe  de  l’éléphant ,  on  doit  y 
trouver  des  nerfs  appartenant  à  deux  systèmes  différéns. 
Eu  effet,  en  disséquant  la  trompe  d’un  jeune  éléphant, 
l’auteur  y  a  rencontré  deux  branches  nerveuses  très-dé- 
veloppées;  l’une  provenant  du  maxillaire  supérieur  ,  et 
l’autre  du  nerf  respiratoire  de  la  face. 

M.  Bell  passe  alors  à  l’application  des  faits  précédem¬ 
ment  établis  h  la  pratique  de  la  médecine  et  de  la  chi¬ 
rurgie,  et  termine  son  Mémoire  par  les  considérations 
suivantes  ; 

«  En  étudiant ,  comme  nous  venons  de  le  faire  pour  la 
«face,  les  autres  nerfs  de  l’économie,  nous  trouverons 
»  entre  eux  les  mêmes  différences  de  structure  et  de  fonc- 
»  lions......  Nous  pouvons  distinguer  et  séparer  les  nerfs 


ET  ANALYSES.  ‘  ll3 

»de  la  respiration  au  milieu  de  la  confusion  apparente  qui 
«règne  dans  le  système  nerveux.  En  coupant  séparément 
»  chacun  de  ces  nerfs ,  nous  arrêterons  les  mouvemens  des 
»  diverses’parties  qui  concourent  à  la  respiration  ;  et  lors- 
»que  nous  aurons  soustrait  une  de  ces  parties  à  l’in- 
I)  fluence  des  nerfs  respiratoires ,  nous  la  verrons  remplir 
«encore  les  autres  fonctions  qu’elle  est  destinée  à  exé- 
»cuter,etc.  «  ” 

Ce  volume  des  Transactions  philosophiques  contient  en¬ 
core  plusieurs  Mémoires  de  physique  et  de  chimie ,  que 
nous  ne  croyons  pas  devoir  analyser  ici. 

►  H.  M.  EdwaïÎds. 


SCIENCES  ACCESSOIRES.  , 


Chimie  et  Pharmacie. 

Désirant  tenir  le  lecteur  au  courant  des  principales  dé¬ 
couvertes  qui  se  feront  en  chimie  et  en  pharmacie ,  nous 
croyons  utile  de  jeter  un  coup  d’œil  rapide  sur  les  travaux 
les  plus  importons  qui  ont  été  faits  pendant  l’année  qui 
vient  de  s’écouler.  • 

Dans  un  Mémoire  sur  l’influence  de  l’eau  suV  lés  matières: 
azotées,  M.  Chevreul  établit  que  les  tendons,  le  tissu  jaune 
élastique,  la  fibrine  du  sang,  les  cartilages,  les  llgamens 
la  cornée  opaque  et  la  cornée  transparente ,  doivent  leurs 
propriétés  physiques  les  plus  distinctes ,  à  une  certaine 
quantité  d’eau;  ainsi,  en  absorbant  de  l’eau,  lé  tissu 
jaune  sec  devient  élastique ,  le  tendon  sec  devient  sou¬ 
ple  et  argenté.  , 

M.  Lassaigne  prouve  que  l’albumine  pure  n’est  point  _ 
coagulée  par  la  pile  voltaïque ,  comme  on  l’avait  cru  ;  que 
si  l’albumine  ordinaire  est  coagulée  par  cet, Instrument, 
cela  tient  à  ce  qu’elle  contient  du  sel  commun  dont  l’acide. 


.-sx5'»Aït.s 

atl-iré,  versle  pole  positif.ou  yj^ ,  g’unit  ià  l’albumine  et  la 
précipite.  Le  même  chimiste  fait  Tcir  que  les  calculs  sali¬ 
vaires.,  trouvés  chez  les  anipaauxJierbivQces ,  contiénxtent 
beaueo,u.p.  de  carbonate  , de  chaux ,  uQ  peu  de  phosphate 
calcqire  et  d’eau ,  et  une  certaine  quantité  de. matière  ani¬ 
male,  tandis  que  ceux  qui  .se  forment  chez  Khomme  ne 
sont  conoposés  que  de  phosphate  de  chaux  et  de  matière 
animale.  ,  . 

M.  Dœbereiner  indique  le  moyen  de  faire  de  toutes  pièces 
l’acide  formique,  -que  J.’qn  avait  cru  jusqu’à  présent  h’exis.'; 
ter  que  chez  les  fourmis.;  ce  moyen  consiste  à  chauffer  de 
l’acide  tartrique  ou  de- la  crème  de  tartre,  du  peroxyde 
de  manganèse  et  de  l’eau  ;  l’action  est  très-vive ,  et  il  dis¬ 
tille  un  liquide  acide  qui  n.’est  autre  chose  que  l’acide 
formique. 

Los  concrétions  trouvées ,  jusque  dans  ces  derniers 
temps,  dans  les  intestins  de  l’homme  et  des  carnivores  , 
apparténaîent  à  la  ©lassedes  concrétions  biliaires.  M.  Bra- 
coiinot  a  lait  l’analyse  d’un  certain,  nombre  de  ces /bë- 
zoards,  vomis  nvec  du  sang  par  une  fille  non  réglée , et  les 
a  trouvés  semblables  à  da  bois. 

La  synovie  de  l’homme  est  analogue ,  par  sa  composi¬ 
tion*  ,  à  celle'  du  bœu£  Elle  a  fourmi  à  MM.  Lassaigne  et 
Boissel . beaucoup  d’albumine,  une  matière  -grasse,  une 
matière  nnimale  soluble  dans  l’eau  ,  de  la  «oude,  du- 
muriate  de  potasse  et  de  sonde  ,  du  phosphate  et  du  car¬ 
bonate  de  chaux;  elle  ne  confient  point  d’acide  urique  , 
comme  îFourcpoy  l’avait  présumé. 

M.  Dubrunfault  annonce  que  l’eau  de  rivière  est  moins' 
avantageuse,  dans  la  fermentation  des  grains,  que  l’eau 
de  puits  ;  celle-ci ,  contemanit  beaucoup  de  carbonate  de 
chaux,  renferme  de  l’acide  carbonique  en  excès  qui  eni- 
pôclie  le  liquide  spiritueux  de  devenir  acide  ;  aussi ,  oh^ 
tient-on  beaucoup  plus  d’alcobol  avec  la  même  quantité 


ET  AWAETS-ES.  '1 1  5 

de  grains,  lorsqu’au  lien  d’eau  de  rivière -on  fait  usage 
d’eaü  déduits.  • 

La  poussière  jaune  qui  recouvre  les  feuilles  calicinales 
et  la  graine  du  houblon  {luimulus  lupuluS')  ,et  qui  donné 
à  la  bière  ramertume  et  l’odeur  qu’on  lui  connaît ,  ainsi 
que  la  propriété  de  se  conserver ,  est  formée,  d’après 
MM.  -Payen  et  Chevallier,  d’une  huile  essentielle,  de 
sous-acétate  d’ammoniaque  ,  de  gomme ,  de  malate  acide 
de  chaux,  d’une  matière  amère ,  de  résine ,  de  silice, 
d’un  atome  de  matière  grasse',  et  de  quelques  sels. 

La  noix  vomique  râpée  quq  l’on  débite  dans  le  com¬ 
merce,  est  souvent  frelatée  par  la  moitié  de  son  poids  de 
sel  marin  ;  il  est  donc  important  de  ne  pas  acheter  cette 
graine  râpée.  Wioici  commentsOn  parviendra  èlapulvériser  ; 
on  l’exposera  h  ia  vapeur  de  l’eau  bouillante  ,  dans  un 
vase  fermé:,  pêndant  une  demi-heure  ;  on  la  laissera  en¬ 
suite  à  l’air  et  on  la  pulvérisera  ,  avec  un  pilon  de  fer  , 
dans  un  mortier  de, fonte  couvert  d’une  peau.  M.  Henry, 
h  qui  nous  devons  ices  observations ,  a  également  indiqué 
un  nouveau  procédé  pour  obtenir  la  stiyàhnine,  où'lé 
principe  actif  delà  noix  vomique  :  on  traite  cette  graine 
dans  (des  vaisseaux  clos  par  l’eau  bouillante  f  ies 'liqueurs 
provenant  des  décoctions  contiennent  de  la  strychnine 
combinée  avec  un  excès  d’acide  igasurique  (sîJp:e/wît’qfît6), 
de  la  gomme  et  une  matière  extractive  parlioûlière  ;  àn 
rapproche  ces  liqueurs  ,  on  les  (traite  par  la  chaux  pulvé¬ 
risée,  puis  par  ralcohol.  Hn  Mlogramme  de  noix  vomique 
fournit  cinq  (à  six  grammes  de  strychnine.  MM.  Pelletier 
et  Caventou  annoncent  qu’il  existe  ,  dans  les  mjcknos , 
au  moins  deux  bases  salifiables  {•Icc  strychnine,  e'tla  -tra- 
cine)  ,  comme  cela  a  lieu  pour  les  quinquinas.  La  fève 
dé  .Saint  Ignace  paraît  conteni/r  moins  àé  bnieine  que  là 
noix  vomique. 

La  canelle  blanche  ,  analysée  par  MM.  Pelroz  et  Robi- 

8.; 


Il6  EXT  B  A  IT* 

net,  a  fourni  une  matière  sucrée  particulière,  «une  manière 
amère  particulière ,  de  la  résine ,  une  huile  "Volatile  trèsr 
âcre  et  même  brùlanie ,  de  l’albumine ,  de  la  gomme ,  de 
l’amidon  J  .'èt  quelques  sels;  d’où  il  suit  qu’elle  diffère 
beaucoup  du  carapa  ,  ù  côté  duquel  elle  est  rangée  dans 
plusieurs  classifications  végétales. 

Les  bourgeons  du  peuplier  noir  contiennent,  d’après 
M.  Pellerin’,  de  l’eau  de  végétation,  une  huile  essentielle 
odorante,  ayant  quelque  analogie  avec  les  baumes,  de 
l’acétate  d’ammoniaque ,  des  traces  d’bÿdrochlorate  de  la 
même  base,  un  extrait  gommeux ,  de  l’acide  gallique,  de 
l’acide  malique,  une  matière  grasse  particulière  ,  fusible 
à  une.  température  plus  élevée  que  celle  de  l’eau  bouillante, 
une  très-petite  quantité  d’albumine,  et  une  matière  rési¬ 
neuse.  Les  produits  de  la  combustion  sont  du  sous-carbo¬ 
nate  ,  du  sulfate’  et  du  phosphate  de  potassé  ,  du  carbonate 
et  du  phosphate  de  chaux,,  de  l’oxyde  de  fér’et  de"  la 
silice.  .  .  •'  ^ 

.M.  Faguer  indique  un  procédé  nouveau  pour  obtenir 
riiuile  de  ricin  avec  plus  de  facilité ,  en  plus  grande 
quantité  et  d’une  qualité  supérieure.  On  réduit  en  pâte 
unq  livre  de  ricins  ,  privés  de  leur  enveloppe,  à  l’aide  de 
quatre  onces  d’alcohol  à  trente-six  degrés,  et  à  la  tempéra¬ 
ture  ordinaire  ;  on  presse  dans  des  coutils ,  on  distillé  pour 
ne  point  perdre  tout  l’alcohol;  on  lave  le  résidu  à  plusieurs 
eaux  ;  l’huile  séparée  de  l’eau  est  portée  sur  un  feu  doux 
pour  en  extirper  toute  l’humidité;  on  la  retiré  alors  du 
feu  et  on  la  jette  sur  des  filtres  qui  sont  placés  dans  une 
étuve  chauffée  ù  trente  degrés;  elle  filtre  avec  facilité ,  et 
on  l'obtient  très-belle  et  surtout  très-douce. 

M.  Cavéntou  fixe  l’attention,  des  médecins  sur  l’appli¬ 
cation  de  la  vapeur  à  la  préparation  de  plusieurs  médida- 
mens  :  la  ciguë  sèche,  soumise  à  l’action  d’un  courant  de 
vapeur  d’eau ,  rendue  acétique  par  un  peu  de  vinaigre  ,pèrd 


ET  ANALYSES.  117: 

son  odeur  vireuse ,  sé  ramollit  ët  fournit ,  avec  l’eàu  tiède , 
un  suc  avéc  lequel  on  obtient  un  extrait  préférable  ,  ’dails 
beaucoup  de  cas,  à  l’extrait  ordinaire ,  d’après  lès, obser 
Tarions  de  M.  Récamier.  La  belladona ,  l’aconif,  la  jus- 
quiame ,  la  phellandrie ,  la.  douce-amère ,  le  narcissè  des 
prés,  la  saponaire  ,,  le  pissenlit,  etc.  ,  se  comportent 
comme  la  ciguë.  . 

MM.  Payen  et  Ghevallier  ont  trouvé,  dans  la  teinture 
alcoholique  violette  des  pétales  de  'mauve  sauvage  {màlva 
^Ivestris) ,  un  réactif  tellement,  sensible  pour  découvrir 
les  alcalis,  qu’une  dissolution  aqueusé  né  contenant  que 
6,ooooo5  dépotasse,  fait  virer  cette  teinture  au 'verti  , 

M.  Làssaigue  a  prouvé  qu’il  se  produit,  pendant  la 
décomposition  de  l’acide  par  le  feu’,  un  acide 

particulier  volatil  ,  qu’il  a  désigné  îous  le  nom.d’àcide 
pyrocitrique.  . 

D’après  M.  B.onaslre,  les  résines  qui  ont  été  considérées 
jusqu’à  présent  comme  des  principes  immédiats  des  végé¬ 
taux,  pegvent  être  regardées  comme  étant  composées 
d’une  huile  Volatile,  d’un  acide  ,  d’une  résine  proprement 
^ite,  soluble  dan^  l’alcohol  à  froid,  d’une  sous-résine  pres¬ 
que  toujours- insoliîlilc dan^  l’alcobol  bouillant.ou  rétlieri  et 
d’extractif  amer  contenant  quelques  sels.  ' 

MM.  Leeanu  et  Serbut- établissent  d’une  manière  po¬ 
sitive  l’existence  de  l’acide  succinique  dans  les  térében... 
thines. 

M.  Théodore  de  Saussure  a  publié  un  mémoire  im¬ 
portant  sur  la  végétation,  dans  lequel  il  persiste  à  croire  , 
malgré  l’assertion  contraire  d’Ingeuhouz  et  de  M,  Berard,- 
que  les  fruits  verts  ont  sur  l’air,  au  soleil  et  à  l’obscurité , 
la  même  înfluènce  que  lés  feuilles;,  leur  action  ne  diffère, 
que  par  l’intensité,  qui. est  plus  grande  dans  ces  dernières. 

Les  expériences  deM.  Fyfe  ont  prouvé  que  la  magnésie 
pure  et  cai’bonatée  ,  qui  est  très -peu  soluble  dans  l’eau  , 


ii8  bxthaits 

l’est  beaucoup  plus  à  froid' qu’à  chaud.  A  i5  degrés  , 
5  (  th.  eehligri);,  l’eau  prend' de  son  poids  dé  ma¬ 
gnésie,  tandis  qu.’à  ipd  degrés  elle  n!en  dissout  qu’un 
Suivant  M.  Wollaston,  on  peut  découvrir  la  ma¬ 
gnésie  dans  une  liqueur  limpide ,  en  étendant  une  couche 
de  la  liqueur  sur  une  lame  de  verre ,  en  traçant  sur  cette 
dame,  avec  la  pointe  d’un  tube  de  verre,  des  caractères 
quelconques;  s’il  y  a  de  la  magnésie,  on  pourra  lire  les 
caractères  qui  seront  très-apparens  ;  dans  lé  cas  contraire , 
on  n’apercevra  rien.  On  explique  ce  phénomène  par  le 
dégagement  de  chaleur  produit  par  le  frottement  du  tube 
de  veyre  sur  la  plaque. 

On  distinguera  la  strontiane  de  la  baryte,  en  dissolvant 
dans  l’eau  les  sels  solubles  qui  contiennent  ces  alcalis ,  en 
ajoutant  un  excès  de’ sulfate  de  soude  et  en  filtrant.  Si  la 
liqueur  filtrée  et  limpide  sè  trouble'  par  le  sous-carbonate 
de  potasse ,  l’alcali  est  de  la  strontiane  ;  dans  le  cas  con¬ 
traire,  c’est)  de  la  baryté.,  Ge  procédé  repose  sur  l’inso*- 
lubiUlé  du  sulfate  de  baryte ,  tandis  que  le  sulfate  de 
strontiane:  est;  légèrement  soluble. 

.'Mi  Serulas  a  découvert  un  nouveau’  corps  en  petite^ 
paillettes  nacrées  d’un  jaune  de  soufre;  ille  croit  formé 
d’iode,  d’hydrogène -et  de  carbone.  On  l’obtient  en  je¬ 
tant  du  potassium ,  par  petites  portions ,  dans  une  dissolu¬ 
tion  alcoholique  d’iode,  et  en  ajoutant  dé  l’eau  aussitôtque 
la  dis.'ïolution.  d’iode  est  décolorée;  le  nouveau  produit  se 
précipite  sur  le  champ;  on  le’lave.  Il  est  évident  que  l’al- 
cohol  a  été  décomposé  en  partie.  ^ 

L’hydriodate  deq)otasse  ,  dont  on  fait  «in  assez  grand 
usagé  aujourd’hui  danS'  le*  traitement  dés  gottres,  etc.  , 
se  prépare  de  préférence  par  le  procédé  suivant,  dû  à 
M.  Caillot  :  on  place  dans  un  matras  de  verre  quatre  par¬ 
ties  d’ioeje,  deux  de  limaille  de  fer  lion  Touillée ,  et  envi¬ 
ron  vingt  d’eau;  l’iodure  de  fer  formé  étant  soluble  dans 


ET  AMALYSES.  Ilig 

l’eau  ,  011  décante  et  ont  lay&  le“  résidu  ;  on  verse  dans  le 
liquide  du  sous-carbonate  de  potasse  .pur  jusqu’à- cd  que 
la  liqueur  ne  précipite  plus,  que  légèrement;  alors  on 
achève  la  dépomposition  par  la  potasse  caustique  étendue 
d’eau  ;  on  filtre,  on;  fait  évaporer  etcristalliser.  Daps  cette 
expérience ,  l’eau  est  décomposée  au  moment  del’addition 
du  sous-carbonate  de  potasse  „  sou  oxygène  oxyde  le  fer , 
son  hydrogène  forme ,,  avec  l’iode.,  de  L’acide  hydriodiqne 
qui  s’unit  à.  la  potasse.  L’hydriodàtc  de  potasse  du  eoiû- 
merce  contient  souvent  ^  diaprés  M..  Rohiqjuet ,  des  hydro- 
chlorates  de  potasse  et  dc.soude ,  soit  qu’ils:  aient  été  ajou¬ 
tés  à  dessein,  soit  qu’ils  proviennent  des. soudes-wareek 
qui  ont  servi  à  la  préparation,  de  l’iode.  On  détermine 
leur  .présence  en  décomposant  l’hydriodate  par  l’acide  nir- 
Irique  à  l’aide  de  là  ehaleur  la  masse  qui  reste ,  quand 
il  ne  se  volatilise  plus  d’iode ,  dissoute  dans  l’eaU.,  ne  préci¬ 
pite  point  par  le  nitrate  d’argent,  si  l’hydriodate.  est  pur  ; 
elle  fournit;  un.  précipité  blanc  caillehoté  de  chlofure  d’ar¬ 
gent,  si  le  sel  contient  des  hydroehlorates.  La  pommade 
d’hydéiodatp  de  potasse  doit  être  préparée  extemporané- 
ment  ;  car ,  d’après  des  observations  récentes  de  M.  Gàl- 
lard  ,  les  graisses  un  tant  soit  peu.  rances  décomposent  le 
sel ,.  en  cédant  leur'  oxygène  à.  l’hydrogène  de  l’acide  hy- 
driodique ,.  en  sorte  qu’il  y  a  de  l’isde  et  de  la  potasse 
mis  à  nus.  * 

Le  prix  proposé  par  la  Société  de  pharmacie  do  Paris  , 
pour  l’année  1822  ,  a.  donné  lieu  à  des  travaux  împortans 
par.  MM.  Bpssy  Payen  ,  Defosse  ete.  ;  nous  croyons 
devoir  eu  consigner  les  principaux  résultats  :  1 Le  char¬ 
bon'  agit  siu  les  matières,  colorantes  sans  les  décomposer  ; 
ilise  combine  avec  elles  à  la  manière  del’aluçnine  en.geléè  ; 
l’onpeut,  dans  certains  cas  ..faire  paraîti'e  et  disparaître  la 
couleur  absorbée.  2.“  Le  charbon  ,  quelle  que  soit  sa  na- 
turc ,  est  toujours  plus  décolorant ,  lorsqu’il  cstmàt  ét  divisé 


chimiquement ,  que  dans  le  cas  où  il  est  brillant  et  comme 
vitrifié.  5.°  C  est  envain  que  l’on  calcine  le  charbon  ani¬ 
mal  qui  a  déjà  servi  à  la  décoloration ,  pour  lui  communi¬ 
quer  de  nouveau  la  faculté  de  décolorer;  car  il  se  forme 
pendant  la  calcination  des  matières  absorbées ,  du  char  ' 
bon  végétal  qui  recouvre  le  charbon  animal  comme 
d’une  couche  imperméable  et  vitreuse.  4.»  Les  sub¬ 
stances  étrangères  au  carbone,  et  particulièrementles  sels 
terreux ,  n  ont  dans  1  acte  de  la  décoloration  qu’une  action 
accessoire ,  variable  ,  et  dépendant  particulièrement  de  la 
nature  du  liquide  soumis  à  l’action  déoolorante  du  char¬ 
bon.  5.“  Le  charbon  qui  a  déjà  servi  peut  encore  déco¬ 
lorer  si  on  lui  enlève  les  matières  absorbées^,  soit  par  des 
agens  chimiques,  soit  dans  certains  cas  par  la  fermentation. 
6.°  Le  charbon  végétal  peut  être  fort  décolorant ,  s’il  a 
obtenu  avec  des  matières  préalablement  mêlées  à  des 
substances  qui  puissent  s’opposer  à  l’aggrégation  des 
molécules  charbonneuses,  telles  que  les  os  calcinés  à  blanc, 
la  pierre  ponce ,  etc.  7.“  Les  matières  animales  molles  peu¬ 
vent  fournir  un  charbon  aussi  décolorant  que  celui  des 
matières  solides ,  si  on  fait  usage  des  substances  dont  nous 
venons  de  parler.  8.°  Enfin  les  alcalis  fixes  augmentent 
considérablement  la  propriété  décolorante  du  charbon 
dont  ils  atténuent  les  molécules  :  ceci  a  lieu  surtout  lorsque 
le  charbon  contient  de  l’azote  ,  qu’il  peut  perdre  par  la 
calcination  avec  ces  alcalis. 

Dans  un  travail  remarquable  sûr  la  composition  des  sul¬ 
fures  alcalins,  M.  Berzélius  établit  1  .“que  les  foies  de  soufre, 
regatdés  jusqü’à  présent  comme  des  sulfures  alcalins  ou 
terreux ,  spnt  des  combinaisons  du  soufre  avec  le  radical 
métallique  de  l’alcali  ou^de  la  terre.  2.“  Que  lorsque  le 
sous-carbonate  de  potasse  estfondu  avec  le  soufre,  pour  ob¬ 
tenir  le  foie  de  soufre  ordinaire ,  un  quart  de  la  potasse  sert 
à  former  du  sulfate  de  potasse,  etlesàntrestroîs-quarts  sont 


convertis  en.  sulfure  de  potassium.  On  est  'parvéïiu  ù  cés 
résultats  en  déconiposant  le  sulfate  de  potasse  par  l’hydro¬ 
gène  et  le  soufre  ;  la  quantité  d’oxygène  absorbée  par 
ces  deux  corps  est  telle,  qu’ils  ont  dû  s’emparer  non 
seulement  de  celui-  que  renferme  l’acide  sulfurique  ,  m'ais 
encore  de  celui  que  contient  la  potasse. 

Eauæmtnérales.  On  doit  s’àttendreà  des.changemens  im- 
portans  dans  les  analyses  des  eaüxminérales.depuisqueMM. 
Longchamp  ,  Berthier,  et  autres  chimistes  distingués  par¬ 
courent  les  différentes  sources  et  font  les  analyses  sur  les 
lieuxmêmes.  M.  Berthier  a  trouvé  dans  l’eau  duptifts  de  Cé~ 
sar  au  Mont-d’Or ,  sur  i  ,000  grammes  o,ooo635d  de  car¬ 
bonate  de  soude  neutre  ;  o,ooo38o4  d’hydro'chloratc  de 
soude;  o,oooo655  de  sulfate  de  soude;  0,0001600  de 
carbonate  de  chaux;  0,0000600  de  carbonate  de  magnésie; 
0,0002  100  de  silice  et  d,ooooioo  d’oxyde  de  fer;*on 
suppose  ces  sels  privés  d’eau  —  Les  eaux  de  S.“  Nectaire, 

(  Puy-de-Dôme  )  contiennent,  d’après  le  même  chimiste  , 
sur  2, 5oo  grammes  o,ooi545  d’acide  carbonique  libre; 
0,002024  de  sous-carbonate  de  soude;  0,002420  d’hy- 
drochlorale  de  soude  '  0,0001 56  de  sulfate  de  soude; 
Oi00o44o  fie  carbonate  de-  chaux;  0,000240  de  carbo-- 
nate  de  magnésie;  0,0,00100  de  silice*;  o,ooooi4  d’oxyde 
de  fer  ;  on  suppose  ces  sels  sans  eau. 

Les  eaux  sulfureuses  de  Barèges  ,  de  Gauttè'rets  et  de 
Saint-Sauveur  qui  passent  pour  contenir  de  l’acide  kydro- 
stif/ttrtqae  (hydrogène  s.ulfuré) ,  de  l’adde  carbonique,  de 
l’azote ,  une  matière  végéto-animale  ,  etc  ,  ont  été  l’objet 
des  recherches  de  MM.  Anglada  et  Longchamp  ,  mais 
surtout  de  ce  dernier  qui  a  bien  voulu  ncfüs  communiquer 
quelques  détails,  encore  inédits.  Ces  eaux  ne  conlieiinent 
que  de  leurs  poids  de  principes  fixes.  Elles  ver¬ 
dissent  le  sirop  de  violettes  ,  et  ne  se  troublent  point  par 
l’éau  de  chaux.  Au  moment  où  elles  sortent  du  sein  de  la 


RAITS 


122  EXT 

terre  elles  contiennent  de  la  soude  caustique  ,  àe  l’hy~ 
drosulfate  de  soude  probabletnent  sulfuré  ,  du  sulfate 
et  des  traces  d’hydrochloràte  de,  soude  ,  un  .peu.de 
sous-carbonate  de  chaux  et  de  magnésie  ,  une  petite 
quantité  de  silice ,  une  très-petite  proportion-  d’une  matière 
animale  particulière ,  distincte  de  la  gélatine  ,  à  laquelle 
M.  Longchatnp  donne  le  nom  de  bavégine  et-  du  gaz 
azote;  elles  ne  renferment  ni  de  iîoccjgèwe  ni  de  l’aeide 
hjdrosulfuTique  (hydrogène  sulfuré)  libres.  Expose-t-on 
ces  eaux  à  l’air  ,  elles  se  décomposent  promptement. , 
en  absorbant  l’oxygène  et  l’acide  carbonique  ;  fa- soude 
passe  à  l’état  de  sous  carbonateet  l’bydrosulfate  de  soude 
se,  transforme  eniAjposw/jfiYe, J  sels- très-dilFérens  et  dont 
l’action .  sur  l’économie  animole  n’est  pas-  la  même  ;  il 
suffit  qu’il  y  ait  un.  pouce,  cube  d’air  entre  le  bouchon 
de  la  bouteille  et  le  liquide,  pour- changer  tout  l’hydro- 
sulfate  do  soude  en  hyposulfite.;  d’oü  il  suit  que  ces  eaux 
sulfureuses  ne  doivent  être  bties-  qu’à  la  source.  L’eau-  de 
la- grande  douche  ,  qui  est  la  plus  sulfureuse  de  Barèges , 
ne:  contient  q.ue  0,000282  d’hydrogène  sulfuré  à  Eétat 
d’hydrosulfato  ;  si  om  la  fait  bouillir  pendant  une  heure  , 
elle  perd,  un  quart  de  son,  poids  environ  de  cet  acide  , 
c’èst  ce  qui  avait  fait  cvoive  jusqu’è  présent  que  Eacide 
hjdrosùlfurique  y  était- /s'hra  ;tl-.  est  d’autant  pins  extra¬ 
ordinaire  que  cet  acide  se  dégage,,  que  l’eau  contient  de 
kl  soude  libre.  M.  Longchamp  .  rapporte  en  grande  partie 
àî  eet  aJealii  les  bons  effets  de  ces  eaux  sulfureuses  ..ainsi,, 
que  là  propriété  qu’elles  ont,  d’adoucir  la  peau.  '  M-. 
Ainglada^,' établit  de  son  coté-quéles  eaux  sulfureuses  des 
Pyrénées-Orientales  ,,  ne  doiventpoint  leur  vertu  à  l’acide 
hj^dvàs-ulfuniquc,  libre  ,  naais  bien  à  un  bydnosulfato 
alcalin  ,,  qui  y.  est  constamment  qjSsocié  à  un  soas-oarbo- 
nale  également  alcalin  ;  qu>’elles  dégagent  de  l’azote  à  leur 
source ,  azote  qui- provient  d’une  portion  d’air  que  ces  eaux 


ET  ANAEYSES.  ia5 

contiendraient ,  et  dont  l’oxygène  se  serait  combiné  avec 
le  soufre.  Ce  fait,  comme  neds  l’avons  déjà*  dit ,  n’est  pas 
admis  par  Mi  Longchamp.  ,  O  n  f  ix  a. 


EXTRAITS  DE  JOURNAUX. 


Amputation  de  la  mâchoire  inférieure.  —  Jean-Louis 
de  Beauae,âgé  de  j>8  anSj  d’une  constitution  fort  sèche, 
mais  robuste ,  eut, en  1 8 1 9  ,  suc  la  lèvre  inférieure ,  un  petit 
bouton  qu’il  écoreha.  Il  eniésultauneulcéralifen  peu  éten¬ 
due,  mais  accompagnée  de  gonflemdnt  des  parties  environ¬ 
nantes  ,  qui  fit  peu  à  peu  fies  progrès ,  et  qui  finit  par  envahir 
toute  la*  lèvre  inférieure.  Au  bout  d’environ  trois  ans , 
désespéré  du  pou  de  succès  de  tous  les  moyens  qu’on  lui 
avait  conseillés,  il.  vint  à,  l’hôpital  St.-Éloy,  le  -a 3  mai 
1802.  Presque  toute  la  lèvre  inférieure  était  détruite  d.’une 
commis-sure  àt  l’autre;  ce  qui  en  restait  était  tuméfié , 
boursoufle,  inégal,,  irrégulier  oomme  la  surface  d’un 
choufleur ,  dur  et  renversé  en  dehors ,  saignant  au  moin¬ 
dre  contact.  L’engorgement  s’étendait  jusqulau  bord  in¬ 
férieur  du  m'énton.  Le  malade  y  ressentait  des  douleurs 
pongitives  et  lancinantes.  La  maladie  était  tx^op*  avancée 
pour  qu’on  pût  espéx’er  de  là  guérir  par  aucuni  traitement. 
Le  malade  paraissait  d’une  sensibilité  un  pou  obtuse  ;  il 
était  délei'miné  à  tout,  supporter  pour  guérir..  Je  l’-opérai , 
dit  M.  Lâllèmand  ,  pi'ofesseur  à  la  faculté  de  médecine  de 
Montpellier,  le  27  .mal,  de  la  manière  suivante  : 

La  partie  malade  fut  cinconscx’ite  par  deux,  incisions 
semi-elliptiques ,  commençant  sur  la  lèvre  supérieure  ,  à 
cinq  ou  six  lignes,  de  la.  commissure  ,  et  finissant  vers  le 
milieu  du  cartilage  thyroïde  ;  elles  étaient  très-convexes 
supérioui'emenl  et  presque  di-oiles  inférieurement.  Comme 
la  tumeur  était  mobile,  je  Voulus '.savoir  si  lo  périoste 


124  EXTRAITS  , 

était  sain  ,  mais  je  le  trouvai  engorgé  ,  épaissi,  lardacé  y 
d’ailleurs  l’os  était  déjà  affecté.  J’abandonnai  bientôt  l’i¬ 
dée. de  conserver  la  mâchoire  ,  je  disséquai  la  joue  jus¬ 
qu’au  bord  antérieur  des  muscles  masséters  de  chaque 
côté.  Dans  cet  endroit ,  le  périoste  paraissant  parfaitement 
sain  ;  je  cernai  l’os  en  haut ,  en  dehors  et  en  bas ,  et  je  le 
sciai  un  peu  obliquement  de  dehors  en  dedans  et  de  de¬ 
vant  en, arrière ,  en  commençant  par  le  côté  gauche  j  en¬ 
suite  je  détachai  les  muscles  et  les  parties  molles  qui  s’at¬ 
tachent  à  la  face  interne  de  la  inâchoire,  et  je  sciai  le 
côté  droit  (ïe  la  meme  manière.  Je  liai  successivement  les 
artères  labiales ,  sou?-maxillaires  ,  ranines,  et  quelques 
autres  rameaux  qui  donnaient  du  sang.  J’attendis ,  pour 
panser  la  plaie  j  que  toute  hémorrhagie  eût  cessé  depuis 
un  quart-d’héurej  Je  réunis  l’angle  inférieur  de  la  plaie  au 
moyei^de  trois  aiguilles  et  det  la  suture"  entortilléeV  je 
rapprochai  les  brânbhes  de  la  mâchoire  ,  et  les  parties 
molles  qui  les'  recouvraient,  avec  des  bandelettes  aggluii- 
natives  ,  après  avoir  rdmpli  l’intervalle  qui  les  séparait 
avec  de  là  charpie.  Le  tout  fut  maintenu  par  des  compres¬ 
sés  et  quelques  tours  de  bande.  • , 

"  Peu  de  temps  après  l’opéVation ,  les  points  de  suture 
refoulant  les  parties  inollés  comprises  entre  le  larynx  et 
là  base  de  la  langue  ,  et  les  muscles  de  cet  organe  qui 
s’insèrent  à  la  mâchoire  ayant  été  détachés ,  le  malade 
éprouva  une  telle  gêné  de  la  respiration ,  qu’il  arracha  le 
bandage.  Une  hémorrhagie  abondante  se  déclara.  La 
plaie  fut  mise  à  nu  pour  chercher  et  lier  les  vaisseaux. 
On  relira  lés  aiguilles.  Ces  tentatives  furent  infructueu¬ 
ses  ;  la  compression  était  impraticable.  On  eut  alors  re¬ 
cours  à  l’qpplicalion  réitérée  du  fer  rUuge  sur  toute  la 
surface  saignante.  Le‘  sang  qui ,  après  la  cautérisation  , 
continuait  à  jaillir ,  s’arrêta  lorsqu’on  eût  appliqué  de 
l’agaric  pendant  quelques  minutes.  Le  pansement  fut  fait 


ET  AN-A-EÏSES. 


125 

seulement  avec  des  bandelettes  agglutinatives  pour  soute¬ 
nir  les  parties ,,  et  des  tours  débandé  fort  lâches. 

Los  symptômes  inflammatoires  et  fébriles ,  insépara¬ 
bles  d’une  telle  opération ,  s’étant  calmés  ,  la  plaie  mar¬ 
chait  vers  une  prompte  guérison  ,  lorsque  divers  acçidens 
vinrent  la  retarder ,  et  firent  craindre  la  repullulation  de 
la  maladie  cancéreuse.  L’action  des  muscles  masséter  et 
ptérigoïdiens  n’étant  plus  contrebalancée  par  celle  des 
abaisseurs  .  deux  dents  molaires  cariées  et  inégales  de  la 
mâchoire  supérieure  s’enfonçaient  dans  les  parties  molles 
qui  recouvraient  l’inférieure.  Il  survint  .  successivement 
de  chaque  côté .  une  ulcération  large,  profonde,  dou¬ 
loureuse  ,  ir  bords  durs  et  renversés,  occupant  les  gen¬ 
cives  et  la  membrane  muqueuse  de  la  joue.  Ces  ulcères 
guérirent  après  l’extraction  des  dents.  Plus  tard  ,  il  se 
forma ,  au  bout  de  chaque  portion  de  la  mâchoire  ,  plu¬ 
sieurs  petits  abcès  qui  laissèrent  autant  de  points  fistuleux 
avec  des  fongosités  saillantes  ;  l’exploration  de  ces  fistules 
fit  découvrir  la  dénudation  de  l’os;  Quelques  jours  après 
il  était  mobile ,  et  l’on  fit  l’extraction  de  plusieurs  frag- 
mens  ,  qui  formaient  ,  à  chaque  côté,  un  cercle  complet 
sur  lequel  on  distinguait  les  traits  de  scie.  La  plaie  dès-lors 
se  cicatrisa ,  lé  5o.“  jour  après  l’opération.  Mais  il  existait 
entre,  les  deux  bouts  de  la  mâchoire  un  intervalle  d’envi¬ 
ron  deux,  pouces ,  par  lequelpaSsait  la  langue  et  s’écoulait 
la  salive.  Les  sons  étaient  mal  articulés.  M.  Lallemand  fit 
faire  un  menton  en  argent  qui -retint  la  salive' à  l’aide 
d’une  éponge  renfermée  dans  la  partie  saillante ,  et  que  lé 
malade  exprimait  en  la  pressant  avec  la  langue.  Au  moyen 
de  cet  appareil ,  on  entend  le  malade  assez  distinctement. 
{Journ.  Univers,  des  Scicnc.  méd.  )  (i)., 

Celle  opération  et,  le  UaitemeDt  consécutif  font  honneur  au 
talent  chirurgical  de  M.  Lallemand.  Les  détails  nous  en  ont  paru  tel- 


126  EXTRAITS 

Observation  d’hydrtqpisie  lie  l’ovaire  droit,  guértepar 
l’extirpation  du  kyste.  — -  line  femme  ngée  de  35  ans, 
portait  depuis  long-temps  dans  le  côté  droit  ,,une.  titmeur 
qui,  après  avoir  disparu , plusieurs  fois,  se  développa  de 
nouveau,,  et  prit  successivement  un  volume  plus  consi¬ 
dérable  qu’auparavant.  Cette  tumeur,  paraissant  apparte¬ 
nir  à  Tovaire ,  était  très-mobile  ;  on  y  distinguait  une 
fluctuation  manifeste  ;  .elle  augmentait  rapidement.  Le 
docteur  Nathan  Smith  considérant  que  cette  afieciion  , 
quoique  n’ayant  pas  encore  d’influence  bien  profonde  sur 
la  santé,  entraînerait  bientôt  la  .jierte  de  la  malade.,  ré¬ 
solut  d’en  tenter  la  guérison  par  une  opération  ;  il  la 
pratiqqa  ,  le  5  juillet  1821  ,  de  la  manière  suivante; 
La  malade  couchée  sur  un  lit ,  la  tête  et  les  épaules  un 
un  peu  élevées  ,  un  aide  poussant  et  fixant  la  tunacur  vers 
le  milieu  de  l’abdomen  ,  ilfit,  à  un. pouce  environ  au-des  ¬ 
sous  de  l’ombilic  et  dans  le  milieu  de  la  ligne  blanche  , 
une  incision  de  trois  pouces  debaut  en  bas.  Arrivé  au  pé¬ 
ritoine  ,  il  attendit  que  le  sang  eût  oessô  de  couler.  Ensuite 
il  fendit  la  séreuse  abdominale  .dans  la  même  étendue  que 
les  parties  externes.  La  tumeur  fut  dès-lors  très-visible.  Il 
rpconnutavec  le  doigt  qu’elle,  adhérait  à  droite  ,  dans  une 
cer.taineétendue ,  à  la  paroi  du  ventre,  entre  l’épine  iliaque 
et  les  fausses  côtes.  Il  la  perça  avec  un  Irois-quarts-et  en 
relira  hqit  livres  de  liquide  brunâtre  et  filant.  Ensuite  il 
tira  au  dehors  le  sac  qui  entraîna  avec  lui  une  grande 
partie  de  l’épiploon  qui  lui  adhérait.  Il  les  sépara 
avec  le  bistouri  ,  lia  deux  artères  avec  de  fortes  li 
gâtures  ,  et  repoussa  l’épiploon  dans  l’intérieur.  Il 
continua  à  tirer  le  sac  jusqu’à  ce  que  le  ligament 
de  l’oyaire  parût.  11  .en  fit  la  section  ,  en  ayant  la 
précaution  de  lier  deux  petites  artères.  Enfin,  il  détacha 

Icment  imjiorlatis',  que  nous  aVoirs  pensé  né  devoir  que  Ircs-peii  les 
.abréger.  . 


ET  .ANALYSES.  Ï27 

le  sac  de  la' paroi  aidominile  à  laquelle  il  adhérait  dans 
l’étendue  de  deiix  pouces  carrés  ;  en  donnant  antérieu¬ 
rement  un  petit  coup  dehistouri,  il  ;achèva  de  le  séparer 
avec  les  doigts.  De  cette  manière  il  enleva  le  sac  tout 
CQitier  qui  pesait  de  deux  à  iqnatrc  onces.  Lincision  lut 
réunie  avec  des  handelettcs  agglmtlnatives  ,  et  l’a'bdomen 
serré  avec  un  bandage  de  eorpS.  ilucun  accident  ne 
suivit  icette  opération,  «t  làmalade ,  entièrement  guérie 
au  bout  de  trois  semaines,  is’est -très-bien  portée'  depuis. 
f  Eœiraît  du  Journ.  de  Méd.otée  .Clvir.  £ Edimbourg  ^ 
■par  Mitivié  )• 

Observatiomsnr  te  mifate'de'.qiwmineja'moii'fikine,  etc. 
— ■  Le  professeur  de  'clinique  Mathæis  a  fait  à  Rome  des 
expériences  sur  différens  médicamons,  et  spédialenpnt 
sur  le  sulfate  de  quinine  j'qui  vieàneaitâ  l’appuiÆosobser- 
valioBS  de  plusieurs  médecins  ifrançais.  Le  territoire  de 
Rome  nè  doûûe  que  trop  d’occasions,  dans  l’été  set  d’au¬ 
tomne  ,  d’observer  des  fièvres  pérroditjnes  iet  ide  répéter 
de  pareilles  expériences.  Le  professeur  de  !Romé  a  icom- 
mencé  b  adininistrer  oa  isel  à  la  dose  de  iquatre  à  cinq 
grains  dans  une  ôuillerée  d’eaii  ,  trois  nu  -quatre  fois  par 
jour,  dans  rihtermissiom  -ou -la ‘rémission  de  la  îièvrè.  Il  a 
trouvé  nécessaire  Ja  dose  de  quiiiee  jnsqu!ù  trènte-cinq 
grains  donnée  ,  en  deux. ou  irpis  |ours  au  plus  pour  ar¬ 
rêter  jes  diverses  espèces  de  fièvres  .périodique^.  Ainsi  oi 
malades  ont  .été  guéris  plus  ou  moins  vite  par  l’usage  dû 
nouveau  remède.  Le  type  le  plus  ordinaire  des  fièvres  a 
été  celui  de  la  tierce  simple  ou  double  ,  jamais  de  fièvre 
quarte.  Dbuxgrçsde  médicament.,  dont  il  s’est  servi,  pro-: 
venaient  directement  de  Paris ,  de  M.  Pelletier  ;  le  reste  a 
été  composé  par  le  professeur  pharmacien  Çonti ,  selon  la 
méthode  de  Henry.  Dans  deux  casdefièvres  compliquées, 
oü  d’une  apparence  pernicieuse  ou  subcontinue ,  on  a 
employé  ,  suivant  l’ancienne  méthode ,  de  fortes  doséS  de 


quinquina,  dans  le  même  temps  qu’on  faisait  usage  du 
Biilfate  de  quinine  ;  d’autres  fièvres  périodiques  ont  été 
traitées-  d’après  la  manière  usuelle  par  le  quinquina  en 
poudre,  et  toutes  avec  le  même  résultat,  après  la  con- 
sommation  de  trois  ou  quatré  onces  de  quinquina  pour 
chacune.  Le  sulfate  de  quinine  n’a  jamais  %té  associé  avec 
d’autres  médicamens.  Après  ces  expérieqces ,  faites  sur  le 
sulfate  de  quinine  et  sur  le  quinine  pur  ,  le  professeur  Ma- 
thæis  a  expérimenté  d’autres  l'emèdes  nouveaux ,  et  même 
quelques-uns  qui,  sans  être  nouveaux  ;  lui  ont  paru  dignes 
d’observation  ,  tels  que  l’émétine,  la  morphine,  l’huile  de 
semence  de  C roton  tiglium,et  les  feuilles  du  rims  toxicoden- 
dron.  L’éinétine  a  été  employée  sur  cinq  malades  depuis 
la  ^se  d’un  grain  jusqu’à  quatre.  Un  seul  grain  a  suffi 
quelquefois  pour  exciter  les  nausées  ;  deux  grains  ont  pro¬ 
voqué  des  efforts  de  vomissemens ,  et  (Quatre  grains  ont 
fait  vomir  plusieurs  fois.  Il  trouva  par  conséquent  démon- 
tréqu’une  vertu  émétique  très-puissante  réside  dans  le  prin¬ 
cipe  alkalin  de  ripécacuanha.  Mais  la  morphine ,  qu’on  vante 
comme  la  partie  narcotique  de  l’opium,  quoique  exacte¬ 
ment  préparée  d’après  la  méthode  de  Robiq-uèt ,  n’a  pas  ré¬ 
pondu  à  l’attente  :  elle  fut  employée  sur  six  malades  ,  à 
phisieurs  fols ,  sans  présenter  aucune  supériorité  sensible 
sur  l’opium ,  relativement  à  la  propriété  calmante  ou  somni¬ 
fère.  L’huile  de  Croton  ttglium ,  remède  indien,  a ,  au  con¬ 
traire  surpassé  toute  attente,  quoique  le  professeur  fût 
très-bien  prévenu  de  sa  force  drastique.  A  la  dose  d’une 
goutte,  et  memé  d’dne  demi-goutte  mêlée  à  uue  cuillerée 
d,è  sirop  de  guimauve ,'  ce  médicament  a  produit  quinze  , 
et  jusqu’à  vingt  selles  ,  et',  ce  qui  est  le  plus  important , 
sans  le  moindre  dérangement  ni  douleur.  Deux  femmes 
qui  avaient  une  constipation  depuis  trois  jours  (une  était 
soupçonnée  du, ver  solitaire ,  et  l’autre  avait  une  hydropisie 
ascite)  eurent  des  ■  évacuations  très-copieuses  et  nom- 


ET  ANALYSES. 

breuses ,  une  heure  après  avoir  pris  une  si  petite  dose  de 
cette  huile,  qui  doit  obtenir  la  première  place  parmi  lès 
plus  puissans  drastiques  que  nous  connaissions.  Il  n’y  a  eu 
aucun  résultat  marqué  de  l’ usage  du  suc  des  feuilles  du 
rhus  toxicodendron.  [Extrait  des  épkémérides  de  Rome , 
parM.  Fossati). 

Observations  sur  la  structure  des  tendons,  par  le 
professeur  Isenflamm  à  Erlangen.  —  Parmi  les  parties 
du  corps  humain  dont  la  structure ,  ainsi  que  le  mode 
d’action ,  sont  encore  peu  connus  ,  on  doit  compter  les 
tendons. 

M’étant  livré  à  une  série  d’expériences  ,  dans  le  but  de 
reconnaître  la  structure  des  tendons ,  leur  composition  chi" 
mique  et  leur  rapport  avec  les  fibres  charnues ,  je  vais 
exposer  en  peu  de  mois  les  résultats  de  ces  mêmes 
expériences. 

Les  principes  constitutifs  des  tendons  du  corps  ani¬ 
mal  sont  les  mêmes  que  ceux  des  muscles  ,  avec  celle 
différence  cependant,  que  le  charbon  des  tendons  ne  con¬ 
tient  aucun  sel. 

•  Les  principaux  élémen s  anatomiques  des  tendons  sont  : 
1.°  du  tissu  cellulaire,,  disposé  en  fibres  parallèles  ou 
même  transverses ,  comme  par  exemple. dans  les  mem¬ 
branes  tendineuses;  .2.''  du^luten .  animal ,  et  3.“  enfin, 
de  l’albumine  qui ,  concurremment  avec  les  fibres  cellu¬ 
leuses  ,  donne  aux  tendons  cet  aspect  satiné. 

Des  tendons ,  pris  sur  des  sujets  différens. sous  le  rap¬ 
port  de  l’âge! et  du  sexe,  furent, macérés  dans  de  l’eau  è 
une;  température  médiocre.  En  lés  examinant  au  bout  do 
six  semaines  ,  on  y  distinguait.très  bien  les.  fibres  parallèles. 
Ces  fibres  étaient  d’un  aspect  tant  soit  peu  grisâtre  dans 
leç  tendons  d’hommeS ,  blanches  dans  ceux  de, femmes ,  et 
entièrement  resplendissantes  dans  ceux  d’enfans. 

Des  tendons  ,  coupés  transversalement  et  soumis  à  l'é- 

1.  Ç) 


l5o  EXTRAITS  BT  ANALYSES, 

büllition  peridant  six  heures ,  furent  macérés  dans  de  l’eau 
durant  l’espace  de  quatre  semaines.  Au  bout  de  ce  temps 
on  les  examina ,  et  l’on  y  recennut  des  filamens  très-dé- 
liésj  que  l’on  distinguait  d’autant  plus  facilement  que  par 
l’effet  de  l’ébullition  et  de  la  putréfaction,  le  lissü  cellu¬ 
laire  se  trouvait  dépouillé  de  son  gluten,  ainsi  que  de  son 
albumine, 

La  même  macération  fut  faite  dans  l’eau-de-vie  ,  l’eau 
de  chaux,  l’acide  sulfurique  et  dans  l’acide  nitrique.  Dans 
toutes  ces  expériences  j’ai  été  à  même  de  me  convaincre 
que  la  structure  interne  des  tendons  consiste  dans  un  as¬ 
semblage  de  filamens  blanchâtres  qui,  resserrés  et  dispo¬ 
sés  parallèlement  isont  imprégnés  de  gluten  et  d’albumine. 

Quant  à  la  question  de  savoir  si  les  tendons  sont  doués 
de. nerfs,  on  peuti  ju'sqü’à  un  certain  point,  y  répondre 
affirmativement ,  puisque  la  sensibilité  manifestée  par  ces 
organes  dans  l’état  de  maladie ,  y  suppose  en  quelqde 
sorte  la  présence  de  nerfs  ,  et  qu’il  est  reconnu  d’ailleurs 
qu’aucune  propriété  vitale  ne  peut  être  produite,  mais 
seulement  développée  par  un  état  morbide. 

Lorsqu’un  muscle  se  contracte  ,  les  tendons  de  l’une  et 
l’autre  extrémités  du  muscle,  loin  de  participer  à  la  côm 
traction  j  éprouvent  au  contraire  un  moutemetit  d’èXtén- 
sioh  ,  qui  quelquefois'  est  si  fort  j  que  lès  tendétiS  Se  rom¬ 
pent.  Cependant  j  en  vertu  de  la  grande  élasticité  par  la¬ 
quelle  les  tendons résistept  h  l’exteOsion  dès  musclés,  ils 
se  contractent  de  manière  que  l’on  petit  les  considérer 
comme  les  antagonistes  do  leurs  mUscléS'respéctifs. 

L’opinion  de  quelques  anatomistes  >  qui  pensent  que  les'- 
fibres  tendineuses  ne  sont  autre  chose  que  des  fibrès  mus¬ 
culaires  durcies  ,  nie  parait  d’autant  plus  dénuée  de  fonde¬ 
ment  ,  que ,  outre  la  différencé  inaniféste  entre  la  nature 
de  ces  deux  sortes  de  fibres  ,  on  trouve  des  filamens  ten¬ 
dineux  dans  certains  polypes  comîne  dans  certaines  tu- 


VAHIÉTÉS.  l5i 

meurs  enkystées ,  tandis  que  l’on  n’y  observe  jamais  la 
moindre  trace  de  fibres  musculaires. 

Quant  enfin  à  l’ossification  des  tendons ,  on  l’observe 
chez  dés  sujets  d’un  âge  fort  avancé ,  mais  elle  a  lieu  si 
rarement  dans  l’espèce  humaine ,  que  jamais  je  n’ai  eu 
occasion  encore  de  voir  des  tendons  ossifiés,  (j&ccfwtt  du 
Journal  allemand  d’Isenfldmm ,  ^ar  E.  Majrtini). 


VARIÉTÉS.  ^ 


Séances  de  l’Académie  royale  de  Médecine^ 

Le  7  janvier  ,  l’Académie  a  arrêté  qu’elle  nommerait 
une  Commission  spécialement  chargée  de  l’ëxamén  dos 
remèdes  nouvellemen  t  proposés. 

Le  meme  jour ,  MM.  Lonyer-Villermay  et  Hipp.  Clo- 
quet  ont  fait  un  rapport  sur  un  Mémoire  de  M.  Grand- 
champs sur  l’ivresse.  ,  ,  . 

M.  Esquirol  a  présenté  le  larynx  d’une  personne  morte 
subitement  en  mangeant.  Ce  larynx  renfermait  un  mor¬ 
ceau  de  viande. 

Le  i4.  M.  Collineau  a  lu  une  observation  sur  un 
squirre  de  la  vessie  avec  hématurie.  ' 

M.  Andral  fils  a  présenté  une  pièce  d’anatomie  patho- 
logjque.  C’était  un  poumon  renfermant  uhé  énorme  quan¬ 
tité  d’acéphalocystes  ,  dont  plusieurs  étaient  l'ogéés-  dtm's 
les  veines  pulmonaires.  .  .  î 

M.  Béclard  a  lu  pour  M.  Eugène  Desportés ,  Un  Mé  -. 
moire  sur  les  effets  nuisibles  de  l’eau  de  Soltz  ,  claiis  ,cérv 
tains  états  pathologiques.  ,  ,  ; 

M,  Villeneuve  a  présenté  un  homme  ayant  deu'x  des 
doigts  de  la  main  gauche  difformes  ,  et  d’un  voluihe  dé¬ 
mesuré.  ,  -  ■ 


i52 


vAniiTÉs. 


Prix  proposé  par  l’Académie  royale  de  Médecine. 

Dans  sa  séance  du  1 6  janvier  ,  l’Académie  royale  de 
Médecine  ,  section  de  Chirurgie  ,  a  proposé  pour  sujetdu 
prix  qu’elle  doit  décerner  dans  sa  séance  publique  dé 
l’année  1824  >  la  question  suivante  : 

(I  Déterminer  par  l’observation  ,  l’expérience  et  le  rai- 
»  Bonnement,  quelle  est  la  méthode  préférable  dans  le 
I)  traitement  des  qdaies  pénétrantes  de  la  poitrine  ? 

Les  concurrens  devront  écrire  leurs-mémoires  en  latin 
ou  en- français ,  y  attacher  leur  nom  inscrit  avec  l’épi¬ 
graphe,  dans  un  billet  cacheté  ,  avant  le  1."  juin  1824  , 
sous  le  couvert  de  Son  Ëxc.  le  Ministre  de  l’intérieur  ,  à 
M.  le  professeur  Richerand,  secrétaire  de  l’Académie 
royale  de  Médecine  ,  section  de  Chirurgie. 

Le  prix  consiste  en  une  médaille  d’or  de  la  valeur  de 
mille  francs.  Les  membres  honoraires  et  titulaires  de  l’A¬ 
cadémie  sont  seuls  exclus  du  concours. 

Séance  générale  de  la  Société  des  Sciences  médicales  du 

département  de  la  Moselle ,  et  prix  proposé  par  cette 

Société. 

Dans  sa  séance  générale  du  28  novembre  18  22  ,M.  Chau- 
mas,  secrétaire-adjoint,  arendu  compte  des  travaux  de  la 
Société  pendant  l’année.  Il  en  est  quelques-uns  qui  inté¬ 
ressent  spécialement  la  science ,  et  que  nous  croyons  de¬ 
voir  rappeler. 

Dans  un  rapport  provoqué  par  l’autorité ,  une  commis¬ 
sion  i  nommée  pour  examiner  le  purgatif  el  le  vomi- 
purgatif  Au  sieur  Leroy  ,  dont  le  débit  considérable  avait 
causé  des  accidens  graves  à  Metz,  et  pour  proposer  les, 
moyens  de  répression  nécessaires  ,  a  demandé  que  le  dé¬ 
bit  du  remède  du  sienr  Lefoy  fût  interdit  à  tout  autre 
qu’aux  pharmaciens.  Des  faits  trop  nombreux  venus  à 


vakiétés;  i55 

notre  connaissance  ,  dit  le  rapporteur ,  attestent  les  rava¬ 
ges  que  produit  chaque^ourle  vomi-purgatif  lancé  par  la 
cupidité ,  prôné  avec  le  ton  du  charlatanisme  le  plus  dé¬ 
bouté,  et  livré  avec  profusion  entre  les  mains  de  l’igno¬ 
rance.  Il  cite  ensuite  plusieurs  cas  dans  lesquels  le  vomi- 
purgatif  a  déterminé  la  mort ,  et  indique  plusieurs  cir¬ 
constances  où  les  soins  les  plus  prompts  du  médecin  ont 
conjuré  le  danger.  (Ces  observations  pourraient  s’appliquer 
k  d’autres  départemens  que  celui  de  la  Moselle.) 

Une  fdle  soupçonnée  d’infanticide  ,  avouait  avoir  mis 
au  monde  un  eufant  qui  avait  respiré  pendant  deux  heures. 
Les  poumons ,  soumis  à  l’épreuve  hydrostatique ,  descen¬ 
dirent  entiers  ,  comme  par  fragmens ,  au  fond  du  vase. 
(  Ce'fait  ,  dont  quelques  auteurs  ont  cité  des  exemples  , 
aurait  besoin  ,  pour  être  adopté  avec  ses  conséquences , 
d’être  accompagné  de  détails  sur  la  maturité  de  l’en¬ 
fant  ,  sur  les  tentatives  qu’on  a  faites  pour  dégorger  les 
poumons  et  les  fragmens  du  sang  qui  pouvait  augmenter 
leur  pesanteur  spécifique,  etc.  Il  appelle  du  reste  l’atten¬ 
tion  des  médecins-légistes  sur  l’insullisance  delà  docima- 
sie  pulmonaire  pour  fournir  seule  les  bases  d’un  rapport.  ) 

M.  Stock  ,  officier  de  santé  à  Saint- Avold  ,  a  fait  con¬ 
naître  une  maladie  rarement  observée  en  nos  climats  , 
introduite  par  les  armées  étrangères  en  i8i4  ,  et  qui  me¬ 
naçait  d’étendre  ses  ravages  sur  plusieurs  villages.  Gette 
affection,  qui  paraît  tenir, sa  source  de  la  syphilis  ,  se 
transmet ,  suivant  M.  Stock ,  par  le  simple  attouche¬ 
ment  ,  même  par  l’usage  des  objets  qui  ont  servi  •  à  une 
personne  infectée.  La  malpropreté  et  la  misère  des  habi- 
tans  des  communes  où  elle  parut,  sont  aussi  une  des 
causes  de  propagation.  Gette  dégénérescence  de  la  sy- 
pbylis ,  d’après  le  rapporteur  du  Mémoire  de  M.  Stock  , 
est  analogue  au  scherlievo  qui  fut  remarqué  en  1 810 
dans  les  provinces  Illyriennes  ,  et  en  1818  i  par  M.  Fia- 


134  VARIÉTÉS, 

inand  ,  dans  la  commune  de  Ghavannes,  départonient  du 
Doubs.  Elle  paraît  tenir  aux  mêmes  causes  qui  rendent  le 
Yàws  endémique  dans  plusieurs  parties  de  l’Afrique. 

Programme  du  prix  proposé  par  la  Société ,  pour  être 
distribué  dans  sa  séance  générale  dé  i  SeS. 

Déterminer  ,  d’après  des  observations  nombrêusés  et 
bien  faites  :  ' 

a  i.“  Si  la  méthode  antiphlogistique  (prise  dans  toute 
Dsa  latitude)  est  la  seule  applicable  au  traitement  de  toutes 
«les  gastro-entérites  (en  considérant  comme  telles  les 
«fièvres  bilieuses  ,  muqueuses  des  auteurs  ,  méningo-gas 
«  triques  et  adéno-méningées  de  M.  Pinel,  ) 

,»2.°  S’il  n’arrive  pas  quelquefois,  dans  eps  phlegma- 
«sies  ,  une  époque  à  laquelle  (la  résolution  n’ayant  pas  eu 
»  lieu  malgré  l’emploi  des  déplétions  sanguines  générales  et 
«locales  i  du  régime  et  des  autres  moyens  débilitans  )  il 
«devient  nécessaire  de  recourir  à  un  autre  mode  de  traite- 
«  tement  pour  relever  les  forcés  ,  et  ramener  l’organisme 
.«  à  l’état  normal. 

»3.“  Dans  le  cas  de  l’affirmative,  établir,  d’après  des 
«faits  bien  observés  ,  quels  sont  les  symptômes  qui  carac- 
»  térisent  cette  époque  ,  et  annoncent  }a  nécessité  de  sub- 
«stituer  aux  antiphlogistiques  ,  uniquement  employés  jus- 
«qu’alors,  la  méthode  tonique  et  quelquefois  même  les 
«stimulans. 

»4.°  Enfin  ,  faire  connaître  le  régime  et  les  agens  thé- 
«rapeuliques  qui  doivent  composer  ce  traitement  ,  et 
»  l’ordre  successi  f  dans  lequel  on  doit  les  employer.  » 

Le  prix  sera  une  médaille  d’or  de  la  valeur  de  200  fr. 

Les  mémoires  devront  parvenir  ,  franc  de  port  ,  à 
M.  Ghaumas ,  secrétaire ,  pour  le  1."  décembre  1823  ;  ce 
terme  est  de  rigueur.' 


BIBLIOaBAPHIE.  l55 

Les  mémoires  porteront  une  isenlence  répétée  dans,  ün 
billet  tacheté,  contenant  le  nom  et  l’adresse  de  l’auteur. 

Indépendamment  de  ce  sujet  de  prix  ,  sentant  de  quel 
avantage  il  serait  d’avoir  de  bons  matériaux  pour  la  con¬ 
fection  d’une  topographie  médicale  du  département ,  la 
Société  accordera  une  médaille  d’encouragement  à  l’au¬ 
teur  d’une  bonne  topographie  médicale  de  l’un  des  arron- 
dissemens  du  département  de  la  Bloselle. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Botanique  mèdicaio ,  ou  Histoire  naturelle  et  médicale 
des  médicameas,  des  poisons  et  des  alimens  ^  Urés  du 
règne  végétal;  par  Achille  Richard,  D.-M.  i."  partie. 
Un  vol.  A  Paris,  chez  Bëchet  jeune. 

Pyrétdlogie  physioioqique ,  ou  Traité  des  fièvres  consi¬ 
dérées  dans  l’esprit  de  la  nouvelle  doctrine  médièalé;  par 
F.  G.  Boisseau,  D.-M. -P.  Un  vol.  in-S."  Prix,  7fr.  5ocent. 
A  Paris,  chez  Baillière. 

Cet  ouvrage. sera  analysé  dans  ttu  dés  pfOchataS  Numéros; 
Formulaire-pratique  des  hôpitaux  civils  de  Paris  ,  ou 
Recueil  des  prescriptions  médicamenteuses  employées 
par  les  médecins  et  chirurgiens  de  ces  établissemens’,' 
avec  des  notes  sür  les  doses  ,  le  mode  d’administration  , 
les  applications  particulières  ,;  et  des  considérations  géné¬ 
rales  sur  chaque  hôpital,  sur  le.genre  d’affections  auquel 
il  est  spécialement  destiné,  et  sur  ,1a  doctrine  des  prati¬ 
ciens  qui  le  dirigent;  par  M.  F.  V.  Ratier,  D.-M.-P,  lJu 
fort  vol.  in-iS.  Prix,  5  fr.  5o  c.  A  Paris,  chez  J.  B.  Bail- 
lière. 

L’auteur  a  su  faire  un  clioix  judicieux  parmi  l’immense  quantité  de 
formules  pharmaceutiques  employées-daus  les  liùpitau.x.üti pareil  recueil 
ne  peut  manquer  d’élre  recherché  par  les  nombreux  élèves  quifréqueii- 
tcut  ccs  établissemens.  Ils  y  trouveront  la  composition  des  médicumeus 


GRAPHIE. 


l56. 

qu’ils  eulendent  journellement  prescrire  per  les  professeurs  de  clinique. 
Ou  désirerait  peut-être  ,  dans  plusieurs  des  noies  qui  accompagnent 
chaque  formule ,  des  réflexions  plus  justes  et  sur-tout  une  critique  plus 
sévère.  Mais  en  général ,  elles  sont  rédigées  dans  un  bon  esprit.  L’in¬ 
troduction  de  l’ouvrage,  dans  laquelle  M.  Ratier  expose  les  principes 
qui  dirigent  chacun  des  médecins  et  des  chirurgiens  des  hôpitaux  civils 
de  la^capitalc  ,  n’olTre  pas  tout  l’intérêt  dont  celte  partie  du  livre  eût 
été  susceptible  ,  et  que  sans  doute  l’auteur  ,  dans  une  position  plus  in¬ 
dépendante,  eût  su  lui  donner.  Elle  présente  un  panégyrique  complet 
de  tous les  praticiens  qui  sont  mentionnés , 'quelle  que  soit  l’opposition, 
qui  règne  entre  leurs  doctrines  et  leurs  principes  de  thérapeuliquc;  Il 
y  aurait  certainement  quelques  restrictions  à’  y  faire,  et  tel  éloge, 
que  nous  croyons  sincère  de  la  part  de  l’auteur ,  pourra  bien  passer 
aux  yeux  du  lecteur  pour'  une  critique.  Nonobstant  ces  observations 
sur  une  partie  accessoire  de  l’ouvrage  ,  ce  nouveau  formulaire  sera  éga¬ 
lement  utile  aux  élèves  qui  suivent  les  hôpitaux  et  aux  médecins  livrés 
à  la  pratique  civile.  Il  ollle  en  outre  un  avantagé  précieux;  c’est  de  ré¬ 
véler  ,  en  quelque  sorte  ,  les  méthodes  curatives  de  plusieurs  prati¬ 
ciens,  et,  par  conséquent,  de  pouvoir  servir  de  pièce  de  conviction 
relativement  à  leurs  principes  de  pa  thologie. 

Sur  les  fonctions  du  Cerveau  ,  et  sur  celles  de  chacune 
de  ses  parties,)  avec  des  observations  sur  la  possibilité  de 
reconnaître  les  instincts,  les  penchans,  les  talens,  ou 
les  dispositions  morales  et  intellectuelles  des  hommes  et 
des  animaux ,  par  la  configuration  de  leur  cerveau  et  de 
leur  tôte  ;  par  F.  J.  Gall  ;  tome  5.°,  in-8.” 

Ce  volume,  ainsi  que  les  deux,  autres  qui  l’ont  précédé,  seront 
incessamment  analysés ,  et  fournironf  l’occasion  d’exposer  avec  détail 
la  célèbie  doctrine  du  jjocteur  Gall. 

Traité  de  la  clavelée ,  de  là  vaccination  et  clavélisa- 
tion  des hétes  à  laine,  etc.;  par  M.  Hùrtrel-d’Arbovàl , 
commissaire  spécial  pour  les  épizooties  de  i8i5  et  1816 
dans  le  département  du  Fas-de-Calais,  etc.  üiivol.  m-B.” 
Prix,  5  fr.  A.  Paris,  chez  M.“'  Huzard;  et  à  Amiens, 
chez  Caron-Vilet. 

Histoire  de  T  épidémie  de  suette-miliaire ,  ^ui  a  régné 
en  j8ai  dans  les  départemens  de  l’Oise  et  de  Seine-et- 
Oise;  par  P.  Rayer,  D.-M.-P.  Un  vol.  tn-8.°  Prix,  7  fr. 
Chez  Baillière. 


Imprimerie  do  MIGNERET,  rue  du  Draj 


MÉMOIRES 


OBSERVATIONS. 


Qudques  .prQppsHiom  extrait^,  du  Traité  de  Chirac 
sur  les .  fièvres  malignes  et  les  fièvres  pestilentielles 
qui  ont  régné  à  Rochefort  en  1694  ;  .par  le  docteur 
Geohget. 

Dans  un  moment  où  tous  les  bons  esprits  en  médecine 
semblent  enfin  se  réunir  pour  mettre  un  terme  aux  faùxj, 
systèmesr,;  aux.'hyipcxthèses  purement  spécülatiy.eS^'auxj! 
contradictions  choquantes  des  observateurs,  ù.  l’dppps'i-' 
tion  si  absurde  qui  règne  trop  souvent  entre  les  livres  et^' 
le  langage  de  la  nature ,  entre  la  théorie  et  la  pratique  de  ) 
l’art,  dans  un  tel  moment  nous  croyons  qu’il  n’est  pas 
indifférent  de  donner  quelque  publicité  aux  principes, 
aux  observations  et  aux  vues  particulières  de  l’un  de  ces 
hommes  qui  savent  placer ,  avant  la  puissance  des  grands 
noms  et  le  respect  pour  l’antiquité ,  l’autorité  imposante 
des  faits,  de  l’un  de  ces  génies  dont. le  mérite  et  les  travaux- 
sont  rarement  appréciés  de  leurs  contemporains ,  parce 
qu’ils  sortent  des  voies  battues  et  devancent  le  siècle  qui  les 
voitnaStre.  Doué  d’une  conception  vaste  et  hardie  ,  familier 
avecles  seules  méthodes; qui  doivent  diriger  l’observateur  , 
impatient  du  joug  des  écoles ,  dégoûté  de  l’obscurité  et  de.- 
la  versatilité  des  écrivains  qui  l’avaient  précédé ,  Chirac 
se  propose  d’abord  ,  comme  le  recommande  Bacon,  de 
nettoyer  son  entendement  de  toutes  les  erreurs  qu’il  teüaiti 
d’autrui ,  de  prendre  ensuite  la  nature  pour  guide,  d’ob-r'i 


i38  mémoihes 

server  de  nouveau  j  et  d’acquérir  ainsi  des  connaissances 
positives  sur  des  maladies  qui  faisaient  le  désespoir  des 
médecins ,  par  l’étendue  et  la  rapidité  de  leur  propagation, 
par  l’intensité  et  la  variété  de  leurs,  désordres ,  par  la 
promptitude  d’une  terminaison  funeste.  Chirac  se  rend  à 
Rochefort ,  où  régnait  une  épidémie  de  fièvres  malignes 
et  pestilentielles;  il  observe  des  malades,  il  ouvre  des  ca¬ 
davres,  et  donne  le  résultat  de  ses  recherches  presque 
sans  y  mêler  de  vues  théoriques.  Il  rie  put. cependant  se 
préserver  dé  renthousiastiie  que  dût  faire  naître  l’impor¬ 
tante  découverte  de  la  circulàUon  du  sang ,  et  d’accorder 
à  ce  fluide  une  influence  trop  exclusive  dansla  prodüction 
comme  dans  la  guérison  des  maladies.  On  ne  verra  pas 
sans  quelque  étonnement,  peut-être,  que  deux  idées  fon¬ 
damentales  dans  la  dbétrîne  de  Chirac  sont  aussi  deüx  idées 
fondamentales  dans  la  doctrine  de  M.  Broussais ,  savoir  ; 
1."  que  toutes  les  maladies  ont  un  siège  spécial ,  qu’il  faut 
chercher  dans  le  cbrveau ,  les  poumons ,  le  foie  ,  l’estOmàé , 
etc;  2.°  qu’uné  maladie,  l’inflammation,  par  exemple, 
peut  passer  par  ünë  infinité  de  degrés,  en  montant  du 
tnoins  au  plilS,  du  en  déscéridant' dù  plus  aü'  moins, 
saris  'ehàrigfer  d’éspècè,  et  que  conséquemment  il  ést  inu¬ 
tile  do  multiplier  lé  nortthfe  des  irialadies  dont  la  causé 
est  spécifiquement  la  même. 


li  Tonte  mauvaise  disposition  dés  orgatiès  oü  dés' 
fluides  qui  roulent  dans  leurs  vaisseamt  et  qui  empêchent 
l’exercice  libre  des  fonctions  naturelles ,  jè  l’appelle 
maladie.  • 

II.  Toute  mauvaise  disposition  des  orgahès  oü  dés' 
fluides  qui  altèrent  lès  fonctions  des  organës  et  qui  prbdùît 
tous  les  accidens  y  je  l’appelle  caüse  essentieHoetebn- 
tenante  dé  là  maladie. 


ET  OnSEETA'TIONS.  iSg 

III.  La  différence  des  maladies  6iÉf  de  leurs  causes  es- 
sontielléS  qui  altëreût  les  fonolions  du  corps  ae  petit  se 
tirer  que  de  la  différence  èssewfielle  et  spécifique  dès  dis¬ 
positions  vicieuses  des  fluides  ou  des  organes  ,  d’o'ù  il 
s’ensuit  qué  les  mauvaises  dispositions  des  causes  internes 
des-  maladies  étant  égales  et  spéfeifiquement  semblables  , 
doivent' produire  les  inêines  mafadieSv 
'  ÏV.  Éf  èês  dispositions  ét  ces  àltéràfiôns  viciétiSèS  dës 
fluides  et  dés  solidés  dii  cdr^s  dé  ndêiné  esjîëcè  lié'uvent 
passer  par  une  infinité  de  degrés  e‘n  montant  dii  moicfs 
au  pTüS,  oü  éti  deScendàiit  du  pliià  àu’  nioiriS,  sans  chan¬ 
ger  d’espèèé. 

V.  Il  s’ensuit  que ,  de  quelque  différence  que  soient 
les  degrés  des  mauvaises  dispositions  des  fluides  et  des 
organes  .suivant  le  plus  ou  le  moins,  ils  ne  produiront 
pourtant  que  la  même  espèce  de  nialadie  ;  et  que  les  ma¬ 
ladies  dont  la  cause  eàsentielle  et  contenante  sera  spéci¬ 
fiquement  la  même  ,  ou  semblable  ,  produiront  les  mêmes 
maladies  essentiellement  semblables. 

VI.  H  sera  donc  inutile  et  superflu  de  multiplier  le 
nombre  des  maladies  dont  la  cause  sera  spécifiquement 
la  même,  ou  semblable,  par  rap.port  aux  différens  degrés 
de  plus  ou  moins  de  la  cause  interne  et  constante. 

VII.  Tout  agent  qui  ne' rënferme  dans  l’idée,  qu’on  en 

a  aucun  rapport  aved  èeStairis  effets  déterminés  ;  ne  peut 
être  regardé  Comfne  cause'  dé  oes  effets  ,•  ou  ;  ce  qui  est 
la  même  èhose';  tout©  cause  doit  renfermer  dans  son  idée 
la  puissance  de  produiré’ certain»  effets  détèrnlmés  et  un 
rapport  constant- avèc  ceè  effèts.  ^  ' 

VIH.  Pour  ctnnbattro  les  causes  des  fflâfladieS  ,  il  ne 
sùffit'pas  dés’efuTm'Asep  ÔHe' idée  ;  m«1s‘il  ést  nécessaire 
d’avoir  une  cerfiftld©  physique  dé  leur  ëxîstënee. 

IX.  La'médëcirié  n^af'd^itfe  objet  qüé' édiüi  do  com- 


l4o  ni  MO  IB  ES 

battre  les  causes  dont  l’existence  est  certaine.  Toutes  les 
causes  qui  fi’ont  d’autre  existence  que  dans,  notre  idée  et 
dans  l’imagination ,  ne  sauraient  donc  être  l’objet'  de  la 
médecine. 

X.  11  n’y  a.  que  les  causeé, internes  qui  sont  sensibles , 
et  de  l’existence  desquelles  on  peut  s’assurer  par  Vautop- 
sie ,  qui  soient  l’objet  de  la  médecine.  On  doit  donc  ,  en 
cherchant  le  rapport  des  effets  ou  des  a ccidens  internes 
et  sensibles  des  maladies,  tâcher  de  parvenir  à  la  connais¬ 
sance  de  leur  cause  interne. 

XI.  L’unique  moyen  de  découvrir  les  causes  internes 
des  maladies  consiste  dans  l’observation  de  l’état  des  prin¬ 
cipaux  viscères  de  ceux  qui  meurent  de  toutes  sortes  de 
fnaladies  ;  or ,  les  principales  parties  sont  les  organes  in¬ 
ternes  renfermés  dans  les  trois  cavités  du  corps  ,  et  l’en¬ 
tretien  de  l’état  naturel  de  ces  organes  et  la  guérison  de 
leurs  maladies  font  le  principal  objet  du  médecin. 

XII.  Mais ,  pour  faire  des  observations  justes  sur  les 
véritables  causes  internes  des  maladies ,  il  faut  avoir  une 
connaissance  distincte  de  la  construction  des  organes  et 
de  la  manière  dont  ils  opèrent  pour  l’entretien  de  la  santé 
et  de  la  vie;  et ,  sans  cette  cohnaissaE(ce  distincte  j  on  ne 
peut  établir  aucune  cause  interne  ni  de  mort  ni  de  ma¬ 
ladie. 

XIII.  Les  connaissances  distinctes  que  nous  avons  de 
la  structure  des  organes  et  des  fluides  qui  entretiennent 
leur  jeu ,  peuvent  seules  établir  toutes  les  différentes  al¬ 
térations  que  les  uns  et  les  autres  peuvent  souffrir  dans 
l’exercice  de  leur  fonction  naturelle. 

XIV.  Il  y  à  plusieurs  parties  dans  le  corps  qu’on  peut 
regarder  comme  les  principaux  organes  qui  servent  à 
l’entretien  de, la  santé  et  de  la  vie,  et  qui  sont  comme  la 
maîtresse  roue  qui  fait  aller  le  reste  de  la  machine  ,  et 
sans  laquelle  cette  machine  ne  peut  subsister. 


_ET  OBSEftVAïIOKS.  l/^i 

Voilà  lé  chemin  qu’un  médecin  doit  suivre,  ou  les- 
principes'  avec  lesquels  il  doit  entrer  Idans  la  recherche 
des  vérités  qui  peuvent  lui  ouvrir  les  secrets  dé  lanàturé. 
Nous  allons  d’ahord  donner  les  observations  faites  sur 
les  cadavres;  les  observations,  dis-je,  sur  lesquelles  toute 
la  médecine  fébrile  doit  s’élever  ,  si  on'^  veut  se  conduire 
par  des'routès  sûres  ;  en  effet,  les  sens  nous  découvrent 
lés  dérangemens  des  parties ,  et  les  réflexions  nous  en  dé¬ 
voilent  les  suites. 

(Ces  propositions  sont  extraites  textuellement;  le  reste 
de  l’article  se  compose  de  pensées  que  nous  avons  simple¬ 
ment  rapprochées  ). 

Ces  attributs  de  malignité,  de  qualité  occulte  et  délétère, 
que  les  anciens  avaient  donnés  ,  tant  à  la  cause  interne 
qu’externe  des  maladies  ,  me  paraissaient  bien  moins 
exprimer  une  modification  déterminée  des  organes  et  des 
fluides  qu’ils  contiennent  ,  capable  de  produire  ces  grands 
accidens  des  fièvres  malignes  ,  que  le  peu  de  connaissance 
•  que  ces  auteurs  en  avaient  :  et  quoique  quelques  modernes 
eussent  prêté  des  idées  et  des  formes  sensibles  à  tous  ces 
mots  de  malignité ,  de  qualités  occultes  et  délétères  que 
les  anciens  avaient  inventés  pour  couvrir  leur  ignorance, 
je  trouvais  qu’ils  leur  avaient  donné  ces  formes  gratuite¬ 
ment  ,  sans  aucun  fondement.  Je  trouvai  leur  poison, 
leur  venin,  leur  vermine  des  causes  malignes,  si  arbi¬ 
traires  et  si  mal  propres  à  établir  des  indications  curatives , 
uniformes  et  certaines ,  que  je  ne  crus  pas  devoir  m’y  ar¬ 
rêter  ni  les  prendre  pour  fondement  de  la  cure  de  ces  ma¬ 
ladies.  Considérant  donc  que  la  cause  de  la  mort  éton¬ 
nante  de  la  plus  grande  partie  de  ceux  qui  étaient  atta¬ 
qués  de  différentes  espèces  de  fièvres  malignes  était  réel¬ 
lement  la  même  que  celle  qui  avait  produit  les  accidens 
funestes  ^ont  elles  étaient  accompagnées ,  je  fus  persuadé 
qu’en  cherchant  et  en  découvrant  la  véritable  cause  de  la 


MÉMOiRËS 

mort  dans  les  cadavres  ,  elleinemetîrait  sous  les  yeux  les 
modifications  particulières  des  organe?  et  des  fluides  qui 
formaient  le  caractère  essentiel  de  toutes  ces  sprtes  de  ma¬ 
ladies. 

Je  trouvai  dans  tous  ceux  qui  étaient  morts  de  là  petite 
vérole  compliquée  do  fièvre  cia  ligne,  lé  cerveau  engorgé 
de  sang  d’un  rouge  foncé  ou  livide  ,  souvent  inondé  de  sé¬ 
rosités  claires  ou  sanieuSes  ,  le  piounion  plus  rarement  al¬ 
téré  ,  le  foie  engorgé  de  sang ,  l’estomac  et  les  intestins 
rougeâtres,  et  leurs  vaisseaux  très- apparens  ,  et  tant  les 
membranes  du  cerveau  que  la  superficie  du  poumon  ,  de 
l’estomac  et  des  intestins  ,  parsemées  ,  en  plusieurs  en¬ 
droits  ,  de  pustules  de  petite  vérole  avôrtée.  Je  trouvai 
également  dans  '  tous  ceux  qui  -étaient  morts  de  rougeole 
compliquée  dé  fièvre  maligne ,  le  cerveau  y  le  poumon ,  le 
foie,  l’esioniac  et  les  intestins  conStammemt  iengorgés 
de  sapg,  d’un  rouge  foncé  ou  livide,  et  le  cerveau, 
la  cavité  de  la  poitrine .  le  basrventre  lé  plus  souvent 
remplis  d’une  sérosité  sanjeuse.  Plusieurs  endroits  de  l’es¬ 
tomac  et  des  intestins  étaient  parsemés ,  ainsi  que  le 
poumon  ef  les  membranes  du  perveau ,  de  taches  pour¬ 
prées  ou  Kvides.  A, la  rougeole  et  à  la  petite  vérole  succé¬ 
daient  des  lièvres  subintrantes  dont  les  redoublemens  com^ 
mençaient  par  unedouleur  detêteefiroyable,  qui  était  suivie 
de  nausées ,  dp  vomissemens^,  pms  d’assoupissement  ou  de 
rêvasserie,  et  finalement  de  la  mort.  Je  trouvai  le  cer¬ 
veau  de  ceux  qui  en  moururent,  ainsi  que  le  foie ,  l’esto- 
'  mac  et  les  intestins ,  engorgés  dé  sang ,  d’un  rouge  foncé  , 
tirant  ®ur  le  noir  et  le  plomhé  ;  quelquefois  lil  existait  des 

abcès  dans  le  cerveau  ou  dans  le  foie, 

■Les  malades  affectés ‘de  la  peste  tombaient  d’abord  dans 
iiir  grand  fnsson  oU  dans  Un  froid  glaçant ,  avec  un  grand 
mal  de  tête  ou  une  pesanteur  accablante ,  une  petitesse  du 
pouls  et  un  abattement  des  forces  inexprimablos  jiavec  agi- 


ET  OBSERVATIONS.  l43 

tatioQ  continuelle  des  membres;  ils  étaient  pris  de  syn¬ 
copes,  d’assqupiss^pient  ou  de,  délire ,  de  dévoiepieot.;  chez 
presque  tous  il  survenait  des  parotides  on.  des  bubons  axil¬ 
laires.  Je  troovai  ;  à  l’ouverture  des  cadavres ,  le  cerveau , 
le  foie  i  l’estomac  et  Iqs  intestins  engorgés  de  sang  d’un 
rpuge  foucé,  livide  et, charbonnoTix-  iDans  la  plupart,  les 
menibranes  du  cerveau,  la  superficie  de  l’estomac  et  des 
intestins, étaient  parseinéés  de  taches  livides  ou  pourprées 
avec  plusieurs  places  charbonnées ,  semblables  à  celles 
qui  avaient  paru  en  plusieurs  endroits  de  la  peau  ;  je  trou¬ 
vai  des  abcès  sapieux  dans  la  substance  du  cerveau  ,  VTu 
dans  le  foie  de, quelques  sujets,  et  de  là  sérosité  claire  et 
sanieuse  entre  les  membranes  du  cerveau,  ou  entre  la  pie- 
mère  et  la  sufistaqce  corticale.  La  substance  du  foie  se 
trouva^dans  quelques  sujets  réduite  presque  en  bouillie. 

, La  cause  interne  de  la  mort  d’un  si  grand  nombre  de 
fébricitans  me  parut  manifeste  par  le  rapport  que  jeiis  de 
l’engorgement  et, dos  altérations  que  je  trouvai  dans  le  cer¬ 
veau  ,  dans  le  foie ,  dans  l’estomac  et  dans  les  intestins , 
avec  lés  grands  accidens  qui  avaient  accompagné  toutes 
ces  maladies,  j’en  vis  si  distinctement  et  si  clairement  la 
cause  que  je  fus  surpris  que  tant  d’habiles  médecins  eussent 
pu  recours  à  des  causes  occultes ,  venimeuses  et  délétères , 
ou  à  des  poisons,  ou  à  des  vers  ,  pour  leur  imputer  tous 
les  funestes  effets  de  la  grande  mortalité  que  causèrent  les 
fièvres  malignes  ,  tandis  qu’ils  pouvaient,  à  l’aide  des  ou¬ 
vertures  de  cadavre,  être  conduits  à  la  connaissance  d’une 
cause  très-simple  et  très-sensible  qui  se  serait  aisément 
présentée  à  leurs  yeux.  On  me  permettra  de  dire  ici  avec 
franchise  que  ,je  soupçonnai  que  ces  médecins  n’avaient 
inventé  ces  noms  de  pernicieux  et  de  naalignité  que  comme 
une  justification  de  leur  ignorance.  ■  Dès  qu’ils  appré¬ 
hendent  quelques  revers,  ne  disent -il  pas  que  les  fièvres 
qu’ils  Isaitent  sont  des  fièvres  malignes,  ou  qu’elles  se  joi- 


l44  MÉMOIRES 

gnent  aux  autres  maladies  qui  leur  paraissent  dangereuses , 
ou  qui  les  ont  surpris  par  des  accidens  qu’ils  n’avaient  su 
prévoir  ni  prévenir. 

D’après  ces  faits  et  ces' réflexions ,  je  bannis  de  mon 
esprit  l’embarrassante  idée  de  la  malignité  de  toutes  les 
fièvres  malignes,  et  je  changeai  le  nom  de  ces  maladies, 
ainsi  que  le  terme  vague  de  peste ,  en  celui  de  disposition 
inflammatoire  des  viscères,  ou  d’ inflammation  du  cer¬ 
veau,  comme  la  plus  constante  dans  ces  fièvres  et  comme 
celle  qui  se  déclarait  plus  sensiblement  que  l’inflammation 
dés  autres  viscères.  Cette  idée  me  parut  bien  plus  claire  que 
celle  que  les  noms  de  peste  oa  de  fièvre  pouvaient 

faire  naître.  Les  ténèbres  que  cette  mauvaise  idée  de  ma¬ 
lignité  avaient  répandues  dans  mon  esprit,  qui  me  ren¬ 
daient  chancelant  et  incertain  dans  le  choix  des  remèdes  , 
étant  dissipées ,  j’eus  la  satisfaction  de  m’être  mis  à  même 
d’établir  sûrement  des  indications  curatives  de  toutes  ces 
maladies  ,  sur  une  connaissance  claire  et  distincte  de  leur 
nature.'  '  ,  , 

La  faiblesse  générale,  l’accablement  de  tout  le  corps  , 
la  pesanteur  des’  membres  et  la  difliculté^de  les  remuer , 
l’engourdissement  des  sens  et  l’obscurité  de  divers  senti- 
mens  qu’excite  l’action  des  objets  extérieurs ,  la  stupidité , 
la  pesanteur  et  là  faiblesse  de  la  raison ,  la  céphalalgie , 
un  état  de  rêvasserie ,  les  tremblemens  et  les  mouve- 
mens  convulsifs  dés  membres  ,  des  lèvres  et  de  la 
langue;  des  yeux  éteints,  larmoyans  et  chassieux,  ou 
roulans ,  fixes  et  convulsifs  la  flétrissure  du  visage ,  la 
chute  des  tempes,  le  relâchement  de  la  mâchoire  infé¬ 
rieure, sont  autant  de  signes'  d’une  inflammation  du  cer¬ 
veau  ,  et  qui  conséquemment  annoncent  un  grand  danger. 

Les  prétendues  propriétés  caractéristiques  dé  la  peste , 
les  bubons  ,  la  promptitude  de  la  mort,  la  grande  morta¬ 
lité  et  la  commünicabilité ,  étant  de  purs  accidens  très- 


ET  OBSERVATIONS.  l46 

séparables  de  cette  maladie  ,  ou  communs  aux  autres 
fièvres  malignes  ^  il  ne  restera  à  cette  maladie  que  les 
accidens  les  plus  considérables  qui  lui  sont  communs 
aussi  avec  les  mèmès  lièvres  ,  accidens  qui  ont  ^  le 
même  principe ,  la  même  cause  essentielle  et  sensible ,  des 
inflammations  dans  le  cerveau  et  dans  les  autres  viscères. 
La  grande  mortalité  de  la  peste  provenant  du  défaut  de 
secours  ,  de  l’abandon  général ,  et  de  la  terreur  d’une 
inort  prochaine ,  ne  pourra  jamais  être  un  accident  carac¬ 
téristique,  que  pour  le  vulgaire  et  pour  les  médecins  que 
la  crainte  de  la  peste  a  troublés  ,  et  qui  sont  hors  d’état 
d’user  de  leur  raison  ,  ou  qui  en  abusent  par  des  vues 
politiques  et  intéressées  ,  pour  augmenter  la  terreur  qu’on 
a  de  cette  maladie.  La  communicabilité  et  la  contagion 
de  la  peste  étant  un  attribut  insensible  et  purement  ima¬ 
ginaire  qui  n’a  été  introduit  que  pour  rendre  raison  de  la 
multiplicabilité  de  cette  maladie  ,  cet  attribut  ne  pourra 
non  plus  jamais  en  former  un  caractère  certain.  Toutes 
ces  affections  ne  sont  donc-  qu’une  même  espèce  de  ma¬ 
ladie  ,  et  si  elles  présentent  quelque  différence ,  ce  n’est 
que  du  plus  au  ipioins. 

Les  indications  curatives  des  lièvres  malignes  doivent 
toutes  être  fondées  sur  les  altérations  bien  connues  et  bien 
sensibles  des  parties  Car  c’est  s’éloigner  de  l’esprit  de 
la  véritable  médecinë  ,  que  d’établir  des  indications,  cu¬ 
ratives  des  maladies ,  sur  des  riens  et  sur  del  causes  tout- 
h-fait  insensibles  et  incertaines  ,  qui  n’ont  d’autre  réalité 
dans  la  nature  que  celle  que  leur  donne  l’imagination.  La 
médecine  est  un  art  qui ,  comme  les  autres  ,  ne  peut  avoir 
d’autre  objet  que  des  choses  connues  et  qui  sont  à  la  por¬ 
tée  des  sens  :  tout  ce  qui  n’est  pas  de  leur  ressort  ne  la  re¬ 
garde  point.  Le  médecin  ne  peut  s’engager  à  ramener  au 
naturel  que  les  modifications  organiques  vicieuses  qui  sont 
sensibles.  C’est  donc  avec  grande  raison  que  j’ai  réduit  la 


;l46  MÉMOIRES 

oiiïe  des  lièvres  malignes  et 4®  ja  peste  à  sa  plus  grande 
^mpljqité  ,,  pt  ^pie  je  ipe  spis.conten.té  de  remplir  les  indi- 
ç,atipns  qu’une  idée  claire  etdi4incte4®  J®  disposition  in¬ 
flammatoire  des  viscères  présente  ngtnrellement  à  d’es¬ 
prit. 

Les  principes  que  nous  professons  ont  le  grand  avan¬ 
tage  de  nous  débarasser  de  ces  remèçlea  mal  cpnçns,  mal 
assortis ,  injustement  vantés ,  aveuglement  adoptés ,  dont 
les  livres  sont  pleins.  Qu’on  se  mette  bien  dans  l’esprit 
que  les  bons  remèdes  sont  en  petit  nombre.  On  doit  re¬ 
garder  les  inventenrs  -de  ces  remèdes  si  composés  ,  non 
comme  des  médecins ,  mais  comme  des  empiriques  qui 
ont  rassemblé  des  drogups  ,dont  la  raison ,  qi  la  physique , 
ni  l’expérience ,  n’ont  jamais  dicté  l’assemblage  ,,et  dont 
reflet  est, toujours  incertain.  La  saignée ,  d’émétique ,  les 
purgatife,  le  fer,  le  mercure,  l’opium  ,  le  quinquina  , 
quelques  sudorifiques ,  sopt  presque  les  seuls  remèdes 
qui  puissent  popserver  leur  réputation  ,  et  dont  une  expé¬ 
rience  .constante  démontre  .Futilité. 

Quelques  personups  seront  peut-être  scandalisées  du 
peu  de  respect  que  porte  Chirac  à  l’autorité  d’ilippocrate 
et  dé  Galien  ,  et  du  peu  d’estime  qu’il  accorde  aux  empi¬ 
riques.  Il  faut  l’avouer ,  dit-il ,  Hippocrate  et  Galien  ne 
doivent  pas  avoir  plus  dé  privilège  qu’ Aristote  ;  ils  n’é¬ 
taient  que  des  empinques  qui ,  dans  upe  profonde  obscu- 
.iiité ,  ne  marchaient  qu’à  tâtons  et  ne  pouvaient  éviter  des 
faux  pas.  Leurs  successeurs  ne  méritent  pas  plus  d’éloges  ; 
asservis ,  sans  raison ,  à  l’autorité  trop  respectée  de  ces 
premiers  apteurs  dp  la  .médecine ,  ils  ne  pouvaient  faire 
presqu’aucun  progrès  ,  et  ils  devaient  être  réduits  à  la 
nécessité  de  suivre  des  idées  qu’ils  croyaient  être  infailli¬ 
bles  ,  sans  avoir  pénétré  dans  les  preuves  qui  les  appuyaient. 
Ce  dédain  ou  ce  mépris  que  je  marque  ici  pour  les  an- 
ciepà  médecins  ,  ajoute-t-il ,  ne  doit  pas  paraître  surpre- 


BT  OBSiEBVATIONS,^  147 

nànt  dans  un  temps  ôù  la  physique  nè  reconEiall  d’autre 
autorité  que  cellé  de  là  raison  fet  de  re^jérience ,  qui^ont 
les  pivots, sj je  puis  m’iexprimer  aipsi ,  sur  lesquelles  çette 
science  doit  roiuler. 


Note  sur  l’Emjjoisonnement  par  l’oxjde  blanc  d’arsenic 
{acide  arsénieux);  par  le  professeur  Obfjla. 

M.  Jîfodie  annonça ,  dès  l’année  1812,  dans  un  mé- 
moi;?e  inséré  dans  les  Transactions  philosophiques ,  que 
Toxyde  hlanç  d’arséniç  ,  ,apr,çs  ay.oir  été  absorbé  ,  portait 
soja  actiep  sur  le  sy^stèrne.nervjeux,,  sur  les  organes  de  la 
circulation  ef  Je  eanal  alimentaire ,  et  ique  la  mort  était  le 
résohat  iwwédiat  de  la  suspension  des  fimedons  du  emur 
et  de  cerveau,  Les  phénomènes  ,^ui ,  d’après  ,çet  auteur , 
indiquaient  un  tronbledans Içsorgançs  delà  Qirpulatipn  , 
étaient  la  laibjlesse ,  Ja  lenteur  .et  l’intermittence  du  pouls , 
la  faiblesse  des  contractions  du  cœur  apaès  la  mort ,  et 
l’hcpossybilité  de  les  prolonger  à  l’aide  d’une  j;espiration 
artificielle.  Nnllepartld.  Br.ndie  ne  fait  mention  de  l’alté¬ 
ration  du  tissu  du  cœwr? 

JDes  expériences  faites  postérieurement  par  M,  Smith 
et  moi,  nous  conduisirent  à  admettre  que  l’oxyde  blanc 
d’arsénic  ,  introduit  dans  l’estomac  des  chiens  ,  injecté 
dans  leurs  veines  ou  appliqué  sur  le  tissu  cellulaire ,  agis¬ 
sait  particulièrement  sur  le  cœur ,  dpnt  ,il  anéantissait  la 
contractilité  .et  dont  il  e^flamm^ip  jsouvfint,  le  tissp,  ;  en 
efiet ,  disions-nous ,  le  cœur  est  quelquefow  plus  rouge 
qu’b  l’ordinaire  et  offre  des  taches  vermeilles  op  noires , 
larges  ,  dans  le  ventricule  gauche^  et  dontquelques  unes 
se  prolongent  d’une  ligne  dans  le  tissu  charnu  j  il  en  est 


l48  MÉMOIRES 

aussi  qui  occupent  la  base  des  cojonnes  charnues  les  plus 
grosses ,  les  valvules  mitrales  et  tricuspides. 

Les  personnes  habituées  à  comparer  les  efiets  que  les 
poisons  produisent  sur  les  chiens  et  sur  l’homme  ,  ne  ba¬ 
lancèrent  point  h  adopter  que  l’oxyde  d’arsénic  devais  dé¬ 
terminer  des  effets  semblables  chez  ce  dernier.  Un  avis 
contraire  fut  cependant  émis  par  des  médecins  peu  ver¬ 
sés  dans  l’étude  de  la  '  toxicologie ,  qui  refusent  encore 
aujourd’hui  d’admettre  l’identité  de  l’action  des  poisons 
sur  l’homme  et  sur  les  chiens.  Quelque  puissans  qu’aient 
été  les  efforts  faits  pour  les  convaincre ,  nous  désespérons 
d’êtrè  parvenus  à  leur  ôter  un  préjugé  qui  peut  être  si 
funeste  à  l’avancement  de  la  science  ;  c’est  ce  qui  nous 
engage  à  publier  les  faits  qui  nous  paraîtront  propres  à 
les  détromper.  L’observation  suivante ,  recueillie  par  le 
D.'  Jacquemin ,  élève  interne  de  l’Hôtel-Dieu ,  a  pour 
objet  un  individu  empoisonné  par  l’oxyde  blanc  d’arsénic, 
et  dont  le  cadavre  fut  ouvert  en  présence  de  M.  le  Procu¬ 
reur  du  roi ,  de  MM.  Dupuytren  ,  Petit  et  moi;  on  y  verra 
des  altérations  du  cœur  semblables  à  celles  que  l’on  re¬ 
marque  sur  les  chiens  qui  ont  été  empoisonnés  par  la 
même  substance.  Nous  regrettons  beaucoup  de  ne  pas 
pouvoir  joindre  les  détails  d’un  autre  cas  d’empoisonne¬ 
ment  parl’oxyde  d’arsénic ,  observé  à  Brest,  par  M.  Mol- 
.  let ,  second  chirurgien  de  la  marine ,  qui  nous  a  dit  avoir 
également  constaté  dés  lésions  analogues  dans  le  tissu  du 
cùmr.  ■ 

uMacéet  Goval,  écrivains  publics  ,  vivant  en  commun 
du  produit  de  leur  travail ,  trouvèrent  dans  leur  chambre 
trois  cervelats  et  un  morceau  de  pain  enveloppés  dans  du 
papier.  Ne  sachant  pas  comment  ces  alimens  avaient  pu 
être  introduits  chez  eux  ,  ils  n’osèrent  pas  d’abord  en 
niauger.  Cependant ,  le  dimanche  soir ,  ai)  juillet ,  n’ayant 
rien  pour  souper ,  ils  s’y  décidèrent  et  mangèrent  le  mor- 


ET  observations.  l4g 

ceaudapain,  chacun  un  cervelat,  et  entamèrent  même  le 
troisième.  Deux  ou  trois  heures  après ,  ils  commencèrent 
à  éprouver  des  coliques  et  des  envies  de  vomir.  Pendant 
toute  la  nuit  les  coliques  augnientèreut ,  des  vomissemens 
eurent  lieu.  Un  pharmacien  qu’ils  allèrent  consulter  pen¬ 
sant  que  les  cervelats  avaient  pu  être  préparés  dans  des 
vases  contenant  du  vert-de  gris ,  leur  conseilla  de  boire 
beaucoup  de  lait;  ils  le  firent,  mais  les  coliques  ,  les  vo¬ 
missemens  ne  cessèrent  pas.  A  dix  heures  (le  lundi)  , 
ils  vinrent  à  la  consultation  publique  de  l’Hôtel-Dieu. 

»  Goval  paraissait  peu  soufirant,  son  visage,  le  son  de  sa 
voix,  n’étaient  pas  altérés  ;  il  dit  qu’il  avait  eu  de  très  Jorts 
vomissemens  et  d’abondantes  «^acuations. 

»Macé  marchait  avec  peine,  le  corps  courbé,  la  figure 
pâle,  portant  l’empreinte  de  la  plus  profonde  douleur. 
Il  fut  couché  dans  la  salle  St.-Joseph.  Dans  la  journée  ,  il 
eut  plusieurs  évacuations  alvines  ,  de  fréquens  vomissemens 
de  matières  liquides  jaunâtres  ,  qui  furent  recueillies. 
L’épigastre  était  très-douloureux  à  la  pression  ,  la  face 
grippée.  , 

»  Le  malade  était  dans  un  état  d’a  gitation  et  de  contraction 
continuelle,  il  ne  pouvait  répondre  que  par  monosyllabes  aux 
questions  qu’on  lui  faisait.  On  lui  fit  boire  en  abondance  de 
la  décoction  de  graine  de  lin  et  de  racine  de  guimauve.  Le 
soir ,  même  état  Je  souffrance  ;  (potion  calmante,  plusieurs 
demi-la veinens  avec  addition  de  huit  à  dix  gouttes  de  lau¬ 
danum  dans  chaque) .  Le  pouls  était  accéléré  ,  mai^.  on  ne 
l’a  pas  examiné  avec  assez  de  soin  pour  qu’on  puisse  rien 
dire  de' positif  feur  son  état.  Le  mardi,  les  vomissemens' 
ont  cessé.  Les  selles  contiennent  des  mucosités  sanguino¬ 
lentes  ;  il  survient  du  délire  la  peau  des  extrémités  se  re¬ 
froidit;  le  malade  se  lève  et  se  fait  en  tombant  une  petite 
plaie  à  la  partie  postérieure  de,  la  tête.  Il  meurt  à  dix  heu  - 


l5o  HiMOIAES 

res  du  suir ,  quarante-huit  heures  après  le  souper  sus¬ 
pect.  .  J  , 

n  Quânt'à  Goval ,  il  U’entra  à  l’Hêtel-Dieu  cpie  ie  soir  du 
lundi  ;  il  se  plaignit  do  coliques ,  mais  il  n^a  eii  ni  vomisT 
senaensÿ  ni  . évacuations  alvines  ,  depuis  son  ehtréé.  Il  n’a 
jamais  éprouvé  depuis  le-  plus  léger  accident#  Aurait-il , 
comiÉne  il  le  disait ,  rendu  tout  le  poison  dans  les  vomisse- 
naens  abondanà  qu’il  avait  euis  avant  son  entrée  à  l’hôpital  ? 
La  chose  èst  possihle  mais  d’après  l’éxamen^  etle  rappro¬ 
chement  que  firent  les  antorités  judiciaires  ,  de  quelques 
circonstances  de  l’évènement ,  on  peut  douter  qu’il  ait  été 
réellement  empoisonné# 

r>  Ouverture  du  cadavre,  faite  trente  heures  après  la 
mort.  —  Le  corps  est  dans  un  état  de  roideur  générale  ;  les 
doigts  et  les  ôrtéilS  sont  fortémentrétrâctés.  A  l’extérieur , 
rien  autre  chose  de  réüiarquâblè  quê  la  petite  plaie  dé  la 
tête  et  fes  signés  d’un  commencement'  de  putréfaction. 

»  f  ête.  ï*bint  dé  fracture  aux  os  du  crâne  ;  à  là  süéfàcé 
convéxé  du  cerveau  ün  léger  éndùit  rougéatrè  ;  à'  là  basé 
du  crâné,  ün  péü  dé  sàné'  épanché  dans  là  fossé  temporo- 
occipîtale  droite.  Cés  lésions  sont  regardées  comine  l’effet 
dé  là  chuté'  Mté  qùérques  héares  avant  la  mort. 

J)  Abdomen,.'  Estomac ,.  rien  à  l’extérieor.  Arintérieur 
huit'  onces' ènviron  d'uii*  liquidé  jaunâtre#  En  épongeant 
eé  liquidev  on  trouve  ué  grand  nombre  de  petits  grains 
blancs ,'  durs  y  dé  grosséur*  et  de  forme  diverses.  La  surface 
inférüé  de  cet  organe  offre  une  couleur  rongé  foncée ,  qui 
ne  disparaît  pas  par  dés  lotions  réitérées,  iii  par  des  fric¬ 
tions  faites  avec  des  linges'et  la  lame  des  scalpels.  Vers 
Férifice  duodériabexistaient  plusieurs  taohe^  è’tme  forme 
înégaleBaent  arrondie d’une  largeur  vaWable  depuis  celle 
d’üùé' pièce' de  di*  sOlS' jusqu’à  délié  d’uàé  piècé  de  Cinq 
fràncs  ,  d'üôe  côufeur  brüne.  11  est  difllciléide  dite  si'  ces 
tacHeS  sont  produites  par  du  sâfig  épanché  fortnatït ,  dans 


ET  O  iiSjihVATIONS.  l5-î 

l’éjftâisseur  dés  nïèmbraiüe's ,  dûé  sorte 'd’écchymosé  ,  ou' si 
cè  sont  de  véritables  eScarr'es\  A  l’endroit  die  cès  t'acbeS, 
les  rnénibrâines  pEffalssënt  boürsoufiléés';  niais  èllés  iie^  Se 
déchirent  paS  aVec  plus  dé  facilité  qüe  dans  lés'  autres 
points  dé  l’eStofliBci  La  tunique  sëçeiise  ü’est  jibinl 
altérée. 

ï  L’oésopbage  est  dans  l’état  naturel.  ' 

»  Le  düodénüin  et  le  cotnmencemènt  dé  l’iritéstin'  gfélé' 
offrent  unë  codleür  rouge  foncée;  niais- On  d’ÿ  reîüarqué 
pas  de  taches  codamé  dans  l’estOniab;  DaüS  tout  le  resté 
du  canal  digestif  existe  une  très -forte  injéction'véscdlairé. 

»On  retroüve  dans  toute  rétendué'  du  canal  infestiUaf 
des  petits  corps  blancs ,  seidblàblésà  .ceüjtqui  étaient  dans 
l’estomac. 

))  Poitrine.  Les  poumons  n’offrent  rien  dérélinatqdable. 
Le  péricarde  contient  üüé  oncè  environ  db  sëresifé  in¬ 
colore.  ‘ 

nLe  cc&uT.  Rien  de  particulier  à  l’extérieur.  Arintériéür, 
on  Observe  une  altération  rémài'qûable.  Les  cavités  gau¬ 
ches  sont  d’une  couleur  fougÉ  iheirbréè.  Dans  le  ventri¬ 
cule  de  cè  doté,  et  priocïpalément  sur  Ibs  colonnes' dhari 
nues  ,  on  Voit  des  petites  tadkés  dfun  voüge  cràrhoisi.  Eh 
incisant  sür'les  pointa  oü  éllés  existent,  ons  reconhaft 
qü’ëlles  de  sont  pas  bornées  h'  là  sürfticë,  niais  qù’ellés' 
péüëtPent  dans  la  Xâfismhdà  ckttrnû'e  dû  ccéûk.  Lés'  cavi¬ 
tés  droites  offrentdne  éouhiif  ro'iCge'  bdaucdup' plûsfôh&éé 
etprésqué  MOtVë.  Sut  les  éolbridés  charüÜèS  Âù  Vèdttiéülé 
on  remarque  aüSsi'  quelqüfes  fàbkM,  mais  tuoids  n'Ombrèü'-i 
ses  et  moins  prononcées  que  dans  le  ventricule  gauche. 

L’aorte ,  l’artère  et  les  veines  pulmonaires ,  ne  présen¬ 
tent  aucun  signe  d’altération.  Nous  comparâmes  l’as¬ 
pect  des  cavités  de  ce  cœur  avec  celui  de  plusieurs  autres 
cOeurs  d’individus  morts  de  différentes  maladies ,  et  nous 
n’avons ,  dans  aucun  ,  trouvé  une  disposition  semblable. 


ibz  MÉMOIRES 

On  examina  le  cervelat  presque  entier  qui  était  resté 
du  souper;  la  chair  avait  une  couleur  grise  ,  elle,  était 
comme  farcie  d’une  multitude  de  petits  corps  Lianes  , 
durs  ,brillans;  les  uns  tout-à-fait  en  poussière  ,  les  autres 
de  la  grosseur  d’un  grain  de  millet ,  quelques-uns  même 
du  volume  d’un  grain  de  chenevis. 

On  recueillit  une  certaine  quantité  de  ces  petits  corps 
blancs ,  trouvés  dans  le  cervelat ,  dans  les  matières  vo¬ 
mies  ,  dans  les  liquides  contenus  dans  le  canal  digestif  ;  on 
les  mit  sur  des  charbons  incandescens ,  et  ils  répandirent 
des  vapeurs  ayant  une  très-forte  odeur  alliacée.  M.  Bar- 
ruel  les  soumit  de  plus  à  l’action  de  quelques  réactifs  chi¬ 
miques ,  et  il  fut  bien  constaté  que  c’étaient  des  fragmens 
d’acide  arsénieux  grossièrement  pulvérisé  ;  cause  de  l’em¬ 
poisonnement  et  de  la  mort  de  Macé.  » 

Il  ne  faudrait  pas  croire  cependant  que  l’on  dût  trouver 
dans  tous  les  cas  d’empoisonnement  par  les  préparations 
arsénicales ,  des  altérations  du  cœur  semblables  à  celles 
que  nous  venons  de  décrire;  elles  ne  sont  manifestes  que 
lorsque  l’homme  ou  les  chiens  soumis  îi  l’observation  n’ont 
succombé  que  plusieurs  heures  après  l’application  des 
poisons  ,  et  il  peut  se  faire  encore  que  dans  ce  cas  ,  par 
des  motifs  qui  nous  sont  inconnus ,  il  soit  impossible  de 
les  découvrir.  Ne  sait-on  pas  ,  en  effet ,  que  des  poisons 
corrosifs  déterminent  quelquefois  la  mort  sans  enflammer 
les  tissus  sur  lesquels  on  les  a  appliqués;  h  plus  forte 
raison  pourront-ils  ne  pas  altérer  les  organes  éloignés  des 
parties  avec  lesquelles  ils  ont  été  mis  en  contact. 


i55 


ET  OBSEEVAÏIONS.  1 


Remarques  sur  le  diagnostic  de  l’ adhérence  du  péricarde 
au  cœur;  par  le  docteur  Sandee. 

Gorv^saet  ,  celui  des  auteurs  français  qui  a  le  mieui 
traité  des  maladies  du  cœur  ,  après  avoir  iùdiqué  les  pal¬ 
pitations  et  la  petitesse  du  pouls ,  les  syncopes  fréquentes , 
comme  signes  auxquels  d’autres  ont  cru  reconnaître  l’ad¬ 
hérence  du  péricarde  au  cœur,  ajoute,  p.  38  :  «Malgré 
ce  qui  vient  d’être  dit ,  j’avouerai  volontiers  que  le  dia¬ 
gnostic  de  l’adhérénCe  du  péricarde  au  cœur  ,  si  on  la 
suppose  simple  ,  est  extrêmement  difScile  à  établir  d’une 
manière  sûre  ,  et ,  par  conséquent ,  exempte  d’un  degré 
très-remarquable  de  certitude.  J’ajouterai  même  que 
lorsqu’elle  est  réunie  à  une  autre  affection  du  cœur  ou  de 
la  poitrine  ,  les  symptômes  toujours  plus  saillàns  de  la 
maladie  qui  complique  l’adhérence  du  péricarde  ,  empê¬ 
chent  qu’on  ne  puisse  reconnaître ,  souvent  même  soup¬ 
çonner  ,  cette  dernière  affection.  » 

Il  y  a  quatre  ans,  j’eus  à  traiter,  chez  une  fille  de 
sept  ans ,  une  maladie  du  cœur  ;  l’ouverture  du  corps  fit 
voir  une  dilatation  des  cavités  droites  avec  épaississement 
des  parois,  et  une  adhérence  totale  du  péricarde  aü 
cœur.  Cet  organe  avait  acquis  un  volume  triple  au  mdinà 
de  celui  qu’il  présente  ordinairement  à  cet  âge  ;  des  cou¬ 
ches  diverses  d’une  lymphe  coagulée  remplissaiéntlà' cavité 
du  péricarde ,  lequel 'était  si  fortement  adhérent ,  qu’il  a 
fallu  le  séparer  avec  un  instrument  tranchant.  Cefte 
masse  énorme  était  jointe  en  bas  avec  lé  diapihragme ,  par' 
des  vraies  fibres  charnues ,  dans  une  circonférence  de  plu¬ 
sieurs  pouces.  ' 

1 .  Il 


.à:54  ;MÉ«.0|RB5 

Quoique  les  symptômes  qui  annoncent  les  deux  pre¬ 
mières  lésions  que  je  viens  de  signaler  ne  fussent  ;pas 
dessinés  . avec  une  entière  netteté ,  j’avais  cependant  assez 
‘Ineh  'üétéÉÈJîiné  'l’-éteildue  et  Je  siège  4e  Ja  .maladie  ,  mftls 
l’adhérence  du  péricarde  m’était  éphappée. 

Avec  plus  d’attention  j  ’aurais  pu  pourtant  soup  çonner  la 
condition  .pluysique, en  vjertu  de  laquelle  les  autres  symp¬ 
tômes  ine  se  maRÎfestai.ent  que  daus  une  sorte  de  confu- 
siop  ,  . et  gui  .était. la. cause  de  la  dépression  du  pouls  ;  j’au- 
j?ais ipu  iprésumer , l’adhérence  du  péricarde  par  la  cQÏuci - 
denee  dd  pouls  petit,,  tremblant., .intermiiteut, avec  le 

mouvement  violent  de  la  .poitrine,  et  un  bruissemeut  par¬ 
ticulier  dans  son  intérieur ,  qu’on  entendait  très,-faci|e- 
ment  ,  même  dans  quelque  éloignement. 

MaisJ’auraispu  reconnaître  a  vec  certitude  l’adhérence 
du  péricarde  au  cœur  ,  en  remarquant  entre  les  côtes  de 
la  région  hypochondriaque  gauche,  tantôt  un  enfonce¬ 
ment  ,  tantôt  au  même  point  une  élévation  produite 
subitement  par  un  choc  gue  d’on  pouvait  sentir  avec  la 
main.  .J’avais  négligé  ne  .phénomène,  et  je  n’avais  pas 
cherché  à  remonter  à  sa  cause.  .la’ouvertare  du  corps  me  la 
fit  découvrir. 

Gorvisant,  dans  le  chapitre  sur  l’adhérence  du  péri¬ 
carde.,  dit:  :  ,«  Que.  le  diaphragme  entraîne  dans, son  abais¬ 
sement  le.péricardemt  tout  le  cœur  qui  lui  est  adhérent  , 
et;s’oppose  ,  dapace  temps  de  son  action  ,  au  mouvement 
particulier  d’.éléva tien  ,  propre  .du  cm, ur  lors  de  ses  con¬ 
tractions.  ,» 

fjRreissig.,  igui.,:  en  AJlemdgoe ,  a  publié  rie  meilleur  où- 
vrage  mr-les  maladies d,u, coeur  ,  donpe  le  signe  dont  j’ai 
parlé,  déjà  'reconnu  .par  .Heim  ,  à  fiorlin  ,  comme  dia¬ 
gnostique  de  l’adhérence  .du  péricarde  ;  du  reste  ,  il  ue 
s’exprime  pas  autrement  que  Corvisart;  il  ajoute  seule- 


ET  0  B  S  AVIONS.  I;5'5 

niiBiït  que  IW^Mipo  4iajilvflgme ,  ,1e  ,^qu- 

TOment  d’él^vatlQp-  âji^i^W  psl;  facilité  ,  gpigpe  tpftjq|jr9 
imparfait, 

JMaisiPut  ce  qtie  cemédepindit  u’explique  pftsdp.phé- 
jQomène  d’éléyatiori  et  d^cnfpîîpement  aïteiînqtifs  .gui  a  él|é 
observé  ;  il  xènd  seulement  raison  de  la  pqtftesse  ,et  de 
J- irrégularité  du  p.Qüls  >  ;pt  de  ;la  gêne  de  la  jrespirafiqn . 

l>n  pourrait  croire  ;que  'Renfoncement  et  le  cboP  ue 
peuvent  se  montrer  qu’une  seule  fois  pendant  Je  temps 
4’üne  seule  respiration  ,  c'est-àrdire  ,  d’un  mouvement 
complet  du  diaphragme.  En  admettant  que  la  respiration 
est  gênée ,  accélérée  par  suite  de  l’adhérence  du  péricarde  , 
jamais  elle  ne  d’est  à  un  degré  itel  ,  que  sa  ,  rapidité  ,so|t 
égale  à  celle  des  pulsations  des  artères.  ' 

Mais  les  deux  phénomènes  se  succèdent  dans  des  es¬ 
paces  de  tenips  encore  plus  courts  ;  ils  ne  sont  pas  lion 
plus  isochrones ,  comme -Kréissig  l’assure.  Comnientexis- 
terait-ildansilemême  endroit,  dans  le  même  moment,  un 
creux  et  une  élévation  ! 

Ne  perdons  pas  de  vue  que  la  nature  a  joint  légère¬ 
ment  chez  les  enfans  ,  fortement  chez  les  adultes,  la  sur¬ 
face,  inférieure  du  péricarde,"  correspondante  à  la  face 
pjate  du  coeur,  placée  un  peu  à  l’extérieur,  avec  la  partie 
moyenne  du  centre  tendineux  du  diaphragme ,  et  que 
cette  surface  est  réunie  plus  à  gauche  ,  dans  la  région  dès 
cartilages  de  la  cinquième  et  de  la  .sixième  côte,  avec  la 
Substance  charnue  dii  diaphragme  par  des  fibres  de  même 
nature. 

Si  le  péricarde  n’eçt  pas  adhérent  au  cœur  ,  celui-ci  a 
assez  d’espace  libre  en  .bas, et  des  dpux  côtéspoursesmou- 
vemens  dans  cette  cavité  fermée. 

Mais  s’il  existe  une  réunion  totale  du  péricarde  avec  le 


i56  hémoibes 

cœur,  ou  seulement  avec  sa  pointe,  alors  la  libre  action 
du  cœur  est  entravée ,  et  nous  verrons  toujours  en  dehors 
les  suites  de  cette  gêne. 

Pendant  la  contraction  simultanée  des  ventricules,  le 
cœur  devient  plus  court,  plus  rond  dans  sa  surface,  il  se 
rétrécit  pour  ,  chasser  le  sang  ,'  sa  pointe  s’élève  en  avant 
vers  la  cinquième  côte  et  doit  entraîner  actuellement  en 
haut  la  partie  inférieure  du  péricarde ,  avec  le  diaphragme 
et  tout  ce  qui  lui  est  adhérent.  En  même  temps  se  dessine 
donc  l’enfoncement  sous  les  côtes  gauches  de  la  région  su¬ 
périeure  du  ventre. 

Dans  le  moment  suivant,  pendant  la  contraction  simul- 
lanée  des  deux  oreillettes,  les  ventricules  se  relâchent , 
s’étendent  pour  recevoir  le  sang,  la  pointe  du  cœur  se 
meut  subitement  en  bas  ,  et ,  n’étant  pas  dans  un  espace 
libre ,  communique  actuellement  au  péricarde  adhérent , 
au  diaphragme ,  et  aux  autres  parties ,  le  choc ,  qui  est  sen¬ 
sible  à  l’extérieur  par  une  petite  élévation  qui  se  dessine 
dans  le  même  endroit  où  peu  auparavant  s’était  formée  la 
concavité ,  et  qui  s’élend  pourtant  un  peu  plus  bas.  Rigou¬ 
reusement  parlant ,  l’enfoncement  précède  le  choc  ..puis¬ 
que  la  contraction  des  oreillettes  est  le  commencement 
de  l’action  du  cœur. 

C’est  un  mouvement  perpétuel  d’une  très-forte  ondula¬ 
tion  ,  se  montrant  plus  bas  que  celle  qu’on  sent  naturelle¬ 
ment  dans  la  région  du  cœur. 

Ainsi  pendant  l’inspiration  et  l’expiration ,  les  deux 
phénomènes  se  montrent  séparés  dans  chaque  moment 
des  contractions  des  oreillettes  et  des  ventricules  ;  ils  se 
montrent  réunis  pendant  une  seule  pulsation  de  l’artère 
radiale  ;  l’affaissement  de  celle-ci  est  'isochrône  avec  la 
pulsation  sous  les  côtes ,  et  la  pulsation  artérielle  avec  laf- 
faissement.  , 


SBR' 


iNS. 


i57 

Pendant  l’inspiratipn  ,  le  creux  est  plus  profond ,  puis¬ 
que  le  cœur  s’oppose  alors  avec  plus  de  force  au  change¬ 
ment  de  sa  situation^  et  entraîne  ,  par  conséquent ,  une 
plus  grande  partie  du  diaphragme  abaissé  :  oh  remar¬ 
quera  ,  de  plus,  que  le  choc  est  moins  fort,  puisque  les 
parties  adhérentes ,  s’étant  éloignées  davantage ,  transmet¬ 
tent  moins  le  mouvement  descendant  du  cœur  en  dehors , 
et  utca  verad,  pendant  l’expiration. 

Ainsi ,  quoique  Gorvisart  en  ait  dit ,  il  existe  un  signe 
mécanique  ,  produit  toujours  par  la  même  et  unique 
cause ,  signe  qui  ne  trompera  jamais ,  qui  fera  reconnaître 
très-facilement  l’adhérence  du  péricarde ,  lors  même  qu’elle 
sera  compliquée  avec  d’autres  maladies  du  cœur  ou  de  la 
poitrine. 

J’ajoute  encore  que  la  jeune  fille,  pendant  deux  ans 
que  sa  maladie  a  duré,  ne  se  plaignait  jamais  de  douleurs 
au  cœur ,  mais  seulement  de  tiraillemens  dans  là  région 
du  diaphragme. 

Le  cœur  ,  insensible  pour  ses  propres  maux  par  la  nature 
de  ses  nerfs  ,  est  ,  nonobstant  leur  petit  nombre  ,  conti¬ 
nuellement  en  action;  il  use  peu  ses  forces  nerveuses, 
et  l’emporté,  en  intensité  de  vié  organique ,  sur  tous  les 
autres  organes. 


Sur  les  Rapports  de  la  Physique  avec  la  Mécleàtne-  par 
M.  Babinet  ,  professeur  de  ,  physique  au  Collège 
royal  de  Saint- Louis. 

Les  fonctions  dé  la  vie  s’exerçant  dans  tous  les  êtres 
animés  au  moyen  d’organes  matériels  et  au  milieu  de  sub¬ 
stances  inorganiques  dont  ils  ne  peuvent  s’isoler ,  l’ihllüenco 


iSB  MÉiiôïSÈâ 

des  ageris  physiijués  sur  cesêtrei  ne  pëufc  être  révoquée  en 
doute  ,  puisqu’elle  est  également  une  conséquence  de  la 
constitution  des  organes  et;  du  système  de  côrps  dont. ils 
font  partie;  A  la' vérité,  la  puissance  vitale,  dont  la  na~ 
tuiie' estinconuuè  et  dont  les- eflfets'sontsi  va?riés  j  retient 
enchaînés;  des  élémeils  qüi  ,^hdts  de  Son  empire ,  "Réagissent 
l’un  sur  l’autre  ;  elfe  forme  deS  combinaisons  qui  ne  peu¬ 
vent  être  produites  autrément  ,  èt  l’exercice'  de  ses  fonc¬ 
tions  est  une  dérogation  perpétuelle  aux  lois  de  là  phy- 
siquè;  Mais  si  l’on  réfléchit  que  le  priûcîpe  vital  doit  être 
d’üne  nature:  ejttrêmenient  subtile  ,  et  què  ses  opérations 
son  t  :  nécessairement  en  rapport  avec  SoUeSsence ,  il  eSt  na¬ 
turel  de  considérer  c6  moteur  comme  agissant  d’abord  sur 
des  substances  elles-mêmes  fort  subtiles  ;  d’où ,  par  unesérie 
d’action^  physiques  ,  Ré'Sultent  les  effets  que  nous  obser¬ 
vons,  la'.  foRcé  vitale  ne  faisant  que  régularisér  ou  entrete* 
nir  là  succession  des  phénoiûènes  auxquels;  elfe,  a  donné 
naissance.  Sous  ce  point  de  vue  il  est  très-utile  d’étüdier 
les  agens  physiques  dans  leurs  rapports  avec  l’économie  des 
êtres  vivant  pour  essayer  de  remonter  le  plus  loin  pos¬ 
sible  des  effets  vers  la  cause.  Ges  recherches  peuvent  aussi 
dévoiler  quelque  nouvelle  substance  qui,  semblable  à  plu¬ 
sieurs  des  fluides  impondérables  déjà  connus ,  ne  mani¬ 
feste  son  existence  que  dans  des  cas  très-particuliers.  La 
physique  gagne  beaucoup  à  ces  rapprochemens ,  et  plu¬ 
sieurs  de  ses  divisions  doivent  leur  origine  ou  leur  perfec¬ 
tionnement  à  l’étude  et  à  l’imitation'  de  la  nature  vivante., 
En  passant  en  revue  dans  les  articles  suivans  ses  nom¬ 
breux  points  de  contact  avec  la  physiologie,  qui  fait  de  nos 
jours  de  si  admirables  progrès ,  il  sera  facile  dé  voir  com¬ 
bien  il  réste  encore  à  faire  dans  les  diverses  branches  qui 
forment  le  domaine  çommun  de  ces  deux  sciences. 

Des  agènd  pkfsiques  en  général.'  —  Sans  nous  ntta- 


ET  0  BS  B  BV  Alto  MS.  iSi^î 

cher  à  une  claBsifieation;  rigoureuse  des  propriétés  des 
corps  et- des  Ibis-quides  pégissehl),  nous  rangerpus- sous  les- 
litïes  suivaûS  Oeiqui  s’ofTre  de  ,  plus  renaarq^uable  danslesi 
r  apports  des  di  vers  a  gens  physiques^  a  vec  lejs  êjbi'esi  vivans  ; 
r.“  tes  forées  moléculaires;  a.”  les  forces  mécaniques; 
3i®  te  chateurf  4-°  la  météorologie  ;;5.°raeoHstique  ;  6."ré- 
leefricité';  y.®  le  galvanisme;  8.»  te:  magnétisme;  g^.®  la 
lumière. 

J)es  f&vces  fnotémlcoères.  ^  Ou  sait,  depuis  Newton  , 
que  tes  plus  peliites  parties  dos  corps  ,  ou  leurs  înp/dcHtes  ,; 
ont  à  steniï  une  tendance  mutuelle  qjle  l’on  a  désignée: par 
le  nom  dtettr action  ou  d'affinité.  Cette  force  produit  la 
dureté  dans  tes  corps  solides  ,  l’adhércnee  des  mpléçutea 
dans  tes  liquidés  ;  et,  dans  les  gaz ,  elle  détermine,  leurre-^ 
lourà  Pétat  liquide  pu  à'  l’étét  Solide  lorsqu’on,  tes  prive  de 
ia  chaleur  qui  lés  maintenait  aériformes.  Tous  les  phépo- 
mènëS  de  la  chimie  ,  qui  nous'  offre  tant  de  cpmhinaispns 
et  dé  décomposiîtiOHS' ,  sont  évidemment  des  résultats  de  te 
même  force  ,,  dont  malbeureusemeQt'. la  nature;  échappe 
è  l’obseryatiou  avec  les  molécules  entre  lesquellos  elle 
s’exéree.  De  liomhreases  actions  de  ée  génre  doivejnt  aussi 
avoir  lieu  dans  les  phénomènes  de  l’économie  aniniale,  la 
respiration,  te  digestion,  rassimitetion  ,  l’absorption  et  les 
sécrétions  en  général.  Des  expériences  Ont  été  faites  dans 
toutes  ces  parties ,  et  dans  toutes ,  là  matière,  est  loin  d’ê;tre 
épuisée.  Trop  d’exemples  se  présentent  pour  en  développer 
quelqués-ons  en  particulier.  Ici;  pomme  dans  tout  exer^- 
cîce  dés  fonctions  de  te  vie ,  la  première  impulsion  iest  prq- 
babtemetit  donnée  ptir  le  principe  vital ,  ,ét  tout  s’achève 
ensuite  dans  les  organes  par  le  jeu  plus  ou  moins  compli¬ 
qué  dos  a  getts  physiques  ,  dont  quelques-uns  ponvent  , en¬ 
core  être  ineonnus.  ■ 

Une  branche  fort  étendue  de  te  physique  des  aclious 
moléculaires  a  pour  objet  tes  tubes  capillaires  ,  dont  l’ellpt 


l,6o  MÉM0,IBE3 

est  d’éiëver  les  liquides  au-dessus  de  leur  niveau  et  de  les 
transpofterle  long  du  tube  lorsque  son  diamètre  n’est  pas 
le  même  d’un  bout  à  l’autre.  Ces  tubes  ou  tuyaux ,  et  en 
général  toutes  les  cavités  d’une  petite  étendue ,  ont  la  pro¬ 
priété  ■  d’attirer  puissamment  et  de  fixer  dans  leur  inté¬ 
rieur  tous  les  liquides  et  tous  les  gaz  avec  lesquels  ils  sont 
en  contact.  La  disposition  des  fibres  ,  des  végétaux,  favo¬ 
rable  à  l’ascension  de  la  sève ,  et  le  passage  des  fluides  des 
corps  vivans  par  des  canaux  fort  minces  ou  par  des  cellules 
fort  petites,  se  rapportent  évidemment  aux  mêmes  pro- 
priétési  Ôn  peut  en  dire  autant  des  pores  de  la  peau  d’où 
sort  si  abondamment  la  transpiration ,  et  par  où  d’autres 
substances  sont  absorbées  et  portées  dans  la  circulation  ; 
et  des  pores  des  œufs  et  des  coquilles  des  fruits  à  noyau 
qui  permettent  la  sortie  de  la  partie  aqueuse  de  l’œuf  dans 
l’incubation  d’une  part ,  et  de  l’aulpe ,  admettent  l’humi¬ 
dité  dans  rinlérieur  du  noyau.  Autrement ,  le  germe  de 
celui-ci  ne  peut  se  développer,  de  même  que  l’incubation 
ne  produit  rien  sur  l’œuf  privé  de  ses  pores  par  un  vernis 
convenable.  . 

Le  charbon,  les  substances  poreuses ,  les  tissus  agissent 
en  vertu  des  mêmes  lois  pour  absorber  les  gaz  et  pour  les 
retenir  engagés.  C’est  sans  doute  là,  la  source  de  l’infection 
des  miasmes  délétères  que  ces  substances  recèlent  et  trans¬ 
portent  souvent  au  loin  avec  l’air  qui  en  était  imprégné  et 
dont  elles  se  sont  chargées.  Le  peu  de  matière  qui  donne 
naissance  à  une  contagion  est  souvent  surprenant.  Si  la 
cause  de  l’aflcction  morbide  qui  en  résulte  ne  doit  pas 
être  rapportée  à  un  agent  encore  iirconnu  de  l’économie 
animale^  il  est  certain  que  i  de  tous  nos  sens ,  celui  qui  est 
susceptible  d’être  le  plus  aflecté  pathologiquement  par  le 
moins  de  matière  ,  c’est-l’odorat.  Les  émanations  des  corps 
odorans  sont  tellement  subtiles  qu’on  a  plusieurs  raisons 
de  douter  qu’elles  soient  matérielles.  Ce  sont  peut-être 


ET  OBSEBVATIoNS.  161 

des  mouvèmens  moléculaires  d’un  certain  genre  ,  comme 
la  lumière  et  la  chaleur  dans  l’opinion  de  la  moitié  des 
physiciens.  Si  donc  on  exclut  toute  idée  d’empoisonnement 
par  absorption ,  à  raison  de  la  petite  quantité  de  la  matière 
qui  cause  là  contagion  ,  et  qu’on  rapporte  cet  effet  à  des 
affections  nerveuses,  nos  soupçons  devront  se  tourner  d’a¬ 
bord  sur  les  nerfs  olfactifs;  mais  aucune  expérience  n’a 
encore  été  faite  pour  appuyer  ou  pour  infirmer  cette  opi¬ 
nion.  La  physique  et  la  physiologie  de  l’odorat  sont  très- 
peu  avancées  ;  ce  qui  tient  sans  doute  au  peu  de  perfec¬ 
tion  des  organes  de  ce  sens  dans  l’homme, 

Des  forces  mécaniques.  —  Des  corps  vivans ,  animaux 
ou  végétaux  ,  offrent  dans  leur  constitution  tant  d’exem¬ 
ples  de  ces  forces,  qu’il  n’en  est  pas  un  dont  le  repos  du  le 
mouvement  ne  résulte  d’une  application  continuelle  des 
lois  de  la  statique  et  de  la  mécanique.  La  disposition  rela¬ 
tive  des  organes  ,  leur  situation  comme  supports  et  comme 
auxiliaires  l’un  de  l’autre,  leur  force  croissante  à  mesure 
qu’ils  sont  plus  chargés  de  la  tête  aux  pieds ,  les  colonnes 
creuses  des  os ,  la  résistance  et  l’imperméabilité  des  mem¬ 
branes  et  des  aponévroses ,  le  centre  de  gravité  du  corps 
et  ses  changëmens  dans  les  diverses  postures  et  avec  les 
divers  genres  de  soutiens,  comme  dans  l’art  de  l’équili- 
briste  et  celui  du  nageur  :  toutes  ces  circonstances  et  ùiie 
infinité  d’autres  connues  ou  inconnues  ne  demandent  pour 
leur  explication  parfaite  que  la  solution  d’un  problèküë  de 
statique  oü  doivent  toujours  entrer  la  masse  et  la  force 
des  matériaux  ,  leur  élasticité,  leur  frottément,  leur  du¬ 
reté  ;  enfin  toutes  leurs  propriétés  physiques,  en  n’oubliant 
pas  cependant  que  ces  propriétés  peuvent  être  puissam¬ 
ment  modifiées  par  l’action  de  la  volonté  e  t  de  la  vie.  ■ 
La  pression  des  fluides,  qui  fait  partie  de  la  statique  , 
n’est  pas  moins  importante  à  considérer  dans  uii  grand 
nombre  do  cas.  Plusieurs  liquides  fornlent  une  partie  es- 


_)  6_2  ,  , 

senfMle  de, notre  .o^gan^atipii, 

IJaide  ,  posant  ,  l’air  ,  qui  est  cont^pijellement  admis;  en 
ftous  pl  Jejeté  parl’eçte  de  le  respiratipni;;  Sa  pi;es,sion 
et ,  ,qu4n^té  :  diminuen t  au  sommet . , des  hautes,  monta- 
gnes.j  piiielles  spj  ré^niseij.t.^-peurprès  h.;ntq.itié.  Elles  aug¬ 
mentent;  sans,  limUe  Isous  la  içleebe  du., plongeur; qui-, trar- 
.vaillej  dape  une,  massu  de,  gaz  submergée  ;  .jusqu’au  -  sol  .de 
la  mer, ,  La  .pression,, sur, ;les  àrJ;è,res.fde,  dehors  en  dpdans 
se , trouva  .par  .là  . for, tepaept,, modifiée  ^  du.imojns.dans  .les 
premiers -mo mens  oii,la)fQçee.élasli‘lP^î4eil’air  augmente  à 
mesure  qu’il  se  comprime., 'jlj’efre.t  ideS:,Yento.uses  estj  djCtau 
eoutraire,  à  ,  une  suppression-  loftale;  ,,du,;ppi.ds  de  l’atmo¬ 
sphère, jL-art  des  in]pçtiops.;se  fendeepfiore  sua  la  pression 
des,  liquides  et  sur  la,  transmission,  dq  mouvement  qui  s’o¬ 
père;  00  e.MS J. SulvantJo.u.tes  leSj djrectipns.  .Le  poids , même 
des  ^as,ii  la;légère.té.idB, d’air, échauffé  et  sa  .tendauçean 
(haut,  ,laJ;eji.dane.e.  CQntraire.de  l’aeide;Cârbomque,,ies  eeur 
.rgns  .quvau  résultent  ^  .toutes  ces  propriétés  SQpt  indispensa- 
dde.s.  à  Aonsidérér.  dans  l’assaiofesément. des  galeries  de, mine 

et  danaj,’hygiène.,de9  P-^‘'8dle- 

me.nt  utile,  de,  cennaîtreile  poids  relatif  de,  !a  plupartdessér 
créiions  ;et  .l’influenee.que.  chaque  ,é,tbt  duaerpseyerce,  sur 
çe,t^lémentessentiel,delacQnstitution  des  liquides.  Lesinr 
dlçations  commodes  de  l’aréomètre,  fojirniraient  sansdoute 
ici, ,,  eomro,e  dans  ,1’examen,  des,  eaux  minérales plusieurs 
résultats  curieux,  et  concourraient, à,  ,éelalrpir;  le  diagnostic 
de.pludeurs  affections  .internes  ;,,enfiaides  Cpéraûons  du 
même  genre  donneraient,  pour  .lés  prldcipales.parties  du 
corps. leur  volume  >'  soit  absolu ,  .soit relatif  dans:  plusieurs 
classes  d’animaux.:  C’est,  au  moyen  de:;lTmm.ersiomdans 
un  .fluide  :  qùeüon  .se  .prncure  cette, connaissauce,  avec 
beaucoup . de  facilité  ^  pari: exemple,  le  volume  entier  du  , 
oorpsd: un  homme  qui  pèseccnt.  quarante  livres  est  à-péu- 
près  de,  deux  pieds  cubes  et  pourrait  être  contenu  dans 


E  T  O.RS,;liiBjV-A':T;l  O  N  S.  ^^1^5 

une  Boîl^  dp  dçux^^.pjedis.dç  JoJig«eflr  BWr  ùn.pied  dféqttSr- 

■jrjssagè.  ■■.  ■  *  .  .  '  ; .  ■•  ■  •'•■ 

/  La  j^iécanique  pfppçemenfeidite  ,.  ou  la  science  du  mou¬ 
vement  ne  s’applique  pas  moins  que  la  statique  ;à  la  stcuc^ 
lure.des  aninaauxdoul.unèdeâ  paciies  principal®  de  kidé- 
jiui^QQ.  iÇSt •  la jkQuUéjmûmesdj^^  §0  .mdùypir.i  lOn  iy  obseçve 
Jjes.moqyemep^ide  l’aif  (,  ,du  .sang,fetdçs  sécrétipnsi;’’le8  con- 
iraçti9us,,mM^P4l^ires, ,  des  Ifeyieca  iqui  eà jtpanspoEteni  Tao- 
■tion  ,,le,uçs  xepypis  leprsiiCbaFflkffiSiii  leurs  JRPypâS  d’ iù- 
sertipn,  avec  jépqqqmie.-jd’içspaçe  Ptiidp  .force,  mP.trice  ,  et 
bien  (i’flptresjjqjrconiskpçeai  Epm|!!îquflble8  ,qui.  ,pnt,dté  si¬ 
gnalées,  dan^lesj  livres ,  dlanai^ruiC;  .çMafl?  iplusipuys,  traités 
spéciaux.,, , On  pepfcçitey;p.arpii>les,eonsÂdéEation8  .§ur  iesr 
quelles,  on  a.Dqoips  insUté^  la  yîtesse  etle  choc  qqi, résultent 
.d’ujBÇ;  (Çjtujte ; d.’une],]iauteu;qQdqnj)ée  ;•  la  grande  vYÎteSSie 
qn’acquîèrçnt  Iqa  qx|?iém jtés  idu  Gorps:pararacJion  .aitnul'- 
tanée,,  de,  tquteS;Ies.,paptips  qui, les,  supportent ,,  çomnae  par 
exemple  dan8yl’aqtiofl,de j/aMeerj.flb  je,pipu,Yeiuent  dq; |a 
ipaiu  est,la.sqn3nae;nE,i|tb.méli9Hq  idéufPHfes  leshyiîk  4;^ 
poignet ,  ,de  l’ayant-bras.,  ,du  .bras  j^de;  UépAulei,  ;diU.;};ronc 
et  même  des  parties  inférieures.  PeSieb.seryatipns  pareilles 
pefflrqf?!,  s’appliquer  ,^da.  marche;  e|.  la,  course,  dLest^^cu- 
.WP  ;4e  :  fiéterjuiper,  peesqùej  matbén[|a^(queiuent. ,  c^’eprés 

l’éléye-tion,  d|U  ceqtoÇ;  dpj  grajijd  du  ;  corps  ,aft;’desSu^  ckiSpl , 
«lùe  comporte  Uettq  éjé- 

.yqjion,  quij^éfi®,?.4.principalqmentyde,  lat,longHeur^e 
ifleMon  .deSijmpne^re?  Aut;dol4>  4o:ciette  llmilieil 

WP9^?.^® 4SW?^P,her,;p’estTMjr  »i  quepour,  ajvnir.Une 
pIu^,  grjindej,  ilj&ut;,^oiument,  quitter,  la, .terre 
pen^apl  u^'.p^g|ion,dejtejmps  enaployé 
l'HPpJté  jocçqiotriçe»  ^lin^,,jn9us. connaissons. eneore;  bien 
peu  ^Cfpjiqs.eisuç,^  ^ttjjejdes.gÇelÿiniusenlair®;^  et. le 
^Sspcopp,^  nousjppren.d)ce ,  non  seule- 
inenLdans  la.  (;pn(iparalsoa,,dG8,|orGes  .des  muscles. dans  1® 


i64  mémoires  I 

différons  états  de  la'  vie  et  dans  les  divers  animaux  ,  mais 
encoré  sur  leur  dépendance  mutuelle  et  la  quantité  d’é¬ 
nergie  qu’ils  peuvent  manifester  en  agissant  isolés  ou  si¬ 
multanément. 

De  la  chaleur.  —  Dans  les  deux  premières  classes  d’a¬ 
nimaux  ,  les  mammifères  et  les  oiseaux ,  c’est  une  propriété 
essentielle  de  l’organisation.  D’où  vient  cette  chaleur  ?  ost- 
ellè  due  à  la  respiration  seulement  et  à  la  décomposition 
de  l’air  ?  est-elle  aussi  le  produit  d’une  action  vitale  plus 
compliqùée,  ou  l’électricité  en  mouvement  qui ,  comme 
on  le  sait  maintenant,  développe  sans  aucune  combustion 
ou  combinaison  de  grandés  quantités  de  chaleur?  Sur  tous 
ces  points  nos  connaissances  sont  fort  incomplètes  et  les 
expériences  précises  d’une  date  très-récente.  Du  reste 
l’exercice  de  la  vie  semble  intimefnent  lié  à  la  présence  de 
la:  chaleur.  Les  animaux  qui ,  par  leur  organisation ,  sont 
privés  de  ce  principe  vivifiant,  ne  se  raniment  pour  ainsi 
dire  qu’à  l’aide  de  la  température  extérieure ,  et  le  soleil , 
en  revenant  au  printemps  dans  notre  hémisphère ,  y.  sem¬ 
ble  faire  renaître  la  vie  avec  la  chaleur  pour  les  animaux 
comme  pour  les  plantes. 

Beaucoup  de  propriétés  curieuses  de  l’agent  qui  nous 
occupe  s’observent  dans  les  êtres  vivans.  On  sait  que  les 
corps  noirs  émettent  la  chaleur  dont  ils  sont  pénétrés  et 
la  perdent  beaucoup  plus  vite  qüé  les  corps  blancs  et 
brillans.  Cette  émission  se  fait  indépendamment  de  tout 
contact  et  a  été  désignée  sous  le  nom  de  rayonnement  du 
calorique.  Aussi  voyons-nous  dans  lé  Nord ,  pour  la  con¬ 
servation  de  la  chaleur-pulmonaire ,  les  vêtemens  blancs  , 
les  cheveux  bloiids  et  les  fourrures  blanches.'  Dans  les 
zones  tempérées  il  y  a  mélange.  On  aperçoit  déjà  cepen¬ 
dant  au  midi  de  l’Europe  des  vêtémens  beaucoup  plus 
rembrunis  dont  l’office  est  de  disperser  la  chaleur  trop 
abondante  du  corps;  enfin  sous  la  zone  torride  la  nature 


ET  OBSERVATIONS.  l65 

nous  montre  dan»  la  pe'au  des  nègres  une  surface  conti¬ 
nuellement  destinée  à  compenser  l’effet  nuisible  que  peut 
produire  dans  l’économie  animale  l’air  embrasé  qu’on  res-, 
pire  dans  ces  climats.  On  peut  citer  à  la  vérité  quélques 
exemples  de  peuples  fort  méridionaux  qui  sont  surchar¬ 
gés  de  vêtemens  ;  mais  cet  usage  est  exactement  fondé  sur 
,  les  mêmes  lois  de  physique  ;  car  dans  les  pays  où  l’air  est 
très-serein ,  la  terre  perd  rapidement  sa  température  par 
son  rayonnement’vers  les  espaces  célestes  ,  et  à  des  jours 
excessivement  chauds  succèdent  des  nuits  très-froides. 
Ces  peuples  ont  préféré  s’isoler  complètement  des  corps 
environnans  que  d’éprouver  ces  alternatives  dangereuses 
de  chaleur  et  de  refroidissement. 

La  transpiration  tempère  la  chaleur  animale,  en  déga¬ 
geant  continuellement  de  la  vapeur,  dont  la  formation 
exige  et  enlève  beaucoup  de  calorique.  Une  atmosphère 
humide ,  en  gênant  le  développement  de  ces  vapeurs ,  porte 
toujours  dans  l’organisation  un  sentiment  de  chaleur  débi¬ 
litante  ,  et  les  hommes  qui ,  d’après  les  expériences  con¬ 
nues  ,  peuvent  supporter  la  température  d’une  étuve  plus 
élevée  que  celle  de  l’eau  bouillante  quand  l’air  est  sec  /pé¬ 
riraient  infailliblement  à  une  température  beaucoup  moin¬ 
dre  dans  l’air  humide  qui  ne  pernaettrait  pas  l’évaporation , 
comme  on  s’en  est  assuré  d’ailleurs  sur  des  animaux.  La 
température  de  l’intérieur  de  la  terre  augmente  à  mesure 
qu’on  l’observe  dans  un  lieu  plus  profond.  C’est  probable¬ 
ment  è  cette  chaleur  centrale  du  globe  qu’il  faut  attribuer 
l’existence  des  eaux  thermales ,  dont  plusieurs  sont  em¬ 
ployées  comme  remèdes.  Les  médecins  qui  habitent  sur  les 
lieux  ont  beaucoup  de  recherches  à  faire  sur  ces  sources 
non  moins  curieuses  par  leur  origine  qu’utiles  par  leurs 
propriétés  médicales.  Enfin  si  l’on  considère  que  la  chaleur 
varie  avec  les  saisons,  avec  les  jours  et  avec  les  heures, 
les  diverses  influences  qui  naissent  à  chaque  instant  (lu 


1.66  MÉMO  I K  E  S 

d’état  de  tout  ce  qui  nous  environne  devront 
être  considérées  comme  formant  antaqt  de  sujets  d’pbser' 
vation  .  surtout, si  l’on  y  £|joute  que  nous  percevons  les  im- 
preSjSipns  .de  la  chaleur  par  toutes  les  parties  du  corps.  Les 
effets  de  ce  genre  son  t  surtout  sensibles  dans  .les  çialadies 
nerveuses  dont  les  paroxysmes  sont  déterminés  par  les 
causes , qui ,  au  premier  aspect  .  semblent  les  moins  éner¬ 
giques. 

Météorptçgîe.  —  L’air  est  pesant  ou  léger,  humide  ou 
sec,  chaud  ou  froid  ;  les  vents  qui  l’apportent  de  toutes 
lès  contrées  sont  modifiés  par  rapport  à  leur 

force  ,  à  leur  .constance  ou  à  leurs  changemens  ,  et  ils 
agissent  suivant  l’exposition  des  lieux  où  ils  soufflent.  Les 
météores  aqueux  et  Igpés  varient  encore  la  scène  de  ces 
phénomènes  par  leur  apparition  plus  passagère ,  mais 
fréquemment  renouvelée.  De  ce  genre  sontla  pluie,  la 
neige ,  là  grêle ,  la  rosée ,  l’éléptriçité  atniosphérique , 
la  foudre  et  les  influences  des  nuages  électrisés.  Le  ther¬ 
momètre  pour  mesurer  la. chaleur  de  l’air  ,  lë  baromètre 
pour  sa  pression ,  et  l’hygromètre  â  cheveu  pour  la  quantité 
d’humidité  qu’il  contient ,  sont  les  trois  instrumens  dont 
l’observation  peut  faire  connaître  la  constitution  atmo¬ 
sphérique  d’un  pays  çLdevenir  entre  les  mains  .d’un  obser¬ 
vateur  assidu  et  intelligent  une  source  de  résultats  utiles 
pour  la  médecine  et  l’hygièhe,  en  rapprochant  l’état  de 
l’air  des  symptômes  correspondons  des  maladies  ;  mais  c’est 
surtout  pour  la  météorologie  que  des  observations ,  faites 
dans  des  endroits  éloignés  les  uns  des  autres ,  deviendraient 
extrêmement  précieuses  en  donnant  lés  moyens  de  dé¬ 
terminer  la  direction  et  la  vitesse  de  propagation  des  mé¬ 
téores  par  l’heure  où  ils  auraient  commencé  à  se.  faire  sen¬ 
tir  dans  chaque  lieu.  L’eqsemhie  de  ces  . observations  ser¬ 
virait  à  résoudre  beaucoup  de  questions  de  géographierphy- 
sique  d’une  haute  injiportance  pour  l’agriculture  et  pour 


et  obsejr.vations»  167 

les  flccliipBtaMpns^  fionMne  en  général  pour  les  nointireuses 
brenphes  des  sçiences  .naturelles, qpi  ont  des  rapports  ay^c 
la  nnétéprolqgie.  On  peu,t  juger  d’avftnce  combien  l’étude 
de  cette  acience  éclairerait  une  longue  q)ra tique  médicale 
.Æxerçée.dans  la  cpêRie  yille  ,  pn  . observant  fCe  qui  se  passe 
dans  plusieprs  localités  où  les.tnêmes  saisons  .et  les  mêmes 
circonstances  météorolugiques  ramènent  périodiquement 
les  mêmes  maladies  dont  la  violence  ne  laisse  pas  mécon¬ 
naître  un  instant  le  cause  .réguUèrè  de  leur  apparition. 

ba  médecine  étant ,  comme  toutes  les  sciences  qui  ont 
pour  but  l’étude  de  la  nature,  une  science  d’pbservation , 
et  la  ,]dupart  des  médecins  ajyant  les  connaissances  né,çes- 
saires  pour  la  météorologie  pratique  ,  ce  serait  un  grand 
avantage  pour  cette  science  ,  et  pour  les  ,§ci.ences  physi- - 
ques  en  général,,  .sicfis  utiles  membres  de  la  société  vour 
laient  bien  joindre  à  .  leurs  honorables  travaux ,  qui ,  d’ail¬ 
leurs  ,  leur  imposent  l’obligation  d’une  vie  sédentaire., 
le  soin  peu  pénible ,  mais  fort  assidu,  .de  recueillir  les 
laits,  tant , sur  les  phénomènes  réguliers  et  .permapeps , 
quesur  cepx  qu’on  pourrait  appeler  les  crises  de  là  nature , 
comme  les  ouragans  et  les  tremblemens  de  terre.  Un  petit 
nombre  d’instrumeps  aeraient.sulfisans ,  et  tons  pourraient 
être ,  sinon  construits  ,  ^du  pmins  vérifiés  et  rectifiés  par 
des  mains  d’une  dextérité  médiocremept  exercée.  Dans 
quelqu’un  des  numéres  prochains  de  ce  Journal,  je  pren¬ 
drai  la  liberté  de'  recommander  aux  médecins,,  dont  la 
position  est  favorable  ,  les  observations  les  plus  utiles  aux 
sciences  ,  en  indiquant  la  manière  et  l’heure  eenrenables 
pour, les  faire,  et. les  instrumens  sin^pJes,  mais  précis, 
qui  donneraient  des  .mesures  exactes.:  Tout  ce  qu’on  s.ait 
déjà  dans  cette  science  sert  à  vérifier  de:.plus  en  plus  l’as¬ 
sertion  dc  Foutenelle  aur  Jbis  opinions  populaires  en  phy¬ 
sique  :,  ç’estqu’iim  iffit  .  -.sfibpept  aypjr  lieu  de  deux  maniè¬ 
res  dilTéroptes ,  a  topjotp's  répjleprent  fieu  de  la  pranière 


l68  MÉMOIRES 

contraire  à  celle  dont  on  le  conçoit  communément.  Ainsi , 
hienloin  que  la  propagation  du  vent  du  nord,  par  exem¬ 
ple  ,  se  fasse  du  nord  au  sud ,  comme  il  serait  naturel  de 
le  croire,  on  a  plusieurs  fois  observé  que  ce  vent  com¬ 
mence  à  souffler  au  midi  de  la  France  avant  de  se  faire 
sentir  à  Paris.  Ainsi ,  malgré  l’humidité  plus  sensible  ,- 
l’atmosphère  en  hiver  contient  beaucoup  moins  d’eau 
en  vapeur  que  pendant  l’été ,  et  dans  la  première  de  ,ces 
saisons,  il  tombe  beaucoup  moins  de  pluie  que  dans  la 
seconde  ,  malgré  le  plus  grand  nombre,  de  jours  pluvieux  ; 
c’est  précisément  dans  l’été,  lorsque  l’on  éprouve  le  mal¬ 
aise  d’un  temps  lourd  ,  que  l’air  chaud  et  humide  indique 
une  pression  moindre  au  baromètre. 

De  l’acoustique.  ■ —  La  théorie  des  sons ,  sujet  d’inter¬ 
minables  recherches  dans  la  physique  et  dans  les  arts, 
ne  se  rattache  presque  point  à  l’art  de  guérir ,  à  moins 
qu’on  ne  veuille  citer  l’efficacité  prétendue  de  la  musique 
dans  quelques  maladies.  Mais ,  en  physiologie ,  pour  dé¬ 
voiler  les  mystères  des  organes  de  la  voix  et  de  l’ouïe ,  la 
théorie  de?  tuyaux  sonores  et  des  surfaces  vibrantes ,  est 
tout-à-fait  indispensable.  L’oreille  se  plie  à  toutes  les  réson¬ 
nances  et  perçoit  tous  les  sons  entre  des  limites  fort  éten¬ 
dues  ,  quoique  différentes  pour  chaque  individu.  Tel  hom¬ 
me  peut  être  sourd,  èt  complètement  sourd  pour  un  ton 
aigu ,  tandis  qu’un  autre  entend  parfaitement  ce  son  ;  eft 
sorte  que ,  s’il  était  possible  d’élever  la  voix  jusque  là ,  on 
parlerait  fort  distinctement  au  premier  auditeur ,  sans 
être  entendu  du  second.  De  même  pour  les  sons  graves  , 
à  mesure  que  l’on  descend  sur  l’échelle  diatonique  ,  la 
surdité  commence  plutôt  pour  les  vieillards  que  pour  les 
adultes  qui,  généralement,  perçoivent  plusieurs  notes 
tout-à-fait  perdues  pour  les  premiers.  L’oreille  est  doulou¬ 
reusement  affectée  par  des  sons  trop  forts.  Cet  organe  , 
comme  celui  delà  voix,  laisse  encore  beaucoup  à  désirer 


BT  OBSERVATIOHS.  169 

sur  la  destination  et  le  jeu  de  toutes  les  parties  qu’il  ren¬ 
ferme.  Remarquons  en  terminant  que  les  sons  ont  la  pré¬ 
rogative  de  s’adresser  à  un  de  nos  sens,  et  de  fournir  une 
tranche  fort  étendue  aux  arts  d’agrément  et  d’imagination 
dans  la  musique.  Plusieurs  animaux  sont  musiciens  et  of¬ 
frent  à  la  physiolpgie-et  à  l’anatomie  comparée  plusieurs 
sujets  de  recherches ,  surtout,  d’organes  de  la  voix  et  de 
l’ouïe ,  admirablement  variés  dans  leur  construction. 

De  l’ électripité.  —  L’identité  bien  constatée  du  fluide 
électrique  et  de  la  matière  de  la  foudre  suffit  pour  don¬ 
ner  une  idée  de  la  puissance  de  ce  fluide  sur  l’économie 
aniinale  et  végétale.  Il  agit  principalement  sur  le  système 
nerveux  qui,  sans  doute  ,, est  meilleur  conducteur  que  le 
reste  des  organes.  Tout  le  monde  connaît,  la  singulière 
impression  de  la  commotion  électrique,  secousse  ner¬ 
veuse  propagée  dans  toute,  la  partie  du  corps  qui  com¬ 
plète  le  circuit  électrique.  L’atmosphège ,  jusqu’à  des  la¬ 
titudes  fort  élevées  ,  est  chargée  d’une  grande,  quantité  de 
ce  fluide ,  continuellement  en  mouvement ,  qui  se  mani¬ 
feste  avec  tous  les  météores.  Un  si  grand  nombre  d’expé¬ 
riences  donnent  lieu  à  une  production  d’éléctricité  ou  à' 
une  séparation  des  deux  principes  électriques,  qu’il  serait 
peut-être  difficile  de  citer  une  circonstance  où  cette  pro¬ 
duction  n’eut  pas  lieu.  Il  nous  suffira  de  dire,  en  général , 
que  tout  frottement  de  deux  corps,  toute  pression,  tout 
contact ,  toute  élévation  ou  abaissement  au  milieu  de  l’air 
libre ,  tout  changement  d’état  ou  de  température ,  toute 
combinaison,  enfin,  développe  de  l’électricité.  Nos  batte¬ 
ries  se  chargent  par  l’électricité  atmosphérique  comme 
par  celle  des  machines ,  et  produisent  les  mêmes  effets. 
Ce  fluide,  dans  l’intérieur  des  corps  animés,  agissant 
principalement  sur  les  nerfs  ,  on  peut ,  par  son  moyen  , 
rendre  ,  du  moins  momentanément ,  la  sensibilité  à  un 
nerf  paralysé.  Mais ,  pour  avoir  quelque  chance  de  succès , 


Ijt»  MÉMOIRES 

il  faudrait  en  même  temps  faire  disparaître  la  cause  de 
cette  paralysie.  En  général  ,  on  n’a  point  tiré  de  l’élec- 
tricitétrj  considérée  comme  moyen  curatif,  tout  le  parti 
qu’en  aurait  pu én espérer;  peut-être  à  cause  de  l’embar- 
ras^de  l’appareil ,  qui  ne  se  prête  pas  à  un  traitement 
commode.  Quoiqu’il  en  soit,  les  trois  degrés  d’énergie 
où  l’on  a  employé  cet  agent,  par  des  commotions ,  par 
de  simples  étincelles,  et,  enfin,  par  un  espèce  de  bain 
de  ce  fluide  ,  dont  on  recouvre  le  malade  ,  sur  un 
siège  porté  lui-même  par  un  tabouret  à  pieds  de  verre; 
tous  ces  essais,  dis-je,  n’ont  point  encore  conduit  à  des 
résultats  dont  l’utilité  bien  avérée  soit  devenue  un  axiome 
de  pratique.  La  transpiration  des  hommes  et  des  animaux 
soumis  à  ce  traitement  a  été  augmentée ,  comme  l’évapo¬ 
ration  des  liquides.  L’électricité ,  par  son  pouvoir  expan¬ 
sif,  facilite  la  formation  des  vapeurs  comme  une  tempéra¬ 
ture  plus  élevée ,  e*  en  appliquant  cette  idée  à  l’incuba¬ 
tion  artificielle  des  œufs  ,  on  a  opéré  le  développement  des 
germes ,  en  remplaçant  l’évaporation  due  à  la  chaleur  de 
l’incubation  par  l’évaporation  que  produit  également  Pé- 
lectricité.  La  végétation  des  plantes  et  la  germination 
des  graines  ont  été  accélérées  dans  les  mêmes  cas.  Cet 
agent ,  si  subtil  et  si  universel,  joue  aussi  sans  doute  un 
grand  rôle  dans  l’économie  animale  ;  plusieurs  efiets  pa¬ 
raissent,  dans  l’état  actuel  de  nos  connaissances,  nepou- 
voir  être  attribués  qu’à  lui.  Entre  les  nombreuses  expé¬ 
riences  à  tenter  sur  les  organes  ,  il  serait  utile  de  recher¬ 
cher  d’abord  ceux  qui  sont  les  meilleurs  conducteurs  du 
fluide  électrique.  11  paraît  jusqu’ici  que  ce  sont  leS  nerfs; 
Entre  tous  les  nerfs  ,  ceux  que  domine  la  volonté  parais¬ 
sent  plus  excitables  que  les  autres.  Cependant  ,  on  a  trou¬ 
vé  des  personnes  foi;t  bien  constituées,  tout-à-faitinsen- 
sibles  à  la  commotion  électrique.  Le  fluide  nerveux ,  s’il 
existe  ,  serait-il aulro  que  le  fluide  électrique?  Nous  allons 


ET  observations.  lyi 

voir  tOut-à-l’heüre  que  ce  fluide  >  considéré  commé  le  sti¬ 
mulant  dés  nerfs  et  des  muscles  ,  partage  certainement 
cette  propriété  avec  le  fluide  électrique ,  mis  en  inouve- 
meut  par  la  pile  de  Yolta ,  au  moyen  do  laquelle  on  ob¬ 
tient  descontractions  musculaires  ,  même  pour  les  organes 
de  la  circulation  et  de  la  nutrition  ,  qui  sont  les  plus  in- 
dépendans  de  l’empire  de  là  volonté. 

Galvanisme.  —  En  étudiant  les  '  contractions  muscu¬ 
laires  des  grenouilles ,  le  médecin  Galvani  fut  conduit  à 
la  découverte  de  l’électricité  que  développent  deux  mé¬ 
taux  en  contact.  Ses  expériences ,  et  sa  théorie  qui  lais¬ 
sait  beaucoup  h  désirer ,  furent  les  premiers  germes  d'une 
science  que  créa  bientôt  après  le  génie  de  Volta.  L’mpo  r- 
tance  de  ces  connaissances ,  qui  ont  été  beaucoup  éten¬ 
dues  depuis  les  travaux  des  premiers  inventeurs  .  vient  de 
s’accroître  encore  tout  récemment  par  la  découverte  des 
rapports  intimes  qui  y  rattachent  la  théorie  entière  des 
aimants. 

Les  premiers  eflets  qU’olTre  la  pile  de  Volta,  sont  des 
commotions  sans  fin  et  souvent  fort  énergiques ,  produites 
parle  mouvement  continuel  des  fluides  sans  cesse  trans¬ 
portés  vers  les  deux  extrémités  de  la  pile  ,  et  qui  viennent 
se  réunir  au  travers  des  organes  qu’ils  frappent  do  com¬ 
motion  dans  leur  passage.  Tous  les  nerfs  en  sont  excités, 
tous  lès  muscles  par  suite  en  éprouvent  des  contractions. 
La  mort  né  dérobe  point  les  organes  h  cette  influence. 
La  faculté  d’ëproüVer  des  contractions  long-temps  après 
la  cessaiioti  de  la  vie  est  surtout  sensible  dans  les  ani¬ 
maux  à  sang-froid ,  dont  les  nerfs  cessent  h  peine  d’être 
excitables  quand  ils  sont  déjà  presque  desséchés. 

■  A  cette  classede  phénomènes  galvaniques  ée  rapportent 
les  commotions  électriques  que  donnent  certains  poisons 
qui  s’en  servent  pour  se  défendre  comme  pour  s’emparer 
do  leur  proie.  Ces  poissons  ont ,  de  plus ,  la  singulière  fa- 


172  ■  MÉMOIRES 

culté  de  diriger  la  commotion  vers  le  point  qu’ils  jugent 
convenable.  Leur  organe  électrique  est  d’un  volume  con¬ 
sidérable,  et  son  analogie  avec  la  pile  deVolta  ne  peutêtre 
douteuse  ,  quand  on  considère  le  nombre  de  petites  cel¬ 
lules  qui  le  divisent  et  les  fréquentes  alternatives  des  di¬ 
verses  substances  dont  il  est  composé  ,  au  contact  des¬ 
quelles  il  se  développe  de  l’électricité,  comme  nous  l’a¬ 
vons  déjà  dit. 

De  nombreuses  compositions  et  décompositions  s’opè¬ 
rent  par  l’électricité  en  mouvement,  et  ces  faits,  joints  à 
ceux  qui  vont  suivre,  méritent  toute  l’attention  des  phy¬ 
siologistes  ,  puisque  le  fluide  électrique  y  produit  un  grand 
nombre  des  effets  les  plus  importans  de  l’économié  ani  - 
male,  L’eau  et  les  liquides,  les  solides  ,  et  en  général  tous 
les  corps  conducteurs ,  sont  décomposés  proinptemént  par 
la  pile ,  et  on  isole  par  ce  moyen  dessubstances  qui  étaient 
usques-Ià  restées  unies,  malgré  tous  lès  efforts  des  réac¬ 
tifs  chimiques. 

Un  effet  non  moins  remarquable,  qui  a  lieu  en  même 
temps  que  la  séparation  desélémens  du  corps,  c’est  leur 
transport  à  des  distances  souvent  fort  grandes  du  lieu 
qu’occupait  le  corps  décomposé.  Ces  élémeri's ,  entraînés 
d’une  manière  invisible  par  le  courant  électrique  le  long 
des  conducteurs  appropriés ,  traversent  souvent  des  sub¬ 
stances  avec  lesquelles  ils  se  combineraient  infailliblement 
hors  de  l’influence  prédominante  de  l’électricité ,  et  il  ne 
faut  pas  croire  qu’il  soit  besoin  d’une  pile  d’une  énergie 
considérable  pour  obtenir  ces  résultats.  On  .les  reproduit 
tous  avec  deux  plaques  de  métaux  dilféfens  ;  par  exemple, 
une  de  zinc  et  une  de  cuivre ,  que  l’on  met  en  contact , 
et  le  reste  du  circuit  étant  formé  par  un  liquide  bon 
conducteur. 

Les  sécrétions  ne  présentent-elles  pas  des  phénomènes 
analogues  ?  Le  développement  de  l’électricité  par  les  or- 


ET  OBSEKVATrONS.  175 

ganes  seuls  est  mis  hors  dé  doute'  par  les  expériences  de 
Galvani.  Il  y  a  transport' de  substances  d’un  point  à  un. 
autre ,  et  transport  souvent  invisible  ;  ou,  pour  mieux  dire, 
dont  on  n’aperçoit  pas  la  roule.  Il  suffit  d’ailleurs  que 
deux  points  opposés  d’un  organe,  ou  d’un  système  d’or¬ 
ganes,  soient  à  deux  états  différons ,  comme  les  deux  ex¬ 
trémités  de  la  pile ,  et  que  la  communication  soit  établie 
entr’eu?;  par  un  circuit  quelconque  de  conducteurs. 
Là,  comme  dans  l’expérience  physique  ,  ce  transport 
pourra  être  très-rapide  et  proportionné  à  l’énergie  de  l’ac¬ 
tion  électrique  qui  dépendra  elle-même  de  la  force  vitale. 
Plusieurs  faits  peuvent  déjà  être  cités  à  l’appui  do  cette 
manière  d’envisager  les  sécrétions  i  d’abord  la  facilité 
avec  laquelle  les  éléÎBéns  entraînés  par  le  courant  traver¬ 
sent  presque  toutes  les  substances  animales  et  même  les 
membranes  les  plus  imperméables ,  et  én  second  lieu  l’ob- 
servfflion  connue  que ,  pour  exciter  des  contractions  mus¬ 
culaires  en  faisant  passer  lecourant  d’unherf âun  muscle, 
il  n’est  pas  indifférent  lequel  des  deuxsoit  en  communiea-' 
tîon  avec  l’une  ou  l’autre  extrémité  de  la  pile ,  comme  si 
cet  appareil^  du  nerf  et  du  inusclc  pouvait  être  assimilé 
lui-même  à  une  pile  dont  les  deux  extrémités  seraièutaussi 
à  ces  états  électriques  différons  ,  et  •.  dont  l’effet  s’ajoute¬ 
rait  où  se  retrancherait,  suivant  sa  disposition,  dans  le 
même  sens  que  les  premiers,  ou  en  sens  opposé. ,  - 

Quoi  qu’il  en  soit ,  il  est  évident  que  le  courant  élec¬ 
trique  de  la  pile ,  donne  naissance  •  à  des  phénomènes 
tout  semblables  à  ceux  des  sécrétions,  Mais  d’autresana- 
logies  se  présentent  encore  dans  la  production  de  la 
chaleur  qui  résulte ,  de  même  que  les  décompositions ,  du 
passage  rapide  de  l’électricité ,  au  travers  des  cor{)s  con¬ 
ducteurs.  Un  fil,  métallique  placé  dans  le  vide' s’y  main¬ 
tient  à  l’état"  d’incandescence  tant  qu’il  sert  de  véhicule 
au  courant,  sans  rien  perdre  ou  rien  gagner  en  poids. 


174  hÆhoires 

et  sans  aucune  combinaison  h  la'quelle  on  puisse  attribuer 
la  production  de  la  chaleur  ,  qui  semble  toujours  résulter 
de  l’union  des  deux  principes  électriques  dans  toutes  les 
circonstances  où  leur  combinaison  a  lieu. 

Lé  peu  de  développement  que  comporte  cet  article  ne 
nous  permet  pas  d’indiquer  foutes  les  découvertes  déjà 
faites.  H  est  cependant  impossible  de  passer  sous  silence 
les  expériences  sur  la  digestion  et  la  respiration  où  les 
nerfs  ,  préalablement  isolés  et  ensuite  excités  par  l’élec¬ 
tricité  ,  ont  mis  en  actioù  les  organes  comme  avant  d’être 
séparés  du  système  auquel  ils  appartenaient.  Des  lapins , 
auxquels  on  avait  coupé  la  huitième  paire  de  nerfs ,  ayant 
été  soumis  au  pouvoir  du  galvanisme ,  digérèrent  et  res¬ 
pirèrent  parfaitement  pendant  plus 'd’un  jour,  tandis  que 
d’autres  animaux  dè  même  espèce ,  traités  de  la  même 
manière  ,  ne  digérèrônt  point  et  respiraient  fort  difficile¬ 
ment.  Le  mouvement  dé  la  respiration  fut  produit  tlans 
le  cadavre  d’un  homme  pendu  ,  et  la  circulation  eût  peut- 
être  été  rétablie ,  si  le  cadavre  en  qùestion  n’eût  été  épuisé 
de  sang. 

Nous  espérons  dans  peu  faire  connaître  à  Bos  lecteurs 
des  expériences  jpareilles,  répétées  avec  soin  sur  des  ani¬ 
maux  ,  pour  vérifier  ou  infirmer  celles  que  nous  venons  de 
mëntionner.  La  construction  facile  de  l’appareil  vol¬ 
taïque  ,  et  l’importance  des  recherches  auxquelles  on  petit 
l’employer ,  nous  font  penser  que  les  médecins ,  éloignés 
des  lieux  où  ils  peuvent  s’en  procurer ,  ne  seront  pas  f⬠
chés  de  trouver  dans  ce  Journal  quelques  détails  sur  cef 
objet  :  on  ÿ  verra  qiie,  sans  beaucoup  de  peine,  sans 
beàucpujî  de  temps  ou  de  dépense  ,  en  employant  les 
o'uvrieft.  les  plus  ordinaires,  ori  peut  se  procurer  un  ap¬ 
pareil  d’une  fôrce'considérable  etrenlretenic  long4emps. 
Il  est  permis  d’espérer  que  plusieurs  pdiysiologistes ,  pleins 
d’activité  et  du  génie  des  observations  ,  n'étant*  plus  ar- 


ET  observations.  1  75  ' 

rêlés  parle  manque  ÿidstrumensi  entreprendront,  pour 
leur  propre  honneur  comme  pour  l’intérêt  de  la  science , 
des  recherches  physiologiques,  non  seulement  sur  les 
animaux  à  sang  chaud  ,  mais  encOre  sur  les  reptiles  et  les 
poissons,  et  mêmé  sur  les  animaux  sans  vertèbres  ,  dont 
rorganisadoh  nerveuse  èst  si  peu  connue  q  u’on  y  a  soupçon¬ 
né  d’autres  sens  que  dans  les  animaux  qui  se  rapprochent 
davantage  dé  nous, 

Magnétisme.  L’efficacité  des  barreaux  et  des  plaques 
d’acier  aimantés  contre  les  maux  de  dents  et  les  mi¬ 
graines  est  plus  quç  douteuse.  Peut-être  agissent-ils  en 
procurant  un  refroidissement  continuel  à‘ la  partie  qu’ils 
louchent  en.vertu  du  pouvoir  qu’ils  ont,  éotnme  métaux, 
pour  conduire  le  calorique.  Des  expériences  tout-à*fail 
physiques  viennent  de  faire  découvrir  des  relations  si 
intimés  entre  les  aimants  et  le  courant  de  l’appareil  do 
Volta,  qu’il  est  maintenant  impossible  de  séparer  ces  deux 
classes  de  phénomènes.  Là  plus  curieuse  comme  la  plus 
utile  des  propriétés  de  l’àimaat ,  eSt  de  diriger  que  de  ses- 
extrémités  vers  le  nord  et  l’autre  vers  le  sud.  On  ob¬ 
tient  les  mêmes  efTéts  de  direction  avec  des  fils  non-aiman- 
tés  ,  le  long  desquels  passe  le  courant  électrique.  Toutes 
les  autres  propriétés  connues  des  aimants  se  reproduisent 
de  même.  Ces  rapprochemens  étendent  et  simplifient 
beaucoup  toutes  les  idées  théoriques  que  l’on  avait  avan¬ 
cées  précédemment  sur  des  faits  dont  la  cause  était  si 
inconnue.  Quant  aux  phénomènes  purement,  physiolo¬ 
giques  désignés  sous  le  nom  de  magnétisme  animal ,  ce 
principe ,  s’il  existe  ,  comme  plusieurs  raisons  portent  à  le 
croire  i  mériterait,  sans  doute,  d -être  étudié  physique¬ 
ment,  pour  savoir  si  c’est  une  substance  nouvelle  ou 
seulement  une  modification  des  agens  déjà  connus, 
comme  l’électricité  ou  le  calorique  agissant  à  distance  i 
mais  jusqii’ici  la  physique  n’a  rien  de  commun  avec  cos 


176  U É MOIRES 

phénomènes,  malgré  le  grand;  appareil  d’instrumens  bi¬ 
zarres  des  premiers  praticiens  qui,  sans  doute ,  n’était 
pas  moins  efficace  en  frappant  l’imâgination ,  que  le  prin¬ 
cipe  magnétique  en  influant  sur  les  organes. 

De  ta  Lumière.  —  La  lumière  est  presque  toujours 
unie  à  la  chaleur.  JEUo  est  absorbée  ,  réfléchie  ,  émise , 
suivant  les  mêmes  lois.  Les  rayons  du  soleil,  par  exem¬ 
ple  ,  possèdent  à  un  haut  degré  les  propriétés  lumineuses 
et  calorifiques.  Plusieurs  actions  chimiques  exercées 
par  la  lumière  et  surtout  par  les  rayons  violets ,  condui¬ 
sent  à  penser  que  son  influence  peut  être  très-grandé 
dans  beaucoup  de  cas,  La  cristallisation  s’opère  mieux 
au  soleil ,  les  teintes  de  plusieurs  couleurs  y  changent , 
et  le  muriafo  d’argent  passe  du  blanc  au  noir.  En  faisant 
traverser  un  mélange  gazeux  de  chlore  et  d’hydrogène  par 
un  rayon  solaire,  la  combinaison  s’opère  à  l’instant  avec 
une  violente  explosion.  Si  l’on  ne  connaît  pas  d’eflets  aussi 
énergiques  .dans  l’économie  animale ,  on  peut  du  moins 
affirmer  que ,  par  ses  propriétés  chimiques,  la  lumière  agit 
d’une  manière  sensible  sur  la  végétation.  C’est  ce  qu’in¬ 
diquent  les  différences  de  couleur ,  d’aspect,  et  même  de 
composition  qui  distinguent  les  plantes  exposées  au  grand 
jour  de  celles  qui  ont  végété  à  l’ombre,  et  les  espèces 
des  pôles  de  celles  de  l’équateur. 

Plusieurs  plantes  ,  plusieurs  animaux  et  particulière¬ 
ment  les  insectes  i  sont  doués  de  la  faculté  remarquable 
de  développer  une  lumière  dont  l’éclat  s’augmente  ou 
s’affaiblit  à  leur  volonté.  On  peut  admettre  l’électricité 
en  mouvement  comme  la  cause  de  ce  phénomène  ,  depuis 
qu’on' sait  que  le  courant  électrique  fournit  de  la  chaleur 
et  de  la  lumière  sans  combustion.  Jj’organe  lumineux  des 
vers  luisans  serait  analogue  à  l’organe  électrique  des  pois¬ 
sons  qui  donilentla  commotion.  11  pourrait,  comme  ce  der¬ 
nier  ,  être  mis  en  activité  ou  rester  sans  effet  selon  la  vo- 


ET  OBSERVATIONS.  1 77 

lonté  de  ranimai.  On  n’a  point  encore  étudié  ces  cu¬ 
rieux  organes  sous  ce  point  de  vue  ,  en  y  cherchant  l’é¬ 
lectricité  comme  la  cause  possible  de  la  faculté  de  luire.  ■ . 

L’œil  ,  dans  l’homme  et  dans  les  animaux ,  est  un  vé¬ 
ritable  instrument  d’optique ,  parfaitement  approprié 
aux  besoins  de  chaque  espèce ,  et  qui  de  plus ,  considéré 
isolément ,  présente  une  combinaison  inimitable  de  toutes 
les  dispositions  avantageuses  que  les  instrumens  d’opti¬ 
ques  ne  réunissent  que  partiellement.  L’expérience  et  le 
calcul  en  ont  dévoilé  un  nombre  étonnant ,  dont  l’énumé¬ 
ration  ,  même  sans  aucun  développement ,  serait  fort  lon¬ 
gue.  Probablement  la  .  physique  ne  connait  point  encore 
toutes  les  merveilles  de  la  construction  de  cet  organe , 
toujours  de  plus  en  plus  admiré  à  mesure  qu’en  se  dé¬ 
veloppant  ,  la  science  de  la  lumière  y  découvre  de  nou¬ 
velles  perfections. 

Quelques  physiologistes  ont  encore  fait  servir  l’optique 
aux  progrès  de  la  science  de  l’organisation  vivante,  en 
examinant  avec  le  microscope  les  plus  petits  détails  dé 
la  structure  des  organes  ,  de  leurs  fonctions  et  de  leurs  pro¬ 
duits.  On  connait  le  succès  des  recherches  dé  ce  genre 
faites  sur  les  liqueurs  spermatiques  et  sur  la  circulation 
dans  les  animaux  et  dans  les  plantes ,  en  suivant  le  mou¬ 
vement  des  globules  du  sang  ét  de  la  sève  dont  on  a 
même  pu  mesurer  la  grosseur.  Une  augmentation  si  pro¬ 
digieuse  du  pouvoir  de  l’œil  n’est  certainemènt  pas  à  né¬ 
gliger.  Dans  les  sciences  d’observation  ,  l’expériencè  est 
tellement  liée  à  la  théorie  ,  que  le  moyen  de  mieux  voir 
est  toujours  un  moyen  de  mieux  connaître. 

Conclusion,  —  Dans  l’examen  rapide  que  nous  venons 
de  faire  des  principales  applications  de  la  physique  -à  la 
théorie  des  êtres  vivans  ,  il  nous  est  probablement  échap¬ 
pé  beaucoup  de  faits  dignes  d’être  mentionnés  ,  et  nous 
en  avons  supprimé  d’autres  pour  abréger.  Ce  que  nous 


178  mémoires 

avons  rapporté  suffit  pour  montrer  le  vaste  champ  lou^ 
jours  ouvert  à  ceux  qui  cultivent  la  science  de  la  nature 
organique.  Sans  doute  on  peut  objecter  que  plusieurs  de 
ces  recherches  n’offrent  pas  un  but  immédiat  d’utilité  , 
mais  on  écartera  facilement  cette  idée  en  réfléchissant 
que  l’ien  n’est  indifférent  de  ce  qui  peut  éclairer  sur  la 
nature  et  les  opérations  delà  force  vitale.  Tout  fait  bien 
observé  est  une  acquisition  précieuse  ,  au  moins  pour  vé-^ 
rifier  les  théories  qui  règlent  les  pratiques  les  plus  impor¬ 
tantes;  enfin,  quand  ces  travaux  n’auraient  pour  résul¬ 
tat  que  la  connaissance  de  la  vérité  et  le  développement 
des  sciences  où  l’esprit  humain  s’exerce  si  noblement,  il 
faudrait  encore  s’y  livrer  avec  l’espoir  d’une  gloire  bien 
méritée;,  car  après  le  pouvoir  surnaturel  qui  tire  les  êtres 
du  néant,  on  doit  placer. au  premier  rang,  le  génie  de 
l’homme  qui  a  pénétré  la  pensée  du  Créateur. 


^ômpive  sur  les  métamorphoses  que  l’œuf  éprouve  dans 
les  cinq  premiers  jours  de  son  incubation  ;  par  C.  II. 
iPA)Si)]?n.  ,  18.17.  —  Communiqué  par 

iff.  Bbeschbt  (i). 

L’oEüf  qù’on  soumet  à  l’incubation  sera  couvert  seule¬ 
ment  d’eau  ;  et  cette  eau  sera  ehaude  lorsqu’on  s’occujiera 

(1)  L’histoire  tic  l’évolutiou  organique  est  ùii  des  points  de  physio¬ 
logie  dent  les  Ailemands  se  sont  occupés ,  depuis  ia  fiu  du  dernier 
siècle  et  le  commencetticnt  de  celui-ci  aveç  le  plus  de  zèle  et  de  poni- 
tinuiic  ;  c’est  à  eux  que  la  physiologie  est  rcdevid>le  des,  connaissances 
exactes  et  étendues  que.  l’on  possède  sur  cette  partie.  Ce  genre  de  re¬ 
cherches  est ,  Sans  éontredit ,  éelni  qui ,  avec  l’anatoraie  comparée  et 
l’auatomie  pathologique  ,  firent  foire  le  plus  de  progrès  à  la  physiolo¬ 
gie  et  par  suile  à  la  médecine,  Eneflct,  c'est  par  Pétude  du  mode  ;de 
développeraent  et  d’accroissement  des  organes  poiidanll'  les  premières 
phases  de  la  yie  ,  par  celle  de  la  disposition  de  ces  mêmes  organes 
dans  les  diverses  classes  animales  ;  cullu ,  par  l’étude  des  vices  de  cou- 


ET  OBSEEVATIONS.  1  JC) 

du  système  des  vaisséaux  et  du  sang.  Ceux  qui  ne  veulent 
pas  considérer  les  masses  contenues  dans  l’œuf,  mais  qui 
veulent  tourner  toute  leur  attention  sur  le  Mécanisme  de 
la  formation  du  fœtus,  et  observer  l’œuf  avant  le  cinquième 
jour  de  son  incubation,  doivent  surtout  s’attaeher  à  obte¬ 
nir  ,  seul  et  bien  isolé  de  toutes  les  parties ,  ce  que  les  alle¬ 
mands  ont  nommé  blastoderme,  qui  estle  siège  et  la  source 
de  tous  les  chaügemens  qu’éproùve  le  fœtus.  Pour  y  parve¬ 
nir,  on  retranchèra  un  segment  de  la  membrane  du  jauné 
autour  de  la  cicatricüle,  ou  bien  du  sinus  terminal  si  les 
vaisseaux  sanguins  sont  déjà  formés  j  après  cette  opération, 
le  blastoderme  qui  était  adhérent  à  la  membrane  du  jaune 
s’en  détache  delui-même  si  on  les  plonge  dans  l’eau.  Déjà, 
pour  ces  seuls  préparatifs,  on  a  besoin  de  divers  genres  de 
microscopes,  simples  ou  composés’,  qui  grossissent  les 
objets  ,  les  uns  plus,  les  autres  moins.  Si  vous  voulez 
entreprendre  de  réussir  ,  soit  avec  l’œil  nu  ou  avéc  l’aide 
d’une  forte  loupe ,  ayez  soin  que  le  blastoderme  ,  plongé 
dans  l’eau  comme  nous  l’avons  déjà  dit,- soit  comme  posé 
sur  un  fond  noir.  Nous  avons  fait  pour  cela  grand  uSage  dé 
soucoupes  de  verre',  ou  de  verres  de  montre,  et  nous 
posions  de  petits  vases  construits  exprès  par  l’artiste  , 


formation  et  par  celip  des  altérations  orgauicpies  ,  qu’on  parvieiidra  à 
découvrir  le  mécanisme  des  foiictipus,  leur  degré  d’impprtancp  apsolnp 
ou  relative  ,  et  les  causes  matérielles  des  désordres  dont  elles  deyicu- 
nent'lé  siège.  - .  ,  • 

Le  développement  de  l’embryon  de  l’eeuf  à  été  le  sujet  des  inves-> 
tigalioiis  les  plus  sput|aues  des  plus  grpuds  pliysiologisles  ,  et  si  leurs 
travaux  ont  laissé  â  désirer,  n’eu  accusons  que  les  difficultés  nom¬ 
breuses  dont  ces  recherchés  sont  hérissées.  Citer  Malpighi,  Haller,. 
WollF,  Spallanzaui  ,  Bonnet,  Swammerdam  ,  Blumeùbach ,  ’Vicq- ’ 
d’Azyr,  etc.,  c’est  rappeler  les  noms  les  plus  cherS  à  la  science,  et 
c’est  démoutrePl’importance  de  la  matière.  Plusieurs  savaus  Iruvail- 
lent  encore  aujourd’hui  sur  ce  sujet,  et  déjà  à  Londres  et  à  Genève  des 
découvertes  très-curieuses  ont  récompensé  leur  zèle.  B. 


l8o  MÉMOIBES 

et  peints  intérieurement  en  noir.  C’est  surtout  quand 
vous  voudrez  examiner  l’embryon  avec  les  instrumens  de 
l’art,  qu’il  vous  faudra  étendre  les  bords  du  blastoderme  ; 
alors  de  très-petites  calottes  enduites  de  cire  noire  sont 
très-propres  pour  étendre  et  fixer  les  plus  petites  membra¬ 
nes.  Ces  verres  de  montre  dont  nous  venons  de  parler  ont 
encore  cet  avantage  que,  lorsque  vous  ne  voudrezplus  com- 
templer  l’embryon  sur  un  sol  noir ,  vous  pourrez  vous  en 
servir  encore  pour  le  soumettre  aux  microscopes  compo  - 
sés  qui  ne  reçoivent  guère .  de  jour  qu’inférieurement. 
En  fait  de  miscroscopes  ,  vous  trouverez  un  grand  avan¬ 
tage  à  choisir  ceux  dont  le  point  de  vision  est  le  plus  éten¬ 
du.  Enfin  ,  il  arrivera  souvent  que  mettant  de  côté  ces 
instrumens,  vous  vous  trouverez  bien  de  vous  servir  sim¬ 
plement  de  la  loupe  ,  qni  est  souvent  très-utile  pour  ob  ¬ 
server  de  petits  objets. . 

Cette  finesse  d’obseryaiion  ne  concerne  que  les  œufs 
qui  ne  sont  pas  encore  au  cinquième  jour  de  leur  incuba¬ 
tion,  Passé  ce  temps ,  comme  presque  tout  le  soin  doit 
consister  à  observer  les  membranes ,  le  succès  sera  d’autant 
plus  assuré  que  vousréjeterez  constamment  les  instrumens 
aigus ,  excepté  les  ciseaux ,  dont  il  ne  faut  encore  se  servir 
que  rarement.  Nousn’ajouterons  qu’un  mot  sur  les  écueils 
à  éviter ,  savoir  :  que ,  des  différons  réactifs  que  nous  avons 
employés  sur  les  œufs ,  aucun  ne  nous  a  paru  être  d’un 
grand  avantage.  Quoique  nous  n’eussions  pas  sous  les  yeux 
tout  ce  qu’on  a  écrit  sur  le  sujet  qui  nous  occupe ,  cepen¬ 
dant  nous  avons  étudié  avec  soin  la  plus  grande  partie  de 
ces  ouvrages  ,  et,  il  faut  en  convenir ,  ils  në  nous  ont  ai¬ 
dés  que  très-médiocrement  ;  car,  dans  ce  nombre  prodi¬ 
gieux  d’auteurs  qui  ont  parlé  des  œufs  en  incubation  ,  on 
en  trouve  très-peu  qui  aient  enseigné  des  vérités  utiles. 
On  distingue  parmi  eux  Marcel  Malpighi  qui ,  soit  dans 
sa  Dissertation  épistolaire  sur  la  formation  du  poulet 


ET  OBSERVATIONS.  ï  8l 

dans  l’œuf,  soit  dans  son  Appendice  contenant  des  ob¬ 
servations  répétées  et  étendues  sur  L’œuf  en  incubation, 
nous  a  laissé  d’excellentes  esquisses,  quoique  trop  peu  cir¬ 
constanciées.  Ce  que  nous  devons  au  grand  Alb.  de  Haller 
n’est  pas  d’une  moindre  importance  {Formation  du  cœur 
dans  /e/jott&f,  prernier  Mémoire  >, exposé  des  faits;  second 
Mémoire ,  précis  des  observations  suivi  de  réflexions  sur 
le  développement  et  ensuite  {Commentarius  de  formatio- 
ne  cordis  inovo  incubatg).  Nous  ne  sabrions  assez  nous 
louer  des  observations  de  WollF  qui  se  trouvent  en  partie 
danslo  Yme  T keoria  generationis ,  en  partie  dans  son 
tYsité  de  fôrmatione  intéstinorum  inséré  dans  les  Com. 
mentaires.de  l’Académie  impériale  des  sciences  de  Péters- 
bourg,  ,tom.  Xll  et  XIII.  Mais  quant  à  ce  qui  regarde 
l’aréole  vasculaire  et  la  circulation  du  sang  qui  ÿ  est  très- 
remarquable  ,  Spallanzani  est  te  seul  qui  lésait  bien  con¬ 
nus  ,  de'  fenomeni  délia  circolazione  ;  in  Modena , 
1 773.  Nous  ne.dèvons  pas  oublier  non  plus  les  observations 
soignées  de  l’illustre  chevalier  de  Tredern  :  Dissertatio 
inauguralis  medicasistens  ovi  aviumkistoriœetincuba- 
tionis  prodromium. 

§.  /.  —  Le  jaune  renfermé  dans  le  blanc  de  l’œuf  n’en 
est  séparé  que  par  une  faible  membrane  séreuse  qui  te 
contient ,  et  n’a  avec  lui  qu’une  connexion  analogue  à  la 
pierre  enchâssée  dans  l’or,  comme  le  pense  M.  Léveillé. 
A  la  surface  du  jaune  on  aperçoit  une,  petite  tache  blam- 
che  qu’on  appelle  c.tcaïrtcttfe  ;  quoiqu’elle  ait  été  assez 
connue  depuis  long-temps,  et  qu’elle  ait  reçu  dilTéreus 
noms  de  divers  auteurs,  ancun  n’a  recherché  avec 
assez  de  soin  ni  son  siège,  ni  son  origine.  Nous  avons  ob¬ 
servé  :  i.°  que  la  membrane  du  jaune  présente  à  l’endroit 
de  cette  tache  une  ténuité  et  une  transparence  remarqua¬ 
bles  ;  2.°  qu’il  y  a  une  grande,  différence  entre  les  cicatri- 
oules  des  œufs  propres  à  l’incubation  et  ceux  qui  sont 


i82  méhoibes 

stériles.  Dans'leS  seconds  i  la  tache  paraît  plus  petite ,  plus 
blanche ,  granuleuse  ët  imparfaitement  ronde  ,  et  est  pro¬ 
duite  par  un  petit  globule  de  matière  blanche  f  qui  est 
incrusté  dans  le  reste  de  la  masse  du  jaune  ,  et  s’en  dis¬ 
tingue  surtout  par  sa  couleur.  Dans  les! premiers ,  au  con¬ 
traire,  cette  tache  estpifis  grande  :  d’environ  deux  lignes 
de  diamètre ,  d’un  blanc  plombé  et  exactement  ronde  ;  le 
jaune,  à  l’éndroit  où  il  l’entoure,  forme  un  petit  cercle 
tantôt  plus  grand ,  tantôt  plus  petit ,  d’une  couleur  plus 
foncées  niais  la  tache  est  entqurée  d’ün  bord  plus  pâle 
qui  souvent  en  renferme  un  autre  un  peu  plus  blànc  s  et 
toujours  le  point  blanc  occupe  leur  centre.  Æmilius  Pari- 
sauüs  la  regarda  comme  le  germe  du  poulet  ;  Harvey, 
Langley,  Maître-Jaru l’appellent  cicatrice  ;  .  Malpighi  la 
nomme  follicule  ;  Goitor  ,  le  point  où  le  rond  ;  Vesling ,  la 
tache  blanche  ;  Vicq  d’Azyf ,  la  cicatricüle  ,  le  germe  ; 
Haller,  le  follicule  dù  jaune  et  le  cercle  du  jaune;  Tie-'^ 
demànn  ,  cicatrice ,  tache  ;  Illiger  ,  point  du  germe  ,  par 
quoi  il  entend  un  point  saillant.  )  ' 

La  membrane  du  jaune  étant  enlevée  on  découvre 
aisément  que  la  tache  dont  il  s’agit  est  comme  contenue 
dans  un  tapis  proportionné ,  formé  de  très-petils  grklns 
qu’on  peut  voir  à  la  loupe ,  représentant  un  disque  peu 
marqué,  qui  est  disposé  de  telle  sorte  qu’il  repose  sur  le 
jaune  par  sa  face  interne  ,^et  touché  h  sa  membrane  par 
l’externe,, Ce  tapis,  qUe  nous  appellerions  volontiers  mem¬ 
brane,  sans  son  extrême  mollesse',  peut  être  détaché  aisé¬ 
ment  du  jaune ,  excepté  dans  son  cëntrequi  tient  davantage 
au  globule  subjacent,  semblable  à  celui  que  nous  avons 
trouvé  seul  et  à  nu  dans  les  oeufs  qui  n’étaient  pas  destinés  à 
l’incubation:  de  Sorte  que;  si  l’on  vient  à  les  séparer  de 
force  J  où  le  globule  ou  le  tapis  sont  déchirés,  La  cica- 
tricule  n’est  donc  rien*  autre  chose  que  la  '  surface  nxté- 
rieure  de  Ce  disque.,  que  la  transparence:  de  la  membrane 


ET  OBSERV>ATIONS.  l85 

du  jaune  laisse  apercevoir  ;  et  le  centre  plus  blanc  de  la 
tache  dépend  du  globule  déjà  mentionné,  ' 

Cela  posé  ,  nous  distinguons  deux  choses  dans  la  cica¬ 
trice  :  1,“  le  disque  ou  le  tapis  membraneux}  2.°  le 
globule  central  qù’il  recouvre  et  que  nous  appellerons 
désormais  noyau  de  là  cîcatricule.  Pour  ce  qui  est  du 
tapis  membraneux ,  il  est  d’une  très-grande  importance 
dans  la  formation  du  poulet;  car,  outre  qu’il  est  le  siège 
primitif  de  l’embryon  ,  sa-  substance  même  contribue 
beaucoup  à  son  développement:  aussi  dès  à  présent  l’ap- 
pellerons-nous  blastoderme.  Aucun  auteur  avant  WollT 
ne  parle  de  ce  blastoderme,  et  Wolff  lui-même  dit  qu’il 
commence  à  paraître  au  moment  ou  le  poulet  commeirce 
à  se  former;  «  mais  certainement  il  est  le  premier  à  paraî- 
n  tre ,  puisqu’il  se  forme ,  sinon  avant  l’embryon ,  au  moins 
»  en  même  temps  que  lui  ;  car  on  ne  voit  jamais  ce  der- 
«nier,  que  l’on  n’observe  cette  auréole  autour  de  lui,  Ge- 
»  pendant ,  il  m’a  semblé  voir,  dans  les  œufs  couvés  depuis 
»  environ  12  ou  18  heures ,  cette  fossette  vide  sans  aucune 
»;trace  d’embryon,  et  dans  d’autres  œufs  de  la  même 
«époque,  j’ai  de  même  vu  un,  petit  disque  dans  lequel 
«  pourtant  un  rudiment  d’embryon  je  dis  un  simple  ru- 
«  diment,  était  renfermé.  »  Tout  le  reste  des  écrivains  se 
sont  si  fort  éloignés  de  la  vérité  ,  que  la  plus  grande  con¬ 
fusion  est  née  de  la  diversité  de  leurs  remarques  et  do 
leurs  dénominations  j  de  sorte  que  le  blastoderme  est ,  en 
même  temps  ,  la  cicatricule  de  beaucoup  d’auteurs  ,  le 
col/xqufltracMtttTO  de  Malpighi ,  Langley  ,  Harvey ,  Ife  petit 
sac  àxkcolliquamentmn  de  Malpighi,  l’œil  de  l’œuf  d’Har¬ 
vey  ,  le  lit  du  poulet' de  Maître-Jan ,  le  petit  sac  du  jaune 
de  Haller ,  le  chorion  de  Fabrice  d’Aquapendente ,  l’am- 
nios  de  Malpighi  et  de  Haller  dans  l’édition  française;  et 
ce  qui  est  incroyable  ,  tous  les  auteurs  qui ,  depuis  Wolff, 
ont.traité  de  la  formation  du  poulet ,  no  font  pas  mention 
de  CO  corps. 


l84  MÉMOIRES 

§.  Il ,  8.”'  heure.  —  Le  noyau  est  augmenté  et  s’en¬ 
lève  plus  aisément  de  dessus  le  jaune  ;  mais  il  tient  en¬ 
core  au  blastoderme.  Celui-ci  est  un  peu  augmenté  ;  mais 
si  on  l’isole  avec  précaution  de  la  masse  du  noyau ,  qui  lui 
est  adhérente ,  on  Aperçoit  à  son  centre  un  petit  point 
transparent,  le  blanc  s’éloigne  dè  la  cicatricule  en  don¬ 
nant  passage  à  la  membrane  du  jaune  jusqu’à  la  face  in¬ 
terne  de  la  coque.  Malpighi  a  vu  le  fœtus  dans  l’osuf, 
avant  qu’il  fût  couvé ,  dans  un  petit  sac  éomme  dans  un 
amnios  :  i  lorsque  je  l’exposais,  dit-il ,  aux  rayons  du  so¬ 
leil ,  je  voyais  le  fœtus  au-dedans.  »  (Voyez  aussi  son  Ap- 
pendiæ ,  qui  contient  des  observations  nombreuses  et 
étendues  sur  l’œuf  en  incubation.  Tab.  i ,  fig.  i ,  pag.  2  )  : 
n  jn  colliquamento  pulli  carina  candidts  delineata  zonis 
DÎnnatabat.  »  Après  six  heures  d’incubation ,  dit-il  en¬ 
core  (de  jPoî’ma#.  pulli,  pag.  5)  :  a  In  medio  pulli  ca¬ 
ri  rina  una  cum  capite  innatabat.  'i  Et  à  la  page  2  ,  fig.  2 
de  i’ Appendice  :  «  Pulli  cariflæ  et  capitîs  inchoainenta 
nzona  specteemergebant,  in  eolliquamentoplumbeicolo- 
n  ris  innantia.  n  Lancisi  a  vu  à  la  même  époque  les  vaisseaux 
ombilicaux  et  le  cercle  qui  entoure  le  liquide.  (Sur  le  mou¬ 
vement  du  cœur ,  pag.  87.  )  Il  n’y  a  aucun  doute  que  ces 
observations  n’aient  été  bien  faites  ;  cependant ,  il  est  vrai  - 
semblable  que  ces  deux  auteurs  se  trompent  sur  le  temps  de 
l’incubation  ;  car ,  nousrmême ,  ayant  ouvert ,  au  moment 
où  nous  les  recevions ,  des  œufs  qu’on  nous  donnait  comme 
n’ayant  jamais  été' couvés ,’ nous  avons  trouvé  des  fœtus 
d’un ,  'de  deux,  dé  trois ,  de  quatre  et  de  cinq  jours ,  chez 
qui  le  cœur  battait  encore  manifestement  j  et  ainsi  le  déve¬ 
loppement  très-précoce  que  Malpighi  et  Lancisi  trouvaient 
dans  les  œufs  qu’ils  examinaient  ,  ne  doit  pas  certainement 
être  attribué  au  ciel  plus  ardent  de  l’Italie ,  comme  l’ont 
dit  les  auteurs  ,  mais  à  une  erreur. 

§.  ///,  J  2.“'”  heure.  —  Le  blastoderme  accru  du  dia- 


ET  observations.  i8S 

mètrede3-4iigûes,  adhèreà  la  membrane  du  jaune  ;  cette 
membrane  étant  détachée,  il  s’enlève  avec  el}e  en  laissant 
tout  entier  le  noyau  sous-jacent  auquel  il  tenait.  Pour  pou¬ 
voir  l’examiner ,  il  faut  plonger  dans  l’eau  la  portion  dé  la 
membrane  du  jaune  à  laquelle  il  adhère  ;  avec  cette  pré¬ 
caution,  il  se  sépare  aisément. 

Le  point  transparent  qui  occupe  le  centre  du  blastoderme 
est  aussi  accru  ,  ef  de  circulaire  qu’il  était ,  il  commence 
à  devenir  pyriforme  ;  d’oü  il  arrive  que  l’on  peut  déjà. dis¬ 
tinguer  deux  régions  dans  le  blastoderme ,  l’une  interne  , 
ou  moyenne  ,  que  nous  appelons  avec  WollTle  disque 
transparent  ;  l’autre ,  comme  une  zone  opaque  qui  l’en¬ 
vironne  ,  que  nous  appelons  le  disque  opaque,  Le  disque 
transparent  se  laisse  voir  distinctement  à  travers  lé  noyau 
blanc  de  la  cicatricule  5  ce  phénomène  a  fourni  à  Malpi- 
ghi  l’occasion  d’imaginer,  de  belles  hypothèsés.  et  d’admet¬ 
tre  des  erreurs.  (  Haller  a  décrit  ce  disque  transparent 
et  l’a  appelé  le  nid  du  poulet.  «  Maintenant ,  quand  l’œuf 
«est  fécondé, une  partie  du  jaune  très-voisine  du  fœtus 
«paraît  tendue  et  plus  claire,  à  travers  laquelle  on  apér- 
.»  çoit  la  couleur  du  jaune  en  rapport  danstoute  son  étendue 
»  avec  l’amnios ,  et  dépourvue  de  vaisseaux  visibles.  Elle 
-«  est  couverte  comme  le  reste  du  jaune  par  cette  petite 
Ji  membrane ,  que  j’appellerai  le  nid  du  poulet  .laquelle  est 
i)  intimément  collée  sur  elle,  je  suis  persuadé  qti’alors  ce 
,»nid  conserve  toujours  la.  même  forme,  après  avoir  quitté 
»  celle  d’un  ovale  pour  prendre  celle  d’un  rein  semblable  à 
71  la  figure  que  formeraient  deux  cercles  unis  par  deux  lignes 
7>  droites,  ce  qui  revient  à-peu-près  à  celle  d’un  pilon.  Gepen- 
»  dant ,  quelquefois  elle  représenté  une  ellipse ,  un  cercle 
avec  une  espèce  d’appendice  ;  d’autres  fois  deux  cercles 
»  inégaux ,  ce  qui  la  présente  comme  difforme ,  le  bout  supé- 
o.rieurparalssant  jene  sais  commentanguleux;  l*inférieur  est 
,»  tronqué  ou  l’un  des  cercles  manque ,  de  sorte  qu’il  ne  reste 


i8B  MÉMOIRES 

«  plus  qüé  la  figure  d’une  phiole;  mais  dans  le  plus  grand 
j)noml)re,des  ôbserÿàtions  ,  il  e^t  dit  qut’elle  a  la  forme 
ï.d’un  nid,  cummie,  je  fai  dît ,, et  (fgst  -la  description  la 
smeifleure.  Souvent  même  les  autres  figures  moins  con- 
»  formes ¥la  nalute  .  reprennent  la  première  d’elles-mêmes , 
set  par  le  repps  seulement.  Ici  arrive  la  12.“°  heure  dè 
»  nos  expériences.  )  » 

Maisce  quiméritela  plus  grande  attention,  c’est  la  comi- 
position  du  Màstoderme  qui  Se  ‘forme  de  deux  couchés. 
Cette  memhrane  consiste, ,  avant  rincubàtion ,  en  une 
couche  mince  de  petits  grains  qui  tiennent  les  uns  aux 
autres  par  leur  viscosité  ;  par  les  progrès  de  Pincuhation  , 
il  s’y  ajoute  ùne  autre  couche,,  très-faible ,  il  est  “vrai, 
mais  cependant  aSsez  résistante  pour  que  vers  l’heuré  dont 
nous  parlons  .  le  blastoderme-nc  puisse  se  cKviser  en  deux 
lames  qu’au  bout  d’une  longue  macération.  L’interne  dé 
.ces  feoillets ,  celui  qui  est  le  )plus  rapproché  du  jaune  sera 
appelé  le  primitif  ,  le  granületix ,  on  men^bràne  pituitaire  -, 
l’extérieur ,  au  contraire  ,  ou  la  secondé  i  celle  qui  eSt 
entièrément  homogène ,  lisse  ét  égale ,  recevra  désormais 
le  nom  de  Mentbrane  sér^e.  Parmi  ceux  qui  ont  connu 
que  la  déridère  Couche  de  Wdlff  n’était  autre  chose  que 
la  membranepropre  du jaiine  .  personne  il’a  douté  certai¬ 
nement,  qüe  l’une  et  l’autre  de  ces  jcouches  né  difTèrent 
entîèreïpetiticles  deux  cqucfoes  de  '  la  membrahe  vasculaîre 
dont  parle  car  il  dit  dlaitement  :  •(  «  On  nepeut , 

enaUcune  sorte ,  la  rapporter  à'I’envèloppe  propre'del’em- 
bryon  ,  mais  elle  constitué  la  membrane  commune  et'plu- 
i&t Celle  du  jaune ,  qui  pourtant  renferine'I’emhryoh  avec 
le.  placenta.^)  » 

Ces  deux  membranes  ConstitueÉit  fout  le  ib  toorfcrme, 
et  existent  i^galéinent  sUr  le  disque  transparent  et  sur  ce¬ 
lui  qui  est  dpaqüe.'UVec  ctttte  ^lilé  différence  que  sur  le 
disque  transpatetlt ,  taTiiein(brahé‘pituiteU'se  est'beâUMOup 


ET  OBSERVATIONS. 

plus  tendre  que  sur  la  zone;  opaqué.  Lés  cercles,  naissent 
autour  du  jaune.  En  général,  on  donne  ce  nom  à  une 
couleur dilanche  dessinée  en  circonférence  autour  dé  la 
tache  centrale  ;  nous  aVons  trouvé  qu’il.fallait  distinguer 
deux  sortes  de  cercles  ,  car  Une  partie  est  produite  pat  le 
blastoderme;  son  limbe  plus  pâle  s’aper^it  à  travers  la 
membrane  du  jaune  ;  il  n’est  pas  rare  dé  voir  aussi  dans 
son  intérieur  une  petite  zone  blanche.  Ces  cercles  existent 
déjà  avant  lUncùbation ,  et ,  pehdantqu’ellp  a  lieu ,  ils  sV 
grahdissent  en  même  temps  que  le  blastoderme.  D’autres 
cercles  ,  au  nombre  de  deux  ou  de  trois  j  naissent  le  pre¬ 
mier  jour  de  l’incubatioh  dans  le  jaune  même  ;  ce  sont  de 
petites  circonférences ,  d’un  blanc  plombé,  adhérentes  à 
la  massé  même  du  jaune,  nées  de  lui  par  rjpcubation  ; 
cependant  leur  extérieur  .répond  toujours,  pu  .]^ord  du 
blastoderme.  :(:Malpigbi  a  &,it  voir  combien  ces  cercles 
présenjtent  de;variété  i  et  personne  R’avait;  encore  dévoilé 
la  structure  et  l’usage  .de  ces  .dercles.  ) .  .avoue , 
dans  jSon  m  est  dans 

.l’ignorancè  sur  ce  poipL  .«  .sfc  .?m  sqfcS  pus  cïî  e^et  çe  çm 
!>  sign.{/lent:;{^  ceve/es/,  mm  /ik  paraissent  pas  élre 
3>aa7is  rapport  avec  (^  système  vasculaire,  »  Ce  qui;.®t 
cépendant&ux.  «  J’éi  aperçu,  distinctement  popr  lapremière 
»  fois  ,  à  la  douzième  heure  j  j^t, Haller ,  le  fœtus  enveloppé, 
Xête  d’une  .'grosséup  ..dém^SHtée  ppsée,  le  folii- 
i  ouïe ,  . ensuite  .sa  queùe  fi0urpantjie.diaw.étre4u  follicule , 
■set  plus  mincélquévMalpighi  ne  :  l’a  représentée ,;  et  des 
.  J)  heurés:àubséq«ente8vjjC,onstam.m.eRt;bus^  lapartie  iqlë- 
js  rieureideiCq  corpusQuJlé,  e#  <m^n§;  P.lalj’o.WfPt  dessipée 
j  et  comme  grouillée.  i  vüEt.aiHours  :.,,«  Déjè  è  la  ,;Tingt- 
wqjipirième:  hftuip  én  .  apeKç,oit  upe  différence  comjmén  - 
.ï.çànté  eatte  le  fojtus.et  l’apipios  dpps  les  ibonsr;  œjjil  > 
,  )!:^r  Jâ  qpeUe^paraît  fendfté)  dansitputéign  Ipp^ppup,  jdjlp- 
».tée  yersia  fméifttïéunié  é»  forme  isfePAPv  »  iTiedpipPM« 
*  i5.. 


i88  .  mémoires 

dans  sa  Zoologie  ,  dît  :  «  La  tache  est  devenue  à  pré- 
»sent  (au  commencement  du  deuxième  jour),  un  peu 
«plus  grande  ,  et  forme  en  dehors  une  petite  saillie.  Son 
I)  excavation  vésiculaire  est  remplie  d’un  fluide  transparent 
)) clair  comme  du  cristal,  dans  lequel  on  remarque,  vers 
»la  trentième  heure,  un  corps  longitudinal ,  trouble  et 
»  nébuleux  ,  qui  est  le  premier  indice  de  l’embryon  qui 
»  se  forme.  En  l’examinant  de  plus  près,  avec  le  micros- 
ïcdpé,  l’embryon;  a  la  forme  d’un  petit  fil  gélatineux 
-))  étendu ,  avec  une  extrémité  en  forme  de  masse.  »  Oken , 
danS'Son  Traité  d’histoire  naturelle,  dit  :  «  Vers  le  mi- 
»lieu  du  second  jour  la  cicatricule  contient  de  l’eaufluide, 
»  et  dans  celle-ci  le  germe  gélatineux  déjà  visible,  sem- 
sblable  à-un  fil ,  avec  une  extrémité, se  terminant  en  mas- 
D'sue ,  la  tête.  »  Nous  ne  savons  pas  comment  ces  observa- 
teurs  s’y  sont  pris  pour  trouver  cette  gélatine  nageante. 

IV ,  16.“°  Aewre.  Le  disque  est  transparent, 

■  oblongV  pyriformeet  long  de  deux  à  trois  lignes.  On  y  re¬ 
marque  deux  lignes  plus  obscures  ,  parallèles  ,  qui  portent 
deux  plis  que  le  blastoderme  forme  auprès  de  la  coque. 
Ce  sont  là  les  premières  traces  de  l’embryon  naissant  ; 
ils  -  portent  avec  raison  le  nom  à^  plis  primitifs..  Quant  à 
l’espace  qui  existe  êntr’eux  ,  nous  l’appelons:  avec  Mal- 
pighi  la  quille  ou  carène,  spatium  carinatum.;!  !  .  ; 

-  Ces  plis  ,  à  l’extrémité  tournée  vei^S  le  bout  le  plus 
>  obtus  du  disqüe  transparent  ,  se  réunissent  bientôt  après 
leur  naissance,  en  se  recourbant  J  vers,  l’autre  extrémité 
au  contraire  ,  Us  s-ouvront  en  s’écartant  l’un  de  l’autre. 
Pendant  que  ceci  arrive ,  le  disque  transparent  change 
peu  à.  peu  de  forme  5  en  se  dilatant  ;  la  partie  la  plus 
grosse' s’amincit ,  et  ainsi  la  figüre  de  poire  se  change  en 
celle  que  Blumenbach  compare  avec  justesse  à  un  biscuit , 

■  et  nous  à  une  solè.  Entre  l’un  et  l’autre  , 

non  loin  de  leur  naissance  et  dé  leur  réunion,  naît  un  petit 


,  ET  observations.  iS^j 

filament  blanc',  que  bientôt  nous  reconnaissons  très-bien- 
polir  être  la  moelle  épinière.  Vers  la  réunion  des  plis  primi¬ 
tifs  ,  la  moelle  de  l’épine  se  termine  en  une  petite  tête ,  et 
de  l’autre  côté  en  rhomboïde.  Le  disque  opaque  du  blas¬ 
toderme  est  partagé  de  nouveau  en  djux  zones  distinctes  : 
l’interne,  plus  étroite,  plus  prononcée  ,  jaune  ,  rugueuse 
et  comme  grumeleuse,  est  séparée  de  l’extrémité  plus 
large  par  un  cercle  d’un  blanc  uni. 

■  La  zone  interne  décrit  par  son  bord  interne  la  figure 
du  disque  transparent,  et  représente  également  un  bis¬ 
cuit  ou  une  sole  ,  et  par  son  bord  externe  elle  est  .con=- 
tiguë  à  la  figure  elliptique  de  la  zone  extérieure;  les  cèr- 
des  sont  aggrandis  ,  le  noyau  s’enfle  ,  se  sépare  aisément 
du  jaune  et  montre  l’impression  de  la  fossette  à  sa  sur¬ 
face,  tandis  qu’auparavant  il  y  était  uni  avec  le  blasto¬ 
derme.  •  •  •  .  ' 

§.  F,  20.“' /lettre.  —  L’embryon  constitué  par  les 
plis  primitifs  et  la  moelle  épinière ,  né  du  blastoderme  , 
et  fixé  d’une  manière  solide  au  sol  natal ,  présente  ma¬ 
nifestement  deux  extrémités,  la  supérieure  ou  celle  de 
la  tête  ,  où  les  plis  se  sont  réunis,  et  l’inférieure  ou 
celle  de  la  queue  ,  où  les  plis  restent  écartés. 

La  première  se  recourbe  un  peu  vers  l’intérieur  de 
l’œuf  au-dessus  de  la  petite  tête  de  la  moelle  ,  et  forme 
ainsi  un  pli  très-petit ,  transversal  et  semi-lunaire.  Cette 
ligne  transversale  résulte,  i.°de  deux  plis  primitifs  qui  s’é¬ 
lèvent  ,  comme  de  petites  cornes ,  dans  l’angle  d.e  la  flexion 
à  cause  de  l’élévation  nécessaire  ;  2.”  depuis  l’arc  qui  termine 
le  pli  et  qui  réunit,  leur  pointe,  depuis  le  point  où  le 
blastoderme  replié,  de  nouveau  réfléchi  et 'étendu,  se, 
continue  sur  le  disque  transparent  ,  outre  que  les  extré¬ 
mités  des  plis  ,  renversées  l’une  sur  l’autre,  transveçsaler, 
ment ,  s’infléchissant  tant  soit  peu  sur  les  côtés  deVeipr; 
l)ryon,  descendent  vers  la  queue  ;  3.”  depuis  .la  mem- 


1^6  11  É  ni  0  IR  ES' 

bratië  iûlefposée  dux  deux  réplis  dë  l’espàce-àppèlé  quillé 

ou  carène. 

Quand  ïé  btestodérîné  est  jpartàgé  par  la  tnàbët'âlidii  ëtt 
deiix  nieiiiibranèS ,  dont  il  èstfornié,  et  qu’on  èxâttime  àa 
microscojié  le  feuillet  sébetix,'  oh  voit  à  sa  Sürfaéë  iià- 
tërne  ,  par  laquelle  il  tient  aü  feuillet  inüiqüeuX  ,  uüe 
sorte  d’eüduitténuët  adhérent  à  des  globülè's  trèS-minCes, 
égaux  partout  ét  tranSpaférisV  Cet  ënduit  glob'üléüx  n’ëst 
pas  répàhdu  sur  tôuf  le  blastoderme',  ihais  seulement  il 
oCëüpè  le  disque  trâffsparent  et  la  zone  ihtérîeürè  dii 
disqUe  opaquè ,  de  sorte  que  la  division  ett  deux  zohës  du 
disque  opaquè  ne  pro'i^îent  qüè  de  cétte  couche ,  dont  le 
bord  '  sépaVe  la  ione  rhfétieui'è  de  rextériédré.-  ■  - 

'  La  haétamorphose  dë  celte  côùche  est  tr'èé-i'emàrquà- 
blëj  car  vers  là  dbùzième  heure  on  n’âpërçoit  plus  une 
couche  complète,  mais  de  petits  tas  de  globules  comme' 
dés  espèces  d’îlës ,  qui  ,  ëh  se  raprdchànl ,  fôYmeht  une 
nôiivelle  couché,  et  se  changent  de  riouVéau  èh  îlés^de 
s'àn'g  et  eh  vaîsseaùx  sah'gïiîns ,  révêtant  la  haturé  de 
cette  mémbr'ahé  propre  qué  nous  appelons  vaSc'ù'lèusé , 
ét  cohstituà’ht  la  troisième  lamé ,  c’est4-diré,  la  lamé 
moyenne  du  blaslodérihe. 

24.“”  —  Sur  les  côtés  dé  l’émbi'yon 

hàisSeht  les  i^udiméhs  des  vertébrés  sus'peMùS  aüx  plis 
primitifs  ;  la  forihe  dé  là  tâché' est  p¥ësqüé  chr'rée ,  dé 
cOuleür  jàhhé  ,  àvëc  dés  inteWalles  blahcs  ét  séparés  èri 
déüx  ïigàés  parallÉés. 

liés  plis  primitifs ,  âupaVàVàüt  droits  i  Se  reploîéht  éh 
sdg-zàg  ét  deviennent  comhàë  ohduléüx.  Ce  qüi  fait  que 
^espacé  de  la  qUiltë  sé  partagé  eh  uné  suite  dë  célluléS. 
Veits  réxtrëmîté  du  pli  qui  regardé  la  'queue,  ils  s’éloî- 
güëht  l’un  'de  l’aütré  eh  divergeant,  ét  forhiént  une  ar- 
cdflë  impârifàite  àütoür'du  rhombé  dé  répïhe  dü  dos. 

L’éé  cërcléS  se  sont  ag^ràhdis  et  élargis ,  ils  sé  touchent 


ET  OBSERVATIONS.  I9,], 

de  part  et  d’autre ,  et  présentent  quelque  chose  d’ondu- 
leux, 

§.  y  II,  3o.““  /lettre.  Les  plis  primitifs  qui,  d’a¬ 
bord  séparés  ,  laissaient  entr’eu^c  la  moelle  de  l’épine  , 
commencent  à  se  tourner  l’un  vers  l’antre,  surto.uj  vers 
le  milieu  ,  entre  la  tête  et  la  queue  ;  tandis  que  cette  in-, 
clinaison  se  lait,  les  bords  des  plis  se  rapprochent la 
moelle  de  l’épine  en  est  recouverte,  et  dès  cet  instant, 
ils  croissent  ensemble.  Mais , cette  inclinaison ,  ce  rappro¬ 
chement  des  bords  ,  et  leur  réunion  n’ayant  lieu  qu’eu 
milieu,  les  mêmes  plis  dont  nous  Rvpns  parlé ,  au  mo-, 
ment  où  ils  se  rapprochent  de  la  dilatation  rhomboïdalet 
de  la  moelle  épinière  ,  continuent  h  ^tpe  distincts  ;  et 
vers  l’extrémité  qui  regarde  la  tête  ,  ils  conservent  leurs 
sinuosités  tortueuses  et  forment  un&série  de  trois  ou  quar 
tre  cellules  de  grandeur  progressivement  croissante.  Le 
pli  transversal ,  peu-à-peu  dilaté  et  prolongé ,  descend  vers 
l’extrémité  opposée  „  et  forme  l’enveloppe  de  la  tête , 
comnae  l’appelle  Wolff.  Il  faut  observer  qu’en  •  effet  il  y 
a  deux  plis  transversaux ,  le  premier  ou  le  supérieur , 
qui  nait  de  la  réflexion  du  corpuscule  de  l’embryon,  et 
le  second  ou  l’inférieur  que  forme  la  réflexion  du  blas¬ 
toderme  qui  se  déploie  de  nouveau  sur  un  plan  uni  ; 
le.  premier  s’élève  au-dessus  de  çelui-ci.  Maintenant 
pour  ce  qui  regarde  le  pli  supérieur ,  il  sert  lui-même  è 
constituer  le  corps  de  l’embryon  j  mais  pour  le  second 
ou  f  inférieur ,  si  vous  tirez  l’embryon  .de  l’œuf  avec  le 
blastoderme ,  que  VOUS  le  niettiez  sur  le  dos  ,  et  que  vous 
le  considériez  par  sa;  face  interne  ou  abdominale ,  vous 
verrez  quülcouvre  la.première  etque  c’est  précisément  cette 
membrane  qui  s’alonge  à  mesure  que  le  fœtus  grandit, , 

,  Lp  cœur  apparaît  sous  l’enveloppe  de  la  tête  comme 
une  poche  ohlougue.  qui  n’a  point  encore  de  limites  qep-- 
taines. 


iga  MÏMoiiiÉs 

La  couche  globuleuse  adhérente  h  la  memhrariè  séreuse 
offre  l’aspect  d’un  réseau  ;  car  des  lignes  tranchantes 
joignentles  globulès  ens’ehtre-coupant. 

Le  diamètre  du  blastoderme  est  de  six  à  huit  lignes. 

Les  cercles  ont  présqu’entièrement  disparu ,  le  noyau 
est  àugnienté.  ' 

56.“°  heure.  —  Les  cornes  des  plis  primi¬ 
tifs  ,  qui  font  saillie  dès  qde  ce  pli  devient  transversal  , 
sé  rapprochent  tout-à-fait ,  et  tandis  qu’elles  croissent , 
elles  circonscrivent  un  espace  circulaire  d’où  sortent 
le  front  et  le  bec  du  poulet.  De  chaque  côté  de  cè  cer¬ 
cle  naissent  deux  autres  espaces  arrondis  ,  qui ,  pendant 
quelques  instans  placés  en  arrière  ,  paraissent  comme  des 
dilatations  latérales  du  cerclé  naoÿen  ;  ce  sont  les  pre¬ 
miers  ru  dimens  dés  yeux. 

■  Lé  cœur  s’est  rétréci,  et  estdevénu  un  canal  cylindrique , 
droit  v  dtdé  dans  lai  région  cardiaque  dé  Wolff,  montant 
jusqu’à'latête.  La  couche  des  globules  est  partagée  en  plu¬ 
sieurs  îles  ;  les  îles  elles -  mêmes  prennent  une  couleur 
jaunâtre  ;  mais  les'globules  constituant  l’anneau  terminal 
ont  une  teinte  rouge.  -  '  , 

IX ,  heure.  —  L’extrémité  de  la  tête,  (car 
nous  appelons  supérieure  la  région  qui  regarde  le  blanc) , 
qui  la  première  a  adhéré  au  blastoderme  et  pouvait  eh 
être  détachée  d’en  haut  à  l’aide  d’une  aiguille  .  est  main¬ 
tenant  enfoncée  dans  la  petite  fossette  que  forrhe  le  haut 
du  blastoderme ,  qui  s’élève  au-dessus  de  la  tête ,  de  sorte 
que  voiis  pouvez  retirer  la  tête  de  cette  excavation.  Le 
pli,  formant  le  bord  de  cette  fossette ,  est  le  commence¬ 
ment  de  1-amnios.  Le  cœur,  placé  au*côtë  gauche,  se  re¬ 
courbé  aü  moyen  de’  deux  rétrécissemehs  ;  il  est  divisé 
quoiqu’imparfaitèment  én  trois  vésicules  ,  et  coihnie  four¬ 
chu  à  sa  partie  inférieure;  il  finit  par  deux  extrémités 
très  divergentes. 


ET  OBSERTATtONS.  1^5 

La  gaine  de  la  tête  se  prolongé  jusqu’à  la  di^isioi^, 
du  cœur  en  deux  branches,  et  forme  en  cet  endroit ,  la 
fossette  cardiaque  qui  conduit  en  arrièrede  .Uéecr  dans 
l’œsophage  î  les  angles  latéraux  de  cette,  gaine,  font  une 
saillie  remarquable  ,  en  se  dirigeant  vers  la  queue  à  la 
partie  inférieure  du  fœtus.  Maintenant  nous  trouvons 
une  portion  du  blastoderme  qui  a  été  repliée ,  c’est  celle 
qui  doit  par  la  suite  former  la  gaine  de  la  queue  ;  c’est  à 
Cette  portion  que  Wolfif  a  donné  le  nom  d’enveloppe  de 
la  queue,  dont  les  bords  descendent  sur  les  cotés  de 
l’embryon  et  passent  les  plis  qui  viennent  de  la  fosse  car¬ 
diaque. 

Les  îles  rougissent  et  se  réunissent  en  se  prolongeant 
en  réseau.  La  membrane  du  jaune ,  ou  le  blastoderme  qui 
la  recouvre  ,  est  devenue  Très-mince.'  Le  .blanc  s’éloigne 
entièrement  de  dessus  le  blastoderme ,  qui  est  formé.,  et  lui 
livre  un  libre  passage  jusqu’à  la  face  interne  de  la  cpque,, 

'§.  X,  48.“°  Aewre.  —  Les  bords  de  la  fossette  ,pfi 
se  loge  la  partie  libre  supérieure  du  poulet,  se  sont  tel¬ 
lement  accrus  que  ,  sous  la  forme  ;  d!une .  gaine  terminée 
par  un  rébord  sémilunaire  ,  ils  couvrent  toute  .cette  ré.- 
gion  par  derrière.  ' 

Le  fœtus  quittant  sa  position  verticale  ,  .et  par  sa 
partie  supérieure  se  tournant  un  peu,  à  gauche ,  ;  com¬ 
mence  à  se  recourber  du  côté  de  la: tête,. de. manière  que 
les  régions  du  sinciput  et  de  l’occiput  deviennent,  appa¬ 
rentes.  Quant  à  la  couche  globuleuse  dont  nous  ayons 
parlé ,  elle  se  change  en  une  membrane  vasculeuse  revêtue 
de  part  et  d’aUtrcde  deux  lames  du  blastoderme». -,  Car 
.les' îles  de  sang  se^  réunissent  en  rigoles  ,  revêtent, les  .faces 
et  forment  ainsi  des  vaisseaux  ^sanguins  ,  qui  ;so.nt:réunis 
de  nouveau  par  une  lame  mince  ;  le  blastoderme  se  .opm- 
pose  donc  déjà  de  trois  couches. 

Les  cellules  que  forment  à  la  tête  les  plis  primitifs,  es¬ 
pacés,  et  flexueux  se  remplissent  de  vésicules  formant  une 


194  laiMoiREs 

eavité  Subdivisée  quoique  eontiuue.  G’est  dans  ces  vési¬ 
cules  que  naît  le  cerveau  j  on  en  voit  une  en  arrière  ^  plus 
longue  ÿ  dans  laquelle  se  loge  la  moelle  alongée  ;  dans 
celte  ifüi  vient  ensuite ,  les  corps  quadrijumeaux;  dans  1% 
suivante  ,  plus  petite  et  plus  resserrée  ,  les  bras  du  Cer¬ 
veau  et  leS'  couches  optiques  ;  enfin  dans  laplus  antérieure , 
qui  est  encore  élargie  ,  les  hémisphères.  . 

Dans  la  région  inférieure ,  du  côté  où  le  blastoderme 
regarde  te' jaune',  on  voit  de  chaque  côté  du  poulet  où 
tous  observez  déjà  l’abdomen ,  des  plis  prolongés ,  deux 
eittèrnèS  et  deux  antres  internes.  Les  plis  externes  sont 
formés  de  toutes  les  couches  du  blastoderme  prises  en- 
setnbte  >  et  les  intèrnes'  dés'  couches  vasculeuse  et  pitui¬ 
teuse,  sans  que  la  couche  séreuse  y:  con  tribue.  Les  plis 
ëxtérîeurs^forment  les  bords  de  rabdomen  qui  est  ouvert 
dans  toute  son  '  étendue  ;  mais  Comme  dans  la  suite  ils 
cbntribüërtt  à  la  formation  des  intestins  ,  savoir ,  par  les 
couchés  pituiteuse  et  vasculeuse-,  et  de  plus  aux  patois  de 
l’abdomen  par  leur  couche  séreuse ,  nous  appelons  les 
premiers  plis  intestinaux  et  lès  seconds  abdominaux.  Mais 
les  plis  intérieurs  ,  qui  en  se,  réunissant  forment  le  mén 
sentère ,  doivent  porterie  nom  de  mésentériques. La, poche 
cardiaque  représente  une  vaste  cavité  ;et  un  véritable,  ori¬ 
fice  Ouvert  ,xommuTriquant  avec  la  partie  supérieure  du 
téntriCüte  ouvert  ;  sa  figure  est  à-peu-près  ovale  v  ronde 
et  plusdarge  en  haut  ,  plus  rétrécie  sensiblement  en  bas  ;! 
les  plis  intestinatix  venant  du  premier  sens  et  tes  mésen- 
térîqües  du  second  descendent  sur  tes  deux  côlés  du  fœtus; 
et  finissent  sur  la  partie  inférieure  de  l’enveloppe  de  la 
queüe.  Lés  parois  de  la  gaine  de  la  queue  ,  se  rapproGbanl! 
réciproquement  de  plus  en  plus  ;  la  gaine  èlleT'même  pro¬ 
longée  davantegé  éri  Icingueur,'  produiseUtile  commence-f 
ment  de  l’intestin  rectum.  :  ,  v 

Enfin  les  reins  eux^mêmes  adhèrent  auXipUs  mésenté¬ 
riques  ,  qui,  comme  on  voit  et  comme  le  dit  Wôlff,  repré- 


ET  OBSERVATIONS.  ïg& 

sentent  non  seulement  l’origine  du  mésentère  j  mais  lë 
commencement  des  réins  eùx-mêmesj  : 

Le  cbetir  présente  un  canal  courié  commè  un  fer  à  che^ 
val  ou  de  forme  parabolique ,  et  fait  saillie  en  se*téc6üt'- 
bant  au  èôté  gauche  du  fœtus: 

5..'“°yottï*.-^Le;blastodeÉme  s’èst  accru  ;  il  égale 
la  moitié  du  jaune.Le  disque  transpareàt  ;  dont  les  limites 
étaient  jusqu’à  présèüt  bien  tranchées,  a  perdu  sa  forme 
régulière,  est  devenu  plus  alongé  et  pointu  en  hautetën 
bas.  A  la  pface  des  cercles  qui  avaient  déjà  disparu  à  la^ 
heure  ,  tout  lé  jaune’ sous-jacentaühlastoderme  s’est 
fondu  à  l’endroit  le  plus  rapproché  du  fœtus ,  et  sous  la 
membrane  vasCttleuse  ést  renfernoiée  une  matière  blanche , 
liquide  et  tOuM^fait  semblable  à  du  lait:  ^ 

De  ce  lacis  de  vaisseaux  sont  nés  mainténsmt  des  vais¬ 
seaux  sanguins  ;  dont  les  troncs  et  les  rameaux  se  dessinent 
élégamment  sur  la  membrane  vasculeüsé;  les  troncs  loù- 
cAeUtau  fœtus  ,  les  rameaux  très-déliés  s’anastamosent' 
entré  èux  et  avec  un  anneau  terminal.  La  membrane  vasi- 
culeuse  a  dés  artères  ,  des  veinés  et  un  sinus:  Lés  troncs 
dés  artères  -sortent  du  milieu  du  feetus  >  sous  un  angle 
droit  ,'  et  bièntôt  se  divisent  en  trois  ou  quatre  branches  ; 
ensuite  elles  seramifientprodigieusement  ,  etpar  une  foulé 
innombrable  de  rameaux  elles  gagnent  le  sinus  terminal  v 
où  forment  une  :  muldtude  d’anastomoses  avec  lés  der 
niers  rameaux  des: véihes. 

L’anriéâu  sanguinp  terminal ,  qu’on  appelle  veine  termi-' 
nale,  quoiqu’ellé  manque  absolument  de  parois  ,  et  que  : 
ce  soit  nh  simple  filet  de'  '  sang  renfermé  et  contenu  dans 
lès  couchés  du  blastoderme ,  imparlaitemént  circülaire  à. 
la  5ui'  ‘heare,  se  réfléchit  en  fortne  de  cœùr  sur  la  tête  i 
du  fœ'tusi  De:  ce  sinus  sanguin  naissent  deux  où  trois  Vei-' 
nés  ’allàftt  vers  le  fœtus ,  disposées  de  ^manière  que  leur 
directioh  correspond  à’  l’axe  du  fœtus.  î-La;  prenaière  est 
supérieure ,  descendante  et  ordinaircraent  double  ,  et .  la. 


196  .  .  MiMOIRES 

CQntinuatiou  imnaédiate  du  sinus  terminal  ;  elle  descend 
de  la  partie  supériQure  des  environs  de  la  tête  ,  tombe  sur 
la  gaine  de  la  tête  :et  se  rend  au  cœur  dans  la  région  où 
il  est  situé  ;  s’il  y  en  a  deux  avant  cette  réunion  au  cœur , 
elles  forment  un  tronc  unique  et  court.  La  seconde  ,  infé' 
rieure ,  ascendante ,  naissant  par  des  rameaux  déliés  de 
la  région  opposée  du  sinus  terminal,  monte  sur  la  queue 
et  se  réunit  avec  les  descendantes  très-près  du  cœur. 

Le  cœur,  situé  au  côté  gauche  du  fœtus  et  couvert  par 
la  gaine  de  la  tête  (en  enlevant  celle-ci  on  voit  mieux  sa 
structure) ,  consiste  en  trois  vésicules  réunies  par  trois  ré- 
trécissemens. 

La  première  de  ces  vésieules  est  l’oreillette  ,  la  seconde 
le  ventricule  ,  et  la  troisième  le  bulbe  de  l’aorte. 

L’oreillette  .oblongue  tient  aux  veines  inférieurement  ; 
supérieurement  elle  se  réunit  avec  le  ventricule  oblong 
par  le  canal  auriculaire  qui  l’abandonne  dans  une  direc¬ 
tion  transversale.  Le  ventricule  est  très-éloigné  du  fœtus , 
et  vers  le  bout  .élargi, par  où  ilreçoit  le  canal  auriculaire, 
il.ressemble  à  un  nœud  entortillé.  Le  ventricule ,  après  un 
rétrécissement  très-étroit ,  se  métamorphose  en  bulbe  de 
l’aorte  qui  est  plus  large  ,  d’où  un  canal  mince,  étroit 
et;  cylindrique  ,  forme  en  se  terminant  deux  ou  trois  ra¬ 
cines  de  l’aorte. 

L’aorte ,  après  avoir  subi  une  grande  courbure  jusqu’à  la 
fosse  cardiaque ,  forme  un  tronc  unique  ,  et  là  se  partage 
en  deux,  dont  chacun  couvre  de  son  côté  les  vertèbres  de 
l’épine  du  dos ,  et  en  se  rétrécissant  semble  se  perdre  vers 
la  queue.'  Il  naît  de  ces  artères ,  au-delà  du  milieu  du  fœtus , 
deux  artérioles  latérales  de  la  membrane  vasculeuse  dont 
nous  avons  déjà  parlé.  On  voit  déjà  évidemment  com-‘ 
ment  se  fait  la  circulation  du  sang.  Ce  fluide  est  chassé 
du  coeur  ;  à  travers  l’aorte  ,  dans  les  deux  artères  latérales  ; 
de  leurs  dernières  ramifications  il  passe ,  soit  dans  le  sinus 
lerniinal ,  soit  dans  les  rameaux  les  plus  déliés  des  veines  ; 


ET  observations.  igy 

de  là,  il  est  reçu  par  les  veines  et  révient  au  cœur,  par  les 
veines  ascendante  et  descendante.  Il  faut  remarquer  quatre 
côtés  dans  le  sinus  terminal  ;  deux  de  ces  côtés  ,  en  face 
l’un  de  l’autre ,  s’accordent  entre  eux,  quant  à  la  direc¬ 
tion  du  sang,  savoir,  deux  latéraux  et  deux  autres  qui 
correspondent  l’un  à  là  tête  et  l’autre  à  la  queue.  Tel  est 
le  cours  du  sang  ,  et  il  a  déjà  été  décrit  par  Spallanzani. 
A  duabus  plagis  lateralibus  truncis  arteriarum  è.  dia- 
metro  oppositis  sanguis ,  qüem  sinus  arteriarum  ramis 
suscipit,  utroque  versus  diffluit  ,  ita  ut  pars  plagam 
caudalem  ,  pars  capitalem  petat ,  quasi  in  tali  plaga  , 
adessùt  punctum ,  ubi  sanguis  de  itinere  eligendo.  dubius 
hœreat.  Sanguinis  pars  in  sinus  terminalis  quàdrante 
superiore  dextro  ad  venàm  descehdentem  dextram ,  in 
quadrante  superiore  sinistro  ad  veham  sinistram  per- 
tingit  ,  vena  ascendens  sanguinern  ex  utrâque  . qua¬ 
drante  inferiori  «Msctpt#  (i/i^L’embryon  ,  ayant  le  col 
recourbé,  s’incline  dans  la  partie  supériéure  vers  le  côté 
gauche,  et  sa  tête  est  situéô  de  manière  que  l’occiput  re- 
igarde  en  avant  et  le  sinciput  du  côté  du  cœur;  vers  la 
partie  inférieure  il  est  couché  en  avant.  Il  est  recouvert 
jusqu’à  la  fossette  cardiaque  par  la  gaine  '  dé  là  tête  ;  delà 
il  est  à  découvert  jusqu’à  la  queue.  Là  moelle  épinière ,  ren¬ 
fermée  dans  ses  plis  primitifs ,  constitue  l’axe  de  l’èm- 
bryon;  l’enveloppe  de  la  queue»  avéc  les  vertèbres: dor¬ 
sales  et  lombaires  ,  couvre  la  partie  inférieure. 


(l)  «  Le  saug  se  meut  par  jets  dans  les  deus:  artères ,  parcourt  dans  la 
systole  un  espace  moins  long  que  dans  l’expérience  précédente  ;  mais 
il  s’arrête  à  chaque  diastole ,  et  reprend  son  cours  dans  la  systole  qui 
suit.  Ce  fluide  conserve  alors  dansMès  branches  et  les  '  rameaux  qui 
partent  delà  circorifétenoe  ,  l’impulsion 'communiquée  au  tronc;  mais 
il  ralentit  sa  vitesse  dans  le  commencement  des  ramifications  ;qui  n’a¬ 
boutissent  pas  jusqu’à  ce  point.  Il  pe.rd  mêtne  ce  surcroît  do  mouve¬ 
ment  à'  proportion  qu’il  s’en  éloigne  ,  ayant  alors  un  cours  uniforme  , 


Iigg  itÉUOlSES 

Daps  Je  côté  àntérieur  du  thorax ,  le  .veatticule  ,  qiii  le 
-second  îjpuF  était  dirigé  en  avant ,  maintenant  regarde 
obliquement  en  bas;  il  est  déjà  assez  formé'à  l’extérieur 
pourpouvéîr  être  manifestement  reconnu  ;  sa  formeen  effet 
est  oblôBgue  ,  conoïde  ;  son- extrémité  la  plus  mince  est 
en  haut,-  se  continue  avec  l’oesophage ,  ensuite  ep  se  re¬ 
courbant  un  peu  en  devant ,  elle  descend  et  se  termine 
enBmpar  une  ouverture  -inférieure.  Cëtté  ouvertUrë  du 
Tentricule  v  -qui  fut  plutôtl’hiatus  de  la  fossette  cardiaqUé, 
■est  enlçurée  \d’un.bord  mipeè^qûi  sè  Conïintle  èn  bas  avec 
dëS; plis  intestinaux.'  ,  -  ^  ^  ■ 

■fierriéte  Je  ventricule ,  le  toés'entëre  ,  formé  des  deux 
qtlis  mésentériques  i  nés  ensemble  ët  adoBsés  se  prolonge , 
ide.sorte  que  les'feùiliets  dont  11' est  -formé  .  d^àbord' Unis 
etmaintenànt.  verticaux,  ne  ferment  plus  èri  s’unissant 
qu’uneyspUlèraembranei  • 

i  (JC  L’intestin  r6cmwiparaît.infundibuliformé,  ayant'sâ  pài^- 
tSè  rétrécie  obliquement  située  en  bas  et  en  arrière  , "et 
•L’embouehure  ;en-  battt  et  -eh  avant."  La- première  fornae 
.'l’anus  ;;  l’autrel’ouVerture  et  la -fossette  inférieure ,  -iÿest 
jFenveïoppe  de  la  ajueue;  ■  -  '  ;  •  -  mi'-.r.r 

I  •  iLe  'bàSsiù  imite  i  la  îforme  jde  Fintestin  rectum  qu?il  Jten- 
-ferme;  càrcette  région  du  squéléttp  jnsé  présentant  elle- 
-même  êxtériéureintenf  souèforine  dlùn;  pli,  a  paru- placée 
autour;  du  pli  intestinal  ol  deFeUveleppe  de  la  queue  ;  ét 
maintenant-qu’iliréunit les  plis  abdominauXvil  rëpréSèH'te 

de  bord  du  pubis.  •  . 

•Partant  dè'  Ce  bord ,  le  blâSltidérilàé  Sé  réfléchil  Sur  '  la 
face  dorsale  du  fœtus  et  s’y  termine  p^  üd  bprd  sémil^- 
; flaise.  jLa  tériPippispu  :dé  •  àe  ;  ho^d  ipajssie,:  §iir  icetite  mem- 
brane  qui  ÿ  des  plis  abdominanx  i  ,se  réfléchît  presque  "sur 
'la  Végion  dorsale  de  l’etnbryon ,  et  de  là  sur  la  face  dorsale 
'  dé  la  gaine  delà  ,t^Je.  Çeftè  mepiliçi^e  qni,  est 

,  Je  cojpaienceroept  du  véritable ;àittnios  ,‘| n’est, pas  née  en¬ 
core  dans  l’axe  du  dos  ;  et  par  ce  moyen  un  enfoncement 


ET  OBSaERiViAiTIONS. 


oblong  est  pratiqué  toflt  ptès  dü  dosi  duibiord  dMqbêJl  la 
membraae  séreuse  ’  sé  «otitmue  sur .  Iq  Jj'lastbdèïtee  rli!)» 
Nous  lui  donnons  ,  le.  uom  d!atnnios  faux  àu  dp:  formation , 
quoique^  nous  n’ignorions  pas  que.  iWcdff  a  désigné;  sons  :  pe 
nom  une  ffihoSe entièrement  opposée»  , 

Cependant  les  plis  abdominaux  et.  intestinaqx  qui ,  è 
cause  jde  J’union  des  membranes  séreuse  et  ;tqseBleusp  du 
blastoderme  .  paraissaient  formés  patelles  ^ieblastoderme 
restant  entier ,  commepeént  à  s’interronipre ,  ikis’entre- 
eouper  eux-mêmes  en  divers  endroits  ,  surtout;  où  doit 
être  le  siège  des  pattes  et  des  ailes  ;  de  sorte  que  le  germe 
des  extrémités  se  distingue  déjà  par  ;}’accumulation:de  la 
matière  celluleuse ,  et  que  l’on  remarque  d^à  quelque 
vestige  de  là  séparation  quidoit  avoir  lieu  entre  Jesicouches 
séreuse  et  vasculeuse ,  qùisera  .tr^-cvisible  le  iquatrième 
jour ,  époque  où  l’amuios  est  formé  de  tlà:  seule  membÉaue 
séreuse  ,  et  les  intestb^^  de  ia  vascideuse  avec  lapituiteuse 
■qui  s’y  réunit,'-.  .  \  , 

.  Vers  la  partie  inférieure  de  l’embryon  paraît  lune  vda- 
nule  de  la  grandeur,  d’nne  ilentiSle  ;  tendue.;  vasco&ufie. , 
remplie  d’un  liqmdè  transparent;; qui  seiabJe  susp^ndjto 
ià  iun  pédoncule  ivasouleux;,  elle:  n'ait  de.'J’eXtrémité,  rétrécie 
de  l’imtèstiü.reotum:,,iàiO!Ù  le  iassdri  pstiCo.iiî®Pt  au  iGOtù- 
mencement  ;  recevant  les  àrlècés  iimbilicales^isùvcir  üjies 
ramifications  ides  .artères  iliaques  iqpe  ’nftïisi  avons.iyùes 
plus  ihaut aiï  imoment  ioù  elleis  se  rapprOcheïtVdesiyif r- 
(tèbres.  iCé tte  .vésicule  porte  ordiriairementJe  nom  de ,  ïdtt.  - 
îoeûta  i’.  mais  lOken  la  .compare  à  l’aUantoïdeidn&jTOWftHli- 
tfères.  ■  .  ,!  )  •!  csb  séicrr 

•JVdllT  a  cKudes  reins  isous  forme^de dame?  iétroites  ijlqît- 
gitudinales  et  d;étachées  des  lames  du  mésmrtère  :.aux- 

(i)  Tréder».  siçstütpiap.é  .qBandifa  iprasioetlflicontinaaiioii- dp,ia 
.mrçibiçape  sérrMe.ppvr  ouîifsihii)  n  ■  , 


SOO  MÉUOIRE.S 

qutellesils  étaient  unis  juâqu’alocs  ;  les  deux  lobes  du  foie 
et  les  résieules  du  poumon  ont  été  distingués  par  lui. 

:  Les  yeux'paraissent  décolorés ,  dépourvus:  de  paupières  ; 
mnsn’y  remarque  pas  autre  chose  que.  la  lentille  cristalline, 
le  corps  vitré  et  les  membranes  transparentes  qui  les  en¬ 
tourent ,  la  sclérotique  et  la  choroïde. 

XI J  yIi.'^°jour.  —  La  membrane  propre  du  jaune  , 
;devenue  très-mince ,  cède  au  blastoderme  agrandi  ;  celui- 
ci  recouvre  déjà  presque  tout  le  jaune,  excepté  cette  ré¬ 
gion  vers  la  pointe  de  l’œuf  oü  le  blanc  plus  épais  tient 
au  jaune  qui  se  resserre.  ■  ■ 

■Il  existe'  un  peu  plus  de  la  liqueur  laiteuse  du  jaune. 

Les.artères  ’et  les  veines-  décrites  ci-dessus ,  agrandies, 
sont  encore  remarquables  par  un  sang  d’une,  couleur  uni¬ 
forme  et  par  leur,  rougeur  intérieure. 

Les  artères  de;la  membrane  vasculaire  ,  qui  marchaient 
:  auparavant  séparées  des  veines  j  rampent  maintenant  sous 
elles  ,  ou  à  côté  d’elles ,  et  en  sont  accompagnées.  «  Les 
deux  artères  sont  en  partie  recouvertes  par. deux  .veines , 
semblables  au  lierre  dont  le  tronc  et.  les  rameaux  embras¬ 
sent  la  tige  et  les  branches  d’un  arbrisseau.  Les  dernières 
ramifications  de  ces  veines  tirent  leur  origine  ,  les  unes 
-  de  la  circonférence ,  les  autres  des  terminaisons  artérielles, 
'sans  qu’on  puisse  déterminer  le  point,  de  leur  anastomose. 

•  Il  s’est  aussi  développé  plusieurs  autres  petites  veinés  qui , 

■  après  s’êtré  réunies  avec  les  rameaux  artériels  ,  se  perdent 
isolément  au-dessous  du  corps  du  poussin.  Tel.  est  le 
diamètre  des  ;  artères  qui  se  changent  en  veines ,  qu’il  ne 
passe  des  unes  aux  autres  que  quatre  ou  cinq  globules:  à 
là  fois.  Le  sang  veineux  et  '  artériel  a  la  même  couleur. 
“Le  cœuriS'offi'e  à  lajvue  àda  régioh  supérieureietv.anté- 
-rieure  du  thorax;  il-est  situé  de  manière  qu’il  regarde  en 
bas  pari  son  sommet'ohtus  et  en  hàutfpar  sa  base.  ’ 

On  distingue  à  l’oreillette  deux  demi-cércles ,  l’un  pos- 


ET  OBSERVATIONS.  SOI 

térieur  ou  plus  rapproché  du  corps  ,  l’^autre  antérieur  , 
qui;  divise  l’oreillelte  ten  manière  de  croisSanU  Telle  est  la 
première  origine  de  la  division  des  oreillettes; dont  la 
gauche  paraît  plus  grande  que  la  droite ,  afiaisséé  et  héris< 
sée  de  petits  replis  presque  circulaires.  Elle  porte  toujours 
au  milieu  une  goutte  de  sang  caillé  que  le  peu  d’épaisseur 
et  la  transparence  des  parois  de  rorqillette  permettent  d’a^ 
percevoir;  l’oreillette  droite  est  située  derrière  la  cour¬ 
bure  de  l’aorte ,  de  même  que  la  gauche  ;  quelquefois 
elle  est  distendue  par  le  sang ,  mais  souvent  on  la  trouve 
affaissée  ;  sa  forme  est  ordinairement  arrondie  ;  sa  sur¬ 
face  est  légèrement  convexe ,  son  bord  antérieur  comme 
frangé  ;  elle  aboutit  au  ventricule  droit  et  à  l’aorte.  A  la 
réunion  dès  oreillettes  débouchant  la  veine  cave  et  le  ca-^ 
nal  auriculaité ,  lequel ,  plus  rétréci  vérs  l’oreillette  et  plus 
dilaté  vers  le  ventricule  ,  coulé  manilestenaent  vers  ce 
dernier.  DanS  ce  ventricule  on  aperçoit^  les  premières 
traces  d’un  nouveau  ventricule  qui  se  développe  ;  c’est 
un  tubercule  né  sous  le  bulbe  de  l’aorte ,  ovale  et  de  cou* 
leur  rouge,  couché  transversalement  sur  lè  ventricule 
primitif.  Le  ventricule  gauche  est  de  forme  globuleuse;' 
Le  ventricule  se  rapproche  y  et  du  bulbe  de  l’aorte 
montent  deux  ou  trois  anneanic;  ils  donnent  naissance 
l’aorte ,  qui  de  là  monte  en  devant ,  puis  se  recourbe  en 
arrière  et  produit  sa  grande  èoafbure  eû  descendant. 

L’amnios  en  partie  fermé  renferme  presque  tout  le  fœ+ 
tus  y  la  tête,  le  dos,  la  queue  et  les  tubercules  des  ailes 
et  dés  pattfes.';  :  .  ■  ,  . 

Les  plis  abdominaux  qui ,  par  leur  réflexion  dorsale,  for^ 
ment  le  vraî  amniios ,  gowt  disposés. ftarallütement  aux  cô¬ 
tés  dû  fiptüSÿ  «mis  Vers  k  région  cardiaque  ;  sût  les  bords» 
du  bassin ,  ik  Sé  réunissent  en  un  arq  y  forment  les  contours 
de  la  caVîté  qui  cetoprend  le  thorax  et  l’abdomen.  L’bu- 
vérlure  de  celtécsrité  est  le  corciraencement  de  l’ombi- 

1.  i4 


sd%  mémoires 

lie ,  car  par  la  suite  ses  tords  s’accroissent  et  se  resserrent 
jusqu’à  ce  qu’enfin  cette  large  ouverture  de  l’abdomen  se 
chaïige  en  un  orifice  étroit,  qui  chez  les  oiseaux  tient 
lieu  d’ombilic. 

Le  Tenlricule ,  né  de  l’œsophage  ,  descend  en  droite  ligne 
vers  le  duodénum;  il  est  entier,  et  le  reste  de  la  fossette 
cardiaque  ne-  conduit,  plus  directement  dans  l’estomac , 
mais  dans  le  duodénum  et  de  là  dans  l’estomac  lui-même  ; 
la  cavité  du  duodénum  est  donc  formée. 

L’intestin  médian  commence  au  duodénum  et  descend 
jusqu’au  rectum.  Il  a' en  lui-même  le  germe  de  toute  l’é¬ 
tendue  des  intestins  qui ,  chez  l’adulte ,  vont  du  duodénum 
au  rectum  ,  et  auxquels  sont  annexés  les  cæcum.  Cet  in¬ 
testin  médian  consiste  en  deux  lames  réunies  par  leur  bord 
postérieur  (  Wolfi* l’appelle  suture  intestinale) ,  et  qui  se 
continuent  vers  le  mésentère  :  leurs  bords  antérieurs  sont 
encore  séparés ,  roulés  sur  eux-mêmes,  et  vont  se  réunir 
sur  les  côtés  avec  les  membranes  vasculeuse  et  pitui¬ 
teuse. 

Derrière  le  cœur  on  voit  les  poumons  ;  ce  sont  de  petits 
corps  oblbngs ,  presque  cylindriques ,  les  plus  mous  de 
tous  les  organes,' presque  transparens,  et  terminés' infé- 
Keuremént  par  une  vésicule  très-déliée. 

Entre  le  cœur  èt  le  poumon,  sous  l’oreillette  même 
du  foie ,  est  logé  le  lobe  droit,  oblong  ,  ayant  sa  face  an¬ 
térieure  convexe ,  et  la  postérieure  concave  du  côté  où  il 
regarde  le  cœur  :  la  veine  cave  est  reçue  à  sa  partie  supé¬ 
rieure.  Le  lobe  gauche  est  étroit  ;  il  repose  sur  le  ventri¬ 
cule  et  le  duodénuni.  -  ‘ 

Les  reins  ont  une  forme  singulière;  ils  sont  situés  de 
chaque  côté  très-près  de  l’épine  dorsale  ;  ils  sont  presque 
linéaires  et  très-prolongés  ;  ils  commencent  dans  la  région 
dü thorax;  derrière  les  poumons,  et  descendent  jusqu’à 
l’extréinité  inférieure  de  l’intestin  rectum,  auquel  ils 


ET  observations.»  20§ 

s’insèrent  de  chaque  côté  sans  uretères  visibles.  Toute  la 
structure  du  rein  est  lamelleuse;  ces  lamelles  sont  dispo¬ 
sées  transversalement ,  distinctes  et  entièrement  séparées; 
on  peut  les  isoler  distinctement  à  la  face  antérieure; 
mais  à  la  postérieure  ,  elles  sont  comme  fixées  à  un 
cordon. 

Les  pattes  et  les  ailes  s’aperço  ivent  à  travers  l’ahànios  , 
sous  forme  de  tubercules.  La  face  externe  de  l’aile  est 
convexe  et  dépourvue  de  duvet;  l’interne  est  appliquée 
au  thorax ,  plane  en  général  ,  mais  .inégale  et  garnie 
d’impressions  et  d’éminences  ;  du  bord  postérieur  ,  qui 
est  le  plus  épais ,  par  où  l’aile  est  fixée  au  corps ,  se  pro¬ 
longent  supérieurement  et  inférieurement  deux  produc¬ 
tions  charnues  qui  attachent  plus  solidement  Taile  au 
corps.  La  surface  des  pattes  a  un  semblable  aspect. 
Deux  appendices ,  réunis  par  leur  base ,  sont  fixés  au 
col  :  c’est  le  commencement  de  la  mâchoire  inférieure. 
La  mâchoire  supérieure  ,  '  sous  forme  de  deux  appendi¬ 
ces  qui  ne  sont  pas  encore  réunis ,  peut  être  observée  à 
la  courbure  du  col. 

Les  yeux  ne  se  perfectionnent  pas  sensiblement ,  seu¬ 
lement  le  noir  occupe  peu-à-peu  la  membrane  choroïde  , 
laquelle  est  plus  obscure  dans  l’hémisphère  supérieur  de 
l’œil.  Dans  l’hémisphère  inférieur ,  le  défaut  de  la  choroïde 
fait  paraître  comme  une  petite  tache  claire.  La  vésicule 
du  placenta  ,  dans  laquelle  serpentent  les  divers  vaisseaux 
ombilicaux,  est  augmentée  en  volume  (i). 


(i)  Il  y  a  beaucoup  d’écrits  et  d’opinions  sur  cette  vésicule.  Haller  , 
dans  l’édition  française,  la  compare  à  l’allantoïde,  a  II  est  surprenant 
»  qu’une  partie  du  corps  animal,  commune  aux  quadrupèdes  ,  qui 
»  ont  une  vessie  ,  et  aux  oiseaux  mêmes  qui  n’en  ont  p.is  ,  se  trouve 
»  manquer  à  l’homme  seul.  »  Ensuite  il  indique  la  communication 
de  cette  vésicule  avec  le  rectum,  car  il  dit  ;  a  J’ai  souillé  l’allantoïde 
»  et  l’ouraque  ;  l’air  soulève  le  rectum  ,  mais  l’orifice  n’en  est  pas 
l/,.. 


2o4  ’  UJ^HOIHES 

§,  vïi//,  Séjour.  —  La  membrane  propre  du  jaune 
a  disparu. 


»  aussi  aisé  à  voir.  Quand  on  a  souillé  l’ouraque ,  et  que  le  rectum  est 
»  ouvert  antérieurement ,  on  voit  une  bulle  hémisphérique  s’élever  de 
»  la  partie  postérieure  de  cet  intestin ,  et  cette  bulle  n’est  percée  par 
»  aucun  prifice  :  quelquefois  pourtant  l’air  sort  par  l’anus.  J’ai  répété 
»  les  expériences ,  et  j’ai  passé  un  stylet  d’argent  dans  l’ouraque  ;  il 
»  est  sorti  entre  la  bulle  et  l’anus ,  par  un  orifice  ,  dont  le  côté  gau- 
»  che  du  rectum  est  percé  fort  près  de  l’anus.»  Cependant  dans  l’é¬ 
dition  latine ,  il  l’appelle  ,  dans  la  préface ,  membrane  ombilicale  : 
«  Les  derniers  travaux'  ont  fait  voir  que  ce  qu’on  regardait  ordinaife- 
»  ment  comme  une  allantoïde,  était  plus  justement  rapporté  à  la 
»  membrane  ombilicale.  »  Et  plus  loin  il  ajoute  :  «  Quoique  j’aie  cru 
»  autrefois  avoir  fait  pénétrer  dans-  l’ouraque  de  l’air  et  un  stylet 
»  d’argent,  de  sorte  qu’ils  sortaient  par  l’anus  et  le  cloaque  ,  ou 
»  avoir  vu  l’ouverture  d’un  petit  conduit  dans  le  cloaque  ,  pour  com- 
»  muniquer  dans  l’anus,  ou  avoir  introduit  par  l’anus  dans  l’ouraquc 
»  de  l’air  ou  uue  ^oie  ,  cependant  je  reconnais  aisément  qu’il  est  très- 
»  facile  de  faire  quelque  rupture  à  ces  frôles  membranes  ,  cl  dans  mes 
»  expériences  les  plus  soignéeS ,  je  n’ai  pu  ni  faire  passer  en  elFet  de 
»  l’air  ou  uue  soie  par  ce  canal  dans  l’intestin  ,  ni  de  l’intestin  dans 
»  l’ouraque  ,  ni  voir  son.  embouchure  :■  j’ai  bien  vu  l’intestin  se  soule- 
»  ver,  mais  non  pas  se  distendre  par  l’air  ;  l’endroit  distendu 
»  était  distinct  de  l’intestin ,  et  je  n’ai  pu  faire  passer  la  soie  de  l’ou- 
»  raque  dans  ce  renflement.  » 

Tiedemann  prétend  que  cette  vésicule  constitue  l’.illantoïde  et  le  pla¬ 
centa.  «  La  vésicule  est  suspendue  à  un  pédicule  vasculaire  formé  par 
a  les,  deux  artères  ombilicales  qui  naisapnt  des  artères  iliaques..  Elle 
»  est  formée  de  deux  feuillets  ,  l’un  extérieur,,  pulpeux,  vasculaire  , 
»  et  d’un  feuillet  intérieur,  délicat,  peu  fourni  de  vaisseaux ,  qui  con- 
»  tient  un  fluide  transparent.  Le  feuillet  intérieur  communique  avec 
»  l’extrémité  du  rectum  ou  avec  le  cloaque,  au  moyen  d’un  pédicule 
»  creux  cheminant  entre  les  artères  ombilicales,  et  que  Haller  appelle 
»  urachus.  »  Le  feuillet  vasculaire  extérieur  est  donc  analogue  au 
chorion  ,  l’extérieur  à  l’allantoïde. 

Oken  appelle  cette  vésicule  allantoïde  a  Le  fluide  contenu  dans 
»  celte  vésicule,  ainsi  que  la  membrane  formant  un  canal  creux  jus- 
»  qu’au  cloaque  ,  montrent  qiieï  cette  vésicule  est  l’.allantoïdc  (cl  non 
»  le  chorion  des  mammifères  ),  et  que  le  canal  est  VoUraque  ,  cl  que 
»  le  cloaque  est  la  vessie  urinaire.  Les  vaisseajix  ombilicaux  sont  con- 
»  séquemmeut  les  vaisseaux  de  l’allanloïde.  » 


liT  observations.  àdS 

te  faux  amnios  tienf  à'  la  membtane  de  Id  coque  à 
l’endroit  où  elle  s’en  rapproche. 

Le  vrai  amnios  est  fermé. 

Le  placenta  ,  déjà  augmenté ,  se  développe  encore  avec 
Ip  faux  amnios  qui  le  recouvre. 

Le  sinus  terminal ,  et  les  veines  ascendante  et  descen¬ 
dante  dans  la  membrane  vasculeuse  ,  éprouvent  un  grand 
changement;  le  premier  a  presqu’entièrement  disparu  , 
et  les  secondes  commencent  déjà  à  échapper  aux  regards 
et  à  s’évanouir ,  de  sorte  qu’après  quelques  jours  on  n’eii 
observe  même  aucune  trace. 

L’intestin  médian  est  presqu’entièrement  fermé;  les 
plis  intestinaux ,  rapprochés  et  réunis ,  permettent  à  peine 
une  faible  communication  de  l’intestin  avec  le  jaune  par 
un  petit  canal  qui  communique  de  fun  dans  l’autre. 

Les  membranes  séreuse  et  vasculeuse  sont  séparées  en¬ 
tièrement  l’une  de  l’autre  ;  la  première ,  depuis  le  bord  de 
l’ombilic  rétréci ,  s’étend  jusque  sur  le  dos ,  formant  la 
membrané  dè  l’dmnios  ;  la  postérieure  ,  unie  à  la  pitui¬ 
teuse  ,  enferme  le  jaune  immédiatement ,  et  se  joint  à 
l’intestin  à  l’aide  du  canal  intermédiaire  qui  va  du  jaijne 
à  l’intestin. 

Pour  ne  pas  paraître  avoir  omis  entièrefaient  ce  qui  re¬ 
garde  le  cerveau  ,  nous  ferons  ce  peu  d’observations  : 
la  moelle  épinière  ,  courbée  en  angle  obtus ,  se  continue 
sous  lé  nom  de  moelle  alongée  ;  là  ,-  les  côtés  de  la  moelle , 
étant  séparés  l’ùn  de  l’autre,  montrent  le  quatrième  ven¬ 
tricule  tout  ouvert ,  et  en  même  temps  ils  se  sont  rappro¬ 
chés  en  nianière  de  pont  des  tubercules  quadrijumeaux; 
et  recouvrent  le  côté  antérieur  du  quatrièine  ventri¬ 
cule. 

Les  tubercules  quadrijumeaux ,  sous  la  forme  d’ une 
vésicule  un  peu  fendue  longiludinalctnent  d’avant  en  aii.^ 
rière ,  sont  très-apercèvables.  De  chaque' éôté  de  Cé^ 


2o6  extraits 

corps  parlent  deux  lames  parallèles  qui  vont  vers  les  hé¬ 
misphères  ,  lesquels  sont  également  renfermés  dans  une 
vésicule  fendue.  ^ 

Cependant,  il  n’est  pas  encore  évident,  et  ce  point* 
ne  paraît  pas  facile  à  éclaircir,  que  le  liquide  que  nous 
avons  dit  constitue  la  substance  du  cerveau ,  soit  bien 
véritablement  cet  organe ,  ou  si  ce  sont  des  membranes 
qui  renferment  ce  viscère  tout  entier.  Nous  avons  surtout 
été  portés  à  en  douter  par  l’autorité  des  illustres  frères 
Wenzel,  qui  prétendent ,  dans  leur  excellent  ouvrage  sur 
la  structure  dü  cerveau  des  hommes  et  des  bêtes,,  que,  le 
sixième  jour  de  l’incubation  ,  la  masse  du  cerveau  est  si 
molle  qu’elle  coulerait, comme  du  mucus  ,  ce  qui  ferait 
qu’on  ne  pourrait  reconnaître,  aucune  des  parties  du  cer¬ 
veau  ,  si  quelqu’une  était  déjà  formée. 


extraits  et  analyses. 


^  Exposition  de  la  Doctrine  de  M.  Broussais, 
(Premier  article,  ) 

Araiis  toutés  les  révolutions  qui  s’étaient  succédée» 
dans  la  médecine,  la  Nosographie  philosophique  semhh 
pendant  quelques  temps  fixer  l’opinion  des  médecins 
français,  Groupper  des  symptômes ,  les  classer ,  leur 
donner  un  nom,  opposer  à  chaque  grouppe  une  série  de 
moyens  thérapeutiques  dont  l’empirisme  déterminait 
moins'le  choix  que  les  idées  systématiques,  telle  fut  à  celte 
époque  le  but  des  travaux  de  tous  les  médecins  les  plus 
distingués.  La  voie  qu’ils  avaient  tracée  parut  la  seule 
praticable;  hors  d’elle  on  ne  devait  trouver  que  l’erreur. 


ET  ANALYSES.  io-J 

et  l’on  paraissait  interdire  à  la  pathologie  tout  progrès 
ultérieur.  Cependant  cet  enthousiasme  n’eüt  pas  une 
longue  durée  ;  les  résultats  de  la  pratique  réclamaient 
hautement  contre  la  vogue  de  la  théorie ,  et  les  imperfec¬ 
tions  de  cette  dernière  ne  tardèrent  pas  à  se  faire  sentir. 
Doit-on  s’en  étonner?  l’étiologie  consistait  dans  l’énuméra¬ 
tion  confuse  des  causes  sous  l’influence  desquelles  la  maladie 
avait  pris  naissance  et  jamais  dans  la  recherche  de  leur 
mode  d’action  sur  les  organes  r  les  maladies  étaient 
classées  tantôt  d’après  la  prédominance  d’un  symptôme  , 
d’autres  fois  d’après  la  lésion  d’un  tissu  ,  sans  que  l’on  in¬ 
diquât  la  nature  de  celle-ci.  Au  lieu  d’être  les  interprètes 
fidèles  de  la  souffrance  des  organes,  les  symptômes 
n’étaient  ordinairement  rapportés  à  aucune  cause  et  four¬ 
nissaient  cependant  les  indications  curatives.  Nul  rapport 
n’était  établi  entre  les  fonctions  des  organes  dans  l’état  de- 
santé  et  celui  de  maladie.  L’anatomie  pathologique ,  mal¬ 
gré  son  extrême  richesse  ,  ne  produisait  aucun  résultat 
utile;  .ses  applications  à  la  symptomatologie  étaient  négli¬ 
gées,  et  l’ouverture  des  cadavres  ,  objet  d’une  stérile  cu¬ 
riosité  ,  apprenait  seulement  qu’après  telle  maladie  on 
rencontrait  telle  lésion.  . 

Frappés  des  vices  de  cette  méthode,  quelques  bons  esprits 
ne  tardèrent  pas  à  s’apercevoir  que  les  syst  êmes  des  natu¬ 
ralistes  devaient  bien  moins  nous  servir  de  guides  que  la 
physiologie  et  l’anatomie  pathologique,  et  que  la  recher¬ 
che  du  siège  nt  de  la  nature  des  maladies  était'  beau¬ 
coup  plus  importante  que  leur  classification  Aussi  les 
médecins  éclairés  et  de  bonne  foi  sentirent  la  nécessité 
d’une  reforme  dans  la  théorie  et  la  pratique  de  leur  art , 
mais  se  bornant  àla  hâter  de  leurs  vœux ,  le  plus  grand 
nombre  se  traînait  dans  les  sentiers  de  la  routine,  et  quel¬ 
ques-uns  seulement  s’efforcaient  d’asseoir  la  médecine 
sur  des  bases  plus  solides. 


2o8  I  extraits 

Malgré  la;'  gloire  q«è  \’anq,tomi&  gé^èvak  avait  attirée 
sur  son  illustre  auteur  ,  l’importancq  de  ce  livre  immortel 
n’avait  pas  encore  été  appréciée  toute  entière,  et  nous 
en  donnerons  pour  preuve  le  peu  d’influence  qu’elle  eut; 
sur  la  médecine  ,  dont  elje  devait  cependant  changer  en¬ 
tièrement  la  face,  Il  appartenait  à  M,  Broussais  d’exploi¬ 
ter  cette  mine  féconde  et  d’éleyer  le  monumentdont  Bichat 
avait  posé  les  inébranlables  fondemens;  ce  que  celui  -ci 
avait  fait' pour  la  physiologie ,  l’auteur  des  plUegmasies 
chroniques  le  fit  pour  la  pathologie.  Bichat  avait  divisé 
les  tissus  ,  recherché  le  mode  de  vitalité  particulier  à 
chacun  d’eux  et  l’influence  qu’ils  exercent  les  uns  sur  les 
autres  :  M.  Broussais  étudia  fe  mode  d’action  des  agens 
auxquels,  nous  sommes  soümis  sur  nos  diflérens  organes  ; 
il  rapporta  les  symptômes  à  ceux-ci  en  comparant  le  trou¬ 
ble  dé  leurs  fonctions  avec  altérations  qu’üs  présentent 
après  la  morti.il  observa,  rinfluence  des,  divers,  moyens 
thérapeutiques, dans  chaquemaladie,  et  bientôt ,  convaincu 
qu’il,  ne  .p.quyait:  y  avait  rien  de,  vrdi  en  médecine  que  ce 
qui  est  fondé  sur  la  com.paraispn  des  ,  phénomènes  de  la 
vie  dans  l’état  de  santé  et  de.maladie,  avec  les  altérations 
rencontrées  sur  les  cadavres  et  sur  celle  des  effets  des 
divers  -modificateurs  dans  ces,  deux  .circonstances  ,  il  an¬ 
nonça  que.  la  pathologie  devait  exclusivement  consister  à 
recfietçher  quel  était  l’organe inaladé  .  commentil l’était, 
et  cofiijmcnt  fl,  pouvait  arriver,  qu’il  cessât  de  l’être.  Les 
grgnds  réauflat.s  de  çette  méthode  furent  consignés  dans 
Yffisfoire  des  phlegmasies.  fihroniques,-  et  çet  ouvrage  ne 
se  bprpa;pas  à, rempfiV  une; facMM6„;iI  ébranla  jusque, dans  , 
ses  fundeHiens,  lé  vieil,  édifice  qui  devait  bientôt  s’écrouler 
d,e.  tontes  péris.  Dès  en;  effet,  la  route  fut  tracée,  j 
M,  lljfoussais  avait,  démontré  que  les  affections  chroniques 
rangées  .dans.les  différentes,  cless.es,  des  nosographies  n’é¬ 
taient  pas  des  maladies  essentielles  ,  mais  des  symptômes 


ET  AHALYSES.  2O9 

d’une  inflammation  chronique ,  il  fut  naturellement  con¬ 
duit  à  établir  le  siège  et  la  nature  des  maladies  aiguës. 
ïj’examen  des  doctrines  acheva  de  prouver  la  futilité , 
l’incertitude  et  le  danger  des  opinions  généralement  adop¬ 
tées  ,  et  dans  peu  d’années  la  doctrine  physiologique  ar¬ 
riva  à  çe  degré  de  fixité  qui  la  met  à  l’abri  des  révolu 
fions  des  siècles  futurs. 

Toutefois  elle  eut  à  son  origine  le  sort  de  toutes  les  in¬ 
novations  :  l’envie ,  la  mauvaise  foi ,  la  présomption ,  l’igno- 
rançe  tentèrent  d’entraver  sa  marche,  mais  elle  ne  fut 
l’objet  d’aucune  attaque  régulière  j  on  lança  contre  elle 
des  libelles  et  des  sarcasmes,  mais  on  ne  lui  opposa 
pas  de  réfutation.  En  même-temps  les  nombreux  disciples 
dû  professeur  du  Val-de-Grâce  travaillaient  avec  ardeur 
à  sa  propagation  ,  les  uns  en  opposant  les  résulta1<s  de 
leur  pratique  -  à.  celle  de  leurs  adversaires ,  les  autres  en 
soutenant  ses  principes  dans  leurs  écrits  et  eh  exerçant  une 
sévère  critique  sur  les  Quvrages»dés  médecins  imbus  des  théo¬ 
ries  qu’ils  combattaient.  Bientôt  même, on  vit  la  doctrine 
physiologique  s’introduire  ,  sinon  dans  le  langage  ,  dii: 
moins  dahs  la  pratiqué  de  ses  antagonistes  les  plus  pro-^ 
noncés. 

Pour  remplir  les  obligations  qu’ils  se  sont  imposées,  i  les 
Rédacteurs  de  ce  Journal  ont  cru  devoir  offrir  l’exposi^ 
tion  d’une  doctrine  fondée  sur  les  faits  et,  le  raisonnement 
et  dont  aucun  médecin  vraiment  digne  dé  ce  nom  ne 
peut  désormais  négliger  l’étude  ,  puisque  son  adoption  ou 
son  rejet  doivent:  exercer  la  ,plus  grande  influence  sur  la 
pratique  de  la  médecine,  et  par  suite  sur  les  intérêts  les 
plus  chers  de  l’humanité.  Chargés  de  ce  travail  et  préten¬ 
dant  seulement  faire  apprécier  aux  lecteurs  l’importance 
d’un  exaaien  approfondi  des  opinions  de  M.  Broussais  , 
nous  nous  bornerons  à  l’exposé  précis  des  principes  que 
nousavons  puisés  dans  les  écrits  de  ce  professeur  ,  dans  ses' 


;XTRA1TS 


leçons  et  à  sa  clinique  ;  nous  y  joindrons  aussi  la  discussion 
des  principales  objections  qui  lui  ont  été  faites. 

Les  physiologistes  attribuent  toutes  les  actions  qui 
s’exécutent  dans  les  tissus  organisés  à  la  faculté  qu’ils  ont 
de  sentir  et  de  se  mouvoir.  Les  expressions  de  sensibilité 
et  de  contractilité ,  par  lesquelles  ils  désignent  cette  dou¬ 
ble  propriété ,  ont  l’inconvénient  de  faire  préjuger  la  na¬ 
ture  des  aclions  organiques  ,  tandis  qu’elle  est  inaccessi¬ 
ble  à  tous  nos  moyens  d’investigation.  La  matière  orga¬ 
nisée  est  modifiée  par  certains  agens  ;  voilà  tout  ce 
que  nous  pouvons  appercevoir.  Mais  ce  n’est  que  par  iu- 
duction  ;  ce  n’est  qu*’en  portant  l’idée  du  mouvement 
dans  l’action  moléculaire  des  tissus  ,  que  l’on  a  établi  que 
c’est  en  vertu  de  la  sensibilité  et  de  la.  contractilité  qu’ils 
répondent  à  l’action  des  modificateurs.  Celle  abstraction  a 
néanmoins  prévalu  ;  mais  en  s’en  servant ,  l’auteur  de  la 
nouvelle  doctrine  médicale  a  combattu  la  division  de  cette 
faculté  génératrice  des  phénomènes  vitaux.  Pour  prouver 
son  unité,  if  fait  remarquer  que  la  sensibilité  xie  la  fibre 
n’est  démontrée  que  par  sa  contraction  ,  et  que  ce  n’est  que 
parce  quelle  s’est  contractée  que  l’on  juge  que  la  fibre  a 
senti  le  contact  de  l’agent  qui  a  déterminé  son  mouve¬ 
ment.  Par  conséquent  «  dire  qu’elle  est  sensible ,  c’est  dire 
qu’elle  s’est  contractée  b  .  Admettant  donc  que  la  sensi¬ 
bilité  rentre  dans  la  contractilité ,  M.  Broussais  désigne  (  i  ) 
sous  ce  dernier  nom  ,  la  cause  des  actions  organiques. 
Nous  pouvons  l’appeler  aussi  excitabilité  ou  irritabilité 
d’après  Gorter  et'Gfisson  qui  ont  établi  les  premiers  l’u¬ 
nité  de  la  cause  des  actions  de  composition  et  de  décom- 
sition.  Quoi  quul  en  soit,  M.  Broussais  ne  regarde  pas 
les  propriétés  vitales  comme  la  source  de  toutes  les  ac- 


(0  Traité  de  Physiologie  appliquée  à'  k  Palhologiè  (1823) ,  t.  1  > 
page  i4. 


ET  AWAtïSES.  211' 

tîons  qui  se  passent  dans  les  tissus  organisés  ;  ‘  il  prétend 
qu’elles  ne  peuvent  pas  expliquer  l’assimilàtion  (i),  qui 
est ,  suivant  lui,  un  acte  de  la  chimie  vivante  ;  et ,  tandis 
que  la  plupart  des  physiologistes  attribuent  les  phénomènes 
de  composition  et  dé  décomposition  de  la  matière  orga¬ 
nisée  à  l’action  des  propriétés  vitales  il  admet  qu’une  autre 
puissance  qui  préexiste  à  celles-ci  et  qui  est  pour  lui  la 
force  vitale ,  fait  agir  la  chimie  vivante ,  èt  donne  aux  or¬ 
ganes,  en  les  composant,  la  faculté  de  répondre  h  l’action 
des  corps  extérieurs  (2). 

La  çontractilité  en  vertu  de  laquelle  certaines  formes 
de  la  matière  organisée  exécutent  des  mouvemens  appré¬ 
ciables,  et  que  Bichat  a  séparée  de  celle  qui  préside  aux 
actions  intimes  des  organes,  ri’est,  suivant  M.  Brous¬ 
sais,  que  la  même  propriété  dont  l’action  est  plus  étendue, 
parce  qu’elle  se  passe  dans  des  tissus  dont  les  fibres  jouis¬ 
sent  à  un  plus  haut  degré  de  la  faculté  de  se  condenser  ; 
ce  sont  ceux  où  la  fibrine  prédomine  (5) . 

Avec  plusieurs  autres  savans  physiologistes,  M.  Brous¬ 
sais  ne  voit  point  dans  la  sensibilité  percevante  ou  de  re¬ 
lation  ,  une  propriété  spéciale  inhérente  aux  tissus  comme 
la  contractilité;  il  la  rapporte  ,  au  contraire  ,  à  une  modi¬ 
fication  de  l’action  de  cette  dernière  ;  il  la  considère 
comme  une  fonction  du  système  nerveux.  En  effet , 
si  les  communications  nerveuses  sont  interrompues  entre  ' 
une  partie  douloureuse  et  le  cerveau ,  ou  bien  ,  si  le  ma¬ 
lade  est  livré  au  sommeil ,  la  douleur  n’existe  pas  ,  quoi¬ 
que  l’état  de  la  partie  lésée  soit  resté  le  même.  M.  Brous¬ 
sais  explique  la  perception  de  la  douleur  par  la  trahsmis- 


(1)  Traité  de  Physiologie,  t.I,  £>.  il.  — Examen  des  Doctrines  , 
propositions  VI,  XX  et  XXV. 

(2)  Traité  de  Pliysiol. ,  t.  I,r.  26. 

(3)  Jlid. ,  1. 1 ,  p.  Ji5.  ' 


aiâ  extuaits  . 

sion  au  cerveau  de  l’exaltation  de  la  contractilité  dont 
le  point  irrité  est  le  siège  et  qui  est  communiquée  au  Cen¬ 
tre  sensitif  dans  le  même  mode  par  l’intermède  des  ne.rfs< 
Il  administre  des  preuves  (i)  de  l’augmentation  d’action 
organique  du  cerveau  dans  la  perception  de  la  douleur , 
et  fondé  sur  les  faità  que  nous  avons  cités  et  sur  beaucoup 
d’autres  que  l’oU  y  pourrait  joindre  ,  il  considère  la  sen¬ 
sibilité  comme  un  des  résultats  de  l’exercice  de  nos  fonc¬ 
tions  ,  correspondant  à  une  exaltation  de  la  contractilité , 
mais  qui  n’en  est  pas  inséparable  ;  car  celle  qui  existe 
dans  Une  partie  enflammée  se  transmet  au  cerveau  pen¬ 
dant  le  sommeil,  et  il  n’y  a  pas  de  douleur,  et  même 
pendant  la  veille  elle  n’est  ni  continue  ni  ,  constante  , 
quoique  l’exaltation  de  l’action  organique  soit  deversée 
avec  assez  d’intensité  dans  le  centre  sensitif  pour  qu’il 
existe  des  convulsions  et  d’autres  troubles  de  ses  fonc¬ 
tions.  Cette  remarque  est  de  la  plus  grande  importance 
en  physiologie  pathologique.  Elle  peut  faire  concevoir  à 
ceux  qui  veulent  de  la  douleur  pour  reconnaître  une 
phlegmasîe  que  cette  sensation  n’est  qu’une  des  sympa¬ 
thies  de  la  partie  irritée ,  qu’une  des  manières  dont  elle 
manifeste  sa  souffrance  ,  mais  nous  reviendrons  sur  cet 
objet. 

L’irritabilité  ne  manifeste  son  existence  que  lorsque 
son  action  est  sollicitée  par  l’impression  des  excitans.  La 
vie  ne  s’entretient  que  par  les  stimulans ,  a  dit  Brown, 
et,  dans  cette  proposition,  il  a  proclamé  une  des  vé¬ 
rités  les  plus  importantes  et  les  plus  fécondes  de  la 
physiologie.  Pourquoi  faut-il ,  dit  M.  Broussais,  que  les 
conclusions  pratiques  qu’il  a  tirées  de  celte  lumi- 


(0  Traite  de  Pliysiolôpjie,  l.  I  ,  p.  aS. 


ET  ANALYSES.  ai5 

neuse  idée,  l’aient  fait  payer  si  cher  à  la  triste  huma¬ 
nité  (i)I 

Les  influences  qui  mettent  en  exercice  l’irritabilité  sont 
de  deux  ordres  ;  les  premières  proviennent  de  l’action 
des  corps  extérieurs  sur  les  organes  des  sens  et  les  mem¬ 
branes  muqueuses.  De  là  l’excitation  est  transmise  aux 
autres  parties  de  l’organisme,  en  vertu  des  connexions 
sympathiques  qui  les  unissent  les  unes  aux  autres.  Les 
organes  des  sens  et  les  membranes  muqueuses  sont  donc 
les  premiers  foyers  de  la  stimulation ,  les  mobiles  des 
sympathies  ,  suivant  l’expression  de  M.  Brbussais  (2). 
C’est  de  l’excita tiop  qu’ils  reçoivent  et  de  celles  qu’ils  ré¬ 
pandent  dans  les  autres  parties  que  résultent  tous  les  actes 
de  l’organisme. 

L’excitabilité  n’^estpas  uniformément  répandue  dans  les 
organes.  Les  uns  en  sont  doués  en  plus  grande  proportion 
que  les  autres.  Ainsi ,  la  peau  est  plus  irritable  que  le  tissu 
cellulaire ,  et  elle  l’est  moins  que  des  membranes  muqueu¬ 
ses  ,  etc.  D’un  autre  côté ,  il  faut  remarquer  que  les  puis¬ 
sances  stimulantes  n’agissent  jamais  sur  toute  l’économie  à 
la  fois ,  que  même  leur  action  se  borne  le  plus  souven  t  à  une 
partie  peu  étendue  j  et  que  de' là  elle  se  transmet  à  d’au¬ 
tres  points.  Si  donc  l’excitabilité  est  plus  ou  moins  grande 
dans  les  divers  tissus ,  et  si  tous  ne  sont  pas  également 
soumis  à  l’influenCè  des  stiitnulahs  ,  il  doit  nécessairemënt 
en  résulter  que=  l’exaltation  né  peut  être  uniforme  dans 
l’organisme.  En  effet,  tandis  qu’elle  prédomine  dans  imc 
partie  ,  elle  est  en  inéihs  dans  une  ou  plusieurs  autres  ,  et 
réciproquement.  Voilà  pourquoi  là  forcé  et  la  faiblesse  ne 
sont  jamais  générales ,  mais  co-existent  ordihàirëmént 
chez  le  même  individu  ;  pourquoi  il  n’est  pas  de  maladies 

(0  Examen,  t.  I,  p.  60. 

(2J  Ibidem,  propos.  XIII. 


2i4  extraits 

générales ,  pourquoi  un- système  ou  un  appareil  languis¬ 
sent  tandis  qu’un  autre  est  désorganisé  par  ,  là  violence  de 
l’irritation.  De  cette  loi  vitale  découle  aussi  toute  la  théo¬ 
rie  des  révulsions.  Brown  commit  donc  une  erreur  capi¬ 
tale  lorsque,  considérant  l’économie  en  masse,  il  préten¬ 
dit  que  l’irritation  était  identique ,  une  et  indivisible  , 
dans  l’organisme,  qu’elle  ne  pouvait  être  diminuée  dans 
un  point  si  elle  était  accrue, dans  un  autre.  Cette  étrange 
supposition,  évidemment  contradictoire  à  l’observation  et  au 
raisonnement ,  fut  une  des  bases  de  sa  déplorable  réforme. 

La  somme  d’excitabilité ,  départie  aux  divers  systèmes 
organiques ,  ne  varie  pas  seulement  suivant  les  individus  ; 
elle  éprouve  encore  une  foule  de  modifications  par  l’âge  et 
les  influences  qu’exercent  les  localités  ,  les  saisons  ,  le  ré¬ 
gime  ,  etc.  Aussi ,  voit-on  l’activité  vitale  prédominer  suc¬ 
cessivement 'dans  plusieurs  appareils.  Pendant  les  pre¬ 
mières  années  de  la  vie ,  cette  prépondérance  s’observe, 
dans  le  cerveau  et  les  voies  digestives  ;  pendant  la  jeu¬ 
nesse,  dans  les  organes  de  la  respiration  et  de  la  généra¬ 
tion  ;  pendant  la  vieillesse  ,  dans  les  viscères  abdominaux. 
On  remarque  aussi  que  la  chaleur  diminue  l’irritabilité 
des  organes  de  la  respiration ,  et  augmente  celle  de  l’appa¬ 
reil  digestif;  que  le  froid  produit  un  effet  contraire ,  etc. 

L’excitabilité  étant  la  source  des  phénomènes  delà  vie , 
les  fonctions  dès  organes  qui  en  possèdent  davantage  doi¬ 
vent  être  marquées  par  une  énergie  plus  grande  que  celle 
desautres.  De  cette  prépondérance  résultent  les  tempéra- 
mens  et  les  idiosyncrasies.  Suivant  qu’elles  existent  dans 
les  systèmes  les  plus  généraux  (  le  nerveux  et  le  vascu¬ 
laire  rouge  et  blanc) ,  ou  seulement  dans  un  organe  ou 
un  appareil ,  ces  prédominances  sont  générales  ou  partiel¬ 
les.  Dans  le  plus  grand  nombre  des  cas ,  ce  sont  elles  qui 
déterminent  le  siège  et  le  caractère  des  i  rritations  ;  en  ef¬ 
fet ,  l’activité  organique  déjà  prépondérante  dans  une 


parlie  peut  facilement  être  exaltée  par  les  influences' sti¬ 
mulantes  auxquelles  elle  est  directement  soumise,  où  par 
celles  qui  lui  sont  tranmises  sympathiquement  ,  ce  qui 
se  réduit  à  dire  que  les  organes  dont  l’^^ction  est  plus  éner¬ 
gique  que  celle  des  autres  sont  le  plus  exposés  aux  lésions 
qui  dépendent  d’une  exaltation  de  l’excitation  ,  et  ce  sont 
les  plus  nombreuses.  Si  donc  plusieurs  organes  sont  sou¬ 
mis  à  l’action  d’une  influence  stimulante,  celui  dont  la 
vitalité  plus  grande  constitue  une  prédominance  partielle 
contractera  une  irritation,  et  celle-ci  se  manifestera  par 
les  phénomènes  de  l’imtation  nerveuse  ,  sanguine  ou 
lymphatique ,  suivant  le  système  qui  constitue  la  prédo¬ 
minance  générale.  D’où  l’on  doit  conclure  que,  plus  une 
partie  est  excitée  ,  plus  elle  est  susceptible  de  recevoir  un 
surcroît  d’excitation.  Ce  principe  général ,  si  remarquable 
dans  la  doctrine  que  nous  exposons,  doit  être  considéré 
comme  une  loi  de  physiologie  pathologique ,  tant  les  faits 
d’où  il  est  déduit  sont  multipliés.  Observons  aussi  que 
l’énergie  de  l’agent  stimulant  directement  appliqué  à  un 
point  peut  y  développer  l’irritation  ,  lors  même,  que  l’ac¬ 
tion  de  celui-ci  serait  languissante.  Mais  il  est  absurde 
de  prétendre  ,  comme  on  l’a  fait,  que  ce  sont  les  organes 
les  plus  faibles  qui  sont  le  plus  souvent  malades.  Cette 
erreur  provient  de  ce  que  l’on  a  considéré  l’organisme  en 
masse,  au  lieu  d’étudier  séparément  l’action  des  divers  sys¬ 
tèmes  et  appareils.  Si  la  faiblesse  d’un  organe  le  prédis¬ 
pose  aux  maladies ,  ce  ne  peut  être  qu’à  celles  qui  dépen¬ 
dent  d’une  excitation  trop  faible;  or ,  celles-ci  sont  incom¬ 
parablement  plus  rares  que  celles  qui  reconnaissent  pour 
caractère  son  exaltation. 

L’action  trop  énergique  des  modificateurs  slimulans 
porte  l’excitation  à  un  degré  supérieur  à  celui  qui  convient 
au  maintien  de  la  santé  ;  cette  sur-excitation  entraîne 
constamment  dans  la  partie  qui  l’éprouve  un  appel  plus 


2i6  extraits 

considérable  de  fluides  qui  détermine  une  congestion  mor¬ 
bide.  Cet  état  est  celui  que  M.  Broussais  .appelle  irrita¬ 
tion  (i).  Quand,  au  contraire,  l’excitabilité  est  trop  fai¬ 
blement  sollicitée  ,^on  action  languit;  c’est  ce  qui  consti¬ 
tue  la  débilité.  De  cette  augmentation  et  de  cette  diminu; 
tion  dé  la  vitalité  d’un  ou  de  plusieurs  organes ,  résulte 
l’irrégularité  des  fonctions ,.  c’est-à-dire ,  l’état  morbide. 

Mais  il  se  présente  ici  une  question  importante  à  exa  ¬ 
miner.  L’exaltation  et  .la  diminution  de  l’excitation  sont- 
elles  lés  seules  modifications  qu’elle  soit’ susceptible  de 
subir;  toutes  les  maladies  sont-elles  produites  par  l’excès 
de  vitalité  ou  parla  débilité  des  organes;  en  un  mot ,  l’ex^ 
citation  '  peut-  elle  éprouver  des  variations  spécifiques  ? 
M.  Broussais  pose  lui-même  la  question ,  mais  n’y  répond 
pas  encore  (2).  Toutefois  ,  il  s’est  déjà  assez  expliqué  sur 
cet  objet  pour  nous  donner  la  certitude  que ,  s’il  admet 
quelque  chose  de  spécifique  dans  certaines  maladies ,  ce 
n’est  que  dans  le  mode  d’action  de  leurs  causes.  «  En 
donnant,,  dit  ce  professeur  (3) ,  le  nom  de  spécifiques  aux- 
causes  qui  produisent  toujours  des  affections  locales  de 
même  aspect,  je  n’en  suis  pas  moins  d’opinion  qu’elles  ne 
peuvent  le  faire  que  par  l’intermède  dès  mêmes  lois  vitales, 
qui  président  à  toutes  les  maladies  d’irritation.  » 

Quelque  restreinte  que  soit  l’admission  dés  spécifiques 
considérés  sous  ce  point  de  vue,  elle  a  paru  inconséquente- 
dans  la  nouvelle  doctrine  médicale ,  “et  M.  le  docteur  Bois¬ 
seau,  dans  ses  controverses  avec  son  auteur;  lui  fit  le  re-i 
proche  (4)  de  n’avoir  point  entièrement  rejeté  la  spécifi- 
ct<d;  mais  la  réponse  de  M.  Broussais  nous  paraît  justifleri 


(1)  Exaiüen  des  Doctrines ,  pj-o;;oJîftora  LXXXIIÏ. 

(a)  Traité  de  Physiologie-,  été.,  t.Ij-p.  2g. 

(3^  Joariial  Univ.  des  Sciences  Médic.tles ,  t.  VIII ,  j»  .  >52. 
(4)  Ibidem  ,  t.  VÎI ,  ii .  42. 


ET  \BfAl.SY  ES.  21^ 

entièrenients(»  opinion  à. cet  ég^rd.  Ilobsarye  en  effet  (i) 
que  l’on  ne  peut  pas, çqnfqn|lre;  pne  cause,  morbifique  qui  ^ 
chez  tous  les  indiviclus  ^  qui  éUe  est  trûns.mise',  produit 
une  irritation  identique  dans  ses  caractères  j  dans  sa  mar¬ 
che  ,  etc.  (lelles  ïont  lu  variole  et  là  vaccine)  arec  les 
autres mudificateurs  irritans  ,  dont  les  effets  toujours  Su¬ 
bordonnés  à  la  sensibilité  individuelle  .à  l’ihtensité  de  leur 
action  ,,-etç,,  présentent  upe  foule  de  modificàtiops.  Du 
reste,  comme  il  le  fait  encore  remarquer  (a) , l’impossi-. 
bilité  d’apprécier  le  mode  d’action  des  agens  spécifiques 
n’empéchant  pas  de  reconnaître  les  résultats  de  leur  in¬ 
fluence  ,  de  voir ,  par  exemple  .  qUa  la  syphilis  consiste 
dans  une  sér  je  de  phénomènes  dflrritation  ,  on  doit  se  taire 
sur  ce  qui  n’est  démontré  ni  par  les  sens  ni  par  voie  d’in* 
duction. 

€es  principes  généraus;  étàbUsj  étudions  les  phénomènes 
de  l’irritation  ,  considérés  d’uûe  manière  générale  ,*  nous 
l’exaininerous  ensuite  dans  les  différentes  formés  qu’elle' 
présente. 

La  sur-excitation  des  tissus  efla  congèstion  qui  en  est 
inséparable ,  peuvent  être  produites  par  une  foule  de, cau  ¬ 
ses  que  l’on  peut  rapporter  à  quatre  ordres  généraux , 

I l’actiou  trop  énergique  desstimulans  quileur  sont  di¬ 
rectement  appliquésj  q.;-  l’influence  sympathiqué  qu’ils 
reçoivent  d’un  organe  trop  excité  j  3.°  la  soustraction 
quelque  temps  prolodgée  de  leurs  stimülans  habituels , 
comme  le  prouvent  les  gastrites  produites  par  la  faim; 
4. “enfin,  la  dimioution  de  l’excitation  daps  une  on  plu* 
sieurs  parties;  mais  cette  dernière  proposition  a  besoin  dé 
quelques  développémensi 

De  même  que  l’exaltation .  de  l’activité  vitale  s’établit 


(1)  Jouru.  Univ.  <]€S .Sc.  Méd.  VIIÎ,  p.  i5i. 

(2)  Examen  ,  l.  II ,  p.  56g. 

1.  i5 


Sl8  EXTRAITS  • 

dans  une  partie  aux  dépens  d’un  du  de  plusieurs  organes  ,' 
sa  diminution  s’opère  aussi  au  profit’ d’un  autre  ;  car  l’ac¬ 
tion  de  chacun  d’eux  sé  contrebalance ,  pour  ainsi  dire  , 
et:  la  rupture  de  cet  équilibre  a  presque  toujours  pour 
cause  ou  pour  effet  la  sur-excitation  d’une  partiei  D’un 
autre  côtéi:  il  est  des  organes  dont  les  rapports  sympa¬ 
thiques  sont  tels  que  leurs  fonctions  sont  entr’elles  pour 
l’énergie  dans  un  rapport  inverse  :  telles  sont  :  la  mem¬ 
brane  muqueuse  du  gros  intestin  et  la  peau ,  cette  der¬ 
nière  membrane  et  celle  des  voies  aériennes.  Si  donc  le 
froid  humide  exerce  une  action  débilitanté  sur  la  peau , 
les  deux  autres  membranes  que  nous  avons  citées  rece¬ 
vront  un  surcroît  d’activité  pour  suppléer  à  la  diminution 
de  l’exaltation  cutanée  ,  et  cette  exaltation  pourra  être 
portée  au  degré  de  la  maladie.  Enfin,  l’influence  d’un 
agent  débilitant  sur  une  partie  peut  être  suivie  d’irritation 
dans  ce  lieu  même  ;  c’est  ainsi  que  l’action  du  froid,  l’un 
des  sédatifs  les  plus  puissans ,  est  bientôt  suivie  d’une  réac¬ 
tion;  c’est-à-dire ,  de  l’exaltation  de  l’action  organique  de 
la  partie  qui  a  été  soumise  à  cette  impression ,  si  toute¬ 
fois  célle-ci  n’a  pas  été  portée  assez  loin  pour  éteindre 
l’irritabilité.  ' 

.  Cette  méthode  ,  vraiment  physiologique ,  la  seule  que 
l’on  puisse  appliquer  à  l’étiologie,  a  été  sans  contredit  la 
principale  source  des  importantes  découvertes  de  M.  Brous¬ 
sais;  elle  nous  déniontre  (i)  toute  la  fausseté  des  opinions 
admises  sur  les  stimülans  et  les  débilitaUs  généraux,  , et 
des  principes  qui  en  Ont  été  déduits  pour  la  théorie  et  le 
traitement  des  haaladies.  Cette  erreur  reconnâît'la  inême 
cause  que  nous  avons  déjà  signalée'  :  l’ignorance  de  la  di¬ 
versité  des  phénomènes  de  la  vitalité  dans  les  diflférens  or- 


(i)  rbyez  spécialement  la  Rcfutalion  du  Système  de  Brown,  Eaa- 
men ,  tome  1.“ 


ET  ANALYSES.  Sig 

ganes ,  et  des  influences  qu’ils  exercent  les  uns  sur  les  au¬ 
tres  ,  jointe  encore  aux  idées  de  Brown  sur  l’unité  et  l’in¬ 
divisibilité  de  l’action  des  organes  ,  idées  qui  se  sont  intro¬ 
duites  dans  la  plupart  des  théories  modernes ,  malgré  les 
belles  considérations  de  Yanatoniie  générale. 

En  résumé ,  il  n’existe  point  de  modificateurs  absolu¬ 
ment  stimulons  ou  débilitans  ;  ceux  qui  accroissent  l’exci¬ 
tation  dans  une  partie,  la  diminuent  dans  une  autre. 
Ainsi ,  les  impressions  morales  tristes,  la  nostalgie,  pat 
exemple,  plongent  dans  la  langueur  les  fonctions  locomo- 
tricès ,  et  produisent  l’inflammation  de  la  membrane  mu¬ 
queuse  digestive  ;  le  froid  fait  pâlir  la  peau  ,  diminue 
son  irritabilité ,  et' cause  en  même  temps  une  pleurésie  ou 
une  pneumonie  ;  les  alcoholiqués  en  excès  enflamment  l’es¬ 
tomac  et  jettent  les  muscles  dans  la  débilité.  Il  est  donc 
évident  que  l’on  ne  peut  pas  classer  telle  influence  dans 
les  stimulons ,  et  telle  autre  dans  les  débilitans.  Il  n’existe 
pas  non  plus  d’influences  stimulantes  ou  débilitaiités  gé¬ 
nérales.  Pour  qu’il  en  fût  ainsi ,  il  faudrait  qu’elles  agissent 
sur  tous  les  organes  à  la  fois,  et  c’est  impossible. 

Quel  que  soitd’état  de  la  vitalité  générale,  les  effets  de 
l’action  des  slimulans  sur  une  partie  sont  toujours  les 
mêmes  ;  en  d’autres  termes ,  l’irritation  peut  s’établir  cfiez 
les  individus  forts  comme  chez  lés  sujets  faibles ,  et  le  plus 
grand  état  de  débilité  peut  exister  avec  le  plus  haut  degré 
de  l’irritation  (i).  En  effet ,  piiisi^te  les  diverses  parties  de 
l’organisme  ne  sont  jamais  modifiées  de  la  même  ma¬ 
nière;  qu’ün’existe  ni  diminutions,  ni  exaltations  géné¬ 
rales  etîuniformes  de  l’action  des  organes  ;  que  la  .  débflr- 
tatiori  de  l’un 'd’eüx'iest  dans  plusieurs'  circonstances  iinè 
cause  d’irritation i.ipouc  les  autres  ,  il  nous  est  facile  de 
concevoir  que  l’irritation  la  plus  violente  d’une  ou  plusieurs 


(i) Examen,  propos,  LXV  clLXXX.. 


i5.. 


220  EXTRAITS 

parties  coexiste  ayec  la  faiblesse  4es  autres.  M.  Broussais 
fait  renaarquer  que ,  lorsque  les  forces  ^épuisent  à  l’iutér 
rieur,  il  se  fait ,  dans  les  orgaiips  qui  jouent  le  rôle  le  plus 
irnportant  dans  récononaie  ,.  upe  ^pnçentratiôn  de  l’action 
vitale,  et  par  suite  une- çopgestipn  4es  fluides.  C’est,  sui¬ 
vant  lui ,  en  yertn  de  cette  loi  que  l’on  pept  expliquer  com¬ 
ment  le  cerveap  ,  la  moplle  épipière  et  les  poumons  con  ¬ 
servent  tout  leur  volume  au  miljeu  d’un  corps  exténué  (i).; 
aussi  est-il  d’observatiop  que  les  individus  faibles  sont  plus 
sujets  aux  phlegmasies  viscérales ,  et  que  chez  eux  elles 
deviennent  ordinairement  fort  graves.  En  effet ,  la  faiblesse 
n’étant  jamais  générale  ,  n’affectant  que  certaines  parties , 
d’autres  se  trouvent  dans,  un  état  de  sur-excitation,  rela¬ 
tive  qui,  les  prédispose  aux  inflamniations;  de  plus  ,  les 
irradiations  syippathiques  qu’e||es  provoquent  ne  peuvent 
pas,  susciter,  de  réactions  dans  les  organes  débilités  qui  les 
reçoivent ,  et  la  concentoatian  des  forces  dans  le  point  ma¬ 
lade  ,  n’étant  pas  contrebalancée  par  faction  des  autres-, 
auginente  incessannnent  ^  l’jéquilibre  ne  peut  donc  pas  .se 
rétablir.  .  ^  : 

Beaucoup  de  praticiens,  put  observé  qu’une  légère,  sai- 
gpée  ,  loin  dç  diminuer  l’intensité  d’ùne  pneumonie,  ne 
servait  en  général  qu’à  l’exaspéren.;  Les  émissions  san- 
gpines  ne  prpdnisent  en  eflèt  de  l’am^Uorationilquei  lors¬ 
qu’elles  sont  assez  popieusps.pt!  aweZ;:SQudàines  pour  éten- 
dre  immédiatement  leurs  effets;  jusqu’à  .la  circulation,  ca- 
pillàire  du  yisc.ère  enflamppé. ,  M.  Broussais  explique  de  la 
même  manière  l’irritation  de,  l’appareil  sensitif  manifestée 
par  les  çonyulsions  qne,.r9n  observe  dana  les. grandes  dé¬ 
perditions  sanguines ,  dans  la.  naort  par  hémorrhagie  {2). 
L’activité  du  sptêine  neyyeux  est  presque  toujours  en  rap- 


(i)  Exatnen  ,  l.'I,  p.  6g. 
(a)  Ibidem ,  p.  6g  et  ii5. 


port  inversé  avec  celle  des  systèmes  sanguin  et  muscu¬ 
laire.  Affaiblir  ceux-ci , c’est  exalter  celui-là.  Cette  assertion 
repose  sur  un  trop  grand  nombre  de  faits  de  physiologie 
et  de  pathologie  pour;  qu’il  soit  nécessaire  dë  s’ÿ  Arrêter. 

.  Il  est  donc  évident  que  ^  soiis  l’influèncb  dés  causes  dé¬ 
bilitantes,-  la  faiblesse  èst  loin  d’être  uniforme,  que  l’irri¬ 
tation  peut  coexister  avèc  die,  et  que  même  danscéPtains 
cas  eeUfe-el  èst  le  résultat  de  la  débilitation. 

Quand  les  stimulans  agissent  Sür  les  tissus ,  soit  directé- 
tement,  soit  sympathiquement,  lèur  impression  est  d’a¬ 
bord  ressentie  par  lés  nerfs.  Ce  sont  donc  eux  qiii  Sont 
les  premiers  irrités  ?.  Tantôt  l’irritation  se  borne  à  lëur 
substance;  tantôt ,  et  c’est  le  plus  ordinàîrë,  elle  se  pro¬ 
pagé  aux  capilhirès  sanguifas  et  adx  Vaisseaux  hlabcs  i^ui , 
entrelacés  avec  les  ramusbules  nérveUxv  ibrinëùtlà  tramé 
de  presque  tous  les  tissus; 

Lorsque  l’irritation  n’affécte  qnè  lè'S>  nerfs ,  bu  les  affecte 
spécialement  ,  elle  donné  lieu  aux  ‘phénbmènes  morbides 
qui  Constituent  les  névroses:  Quand  elle  s’étend  aux  ca- 
pillairè’s  sanguins ,  elle  s’ÿ  présenté  SéiiS  dèiix  formés 'diffé¬ 
rentes  :  i  .!“  elle  y  appelle  Ic  sang:  j  là:  fciicula  tien  y  dé  vient 
plüà  rapide  J. etil  en  résulté-  dans  la  partiè  une  éxàltàiibh 
de  la  Sensibilité:,  <.  portée  ;  souvent!  j  iisqn’à  là  doiileu'r  ;  dh 
accVoissemênt  de  la  chalëurÿ  une  rongeur  qjlas  oli  mblris 
prononcée  et  une  au ^en  tatioii  dé  vol umè  si  lé  tissu  naa- 
îade.  est  de.  natàre  à  s’y  prêter.;  Ges  jihénôinètièà  cbüsti- 
tuettt  Ttn/ïetwMnffltfOT*  M;  Broussâis  désigné  dénc  par 
ce  mol  l’état  des  capillairés  sanguins  àffectéis  d’irrîÉatlon  ; 
l’inflammation  est  donc  un  appareil'imOrbidë  don  t  Cvhriia- 
tton  est-l’élémént,  la  Cause  généràtriCè.  êv®  L’aÜti'é  fcrinë 
dé  l’irritation:  sanguine  est  l’itrlidtioü  héiŸilorvHa^éfüe: 
Ln  même  temps  que  le  sang  est  appelé  dans  la  phrtîè 


(i)  Ëxumcu  ,  propos,  XCIX. 


222  EXTBAITS 

surexcitée  ,  les  exhalans  lui  livrent  passage  et  le  laissent 
s’écouler.  ,  '  ’ 

Quand  l’irritation  se  borne  aux  vaisseaux  blancs ,  l’appel 
des  fluides  qu’elle  y  détermine  ,  et^  la  tunléfaction  qui  en 
est  le  résultat ,  sont  les  seuls  phénonaènes  qui  la  caracté¬ 
risent;  il  n’existe  ni  douleur,  ni  chaleur,  ni  rougeur.  Pour 
désigner  cet  état  des  vaisseaux  blancs  irrités ,  M.  Brous¬ 
sais  propose  (Q  et  adopte  l’expression  de  subinflamma¬ 
tion.  Get  état  s’accoinpagne  souvent  dans  la  même  partie 
de  l’irritation  des  vaisseaux  rougés;  et  cette  irritation 
mixte  précède  même  ordinairement  la  subinflammation 
simple.  .  '  ;■ 

Ces ,  distinctions  passeraient  pour  des  "subtilités  si  l’on 
croyait  que  M.  Broussais  isole  les  unes  des*laùtres  les  affec¬ 
tions  :  des  divisions  capillaires  des  nerfs  et  des  vaisseaux  ; 
mais  il  n’en  est  pas  ainsi.  Lorsque  ce  professeur  dit  que 
l’inflammation  est  l’irritation  des  vaisseaux  capillaires  san" 
guins  ,  il  entend  seulement  que  l’irritation' prédomine  dans 
les  capillaires  de  cet  ordre  en  mêmé  temps  qu’élle  affecte 
les  vaisseaux  blancs  et  les  nerfsT  Mais  comme  dans  d’autres 
cas  les  capillaires  lymphatiques  et  nerveux  paraissent  seuls 
lésés ,  qu’il  n’y  a  point  appel  et  accumulation  des  fluides 
rouges ,  il  a  dû  distinguer  ces  divers  états  des  tissus  irrités , 
d’autant  plus  que  dans  chacune  de  ces  formés  les  résultats 
locaux  et  généraux  de  l’irritation  présentent ,  ainsi  que  son 
traitement,  les  différences  les  plus  tranchées.  Du  reste  , 
dans  les  articles  suivans  nous  exposerons,  avec  détail  les 
opinions  de  M.  Broussais  sur  l’irritation  sanguine ,  inflam¬ 
matoire  et  hémorrhagique ,  sur  les  subinflammations  et 
les  névroses.  Nous,  avons  seulement  voulu  ici  faire  appré¬ 
cier  la  valeur  de  ces  diverses  expressions  dans  la  nouvelle 
doctrme  médicale.  : 


(i)  Examen  ,  propos,  CLXXIX, 


BT  ANALYSES.  225 

L’irritation  d’un  oï-gane  entraîne  toujours  la  diminution 
de  l’activité  vitale  de  quelqu’autre  (i) ,  et. ce  phénomène 
est  d’autant  plus  marqué  que  Fexaltalion  de  celle  du  pre- 
.mîerest  plus  grande.  Lorsqu’elle  existe  dans  les  viscères  , 
c’e.st:  principalement  le  système  musculaire  qui'  éprouve 
Æet  affaiblissemeqt  que  nous  voyons  porté  au  dernier  point 
dans  les  gastro-entérites  du  plus  haut  degré.  Les  brow¬ 
niens ,  qui  n’appréciaient  les  forces  qu’à  ^extérieur  .  ju¬ 
geaient  de  l’état  de  tous  les  organes  par  celui  où  ils  voyaient 
les  muscles ,  n’accordaient  par  conséquent  le  caractère,  in¬ 
flammatoire  qu’aux  lésions  quf  s’accompagnaient  de  la  co¬ 
loration:  de  la  face  ,  de  la  force  du  pouls  et  de  l’énergie  du 
•  système  musculaire,  et  rangeaient  dans  l’ast/ièwte  toutes 
celles  qui  se  joignaient  à'  ün  état  extérieur  opposé.  Gètte 
erreur,  s’est  introduite;  dans  les  théories  des  médecins  dés 
autres  écoles  ;  la  faiblesse  extérieure  a  fixé  toute  leur  at¬ 
tention  dans  les  phlegmasies  viscérales  qui.  la  produisent, 
et  j  lui  attribuant  les  résultats  funestes  que  celles-ci  en¬ 
traînent  ,  ils  l’ont  érigée  en  maladie  et  lui  ont  adressé  les 
moyens  curatifs. 

Quelle  que  soit  l’étendue  des  parties  dont  l’activité  vitale 
paraît,  exaltée ,  l’irritation  a  toujours  commencé  par  un 
pojnt  (s).  Ce,  n’est  que  secondairement  qu’elle  s’est  trans¬ 
mise  aux  autres ,  et  tous  les  tissus  ne  sont  jamais  irrités  à  la 
fois.  Il  est  impossible ,  en  efiet ,  que  les  excîtanS  aient  une 
action  générale  et  partout  uniforme  .  qu’ils  excitent  toUs 
les  organes  au  même  degré;,  et  quelque  extension  qu’on 
suppose  à  leur  action  ,  il  arrivera  toujours  que  les  organes 
les  plus  importa  ns,  ceux  qui  sont  lesplus  sensibles ,  seront 
irrités,  à, un.  degré  plus  élevé  que  les  autres.  Prenons  un 
exemple  :  supposons  une  phlegmasie  de  toute  la  membrane 


(t)  Examen,  propos.  LXXV. 
(2)  Ibidem,  propos.  liXXIII.. 


2  24  ix-rilAlTS: 

muque;u.sé' defe  voies  dlgestivésqui  donne  lieu  à  Une  îrrîta- 
illofl  sjimpathique  du  cœürvdé  l’encéphale  et  de  la  peau 
dpnt.la  chaleüÿ  sera  partout  plus  vive  et  dont  une  région 
niêuie  sera 'affectée  d’érysipèle  ;  supposons  encdre  qii’il 
sé.joigner  à  ces  lésions  une  inflammiafion  delà  membrane 
muqueuse  des  poumons  et  de  la  vessie,  une  hépatite  et 
une  périlpnite.  Voilà  .  certes  ;  l’ensemble  de  lésions  le  plus 
g^aye  que  l’op  puisse  rencontrer  ^  et  cependant  combien 
de  tissus  encbile  he  sont  pas  al&ct'és.  On  citèséuventrétat 
fébrile  çqmmè  ,  un  etemple  deS  maladies 'générales.  Mais 
il  faut yhiefli  distinguer  ici  les  phénomènes  de  la  maladie 
d’avec  la  léMOn  ;qui  .les  produit,  ét  ,  comme  le  fait  remar- 
quep-M.,  BtousSais  (i)  ',  si;dans  la  fièvteün  observé  ùnèac" 
tivifé  plus  grande  de  la  circulation  et  une  chàléur  plus 
considérable  dans  tous  lés  tissus ,  il  ' n’éü' résulte  pâs  qüe 
la  cauSe  da  cette 'exaltation  existé  d'ans  toüfea  ite's  pàrlies  ; 
elle  est  'souvèrit  trèsdimitée-i^  et'  pér'aônnè- n’appelle  mà- 
ladie  générale  i’état  fébrile  que'  provoqué  Shüvént  un 
.panaris.!'  '  ‘  " 

L’irritation  se  borne  rarement  à  l’organé  qïï’ëHe  à  d’a- 
hotd  affépté'i  ce  cas  in’arrive'  que  lorsqn’ellé'eët  légèrè, 
que  la  partie. a  peu  de  sènsîbilité  ,  bu  que  l’individu  est  peu 
irrjt{ible,.  D'an's' des  circonstances  oppdséea,'  l’oàgàne  ma¬ 
lade  deyîeht;  le^  foyer  d’une;  foule  dMrradlations  qui  vont 
retentit'  dans,  un  ou ’plusieilrS  autres  points  de  réCoriomiè , 
et  les  associent;  à  sa  souffrancè'j  én  un  "mOt'  ,  ' l’îrriiaüon 
qü’il  éprouve  se  répète  dans  les  ùutres  p  ce  àont  les  sjhi- 
patkîes.  Suivant  M.  Broussais  ,  lés  nerfs  sont  leS  ogètiâ  de 
cette  transmission  (p)  ,  qui  n’est  dans  les  malàdiès  qüe 
l’exagération  de  l’assoèiatipn  qui  existé  dops  Ibtat  de  sau¬ 
té  entre  les  actions,  des  divers  organes  ;  aussi  ,  fos  sympa- 


(il  Examen ,  t.  Il ,  p.  Hgg. 

(2)  Ibideni,  propos.  X  et XXXXV. 


ET  .AïïAiYSES.  32é 

thies  inpriides  90ftt-ellc5S  Jjie©  pli#^  iiéqyeüles ,  bien  plus 
prononcées  ,  entre  les  parties  qui ,  habituellement ,  exer¬ 
cent  Tune  sux  l’autre  une  influeucè  plus  marquée ,  comme 
la  peau  ,et  la  membrane  muqueuse  de  l’estomac  et  de  l’in- 
testin  grêle  nous, en  donnent  un  exemple.  Mais ,  l’irrita¬ 
tion  développe  quelquefois  des  sympathies  très-sensibles 
entre  des  organes  qui  >  pendant  la  santé  j  ne  paraissent 
pas  entretenir  de  relations  j  les  vomissémens,  causés  par 
l’opération  de  la  cataracte  et  par  la  néphralgie  nous  en 
fournissent  la  preuve.  .  , 

.  La  nature  de.  l’irritation  sympathiquement  transmise  » 
est  la  même  que  celle  de  l’irrita tipn  primitive;  c’est  tou¬ 
jours  l’exagération  des  phénomènes  qui  attestent  lavie  (i). 
Ln  émettant  cette  proposition  entièrement  neuve , 
M.  Broussais  n’a  pas  entendu  dire  qu’une  lésion  sembla¬ 
ble  à  celle  qui  existe  dans  une  partie  se  répète  dans  une 
autre .  avec  les  caractères  qu’elle  présente  dans  la  pre¬ 
mière  (a),  ^nsi,  une  irritation  avec  Xougeur  ,  chaleur  et 
tuméfaction  {inflarrirtiation) ,  pourra  susciter  dans  un 
autre  tissu  une  irritation  avec  douleur  ,  sans  rougeur ,  ni 
chaleur  *  pi  tuméfaction  ;  il  faut  bien  distinguer 

ici  l’élément  de  la  lésion,  l’irr.itatiozi  d’avec  ses.  caractè¬ 
res  ,  qui  ne  dépendent  que  de  la  nature  dès  tissus  affectés 
et  qui  sont  dilférens ,  comme  nous  l’avons  vu ,  suivant 
qu.’elle  a  son  siège  dans  les, capillaires  rouges,  daUs  les 
capillaires  nerveux  ,  ou  dans  les  vaisseaux  blancs.  En  un 
mot ,  il  n’y  a  pas  répétition  de  Ici  maladie j  mais  de  Ffrirt- 
tation,  c’est-à-dire ,  de  l’exaltation  d action  ,  de  l’irrita- 
Eilité.  .  !  ' 

Dans  certains, cas*  .cependant,  l’irritation  se  transmet 
d’une  partie  à  une  autre  avec  tous  les  caractères  qu’elle 


(  )  Examen,  propos.  LXXIV. 

(0  Trmléde  Pliysiologic,  elc.,  l.  ïj  p,  33. 


326  EXTRAITS 

présente  dans  la  première  ;  cette  tendance  à  l’imitation  ne 
se  présente  que  dans  les  différentes  portions  du  même 
système,  organique.  Telle  est  la  répétition  de  l’irritation 
qui -provoque  les  modes  de  dégénération  appélés  cawcçr , 
tubercules.  Cesi  ce  qui  constitue  les  diathèses  suivant 
M.  Broussais  (i). 

A  l’exemple  de  Bichat ,  l’auteur  de  la  nouvelle  doctrine 
admet  deux  espèces  de  sympathies  (2)  ,  suivant  que  les 
troubles  par  lesquels  elles  se  manifestent  portent  sur  les 
phénomènes  de  l’une  des  deux  séries  de  fonctions  sur  les¬ 
quelles  le  premier  à  établi  sa  distinction  des  deux  vies. 
En  effet  i  une  ;  irritation  suscite-  tantôt  des  convulsions , 
du  délire.,  etc. ,  ce  sont  les  empathies  de  relation  ; 
d’autres  fois  i  des  altérations  dans  les  exhalations ,  les  ab¬ 
sorptions ,  les  sécrétions  ,  etc.  ,  ce  sont  les  sympathies 
organiques.  Suivant  M.  Broussais  ,  celles-ci  peuvent  être 
mises  en  jeu  sans  les  premières  ;  tandis  que  les  troubles- 
desfonctions  de  relation  s’accompagnent  toujours  de  réi¬ 
tération  des  fonctions  organiques  (5) .- Les  unes  et  les  au¬ 
tres  peuvent  devenir  assez  graves  pour  causer  la  nàort  ,  en 
désorganisant  le  centre  sensitif  ou  en  produisant  une  con¬ 
gestion  dans  plusieurs  viscères. 

Toute  irritation  un  peu  grave,  s’accompagne  donc  de 
deux  ordres  de  phénomènes  ;  les  uns,  locaux,  sont  le 
trouble  des  fonctions  et  souvent  la  douleur  de  l’organe 
malade  ;  les  autres ,  généraux ,  ce  sont  les  lésions  sympa¬ 
thiques.  Les  unes  et  les  autres  constituent  \qs  symptômes, 
l’appareil  morbide. 

L’étendue  et  l’activité  des  sympathies  que  provoque 
une  irritation ,  sont  subordonnées  à  plusieurs  circonstàn- 


(1)  Examen,  propos. XC^Ïll. 

(2)  Ibidem,  propos.  LXXXVI. 

(3)  Ibid, ,  propos.  LXXXVII. 


ET  ANALYSES.  227 

ces  parmi  lesquelles  on  doit  ranger  i."  rintensité  de  l’ir^ 
ritation  elle-même  :  toutefois ,  celles  qui  sont  très-violentes 
semblent  enchaîner  l’action  de  tous  les  organes  ,  en  con¬ 
centrant  ,  pour  ainsi  dire ,  la  vitalité  sur  les  parties  qu!elles 
affectent ,  et  laissent ,  toutes  les  autres  dans  la  langueur. 
Voilà  pourquoi  une  saignée  permet  le  développement  des 
phénomènes  sympathiques  qui  constituent  l’état  fébrile, 
dans  une  péritonite  qui  ,  auparavant , .  entraînait  une 
prostration  générale;  2.°  la  durée  de  l’irritation  :  on  sait 
que  plus  les  inflammations  s’éloignent  de  leür  début, 
moins  elles  provoquent  de  sympathies;  les  phénomènes 
des  phlegmasies  chroniques  qui  n’ont  pas  encore  amené 
la  désorganisation ,  se  bornent  le  plus  souvent  à  un  trou¬ 
ble  des  fonctions  dès  organes  malades ,  et  c’est,  là  la  prin¬ 
cipale  source  de  l’obscurité  trop  fréquente  de  leur  diar 
gnostic.  Quand,;  au  contraire,  elles  ont  désorganisé  le 
tissu,  le  désordre  èst  presque  toujours, annoncé  par  des 
phénonaènes  sympathiques  ,  et  spécialement  par  ja  gastro- 
entérite.  C’est  ce  que  prouve  la  fièvre,  hectique  qui  ac¬ 
compagne  la  fin  des  maladies  organiques  ;  la  nature 
du  tissu  irrité  :  les  sur-excitations  nerveuses  et  sanguines 
développent  une  foule  de  sympathies,  tandis  que  celles 
des  irritations  lymphatiques  se  bornent  à  la  répétition  de 
l’irritafion  dans  les  vaisseaux  du  même  ordre ,  mais  dans 
üne  autre  région..  C’est  ce  qui  constitue  dans  ce  système 
la  facilité  d’irritation  en  vertu  de  laquelle  ses  différentes 
parlies  s’affectent  de  la  même  manière  ;  4'°  la  somme  de 
vitalité  de  l’organe  irrité  et  l’importance  du  rôle  qu’il 
joue, dans  l’économie  :  ainsi,  les  inflammations  des  viscè¬ 
res,  développent  beaucoup  plus  de  sympathies  que  celles 
des  parties,  extérieures ,  celles  de  la  membrane  muqueuse 
digésUve  beaucoup  plus  que  celles  de  la  rate  et, du  foie; 
5.“  la  sensibilité  individuelle  :  il  est' des:sujels  dont  la  sus¬ 
ceptibilité  est  telle'  que  l’irritatiou  la  plus  légère  entraîne 


228  extraits 

lin  trouble  subit  dans  faction  d’un  grand  nombre  d’orga- 
nés;  ce  séiit  ceux  chez  qui  le  dévèiofipemeht  du  systènie 
sanguin  s’allie  à  celui  du  système  nerveux.  Il  en  est  d’au  - 
très ,  au  contraire  ,  chez  lesquels  l’irritation  est  portée 
jusqu’à  la  désorganisation  sans  qu’il  en  résulte  aucune 
allération  sympathique;  tels  sont  lés  individus  lymphati¬ 
ques  chargés  d’embonpoint,  dont  la  sensibilité  estpresqüe 
toujours  obtuse. 

Si  les  organes  les  plus  irritables  protdquént  le  plus  de 
sympathies  .  ils  sènt  aussi  ceux  siir  lesquels  elles  s’exercent 
davantage.  Ainsi:,  on  voit  la  membrane  muqueuse  diges¬ 
tive  alïfectée  dans  presque  toutes  les  irritations  aiguës.  Il 
en  est  dé  mémo  des  organès  chroniquement  irrités  ;  mais 
nous  avons  fait  prévoii?  ces  faits,  en  disant  précédemment 
que  les  organes  qui  possèdént  le  plus  d’excitabilité  et 
fcévix  qui  sont  déjà  irrités  j  Sont  plus  exposés  que  les  autres 
à  reéévoir  un  surcroît  dMeritaiion.  - 
'  Lés  sÿnlpathiëS  ,  ajoutant  le  dangét  de  l’irritation  d’un 
oü' dé  plusieurs  organes  à  l’affection  primitive,  rendent  la 
îüaladie  d’aütaut  plus  gravé  qu’elles  ititéréssent  des  vis- 
éèrés  împor taris  ,  ét  que  les  trOUbleS  qu’ellès  suscitent  ont 
plus  d’intensité. 

'  Soutent  l’irritation  SympaihiqUè  n’àcquiert  pas  beau¬ 
coup  dè'  force  et  né  modifié  pâs  celle  qui  lui  a  donriéüais- 
Sâncé  ;  elle  Constitue  âlors'  lîh  11  arrive  quel- 

quéfois  qué l’affection  primitive  est  masqüéë  parlés  lésions 
Secondaires  qü’ellé  pTOvOqUé  ,  étqüé'cellës-ci  deviennent 
les  seuls  phéüomèriês  apèrèévahlés.  St  l’on  riO  Côûûaît 
pas  exactement  lés  rapports  dés  organes  èUir’éùXv  on  sera 
éSqp'OSé  a  diriger  COritre  uû  sÿmpt&mé  lés  moyeris  théra¬ 
peutiques  qui  doiVén'f  êtré  ôppOSéS  dans  lé  plus  grand  nom¬ 
bre  dés  cas  à  la  lésion  primitive  exclusitémériti  Combien 
de  fois Cépéridant  i  n’à  -t-on  pàS  voulu  cotrihsttre'  par  des 
'âûlîSpasmôâîques  des  céritulsîons  qui  dépendaient  d’une 


ET  ANALYSES.  229 

Irritation  viscérale?  C’est  principalement  lorsque  l’irrita¬ 
tion  secondaire  s’accompagne  de  dçuleur.,  tandis  que  rir-i 
citation  primitive  n’en  suscite  pas ,  que  cellerci  est  mécon.. 
nue.  Cette  circonstance  se  présente  souvent  dans  les  phleg-r 
masies  muqueuses.  La  gastro-entérjte  ,  qupiqn’exerçant 
toujours  une  influence  sur  le  cerveau ,  y  produit  bien,  ra¬ 
rement  cette  modification  de  son  action  organique,  d’ofi 
résulte  la  douleur,  tandis  que  l’irpitatipn  sympathique 
qu’elle  a  transmise  i>,un  autre  orgqnp ,  à  une  articulation, 
par  exemple  ,  feit  naître  pe  phénomène. 

L’irritation  sympathique  est  souvent  as§ez  intense  pouC 
susciter  à  spn  tour  des  sympathies  et  acçrpUre  ainsil’éten- 
due  de  l’appareil  maladif.  Les  irradiations  qn’eUe  provo  r 
que ,  retentissant  dans  les  organes  les  plus  sensibles  ,  ajpu-t 
tent  à  l’intensité  de ,  la  lésion  primitive  ,  de  manière  que 
s’influençant  réciproquement,  elles  ajoutent  è  la  violence 
l’une  de  l’aulrp  ^  toutefois ,  l’une  des  deux  l’emporte  or¬ 
dinairement  ,  et  continue  ça  marche  quand  l’autrè  est  déjà 
terminée.  Ainsi,  pne  araçhnpïdite ,  produite  , par  une 
gastro-entérite,  persiste  souvent  après  la  guérjson  de 
celle-ci. 

Quand  la  lésion  secondaire  devient  plus  intense  que 
l’irritation  primitive  ,  celle-ci  diminue  ou  disparait  en  veiv 
tu  de  la  grande  loi  de  physiologie  pathologique  reconnue 
par  Hippocrate.  En  mêmç  temps ,  l’irritation  secondaire 
donne  lieu ,  dans  l’organe  qu’elle  affecte,  à  des  phénomè¬ 
nes  différens  ,  suivant  la  nature  du  ti$su  qui  le  cotnposeet 
suivant  Ip  degré  auquel  elle  e.st  élevée.  En  effet , .  tantôt 
elle  persiste  et  constitue  une  autre  maladie  ,  c’est  ce  que 
l’on  a  nommdiU^ïfl!St«se.;(i);5  d’autres  fois.,. 4pfiiae. établie 
dans  un  organe  i  exhalant  ou  séçrétejii; ,  elle,  y  est  terminée 
par  raugmeutation  de  1’exh.aJati.Qll.  ou  de.  la  sécrétion  à 


(i)  Examen,  propos.  XCll. 


aSo  •  extraits 

laquelle  elle  donné  lieu ,  ce  sont  les  cmes  (i).  Celles-ci 
et  celles-là  sont  donc  de  mêiùé  nature,  et  l’on  doit ,  souS 
ce  rapport ,  ranger  dans  la  même  classé  une  méningite 
et  une  sueur  abondante,  qui  terminent  une  pleurésie; 
En  un  mot ,  lès  crises  et  les  métastases  ne  sont  que  des 
révulsions  spontanées  de  l’irritation  primitive  produites 
par  l’irritation  sympathique,  et  l’on  ne  fait  que  susciter  les 
mêmes  phénomènes  lorsqu’on  arrête  l’inflammation  de  la 
plèvre  en  appliquant  des  vésicatoires  ou  en  administrant 
des  sudorifiques ,  c’est-à-dire ,  des  médicamens  qui  stimu¬ 
lent  la  peau  et  augmentent  par  suite  son  exhalation  ;  car  , 
en  saine  physiologie ,  on  ne  peut  pas  admettre  que  l’éner¬ 
gie  d’une  fonction  soit  augmentée  sans  que  l’action  orga¬ 
nique  qui  y  préside  né  l’ait  été  d’abord. 

Il  ne  faut  pas  ranger  dans  les  révulsions  spontanées 
toutes  les  évacuations  que  l’on  voit  survenir  à  la  fin  des 
phlegmasies  aiguës.  Outre  celles  dont  nous  avons  parlé  et 
qui  sont  la  causé  de  la  terminaison  de  la  maladie ,  il  en  est 
d’autres ,  et  ce  sont  les  plus  fréquentes  ,  qui  n’en  sont  que 
la  conséquencé.  Ces  dernières  ont  été  précédées  des  signes 
de  la  disparition  de  l’irritation.  En  effet,  il  arrive  souvent 
qu’une  phlégmasie  viscérale  suspende  l’action  des  organes 
sécréteurs  et  exhùlans ,  qui  se  rétablit  lorsqu’elle  cesse  ou 
s’affaiblit.  Comme  le  fait  remarquer  M,  Broussais  (2) ,  c’est 
le’  même  '  phénomène  que  le  réchauffement  de  la  surface 
du  corps,  dans  l’état  physiologique  ,  à  la  suite  d’un  froid 
violent,  d’une  passion  vive  ou  d’un  repas  qui  a  d’abord 
produit  Un  léger  frisson;  seulement  lé  mouvement  centri¬ 
fuge  est  devenu  pathologique  par  son  exaspération. 

■  La  thérapeutique  peut  aussi  produire  les  deux  modes 
d’évacuation  dont  nous  avons  parlé  ;  ainsi  elle  emploie  dés 

(1)  Examen,  ;7ropoj.  XCIV. 

(2)  JPre/m'erExamen,  p.  2i5. 


'  ET  ANALYSES.  sSi 

sudorifiqués  chauds  et  froids  ;  les  premiers  sont  ceux  qui 
augmentent  l’action  de  la  peau  en  la  stimulant  ;  les  seconds 
sont  tous  les  moyens  qui  calment  la  phlegmasie  intérieure 
qui  empêche  l’exhalation  dont  celle-là  est  le  siège.  C’est 
ainsi  que  la  saignée  ,  que  les  boissons  aqueuses ,  opposées 
à  une  inflammation  ,  sont  suivies  quelque  temps  après  de 
la  sueur.  Ce  rétablissement  de  l’action  des  sécréteurs  et 
des  exhalans  se  fait  quelquefois  brusquement ,  d’autres  fois 
d’une  manière  lente  et  graduelle;  c’est  la  solution  par 
(j'sis  des  anciens  auteurs. 

Nous  venons  de  voir  l’irritation  sympathique ,  devenue 
supérieure  à  celle  qui  lui  avait  donné  naissance,  en  pro¬ 
curer  la  terminaison;  mais  il  n’en  est  pas  toujours  ainsi. 
Quelquefois ,  en  effet  ,  l’irritation  secondaire ,  quoique  plus 
intense  que  l’affection  primitive,  ajoute  à  la  violence  de 
celle-ci,  ou  la  reproduit  après  l’avoir  fait  disparaître  ;  il 
est  facile,  do  le  concevoir.  Nous  savons  que  l’irritation  se¬ 
condaire  produit  aussi  des  lésions  sympathiques ,  et  que 
celles-ci  s’opèrent  principalement  dans  les  organes  déjà 
sur-excités  ;  il  doit  alors  arriver  quelquefois  qu’elles  ajou¬ 
tent  à  l’irritation  de  l’organe  primitivement  malade ,  en¬ 
core  irrité  ,  ou  du  moins  très  -irritable.  Supposons  qu’une 
parotide,  dont  l’apparition  a  calmé  une  gastro-entérite, 
présente  bientôt  une  inflànimatioü  violente  :  elle  ramènera 
presque  infailliblement  l’appareil  des  premiers  symptômes 
qü’elle  avait  fait  disparaître. 

Voilà  la  théorie  des  fausses  crises,  des  efforts  critiques 
qui  oiil  avorté  :  'ce  sont ,  en  résumé ,  des  irritations  sym¬ 
pathiques,  d’abord  révulsives  ,  mais  ramènant  ensuite  les 
premiers  accidens  par  les  irradiation^  dont  elles  deviennent 
à  leur  tour  la  source.  '  . 

Tels  sont  les  principes  de  la  doctrine  de  M.  Broussais 
sur  lès  phéhoniènes  sympathiques  de  l’irritation;  de  plus 
grands  détailscussetit  été  superflus  ;  lés  considérations  géné- 


'sSa  ,  «XTBAI'T<S 

taies  auxquelles  nous  nous  s'onames  livrés  suffisent  pour  faire 
apprécier  la  elarté  qu’U  a  répandue  sur  fcette  importante 
partie  delà  physiologie  pathologique,  etpourfairé  pressentir 
les  résultats  que  uous  fournira  l’applicatiou  dé  ces  prin- 
qipes  .à  l’étude  des  causes ,  du  Mège ,  de  la  nature  et  des 
moyens  curatifs  des  maladies.  Goupil. 


Analyse  des  discussions  qui  ont  eu  lieu  au  sujet  du  pro'r 
cédé  de  M.  Sanson  ,  pour  extraire  la  pierre  de:  la  vessie 
par  le  rectum. 

Il  y  avait  déjà  deux  ans  que  l’opération  de  la  taille  par 
le  rectum  avait  été.  annoncée  en  France  ,  lorsque  Vaccà 
publia  en  Italie  un  Mémoire  dans  lequel  il  cherchait  à 
démontrer  par  ses  propres  succès  la  bonté  de  cette  mé¬ 
thode.  Ce  célèbre  professeur  vient  de  publier  un  second 
Mémoire  à  l’appui  du  premier ,  dans  lequel  il  s’attache  sur¬ 
tout  à  réfuterles  Objections  que  des  chirurgiens  d’un  grand 
nom  ont  élevées  contre  le  mode  opératoire  dont  nous  nous 
entretenons,  ici. 

Avant  de  passer  à  l’examen  dece  second  mémoire,  nous 
pensons  qu’il  n’est  pas  inutile  de  remettre  sous  les  yeux 
de  nos  lecteurs  le,  précis  de  la  méthode  telle  que  l’a  pro¬ 
posée  son  inventeur ,  avec  les  modifications  introduites 
par  le  professeur  de  Pise. 

Pour  procéder  à  j’opération  de  la  taille  par  le  rectum , 
suivant  M.  Sanson,  jÜ  faut  d’abord  disposer  le  sujet  com¬ 
me  pour  l’opération  prdinaire ,  et;  après  avoir  placé  un 
cathéter  ,  qu’on  fait  tenir  dans  une  direction  parfaitement 
verticale,  pn  introduit  dans  le  rectum  le  doigt- indié^téur 
de  la  main  gauche ,  on  glisse  à  plat ,  sur  la  face  palmaire 
de  ce  doigt ,  la  lame  d’un  bistouri  ordinaire ,  et,'  après 


Et  AMmXSBS.  &B-5 

a,TOir  tourné  son  tbaHcha®e  eri  hiaut  i  Un  încisfei  Mi%ff  sëill 
cbup  ,:et  dans  la.  directibni  du  rapbé  j  le.spMiiôter  ëxtèïné 
de  l’ànuset  la  partie  la  plus  ibférîeuré  du  recïum'-qüi 
Teloppé.  La  face  inférieure  de  la  prostate  se  trbüvâül  âîdâ 
à  découvert,  le  doigt  sent  facilement,  à  trareBs  l’épais¬ 
seur  peu  considérable  des  parties  qur  forntàifent  le  tèc- 
tuni  et  le  bas-fond  de  la  vessie  adossés  ,  le  cathéter  que 
l’aide  doit  toujours  maintenir  dans  là  même  pbsitibn.  On 
plonge  alors  derrière  la  prostate ,  et  en  se  dirigeant  sur  là 
cannblure.de  fa:  sonde;,  la  pointe  d’un  bistouri;  j  pbubfàîtè 
une  incision;  d’énviron  un  pouee ,  et  arrîvë'r  ainsî  dâiis  la 
cavité!  de  la  vessie.  Suivant  la  manière  d’opéreb  qné  rtouS 
venons  de  décrire,  et  que;  Bous  avons  extraite  dé  la  thèsé 
de  M.  Samson  ,  on  voit  qüël’ihcisien  sé'  Mt  sur  Ib  baS- 
fond  de-  la  vessie  j  ce  qui  e^bse  à  de  graves  incônivéhi'èris  ; 
cepeüdabtvibfeui  convenir  que  cë;chirürgiétt  âlndîqué  un 
neutre  mqyen  db  pénétrer  danslà  véssib',  après  avoir  pratiqué 
l’incision  du  sphincter  extëbn'é  dé  PaSàWs'p  t/est  d’àttàquer 
là  fin  de  la  portion  knémbbaneusë  de  l’ürëlbé  ëub’  là  rai¬ 
nure  du>  cathéter  tenu  perpëndicülairbiaént,  et  dé  diviser 
ainsi  la  prostate  ét  le  ébl  de4a  véàsib'  sur  là  ligné  lüëdiàhé, 
Clelté  dernière  incision  étant  fiiilë  ,  oh  ëitbàit  'lë  càliéhl 
avec  les  ténettës  coihme  dahs  la- méthode  bbdihairéi 

Les  auteBre  de  l’àrtiolfe  Bithblbtiiiè  du  grand  Dîotrbbi- 
naife  dès  soienëés  mëdicàlës  (Jourdàti  et  Bégin)'  ont  éitë 
UHïpas^agë  dé'Hàllër  qui  pbiirrait  fàirë'cbblbç  qüb  Mi  Sàii- 
son  n’est  poiùt  l’invëntëur  de  cëltë  ttiéthbdë  ,  biais  qu’il 
avait  été-  précédé  -par  üb  •  Ilàliëhiidtfithé;  Vëgétius  àü‘  siijët 
duquel  Haller  dit  :  jubet  pe¥  vültiüé  Tébti  ihtektiiii-  èt 
vesicæ  mütéo  lapidëm  ejicére  j  'cé  qtii  tbanchebait  la  dif¬ 
ficulté;  sur  le  mérite;  de  Fihvehtibti  ,  si' Vàëfcii  d’avait  bëiidh 
au  chirurgiëti  fràbçàis  là  juStibe  qui  Idi'ëst  diië ,  en  faisàfit 
voir  que  VégetiüS  ,‘.qur  à  écrit  'süb  Parï  vèiéririàibë  (i  j  ', 

(2)  De  jummilis  calculosis  ,  cup.  XLVl ,  til/.  I. 

1.  16 


a34  EXTRAITS  ; 

n’a  parlé  de  l’opération  de  la  taille  qu’au  sujet  des  che¬ 
vaux  et  des  ânes ,  et  seulement  dans  le  cas  de  rupture  de 
la  vessie,  et  qu’ainsi  la  gloire  est  due  toute  entière  à 
M.  Sanson  qui ,  d’ailleurs  ,  ne  connaissait  peut-^être  pas 
l’ouvrage  de  Vegetius,  à  cause  de  sa  rareté,  non  plus 
que  les  citateurs  du  passage  de  Haller. 

La  méthode  de  la  taille  par  le  rectum,  telle  qu’elle 
a  été  pratiquée  dans  le  principe,  je  veux  dire  en  incisant 
le  bas-fond  de  la  vessie  ,  était  sujette  à  l’inconvénient  très- 
grave  de  livrer  passage  aux  matières  fécales  dans  l’inté¬ 
rieur  de  la  vessie.'  Cet  inconvénient  n’est  pas  néanmoins 
inhérent  à  la  méthode  d’extraire  les  calculs  urinaires  par 
le  rectum,  mais,  ditVaccà,  au  procédé  opératoire  auquel 
M.  Samson  paraît  donner  la  préférence ,  ainsi  que  le  profes¬ 
seur  Dupuytren.  Pour  l’éviter,  Vaccà  conseille  d’inciser 
l’urètre  ,  la  prostate,  le  coi  de  la  vessie,  en  évitant  avec 
soin  d’intéresser  son  bas-fond.  Au  moyen  de  ce  procédé , 
l’incision  de  l’intestin  reste  au  mçins  un  pouce  plus  bas 
que  celle  du  col  de  la  vessie  ,  les  bords  de  la  solution  de 
continuité,  étant  en  contact,  ne  s’éjargissent  qu’au  passage 
de  l’urine ,  et  les  parois  de  l’intestin  forment  une  vraie  val¬ 
vule,  qui  s’oppose  à  l’entrée  des  matières  fécales  dans  la 
vessie.  Le  professeur  de  Pise  blâme  les  chirurgiens  qui 
conservent  encore  l’usage  de  panser  la  plaie, après  l’opé¬ 
ration.  «  Il  n’y  a  ,  dit-il,  que  des  préjugés  très-enracinés 
qui  puissent  obscurcir  la  raison  au  point  do  ne  pas  voir 
que  la  charpie  introduite  dans  le  trajet  de  la  solution  de 
continuité ,  produit  une  douleur  inutile  ,  irrite  par  sa  pré¬ 
sence  une  plaie  extrêmement  sensible  et  déjà  trop  dis¬ 
posée  à  l’inflammation  ;  cette  irritation  est  due  non-seule¬ 
ment  à  une  action  mécanique ,  mais  encore  à  une  action  chi¬ 
mique,  parce  que  Turine ,  dont  s’imbibent  les  appareils, 
a’allère  et  devient  plus  stimulante.  »  Lorsque  le  danger 
de  l’inflammation  n’existe  plus,  et  que  la  suppuration  est 


ET  A'KALÏSÉS.  àSS 

établie,  VàccS  conseille  de  toucher  là  pîaié  avec  le  ni¬ 
trate  d’argent,  et  lès  succè's  qü’il  en  a  constamment  ob¬ 
tenus  sont  la  meilleure  réponse  aux  dilBciiltés  qu’on  lui  a 
faites  sur  l’emploi  de  ce  caustique. 

Maintenant  que  nous  avons  Jeté  un  coup-d’œil  sur 
l’ensemble  de  la  méthode  que  la  plupart  de  nos  lecteurs 
connaissaient  sans  douté  déjà ,  je  vais  tâcher  dé  rendre 
compte  de  l’ouvragé  récent  de  Vaccà  Bérlihghieri ,  con¬ 
tenant  la  réfutation  de  ses  adversaires. 

•  Le  professeur  Geri-,  de  Turin  ,  et  Scarpa,  sont  les  deux 
principaux  antagonistes  auxquels  il  a  à  cœur  de  répondre. 
Entendons-le  parler  lui-même  sur  un  süjet  assez  impor¬ 
tant  pour  mériter  quelque  attention. 

Si  la  bonté  d’une  méthode ,  dit  Vaccà ,  se  mesurait  par 
les  succès  constans  que  l’on  en  obtient,  je  pourrais  répon¬ 
dre  aüx  objections  que  l’on  a  faites  contre  mon  premier 
Mémoire  sur  la  taillé  récto-vèsicale ,  en  publiant  de  nou¬ 
velles  Observations  qui,  comine  les  prenlières ,  semblent 
démontrer  l’excellence  de  ce  procédé;  mais  comme  il  est 
des  circonstances  qui  peuvent  faire  réussir  les  méthodes 
même  les  plus  vicieuses;  cOmtne  d’ailleurs  les  observa¬ 
tions  publiées  né  sont  pas  encore  assez  nombreuses  ,  je 
crois  devoir  répondre  d’abôfdàüx  objections 'de  M.  Geri, 
professeur  dans  une  déà  plüs"  célèbres  Universités  d’I¬ 
talie.'. .  •  ■  ■'  ’  ■"  ' 

Pour  répondre  avéclèjjlns  de  précision  qü’il  èst  possible , 
j’observerai  d’abord'qüélâ  méthode  employée  par  M.  Geri 
dijllère  essentiellémént'dé  là  miéniie  ;  '2.“  qüë  sà  méthôdé 
estlentièrement  vicîétïsêVret  que 'c’ésï'àn  défaut  de  '  cétte 
méthode  que  cet  habile  chirurgién  dOit  fous  ses  insuccès  ; 
S.Vque  je  dois  més  sübcès  ,  nbn  à  dés  circonstances  heu¬ 
reuses,  non  à'üne  habileté  extraordinaire  dOrit  M.  Gétï  me 
fait  l’honuêur  de^me  oroirè  doué  j'thàîs  au  mode  simple  et 
facile;  avec  lequel  jé  pr atîtjdé  ’Pojjératiàn  ’  Üj-"  Texaminééai 

i6.. 


EXj-TIV./V;I/T&  ; 

SUT.  q,iiol  est  fondé  le  jjUgei»ept  #  »  en  faisant  voit' 

qu’ü  n  donné  trop  d’iropoctan  Ge  à  quelqjges  défeute;  légers 
de  la  inétfiode ,  sans  prendre  en  considération  Ies:avan,tages 
qui  en  résultent.  »  ,  -  ! 

La,  manière,  d’opérer  de  M*  G, erj  consiste  inf,EO,düire 
dans  le, rectum  ,  à  laJiauteur  de,  trois  ppuçes;  et  démi>  mï 
gros  dila,tat,e,ur  fait  ejtprés ,  e,t;dontla.  formp  imite  à-peu-près 
celle  d’un  gorgeret ,  ayant  environ  un  popcç  et  demi  de 
largeur  vers  sa  base.  L’intestin  rectum  distendu  de  mar 
nière  que, la  partie  concave  dn,  dilffitatenr  regarde  eja,  avant , 
M.  Geri.  taijle  d’un  seul-  coup  Wmnflnens.e;  e,t  i^s-  spjijâfi^ 
ters ,  en,  portant  de, d,eliors,en;ded;af^  un  Gouteaq  m,©.ij_s4e 
et  à  tranchant  convexe,;,  puis  au,  moyen,  dL’une  secG.ndeânt- 
çision  .d’une  dixaine  de  lignes ,,  faite  h  l’aide  dn  cathéter 
sur  la  partie, mejpbrenense  dp.rurètre  et  spr  le  col  de  la 
vessie  j,il,  arrjve,  daps  ce  viscère. 

B|.  pfeserye  ,.  pour,  prouypr  Ipi,  di^éreoce;  de  son 

prcç^dé,,  qp’il,  n’ç  jamais  enpployié  IcgrOft  dijatMOuc  de 
l’apus;  que.Mj  Gepi  ne  dit  pas  si,;  e§;  prati'quank  sai  sci- 
comle.  in.pisiop>j,i|.ppr,te;  Ip  couteau,  dp,  deLprsien^dedans:, 
op.de, de, dpp?  ®-P;  d?l?^®F®  »,  tipp  ..  PPOPjifttrcpljus. claie;  s’il 
dirige, c.ct,teiRtti?'on:^  l!qi:ètr,eyers:  leiCoi  de.la  \iessie.,.  ou 
s’il  iq  dirige  du.çol),t^ra  l’urètre,  r.  c^üçjqmipsiop.eatlnéatt^ 
moins, de  la.p^P  grap,^  .,importan,ç,e  par  eft .  inciKmt'di’a^ 
vaut  en  arrière,  on  peut  aller  au-delà  du  col  ou  du.bàs^ 
fon.d;  de  la,  ves,sie  ,,pu  ari;iycr  po.ur  le  moiQS iàlatmêœe- Bau- 
tpr ,  tao^is.qiUléfl, pnpGédaîntid’arî’ièae  emàvânt,,,  l’incîsion 
dpa,  pa^pia;  dj,  l’intesUp,  pe«,t ,  sj  .l’epérateur  le  veut-,',  ne 
pa,s  ,arriYer,ài  Ift  même  Bawtenr^u§;ÆeJi@i  dp.col  aüidmbas- 
fopd.deda;,yeasie,  J^^ans  toufclesicajilîappoiîtés  par  le  pÉo- 
fes^fiuçdeÿprin  »,l§Sfféçe^p3Ssaient;dapstlfl!V.êssie.>  copotaé 

peja  doit  .aFrjyer.  uéResaairetftontcteHteSilêSifoi&.que  le  bas^ 
fon,d„^j;„çflppjé  di?  -fflaçièpB.  à,  p^  iqji’ilaue  puisse,  former 
eyqpjlBÇrParpis.de  l’iptestin  une  valvule  ààsez.  étendue  pour 


eÊQpêcher  la  coianinnicâtion  tiè  la  eàvilë  de  î’intestîn  avec 
la  cavité  dé  la  véssiè  ;  cè  tjüi  h*E(  fàiïiàis  îiéu  ,  si  là  secondé 
incision  se  pratiqnè  éft 'pfâteaüt  dü  col  Véfs  rnrèlré  ,èt  qiié 
ropérateur  veuille  què  'céîte  incision  s’àb^êtë  jtlüs  bas  qué 
celle  de  l’intestin,  e  II  est  donc  prouvé  ,  conclût  l^àutéur, 
que  M.  Géri  taille  le  bas-foûd  de  là  vessie' l'àndîs  què  je 
taille  le  col ,  et  que  jtaé  conséquent  ûoS  procédés  né  Sé  rès* 
semblent  ni  quant  aüx  iiistriimens ,  ni  quant  à  là  mànièrè 
de  s’ën  servir ,  ni  quant  ànic  parties  qui  sont  ineisééS;  lèS 
objections  basées  Sûr  Cè  point  éèStètit  donc  sans  aücnné 
espèce  de  forideülèqt.  S) 

Les  ticeS  du  précédé  opétàtoite  dé  ÜI.  Gëri  sôùt  évi  - 
déns.  Il  emploie,  comtnë  nous  l’àvonS  UbServë ,  uU 
.gèret  particulier,  dont  les  observationè  dè  Diipuylréh  ,  àè 
Famese  ,  de  Gibrgi  et  de  Vaccà  iiïi-taênïè  'ont  déùiôntré 
l’inutilité,  et  dont  la  raisén  et  l’expé'riencë  cénûrnieût  lè 
danger.  En  èfiet ,  il  n’est  guère  poSsiblé  d’iUtreduire  Un 
tel  instrument  à  une  si  grande  profoîidèülr  SéUs  bèaüéotip 
■incémtaodér  lé  màlàdé  ;  ritritalion  qU’il  déterùiihé  sut  la 
•lUuqueuSe  dé  l’intestin  ile  doit  p'as  pèü  confribüër  à  l’ëkpub 
SioU  dés  màtièrës  féc'aiës  pendant  l’épération  niêmej  iU'- 
coùVé'niént  qué  M.  Geti  a  si  Souvent  bbsêrté  ét  tjü’il  Pé- 
dotilè  àVëc  tàisén.  Quoiqu’il  ü’âit  pas  dît  à  quèllé  hau- 
tëut  s’étëridàit  soU  inci^ioft,  plusieurs  îtatsbttS  font  s’oup- 
çonhër  qu’il  là  porte  trép  hâUt  ,  parce  que  l’inciSion  pra¬ 
tiquée  par  Vàccà  né  ldi  paraît  pas  suffîsàrité,  qû'ôîqü’ëlle 
embrassé  UU  ponce  d’élénduë  dàns  l’int^stiH';  pârcë  qu’U 
séràii  iUÜlilë  d’èUféncèr  le  gorgeret  à  Uné  si  gtàftdë  tfau- 
tèiit ,  s’il  hë  Voulait  fendre  qiie  lapUttibn  ù’iutêëïirt  qui  ééV- 
téspéüd  âü  éol  et  mëtn’è  an  bàs-féiid  dé  la  VèsSîé  î  parÇe 
qué  lés  nihlàdeS  ôïït  ptéseUTé  lés  ffiêtlieS  's;ÿ'ttlptôittgs  que 
'  ceux  qüë  l%n  ébSëtVè  ’dàftS  leS  lésiéPs  dèS  înléStllilfe.  Ôr, 
l’incision  qui  VU  jdsqu’à  feèttë'hàütëüt  élt  ttès^dàrigetèùse , 
lién  sèureïncht  à  causé  dés  tamifications  a'ttériélles  qui 


258  EXTRAITS 

peuvent  être  intéressées ,  mais  encore  parce  que  l’intestin 
rectum  participe  d’autant  plus?  de  la  nature  des  autres  in¬ 
testins,  qu’il  s’éloigne  plus  de  son  extrémité.  Il  n’est  donc 
pas  étonnant  que  les  malades ,  opérés  par  M.  Geri ,  aient 
présenté  des  symptômes  d’une  nature  aussi  grave  que  ceux 
qu’il  a  observés.  L’incision  qu’il  pratique  peut  blesser  le 
péritoine,  comme  il  en  rapporte  un  exemple j  elle  peut 
ouvrir  le  bas-fond  de  la  vessie  ;  dans  le  premier  cas  le  péril 
devient  plus  grave  ;  dans  le  second  les  matières  fécales 
passent  plus  facilement  dans  la  vessie  ;  elles  peuvent  l’irri¬ 
ter,  et  cette  irritation  peut  se  communiquer  aux  intestins; 
le  danger  de  la  fistule  est  plus  probable,  la  guérison  plus 
longue.  On  ne  sera  donc  pas  surpris  si  des  cinq  opérés  par 
M.  Geri,  un  soit  mort,  trois  soient  restés  fistuleux.  Il  ré-^ 
suite  delà  que  son  procédé  n’a  rien  de  commun  avec  celui 
de  Vaccà ,  qu’il  n’est  pas  le  même  que  celui  recommandé 
par  M.  Samson ,  lequel  a  des  défauts  très-importans ,  et  qui 
lui  appartiennent  exclusivement. 

lyi.  Geri  objecte  encore  que  ,1.°  pour  peu  que  le  calcul 
soit  volumineux,  l’incision  de  la  prostate  est  nécessaire, 

'  ce  qui  expose  à  une  suppuration  fort  longue  et  à  d’autres 
accidens  graves  ;  2.“  que  le  col  de  la  vessie  et  la  portion 
membraneuse  de  l’urètre  ne  sont  pas  aussi  près  de  l’intestin 
rectum  que  le  bas-fond,  et  que  la  sensibilité  du  col  est 
beaucoup  plus  exaltée  par  cette  nouvelle  méthode  que  par 
les  autres;  5.”  que  la  lésion  de  l’intestin  ne  doit  être  re¬ 
gardée  comme  légère  dans  aucun  cas ,  et  qu’il  n’est  pas 
à  présumer  que  celle  de  l’extrémité  du  rectum  soit  de  peu 
d’importance;  4'‘’  ss*  impossible  de  faire  l’opération 
par  le  moyen  d’une  incision  aussi  petite  que  celle  que  re¬ 
commande  le  professeur  Vaccà  ;  6.°  que  la  guérison  se  fait 
plus  long-temps  attendre  après  cette  opération  qu’après' 
celles  exécutées  suivant  la  méthode  ordinaire. 

IVL  Vaccà  répond  d’abord  que  M.  Geri  semble  avoir  ou- 


E  T  AN  ALÎ6ES.  939 

blié  que  rincision  de  la  prostate  a  également  lieu  quaud 
on  opèreavec  le  grand  appareil ,  quelles  que  soient  ses  mo¬ 
difications,  c’est-à-dire ,  suivant  les  méthodes  de  Cheselden, 
du  frère  Côme ,  de  Pouteau ,  de  Ledran ,  de  Hawkins. 
Toute  la  différence  est  que ,  dans  la  taille  recto-vésicale ,  on 
incise  la  prostate  vers  sa  partie  moyenne ,  au  lieu  que ,  sui¬ 
vant  les  autres  méthodes  ,  on  Tincise  dans  sa  partie  laté¬ 
rale  ;  or,  aucune  observation  ne  démontre  que  l’incision 
de  la  prostate  soit  plus  dangereuse  sur  un  côté  que  sur  un 
autre.  La  seconde  objection  n’est  fondée  ni  sur  l’anatomie , 
ni  sur  l’expérience  J  car  on  risque  moins  de  blesser  le  nerf 
honteux  par  la  méthode  dont  il  s’agit  que  par  les  autres, 
et  si  le  vcrumontanum  est,  comme  le  pensent  quelques 
personnes,  plus  sensible  que  les  parties  latérales  de  là 
prostate,  l’expérience  démontre  que  les  incisions  faites 
sur  cette  partie  guérissent  aussi  bien  que  celles  que  l’on 
pratique  ailleurs.  Quant  à  la  sensibilité  de  l’extrémité  du 
rectum ,  nous  n’en  disconvenons  pas  ;  mais  si  oh  laisse  de 
côté  quelques  observations  rares  et  extraordinaires  au 
moyen  desquelles  il  n’est  pas  difficile  de  démontrer  que 
l’opération  la  plus  insignifiante  peut  devenir  mortelle, 
l’expérience  vient  encore  nous  apprendre  que  les  craintes 
conçues  à  ce  sujet  sont  exagérées.  En  effet,  l’incision 
d’une  simple  fistule  à  l’anus,  qui  pénètre  à  un  pouce  au- 
delà  du  sphincter  externe  a-t-elle  jamais  été  regardée 
comme  dangereuse  chez  un  homme  sain  et  robuste  ?  Or 
l’incision  qui  se  pratique  dans  le  cas  dont  nous  parlons  ,  est 
bien  moins  à  craindre  ,  puisque  les  parties  sont  entièrement 
saines. 

«  SiM.  Geri  avait  voulu essayeride l’incision  économique 
que  j’ai  proposée ,  continue  Vaccà ,  laquelle  est  d’environ 
21  lignes,  c’est-à-dire  de  huit  ou  neuf  lignes  sur  le  pé¬ 
rinée  et  d’un  pouce  sur  le  rectum  ,  il  aurait  vu  qu’une 
semblable  incision  est  assez  grande  pour  permettre  l’extrac- 


24»  jËXTpAITS 

tiop  de-calculs  ^rèS'Volumiaejix,  car  les  pattîes  ûiolles cè¬ 
dent  aisément  à  l’action  exercée  par  les  tertettes,  SHl  vou¬ 
lait  bieirse  rappeler  que.  Suivant  les  méthodes  ordinaire- 
ment  employées  ,  on  fait  sur  le  col  de  la  vessie  et  sur  -là 
prostate  une  trèsrpétite  incisipPi  qui  .  suivant  les  niaîtres 
de  l’art ,  ne  dépasse  guère  neuf  ou  dix  lignes ,  il  se  con¬ 
vaincrait  facilement  qu’il  est  inutile  de  donner  tant  d’éten¬ 
due  à-rincision  extérieure.  » 

Il  résulte  des  histoires  publiées  dans  le  premier  Mé¬ 
moire  de  Vaccà  ,  que , 'Sur  cinq  opérés  qui  guérirent  tous , 
il  y  avait  deux  enfaUs  et  trois  adultes  ,  dont  un  vieillard 
âgé  de  75  ans  et  les  deilx  autres  de  40‘  L’un  des  deux  en- 
fans  guérit  parfaitement  dans  l’espace  de  ônze  jours ,  l’autre 
resta  fistuleux  J  mais  cet  accident  n’arrive-tril  pas  quel¬ 
quefois  à  la  sujte  de  l’opération  par  le  grand  appareil  la¬ 
téral  9  La  guérison  ne  se  fit  pas  attendre  plus  de  1 5  jours 
chez  les  trois  autres  sujets ,  si  par  guérison  l’on  entend  la 
cessation  de  tout  danger  ;  mais  si  l’on  entend  la  cicatrisa¬ 
tion  complète  de  la  plaie ,  elle  n’eut  lieu  que  3o  jours 
après  l’opération.  U  n’est  donc  pas  exact  de  dite  que  la 
guérison  se.  fait  attendre  plus  long  temps  après  la  taillé 
repto-véMcale  qu’après  celle  pratiquée  Suivant  les  procédés 
ordinaires. 

II  semble  bien  démontré  que.  tout  ce  qu’a  dit  le  profesr 
seur  Geri  .  fondé  sur  sa  propre  expérience  ,  est  très-vrai , 
mais  ses  oibjections  ne  sont  applicablés  qu’au  procédé  qu’il 
emploie  et  non  à.  celui  de  Vaccà. 

Maintenant  il  reste  à  parler  du  sentiment  du  célèbre 
professeur  Scarpa. 

-  «  J’ai  été  appelé ,  dit-il ,  à  dire  mon  avis  sur  les  ainé- 
liprations  faites  par  Iq  professeur  Vaccà ,  à  la  taille  -  recto- 
vésicalè.  J’al  répCndu  qu’en  tenant  le  cathéter  perpendi¬ 
culairement  à  la  suture  du  périnée-,  on  taille  indubitable¬ 
ment  ed  travers  le  conduit  séminal  gauehe ,  commun  à  la 


IÎT;A¥A,1,¥SI1S.  j4j. 

vésicule  sémiuale  et  aq  conduit:  déférent  du  même  côlé/ 

J’ignore  4  pe}a  peut  se  faire  impunément ,  mais  je  sais 

bien  que  l’on  évite  cet  inconvénient  en  pratiquant  la  li¬ 
thotomie  suivant  Ja  méthode  ordinaire ,,  au  moyen  de  la-^ 
quelle  on  peut  ejxtpaire  a  vec  facilité  les  calculs ,  même  d’un 
gros  volume. 

«  Si  on  parle  deTappliquer  à  l’extraction  des  calculs  d’une 
grosseur  prodigieuse ,  la  question  change  de  face.  La  sim¬ 
ple  ipcision  de  ja  membrane  de  l’iiiiètre  et  de  la  proslale 
nest  pas  sufBsante  en  un  pareil  cas,  et  il  vaut  mieux 
inciser  le  basrfond  de  la  vessie.  Mais  l’expérience  dé¬ 
montre  que  ce  procédé  est  ordinairement, suivi  de  la  fistule 
recto-vésicale.  .  .  ^ 

«  Je  vais  plus  loin ,  et  je  dis,  d’après  mon  expérience  pro¬ 
pre  et  celle  des  autres  ,  qu’aucun  des  moyens  connus  jus¬ 
qu’ici  ne  peut  autoriser  l’extraction  des  calculs  d’un  vo¬ 
lume  énorme ,  parce;  que  l’état  pathologique  de  la  vessie 
s’y  oppose ,  et  que  les  conséquences  sont  toujours  f⬠
cheuses,  même  après  l’opération  la  mieux  ppàtiquée. . . . . 
Quant  aux  calculs  d’une  grosseur  moyenne, mon  avis  est 
que  la  méthode  ordinaire  est  ppéférahle  à  la  nouvelle  ; 
poqr  les  putrps ,  je  pense  que  ni  la  nouvelle  ni  l’ancienne 
méthode  ne  sont  utiles.,! 

Après  avoir  fait  à.  la  première,  difficulté,  quelques  ré¬ 
ponses  fondées  sur  la  physiologie,  M,  Vaccà  en  appelle  à 
l’expériepce  :  elle  tp’a  prouvé,  dUdU  que, les  malades  ont 
pu  reprendre  leurs  fonctions  sans  la  moindre  ihcCmmor 
dité,.  Gependant ,  si  la  méthode  qui  expose  à  ,1a  lésion  du 
conduit  éjacula tepr  np  pro’cufait  pas  d’autres  avantages  que 
l’appareil  Igtéral ,  je  serais  le  premiet'  k  f  abandonner  ;  mais 
il  est  faoile  de  se  cpnvaincre:dH  contraire,  fî’est.unè  vè- 
rité  incontestable  qu’on  pept  extraire  de  grosses  pierres 
par  le  mQJ’un  de  1  appareil .  latéral;  mais  il  n’en  est,  pas 
moins  vrai  que  fa- voie  est  plus  courte  pour  arriver ;à, la 


242  EXTRAITS 

vessie  par  l’intestin  rectum ,  et  que  l’écoulement  des  urines 
par  cétte  voie  est  beaucoup  plus  facile^  Il  n’en  est  pas 
moins  vrai  que  les  calculs  doivent  passer  entre  les  branches 
du  pubis  pour  sortir  de  la  vessie,  et  que  ces  branches  of¬ 
frent  un  plus  grand  écartement  à  mesure  qu’on  s’éloigne 
de  leur  symphise;  que  l’incision  recto- vésicale  est  plus  dis¬ 
tante  de  la  symphise  du  pubis  que  l’incision  latérale.  Sans 
nous  arrêter  à  démontrerla  fausseté  des  propositions  énon¬ 
cées  par  Scarpa ,  il  est  indubitable  que  la  taille  recto-vési¬ 
cale  expose  moins  aux  hémorrhagies  j  l’incision  est  moins 
étendue  ;  il  est  plus  facile  d’entrer  dans  la  vessie  au  moyen 
des  instruméns  tranchans  et  de  s’assurer  avec  le  doigt  de 
la  forme  et  de  la  position  du  calcul  j  cette  incision  s’oppose 
à  toute  infiltration  urineuse ,  et  permet  l’extraction  des  cal¬ 
culs  les  plus  volumineux  qu’il  soit  possible  d’extraire  par 
l’appareil  latéral. 

Pour  ne  rien  laisser  d’obscur  sur  ce  point  ,  voyons  ce 
que  Scarpa  entend  par  gros  calculs  que  l’on  peut  extraire 
avec  l’appareil  latéral.  «  Les  calculs ,  dit-il ,  que  l’on  peut 
extraire  par  ce  moyen  peuvent  peser  jusqu’à  trois  onces 
et  demie  et  avoir  au  moins  seize  lignes  dans  leur  plus,  pe¬ 
tit  diamètre.  On  ne  peut  pas  en  extraire  de  plus  gros 
parce  que  les  os  s’y  opposent  et*  qu’il  faudrait  tailler  la 
prostate  et  le  col  de  la  vessie  dans  toute  leur  étendue ,  ce 
qui ,  suivant  la  méthode  ordinaire ,  peut  occasionner  des 
infiltrations  urineuses.  »  Laissant  à  part  tout  ce  que  l’on 
pourrait  dire  relativement  au  poids  qui  ne  correspond  pas 
toujours  au  volume ,  et  relativement  au  diamètre  qui  peut 
varier  suivant  la  grandeur  et  la  bonne  ou  mauvaise  con¬ 
formation  du  bassin ,  la  chose  étant  supposée  comme  le 
veut  Scarpa ,  n’est-il  pas  évident  qu’en  faisant  tomber  l’in¬ 
cision  sur  un  point  où  les  branches  du  pubis  offrént 
un  écartement  de  20  à-  24  lignes  ,  on  pourra  extraire 
dés  calculs  plus  volumineux  que  ceux  qui  n’ôffrent  que 


ET  ANAEYSES.  243 

seize  lignes  de  diamètre  j:.et  qu’ainsi  le  nombre  des  calculs 
que  l’on  doit  laisser  dans  la  .vessie,  suivant  le  professeur 
Scarpa ,  sera  prodigieusement  diminué  ?  . 

«Mesprincipes ,  dit  encore  Vaccà ,  sont  diamétralement 
opposés  à  ceux  du  professeur  de  Pavie,  relativement  au 
conseil  qu’il  donne  d’abandonner  à  leur  destin  les  malades 
qui  portent  des  calculs  d’un  volume  extraordinaire ,  c’est- 
à-dire,  pesant  plus  de  trois  onces  et  demie.  Car  je  ne  crois 
pas  comme  lui ,  que  l’on  doive  juger  de  l’état  pathologique 
de  la  vessie  par  le  volume  de  la  pierre.  , 

<1  La  forme  de  ces  corps  étrangers  est  peut-être  plus  pro¬ 
pre  qu’aucune, autre  cause  à  produire  l’irritation ,  la  phlo- 
gose.  et  les  altérations  organiques  dans  les  parois  dé  cet 
organe. .. . . .  Je  crois  qu’il  est  très-difficile  de  distinguer  les 

affections  graves  de  la  vessie,  les  ulcérations , les  épaissis- 
semens  de  ses  parois ,  de  cet  état  de  phlogose  que  l’on  ob¬ 
serve  souvent  dans  ce  viscère;  lorsqu’il  contient  des  corps 
étrangers  dont  les  surfaces  ne  sont  pas  lisses  etpolies.  En¬ 
fin ,  je  tiens,  pour  erronnée  l’opinion  de  ceux  qui  regardent 
les  affections  graves  de  la  vessie  coipme.constamment  mor¬ 
telles.  Telles  sont,  à  mon  avis  ,  celles  dont  on  ignore  la 
cause ,  ou  bien  dont  on  ne  peut  pas  éloigner  la  cause  lors¬ 
qu’on  la  reconnaît  :  on  doit  encore  regarder  comme  mor¬ 
telles,  les  affections  qui,,  quoique  dépendantes  de  causes 
que  l’on  peut  éloigner ,  ont  laissé  des  désorganisations  pro¬ 
fondes  dans  les  parties  malades.  Mais  dans  notre  cas,  on 
peut  éloigner  la  cause ,  et  il  n’est  pas  démontré  que  la  dés¬ 
organisation  survenue  dans  la  vessie  soit  irréparable.  Si 
donc  l’affection  pathologique  de  la  vessie  n’est  pas  la  com¬ 
pagne  inséparable  des  calculs  très-volumineux ,  pourquoi 
ne  pas  pratiquer  l’opération  quand  il  n’existe  aucun  signe 
de  cette  affection?  Si  la  gravité  de  l’affection  pathologique 
n’est.pas  certaine,  si  même  cette  gravité  ne  rend  pas  la 
cure  impossible  quand  on  peut  éloigner  la  cause ,  pourquoi 


244  Ei'rnÀÏTS' 

ne  tenterai t-oii  pas  l’épératioii  dans  tous  les  cas  douteux  v 
puisque  sans  l’opération  il  n’y  a  pôiflt  dnspoîr,  et  què 
d’ailleurs  le  mùladë  n’est  exposé  qu’au  sacrifice  dè  peu 
de  jours  de  vie,  qu’il  passerait  aii  milieu  des  tour- 
mens?  Mais  ce  danger  'n^e'St-il  pas  'fcôUitnün  tolites  les 
grandes  opérations  ?  L’affipütatioti  de  là  edisSé  i  la  11^- 
gature  des  carotides  ,  des  iliaques,  lès  dëSatlifcuktiôns  dèS 
grands  articles  ,  l’extirpation  des  affections  Squirrheusès  ; 
exposent-elles  moins  les  jours  des  malades  ?  . 

Les  annales  de  l’ari  offrent  dès  exèniples  nlültipliéS 
de  pierres  très-volümineüSeS  enlevées  de  là  ïndnîèrè  la 
plus  heureuse  i  en  les  brisâü  t  pour  éh  rendre  l’èittràctîôn 
plus  facile.  Le  sentiment  de  Scarpà  sur  ce  point  né  s’ac¬ 
corde  donc  ni  avec  l’observation  ,  ni  àVec  la  raison.  D’aik 
leurs,  ce  toélèbrè  profeâsèur  n’â  jamais  fait  ni  VU  faire 
l’opération  de  la  taille  récto-Vësicâle  ,  et  tôüS  les  raison- 
nemens  du  monde  ne  Sauraient  tenir  centré  dés  faits  po¬ 
sitifs  et  bien  obseRvés; 

Je  "crois  avoir  rapporté  scrüpulèuseniént  lés  réponses 
du  professeur  de  PiSe  >  aux  objections  faites  par  Geri  et 
Scarpa  ;  je  n’y  ajouterai  aucune  réflexion ,  parce  que  jë 
crois  qu’ün  Jugement  sur  ce  sujet  Serait  prématuré  ;  ce¬ 
pendant  les  cas  nombreux  dé  plein  succès  què  Vâccà 
rapporte  dans  son  second  Méttioirè ,  joints  à  ceux  dont  il 
avait  fait  mention  dans  le  précédent  ’soni ,  à  înés  yeux  , 
d’un  grand  poids  èn  faveur  de  là  méthode  técto-vésicale 
pratiquée  aVèc  les  précàulibns  qü’il  indique  ;  mais  il  né 
faut  pas  oublier  que  l’Opération  de  là  taillé  latérale  réussit 
infiniment  mieux  dans  certains  pays  qüe  dans  d’autres , 
puisque  dé  Cinq  opérés  b  l’flôtèl-Dieü  de  Paris  ,  il  en 
meurt  un  ,  tandis  qù’h  LÿÔii  la  proportion  des  mOrts  ëst  dé 
deux  sur  trertle-Utt  opérés.  Il  peut  doué  bién  arriver  que 
la  taillé  rëcto-Vésicaié  réüSSissé  pâ^faitemèni  à  Pise  et  dans 
quelques  antres  parties  de  l’Italie,  et  qü’elie  réussisse  niàl 


ET  ANALÏSES.  245 

dans  d’autres,  saùs^qu’ôn  puisse  attribuer  cette  différence 
à  celle  du  procédé  opératoire. 

Je-finirai  eelartiele  en  rapportant  les  propres  réflexions 
de  l’auteur  : 

«  Des  onze  individus  sur  lesquels  j’ai  pratiqué  la  taille 
recto-vésicale ,  dit-il ,  sans  inciser  le  bas-fond  de  la  Vessie, 
un  seul  est  mort  âgé  de  76-  ans,  après  qne  opération  que 
dès  circonstances  particulières  avaient-  rendue  extrême¬ 
ment  pénible.  Un  tel  résultat  ne  doit  pas  être  attribué  h 
ina  partialité  *  puisque  j’ai  soumis  indistinctement  à  Cette 
opération  tous  les  calculeux  qiii-  m’ont  été  présentés ,  et 
que  plusieurs  d’entr’eux  se,  trouvaient  dans  des  conditions, 
extrêmement  défavorablès  ;  d’ ailleurs  ,  mes  observations 
ont  été  faites ,  pour  là  plupart  ,  dans  urieCliniqué  publique , 
en  présence  d’une  jeunesse  nombreuse ,  étsouvent  sous  les 
yeux  de  professeurs  étrangers.  Parmi  les  opérés  ,  se  trou¬ 
vaient  deux  vieillards  entre  l’âgC'  de  70  et  80'  ans ,  un  sujet 
de  60 ,  deux  autres  de  4o  et  5ô  ,  deux  de  58 ,  et  cinq  entré’ 
2  à  i'8:  ans  ;  et  certes ,  quelques-uns  d’ëux  étaient  évi¬ 
demment  dans  cet  état  que  plusieurs  regardent  comme 
contre-indiquant  ^opération.  :  .  ; 

»  Si  on  ajoute  aux  observations  qui  me  sont  propres  , 
celles-de  Eàrnese,  dé  Giorgi  ,'de  Giuseppe  ,  de  W['ori,  dé 
Gittadîni  i  dé  Lancisi,  de  Gapaoin  et  dé  Géri  ,  on-aüra 
seize  autres  opérations  ,  dont  plusieurs  ont  été  faites  sur 
dés  vieillards'  qui  portaient  des  calculs  très-volumineux. 
Cependant  deux  seuls  individus  ont  succombé  ,  l’ùn  dàns 
un  accès  d’ épilepsie,  et  l’autre  (celui  de  M.  GeH) ,  pro¬ 
bablement  par  suite  dé  la  blessure  faîte  aupêritélne  ,  ce 
que  l’on  ne  peut  pas  àttribueé  au  Vicë  dë  la  ipéthode;  ' 

»  Je  ne  prétends  pas  sputenir  què  le  rapport' qüe  jè  viens 
dë- foire  soit  décisif  ,  quelque  fovo'rablé  qu’il  soit  à  la  tàiÜë 
recto-vésicâle.  Personne  ne  sait  niieüx  qué  moi  qu’il  ëst 
besoin  ,  pour  cela ,  d’un  millier  d’bbservatïons ,  parce 


246  EXTRAITS 

que  des  circonstances  particulières  peuvent  accréditer 
une  méthode  et  en  décréditer  une  autre  ;  cès  oLservations 
doivent  être  faites  à  parité  de  circonstances ,  soit  quant  à 
la  salubrité  des  hôpitaux,  soit  quant  à  l’habileté  des  opé-^ 
rateurs  j  soit  quant  au  traitement  Consécutif  à  l’opération. 
Certes,  je  serais  bien  loin  de  proposer  de  changer  de 
méthode  ,  si  la  meilleure  de  toutes  celles  connues  s’ap¬ 
prochait  de  la  perfection  :  mais  peut  -  on  regarder 
comme  parfaite  une  méthode  avec  laquelle  on  arrive  à  la 
vessie  par  une  voie  longue  ,  lorsqu’il  en  existe  unj  plus 
courte  ;  par  une  voie  remplie  de  dangers  lorsqu’il  en  est 
une  qui  n’en  présente  aucun;  par  une  voie  qui  ne  permet 
le  passage  que  des  calculs  d’un  volume  médiocre  ,  tandis 
qu’il  en  existe  une  qui  donne  issue  aux  calculs  les  plus 
volumineux;  une  rùéthode  qui  fait  périr  le  cinquième  des 
individus  qui  s’y  soumettent  ? 

«Les  observations  que j’airapportées  ne  se  bornent  pas 
à  prouver  les  avantages  de  la  taille  recto-vésicalc  sur  les 
autres  méthodes  usitées,  mais  elles  démontrent  qu’il  est 
très-important  de  pénétrer  dans  la  véssie  par  l’urètre  ,  de 
faire  au  col  de  la  vessie  et  à  la  prostate  une  incision  de 
peu  d’étendue,  et  de  respecter  le  bas-fond  de  la  vessie. 
Eneffet.le  professeur  Giorgi ,  quia  mis' en  usage  les  deux 
procédés  ,  a  rencontré  de  grandes  dilBcultés, dans  l’exécu¬ 
tion  du  premier ,  c’est-à-dire  ,  dans  l’incision  du  bas- 
fond  de  la  vessie,;  de  graves  désordres  en  ont  été  le  résul¬ 
tat  ,  tandis  qu’il  n’ep  est  survenu  aucun  dans  l’autre  cas. 
Le  second  opéré  était  guéri  vingt  jours  après  l’opération  , 
et  le  74-’’  >  le  premier  portait  encore  une  très-petite  fistule. 
Le  professeur  Barbantini  eut  une  fistule  en  incisant  le 
bas-tfond  de  la  vessie;  le  professeur  Geri  en  a  eu  trois  sur 
quatre  opérés.  Ainsi ,  sur  sept  malades  à  ma  connaissance 
qui  sont  guéris ,  quatre  sont  restés  fistuleux  ;  un  cinquième 
court  le  même  risque.  Dans  tous  ces  cas ,  les  matières  fé- 


ET  ANALYSES.  247 

cales  entraient  dans .  la  vessie.  Sur  les  <  dix-neuf  individus 
opérés  par  la  voie  de  d’urètre ,  deux  seuls  portent  une  pe^' 
tite  fistule  qui  laisse  passer  de  temps  à  autre  quelques 
gouttes  d’urine  ;  cliez  aucun  les  matières  fécalesn’ont  pé¬ 
nétré  dans  la  vessie.  Il  semble  donc  prouvé  par  l’expérience 
et  par  le  raisonnement,  que  par  le  procédé  opératoireque 
j’ai  décrit ,  on  évite  avec  sûreté  le  passage  des  fèces  dans 
la  vessie  ,  et  que  l’on  s’expose  moins  à  laisser  une  fistule. 
Les  observations  ne  sont  pàs  encore  assez  nombreuses 
pour  déterminer  d’une  manière  précise  si  les  fistules  uri¬ 
naires  sont  moins  fréquentes  avec  le  grand  appareil  laté¬ 
ral ,  que  dans  la  taille  re.ctp-vésicale  ,  en,  ménageant  :1e 
bas  fond  de  la  vessie.  En  attendant  que  les  faits  décident 
la  question,  je  crois  pouvoir  affirmer  que,  quand  même  il 
arriverait  que  la  fistule  fût  plus  fréquente  dansde  second 
que  dans  le  premier  cas  ,  la  taille  rectOï-vésicale  devrait 
être  préférée  ,  parce  que  une  telle  incommodité  est  peu 
de  chose  ,.  s’il  reste  démontré  que  la  .  taille  recto-vésicale 
expose  moins  la  vie  des  malades  que  toutes  les  autres  mé¬ 
thodes.  »  (  CosTER  ch  la  Faculté  d&  Turin.  ) 


Système  d’ Anatomie  comparée;  par.  T,  F ‘  Meckel, 
professeur  de  médecine  d’anatomie  et  çh  physiologie 
4,  l’Université  do  Halle,  Premhr  volume,  contenant 
l’ anatomie  générale, — Halte,  , 

AprIîs  avoir  établi  les  lois  de  forpaatipn  du  règne  ani¬ 
mal  d’une  manière  générale ,  et  après  avoir  indiqué  les 
principaux  caractères  que  présente  ce  règne ,.  tant  sous  le 
point  de  vue  de  la  variété  que  sous  celui  de  l’unité  ,  l’Au¬ 
teur  expose  la  première  de  ces  lois  ,  appelée  loi  de  la  va¬ 
riété.  C’est  en  envisageant  l’écheUe  animale  sous  ce  dou- 


-a48  EXTRAITS 

ible  rapport  qae  l’auteur  se:  livre  à  une  séwe  de  con¬ 
sidérations  et  de  raisonnemens,  dont  nous  allons  résumer 
ceux  qui  nous  paraîtront  les  plus  importaps  et  les  plus 
propres  à  donner  une  idée  juste  des  objets  renfermés 
dans  cette  section. 

I.  Variété  de  là  ccmposiîion  dés  organismes  indivi¬ 
duels,  considérés  dans  l’état  régulier.  —  Un  premier 
caractère  delà  variété  du  règne  animal  se  manifeste  dans 
la  diversité  de  substance  et  de  forme  qù’offrè  chaque  or¬ 
ganisme  individuel.  G’est  sous  ce  premier  point  dé  vue 
que  tout  corps-  animaLse  présente  comme  un  composé  dë 
plus  ou  moins  de  parties  qui  dilïèrent  entré  ellès  ,  tant 
par  leur  nombre  ,  que  par  leur  structure  ét  leurs  fonc¬ 
tions-. 

Le  système  le  plus  généralemen  t  répandu  ,  syslèihe  qui 
constitue  la  base  detoutle'corps  ,  ét  primitivement  même 
Je  seul  élément  organique  ,  est  le  tissu  cellulaire  ou  mu¬ 
queux.  Ge  tissu,  formantune  masse  homogène  gélatineuse, 
d^ün  aspect  grisâtre ,  dembtransparent ,  "  et  n’étrint  essén - 
tielleïoeot  ni  cellulaire ,  ni  fibreux ,  contient ,  dans  la  plu¬ 
part  des  animaux  ,  et  nommément  dans  ceux  des  ordres 
supérieurs ,  une  substance  double,  dont  l’une,  beaucoup 
plus  répandue  que  l’autre  et  commune  à  tous  les  ani¬ 
maux,  prend  le  nom,  de  sérum  du  sângi  tandis  que  l^àutré 
qui,  en  prenant  naissahCe  dans  lé  tiSsumuqueüx ,  le  divise 
en  une  multitude  de  petites  vésicliles  arrondies ,  est  dési¬ 
gnée  sous  le  nom  de  graissé.- 

Un  autre  système,  répandu  presque  aussi  généralement 
que  le  précédent,  et  formant  avec  lui  iôutle  corps ,  non- 
seulementidans  les  àüimàüxdës  plus  inférieurs',  tels  tjue  lës 
hydres  ,  mais  même  dans  les  jeunes  embryons  des  ani- 
mâux.  supérieurs  ,  se  compose  d’une  foule  dfe  petits  glo¬ 
bules  qui  ,  contenus  dans  le  Système  lüüquèux ,  détermi¬ 
nent  la  couleur  de  ranimai. 


ET  ’A'k'AI^ŸSES.  è4g 

Ces  deui  sÿgtêfiffes  ,  ihvôlr  lë  systèbë  ièui|Uëuk  etde 
SJtstèiüë  glob'tilëûX  ;  bëïië^lüëHt  7lé§  élë'üiëris  les  plus  p¥i- 
iriitifs  de  IbrgtiiHisàtion  atiiim'àle  ,  puisque  c-èSî  d’feux  qiie 
naîsseut  les  autres  êléme&è  ânàTOiiiiquès  biôinS  'pritnitîfs , 
Coinrde  exëfnf’lè ,  dës  ïîbrès  et  dés  laides  ,  dëut  la 
TéüTiion  forme  eûsüîlé  tous  les  oi^anes  et  àppàrieils  ul¬ 
térieurs. 

Les  éhimaüx  lès  plus  ibférîeufS  ne  présentent  <jü’une 
enveloppe  ejttériéufë ,  Sans  ôüvertüre  visible.  Gëïte  enve¬ 
loppe ,  dont  là  Structure  est  sëiiiblablë  â  Celle  de  là  Süb- 
stsnCè  qjü’éllè  revêt,  nô’ùs  bffrfe' lès  premiers  rüdimèns 
d’ùn  'sÿstèthecütbné,  tiioyénPant  lequel  ces  àniitiéük  ab¬ 
sorbent  et  réje  tient  les  corps  environnâns.  Cë'  système 
cutané  rudimentaire  acquiert  ,  dans  plusieurs  classés  d’a- 
nimaüXi  Ün  assez  hàut  degré  de  Solidité  potli  Sèi'Vii’  d’or¬ 
gane  du  SmoéVémebl  j  et  Céïiinié  •  éfe  éÿstèmè  Ibrrne  la 
Source  de  tous  lès  sénS  i  il  est  primilivëmént  éiicôrë  le 
séiil  •  organe  dé'S  sënsations.  '  ■  •  '  •  •  . 

A  cèttë  préïnièrë  ébauche  d’iin  systèbè  éûtailé,  pàr 
lequël  la  vië  ànimale  débute  i  sé  Joifit  d’âibdrd'  uÏÏë  'fcà'vité 
qui,  en  par’cbüCaiit  plus  bü  nïoitife  lë  ëo'rps  t  ÿ  donné ïfàife 
sattce  à  ühë  surface  àppélée  întêrielirè  “  P'âr  bppbSîtibh  à 
la  sdrfâCë  éXlérleiire  ;  oü  ,  ëh  d’aüt'rès  tërbés  éâ- 
nal  alimëntâîré  ;  lëqùèl  est  l’bppbs'é  de  là  pëàu.' C^dst  'pér 
radditiôti  de  Cé  së'côrid  àppkrèîl  iqué  la  s|iliîiéé'  d’âcUvité 
du  prëmié'r  Sè  troil Vè  .déjà  tènàidëfàb'lé'méla’É  reSïiëinÉé' , 
éfl  ce  qtie  Ih  plup'àrt  dëS  slibstïüreéSdiétéfègèiieS',  et  hôtàiri- 
belit  les  plus  grossières ,  s'ôriV  rémiVs  et  éicpdlséèS  psü  da 
süriaicé  inténeîirë.  .  i  ^  ^  -  j  - 

G’ëSt  p'ài  la  fèrtiiatibn  de  dette  éàVlté  ;  qùi  priiüiilv'é- 
tîienl  èst  èiffl.!plg  ,  qü'é.  l’timîrlà'rè'St 'cdfivéîjti  bu  en  lih  sàé 
sads  blivé'rttifë ,  bét  èn  uü  tbbep  sdîvàtït  qü’clié  ëst  Oti- 
verté  à  l’ütië  dé  S'és  ëitiémiféS  Sièïdefflëdt ,  'bÜ  à  tëatés  lés 
dfeuï.  Èie&ïôt  ëptlê  Catité  l'c  Ÿhdïiflë'  plW'oH  .lüéins  prb- 


a5o  EXTRAITS 

Ibndément  dans  la  substance  de  l’animal ,  et  la  matière 
nouvellement  reçue  et  préparée  est  assimilée  au  corps  par 
des  voies  particulières  et  constantes ,  lesquelles  diffèrent 
plus  ou  moins  manifestement  de  la  masse  du  corps  envi¬ 
ronnante.  Ces  voies  forment  les  rudimens  d’un  système 
vasculaire  par  lequel  le  canal  intestinal  est  mis  en  commu¬ 
nication  avec  la  peau.  Ces  trois  appareils,  savoir  :  la 
peau ,  le  canal  intestinal  et  le  système  vasculaire  rudi¬ 
mentaire,  forment,  conjointement  avec  la  substance  in¬ 
termédiaire,  le  corps  dans  les  méduses.  Cette  disposition 
se  perfectionne  bientôt,  en  ce  que  ces  mêmes  organes  de¬ 
viennent,  non-seulement  plus  isolés  ,  quant  à  leur  situa¬ 
tion  et  à  leur  texture ,  mais  encore  plus  nombreux  par 
les  organes  qui  s’y  ajoutent. 

Cet  isolement  des  systèmes  existans  a  lieu  par  la  sépa- 
uation  du  système  vasculaire  du  canal  intestinal ,  laquelle 
fait  que  le  système  vasculaire  se  trouve  appliqué  à  ce 
dernier  à  la  manière  d’un  tube  clos ,  comme  cela  a  lieu 
dans  les  insectes;  pubien,  ce  système,  au  lieu  des’anas- 
tomoser  directement  avec  le  canal  intestinal ,  n’en  naît 
que  par  une  multitude  de  petites  radicules  qui,  d’abord  , 
se  réunissent  en  troncs  pour  se  diviser  ensuite  de  nouveau, 
ainsi  que  cela  s’observe  dans  les  annélides  et  dans  toutes 
les  classes  suivantes.  Quant  aux  organes  ajoutés  à  ces 
premiers  appareils ,  on  peut  les  diviser  en  ceux  qui  ne  sont 
que  des  modifications  ou  les  rejetons  des  organes  déjà 
existans,  et  en  ceux  qui,  par  cela  même  qu’ils  naissent, 
peuvent  être  appelés  organes  particuliers.  Les  organes  de 
la  première  espèce  proviennent  en  partie  du  canal  in¬ 
testinal  ou  de  la  peau  ,  et  en  partie  de  tous  les  deux  en¬ 
semble.  Les  premiers  forment  le  système  glanduleux ,  les 
seconds  le  système  respiratoire.  Les  glandes  sont  des  sacs 
clos  qui ,  par  leurs  orifices ,  communiquent  ou  avec  la 
peau  ,  ou  avec  le  canal  intestinal.  Ce  sont  de  véritables 


ET  ANALÏSES.  sSl 

prolongemens  de  ces  organes,  et  particulièrement  de  leur 
tunique  essentielle  ou  primitive.  Ces  sacs ,  condensés 
à  l’extérieur  par  du  tissu  muqueux,  ont  pour  fonction 
d’élaborer  un  liquide  qui  diffère ,  tant  de  leur  propre  sub¬ 
stance,  que  de  la  source  nutritive  commune ,  et  qui , 
suivant  qu’il  sert ,  soit  à  l’entretien  de  l’individu ,  soit  à 
celui  de  l’espèce,  ou  qu’il  doit  être  rejeté  au  dehors,  éta¬ 
blit  trois  sortes  de  glandes,  dont  les  premières  s’ouvrent 
dans  la  partie  supérieure  du  canal  intestinal;  les  secondes , 
formant  le  système  générateur ,  ou  dans  la  partie  inférieu¬ 
re  de  ce  même  canal,  ou  dans  le  système  cutané  externe , 
et  les  troisièmes  également  dans  ces  deux  endroits. 

Le  système  respiratoire  forme  essentiellement  ou  des 
renflemens  ou  des  cavités  qui ,  comme  les  premiers  . 
proviennent  en  partie  du  système  cutané  interne  ,  et  en 
partie  du  système  cutané  externe.  Les  cavités  prennent 
le  nom  de  poumons  ,  tandis  que  les  renflemens  sont  connus 
sous  le  nom  de  branchies. 

Les  systèmes  particuliers  qui  s’ajoutent  aux  systèmes 
primitifs  ,  sont  d’abord  le  système  nerveux  et  le  système 
mûsculaire.  Ces  deux  systèmes  ,  dont  la  formation  a  lieu 
simultanément,  semblent  ne  pouvoir  exister  Tun,  sans 
l’autre. 

Le  système  nerveux,  se  composant  essentiellement  de 
globules  qui  sont  réunis  par  un  liquide,  et  enfermés  dans 
une  enveloppe  mince  et  lisse ,  forme  presque  générale¬ 
ment  des  parties  arrondies  ou  centrales ,  appelées  renfle¬ 
mens  ou  nœuds  ,  et  des  parties  longitudinales  ou  des 
filets.  Par-tout  où  ce  système  se  trouve ,  il  est  l’agent 
de  l’activité; spirituelle  ,  et  en  mênie  temps  l’intermédiaire 
entre  les  organes  centraux  et  les  organes  périphériques. 

Le  système  musculaire ,  considéré  comme  système  < 
particulier ,  se  compose  de  fibres  qui  ,  réunies  en  fais- 
;  ueeaux  par  du  tissu  muqueux  ,  paraissent  entièrement 
I  ,  17.. 


2&2‘  E-XTRÀltS 

cK^Wiirtucs  dè  ^6'îynilës.  Ces  fiBi-ës  doüiéës  de  ïâ  faculté 
dfe  së  fàécourcir  ét  dé  s’éteMre  alternatif eiüéht ,  consti- 
ttrént  f  ôrgàné  actif  du  mburement  è't  de  lâ  locomotion. 

A  cël  sjrstfeiüés  s’ajdütent  ëüsuité  d’autres  systèmes  , 
tels  que  le  système  fibréüx ,  lè  système  cartilagineux  et  le 
sÿstème  osSeux,  qui,  outre  leur  emploi  de  pt-otégèr  lès 
organes  centraux,  et  de  faciliter  le  mouvement ,  servent 
encore  à  donner  au  corps  le  degré  nécessairè  d’appui  é't 
de  solidité;  —  Telle  est  la  vàtiété  de  systèmes  à  laquelle 
l’auteur  arrive  successivement ,  en  étudiant  la  substance 
animale  ,  depuis  le  zoophyte  le  plus  inférieur  jusqu’à  Ta- 
nimal  le  plus  parfait.  Les  descriptions  générafés ,  données 
dé  èhnqué  système  ,  diïïérent  des  descriptions  ordinaires  , 
en  ce  qu’ellés  né  contiennent  que  les  caractères  les  plus 
essentiels.  C’est  poaéquoi  ,  dans  aucune  de  ces  descrip¬ 
tions  iràutéué  n’éxamine  si  dans  la- composition  d’ùn 
otgàîife  il  entre  des  nerfs  èt  des  vaisseaux,  et  éncorè  moihs 
dans  quelle  proportion  ils  y  entrépt  :  «  pafcè  qüé  ,  dit-ii , 
là  tiii  il  éii  existé’ ,  fis  sont  ét'ràngèfs  à  la  substance  de  l’or- 
gàne  ,  et  n’bnt  d’aulré  rapport  avec  lui  que  çèlùidé  edn- 
cbüt*ir  à  sa  cOnserfàtion  par  lès  prîneipés  qu’ils  lui' appor- 
ténl.  Ils  nè  s’èntfelaCertt  nullè  part  avèc  la  sUbstancé  des 
organes  ,  mais  ils  se  répandent  dans  le  voisinage  et  dàns 
le  mfiîM  dë  ïéué  sübstancé.  Le  rameau  nerveux,^  de 
'  mëfflë  '^iÿè Té  rameau  iraSéUlairé  ,  est  situé  entré  lès  fais¬ 
ceaux  éliartfiïâ;  mais  il  ’rf’y' pêfiëtré  point,  puisque  dans 
certains  anitniàAx  infériéüfp  ,  il  existé  dés  vaisseaux  sans 
nerfs  ,  ét  qüé  là  classé  eütïèrëi  dés  inséctes  oiffrè  tous  les 
systèmes  indiqués ,  éîCéep'té  âèé  érganès  ïibrèÜx  ,  des  càr- 
tilagés  et  dés  ôé  ,  sans’  éépëhdànt  qU’ll  y  ait  dés  vaisseaux 
sanguins  qui  i  selon  l’antéüf  ,  n’appartiénnènt  pas  plus  à 
l’éssencé  d’üné  glgndé ,  par  exérnplè  ,  què  les  nerfs  ac¬ 
compagnant  cës  vâisséaux  :  âttëndu ,  dit'-il ,  que  réssénee 
d’uh  tel  organe  consiste  uniquement  dans  la  formation 


ET  AS^LXSES.  2^5 

d’un  sa.c  ,  lequel  est  de,s^jpLé  à  élaljoeer  un  fluide  p^j:- 
ticnller  ,  n’impofle  sf  la  su]bs|tance,  de,  laquelle  ce  flujdp 
est  sécrété  arrive  dans  les  parois  du  sac- par.  des  vaisse.apÿ 
sanguins  ,  ou  si  conjnie  dans  les  insectes ,  ce  gac  est  h^- 
gné  dans  le  fluide-  Il  en  est  absolutncnt  dp;  mênie  d,’iqj 
PS-,  dont  ressence  ne  consiste  ni  dans  le  périoste  qui  l’çp,- 
toure  J  ni  dans  l’organe  m.oelleux  qui  est  renfermé,  par 
içi  ,  attendu  que  les  os  aérifères  des  oiseaqx  ,ne  contiep- 
qent  point  de  moelle,  et  que  très-souvent  des  os  ano~ 
maux  se  développent  sans  qu’ils  soient  entourés  dlapcmr 
pécloste.  ' 

Arprès  ayoir  aipsi  indiqué  la  va  riété  qu’offre  chaque  orga¬ 
nisme  aniipal  en  lui-naêcne  ,  l’auteur  examine  celle  que 
présente  le  règqe  animal ,  envisagé  d’une  manière  géné¬ 
rale.  C’est  en  suivant  I,eg  diverses  parties  exposées,  dan» 
leur  réunion  en  individus ,  que  l’aut.eur  arrive  à  cette 
multitude  d’organismes  qui,  suivant  lui,  peuvent  être 
considérés  comme  les  parties  les  plus  immédiates  de  la 
nat.urp ,  par  opposition  aux  divers  appareils  formant  les 
parties  les  plus  immédiates  des  organismes  Individuels. 
Ces  organismes  sont  divisés  en,  groupes, ,  suivant  qu’ils  se 
trouvent  plus  rapprochés  oy  plus  éloignés  les  uns  des  au¬ 
tres.  Quelques-uns  de  ces  groupes  sont  établis  par  la  ng- 
tqre  ;  quelques  autres  ,  au  contraire  ,  par  l’abstraction  de 
notre  esprit.  Les  premiers  forment  les  espèces  et  les  va¬ 
riétés  ,  les  seconds  leg  genres ,  les  ordres  et  les  classes. 

Il  est  cependant  très-djlïïcilc ,  coqtinue  M.  Meckel  , 
de  défluir  e^taptement  la,  différence  même  entre  l’espèce 
et  la  variété.  En  èlfet,  on  entend  généralement  par  espèce 
un  groupe  de  corps  organisés  ,  qui,  par  la  reproduptiqu  , 
sp  perpétue  d’une  maniéré  invariable  ,  au  Ueu  que  leg  va¬ 
riétés,  formeni;  des  gpoupps  subordonnés  donples  carac¬ 
tères  distipelifs  sont  perpétués  comme  ceux  de  l’egpècc. 
L’origine  cleg  variétés  estlp  plug  gpuvfint.lrès  dilBcilçà  déçou> 


2.54  EXTRAITS 

vrir  ,  et  leur  existence  ne  permet  guères  de  tracer  des  li¬ 
mites  exactes  entre  les  groupes  faits  par  la  nature ,  et  ceux 
qui  sont  le  résultat  de  notre  abstraction,  attendu  que 
la  dégénération  héréditaire ,  sur  laquelle  est  fondée  l’ori¬ 
gine  des  variétés  ,  n’exclut  nullement  la  possibilité  que  les 
dilTérens  groupes  d’organismes  ,  quelque  variés  qu’ils 
soient,  ne  dérivent  tous  d’une  seule  et  même  organisation 
primordiale,  et  en  conséquence  la  différence  faite  gé¬ 
néralement  entre  les  divisions  naturelles  et  les  divisions 
dites  artificielles  ne  repose  sur  aucune  base  solide.  A  la 
vérité  ,  pour  fixer  le  sens  du  mot  espèce  {species)  ,  on  a 
recours  h  la  reproduction ,  et  l’on  ajoute  à  la  définition 
donnée  de  ce  groupe,  que  les  organismes  qui,  le  com¬ 
posent  s’accouplent  librement  lorsqu’ils  vivent  dans  l’état 
de  la  nature  ,  et  qu’ils  concourent  ainsi  à  la  conservation 
de  leur  espèce.  Cependant, ce  caractère  même 'n’est  pas  à 
l’abri  de  toute  objection ,  puisqu’il  est  des  animaux ,  tels 
que  le  chien  et  le  loup ,  le  cheval  et  l’âne  ,  etc. ,  qui  , 
malgré  la  différence  d’espèce,  se  reproduisent,  et  c’est 
pourquoi  plusieurs  naturalistes  fort  célèbres  ont  cru  devoir 
adopter  l’opinion  que  les  différentes  espèces  du  genre 
chien  ,  cheval ,  etc. ,  ne  sont  que  des  variétés  acciden¬ 
telles  provenant  d’une  seule  et  même  espèce ,  quoique  les 
caractères  qui  les  différencient  soient  devenus  hérédi¬ 
taires.  En  effet ,  la  circonstance  qu’au  choix  libre  les  indi¬ 
vidus  d’un  groupe  que  nous  considérons  comme  primitif, 
ne  se’^ reproduisent  point  avec  ceux  d’un  autre  groupe  , 
quelque  rapproché  qu’il  soit  du  premier ,  ne  prouve  nulle¬ 
ment  qu’ils  ne  dérivent  pas  de  la  même  souche,  puisque 
les  diversités  existant  entre  eux  peuvent  s’être  développées 
successivement.  Du  reste  ,  l’application  de  ce  principe  se 
trouve  très-restreinte  par  cela  même  qu’il  n’est  relatif 
qu’aux  organismes  qui  se  multiplient  par  accouplement , 
et  nullement  à  ceux  dont  un  seul  individu  suffit  pour  rem- 


ET  ANAtSSES.  255 

plir  ce  but.  Il  est  encore  moins  applicable  à  ceux  qui , 
sous  des  conditions  favorables  ,  naissent  par  une  généra¬ 
tion  entièrement  spontanée  {Generatio  œqulvoca). 

Cela  posé  ,  l’auteur  examine  les  différentes  divisions 
faites  dans  le  règne  animal  depuis  Aristote  jusqu’aux  na¬ 
turalistes  de  nos  jours.  Dans  cet  examen  ,  il  prouve  com¬ 
bien  il  importe  d’adopter  pour  ,  principe  de  classification  , 
non  quelque  système  ou  quelque  organe  isolé,  mais  toute 
l’organisation  ;  car ,  dit-il ,  l’avantage  offert  par  la  briève¬ 
té  de  cette  méthode  est  indubitablement  contre- balancé 
par  le  désavantage  de  la  défectuosité  et  de  l’inexactitude. 
C’est  à  cette  occasion ,  et  particulièrement  en  réfutant 
les  diverses  opinions  tendant  à  renverser  la  division  de 
M.  Lamarck  qui ,  comme  on  sait,  divise  les  animaux  en 
vertébrés  et  en  invertébrés ,  que  l’auteur  s’arrête  un  mo¬ 
ment  pour  répondre  à  une  opinion  nouvellement  émise , 
à  ce  sujet,  par  M.  Geoffroy  (i)  ,  et  voici  ce  que  l’auteur 
dit  à  cet  égard. 

«  Suivant  M.  Geoffroy ,  les  anneaux  dont  se  compose 
»  le  corps  dès  insectes  et  des  crustacés  sont  des  vertèbres , 
set  les  parties  regardées  communément  comme  les  pieds 
»  de  ces  animaux  ,  des  côtes. 

»  Voici  les  argumens  apportés  à  l’appui  de  cette  opinion  ; 
.1)1.°  L’enveloppe  extérieure  des  crustacés,  se  coip- 
»  pose  de  plusieurs  couches  dont  l’inférieure  très -dense, 
iiest  formée  d’un  amas  de  mailles  et  perforée  d’une  mul- 
mtitude  de  trous. 

»  '  2.°  Les  articulations  du  corps  d’un  insecte  sont  tout- 
»  à-fait  analogues  aux  vertèbres ,  puisque  les  unes  elles 
»  autres  constituent  un  anneau  qui  résulte  de  la  réunion 
»  succe-ssive  de  quatre  pièces ,  et  que  les  premières  ne 


(i)  Sur  une  rolonue  vertébrale  et  scs  côtes  dans  les  insectes  àpiro— 
potles.  (  Annales  Générales  des  Sciences  physiques  ,  t  Bac.  ) 


2,56  Ji.X  'lVK  A  J,.;  .. 

»  dq  cçs^-  gi^’apUt^pl,  qu’elj^s  soqt  cL’ime,. 

»  Qpg^içjlté  g|us  çran^Ç;.j  ij 

«laires  :piP5,c%  ç^qi,  phep  Ips  aqh^pujf  ^ugiérieurs,  se 
»ti;ouvppt  j^lap^s  pljuis  à  la  superficie,  sept  reçus,  dans  leur 
«cayit^s  j  au  lieu  ç^ue  les  yerfè^res  des  apimapx  plus  c^le- 
»  y^s  ne  renferment  qqe  la, sul^stance  raçbiâienne. 

.«  I^ans;  les  os  dqs  animaux  plus  élevés ,  comme,  dpns, 
«l’eflyeloppe  des  ççq'stacés,  et  des  insectes ,  on  trouve  les 
»  i)jê,m,es  (Slénj.çps  chimiques ,  et  noramt^nient  de  la  chaux , 

»  qqj  ipup  ,d.opne  cette  dureté  ;  et  toute  la  différence  entre 
))  lçsqs:dps  animaqx  supérieqcs.etles  anneaux  des  animaux 
ü  çrustpcés  et  des  insectes,  consis,le  en  eeque  dans  lespre- 
«rniers;  le  phospliale  de  chaux  prédoipine  sur  le  cario- 
)>nate  dp  chaux i  tandis  que,  dafts  les  derniers,  le  carbo- 
»nqlp  dp.  cbqux  .csjt  plus  abondant  que  le  phospliate  de 
DchauX;  .  .  ..  ,  ■ 

»  ;Çe]-}en.é^nt.,  djous  cef,  i^rgqnjeiis  sont,  insuflis.ans 
»  pour  démontrer  la  réalité  de  l’analogie  établie  par  M. 

»  GeofiVoy  ,  parce,  qqe,  :  ;  '  , 

»  i.°  Il  n’ï  a  autorisp  à  consi* 

»dérer  cettp  couche,  iqféiiçWÇP  ÇO,n3me.  ^  os- 

r>  seuse ,  attendu  que  ce  n’est  autre  chose  que  du  derme. 

'  »  2.°  L’a..sserlion;  que.  fes  yerlébres  résult^enl  de  la  réu- 
iinion,  successive  de  quatre  pi.èces  esf  itiexa.çte,  en  ce 
«qu’il  n’y  Oi réélleçaent  que  trpis  pièces  principales  et  un 
«nombre  plus  cousidécable  d’appendices.  D’ailleurs  , 
«quand  même  cette  conformité  existerait,  elle  ne  p.rou- 
»  verait  pas  plus  eu  faveur  de  l’aualpgie  pq  question  ,  que 
«ne  prouve  la  forpae  annul%ire  ,  puisque  la  différence  dq 
«  rapport  existant  entre  çes  dcuç.  parties  et  les  autres  orga- 
»  nés  l’emporte  de  beaucoup  sup  l’apalpgio  établie  sur,  lea 
^  conditions  que  nous  venons  d’indiquer. 

»  5.“  I^a  composition  chimique  présente  même  plus 
»  de  différence  que  d’ébalqgüq  >  et  tout  ce  qu’elle  indique , 


ET  ANAEYSES.  SiS.J 

»  consiste  à  faire  connailre  la  cimse  de  la  dur, été  des  pac- 
»  lies  comparées.  ’  , 

«  A  ces  objections  s’ÿoulent  encore  d’autres  faits  qui 
«contredisent  directement  l’opinion  de.  M.  Çeoffroy.  En 
«effet,,  les  écailles  de  la  plupart  des  poissons,  et  notn- 
» mément  celles  de  l’esturgeon,  offrent,  dans  les  lames 
»  osseuses  de  la  peau  ,  et  h  côté  dq  la  charpente ,'  des  par- 
«  ties  dures  qui,  paç  leur  situation  etleur  rapport  avec  les 
«muscles  subjacens ,  répondent  exactement  aux  préten- 
»  dues  vertèbres  des  insectes  et  des  crustacés.  Par  consé- 
«quent,  comme  dans  Iqs  poissons  il  existe  à  la  fois  le 
«squelette  dqs  animaux  vertébrés  et  celui  des  insectes  el 
»  des  crustacés ,  on  peut  seulement  dire  que  ,  chez  ,cea 
«derniers,  la  peau  s’est . tcaqsforçnée  eP  S3dplette  qui, 
«comme,  squelette  extérieur,  peut  être  opposé  au  sque- 
«lette  intérieur  des  animaux  plus  élevés,  et  qui,  par  sa 
«situation,  sa  nature  ehiinique,,  et  souvent  rnême  par  sa 
»  forme,  correspond ,  non-seulement  aux  testes  des  piol- 
«lüsques ,  mais  encore  aux  parties  duré?  4es  écémoder- 
»  mes  et  dea  lithophy.les, 

Après  avoir  ainsi  défendu  la  t^iyision  des  animaux  eq 
deux  grande^  sections  ,.  s.avQir  ,:  en  vertébrés  qt  en  inver¬ 
tébrés,  l’auteu,r  l’adopte  etla  subdivise  ensuite  en  classés, 
en  considérant  toujours  les  particularités  denhaque  classe. 
Cela  fait,  l’auteur  indique  les.  caractères  qu’offiont  les 
animaux  invertébrés  elles  animaux, vertébrés;  puis  il  exa¬ 
mine  la  question  dc  savoir  dans  quel  ordre  ces  différen  tes 
classes  doivent  être  rangées.  Enfin,  il  termine  par  faire 
un  exposé  général  des  caractères  distinctifs  entre  les  ani¬ 
maux  inférieurs  et  les  animaux  supérieurs  ,  en  suivant  le 
perfoctionnemepji  graduel  de  rorganisme  animal, 

Quant  aux  classes  établies  par  l’auteur  ,  elies  sont;  au 
nombre  de  douze  :  la  première,  ou  la^plus  inférieure, 
comprend  les  pfotpzoës  contenant  les  infusoires  ,  les  zoo- 


258  EXTRAITS 

phytes ,  les  akalephes-,  et  plusieurs  genres  de  vers  intes¬ 
tins;  la  deuxième  renferme  les  échinodermes  ;  la  troisième 
les  annélides;  la  quatrième  les  insectes  ;  la  cinquième  les 
arachnides  ;  la  sixième  les  crustacés  ;  la  septième  les  cir- 
ripèdes;  la  huitième  les  mollusques  (i)  ;  la  neuvième  les 
poissons,  qui,  par  la  manière  dont  ils  se  reproduisent, 
sont  divisés  en  deux  grandes  sections  ,  savoir  :  en  poissons 
osseux  et  en  poissons  cartilagineux;  la  dixième  contient 
les  amphibies  ou  les  reptiles ,  lesquels  se  subdivisent  en 
quatre  ordres,  savoir  :  en  batraciens,  en  ophidiens,  en 
sauriens  et  en  chéloniens  ;  la  onzième  les  oiseaux,  divisés 
en  six  ordres  ,  qui  sont  i.°  les  palmipèdes  ou  les  natatores; 
2.»  les  grattatores  ouïes  échassiers;  3.°  les  gallinacés; 
4.°lesscans,ores  ou  les  grimpeurs  ;  5.°  les  oiseaux  chanteurs 
ou  les  passereaux  ;  et  6.°  les  accipitres  ouïes  oiseaux  de 
proie;  la  douzième  et  dernière  classe,  enfin,  comprend 
les  inammifères,  dont  l’ordre  le  plus  inférieur  est  celui 
des  monotrèmes  ;  le  deuxième  renferme  les  cétacés  ;  le 
troisième  les  ruminans;  le  quatrième  les  pachydermes 
{multungula) ,  qui ,  avec  les  autres  ongulogrades ,  se  sub¬ 
divisent  en  deux  grandes  sections  ;  le  cinquième  les  éden¬ 
tés  ,  se  subdivisant  de  nouveau  en  cingulés  (  cingulata)  , 
en  vermilinguaux  {vermilinguia)  ,  et  en  bradypodes 
(bradjpoda);  la  sixième  les  rongeurs  [rcisoris  seu  phren- 
siculantia  )  ;  le  septième  les  marsupiaux  ;  le  huitième  les 
carnivores;  le  neuvième  les  chéiroptères;  le  dixième  les 
quadrumanes ,  et  le  onzième ,  qui  est  l’ordre  le  plus  élevé , 
l’homme. 


(i)  Les  céphalopodes  ,  que  la  plupart  des  zoologistes  rangent  dans  la 
classe  des  mollusques ,  forment,  suivant  M.  Meckel,  une  section  in¬ 
termédiaire  entre  les  animaux  invertébrés  et  les  animaux  vertébrés.  «  Les 
céphalopodes  ,  dit-il  ,  offrant  non-seulement  un  crâne,  mais  encore  les 
riidimens  d’une  colonne  vertébrale  cl  des  os  des  membres,  participent 
à-la-foit  de  l’orgapisation  des  poissons  et  de  celle  des  mollusques.»  (M.) 


ET  ANALTSES.  25  9 

Exposition  de  quelques  caractères  généraux  qu’offrent 
les  animaux  invertébrés ,  les  céphalapodes  et  les  ani¬ 
maux  vertébrés.  —  i.“  Les  animaux  invertébrés  offrent, 
dans  leur  forme  comme  dans  leur  structure  ,  une  variété 
beaucoup  plus  grande  que  les  céphalopodes  et  les  animaux 
vertébrés,  qui  tous  sont  formés  d’après  un  type  plus  uni¬ 
forme,  ce  qui  fait  que  ,  chez  ces  deux  derniers,  la  situa¬ 
tion  des  organes  est  en  même  temps  beaucoup  plus 
constante, 

2.“  La  forme  extérieure  des  céphalopodes  et  des  ani¬ 
maux  vertébrés  est  généralement  plus  symétrique  que 
celle  des  animaux  invertébrés ,  vu  qu’il  n’y  a  que  quelques 
genres  de  poissons  qui ,  par  la  situation  des  yeux ,  s’écar¬ 
tent  de  la  conformation  symétrique ,  au  lieu  que  chez  les 
mollusques  gastéropodes  ,1a  symétrie  extérieure ,  parla  po¬ 
sition  de  l’anus,  de  l’orifice  sexuqj;i,  et  souvent  même  de 
l’organe  respiratoire  ,  constitue  un  état  normal.  lien  est 
de  même  de  toute  la  masse  que  forment  les  zoophytes 
composés  ou  réunis  en  familles ,  laquelle  masse  est  dis¬ 
posée  également  d’une  manière  asymétrique. 

5.”  La  dimension  du  corps  prédomine  généralement 
beaucoup  plus  dans  les  animaux  vertébrés  et  les  cépha¬ 
lopodes  que  dans  les  autres  animaux. 

4. °  Le  nombre  des  divers  organes  est  plus  grand  dans 
les  céphalopodes  et  les  animaux  vertébrés  que  dans  les 
animaux  ,  invertébrés  ;  et  dans  les  animaux  vertébrés ,  ce 
même  nombre  est  plus  grand  que  dans  les  céphalopodes, 

5. *  Parmi  les  animaux  vertébrés ,  on  trouve  des  orga¬ 
nismes  plus  grands  que  parmi  les  animaux  invertébrés  et 
les  céphalopodes. 

6.  °  Les  différentes  sections  du  corps  et  les  organes  qu’elles 
contiennent  sont  plus  séparés  les  uns  des  autres  et  plus  re¬ 
vêtus  d’enveloppes  séreuses  dans  les  animaux  vertébrés 


2  6g  JiXTEAITS 

cjue  dans  les  çéglialpppdes  et  les  auiniaux  invertéJjrés. 

7. "  Les  aiii,maux  mTOi'tébrés  sogt,  ou  enlièrement  pri¬ 

vés  de  membres  ,  ou  ils  en'ont  plus  de  deux  paires,  qui 
sont  placées  Lune  à  côté  de  l’autre  et  d’avant  en,  arrière  , 
tandis  q^iîe  les  animaux yertébrés  ,  en  tant  qu’ils  sont  doués 
de  membrés ,  n’en  ont  qu’une  pu  4eux  paires  tout  au  plus. 
Les  céphalopodes  participent,  du  moin^  en  partie  ,  h  ces 
deux  forniations ,  en  çe  que  tous  sont  munis  de  huit  tenr 
tacules  placées  autour  de  la  tête  ef  que  plusieurs  d’entre 
eux  même  sont  pourvus  ,1e  long  du  bgçd  latéral,  du  corps  , 
de  deux  prolpngemens  qui  sont  entièrement  qnaiggues  aux 
membres  des  animaux  vertébrés,  ■  ’ 

8. °  Tous  les  animaux  vertébrés^  et  céphalopodes  sgnt 
doués  d’un  véritable  squelette  intérieur  qui  est  gu  carti¬ 
lagineux  ou  osseux ,  et  qui ,  par  les  muscles  dont  il,  gst  cpq- 
vert ,  est  plus  gu  moins  séparé  de  la  peau.  Ce  squelette 
intérieur  n’existe  pgii^  dans  Ips  anima, ux  ipyerlôbrés  ,.  op 
l’on  ne  peut  admettre  qu’un  squele.tjte, extérieur  couyyqpt 
les  muscles,  et  qui,  au  ligu  d’os ,  est  fornaé  de  la  pe,a.u 
durcie  et  convertie  en  test;  conséquemment  l’analogie 
entre  le  squelette  dps  tortues  et  le  squelette  extérieur 
des  animaux  invertébrés  n’est  qu’une  analogie  appa¬ 
rente. 

9. ° -Les  organes  mastica.lgires  dps,  animaux  invertébrés 
sont  entièrenaent  nuis ,  et  là  où  il  en  qxiste ,  ij,s  CQn,s,istent 
ou  en  une  seule  inandibule  supérieure  ,  ou  , en  deux  laté¬ 
rales,  ou  enfin  en  cinq.  Chez  les  céphalopodes  et  les  ani¬ 
maux  vertébrés  ,  au  contraire,  il  y  a  une  mâchoire  .supé- 
rieure  et  une  njâchoire  inlérieure ,  qui  sgujes  sont  garnies 
de  dents.  Le  système  digestif  des  animaux  invertébrés  ya- 
riqdanssa  cpmpgsitign  à  ujir tel  ppmt,  qu’il  est  ppsquc 
impossible  d’en  indiquer  aucun  caractère,  générai.  N.éan- 
mgîns  ,  les  organes ,  dont  ces  animaux  sont  privés  cons¬ 
tamment  ,  sont  la  raté  et  le  pancréas.  Cependant ,  ces 


ET  ANALYSES.  sGl 

dëùk  orgatiès  hi'anquëût  aù'ssi,-non  séülémënl  dans  les  cè- 
f)IiàIbpo dés ,  mais  éncdrë ,  et  pârticulièrémënt  cé  derriiér  , 
dans  plusieurs  poissons. 

id.°  Lé  système  vâs'cùîaire  dés  animaux  véritélirés  et 
dés  céphalopodes  prësfehté  toujours  au  moins  un  cœur 
éhàrhu  simple,  qui  ste  divise  ëh  plùsiéürs  cavités,  tin  tel 
cdéiif  éé  trouvé  à  là  vérité  aussi  dans  les  àhlmaux  inverté- 
Brés  des  classés  supérieures;  cependant  ces  derniers  dif- 
fërënt  des  premiers  par  lë  rapport  dans  lequel  le  coeur  se 
trouve  àveC  les  vaisseaux ,  attendu  (jue  chez  lés  animaux 
invertébrés  il  h’y  ajâniàls  qù’un coeur  simple  ,  au  lieîi  que  , 
chez  les  driimaux  vertéBrés  et  lës  céphalopodes ,  il  y. a  en 
outre  un  cœur  palmonàirë  qui,  chez  les  uns  est  uni  au 
premier,  et  chez  lés  autres  ,■  séparé  de  lui.  Quantaux  cé¬ 
phalopodes  ,  ils  diffèrerit  des  animaux  vertébréà  par  une 
séparation  complété  de  cës  deux  côéurs  qui ,  dans  les  ani¬ 
maux  vertébrés  à  cœur  double  ,  së  trouvent  réunis. 

11. °  Les  organes  rës|)irat'oires  des' animaux  vertébrés 
sont  toujours,  ou  presque  toùjb'urs,  éniermés  dans  une 
cavité.  Ils  communiquent  constamment  avec  la  cavité 
biiccale  et  trës-souvent  aussi  avec  celle  du  nez.  Chez  les 
animaux  invertébrés  et  les  céphalopodes  ,  les  organes  res¬ 
piratoires  sè  téouvent  séparés  des  organes  digestifs  ,  excepté 
dans  un  petit  nombre  de  cas  où  ils  prennent  naissance  ,  du 
moins  en  partie,  au  bout  postérieur  du  canal  intestinal; 
mais  dans  tous ,  ils  Commuhiquelit  directeménf  avec  le 
système  cutané  externe. 

12. °  Les  animaux  vertébrés  sont  doués  généralement 

d’un  organe  sécréteur  de  rurine.  Cet  o'rganèv  consMéré 
comme  appareil  partiCùlier  et  jddépehdânt  ,  n’est  point 
encore  démontré,  ni  dans  les  céphalopodes,  ni  dans  les 
animaux  invertébrés.  : 

i5.°  Dans  les  céphalopodes  ,  comme  da'ns  les  aniiïîaux 
vertébrés ,  les  organes  génitaux  de  l’un  et  de  l’autre  sexes 


262  EXTRAITS 

ne  se  trouvent  jamaîs  ,  ou  presque  jamais,  réunis  dans  le 
même  individu  ;  au  lieu  que  dans  les  animaux  invertébrés , 
cette  réunion  a  lieu  très-fréquemment. 

i4.°  Dans  les  animaux  vertébrés  ,  le  tronc  nerveux  est 
situé  au-dessus  du  canal  intestinal  ;  dans  les  animaux  in¬ 
vertébrés  ,  au  contraire ,  il  se  trouve  placé  au-dessous  de  ce 
canal  et  très-peu  isolé  des  autres  organes.  Le  cerveau  des 
animaux  vertébrés  est  en  grande  partie  creux ,  celui  des 
animaux  invertébrés  et  des  céphalopodes  est  au  contraire 
massif.  Les  nerfs  des  premiers  naissent  sous  forme  de  fdets , 
qui  ensuite  se  réunissent  en  cordons  ;  ceux  des  céphalo¬ 
podes  et  des  animaux  invertébrés,  au  contraire,  naissent 
immédiatement  sous  forme  de  cordons.  Quant ,  enfin ,  aux 
organes  des  sens ,  ils  sont  presque  nuis  dans  les  animaux  in-r 
vertébrés ,  et  en  tant  qu’ils  existent,  ils  sont  formés  presque 
généralement  d’après  un  tout  autre  type  que  ceux  des  ani¬ 
maux  vértébrés  et  des  céphalopodes. 

Telles  sont  les  recherches  auxquelles  l’auteur  se  livre  en 
étudiant  la  variété  du  règne  animal.  Dans  le  prochain 
numéro  nous  ferons  connaître  les  causes  de  cette  variété 
et  nous  terminerons  cette  analyse  par  quelques  mots  sur 
la  loi  de  là  réduction. 

E.  Martini. 


EXTRAITS  DE  JOURNAUX. 


Observation  d’une  paralysie  du  sentiment  sans  perte 
du  mouvement  volontaire.  —  «  Un  homme  ,  âgé  d’en-’ 
viron  cinquante  ans,  éprouva,  dans  le  courant  de  l’au¬ 
tomne  1821 ,  une  paralysie  du  sentiment  de  presque  tout 
le  côté  gauche  du  corps.  La  face  seu  le  en  était  exemlite. 


ET  ANALYSES.  a65 

On  pouvait  lui  pincer  avec  force  la  peau  de  ce  côté  ,  au 
bras  ,  à  la  poitrine ,  à  l’abdomen  ,  mais  sur-tout  à  la  fesse 
et  à  tout  le  membre  abdominal ,  sans  exciter  la  moindre 
douleur  ,  et  cependant  le  mouvement  volontaire  était 
conservé  dans  toutes  ces  parties.  Une  faiblesse  assez  grande 
s’y  faisait  néanmoins  remarquer.  A  cela  se  bornaient  les 
symptômes  présentés  par  ce  malade  :  point  de  céphalal¬ 
gie  ,  le  sommeil  était  bon  ,  la  face  dans  son  état  naturel  , 
la  respiration  libre  et  facile  ,  le  pouls  calme  et  régulier  , 
l’appétit  vif  et  les  digestions  excellentes.  Ou  l’interrogea  , 
et  l’on  apprit ,  qu’ancien  militaire,  il  avait  reçu  une  quin¬ 
zaine  d’années  auparavant ,  un  coup  de  feu  dans  le  flanc 
gauche.  La  balle  était  entrée  vers  le  bord  libre  de  la  der¬ 
nière  côte  astérnalé  ,  avait  cheminé  horizontalement  sous 
la  peau ,  en  longeant  à-peu-près  cette  côté ,  et  était  allée 
sortir  vers  la  première  vertèbre  lombaîré ,  après  l’avoir 
probablement  heurtée  et  fracturée.  La  guérison  de  cette 
blessure  s’était  opérée  assez  promptement  ;  mais  à  peine 
était-elle  achevée  que  le  malade  s’aperçut  d’une  diminur- 
tion  de  la  sensibilité  qui ,  commencée  autour  de  la  cica^ 
Irice  postérieure,  gagna  peu-à-peu.en  étendue  et  en  ihr 
tensité.  On  l’envoya  aux  eaux  de  Bourbonhe  :  il  y  fit  un 
séjour  très-prolongé  sans  beaucoup  de  soulagement ,  et 
ne  recouvra  enfin  la  sensibilité  perdue  qu’à  la  faveur  de 
la  réouverture  de  la  plaie  des  lombes.  Rentré  dans  la  vie 
civile,  il  continua  de  se  bien  porter,  mais  chaquefoisquela 
cicatrisation  menaçait  de  s’opérer ,  la  paralysie  du  senti¬ 
ment  tendait  à  se  renouveler.  Enfin  sa  plaie  s’étant  en¬ 
tièrement  cicatrisée ,  l’état  décrit  ci-dessus  en  avait  été 
la  suite  immédiate.  »  Quatre  vésicatoires  appliqués  suc¬ 
cessivement,  b  quelques  jours  d’intervalle,  le  premier 
sur  la  région  lombaire  gauche,  le  second  sur  la  fesse  du 
même  côté  ,  le  troisième  sur  l’échancrure  sciatique ,  le 
quatrième  au-dessous  du  grand  trochanter  ,  réveillèrent 


aèü  EXTRAITS 

dàns  l’è'spâde  d’an  mois  tbuté  Ih  sdiisibilité  perdue.  Le 
IDdctédr  RbdlïêVqdi  rappDr'fè  "dé  fait;  croît  qüë  là  perte  du 
senïîinênt  doit  êlrë  attribuée  à  là  léSibii  dé  quelques-uns 
dék  cordôlîs  racHidiéns  jidsténeùrs ,  que  M.  Magéîidie  a 
ap^ft'ï'îs  être  lés  nerfs  du  seritimétit  i,  lésion  prodiiibe  ,  ajou¬ 
te- f-iU  soit  immédia temeftt  pâr  la  balle  ,  soit  par  un 
iVagmèbl  delà  vertèbre.  »  Il  essaye  d’en  expliquer  toutes 
■lés  particularités  par  cette  supposition. univérs. 
•dés  s'cÂÉncéà  'médicales ). 

Ohservàtiôns  sùi'  l’action  dé  la  bile  dans  la  digestion; 
pÆ)’  B.-G.  Brodiê  ,  M.-B,  —  Les  physiologistes  ne  s’ac¬ 
cordent  pas  entr’eux  siir  les  fonctions  du  foie  et  l’action 
de  la  bile  dans  la  digestion.  Les  uns  regardent  ce  liquide 
comme  purement  excréinentitièl  ;  d’autres  comme  un  sti¬ 
mulant  destiné  à  produire  l’évacuation  des  matières  sler- 
coralbs  én  excitant  l’action  dès  intestins  ;  d’aüttés ,  esifin , 
pensent  que  c’est  par  son  mélange  aveC  le  chyme  que 
cette  matière  èst  convertie  en  chyle.  M.  Brodic  adopte 
cetie  dernière  opinion ,  qiii  lui  paraît  la  naieUX  fondée  ;  et , 
pour  né  laisser  aucun  doute  b  ce  sujet ,  il  à  entrepris  une 
série  d’expérienCes  qUi  font  le  sujet  de  cette  note. 

Il  appliquait  une  ligature  sur  le  canal  cfiblédoqùê ,  de 
manière  à  empêchër  complètément  l’aflluk  de  la  bile  dans 
lè  duodénum,  et ,  au  bput  d’un  certain  temps,  il  exami¬ 
nait  les  progrès  de  l’âltér'atibn  prbdnite  par  la  digestion 
sur  lesnlimens  introduits  dans  l’estofnac  immédiatement 
étant  oii  après  l’opération. 

La  ligaturé  du  càhal  cholédoque  n’est  pas  difficile  à 
éiécùter  ;  elle  n’èritralne  pas  imrnédiht’emeht  d’àecidéiïs 
funestes  fet  l’animal  sé  rétablit  àssez  bien  pouf  qillon  rie 
poisse  attHbuéf  à  l’opération  lés  dérarigemens  delà  diges¬ 
tion  qûi  eh  sont  la  suité. .  Là  ^ecticœi  dd  «eff  pnêùmd  gas¬ 
trique  sûr  le  cardia  ;  el;là ligature  dé  l’éx’fréinitè  dtîodë'nalc 
du  pdricféas,  sdnt  des  ôpératiottS  beaucôtip  plus  gridves , 


ET  AW.A.LYS.ES.  265, 

et  cependant,  il  est  prouvé  qu’elles  n’empêchent  en  au¬ 
cune  manière  la  digestion  de  s’opérer ,  soit  dans  l’estomac:, 
soit  dans  les  intestins.  .  .  . 

Les  nombreuses  expériences  que  l’auteur  a  faites ,  la 
plupart  sur  de  jeunes  chats,  ont  constamment  donné  les 
mêmes  résultats,  dont  voici  les  plus  remarquables  :  la, 
transformation  des  alimens  en  chyme  se ,  faisait  comme 
dans  l’état  sain  ;  la  chylificfttion  ,  au, contraire ,  était  com-, 
plètement  interrompue.  On,  ne,  trouvait  aucune  trace  de 
chyle  ni  dans  les  intestins  ,  ni  , dans  les  vaisseaux  lactés. 
Les  intestins  grêles  contenaient  une  matière  à  detui -fluide, 
semblable  au  chyme  renfermé  dans, l’estomac,  dont  la 
consistance  s’augmentait  peu-à-peu.et  qui  devenait  solide 
près  de  la  terminaison  de  l’iléon  dans  le  cæcum.  Les 
vaisseaux  ..chylifères  contenaient  un  liquide  transparent 
que  l’auteur,  regarde  com™®.  formé  d’un  mélange  de  lym¬ 
phe  et  déjà  ^partie  la, plus  liquide|^du  chyme. 

«  La  bile  sert  donc,  dit  l’auteur,  à  transformer  en 
»  chjle,  la  partie  nutritive  du  chyme,  et  h  la  séparer  des 
»  matières  excrémontitiel les.  ;  -,  .  , 

On  pourrait  objecter  à  ..celte  conclusion  que ,  ;  très-sou¬ 
vent,  on.  a.  vu  vivre  pendant  , un  temps  considérable  des 
individiis.'chez  lesquels  le  pasS.age;  de  là  bile  ,  dans  le  duo,r 
dénum  était  intercepté.,  A  cela,  l’auteur  répond,  i.”  qu’il 
est  trèâ-rare  que  l’obstruction  du I canal,  cholédoqué  soit 
assez  complète  pour  interfompre entièrement,  le  cours  de 
la  bile  ,  et  que  la  blancheur,  des  excrémens  ne., peut  indi¬ 
quer  qu’une  diminution  dans  la,  quantité  ,  et  non  un  dé¬ 
faut  absolu  .de  ce  liquide;  2.°  que  dans  les  cas  authentip 
ques  d’oblitération  complète  de;  ce, canal  chezl-homihe  ,  il 
paraît  qu’on'  a. .tou jours  , observé,  un  .amaigrissement  ex¬ 
trême  ,  préu.ve.éyidente.du  trouble  de  lanutrilion  ;  5,°  en¬ 
fin  ,  quèja  prqlongatipn  de  Jovie  dansces  circonstances 
pendant  quelques  semaines;  et  uiême,  quelques  luois.. 


^66  ïXTRàlTS 

proiifé  séülémwïli  que  la  iiutritkHi  peut  encore  s’exércer 
plus  ou  moiusi  quoique  le  chyme  ne  soit  pas  transformé 
en  chyle;  et,  en  effet ,  les  expériences  font  voir  que  la 
partie  la  plus  fluide  du  chyme  est  absorbée  par  les  chyli¬ 
fères  i  ce  qui  peut-être  suffit  h  entretenir  la  vie  pendant 
liti  certaih  tetnps. 

M.  Brodie  termine  cette  note  en  rapportant  un  fait  très- 
cüriêüx  qu’il  a  eu  occasion  d’abserver  plusieurs  fois  dans 
le  cours  dé  ses  expériences.  Si  *  âpres  la  ligature  du  canal 
cholédoque  ,  on  laisse  vivre  l’animal,  il  présente  bientôt 
des  symptômés  d’ictëre.  La  conjonctive  et  l’urine  se  colo.- 
rént  en  jaune  ;  mais,  dans  plusieurs  oirçonstancès  ,  vers 
lé  y."  ou  8.®  jour,  la  nature  tend  à  rétablir  la  continuité 
du  canal ,  et  les  sÿmptôinés  disparaissent.  En  ouvrant  l’a^ 
nimal ,  à  cette  époque  ,  ôtt  trouvé  quelquefois  une  masse 
albumineuse  adhérente  àu  canal  ^  au  dessus  et  au-dessous 
de  la  ligature,  ainsi  qu’aux  parties  tovirounantes.  On  ob¬ 
serve  alors  que  le  fil  de  soie  qui  liait  le  càdal  n’a  pas  dé- 
tertoiné  l’adhésiori  de  ses.  pàrois  ^  Érals  qu’il  est  détaphé 
par  l’ulcération  ,  et  reste  libre  dans  la  cavité  formée  par 
la  ihaSse  albumineuse  qui  rentoure-  Çette  espèce  de  poéhe 
raémbrahèûsé  réunit  lés  dëuX  eictrémités  du  canal  coupé 
paria  ligature,  et  rétablit  ainsi  sa  ésmtiüüi#  et  le  cours 
de  la  bile. 

Dans  un  ouvrage  intitulé  ,  dift  Inquiiy  respeating  the 
protiess  of  natm’è  in  ‘i'ëpuiif^g  injuries  of  the  intestines 
M.  Travers  rapportë  robSerVâtién  d’un  feit  à-peu^prèS 
semblable,  à  la  suite  dé  la-ligalUre  d’une  pdrfâon  d’intes^- 
tin.  {  Quarterlj  jùürHal  of  sàiene^  limratu/ré  àmd 
arts,  N.®  eS  ,  janvier  iSrS.)  ,  < 

Observations  SUr  nnè  êptêérrùiè  tfe  cholera-morbus 
qui  fégna  dans  les  IndMs  biîentàles  è*  1819  ;  pwi 
M.  Bankek  ,  M.  D.  Céttè  Ébaîadié  ne  différait  dii 
Choléra-morbus  décrit  par  tous  lès  autettrl  j'qué  pttr  la 


ET  ANALYSES.  ^67 

i^iolèncffi  exlnêtâe  de  ses  symptômes.  M.  Rgi^ïen  a  em¬ 
ployé  dakia  lé  tréiteineat  de  cetté  épidémie  leastiakulans 
les  plus  énergiques.  Cent  gouttes  de  teiaturq  d’opium  , 
administrées  dès  le  début  'des.YOmissemeîis, ,  ajfr, étaient  squ- 
vent  les  progrès  de  la  maladie.  Lorsque  le-  médicament 
était  rejeté  par  le  vomissement ,  ràu|eef';en  denpqjt  de 
nouvelles  do^s  ,  jusqu’à  cé  que  cet  eflSet  n,’eut  plus  lieq  | 
et  même  quand  Fopium  restait  dans  l’estomae  sans  cal¬ 
mer  tous  les  Âymplômes  alacmans,  il  rononvelait  jq  dose 
indiquée  de  teinture  d’opium  jusqu’à  trois  fois  dans  une 
heure.  Administré  en  petite  quantité,  Fopiura  paraissait 
h’avoir  aucun  éffet.  H  dit  avoir  employé  jsn  outra  ,  avec 
avantage,  le  vin  ou  les  liqueurs  spiritueusps ,  à  ppt|,tes  doses , 
souvent  répétées  ,  pour  prévenir  la  prostration  des  forces 
produite  ordinairement ' pàr  Fopiuni.  11  rpgajfdp  les  pur¬ 
gatifs;  non- seulement  comme  nuisibles  dans  (put  le  cours 
de  èelEe  maladie,  mais  conlme  pouvant  inè.mp  occasioner 
une  rechute  après  la  guérisom  La  saignée  ,  préconisée 
par  quelques  auteiirs  ,  lui  paraît  dwgerçMse*,  ou  tout  au 
moins  imitile. 

Pendant  le  cours  de  cette  épidémie  ,  qui  dura  depuis 
le  17  septembre jusqu’an  st  oc.t0bre  1 8 jq  ,  le  nombre  (jps 
malades  admis  dans  les  hppitau?c  (fut  4p  j54n»  et  peluji 
des  morts  de  i4o*  Ge^  obsierYa, lions  ont  été  faites  dan? 

üâ  «amp  isolé  ,  renfermant  rntljiron  é*- 

compagnie  d’Européens.  /  Tk^' Md(nh^rgli  medical 

Jànvjfir  uôgpij' 

'  j^ôuveUe  Scie  ù&)  es^^ée  U  Çç- 

penhagm  ei  Mominfo  Scip  teurpapte  frotqfd.^d  77 

•Il  ôtait  frès-diËGcile ,  pput  ne  pas  dire , jmP9?,?4llp  -  pra¬ 
tiquer  sur  les  os  plptsûrièincifipn  .droite  ,çt  prpj[onde  à 
î’àîdô  dés  instrumens  employés  jusqu’à  pp  jour.  ■  ^,a 
scie  préposée  par  M.  iThal  rend  facile  celte  opération. 
Éllé  se  eoïripbse  d’une  plaque  d’aqier  roprésentant  un 


a68  EXTRAITS 

cercle  entier  ou  un  segment  de  cercle  dont  le  bord  est 
garni  de  dents  ayant  la  forme  d’un  triangle  isocèle.  Cette 
plaque  offre  à  son  centre  un  trou  destiné  à  recevoir  une 
vis ,  qui  la  fixe  solfdement,  à  angle  droit,  sur  une  tige  d’a¬ 
cier  dont  l’extrémité  opposée  est  pourvué  d’un  manche 
semblable  à  celui  d’une  tréphine.  Cette  tige  d’acier 
tourne  dans  un  cylindre  métallique  placé  près  de  la  scie , 
et  portant  un  autre  manche  perpendiculaire  à  la  tige. 
Des  scies  de  forme  et  de  grandeur  différentes  s’adaptent 
à  volonté  à  la  tige  d’acier  au  moyen  de  la  vis  dont  nous 
avons  parlé.  . 

Pour  së  servir  de  cet  instrument,  on  tientdelamain  gau¬ 
che  le  manche  perpendiculaire  dans  lequel  tourne  la  tige 
et  on  fixe  ainsi  la  scie  sur  l’os  qu’on  veut  diviser  ,  tandis 
que  de  là  main  droite  ,  on  lui  imprime ,  au  moyen  de  l’autre 
manche ,  un  mouvement  plus  ou  moins  rapide  de  demi 
rotation,  en  portant  alternativement  le  poignet  dans  la 
pronation  et  la  supination. 

Cet  instrument  paraît  devoir  remplir  parfaitement  le 
but  de  son  auteur.  On  pourra  s’en  servir  utilement  dans 
une  foule  de  cas ,  et  remplacer  ainsi  la  gouge  et  le  maillet 
pour  enlever  les-  intervalles  osseux  que  laissent  entr’elles 
les  couronnes  de  trépan ,  etc.  Fait  sur  de  plus  grandes 
dimensions,  if  pourra  servir  utilement  à  certaines  pré¬ 
parations  anatomiques  ,  par  exemple ,  à  l’ouverture  du  tfa- 
nal  rachidien ,  etc.  ,  ■  *  , 

Observation  d’un  calcul  formé  dans  l'urètre ,  autour 
d'un  anneau  de  cwt^re  y  par  R.  Liston,  —  A  l’âge 

de  9  ou  1 0  ans ,  M . .  était  sujet  à  une  incontinence 

d’urine  pour  laquelle  ses  parens  le  punissaient  sévèrement. 
Pour  échappet’  au  châtiment ,  il  imagina  un  soir  d’intro¬ 
duire  ,  aussi  avantque  possible ,  sa  verge  dans  ùri  anneau 
de  rideau.  Là  coin  pression  ainsi  exercée  remplit  parfai¬ 
tement  le  but  dé  l’éiifaUt ,  et  empêcha  l’écoulement  de 


l’ùrine  ;  mais  le  lendemain  un  gonflement  énorme  s’étant 
développé  ,  le  malade  ne  put  retirer  ranneau.  Malgré  les, 
souffrances'et  la-difficulté  d’uriner  qu’il, éprouvait ,  il  ne 
parla  à  personne  de  cet  accident.'  La  peau  ■  s’ulcéra  ; 
l’anneau  s’enfonça  peu-à-fieu  dans  le  tissu  de  la  verge, 
et  le  gonflementdiminua-;  enfin,  au  bout  d’un  certain 
temps,  lés  tégumens  se  cicatrisèrent  sur  l’anneau  de  cuivre 
de  maniéré  à  l’envéloppér  complètement. 

Depuis  la  disparition  de  ces  accidens ,  la  préspnee  du 
corpg  étranger  n’occasiona  aucune  gêne;  la  verge  rem¬ 
plissait  toutes  ses  fonctions  ;  l’iiriné  passait  librement  et 
M....  devint  père  d’une  nombreuse  famille.  Quarante-sept 
ans  après  ,  il  se  plaignit  à  M.  Liston  d’une  difficulté  d’u¬ 
riner  qui  augmentait  depuis  quelques  années  et  qui  l’obli¬ 
geait  ,  surtout  la  nuit ,  à  uriner  toutes  les  demi-heures.  H 
communiqua  à  ce  chirurgien  les  .  détails  que.  nous  venons 
de  donner  sur  l’anneau,  et  le  pria  d’en  faire  l’extraction. 
En  examinant  la  verge  ,  M.  Liston  trouva  un  corps  dur , 
d’üne  certaine  largeur ,  embrassant  une  parlie  de  cet  or¬ 
gane  près  du  pubis.  Il  en  fit  facilement'l’extraction ,  et  la, 
difficulté  d’uriner  cessa  aussitôt  ;  mais  comme  le  malade 
ne  yéulutpasse  soumettre  à  porter  une  sonde ,  il  lui  resta 
une  fistule  urinaire.  Le  corps  étran^r  ainsi  extrait  était 
un  calcul  assez  volumineux  ,  bu  centre; duquel  on'retrou- 
va  les  deux  tiers  de  l’anneau  de  c'uivrei 

«  On  né  peut  expliquer’,  dit;  M.  O ston ,  les  phénomènes 
s  qu’a  présentés  ce  malade  ,  que  d’une  seule  manière  :  une 
»  portion  de  l’anneau  a  pénétré  dans  le  canal  de  l’urètre  ; 

»  rûrine  avec  laquelle  elle  était  en  contact  l’a  détruit  peu- 
»à-péu  ,  tandis  que  l’autre  partié  ,  enchâssée  dans  le  tissu 
»de  la  verge  ,  et  moins  immédiatement  en  contact  avec 
»  l’urine,  s’est  incrustée  graduellement  de  l’aéide  urique 
«dont' le  calcul' paraissait; être  composé.  »  [Ibidem).. 

Sur  une  disposition'  particulière  du  système  veineuic 


2^d  EXTRAITS 

chez' un  'gWAr^  jtdTtoto'fe  y  pcCr^i.  Jacobson, 

de  Giffièdéhagm.  Oaiùit  depuis  •l6ng--teiïifps  «que  dans 
lei  iiiaaiûiifères  ,  lentes  lès  Veitoés ,  èicep/té  celles  de  la 
véiüe  pefté  ,  sont  disJpo^éès  de  manière  à  formertin  Sys- 
tètrie  coaftiûu  qui  transmei  di^btement  aü  ^jdèur  le  sang 
provenant  des  difflKrentes  parties  du  corps.  0àns  ce  taé- 
mèirë ,  M.  dacaMon  frfit  voir  que  le  système  Teiileux  des 
autres  animaux  n'ol&e  jrtis  une  disposition  analogue. 

'Les  vèittés  des  parties  inférieures  ou  . postérieures  du 
corps ,  au  lieu  de  se  réunir  en  un  tronc  ^commun  pour 
fdriüerl'a  Vèîne  care  infériedre  ,  comme  chez  les  'màmmi- 
ifërës  ,j^co'nstituent 'Un.  systènie  particulier  ,  destiné  àpdf- 
teV  àilx- Vëltis ,  Oü  hien  ’ë  des 'organes  dt  enimêmè  temps 
aü'foié  ,  Ife  sang  prorenànt  ' dés  parties  que  nous  venons 
d’indiquer.'  Êe  système  qui  existe  chez  les  oiseaux,  les 
reptiles  et  les  poissons  ,  présente  troismodificatiohs  princi¬ 
pales- dans  sôtl  a'rrühgenimnt.  La  premièrè  ,  que  l’aüleur 
régardê  Cbültne  le  ^p^at6type  de  ce  système  dè  veines, 
dffrè  -les  caractères'  îsùivans  :  les  '  branches  veineuses 
qhi  naisSé&'t  de  da  peau  ét  des  Ihuscies  dé  la  partie 
moyenne  du  corps  i,  se  TéUfaissent  en  plusieut's  trdncs'ijüi 
.«é'ééridèüt  séparément  aüx  'rèins,  dans  le  parenchyme 
desquels  Ils 'Se»ratûifi'ent  J  ‘à-peu+près  comme  la  veine 
porté  dans  le  foie.  'Dans  la  seconde  'modification,  tes 
veines  qui  viennentde  lapàrtie  postériéure  du  cohps  'Con- 
cCüréÉt  àdbrifaer’ee  sysfêmë.  La  veihe  caudale  se  divise 
èridclïx^bratichesajui ,  après  avoir  togu  quélques  rameaux 
d'é  ’îà  pârtiè  haoyenée  duicorps  ,  ise  portent  Vers  les  reins 
et  's’y  diètribuènt.  'La  troisième,  enfin,  rie  diffère  de 'la 
'précédeate  qü’en'Cequela'veine’Candale;^  ou  quelqü’autre 
V'eîÊé' dè  ce  'système  ,  d'onne  rin  rameau  qui  va  s’ouVrir 
dans  la  Véfcé  porté.  Airisr,  le  sang  qui  retient  des  par¬ 
ties  moÿeiïnès  ou  postérieures  du  corps  se  rend  ,  dans  les 
'detfx'prensiefs  cas,  aux  if-eiris  seulement,  èt  dans  te  iroi-'' 


KT  analyses.  27.1 

sîème  ,  à  ces  oFgaues  et  en  même  temps  au  foie.  Dans  la 
deuxième  et  la  tEoisièmedisçositionJla  reine  cave  inférieure 
est  formée  par  îa- réunion  des  tveines  rénales  propEement 
dîtes  et  spermatiques ,  tandis  que.,  dans  la  première  ,  ce 
tronc  reçoit,  en  outre,  une  bratoohe  de  la  veine  caudale. 

On  trouve  chez  les  poissons  ces  trçis  modidcMiens  de 
ce  système  veineux.  ^Sans  nous  .arrêter  è  la  description  dé¬ 
taillée  de  la  disposition  deices  vaisseàux  dans  les  dilîérens 
genre  de  cette  classe ,  il  nous  suffira  de  dire  que  lesgemres 
Cyprinus  .Clupea  ,etc.  ;pEésenteatla  première  disposition 
indiquée  ci-dessus  ;  que  la  seconde  s’observe  dansdes 
genres  Raiœ  ,  Squali ,  Esoces ,  Pleuwnectæ  ,  etc.  }  que 
les  genres  et  itop^tts  sont  les  seuls  chez  lesquels 

on  trouve  la  troisième  .qui  appartient  aussi  à, tous  les  rep¬ 
tiles  et  aux  oiseaux ,  et  qu’çnfin ,  chez  les  premiers,  les 
variations  son t^ fréquentes,  tandis  que  chez  les, derniers  , 
au  confràtre  ,  les  différences  sopt  légères  et  peu  impor-r 
tantes.  Malgré  les  ;  différences  de.structure  et  d’organisa¬ 
tion  qu’on  rencontre  dansces  deux  dernières  classe8,d’ ani¬ 
maux  ,  ce  système  de  vaisseaux  offre  chez  tous  une; grande 
analogie  dforganîsation  et  de  composition. 

lies  redherches  anatomiques  et  les  expériences  sur 
les  animaux  vivan 8  prouvent  que  ces  vaisseaux  sont,  des¬ 
tinés  à  rapporter  aux  reins  et  au'foie  ,.ou  seulement  aux 
prenliers ,  de  sang  desiparties  moyennes  ouqtostérieures  du 
corps ,  et  servent  ainsi  à. 'la  sécrétion  -dont-ces  iorganes.sont 
le  siège.’ M.  dacetbson  en  conclut  que^  :  «  chezles. oiseaux  , 
les  reptiles  et  les  poissons  ,  la  -sécrétion  <rjéaale.estpro.dùUe 
par  les  veines  el  le  Sang  veineux,  r» 

D’après  lës  recherches  de’l’eüteur,  'faites  .sur  idea  cm- 
'bryens  d^oiseaux  et  de  reptiles ,  il  parc.ît.que.>oe  is, y slème 
de  vaisseaux  tire  son  origine  de  la  veine  omphaloT-piésen- 
térique. 

En  examinant  les  animaux  des  classes  .inférieures  ,  il  a 


observé  que  /'dans  les  mollusques:,  une  grande  quantité  de 
veines  se  distribuent  au  sac  calcaire. ,  et  que  chez  les  mol¬ 
lusques  gastéropodes  ,  le  fluide;Contenu:  dans  cet,  .organe , 
donne  ■  par  l’analysé  chimique  beaucoup  d’acide  urique. 
-11  le  regarde  donc  comme  l’analogue  des  reins  chez  ces 
animaux  : 

-  Sur  là  coqueluche ;  j}ar  J ohn  W.ebster ,  médecin  de 
=  C hôpital  des  lEnfans.  ~  . D'après  un;grand  nombre  d’ob¬ 
servations  que  l’auteur  de  ce  Mémoire  a  faites,  sur  la  co- 
queluçhe^  il  est  conduit: à  penser  que  cette  maladie  n’est 
pas  'uniquement. une  affection  des  organes  respiratoires, 
comme' on  le  croit  généralement.  En  effet,  dit-il,  si  on 
examine  avec  attention  un  enfant  en  proie  à  cette  maladie , 
-onmbserve  ,  outre.les  symptômes  indiqués  par  tous  les  au¬ 
teurs  ,  que  chaque  accès  est  précédé ,  ou  du  moins  accom¬ 
pagné  d’une  douleur  de.  tête  ,  de  rougeur  des  yeux  et  de 
-la  face ,  etjdes  autres  signes, d.’ une,  congestiqnsanguine  vers 
la  '  tête%'  et  :que  souvent  le -malade  se  plaint  davantage  de 
ces  derniers  que  .de  la  toux,  etc.  ,  ■ 

''  Le;soulagemeut‘ marqué  que  ^produit,  toujours  l’hémor¬ 
rhagie  nasale  ,  quahdielle  survient  au  commencement,  ou 
Uiême  dans  '  le  cours  de  cette  maladie  ;  l’hydrocéphale 
qu’on  voit  quelquefois  lui  succéder,  et  enfin  l’ouverture 

-  des  cadavres  d’enfans  qui  ont  succombé  à  cptle  afiection , 

:  et  chez  lesquels  on  n’a  trouvé  le  plus  oiMinairement  au¬ 
cune  lésion  des  organes  thoraciques  ,;mais  tçès-souvei^t  au 
contraire  des  sjgnes  d’engorgement  et  d’inflammatipn  du 

'  cerveau  ou  de  ses  membranes  ,  portent  M.  J.  Wehsler  à 
conclnre  que  «  La  coqueluche  dépend  d’une  alléction  de  la 
tête  et  non  des  organes  fpspiratoires.  »  Le  fait  suivant, 
que  lui  a: communiqué;  M.  Webster  de  Duhvich  ,  lui  paraît 

-  très-:propre  à  confirmer  cette  conclusion  : 

Une  jeune  femme ,  servante  dans  une  maison  où  régnait 
la  coqueluche ,  fut  affectée  de  cette,  maladie  qu’elle  n’avait 


lîT  ANALYSES.  2^5 

jamais  eue^lusieurs  jours  avanl  que  la  loux  ne  fût  dé¬ 
clarée  ,  et  qu’on  soupçonnât  la:  nature  de  la  maladie ,  elle 
se  plaignit  d’une  douleur  vire  et  d’un  sentiment  de  plér 
'nilude  à  la  tête,  accômpagiiés  de  vertiges  et  de  stupeur.; 
ces  symptômes  étaient' si  intenses  qu’elle  fût  forcée  de 
garder  le  lit  jaendantdeux  jours. 

Quelque  coriclùans  que  ces  faits  lui  paraissent ,  l’auteur 
'  avoue  cependant  que  les  observations  et  les  autopsies  ca¬ 
davériques  né' sont  pas  encore  assez  nombreuses  pour  éta¬ 
blir  d’une  manière  positive  l’opinion  qu’il  avance  ici  comme 
très-probable.  Il  passe  ensuite  à  la  'descriplion  du  traite- 
•meût  qu’il  emploie.  :  ■  ;  - 

Pour  suivre  l’indication  fournie  par  la  congestion  céré¬ 
brale  ,  qui  existe  toujours  dans  celte  maladie ,  ou  primiti¬ 
vement,  ou  secondairement ,  il  a  recburs  à  la  saignée  gé¬ 
nérale  ou  locale.  Il  insiste  surtout  sur  l’application  .des 
sangsues  au  front  et  derrière  les  oréilles ,  en  mêmé  tenips 
qu’on  entretient  la  liberté  du  ventre  par  le.  calomélas  et  la 
rhubarbe,  administrés  souvent  etàpetites  doses.  On  pourra 
,  aussi  faire  usage  des  antimoniaux  et,  de  la  scille ,  mais  seu¬ 
lement  comme  moyens  accessoires ,  la  saignée,  selon  lui, 
étant  le  seul  remède  efficace.  Cependant,  comme  dans 
certains  cas  raffaiblissement  et  l’émaciation  dëpehdans 
de  la  longue  durée  de  la  maladie  ,  pourraient  rendre  dan¬ 
gereuse  la  môiudre  évacuation  sanguine  ,  il  conseille  alors 
les  véàibàtoiréS  à’ la  nuque  et  derrière  les  oreilles-,  ainsi 
'  que  l’émplôi  dé  la'  digitale  pourprée  à  l’intérieur  ,  «  Médi- 
»  camén't ,  dit-il ,  qui',  outre  son  'actibn  sur  le"  coeur  et  les 
«artères,  a  encore  une  autre  action,  pour  ainsi  dirélo- 
»cale,'  qui  diminue  la  détermination  du  sang  vers  la 
:  »têle.-  «  ■■■  ■  ■'  'dt--.'  , 

L’auteur  rt’oxaminepas  dausçe.Méiuoire  la  contagionau 
la  üon-contagion  déla  cbqueliiche  ;  il  dil  séulément  qu’on 
doit  l’attribuer  it'riûlluehce  d’iin  état  particulier  de  l’at- 


374  'EXTBAltS- 

ffiospbèrfeiet  de  la  boQslilulioQ  individuelle , 'ainsi  elle 

est  épidénnique  et  non  contagieuse,  ‘  ^ 

N  OU8  ne  fer(!®s  aucune  féflejcion  sur  des  idées  ^théoriques 
qui  onticonfluit  J’auteur  à  mettre  en  usage  le  mode  dé  trai- 
lemettt  que  noiis  venons  d’exposer  ^  nous  nous  bornerons 
seulement  à  faire  remarquerque ,  dans  l’espace  de  huit  mois,, 
il  a  traité  de  celte  mainièsre  ,  et  avec  le  plus  .grand  succès , 
I  l  1  enfans  admis  dans  son  hôpital ,  .et  qu’en  îvutre  ,  .dans 
sa  pratique  paivliculière ,,  il  assure  en  a  voir  obtenu  des  ré¬ 
sultats  toùt  aussi  heureux.  M,  Webster  de  Dulwich  a  ap¬ 
pliqué  cette  méthode  curative  à  11  malades  qui  ont  lélé 
parfaitement  guéris  en  peu  de  temps  (  The  London  med. 
■and  physicaL  J'OOiimaL  «Décembre  u  822  ). 

Lettres  sur  f  emploi  du  sous-catbonate  de  fer  dans  le 
tic  douloureuse ,  adressées  à  M.  B.  Hutchinson  ;  par 
MM.  ^  Stewabd  Cbawford  et  A.  Todd  Thomson.  — 
M,!  Hutchinson  publia  ,'il  y  a  qiiélques  années,  le  résultat 
de  ses  observations  sur  l’emploi  du  sous-carbonate  de  fër 
dans  le  traitement  du  tic  douloureux  de  la  face,  ét  an¬ 
nonça  alors  avoir  obtenu  un  grand  succès  de  l’emploi  de 
ce  médicament.  Dans  la  seconde  édition  qu’il  vient  de 
donner  .de  son  ouvrage  ,  il  confirme  pleinement  les  résul¬ 
tats  qu’il  avait  consignés  dan?  la  première. 

iLes 'lettres  I que  nous  avons  «sous .les  «yeux  lui  «ont  été 
adressées  par  deux  de  ses  confi?ères,,  MM.  .S.  Grawford.et 
A.  IFodd  Thomson,,  et<coatiemiçat  des  observations  s.ur 
le  imèmei sujet,  quô  nous  allons  foire  connaître  A  nos 
Jécteursi  ' 

sMadame  P.  ,  âgée  de  ,7>6  ans  ,  avait  déjà' éprouvé  dans 
l’espace  de  sept  ans,  deux  attaques  de  tic  douloureux  du 
côté’gaùGhe  de  la  «face  ,  qui  cédèrent  à, l’usage  de  la  solu¬ 
tion  arsénicale  ,ià;ila  dose  dé-six  gouttes ,«  répétée  trois  lois 
par  jour.iliors  îdci Ja- «tr;oisième..altaq]lle ,  ( le  moyen  «déjà  :env- 


ET  ARAXÏSÏS.  27^ 

ploÿé  avec  succès  ne  réussit  pas  ,  et  produisit  au  contraire 
un  grand  dérangement  d’estomac.  La  malade  eut  recoui^ 
à  M.  Crawfocd ,  qui  ,  après  quelques  jours  d’intervalle  , 
essaya  de  nouveau  Ja  solution  arsénicale  à  petites  doses  >; 
mais  ses  effets  délétères  sur  l’esioimac  le  forcèrent  à  l’a- 
bandoûner  promptement.  Il  fit  alors  prendre  à  la  ïnalade 
24  grains  de  sous-carbouate  de  fer  ,  trois  fois  par  jour  ,  et 
augmenta  graduelleDaent  chaque  prisfe  jusqu’à  un  gros.  Au 
bout  de  quelques  jours  de  ce  traiteipent,  les  douleurs 
étaient  considérablement  diminuées  et 'les  accès  plus  éildi- 
gnés.  'On  donna  par  méprise  ,  pendant  plusieurs  jours  de 
suite  ,  du  carbonate 'de  potasse  au  lieu  du  sel  de  fer.  Les 
denlènrs  reparurent  avec  violeaCéij  on^  s’éperçut  de  cette 
eéreür,  et  en  reprit 'Fusage  du  fer  quiproduisit  dèno'üvedn 
lin  seulagètriënt  'mdrqüé;  enfin',  au  bout  Se  trois  semai¬ 
nes ,  la -maladie  avait  cédé.  Pendant  ilesjsix  mois  suivans,, 
rhadanie  P.  n’éprOuva  que  de  légers  accès  qui  sè  dissipè¬ 
rent  îacilëtilënt  pdr  le  traitement  que  nous  venoris  d’ex- 
pOser.  ' 

La  deuxième  observation  3  été  cotnmuniquée  è  l’au¬ 
teur  decette  lettre  parM.Dafvis;]!!.'”' II.  ,  %ée  de  65  ans, 
avait  tdüs  les  syinptômes  d’un  tic  douloureux.  Les  dents 
étaient  saines  etue  poiivaient  être  la ’oarisede  la  douleur. 
On_lui  Ordonna' dix  grains  ideipoiidre  de  Dover  à  prendre 
tous  lës  ëoirs  en  'se  couchant,  et  l’extrait  -de:  ciguë  pen¬ 
dant  le  jour.  Ce  traitement,  commencé  le  19  mai,  fut 
continué  juSqu?au  20  dümois  suivant;  comnoie.  la  malade 
n’épr'ouVait  auoun  soulagemént ,  le  docteur  Davis  lui  fit 
prendre  deux  scrupules  de  sous -carbonate  de  fer  arvec 
cinq  gilaiBS'dè.'poüdre'ièomposée  de  canelle  ,  •  matin  et  soir. 
Quinzejoups  après ,  le  mieux  était  inanifestè.  La  malade 
continua  l’emploi  du  fer  pendant  huit  jours  enéore, ,  et, 
fut  Golnplètement  débarrassée  de  ses  douleuts. 


276  '  EXTRAITS  • 

La  lellre  dé  51.  A.  Todd  Thomsoa  Contient  les  deux 
observations  suivantes  .  ' 

janà'es  Crooks  ^  âgé  de  55  ans ,  éprouvait  depuis 
quatre  rubis ,  dès  attaques  violentes  dp  tic  douloureux  de 
lafafce  qui  ne  laissaient  jamais  entr’elleSplus  de  deux  heu¬ 
res' d’intervalles.  La  moindre,  impression  du. froid  suffisait 
pour  augmenter  ou;  ramener  les  'douleurs.  51.  Thomson 
lui'  ordonna  d’ahord  douze  gcàins  de  spus-carbonate  de 
1er  et  quatre  grqjns  de  belladone  i  'à  prendre  en  trois 
fois  dans  là  journée.  Aiiiboutde  dix  jours,  les  douleurs 
étaient  beaucoup  moins,  violentes  et  les  intervalles  de  cal¬ 
me  piiis  longs.  Pans  cet  espace  de  temps.)  on  avait  peu-à- 
peu  augmenté  la  quantité  dé. ces  médlcamens  jusqu’à  en 
doubler  lès  dosés.  Pour  savoiv  à  laquéllé  de  ces  substanchs 
où  devait  attribuer  le  soulagèment  ,  51.  Thomson  les  em¬ 
ploya  seules  pendant  dix  jours,  chacune.  Il  reconnut  bien¬ 
tôt,  à  n’eh  pouvoir  doutèr  ,■  la  supériorité  du  sel  de  fer,  et 
-cessa  l’usage  du  narcotique.  La  .dosé  du  carbonate  de  fer 
lut  portée  jusqu’à  trois  gros  par  jour,  La  maladie,  sous 
l’influence  de  ce  traitement ,  diminua  rapidement  et  dis¬ 
parut  aU  bout  de  six  semaines  pour  de  revenir  que  par  lé¬ 
gers  accès ,  qui  cédèrent  facHeméntiau  mêuie  moyen.: 

Une  fenime  àflectée  de  la  même  tnaladie'prit  le  carbo¬ 
nate  de  fer  ,  d’abord  à  la  dose  de  vingt-quatre  grains  ,  trois 
fois  par  jour,  puis  à  celle  .de  trois  gros' dans  lé  même  in¬ 
tervalle  ,  et  ,  eii  moins  dé  dix  jours ,  elle  fut  complètement 
guérie.'  '  !  :  ,  ’  ;  '  '  . 

51.  Thomson  assure  avoir  employé  souvent  ce  médica- 
inèrit  dans  sa  pratique  particulière  avec  le  même  succès. 
{iOidénis  févricî^  182^).'  ■ 

•'  Tétanos guoripar  l' huil& de.  térébenthine*;  parB.  Hut- 
CHiNsoN'l  i)/i'  i>.^  John  Beedinan  ,'  âgé  d’environ  ooans  , 
était' àlFéctéV depuis'  i  2  ans:;  dp  violéns’  accès'  d’épilepsie 
qui  avaient  fiitl  par  alfaiblir  son  intelligence,  ll  était  prison- 


nier  dans.la  maîsoh  dé  correction  de  Not|inghamshire. 
Comme  il  présentai  t  dans  ses  accès  les  symptômes  d’une 
forte  congestion- sanguine  vers  la  tête  ,  M.  Hutchinson  di¬ 
rigea  son  traitement  d’après  celtè  indication,  et  mit  en 
usage  les  saignées  générales  ét  locales  ,  les  purgatifs  et  les 
antispasmodiques.  Les  accès  d’ épilepsie  devinrent  un  peu 
moins  fréquens  sous  l’influence  de  ce  traitement.  Un  ma¬ 
tin  ,  à  sa  visite ,  fl  trouva  Beedman  dans  l’état  suivant  : 
immobilité  générale;  impossibilité  d’écarter  les  mâchoires , 
douleurs  vives  dans  le  cou  et  dans  le  dos,  roideur  spas¬ 
modique  dans  les  muscles  de  ces  parties  j;  grande  difiicul- 
té  d’avaler  ,  respiration  rendue  difîicile  par  des  contrac¬ 
tions  spasmodiques  violentes  du  diaphragine,,  pouls  don¬ 
nant  120  pulsations'par  minutes.  M.  Hutchinson  reconnut 
les  signes  du  tétanos.  11  fit  faire  une  saignée  de  trente  on¬ 
ces  et  administrer  trois  pilules  contenant  quinze  grains 
de  calomel  et  deux  grains  d’opium.  On  donna  en  outre  im 
lavement  purgatif  avec  addition  d’une  onced’hüilé  de  té¬ 
rébenthine ,  et  on  appliqua  un  large  vésicatoire  entre  lés 
épaules.  Le  lavement  ne  produisit  aucun  eflet.  Huit  heu¬ 
res  après  ,  les  symptSmes  s’étaient  aggravés.  Il  ordonna' 
alors  de  faire  prendre  au  malade, toutes  les  deux  heures, 
par  la  bouche ,  une  demi-once  d’huile  de  térébenthine 
dans  de  l’eau  de  gruau.  Le  lendemain  matin.,  le, malade 
ne  souffrait  plus  ;  il  pouvait  à  volonté  écarter  les  mâchoi¬ 
res,  et  la  roideur  du  corp?  avait  disparu.  Il  avait  pris 
dans  cet  interval  le  deux  onces  d’huilè  de' térébenthine  par 
demi-onees.  Après  la  seconde  ,  le  spasme  avait  commen¬ 
cé  à  diminuer  ,  et  le  médicament  à  agir  comme  purgatif. 
Quelques  heures  après  ,  le  malade  était  complètement 
guéri.  [Ibidem). 

Observation  d’un  bouton  de.  vaccine  qüi  ne  s’est  dé^ 
veloppé  que  six  mois  après  l’insertion  ‘du  vU’US;  par 
M.  Bakcr  ,  M.-D.  —  Un  enfant  (le  dix-ltuit  moisj  bien 


578  EXTPftAdTS 

portant,  a^ait  été  vacciné  au  bras  dreit,  ]La  pustule  ne 
s’étant  pas  développée  ,  dn  réitéra  l’insertion  un  peu  au- 
dessOùs  dé  la  première.  Huit  ou  dijt  jours  après  ,  il  se  ma¬ 
nifesta  un  bouton,  t’énfànt  éprouva  tous  les  symptômes 
de  l’éruption  de  la  vacciné  f  et  le  bouton  ep  offrit  tous 
lés  caractèréS.  Aü  bout  de  six  mois ,  M.  Baker  fut  consulté 
par  la  mère  de  l’enfant.  En  examinant  le  bras  ,  ii  trouva 
Une  pustule  asséz  grosse ,  bien  conformée  ,  entourée  d’une 
aréole  complète  ,  et  présentant  toutes  les  apparences  satis¬ 
faisantes  qu’on  observe  le  huit  ou  dixième  jour  après  l’iu- 
sertion.  Ce  boulon  occupait  précisément  la  place  de  la 
première  piqûre.  Les  parens  ont  assuré  à  l’auteur  que  le 
premier  bouton' était  parfaitement  semblable  à  celui  qu’il 
voyait,  ét  sur  la  nature  duquel  il  ne  pouvait  avoir  le  moin¬ 
dre  doute.  {Ibidem.) 

Sûr  le  dégagement  de  l’azote  dans  quelques^  sources, 
—  Dans  la  partie  méridionale  de  la  ville  dé  Hosick ,  comté 
de  Rensselœr,  NouvelTe-Yorck,  il  existe  trois  sources  à. 
peu  de  distance  l’une  de  l’autre  ,  du  fond  desquelles  se 
dégage  une  très-grandé  quantité  de  gaz  azoté  pur ,  qudp 
voit  s’élever  du  fond  de  gravier  d’où  elles  sortent.  En 
pressant  sur  le  sol ,  dans  ùn  espace  de  six  |)ouces ,  on  peut , 
on  moins  de  dix  secondes ,  recueillir  deux  pintes  de  ce 
gaz.  l^Edinburgh  philosophieal  Journal  7  ,  page  SBy.  j 
P.  Vava&scub. 

$ur  (es  phlegmiosies  latentes  et  cliro^iques  du  canal 
intmtina..li  par.  /<?  docteur  Goldmanîî*  : — Placé  dans  lés 
c'jtjopnslances  favorables  pqur  vérifier  lé  diagnostic  par 
PaïUtppsle  padavérique ,  j’ai  été  à  mêûiié ,  dii  l’aüteùr , 
d’étudier  une  maladie  qui ,  par  l’irrégularité  dé  seS  ^ymp- 
tô;^es,  .coQiiiie  aossi  par  l’analogie  qu’çîle’  offrè  âVec  uile 
feple  d’aqtr.es  affrétions  intérieures  différeptes ,  est  très- 
sppyenjt  mécpnnua<  Cette  maladie  qui,  dans  son  pripcîpe. 


ET  ANALYSES.  279^ 

n’est  autre  chose  qu’une  phlegmasîe  ktéirtes  du  canal  in¬ 
testinal ,  présente  les  phénomènes  suitans  î  - 

Dans  la  première  période  de  cette  maladie,  le  inalade 
manifeste  une  sensibilité  extrême  aux  vicissitudes  atmo¬ 
sphériques,  et  surtout  S  une  tempéra luré froide  et  humide  5 
il  devient  triste  ,  taciturne,  et  recherche  la  solitude.  Gette 
disposition  mélancolique  ,  qui  est  suivie; tOür-b-tour  d’une 
effusion  de  larmes  et  d’une  humeur  joviale ,  se  complique 
le  plus  souvent  avec  une  céphalalgie  plus  ou  moins  intense , 
un  appétit  vorace  ou  un  dégoût  marqué  pour  toute  espèce 
d’aliment;  le  malade  éprouve  des  éructations  et  plusieurs 
autres  symptômes  gastriques  ,  Sans  qu’il  y  ait  néanmoins 
ni  flatulence  ,  ni  colique.  Cet  état  des  choses  est  accom¬ 
pagné  ,  en  outre  ,  de  frisson ,  d’une  pâleur  et  d’une  sé¬ 
cheresse  de  la  peau ,  comme  aUssi  d’un  sentiment  d* 
froid  et  d’un  fourmillement  dans  lës  pieds ,  d’une  consti¬ 
pation  Opiniâtre  et  d’une  lassitude  générale. 

Tels  sont  les  principaux  phénomènes  que  l’on  cd»sevve 
dans  la  première  période  de  cette  maladie.  Dans  la  seconde 
période  ,  qui ,  quel^uéfûis  ,  né  commèncequè  quelques  an¬ 
nées  après  l’Invasion ,  l’état  du  malade  se  détériore  tou¬ 
jours  de  plus  en  plus  ;  l’inflammation  ,  qui  jusque-là  n’é¬ 
tait  que  très-peu  intense  et  confinée  dans  une  petite  por¬ 
tion  du  canal  intestinal ,  fait  des  progrès  au  point  que  ,  si 
la  maladie  est  abandonnée  à  elle-môme ,  ou  si  le  médecin 
là  traite  autrement  que  par  les  antiphlogistiques ,  elle 
peut  également  ou  faire  périr  le  malade  dians  lkspace  de 
quelques  semaines  ,  ou  se  profongér  jusqu’au'  sixième  et 
mêmè'  àu  dix-huitième  mois.  Les  éxétùples  d’une  plus 
longiië  durée  sont  extrêmement  rares.  ‘ 

ÀUtûpsie  tsadovéAfjue,  Lés  phénonrènes  que  l’on 
remarque  à  l’autopsie  cadavëriiqnè  àoüt’  î  i.'^  des  adhérèm 
ces  très-notaMes ,  non  seulenrent  ertêtë  tes  organes  abdo¬ 
minaux ,  mais  même  entré  lei  visCèreâ  dn  thoraxt  fl.”  des 


a8o  extraits  BT  analyses. 

dépôts  séreux  qui  existent  dans  toutes  les  cavités  splanchni’ 
qucs,  mais  particulièrement  dans  le  mésentère  et  l’épi- 
plpon ,  quittons, les  deux ,  sont  garnis  d’une  multitude  de 
petites,  vésicules  J  lesquelles  sont  remplies  d’une  humeur 
séreuse;.  ,3.°  des  ép.ançhemens  purulens^jue  l’on  observe 
sur-tout  dans Testomaç  ,  daus  la  yessié  urinaire ,  et  même 
dans  les. poumons  ;  4.°  d.es  indurations  quei’on  remarque 
principalement. dans  le  foie  ,  la  rate  et  dans  le  pancréas; 
5  ”  des  engorgemens  variqueux ,  existant  sur-tout  dans  le 
système , veineux  des  viscères  abdominaux;  6.°  enfin,  des 
ulcères  et  des,  taches  gangréneuses  qui  ^  le  plus  souvent , 
sont  situés  à  ,  la  surface  intérieure  de.  l’intestin  grêle. 
{^Eastraii  du  journal  de  M.  Hufeland  ;  par  E.  Martini  )•. . 

Mémoire  sur  C  usage  externe  du  sublimé  corrosif,  par. 
le  docteur  de yjf EhEKmx).  -r-  Dans  ce  Mémoire  ,  dont  l’é¬ 
tendue  nous  force  de  nous  en  tenir  à  un  simple  résumé , 
l’auteur  vante  .le  sublimé  corrosif  comme  un  remède  très- 
efficace, ,  non  seulement  contre  toutes  les  éruptions  pso- 
riques  et  dartreuses ,  mais  enepre  contre  la  goutte ,  le  rhu¬ 
matisme,  les  ophthalmies  chroniques ,  et  même  contre  les 
anginesaphtheuses;  et  quoique  l’idée  d’un  spécifique  puisse 
difficilement  s’allier  avec  l’idée  attachée  à  tant  deinaladies 
différentes  ,  cependant  les  faits  rapportés  par  l’auteur  sem¬ 
blent  mettre  hors  de  doute  l’efficacité  de  ce  remède. 

Pour.retirer  de.l’emploi  de  ce  moyen ,  les  avantages, an¬ 
noncés,  l’autéiir  se  sert  d’une  dissolution  de  sublimé  faite 
dans  l’eau  distillée.  Gette  dissolution ,  dont  chaque  once 
contient,  deux ,  ou  même  trois  grains  de  ce  sel,  et  à  la¬ 
quelle  il  mêle  ordinairement  une  petite  quantité  de  sel 
ammoniac,  esH;  employée  tiède,  soitsous  forme  de  lotions 
ou  de  frictions.,  soit  sous  celle  d’injectipn.  ( Extrait  du 
mêrfie  J ounnal ,  par  le  rnéme).  ,  ,  . 

nÇuelgues  Observations  sur  -  le  .goitre par.M.  Formev* 

- — Ces  Observations,  faisant  suite  aux, Mémoires  publiés 


V;ARlàT;ÉS.  281 

antérieurement  sur  ce  sujet  .  tendent  à  prouver  qu’il  existe 
deux  espèces  de  goitres  tout-à-fait; distinctes,  dont  la  pre¬ 
mière  constitue  le  goitre  thyroïdien ,  et  la  seconde  lé  goi¬ 
tre  cellulaire.  Xe  goitre  thyroidi,en  .  qui  a  son  siège  dans 
la  glande  thyroïde  même,  se  développe,  suivant  M.  For- 
mey ,  sous  l’influence  des  ' conditions  atmosphériques  et 
du  régime  ,  tandis  que  le  goitre  cellulaire ,  qui  n’est  autre 
chose  qu’un  boursoufilement  du  tissu  cellulaire,  et  qui  , 
selon  ce  même  auteur  ,  n’afiecte  que  les  femmes ,  se  forme 
à  la  suite  de  couches  laborieuses  ou  de  tout  autre  eflbrl 
corporel.  Le  goitre  de  la  première  espèce,  diffère  encore 
de  celui  de  la  seconde  ,  en  ce  qu’il  cède  à  l’aclion  de  mé- 
dicamens  internes  ,  et  particulièrement  à  celle  de  l’iôde  , 
au  lieu  que  le  goitre  cellulaire  résiste  à  tout  traitement 
interne  quelconqud!  (  Tirées  du  même  Journal ,  par  le 
même). 


VARIÉTÉS. 


Académie  royale  des  Sciences. — Janvier 

Le  6  janvier.  —  On  donne  lecture  d’un  mémoire  de 
M.  Alex.  Tissot,  intitulé  :  Vues  nouvelles  sur  les  maladies 
des  viscères ,  avec  l’indication  d’un  moyen  pour  s’en  pré¬ 
server  (1  J. —  Les  commissaires  nommés  pour  l’examen 
de  ce  mémoire ,  sont  MM.  Portai  et  Magendie. 

Le  1 5  janvier.  —  On  lit  un  mémoire  de  M.  Garteron  , 
médecin,  surleshydatidesacéphalocysles.  —  MM.  Chaus- 
sier  et  Duméril  commissaires. 

(i)  Ou  reùdra  compte  de  ce  Mémoire,  ainsique  <le  tous  ceux  lus 
par  les  étrangers,  après  que  les  rappt^ls  en  auront  été  faits  parla  Com- 
mission  chargée  dé  les  examiiief. 

1.  19 


282  i  VA  n  i  £  rÉ  s. 

Gn  va  au  scrutin  pour  éliriela  coirimission  (jui  décer¬ 
nera  le  .prix  de  pbysMogie  fondé  par  M.  de 'Mbrithionl 
MM.  Cuvier,  Magendie,  ^düiéril  ,  'Percÿ  ét  Geoffroy 
Saint-Hilaire  ,  comtnisSaités ,  ■  obtiennent* la  'inàlofité -des 
suffrages. 

Le  20  janvier. -^•M.  'Perey  litbu  nôifa  d’une  cbïntoission 
dont  il  est  membre,  et  à  lacjuëlle  sOiit  adjoints  MM.  Pél- 
lelan  ,  Deschamps,  'Chaussiér  et ‘Magendie ,  un  rapiport 
sur ’ün  ouvrage  de  M.  Bancàl ,  présenté  dàns  la  séance  du 
lundi  5o  décembre  '1B22  ,  et  ayant  poUr  litre  i  lllbinotVe 
sur  un  nouveau  fystitUme  càoké  pour  Vdpéràtibn  de  la 
cataracte,  par  eCatraction.  'LQ  répportéür  obsétvè  ijü’îl  ne 
s'agit  dans  cet  éorit  ni  d'une  opération  nouvelle,  nï  d’un 
instrument  véHtableiüen t  nouveau.  M'.  'Bancal ,  qui ,  sans 
exclure  aucune  'dès  tnéthodés  d’opérer  là  'cataràcfe  ,  à 
donné  la  préférence  à  celle  de  l’extraction  ,  n’a  prétendu 
changer  en  aucune  manière  les  procédés  fondamentaux 
de  celte  opération  ;  il  l’a  maintenue  telle  qu’elle  lui  a  été 
transmise  par  les  praticiens  les  plus  recommandables  de 
notre  temps.  Il  propose  seulement  d’ajouter  des  perfec- 
tionnemens  aux  procédés  opératoires.  Les  améliorations 
qu’ilrvqudràit  introduire  consîsterit  à  'faciliter  idb “plus  en 
plus,  ou,  si  l’on  veut,  à  assurer  l’irruption 'du  cristallin 
Bors ;de 'rerivëloppe  mètnbranéuse  qui  le  f enferme,  sans 
eXpbfeéV' lés  parties  si  sensibles  et  si  irritables  qui  l’avoîsi- 
héat,  à  îa  rnoihdre  'dés  fésiôhs  auxquéllës  l’ûsage  des 
mdyeHè  üsifés  ne  lès  expose  que  trop  souvent.  Frappé  par 
plusieurs  incohvénîehs  du  Tcÿstitome  de  LaFaye ,  et  aux- 
"qhèls  éh  n’a  pu  remédier  que  bien  incomplètement  en  fai¬ 
sant  ajouter  deux  annêàüx  à  la  canoriière,  ppur  y  passer 
deux  doigts,  et  la  tenir  avec  plus  de  fermeté,  M.  Bancal, 
qui  a  pratiqué  de  nombreuses  opérations  à  l’île  Bourbon , 
aux  grandes  Indes  ,  et  en  particulier  à  Galcuta ,  a  sérieu¬ 
sement  réfléchi  à  ces  inconvénie'ns ,  et  aü'lieü  dé  chercher 


vakiétés.  a'gs 

à  lès  cOrrigêr  par  des  chaiigemens  ült'énéurs,  'il  â  toiït-îi- 
fait  abandonné  Uiustriidient  pour  un  kyslitomedont  cèlui 
de  La 'Fâyè  a  bien'pü  ltii  dèilnër  l’idéè  ,  mais  non  lui  ins-‘ 
pirer  le  tnécanisme ,  ijüi  lüi  appartient  tout  entier. 

Le  -kystitome  de  M.  Bâncàl  est  composé  d’uné  gaine 
étroite  ,  longue  et ‘plate,  ayant  un  petit  couloir  à  son  ex¬ 
trémité  supérieure ,  èt  d’dù  on  fait  ‘sOrtii",  én  pressant  un 
bouton  placé  ‘latérdlëméttt ,  ube  pétite ' larne‘aîgüë  et  tran¬ 
chante  , iqü’une  languette  att&nnnt  au  couloir  rébd  ‘iriof- 
fensire ,  et  qui ,  mise  en  ihoiifemêiit,  à'gît  avèe  autant  de 
faéilité  qUè' dé  certitude. 

Le  rapporteur  ne  retràëe  pas  îés  détails  dèscrîpiifs  qüe 
l’auteUT’ a  Consignés'  dàhs  son  nïéhioire ,  rèlativeinérit  à  cét 
“iüStroüïént,  qu41  be"regar\îè'qùie  édüime  Une tnoiiîficalio'n 
ingénieuse  de  celui  de  La  Paye.  Lé'kystitd'me  de  M.,l3an- 
Gal  marché  avec  une  précision  et  une  àisàtfce  admirables; 
on  le  tient  bonithe  une  pldtne'à ’écWré  , 'ét  il  est  aussi  fa- 
biite'à  mâhièr.  Oh  fhitr’ddüit  coàinie  Celui  "qu’il  est  destiné 
à  rehlplaCer  ,  sahs  auéun  risque  pdüries  parties"  à  travers 
‘lésqüèllésdPfeiit  qü’il  ■pa'sée  ,‘pphr  érrivér  h  la  mèinbrane 
"cristalMde  ,  'ét  ul  n’éxtge'tli  ^^ôrts  tii  violéneepour  iiicisér 
'toùt  ce'quel’lipérateur'vélit  qu’il Inéise.  Ou  peut  même  , 
dails  cërtëihs  cas ,  le^préthéhér  'él'  le’fairë  agir  cirçülàire- 
'merit"#ür'tousdCs ‘points' de  ôc'tté  knèiübrane  ,  spiis  qu’on 
ait  ‘à  Craindre  de  p  oftét  ditéhlte  à  l’iris ,  tii  "d’éh  àl  térèr , 
(Somnie^il  ‘aCtivé  nsisez  S'ÇiTtëüt'aiécde's'instruüiens  ordi¬ 
naires  ,%'fdrdie‘ ronde  ■'et  régÜlièré.  M. 'PérÇy  est  peYsUadé 
'tpié^'daüsHdÜs'lèS  Cas  oùdl‘yU'b.écÇssit’é‘évi‘(iente.dedéchâ- 
'tonuér  ,  "Chtattife  "6h  dît  ,'  lé  Cl’istalllh ,  c’è^t-à-âire  ,  de  ^îe 
‘dêga^ér'-déi^ës'etitràviéS  j'lle  "tfivisér  ,  ‘d’ouvrir ‘la  Capsuie 
‘'trop' dense' ’4t  tr8p%rhie  qui  ‘rettiprisonüd  ,  de  détrüiré  lès 
adhiérCnCds  ‘tpi^il'h^^u  'corifracté'r  ,‘nuLifi’st'rü‘àierit  Hé  peùt 
■’Peaipé'plcr’isilr'Chldi  dte  iM.  *Bahcâl dont  'quélqües  cssàîs 
faits ‘h  Pâ’rlSi'Cds  -'j'ôiVrs'dbtnibrs  ,  èt  'cOhfirniatîfs  dés  résul- 


284  T  A  n  I  É  T  É  s. 

tats  satisfaisans  de  ce\ix  qui  avaient  eu  lieu  précédemment 

à  Bordeaux  ,  vont  étendre  et  assurer  l’usage. 

M.  Bancal  a  avancé  que  son  kystitome  pourrait  être 
très-aŸantageusement  employé  pour  la  formation  d’une 
pupille  artificielle.  Le  rapporteur  est  assez  disposé  à  le 
croire,  d’après  l’explication  que  l’auteur  a  donnée  dans 
son  mémoire.  Quoiqu’il  en  soit les  commissaires  invitent 
M.  Bancal  a  persévérer  dans  le  zèle  qu’il  a  manifesté  pour 
les  progrès  de  l’art  de  guérir.  L’Académie  approuve  le 
rapport  et  en  adopte  les  conclusions. 

—  M.  Poisson  annonce  qu’il  est  parvenu  à  des  formules 
qui  expriment  les  lois  du  mouvement  de  deux  fiuides  su¬ 
perposés,  et  qui  renferment  les  lois  de  la  direction  et  de 
l’intensité  de  la  lumière  réfléchie ,  et  transnaise  dans  l’hy¬ 
pothèse  fies  ondes  luniineuses. 

Le  27  janvier.  ; —  MM.  de  Jussieu ,  Desfontaines ,  La- 
treille,  Gepfiroy-Saint-Hilaire  et  Brongniart  font  un  rap¬ 
port  sur  les  collections  et  les  observations  recueillies'  par 
M.  Auguste  Saint-Hilaire,  dans  son  voyage  au  Brésil. 

Un  séjour  dè  sii  années  au  Brésil,  une  grande  étendue 
de  terrrain  parcourue  en  divers  sens  et  sous  divers  cli¬ 
mats,  des  collections  nombreuses  en  animaux  ,  végétaux 
et  minéraux  ,  des  descriptions  exactes  faites  sur  les  lieux, 
des  observations  générales  sur  les  climats  ,  les  sites ,  les 
mœurs  des  habitans,  les  productions  naturelles  à  chaque 
contrée ,  la  nature  des  terrains  et  le  genre  de  culture  ap¬ 
propriée  à  chacune  i  tels  sont  les  résultats  du  voyage  de 
M.  de  Saint-Hilaire.  Les  commissaires  a’joutent  plus  loin 
que  M.  de  Saint-Hilaire ,  tenant  un  journal  exact  de  son 
voyage ,  a  pris  tous  les  renseignemeus  qu’il  a  pu  se  procu¬ 
rer  sur  la  statistique  des  pays  visités  par  lui,  sur  les 
mœurs  des  habitans  ,  leurs  langues ,  leur  commerce ,  leurs 
habitudes  ,  etc. ,  etc.  Voyageant  plus  spécialement  pour 
la  recherche  des  végétaux,  il  a  fait  la  description  des  es- 


VÀRIÉTis.  285 

pèces  recueillies  ,  sur  tout  de  celles  dont  les  Brésiliens 
font  usage  dans  la  médecine  et  les  arts.  Il  a,  rassemblé 
toutes  les  notes  nécessaires  pour  établir  la  concordance 
de  leurs  noms  vulgaires  avec  les  noms  botaniques. 


Séances  de  l’Académie  royale  de  Médecine. 


Section  de  médecine.  Le  i4  janvier.  — On  remet  sur  le 
bureau  un  manuscrit  intitulé  :  Mémoire  et  Observations 
pratiques  sur  la  diathëse  inflammatoire  des  enfans  nou- 
oeau-nés  ;  par  M.  Martin,  D.-M\-M.  • 

On  procède  à  la  nomination  d’un  membre  titulaire  en 
remplacement  de  M.  Hallé.  La  majorité  des  suffrages  se 
réunit  sür  M.  le  docteur  Laennec ,  dont  le  choix'séra  sou¬ 
mis  è  ^approbation  de  S.  Mi  r;.  ; 

L’asemblée  nomme  MM.  Duméril  ,  Double  >  Renaùldin 
et  Huzard  pour  faire  partie  de  la  commission  chargée 
d’examiner  les  remèdes  nouvellement  proposés. 

M.  Alard  lit  un  rapport  sur  une  note  deM.  Andralfils , 
relative  à  un  abcès  trouvé  dans  le  cerveau.  Ce  rapport  et 
ses  conclusions  sont  adoptés. 

,  Le  28  janvier. — ^^La  commission  chargée  de  préparer 
le  travail  relatif  à  l’élection  des  membres  honoraires  fait 
son  rapport.,  '-  V  4>  5. .  . 

On  procède  immédiatement  à  cette  élection  ,  et  les  dix 
médecins ,  âbnt  les  noms  suivent ,  par  ordre  alphabétique  , 
réunissent- la  majorité  des  suffrages. 

MM.  Abraham.  François. 

Andral  père.  Horeau, 

Asselin.  Loiseleur  Désloiigchamps. 

Burdin  aîné.,  Mérat. 

Emmonot.  ïhillaye  aîné. 


286  VARIÉTÉS. 

Le  1,1  février.  —  On  dépose  sur  le  bureau ,  de  la  part 

dé;  M.  Julia  ,  plusieurs  Mérapires  manuscriU  et,  traduits 
dé  l’espagnol  ,  sur  la.naturé  et  l’qr|giiie.  de  laifiév^é  jftune» 
qui  a  régné  à  Barcelone.  * 

On  procédé  à  la  nomination  de  deux  membres  hono¬ 
raires.  MM.  Salmade  et  Gueheault.de  Mussy  obtiennent  la 
majorité  voulue  des  voix. 

M.  Ocfila  lit ,  en  son  nom'  é^en  celui  de  M;  Ghaussier  , 
un  rapport  sur  un  ouvrage  manuscrit  de  M.  Guérin ,  in¬ 
titulé  .  :  E.lççc^us^  :de  tçaaîmU^ie.  Cé .  rapport  e t-  ses'  conclu¬ 
sions  spnt^  adoptés. 

M.  Léveillé  lit ,  sur.  uaci  observation  d^u»  squirrhe  du 
col  de  la  .vessie  par  M.  Cal’lineau ,  un  rapport  dent  les  côn. 
clusiqns/sontpatejUement.adnptées- 

Le  2,§;févriier>  H— Mv  Double  lit  ,  pour  lui  et  Mi  Fouquier, 
intiirappiù't  s.n®  une.'  observation  de  M.  Barras^  relative  k 
une  fièvre  quotidienne  pernicieiisé ,  péritoniqué  au  pre- 
nqierî  aéfibMeltpléHPétiqiièiàuxauivand  ,  guérie  par  lé  sulfate 
de  quinâoe.iGer rapport  et  ses  conclusions  sontiadoptés. 

M.  Lerminienlit  uni  autre  rapport  ,  également  adopté', 
sur  lainoté!  de  M>  Andrah  fils  i,  ayant  pour  objefc  dés  aoé- 
phalpeysté®!  trouvées. dausdes: veines  pulmonairest 

M.,  Louyer  Villermay  lit,  en:  son  nom  etJeri'  celubde 
M.  Sédi!}pt„jUn:rappQrt-suF;Uia;Mémoire  de  M.  Beaubien, 
nésau.Gpnadao.etiinlfeilé  :  PàraHàle  entre  lètrhumatisme> 
articulaire  et  la  goutte.  Ce  rapport  est  approuvée 
MMkDelensi  et;  IhilliqpUseïwt  un  rapport.,  qui:est  adjopté , 
sur^l’i)iatoira,d|une!  arachpoïdereneéphaliteipariltl.  Barrasi 
On  annonce  la  mort  dfijSLiBmmonot:,  et*  l’on  procède  h 
la  nomination  d’un  momV>®  M*  BOuvénot  ob¬ 

tient  la  majorité  des  volx^  : 

Sectigi),,  ehirurgig^  Séance  du  j,éudL  29  janvier. 
—  Après  la  lecture  ejt,  l’adoption,  du.  prpsès- verbal  , 
MM.  Lisfranc  etfDépiOfl^S  lisent  up, rapport  sur  uu  in- 


VAHI^ÉTÉS,  ad? 

strument  que  M.  Ip  doetéur  Clhçimpesme  a  fai^  construire 
pour  cautériser- les  bulj^es  des  cils  dans  le  triçhiasis,  G’est 
uii  cautère  terminé  par  une  boule  de  fer  qui  supporte 
elle-même  la  pointe  avec  laquelle  on  fait  la  cautérisation. 
M.  Percy  fait  observer  que  ce  cautère,  prfisente, beaucoup 
d!analogié  avec  un  instrument  que  les  anciens  ont  .nommé 
tête  de  moineau.  Le  rapport,  fayorable  è  l’auteur  ,  est 
adopté.  .  . 

M.  Larrey  présente  à  l’^cadépiie  deux  militaires  ;  l’up., 
âgé  de  aS  à  Soana,  était  deyenu  souEd,  et  muet; àla  suite 
d’un  traitement  antiyénéripn,  M.  Larrey  lui  appliqua  suc¬ 
cessivement  plusieu'rSj  moxas-spr-  l’occiput  et  durrièi’e  les 
oreilles.  La  parole  et  l’ouïe  s.c  rétablirent  complètement. 
L’autre  reçut ,  il  y  a  dix-sept  mois ,  un  çoupide  sabte  à 
travers  la  partie  supérieure  latérale  droite  dé  la  poitrine  ; 
l’instrument  ressortit  par  derrière  l’épaule  ;  il  se,  fit  dans 
la  plèvre  droite  un  épanchement, considérable, de  sang. que 
l’on' fût  obligé  d’évacuer  par  l’opération  de  l’empyème. 
La  plaie  de  l’opération  n’est  point,  enoorp  fermée  et>for- 
ihe  une  fistule  de  laquelle  s’échappe  une  assez  grande 
quantité  fié  sérosité  purulente,.  Le  côté  droit  de  la  pçilrine 
offre  une  diminution  très^sensible  dans  son.  yplume,  et  la. 
respiration  n’a.  lieii  que  très-faiblemept.^dans  Iç  poumon, 
correspéni^ant.  U:  Larrey  peflse  m^.e  q.u’elle  ne  s’y;  fait 
pas  et  que  sônmalade  ne  rpspire.que parle  poumoq  gauche. 

M.  le  docteur  Bard  offre  deux  enfans  en  bas4ge.  L’un 
esf  vend  au  monde  avec  divers  sym.ptômes  d’affection  sy- 
pbilitiqué ,,  et  présentait ,  à  l’époque  |le  sa  naissance ,  une 
cicatrice  profonde  ,  blanche^  situ.ée hla  partie  supérieure 
de  la  tête ,  dépourvue  de  cheveux ,  a,dhérenl6  ap^  os, du 
crâne ,  et  paraissant  résulter  de  la  guérison  d’une  ulcéra¬ 
tion  du  cuir  chevelu  dont  l’enfant  aurait  été  atteint;  pen- 
dant ia  vie  utérine.  L’autre  enfant  porte  à  la  tête  une  tu- 
ndeur volumineuse ,  alougée ,  fluctuante ,  indolente,  pa- 


288 

baissant  avoir  déprimé  le  pariétal ,  et  formée  par  un 
épanchement'  considérable  de  sang  au-dessous  du  cuir 
chevelu.:  ■  r 

•‘  M.  Bëclard  donne  la  description  de  plusieurs  pièces 
d’aiialomie  pathologique.  L’iine  est  un  cancer  napiforme 
du  sein.  La  seconde  une  large  ulcération  cancéreuse  delà 
mamelle,  qui  offre  cela  de  particulier  qu’elle  est  couverte 
d’une  foule  de  petites  cicatrices  épaisses  à  sa  surface, 
comme  ob  l'observé  souvent  pour  les  ulcères  vénériens 
serpigineùx.  Celte  pièce  prouve  que  le  cancer  lui-même 
est  susceptible  de  cicatrisation.  Une  troisième  pièce  est 
une  tumëur  fibreuse  énorme  ,  ramollie  ét  ulcérée ,  déve¬ 
loppée  dabs  la  matrice  d’une  femme  âgée.  Cette  malade 
avait  aussi  deux  hydropisies  des  ovaires  d’un  volume  con¬ 
sidérable ,  fet  le  foie  parsemé' de  tubercules  cancéreux. 

M.  Jiiles  Cloqüet  présenté  un  Cas  intéressant  de  deux 
anévrysmes  développés  dans  l’artère  aorte  pectorale  d’un 
malade  mort  à  l’hôpital  St.-Louis.  La  plus  volumineuse 
de  cés  tumeurs  naît  de  la  partie  postérieure  de  l’aorte  , 
immédiatement  au-dessous  de  Sa  courbure,  et  commu¬ 
nique  avec  cette  partie  par  Une  ouverturei  arrondie,,  large 
de  deux  polices.  Elle  s’est  dirigée  eh  arrière ,  a  détruit 
une  portion  du  corps  des  troisième ,  quatrième  et  cin¬ 
quième  vertèbres  dorsales  ,  les  Côtes  correspondantes  ,  et 
sfost  ainsi  fait  jour  à  travers  la  paroi  postérieure  et  laté¬ 
rale  gauche  de  la  poitrine,  pour  se  développer  au-dessous 
des  muscles  larges  et  superficiels  du  dos  et  des  tégumens. 
Pendant  la  vie ,  elle  pouvait  avoir  le  volume  delà  tête 
d’un  enfant,  et  était  le  siège  de  pulsations  etde  mouve- 
mens  d’expansion  fort  considérables.  '  Vers  les  derniers 
temps ,  elle  s’était  rompue  au-dessoUs  de  la  plèvre ,  et  le 
sang  s’était  épanché  dans  l’étendue  de  cinq  poücés  au- 
dessous  de  cette. membrane ,  qu’il  avait  décollée  des  côtes 
et  des  muscles  intercostaux  corrcspondans.  Là  plèvre  t 


•VABIÈT'JÈ«.  28g 

tait  enlm  déchirée  dans  deux  endroits  ,  et  le  malade 
avait  été  suffoqué  subitement  par  l’épanchement  d’en¬ 
viron  deux  pintes  de  sang  dans  la  cavité  correspondante 
de  la  poitrine.  L’autre  tumeur  anévrismale ,  située  à  trois 
pouces  au-dessous  dé  la  précédente ,  naissait  aussi  de  la 
partie  postérieure  de  l’aorte  et  avait  le  volume  des  deux 
points  réunis.  Elle  avait  en  partie  détruit  le  corps  des 
deux  dernières  vertèbres 'dorsales  et  déterminé  dans  d’au¬ 
tres  endroits  la  formation  deplaques  et  de  végétations  ébur- 
nées  du  tissu  de  ces  os.  On  trouva  sur  le  système  artériel 
de  ce  sujet  diverses  autres  altérations ,  que  M.  J.  Cloquet 
représentera  et  fera  connaître  dans  les  Fascicules  d’ana¬ 
tomie  pathologique  qu’il  compte  publier  incessamment. 
Sur  le  même  cadavre  on  trouva  aussi  des  tumeurs  cancé¬ 
reuses  dans  les  reins,  un  emphysème  considérable  des 
pbumpns  et  une  hernie  inguinale  épiploïque  fort  volu¬ 
mineuse.  . .  ■ 

M.  Roux  amène  à  la  séance  un  jeune  homme  qui  était 
affecté  d’une  division  congéniale  '  du  voile  dû  palais  et 
chez  lequel  i!  a  pratiqué  la  staphyloràphie  ,  ou  suture  dé  ce 
voile  musculo-membraneux.  L’opération,  pratiquée  depuis 
un  mois,  a  coniplètement  réussi  ;  oh  voit -une  cicatrice 
médiane  ,  blanchâtre,  solide,  qui  réunit  lès  deux  moitiés 
du  voile  du  .palais  dans  l’étendue  de  plus'  d’un  pouce.  La 
luëtte  reste  sous  la  forme  de  deux  tubercules  séparés  pâr 
une  scissure.  Le  voile  du  palais  a  repris  déjà  en  grande 
partie  ses  fonctions  ,  et  le  jeune  malade  ,  qui  ne  pouvait 
se  faire  éhtendre  qu’avec  beaucoup  de  peine  avant  l’opé¬ 
ration,  parle  très-distinctement  j  sa  voix  est  seulement 
un  peu  nasale.  C’est  pour  la  quatrième  fois  que  M.  Roux 
pratique  celte  opération ,  dont  il  est  rinventéür. 

Séance  du  i5  février  ïSeS.  —  M.  Giviale  lit  une  note 
par  laquelle  il  réclame  la  priorité  de  l’invention  d’instru- 
mens  destinés  à  pénétrer  dans  la  vessie  ,  afln  "d’en  ex- 


290  variétés. 

traicq.des  calculs  apr^SrlçSr^yôir  brisés  ,  saQS  avoir,  recours 
à  l’qpératiou  de,  la,  taille.,  Gqs,  instrumens,  que  l’auttiur 
noiqnie,  lithopripni,  ofifreat,  la  plus  grajudo  ressemblauce 
avcic,  ceux  qu!oal;!  (Jerniènient  proposés;  MM.  AnjUssat  efc 
Leroy.  M.  Çiviale  avait,déja  fait  counaître  pes;  instrumensi 
eU;  1,818;.  et.MM,  Percy  efeChaussiér  avaient  été  chargés, 
d’ett  fair^;  un  rapport  à  la  Société  de  l.’ejCrPacülté  de  mé¬ 
decine.  M.,  Pereyfaiti'observer  qu’il  avait  déjà  comniuniqué! 
h  rancienne, Académie  de,  cbinurgie  des  dessins  et; ufte des  - 
criplion.d’instruinéns;  semblables  ,  de  son  invention.  Ges- 
pièces  doivent  encore,  se  retrouver,  dans,  lesi  archives)  de. 
r Académie.  :  • 

Le  docteur  Haireps,  lit;  un  mémoire  sur  un  nouveau, 
procédé  pour.pratiquer  l’opération  de  la  fistule  lacrymale. 
Ce  pcocédé' consiste,  à,  porter  un  cautère.,  rougi  à:  blanc , 
dansJe  canal  na^t„  de  manière  à  le  cautériser  dans  toute 
son  étendue ,  et  à  placer  ensuite  dans  son  intérieur  une 
canule  d’argent  jusqu’à  ce  que  la  cicatrisation  soit  ache- 
vé^ç.  Acette  époque,  on  retire  la  canule  au  moyen.  d!un, 
fil  qui  est.  fixé  à  son  extrAniité  supérieure  ;  et  on;la,vprise  la 
cicatrisation  l'dei  Pi,ncision  faite  au  sac  lacrymal  lors,  de 
rupératipn.,  L’auteur  reconnaît,  à  ce.npuvpaa,  procédé,  des, 
avantages  marqués  sur,  les  autres, méthodes,?.  OOpendant;, 
rexpérience selon,  l’auteur ,,  nfa  point,  encore,  confirmé 
la  préférençé  qu’on, doit  accorder  à  son  procédé.  MM.  De- 
monrs  ?  Lisfranc  et ,  Roux ,  sont  nommés,  commissaires. 

iM,  Ghampesme  lit. l’iohservofi, on  .d’une  cataracte  acci¬ 
dentelle  »,,ciiez,  un, enfent  de,  six,  ans,,  guérie  par  l’appUcar 
tion.d’uni  ^étqnihjlo,  nuque.  Prois  semaines  après  l’appli- 
cationdupétonj,  le,crystol|in;  avait.déjà  recouvré  en  grande 
partie  sa  transparence  ;  deu^  mois,  après ,  la  guérison 
était  .complète,,  qt.,  depuis  quatre  ans  ,  sa  vue  s’est  con¬ 
servée.  parfaitement:  bonne.  M*  Demonrs  a  vu,  plusieurs 
fois.,. chez  dqs;  enfaps ,  le  crys,tallm  être  absorbé  après  , de 


VA«liT±S.  291 

légères,  p,ercu8sion?  djB  rœil  ,  et  p,eiQse\  qu’il  est  possible 
qqe,  dapf  ce  cas,>  up»  semblable iaccident  ait  eu  lieu  et 
procucé,l|i  guépisop  de  la,  cataracte. .  Les  mêmes  com¬ 
missaires  sont  nommés  pour  faire:  un  rapport  sur  l’obserr 
vation.  ' .  . 

IVIv  Ripheraqd  soumet  la:  section  dé  chirurgie,  de  la 
part;  du  conseil  d’administratipn ,  une:  demande  de  sir 
Henry  ,  qui  sollicite  la  faveur  d’être  nommé  coutelier  de 
l’académie. 

M.  Biplierapd.lijt,  deux  observations  . communiquées  à 
l’académie  par  M.  Judey.  La  première  de  ces  observations 
a  pour  sujp't,  un  homme  entre:  les  mains  duquel  un  fusil 
creva»  ,  ünp  portion;  dp:  l’arme.,  lancéej  par  l’explosion  , 
hrisaile  qorqpa^:  et;  enfopçsi;  une  pièce, de  cet  os  dans  le 
c,ejryeap,,.la,quelle;fut;retirée.,  efcle:  malade,  après  diverses 
circonstances  peu  intéressantes  à  relaten,  se  :  rétablit  par^ 
f^temQnt.hien.,1ta!  seconde  ,  observation  estrelàtivé  àmn 
anus, artificiel, venu  à.la  suite  d’une  hernie  inguinale  gân^ 
grénée  ,  ej, supprimée  §.ana  inconvénient  après  nuatre  mois 
de;  fnai4^?n.®hR>  la  compression.dës  extrémités  de  l’In- 
tpstip  ;  etjîai  suture  desitégumens! voisinsj  dei  l’ouverture,. 

-yBanspa  séabCCiexttoordinairedu^i  Mévrier  ^  UAcadémië 
royale  de;]\ilé4eGine)a  nommé  aBsûciéarésidans;,  MM.  Gase, 
Ferrns,  Serres,,  Rarthélemi  aîné  ,  Chomel^  i.Naci[uapt»i 
Duhois,  Baffos  ,  Barruel ,  Charles  Derosne,  Lédibert.: 

■  - - \ 

Prix  proposés  pap  la.  Société  médipale  d’Emulation 
de  Paris. 

La  Société  médicale  d’émulation  propose  plusieurs  prix 
pour  l’année  ]  82,5,,  savoir  :  . 

Deux ,  un  premier  et  unsecond  ,,qiai, seront  décernés  aux 
auteurs  des  dieux,meillénrs. Mémoires, sup,  l’aimtomig.,  lapa- 
thologie  eh -b’aua,fOmij0-pathplogiquc. 


292  Bill  LlOGRAl'UIE. 

Deux  autres  prix,  également  un  premier  et  un  second  , 
seront  aussi  décernés  aux  auteurs  des  deux  meilleurs  Mé¬ 
moires  sur  la  pathologie  médicale  ou  chirurgicale  ,  soit 
particulière.,  soit  générale.  ; 

Les  sujets  sont  au  choix  des  auteurs. 

Les  deux  premiers  prix  seront  chacun  une  médaille  eu 
or  de' la  valeur  de  200  fr.  ;  et  les  seconds  une  médaille  en 
or  de  la  valeur  de  loo  francs. 

En  outre  ,  un  prix  de  la  valeur  de  200  francs  sera 
donné  à  l’auteur  qui  aura  le  mieux  traité  la  question 
suivante  :  /  -  . 

«  Délèrminer  le  caractère  propre  de  l’inflammation  et 
exposer  la  thérapeutique  de  cette  affection  considérée  dans 
les  différens  tissus ,  dans  les  dilférens  modes  dont  elle  est 
susceptible ,  et  dans  toutes  les  circonstances  capables  d’in¬ 
fluer  sur  lé  traitement.  »  iK 

Les  Mémoires ,  écrits  très-lisiblement  en  français  ou  en 
latin ,  devront  arriver  ,  francs  de  ports  ,  avant  le  5i  dé¬ 
cembre  1823  ,  à  Paris ,  chez  M.  Villermé,  secré¬ 
taire-général,  rue  Béctin-Poirée  ,  n.°  n  o.  Ils  seront  dis¬ 
tingués  (les  concurrens  étant  tenus  de  ne  point  se  faire 
connaître)  par  une  épigraphe  qui  sera  répétée  dans  un 
billet  cacheté ,  contenant  les  noms  et  l’adressé  de  l’au¬ 
teur.  Les  membres  correspondans  de  la  société  peuvent 
concourir.  ,  ■  (i  ■  . 


B  I  BL  I  O  GRAPHI  E. 


Ouvrages  français. 

Dictionnaire  de  Médecine  ,  par  Mil.  Adelon  ,  Béolanl  , 
Biett,  Breschet ,  Chomel ,  H.  Cloquet,  J.  Clpquet ,  Cou- 
tauceau  ,  Desonneaux  ,  Ferrus,  Georget ,  Guersent,  La- 
gneau,  Landré-Beauvais,  Marc,  Slarjolin,  Murat,  Or- 


BIBLIOGRAPHIE.  SgS 

fila,  Pelletier,  Raige-Delorme ,  Rayer ,  Richard,  Ro- 
choux  ,  Rpslan ,  Roux  et  Rullier.  —  Sixième  volume.  On 
souscrit  à  Paris  ,  chez  Béchèt  jeune  ,  place  de  l’Ecole  de 
Médecine,  N.°4.  Le  prix,  pour  les  souscripteurs,  est  de 
6  fr.  5o  cent,  pour  Paris ,  et  de  8  fr.  5o  cent,  pour  les  dé- 
partemens.  - 

Cet  ouvrage  ,  destiné  à.  rassembler  par  ordre  alphabétique  tous  les 
objets  dont  se  compose  actnelleraeut  jp  science  médicale ,  est  parvenu 
au  tiers  de  l’étendue  qu’il  doit  avoir.  Les  six  premiers  volumes  ne 
renferment  que  les  lettres  A,  B,  C,  etla  pins  grande  partie  de  la 
lettre  D  ;  ils  sont  cepeffdanl  dans  la  proportion,  du  nombre  de  i8  ou 
20  volumes,  que  les  auteurs  se  sont  légalement,  engagés  djt.nepas  dé¬ 
passer.  On  sait  en  elFet  que  les  premières  lettres  do  l’alphabet  con¬ 
tiennent  le  plus  grand  nombre  de  mots  et  les  articles  les  plus  étendus. 
Le  sixiènhe  volume  offre,  parmi  lès  articles  les  pliis  iniportans  : 
crâne ,  dent ,  dentition  (  anatomie 0  ,  de  M.  Bédard  •,  coguelùche  , 
croup,  dentition  (  maladies  de  la  )  ,  de  M.  Guersent  ;  diagnostic' , 
diarrhée,  de  M.  Chomel  ;  cya/iofe,  <7j-sI/(e,  de.M.  Ferrus  ;  crise  ,  de 
M.  Coutanceau  ;  crétinisme ,  délire  ,.  de  M.  Georget  ;  couperose ,  de 
M.  Bietl;  dartre,  de  M.  Rayer  ;  désinfection  ,  diabètes  ,  de  M.  Ro¬ 
cheux;  couches,  crochet,  délivraiicé ,  de  M.  Desormeaux;  corps 
étrangers  ,  dents  (  maladies  des  ) ,  de  M.  Marjolin  ;  corne, (  tissu  ) , 
déviation  organique ,  de  M.  Breschet;  déception  (  médecine-légale)  , 
de  M.  Marc  ;  cosmétique ,  diète  ,  de  M.  Rostan.  —  Le  septième  vo¬ 
lume,  est  sous-presse ,  et  paraîtra  dans  le  courant  du  mois  d’avril 
prochain. 

Formuiaire  magistral  et  Mémorial  pharmaceutique , 
recueilli  par  Ch.  R  Cadet  de  Gassicourt;  5.'  édition  , 
revue  et  augmentée;  par  V.  Bally,  D.-M.  ;  in-S.”  Prix,  ’ 
4  fr.  Chez  L.  Colas  fils,  et  chezBéchet  jeune. 

Aperçu  général  sur  l’Inflammation  (médecine-vétéri’ 
naire),  par  Morel,  vétérinaire;  in-S."  de  25  pages.  A 
Paris ,  chez  Demonville  et  Compère. 

Ce  Mémoire  contient ,  sur  l’inflammation  considérée  chez  les  ani¬ 
maux  ,  des  idées  qui  sont  entièrement  applicables  à  la  pathologie  hu¬ 
maine  ,  ou  plutôt  qui  sont  empruntées  de  celle-ci.  Les  opinions  de 
l’anteur  rappellent ,  en  effet ,  toutes  celles  qui  sont  professées  par  l’é¬ 
cole  de  M.  Broussais.  Ce  Mémoire  est  écrit  avec  clarté.  Il  a  trop  peu 
d’étendue  :  plusieurs  propositions  paraîtront  plus  que  hasardées  ;  elles 
demanderaient  quelque  développement.  Ou  ne  peut  d’ailleurs  qu’ap¬ 
plaudir  aux  efforts  de  l'auteur,  pour  porter  de  nouvelles  Inmières  sur 


204  nTBXIOGR  APHIÉ. 

une. science ’qûi  a  été  trop  long-temps  soos -le  jo'ag  tUi  plus-grossier 

Éloge  de  M.  ,  prononcé  le  1 8  novembre  1 83a  de¬ 
vant  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris ,  par  le  Baron  Des 
Genettes;  iît-8.'’,;^prix;,  5o  e.  A  Paris,  chez  Béchet  jeune. 
Recmrehes  sur  la  nature  et  les  causes  prochaines  des 
fièvres;  par  Gendrin  ,  D.  -M-  ;  a  vol.  in-8.°  ;  Prix,  lafr. 

À  Paris,  chez  Béchet  jeune. 

Cet  ortvrage  sora  analysé  dans  un  procliain  Numéro. 

De  i’orgcmièation'des  animaiix,  ou  Principes  d’anâto- 
mie  cônipolrée  ;  pdr  Ducrotay  de  Blainville  ;  tome  1 
ih-8.*;  prix,  7  fr  5o  cènt.  Chez  Levrault  et  Béchet  jeune. 

Cet  onvrdgesera  procliainemenl  analysé. 

Discours  d^ introduction  à  l’ouvrage  des  Monstruosités 
humain.es  ,  formant  le  second  tome'  de  la  Philosophie 
anatomique  ;  in^8.°  d’une  feuille  ;  et  Philosophie  dnd- 
tomique;  des  Mdnstritpsités  humaines ,  été.  ;  par'Geb'f- 
frbyi^Saitit- Hilaire ;  Un  volunie  et  un  atlas  in-i^.°  ; 

'Pi'k,  !  I  fr.  A Pàris ,  chez  Béchet  jeune. 

'Cét'o’uvrage  sera  analysé.  '  .  , 

De  la  èié¥iiité  de  V homme  et  delà  femme  ,  et  des-moÿens 
d’y  remédier;  .par  V.  Mondât  ,  'D.-M,  ;  >*«^8.° ,  seconde 
éditien.  A  Parisyehez  Migneret  ,  etc. 

L’auteur  donne  d’abord  Phistpire  anatomique  et  physiologique  des 
organes  génitaux'dE'l’hoOMie'ei  >de  -la  fethnsè.  dl  eJtatriifie‘’èàsÜitfe‘'Iés 
causes; de  la  stérilité. dans  les  dOuxsOxesi;’  mais  il  oublie  q'deila  stérilité 
n’esttpas  toujours  absolue,  qu’jelle  est  quelquefois  relative.  Peut-être 
â-t-il  de  bouués  raisons  pour  ne  pas  adrâeltrc;cette  derniè|re  ?.il  n’eut 
pas  été  inutile  Üe  bous'  les  faire  connaître.  Cet  oubli  viendrait-il  de 
tê  iptédfcs'^àrmiilés'ttiefeîÿaOf  ht  ‘ànti-ànaplirodisiaijüès  ;  et  les  pro- 
éédéS!)tttééaôiiqOè@deMi  'Mondàt  i‘hé  aott  d’Outiilhq'iiûlité'  dans' cette 
espèce  de  stérilité?  Dans'Cseite:.pâ»iAe'pritièipàlOd'é  PouWàgej'én^^bur-r 
vaitdéSifer'  une  connaissance  plus  étendue  et  plus  profonde  des  faits 
consignés  dans  lés  fastesdé  l’art ,,  car  M.’ Mondât;  :qni<paraîf  avoirëü 
beapconp.  d.’oecâsiôns  d’obsérverles  idifférénscas  'doi'Sléi'ilité ,  '  éë- 

.pendant,pas  tout  vu.  Qu  idésirerokiSur-toUtique  l’aittebr'obt'  ïiVls'ï>fe 
de-réserve  ,::plüs  dé, décence,  plus  de(gi!aéilé'ttaas'l’'t«pbàitiyu  db'ikft- 
tières  aussi  déliéates  'â  traiter.  "L’ouvrage  lest  tet«nné-(par  nu  iji'èEil 
-Traité  d’bistoire  naturelle  des  rmédiaariiens  apbtedisittqüés', 'qüï'éét 
aussi  fort  supefficiel,  et  où  Pon  dtercbciYain'omcitl  qételqüc.s'iiô'tioiSs 


B  I B  L 1 0«»  À  P'H  lE.  ^  gS 

sur  le  phosphore  et  sur  d’autres  substances  auxquelles  ou  a  allrilnié 
une  vertu  aphrodisiaque  pliis’ cùergique  qu’à  la  plupart  de  celles  dont 
on  trouve  la  description.  L’ii^rcssion  que  laisse  la -lecture  de  cet  ou¬ 
vrage,  est 'qu’il  à  été  écrit  plutôt  pour  les  gens  du  monde  que  pour  les 
médecins.  .  • 

Planches  an-àttrinit)Wès  )im  cârps  hixntàîti  >  exécutées  à’a- 
près  les  ditüensiohs  naturelles,  accompagnées  d’un  texte 
explicatif,  par  te  docteur  Antommarchi;  publiées  par 
M.  le  Comte  ide  CaSteyrie  ,  éditeur,  —  L’ouvrage  seça  di¬ 
visé  en  quinze  livraisons.  Le  prix  de  chaque  livraison  est , 
én  noir,  de  eS  fr.  ^  et,  sur  vélin  colorié,  de  70  fr. 

Le  célèbre  auteur  de  ï'Hisloria  et  IconographiMvasoriim  lyinpha- 
ticorum  corporîs  huniani ,  avait  laissé  en  mourant  (  19  octobre  i8i5), 
des  matériaux  tout  préparés  pour  la  publication  do  plusieurs  ouvrages 
d’anatbbniè.  Une's'ociété  anbriÿmè  s’était  chargée  de  la  publication  des 
oUvràgés'posthutnès'üe’Màicàgnl  ,'S6üs  là  diféeSéti'dti'dd'éiieür’Aiitom- 
nanrehi',  l’ija.  de  ses  .élèves  et  de  ses  cOlklJordténi's.  itéux’de.ses  ou¬ 
vrages  ont  été  publiés  '.  l’  jinatomiii  pev  usa  studiasi  di  ^â'idtum 
e  pittura,  et  le  Prodromo  délia  grande  anatonixa;  le  troisième  ,  dont 
ce  dernier  peut  êpe  considéré  comme  l’introduction  ,  était  annoncé  , 
et  on  en  attendait  impaiiemtnent  la  publication  retardée  par-'l’absciice 
'  du  âofcleür  Anlommàrcbî  ,  lorsqu’apres  son  reloiir  ,  des  difréreiids  su.r- 
veniis  entre  lui  et  la  société  dés  EditcliiS  i  et  la  ftitnille  'de  fcscagni, 
ou tfait 'Craindre  déda.  voir.  ajburiier  düdéfiaiiméUt.  Ileidàctéüt  i  Autoih- 
raarchi  a  pris  le  parti  de  faire  lermiBer  ce  que  Maseagni’Sohmïaître 
avait.projelé,  et  commencé,. ,  L’ouvrage  dont  nous,  auuoiiçons  la,  pre¬ 
mière  livraison,  est  uneaiiatpmio  complète  du  corps. humain,  .repré- 
Sehiée  daiis  des  plàhéheS  lîlllog'rap'hiéés  do’grtàdeur  nàturélle.  ''.Celle 
anàto'mie  Üiflfere  de  -toutës  '  cêllés  qui-  bà't  'été  'pdb'liéés  ’jusqdk  dette 
heure, ven  ce  que,  au  liêud'e  .représfenl'ériés  o'rgaftes'îsoIÉs’,’‘d?êtfe‘ana- 
lytiquBi  en  un.  iraot.,  elle  lest  symétrique  ourtopci^râpbiqùe.yHélle  re¬ 
présente  toutes  les,  partjes  du  çoeps  daus  -leur  - epseipbleiet- dans- ledi-s 
connexions  mutuelles. -La  première  divraispn  epp^te  en  .une  :figure 
des  nombreux  vaisseaux  sous-cutanés,. avec  les  n^rfs,qui',recpuvrent  la 
première' couche' musculaire  de''la'fâce  anterieure  dit  .corps.,  et  en  deux 
feuilles  de  texte  campl'enaitt-i’iûll'odhcticmieb  'l*éàpftt:^lî'éiltiV  l'a’^fîgure. 
Nous  reviendrons  sans  doute  plus  d’une  fois  sur  un  ouvrage  d’une 
aussi  grande  importance;  nous  nous  couteulcrons  ,  pour  le  moment , 
de  dire  que  cette  preraière  livraisou  promet  un  ouvrage  d’une  magtii- 
ficeiice  et  d’uiic  perfection  au-dessus  de  tout  éloge.  A.  B. 


Ouvrages  anglais. 

Treatise  on  dislocations,  and  fHfàictutes  of  the  joints.  — 
Traité  des  luxations  et  des  fractures  des  articulations  y 
par  sir  AstleyCooper;  în-4.°  ionrfora,  1822. 

'  Cet  ouvrUge  ,  de  l’uii  des  premiers  chirurgiens  de  Londres  ,  sera 
analysé  dans  un  des  prochains  Numéros. 

lUuStratidtis  ofthe  inquiry  respecting  tùberculous  diseases. 
—  Suite  des  Recherches  sur  tes  maladies  tuhercu- 
leüses;  par  J.  Baron,  aZ^pàges,  avec  5  figures 

coloriées.  '  . 

'Practical  obâèfvations  on  ihe  treatraent  and  cure  of  several 

'  varieties  of  pulmonary  consomption ,  and  on  thie  effets  of 
the  vaporés  pf'boiiiing  tar  in  that  disease.  —  Observa¬ 
tions  pratiques  sur  le  traitement  de  plusieurs  variétés 
..,  de  phthisie  puljnonaire ,  et  sur  les  effets  de  là  vapeur 
du  goudron  dans  cette  maladie;  par  sir  Alexanâer 
‘Crichtoh,' M.'-i).'"" 

■  Inquiry  i'nto  the  action  of  mercury  on  the  living  body.  •— 
' Recherches  sur  Tactiofi  du  mercure'  sur  Técbnomie 
animale i’pur  J.  Swan }  in-8v°  ’  rSîn  i  . 

.  Practical  observations  oh  the  distorsions  of  thè^sp'ine ,  chest 
.  and  limbs,  togethet  withremarks  on  paralytic  and  other 
idiséasës  connëcted  with  împaifed  or  défèclive  motion.  — 
Observations  pratiques  sur  les  difformités  de  la  co¬ 
lonne  vertébrale,  du  thorax  et  des  membres,  etremar- 
ques  sur  la  paralysie  et  les  autres  mctlddies  qui  in¬ 
fluent  sur  les  mouvemens;  par  V.Ward. . .  . 

Réscarches  respecting  the  medical  power  bf  chlorine,  par- 
tiëülàrîy  oii  diseases  of  thé  liver. —  Recherchés  sur  l’ac¬ 
tion  ikédicale  du  ctilore,  particuiié’rernenif  dans  les 
maladies  du  foie  y  par  W.  Wallace  ;  m-8;“  . 


MÉMOIRES 


OBSERVATIONS. 


Recherches  sur  les  propriétés  et  l’emploi  médical  de  la 
jusquiame,  faites  à  l’hôpital  de  la  Charité,  parle 
professeur  Fovqvibü,  recueillies  et  publiées  par  le 
docteur  Ràtibr. 

T 1 A  simplicité  des  moyens  et  la  perfection  dés  résul¬ 
tats,  tels  sont  les  caractères,  auxquels  on  reconnaît  lés 
progrès  des  sciences  et  dés  arts.  Cet  axiome,  dont  les 
démonstrations  se  multiplient  autour  de  nous  ,  peut 
être  justement  appliqué  à  la  médecine,  qui  se  dépouille 
peu -à- peu  des  innombrables  préjugés  qui  l’envelop¬ 
paient  ,  et  qui  depuis  vingt  ans  a  remis  en  question  ce 
que  l’expérience  des  siècles  précédents  semblait  avoir 
consacré.  Rien  de  plus  impésant  ,  de  plus  concluant 
en  apparence,  que  les  observations  des  auteurs  sur  lés 
propriétés  des  médicamens  et  sur  celles  des  narcotiques 
en  particulier;  ouvrons  les  traités  spéciaux  de  matière 
médicale,  les  monographies  qui  traitent  de  ses  diverses 
parties ,  enfin  les  ouvrages  de  médecine  pratique^  Quels 
pompeux  éloges  !  quels  succès  merveilleux  !  Essayons  au 
lit  des  malades  ces  moyens  théràpeutiqués  si  puissans ,  et 
jugeant  avec  impartialité  les  effets  obtenus  et  les  promessés 
séduisantes  des  inventeurs ,  demeurons  persuadés  de  cette 
vérité  :  B  II  y  a  beaucoup  à  faire  sur  les  propriétés  des 
1.  20 


^8  mémoires 

I)  médicamens ,  et  la  première  condition  pour  les  Lien  ap- 
«précier,  c’est  de  ne  point  oublier  la  force  de  l’organisme, 
«de  jui  laisser  une  bonne  part  des,  effets  produits,  à  moins 
»que  leur  instantanéité  n’en  indique  évidemment  la  source 
«étrangère  (i).  » 

Tels  sont  les  principes  que  nous  avons  adoptés  ,„^et  dont 
nous  avons  tâché  de  faire  l’application  aux  recherches 
dont  nous  avons  déjà  publié  et  dont  nous  présentons  en¬ 
core  aujourd’hui  les  résultats.  Cependant  ils  ne  nous  ont 
pas  mis  à  l’abri  de  quelques  critiques;,  peut-être  mal  fon¬ 
dées  ,  et  auxquelles  nous  nous  efforcerons  de  répondre  de 
manière  à  convaincre  leurs  auteurs.  On  objecte  sans  cesse, 
et  bien  souvent  sans  preuves,  à  ceux  qui  font  des  expé¬ 
riences  sur  les  médicamens  ,  qu’on  a  déterminé  des  acci  - 
dens  à  telle  ou  telle  dose  j  mais  les  phénomènes  d’üne 
organisation  luttant  avec  effort  contre  les  atteintes  d’une 
substance  vénéneuse,  peuvent-ils  être  comparés  à  l’action 
thérapeutique  de  cette  même  substance  administrée  avec 
une  sage  réserve?  Faudra-t-il  répéter  jusqu’à  satiété  que 
noua  cherchons  des  médicamens  et  non  des  poisons  ? 

Malgré  la  modération  de  nos  conclusions  ,  malgré  la 
défiance  que  nous  avons  montrée  sur  des  faits  non  con- 
staitési,  M.  ëm^  h-Joui-na l‘de physiologie  expé- 

rimeniak^,  a.  cru  devoir  adresèer  à  notre  Mémoire  sut  l’a- 
oétute  de  plomb,  des  objections  qui  nous  semblent  Lien 
peui  concluantes.  De  ce  qué'  M.  Gaspard*  a  empoisonné 
des.  chiens  avec  l’acétate  de  pl'omb ,  et  nous-  ne  songeons- 
pas.  à) nier. ce  fait-,  s’ensuit-il  que,  chez  Ifes  malades  aux¬ 
quels,  nous.  Favqns  administré,  Ifes  sueurs  n’àient  pas  été 
supprimées  tout-à-fait ,  ou  du  moins  notablement  dimi- 
nuéesii  sans;qu’iis*  en  aient  éprouvé  lé  moindre  accidént. 
Dtaillèurs-,  ne  voit^on  pas  dans  plusieurs  auteurs  que  ce 

(r)  Gçoi-ger,  Traité  de  la  Folié. 


ET  OB9BKVATIOMS.  àgg 

sel  peut  être  dbntié  U  des‘  doèeà'  âàei:  bôùsîdéràblës  ,  et 
inëme  en  lâvëîhéÜt j  èads  p'feifbqüër  fèiS  àymptôïn'és  proptês 
S  M  èe'liqdë  niètÈdli^ile. 

D^auifreS  pè'f'go’naëà' n'oüS  bù'l!  fèpïôfthiÊ'  de  n’aWîr  pas 
tètiù  côiiip'të  dé  l’état  IttdospKéi'i^üé  è’i  dés  èvàéüatî^iis 
quî  pou*^aiënt  ééinpldcéé  lëii  ÿàêÏÏrs.  NdM.  répoiàdéon^  pâr 
éèïté  phrasé'  dé'  n'ôtté’  Mëàibit'è’  ^  i  Mk  ^iikütÉ  dés  pfelii- 
^Téîméhï  ^ôuVéùt  te  frhi'd  të  plUs  ri^dii- 

fëtiiét  ;  i’dbètà-tè  dé*  pfô'nib'  Wi'  éup^?finè'  Mâl^rè  tês  m- 
ftûdncêë  lié ptiié pf  'ojii'êi  èohëitë'Peé  â'  les  eriireîekîr.  k 

Quant  Alix*  âüïdéé  étdcdâ'tîoé'd il*  fôut  sé'dlement  ffrè  lës 
ôbsèrvà'tîôdis p'oué  s’as^iiréé  cféé'  Aéüà’  y*  aVods  éû  égard*. 

OW  lit  dàt^'  la  Bihll6ihèljÿ,e  Mé'dtëaté  (q'aWîer  iSeï)' 
ün  ai*ticle  db  dàéteüi^  Dé  téà's  dèîa't*ff  âù  meme  frâVàil  j 
il  fîiiit'  din'dî  :V  J?àj6é¥éM  uïïè  derïïièt'é  ou'plutôt  uné  pre- 
s^îèïô  é6Wsî"détatioîf;'é’éSt  que  lé'iiiéflîéaïïiéiît  Soit  idéé- 
»  tiqué  da'dë  fqutès  rés^é^p&féîièésV  de' qui  nécessite  i .®  de 
»  1- avôîi*  dé  Bonne  qualité';  2'.®  dè’  pifé^éritè  tout  méladgè  ; 
»3.°  de  cKÔi^îr  l'é  ditfdé  dé' pféparàtidfl  oü'  célte  i'déntîté 
î'èstpfüs’  fâ’ciië  â*  obïébit  ,  c’ést-^^dî'ré'  d’é.ri^eipérîrüëûter 
»^iîè  süfdéÿdrégdèâ  ifèta’t  sïSipléi'  »  I^dus*  aVônS'  dé- 
puî'S  Iob'g-ïein’p§'àdbpté  18k' idééè*  dé  c'ét  ésî^îâiabië  cbiifrérë, 
déiikléâ  dV'étts  niîséÿti  p'éSiSt  dàükl8'<^u'rs‘de  iios,rééiiercïîé%, 
ét  ribuk  rés*  repfodidSériV  iSPcdfânié  Pei^^reksibri*  de  dBtl'a 
dp'Mîéd  pérkéMelIé,'  i^elSti'^ëMëÜ.t'à  la'nia’niè'të  aaÜ^ï- 
ftiklréf*  M'  àiédiëSiÜ’edà’,'  stiWodîf  iBrkqtie  léurs’' pfdpftÀbs 
Së^0iêiihMi  di?' douteuses^  II' ésTimpbssibïe en  élïetb 
dtîW,’  d’àii^  t®'  di3Sj^)ôs%''  inedicâme^^^  les' ^ropriëfë 

fékpfeéfl/e'è^’des*' corps*  donslîluahs  sbiénf  coliibinëës  ^âns 
übié  sï  dÿ&fë*pV*dpôft^nV  dans  un'sf  jüste^  équilîËre ,  qu*iï 
nd^'ë^éü*^  pak*  (|®^qu‘une'  qür  pi^lddtnine'  et  qm  ne 

qma{'tàc^âît''â*c11aqué’ partie 

dë*dét8ti¥*il{ie*destiyaCièî^|artm^  ^ 

I^edt-^I'B*  dî^a-t-o'n*,  e‘n  voyanVlâ’  peu  d’élücacité  que 


20.. 


3oo  •  -uiiip.mES  ^ 

nous  avons  reconnu  dans  les  plantes  yireuses  ,  soumises  à 
notre  examen,  qu’elles  manquaient  de  vertus  à  raison  du 
sol  qui  les  a  produites ,  et  que'  celles,  des  pays  méridionaux 
sont  pourvues  de  propriétés,  bien  plus  énergiques.  Sans 
contester  cette  proposition ,  nous  ferons  remarquer  que 
les  premières  doivent  posséder  des  vertus  analogues  , 
qu’elles  ne  manifesteront  qu’à  une  dose  double,  décuple 
même,  si  l’on  veut  ;  c’est  ce  que  nous  ayons  recqnnu  en 
essayant  divers  extraits  préparés  par  des  procédés  .diffé- 
irens;  c’est  ce  que  M.  le  professeur  Orfila  signale  dans 
son  Traité  de  toxicologie,  et  que  M.  Loiseleur  Deslongs- 
champs  avait  déjà  mis  en  évidence,  en  démontrant  que 
le  pavot  indigène  fournit.un  extrait  analogue  à  l’opium 
thébaïque  ,  mais  seulement  plus  faible.  Il  est  probable ,  et 
cela  est  facile  à  vérifier ,  •  que  l’opium  indigène  contient 
une  moindre  proportion  de  morphine.  De  même  on  de¬ 
vrait  rechercher  si  les  plantes  vireuses  des  contrées  sep¬ 
tentrionales  ne  diffèrent  point,  par  leur  composition  chi¬ 
mique,  de  celles  qui  naissent  dans  les  pays  chauds. 

Dans  nos  expériences  ,  la  dose  des  médicamens  a  été 
poussée  aussi  loin  que  la  prudence  le  permettait,  et  presque 
toujours  sans  effets  thérapeutiques  positifs  et  constans  ; 
nous  avons  reconnu  que  bien  souvent  tel  médicament 
administré  à  faible  dose  est  réputé  avoir  agi ,  tandis  qu’il 
a  été  digéré ,  et  que  la  cessation  ou  la  simple  suspension 
des  phénomènes  morbides  tiennent  dans  la  plupart  des 
cas  à  la  marche  naturelle  de  la  maladie ,  aux  efforts  con¬ 
servateurs  de  l’organisme  et  aux  soins  hygiéniques  auxquels 
sont  soumis  les  malades.  Par  exemple,  nous  avons  eu  sou¬ 
vent  occasion  de  constater  ce  fait  relativement  aux  hysté¬ 
riques  et  aux  épileptiques  ;  leurs  accès ,  pour  l’ordinaire , 
diminuent  en  nombre  et  en  intensité  pendant  leur  séjour 
à  l’hôpital  et  pendant  le  traitement  qu’ils  y  subissent;  on 
serait  porté  à  croire  qu’ils  doivent  cet  amendement  à  la 


E  T  OESEE  VÀTION  S.  56l 

substance  qu’on  leur  administre  ,  si  l’on  n’observait  pas 
la  même  amélioration  chez  tous  les  malades ,  qu’ils  soient 
soumis  à  un  traitement  quelconque,  ou  simplement  as¬ 
treints  à  un  régime  modéré  :  qu’il  survienne  quelques- va¬ 
riations  brusques  dans  l’état  atmosphérique ,  qu’une  cause 
morale  étende  son  action  sur  les  deux  classes  d’individus 
et  l’on  verra  se  manifester  de  nouveaux  accès.  Nous  pen¬ 
sons  que,  dans  la  plupart  des  cas,  on  doit  attribuer  la 
disparition  temporaire  ou  totale  dès  accidens  ,  îi  cë  que 
les  individus  reçus  dans  l’hôpital,  soustraits  à  l’influence 
des  causes  morbifiques  qui  les  assiègent  chez  èux,  vivent 
plus  immédiatement  sous  l’empire *de' l’hygiène. 

Les  substances  sur  lesquelles  nous  désirons  appeler  un, 
instant  l’attention  ,  jouissent  d’une  assez  grande  renom¬ 
mée  ,  quoique  nous  les  ayons  trouvées  presque  toujours 
en  défaut;  nous  parlerons  d’abord  de  la  jüsquiàfne; 
Les  Éphéniérides  ,  les  Actes  des  curieux  de  la  nature , 
d’autres  collections  du  même  genre,  les  auteurs  anciens 
et  les  Journaux  de  médecine  sont  pleins  d’observations 
plus  ou  moins  détaillées  ,  et  relatives  à  ses  piropriétés 
vénéneuses  ou  médicamenteuses  ,  et  nous  ne  nous  arrê¬ 
terons  pas  à  citer  des  faits  connus  de  tous  ceux  qui  nous 
lisent.  Haller ,  Storck  ,  Wepfer ,  le  savant  et  scrupu¬ 
leux  Murray  rapportent  des  effets  très-singuliers  de  la 
jusquiame  prise  en  substance  ou  en  extrait  aqueux.  On 
l’a  vue  déterminer  le  trouble  de  la  raison  et  la  paralysie  , 
des  vertiges  et  la  démence  ,  un  délire  furieux,  une  séche¬ 
resse  considérable  du  gosier  et  de  la  langue  avec  de  vives 
douleurs  d’entrailles. 

On  dut  chercher  mn  médicament  dans  une  planté  douée 
dé  propriétés  si  énergiques  :  aussi  l’employa-t-on  dans  une 
foule  de  cas  très-différens  ;  Plater,  Forestus,  Boyle  s’ en 
sont  servis  avec  succès  contfe  le  flux  hémorrhoïdal  excessif 
et  contre  l’hémoptysie;  Théodore  de  Mayenne  là  yàhla 


3o2  MÊMpi;^EB 

contre  l’épilepsie ,  et  Glaudep  fipntrje  Jg  dysenterie.  Storck 
auquel  npus  deypj}|  leg  pr^mjèpes  p,lis§pàtions  bien  sui¬ 
vies  sur  lef  plgntes  vireuses.,  fit  préparer,  un  extrait  de 
jusquiatne^  Pt  ij  r^spljç  de  ses  réel}, erçhfis ,  qu?il  jouit  d’uûe 
grande efiÇcqpit^dgns les eppYulsiqns,  les, spaspaes  internes, 
les  palpitations  de  çqeyr,  }q  iqanie  pt  la  mélancolie ,  l’ex.^ 
pectoration  difficile ,  l’fiépîpptysiq ,  l’épilepsie  et  la  cépha¬ 
lalgie  ancienne.  Slprck;  assurément  a,  été  de  bonne  foi , 
puisqu’il  n’a  pas  djgsimulé  les  légers  accidens  déterminés 
par  le  remède  en  question  mais  ne' s’en  est-il  pas  laissé 
împpser  paç  le  désir  4®  trouver unq  ressource  de  plus  contre 
ces  maladies,  ;;ç|  n^u,rait-0,p  pas  droit  d’exiger,  pour  lever 
tous  les  dputeg,  qu’il  eût.  fait  connaître  aussi  les  cas  dans 
lesquels  spn  admlpistra.tipjr  n’a  été  suivie  d’aucun  résultat 
avantageux,  Les.  essak  de  ce  médecin  furent  répétés  dans 
beaucoup  (l’eQdrpits,  et  bientôt,  suivant  l’usage ,  on  n’en- 
tendit  p)u§  PirlpE  4ue  des  merveilleux  effets  du  nçuveâu 
médicamePl  ,  îu’oU  appliquait  aux  cas  les  plus  opposés. 
En,  é^Ugleterre  ou  s’ep  S.ervit  dans  le  traitement  ^s  allé- 
natiops  m.pufedes.;  en  Suède.,  on  le  prescrivit  contre  une, 
tquxçatarrha.b3  éuue  doseconsidérée  alors  comme.énorme, 
c’étAit;np  denairgros.  répété  deux  ou  trois  fois  par  jour  ; 
le  s.uççès  ,  ajoute  Mprray ,  couronna  cette  pratiqué 
har^e. 

l'ogs  le^,  médeckis.  no  partagèrent  point:  cqt  enthou¬ 
siasmé.»  ilSjVAuIufeat  eonslater  par  eux-mêmes  l’utilité  de 
cet|e  panacée.  Gréding;  entreprit  de  nombreuses  expé- 
rienpos  ,  desquelles, il  résulte  que  l’extrait  de  jusquiame  ne 
détermina  point  d’effets  physiologiques,  constans.  Il  signale 
des  pjb^gmènea  si  variés  chez  lés  individus  soumis  à  son 
®???,Ç%Yatipp  ,  qu’où  est  natürellemeut  porté  à  les  consi¬ 
dérer,  moffls,  çpmme  déterÈiinés  par  l’agent  médicamen- 
teux„  que,  comme,  de  simples  coïncidences.  Il  avoue  que 
chez  certaines  persounes  il  y  eut  quelque  allègement  (il 


ET  observations.  3o3 

ne  parie  pas  de  guérisoij)  dans  la  maladie  principale  y  et 
que  chez  d’autres  quelques  symptômes  incommodes  dis¬ 
parurent;  mais ,  ajoute-t-il,,  ces  avantages  comparés  aVëç 
les  accidens  arrivés  dans  beaucoup  dé  cas  ne  sont  pas  S 
porter  ou  ligne  de  compte.  Do  Meza,  après  avoir  êésayé 
la  jusquiame  dans  la  mélancôlie  et  la  manie,  raèéüsë 
d’avoir  produit  de  l’anxiété  et  de  l’insomnie  sans  guérir  les 
malades  ;  et  Tisspt ,  dans  SOn  Traité  de  L’épilepsie  ,  dit 
que  c’est  un  remède  infidèle  et  dont  l’action  sur  le  cëT- 
veau  est  toujours  nuisible.  Cet  avis  est  partagé  par  tous 
les  auteurs  modernes  qui  ont  écrit  sur  la  matière  médi¬ 
cale,  et,  notamment  par  MM;  Alibert  et  Barbier  d’Aniiens. 

Quel  parti  prendre  entre  des  opinions  si  différentes  , 
appuyées  de  noms  également  recotUniandables’?  M.  le  pro¬ 
fesseur  Fouquier  crut  que  le  plus  sage  était  de  faire  ab¬ 
straction  de  toute  idée  préCOiïçue  ,  et  dé  se  livrer  à  des 
expériences  multipliées  :  c’est  celui  auquel  il  s’est  arrêté  , 
et  il  a  dirigé  ses  recherebes,  comme  s’il  se  fut  agi  d’une 
substance  tout-à-fait  inconnue. 

Les.  premiers  essais  ont  été  tentés  avec  l’extrait  aqueux 
de  jusquiame  ,  fait  à  la  pharmacie  centrale  des  hôpitaux , 
et  par  le  pi’océdé  du  Codex.  Il  montra  si  peu  d’elfièacîté  , 
que  M.  Fouquier  fit  préparer  un  extrait  alcoholique ,  puis- 
il  se  servit  de  la  plante  séché  et  réduite  éh  poudre  ;  enfin 
d’après  l’opinion  assez  répandue  ,  <JUé  la  jusquiame  blan¬ 
che  avait  plus  d’énergie  que  la  dbirë,  il  l’employa  sans 
plus  de  succès  sür  Un  assëz  grand  nombre  dé  malades, 
Surpris  du  peu  d'eflicacifé  de  cés' diverses  préparations  , 
il  s’adressa  à  M.  Planche,  l’uh  dés  membres  de  F Acadé-* 
mie,  en  le  priant  de  vouloir  bien  lui  faire  plusieurs  soTteS 
d’extraits  ,  afin  de  voit  quel  modo  de  préparation  mëltrait’ 
paieux  à  découvert  la  partie  active  delà  plante.  Cette  cir¬ 
constance  est  fort  importante,  et  les  travaux  dëla  chimie 
moderne  ont  démontré  combien  il  est  avantageux  d’isoler 


5o4  MÉMOIRES 

le  principe  actif,  et  combien  ce  principe  ainsi  rais  à  nu 
l’emporte  par  son  énergie  sur  la  substance  administrée 
entière.  Cette  observation ,  répétée  chaque  jour ,  détruit 
cette  assertion  hasardée  en  thérapeutique,  savoir,  qu’une 
plante  sèche  et  réduite  en  poudre,  présente  plus  de  ga¬ 
rantie  pour  le  résultat  qu’aucune  autre  préparation. 

D’après  l’invitation  de  M.  Fouquier,  M.  Planche  nous 
remit  trois  extraits  dififérens  :  l’un ,  N.”  i ,  a  été  fait  suivant 
le  nouveau  Codex  ,  c’est-à-dire ,  avec  le  suc  exprimé  de  la 
plante  récente  et  la  fécule  verte  ;  le  N."  2  avec  la  plante 
sèche  infusée  dans  l’eau  échauffée  à  3o®  Réaum.  ,  et  éva¬ 
porée  au  bain-marie  ;  le  N.°  5  avec  la  plante  sèche ,  macé¬ 
rée  pendant  quatre  jours,  à  une  tenipérature  de  20° 
Réauraur,  avec  l’alcohol,  à  22°  Baumé,  dans  la  jlropor- 
tion  d’une  partie  de  jusquiame  sûr  quatre  parties  d’alco- 
hol.  Le  produit  de  la  macération  ,  filtré,  a  été  distillé 
jusqu’à  réduction  des  trois-quarts  ;  l’évaporation  du  résidu 
terminée  à  la  même  température,  a  donné  pour  résultat 
un  extrait  d’une  fort  belle  couleur  verte  ,  et  conservant 
tout-à-fait  l’odeur  propre  à  la  plante.  Cet  extrait  offre  sans 
altération  la  matière!  verte ,  qui ,  dans  les  plantes  vireuses , 
jouit,  en  général,  de  propriétés  médicinales  assez  pro¬ 
noncées. 

M.  Fouquier  a  administré  là  jusquiame,  sous  les  diver¬ 
ses  formes  qui  viennent  d’être  indiquées ,  à  des  sujets  at¬ 
teints  de  maladies  très-différentes ,  et  à  des  doses  plus  ou 
moins  considérables.  En  relevant  les  observations  recueil¬ 
lies  à  ce  sujet,  et  qui  sont  au  nombre  de  près  de  deux 
cents,  on  trouve  que  l’extrait  de  jusquiame  a  été  prescrit 
à  des  épileptiques,  à  des  hystériques,  à  des  liypochon- 
driaques ,  à  des  individus  atteints  de  névralgies  de  diver¬ 
ses  parties,  de  coliques  saturnines,  de  rhumatisme  arti¬ 
culaire  aigu,  de  carcinome  utérin,  et  même  de  squirrhe 
intestinal.  Il  serait  fatigant  tout  à-la-fois  et  inutile  do 


ET  OBSERVATIONS.  5o5 

transcrire  ici  des  observations  purement  négatives  ;  nous 
avons  pensé  qu’il  était  plus  convenable  d’exposer  les  ré¬ 
sultats  généraux. 

Les  extraits  aqueux  et  alcohelique  de  la  pharmacie 
centrale ,  les  extraits  N.°‘  i  et  2  deM.  Planche  ,  la  poudre 
de  jusquiame  noire  et  blanche ,  ont  été  prescfrits  à  des 
doses  très-considérables;  le  maximum  a  été  de  260  grains , 
et  plusieurs  malades  ont  été  jusque  là.  Dans  le  commen¬ 
cement  des  expériences,  on  débutait  par  une  dose  très- 
faible  .  mais  lorsqu’un  certain  nombre  d’essais  ont  démon¬ 
tré  l’innocuité  du  médicament,  on  le  donna  d’abord  par 
quinze  ou  vingt  grains,  puis  on  alla  doublant  ,  triplant  , 
quadruplant  même  cette  quantité ,  et  cela  d’une  manière 
très-rapide. 

Si  l’on  récapitule  les  phénomènes  qui  ont  coïncidé 
avec  l’administration  de  la  jusquiame  ,  on  voit  qu’ils  ont 
porté  à-peu-près  sur  tous  les  organes;  ainsi  les  malades 
ont  éprouvé  de  la  céphalalgie ,  des  vertiges ,  des  éblouis- 
semens,  avec  dilatation  de  la  pupille,  une  tendance  au 
sommeil  plus  ou  moins  prononcée ,  et  des  rêves  pénibles. 
Tels  ont  été  les  premiers  symptômes  qui  se  sont  manifes¬ 
tés  à  des  doses  variables.  Plus  tard  il  survint ,  chez  plu¬ 
sieurs.  sujets ,  de  la  sécheresse  ,  de  l’empâtement  à  la 
bouche ,  dei  la  soif,  des  nausées  légères ,  de  la  pesanteur 
épigastrique  ,  des  coliques  assez  vives,  par  fois  accompa¬ 
gnées  de  ténesme  et  d’évacuations,  alviues  réitérées  : 
quelques  individus  au  contraire  ont  présenté  une  consti¬ 
pation  assez  prolongée.  Enfin  ,  chez  un  petit  nombre  ,  il 
s’est  joint  aux  symptômes  précités  ,  du  brisement ,  une 
chaleur  générale  ,  et  un  picotement  incommode  à  la 
peau.  Mais  si  Ton  considère  leur  fréquence  rèlative  ,  ou 
pourra  se  convaincre  que ,  dans  le  plus  grand  nombre  des 
cas  ,  l’action  de  cette  substance  s’est  exercée  principale¬ 
ment  sur  le  cerveau  et  sur  le  système  nerveux. 


3o6  EXTRAITS 

Pour  ob  tenir  ces  effets  ,  il  fallait  donner  des  doses  énor¬ 
mes  des  diverses  préparations  de  jusquiame  que  nous 
venons  d’indiquer;  il  n’en  a  pas  été  ainsi  de  l’eXtrait 
N."  3  de  M.  Planehc ,  dont  les  propriétés  se  sont  mises 
on  évidence  dès  le  début ,  et  ne  se  sont  jamais  démen¬ 
ties.  Tandis  que  chez  plusieurs  individus  les  préparations 
ci-dessus  mentionnées  avaient  été  digérées  complètement 
à  des  doses  même  assez  élevées  .  l’extrait  Ni"  3  n’a, pu 
être  porté  au-delà  de  vingt  à  trente  grains  ,  sans^donner 
lieu  à  des  incommoÿtés  telles ,  que  la  prudence  ne  permit 
pas  de  passer  outre.  On  a  pu  remarquer  que  tous  les  ma¬ 
lades  qui  ont  pris  de  cet  extrait  ont  présenté  une  série 
de  phénomènes  assez  semblables  »  pour  qu’on  soit  obligé 
d’admettre  leur  liaison  directe  avec  son  ingestion,  tes 
symptômes  qu’ilj  a  déterminés  ont  été  tout-à-fait  sein- 
blables  à  ceux  que  nous  ayons  décrits  seulement  ils  ont 
eu  lieu  dhme  manière  plus  intense ,  et'  à  dès  doses  infini¬ 
ment  inférieures  ,  puisqu’il  est  vrai  dè  dire  que  pOür  les 
autres  préparations  ,  ott  s’est  élëvé  à  deux  cents  cin¬ 
quante  grains  ,  et  que  dans  la  plupart  des  cas  on  n’a 
abandonné  le  médiicamenfr  que  parce  qu’il  ne  produisait 
absolument  rien',  sinon  quelques  signes*  d’embarras  gas- 
trique<  Groira-t-on- que  l’habitiidè  émoussait  l’activité  de 
la  jusquiame,  et  que  ,  nouveaux  Mitbridàtes  ,  les  malades 
s’étalent  famifiarisés.  avec  lés  poisons  ?’  Cependant  vers  la 
fin  des-expériences  ,  en  augmentait  la  dosé  du  médica-. 
ment  d’une  manière  très-rapide  ,  et  même  chez  plusieurs 
individus  on-débuta>  par  trente  ou  quarante  grains  ,  don¬ 
nés  en  trois  on  quatre  fois  dans  uné  seule  journée.  D’ail¬ 
leurs ,  on' doit  peut-être  regarder  comme  fàbnleüsé  This- 
toire  de  Mithridàte ,  qu’une  longue  habitude  dés  poisons 
avait  rendu  inaccessible  à  leurs  atteintes  ;  Cette  o,pinion  , 
comme  tant  d’autres,  qui  nous  sont  léguées  parles  écri¬ 
vains  de  l’antiquité ,  est  réprouvée  par  les  lois  d’une  saine 


ET  OBSEEVA.TIONS.  Soy 

physiologie  i  il  est  topt  aq  plus  croyable  qiie  ce  Prince 
avait  acquis  cette  sorte  d’invulqérabilité  relativement  à  un 
seul  ppigon  I  encore  Ggtte  concession  supposerait-elle  un 
usage  nQR-înteçroïnpu. 

pnoiqu’ii  en  soit ,  pouvant  penser  que  les  malades  sou¬ 
mis  à  notre  observation  avaient  acquis  cette  habitude  pré¬ 
servatrice  ,  pu  qu’ils  n’avaiènt  p.as  pris  avec  exactitude  les 
doges  prescrites ,  hien  que  nous  nous  en  fussions  assurés 
par  tous  les  paoyens  imaginables  ,  en  les  visitant  plusieurs 
fois  par  jour  ,  et  mênre  en  leur  faisant  avaler  sous  nos 
yeux  plusieurs  doses  du  médicament ,  je  voulus ,  pour 
m'assurer  d’une  manière  plug  précise  encore,  que  je  ne 
m’en  étais  pas  laissé  imposer  par  de  fausses  apparences  . 
essayer,  sur  mpi-même  l’action  de  la  jusquiame.  Je  pris  à 
plusieurs  reprises  ,  lo ,  20  ,  3o ,  et  jusqu’à  4o  grains  de 
l’extrait  de  jusqniame  de  la  pharmacie  centrale  ;  je  n’é- 
ppouvai qu’un  peu  de  céphalalgie ,  avec  trouble  de  la  vue, 
sécheresse  h  la  bouche  >  gaveUr  douceâtre ,  enduit  blanc  et 
visqueux- de  la  langue  ,  symptômes  qui  se  dissipèrent  assez 
promptement»  de  n’ai  point  expérimenté  sur  moi-même 
les  extraits  Iti.r  r  et  2;  de  M*  Planche,  parce  qu’ils  ne 
m’avaient  paSigetphld  plus  énergiques  que  les  autres.  Gela 
prouve  que  lea  premie.rs  ne  péchaient,  point  par  le  défaut 
de:  leur,  préparation,  mais  bien  parce  qu’on  n’avait  pas 
encore  trouXé*  lp..mode.  le  plus  ayantageux.  Le  12  sep¬ 
tembre  rSaT, ,  étant  à  jeun  ,  je  pris  h-la-fois,  10  grains  de 
l’extrait  4ut  b  ont  dî’Un^  heure,  céphalalgie  légère 

d’abord  qujt  yaiÇroissant ,  empâtetnent  de  la  bouche  avec 
une  perverssonïS&^ulièiîe,  du  goût;  je  sentais  une  saveur 
que  je  ne  puis;  comparer. ài  aucune  de  celles  qui  sont  con¬ 
nues  ,  et  qui;  gemblaiti  due,  h  un  mélange  de  sucre,  do  sel 
et  d’une  substance  amère  ;  d’ailleurs  je  ne  pus  reconnaître 
la  sayeur  d’aucuni,  desi  corps,  que  je, goûtai;  successivement. 
Ma  langue  était  blanche;  j’éprouvais  en  même  témpsboaii- 


3o8  MÉMOIBES 

coup  de  sécheresse  et  de  chaleur  à  la  gorge;  ma  peau 
était  chaude  et  hali tueuse ,  mon  pouls  un  peu  accéléré. 
Tendance  légère  au  sommeil ,  auquel  je  m’abandonne 
quelques  instans  ;  à  mon  réveil ,  pupilles  dilatées ,  au 
point  qu’on  aperçoit  à  peine  quelques  traces  de  rir|s  ; 
alTaiblissement  notable  de  la  vue,  marche  chancelante,’ 
engourdissement  des  extrémités  inférieures.  Mes  facultés 
intellectuelles  sont  restées  libres ,  et  j’ai  pu  noter  à  mesure 
ce  que  je  ressentais.  Au  bout  de  quatre  heures ,  ces  phé¬ 
nomènes  avaient  cessé;  seulement  je  conservai  jusqu’au 
lendemain  la  sécheresse  de  la  bouche  ,  et  la  saveur  très- 
désagréable  dont  j’ai  parlé,  et  qu’aucune  lotion  d’eau 
pure  ou  acidulée  ne  put  faire  disparaître.  Je  renouvelai 
cet  essai  le  surlendemain  ,  de  la  même  manière ,  avec  lès 
mêmes  résultats. 

Je  ne  jugeai  point  convenable  de  pousser  plus  loin  ces 
expériences  assez  désagréables  ,  mais  qui  m’avaient  paru 
indispensables  pour  donner  plus  de  valeur  à  celles  qui  les 
avaient  précédées.  '  , 

Bien  què  nous  nous  soyons  attachés  sur-tout  à  chercher^ 
les  propriétés  physiologiques  de  la  jusquiame  ,  cependant 
nous  n’aurions  pas  négligé  les  effets  thérapeutiques,  s’il  s’en 
fût  présenté ,  et  nous  n’en  avons  aucun  à  citer.  Chez  les 
épileptiques  ,  les  hystériques ,  les  sujets  atteints  de  maladies 
spasmodiques  ,  on  n’a  pas  vu  même  d’amendement  assez 
positif  et  assez  constant  pour  oser  en  rien  conclure. 

Une  femme  affectée  de  névralgie  fémoro-poplitée  ,  a 
guéri  pendant  l’emploi  de  la  jusquiame  blanche  en  pou¬ 
dre  ;  mais  il  faut  observer  que  la  maladie  était  légère  , 
qu’elle  était  déterminée  par  le  froid  humide  joint  à  la  fa¬ 
tigue  ,  et  que  la  malade  a  trouvé  dans  l’hôpital  du  répos 
et  de  la  chaleur. 

Chez  une  autre  malade  en  proie  aux  douleurs  déchiran¬ 
tes  d’un  cancer  de  l’utérus,  on  voulut  essayer  la  jusquiame 


^  ET  observations.  Sog 

comparativement  à  l’opium.  Elle  prit  pendant  diK  jours 
alternativement ,  douze  grains  du  premier  médicament  et 
trois  grains  du  second;  on  observa  que  l’opium  ne  lui 
procurait  qu’un  sommeil  agité  ,  et  qu’elle,  était  plus  tran¬ 
quille  ,  bien  qu’elle  ne  dormît  pas ,  lorsqu’elle  prenait  de  la 
jusquiame  ;  on  devait  donc  conclure  en  faveur  de  celle-ci  : 
mais  ces  expériences  furent  faites  avec  l’extrait  de  la  phar¬ 
macie  centrale  ;  des  essais  ultérieurs  vinrent  prouver  que 
son  action  à  une  aussi  faible  dose  pouvait  être  considérée 
comme  nulle  ;  en  conséquence,  on  doit  penser  qué  l’o¬ 
pium  seul  avait  agi  d’une  manière  excitante  sur  le  cer¬ 
veau  ,  et  que  le  calme  appartenait  à  l’absence  de  ce  sti¬ 
mulant.  ■  '  . 

Nous  n’avons  pas  encore  expérimenté  sur  les  semences 
de  jusquiame  auxquelles  les  auteurs  prêtent  des  qualités 
précieuses  ;  ils  en  avaient  promis  autant  pour  la  plante  ; 
faut-il  les  croire  davantage  ? 

La  seconde  partie  de  ce  travail ,  l’application  théra¬ 
peutique  ,  est  la  plus  difficile  à  exécuter  ,  et  ne  peut  être 
faite  que  par  le  concours  des  médecins  praticiens;  mais 
sans  vouloir  les  détourner  d’essais  dirigés  vers  ce  but, 
qu’il  nous  soit  permis  de  placer  ici  quelques  réflexions. 

1. ”  Ne  peut-on  pas  croire  que  ce  médicament  restera 
inutile  jusqu’à  ce  qu’on  ait  dit  dans  quels  cas  il  convient 
de  procurer  à  un  malade  une  céphalalgie  très-pénible , 
accompagnée  de  vertiges ,  d’illusions  phantastiques ,  d’une 
soif  ardente ,  d’une  abolition  presque  complète  de  la  vue , 
avec  dilatation  de  la  pupille,  d’une  perversion  du  goût 
qui  leur  rend  insupportable  toute  espèce  d’aliment  et  de 
boisson  ? 

2. “  Est-il  rationnel  d’aller  chercher  dans  des  substances 
qui  portent  sur  le  cerveau  et  le  système  nerveux  une  ac¬ 
tion  directe  et  délétère  ,  un  remède  contre  des  affections 
spasmodiques  et  souvent  cérébrales,  comme  l’hystérie, 


3lO  MÉMOIRES 

l’épilepsie  ,  les  convulsions ,  sur-tout  si ,  comme  on  est 
porté  à  le  ctoire  d’après  les  travaux  des  modernes ,  ces 
maladies  tiennent  à  dés  altétations  physiques  de  la  sub¬ 
stance  mérite  du  cerveau.  Un  homme  dont  lé  jugement 
doitavoir  un  grârid  poids  ëririiâtièréînédicàle,  M.  Barbier 
d’Amiens ,  pénsé  que  les  plantes  dites  vireuses  ou  stupé¬ 
fiantes  t  ne  débilitant  point  te  cerbèau  comme  on  l’a  cru , 
qu’au  contraire  elles  portent  sur  lui  une  iMiation  spé¬ 
ciale  ,  dont  les  effets  sont  ünè  congestion  plus  ou  moins 
considérable  ,  congestion  qui  ëé  manifeste  au  dehors  par 
des'  symptômes  â-péü-près  analogues  périr  toutes. 

3.”  Autre  chose  est  de  donner  un  médicament  à  forte 
dose  de  prime-abord  ^  ou  d’arriver  graduellement  au  maxi¬ 
mum.  L’extrait  du  jusquiamé,  adtninistré  à  dose  alté- 
Tante i  ne  iioüs  â'point!pa¥u  avoir  d’éfficà'cité.  L’écoriotnie 
s’accouturiae  à  soAaction  ,•  si‘  toütefois  il  en  a  une  employé 
de  cette  manière.  Nous  pensôns  que  ;  si  l’on  peut  espérer 
quelque  cHosédë  ce  stupéfiant ,  cé  n’est  qü’éü'le  donnant 
à  des  doses  assez  élevées  pouri  déterminer  uné  perturbation 
prévue  et  calculée.  La  médieâfion  a'ltétanté  d’ailleurs  n’est 
rien  moins  que  bien  prouVéé,  S  morriÿ  qu^ori  no  la  fasse 
consister  déns'Feûiploi  SagèMerit  combiné' défe’  cBéè'és  qui 
forment  la  mafière'  de  Fhygiène.  Oü'  cite  Cômmé  une 
preuve  ooüvriincairite' en  sà  fàvéürl'eS  effets  dü'traitëmerit 
mercuriel  ;~m!ais'  ûé  sait-ori  pa's  que  Cè-frafitériient'v  sériVerit 
infidèle  ,  ne-  réussit*  pas'  sariS  le  fégiiüe,  et'ri’est-dn'  pas 
fondé' à'  regariler  celui-Cf  cétonié'lè  principal' âgérit' dé 
gtiérison  ?*  Nous' rappellerons' ài*  éë<  süjét  robSéi'vàtiori'  Si 
conrine-de  cétJioîfimë  qriîy  atteint  dhlfië-  sÿpliiliS'aiiCieriiië 
rebelle  à  tous  les  médicamens,  se  rétablit  complè'teniè'îit 
en  iaatiigéantf:pendaht  plüsiëiil's‘nmisVet  ptiüF  tôütri  ndrir- 
ri’türë,-  des* haricots- ériits  â’rcàu  j^ée  nbiis  ClfèCôns  éÜÇÔïé 
des' eÉpérietlCeS  ptfhliéèS'  iry  ar'deifid  ai^’  eii*' AiiglëteCrC% 
éPdèSqyèlieS'  ilf*réSultn'qiîë''lèÿs3?iiiptôjfiieS’véiléH‘éhS'gii@- 


ET  OBSERVATIONS.  5ll 

rissent  sans  retour  par  un  traitement  local  aidé  d’un  sage 
régime.  Pourquoi  les  frictions  réussissent-elles  générale¬ 
ment  mieux  que  les  autres  préparations  mercurielles ,  et 
indépendamment  de  l’introduction  d’une  plus  grande 
quantité  de  mercure  ?  C’est  que  dans  les  traitemens  qui 
peuvent  sé  faire  en  secret  et  sans  rien  changer  aux  habi¬ 
tudes  du  malade ,  le  régime ,  ce  point  si  iniportadt ,  est 
pour  l’ordinaire  absolument  négligé. 

4.®  Les  médicamens  ,  il  est  vrai ,  possèdent  des  vertus 
spécifiques  dont  on  ne  peut  pas  fournir  d’explication  sa¬ 
tisfaisante  ,  et  dont  l’observation  seule  peut  indiquer  l’u¬ 
sage.  C’est  dans  ce  sens  qu’un  empirisme  raisonnable  est 
utile- à  la  médecine  ;  par  lui,  la  liaison  des  effets  avec  les 
causes  une  fois  reconnue ,  fournil  des  bases  positives  pour 
des  essais  ultérieurs.  Aussi  les  médicanieüs  dont  il  a  constaté 
les  vertus ,  sont-ils  toujours  en  pos'séssibù  de  Fa  place  qu’ils 
occupent  dans  la  matière  médicale ,  plaèe  qui  leur  eût  été 
bientôt  ravie  s’ils  ne  l’avaieûl?  dû  qù’â  Fimagihation  d’un 
observateur  prévenu  et  inattentif.  Lès  vérîtaMes  propriétés 
d’un  médicament,  celles  qui  pourraient  seules  tnériter  ïé 
nom  de  spécifiques  ,  sont  celles  qui  se  mettent  en  évîdtencé 
de  quelque  manière ,  ét  par-  quelque-  voie  que  la  substance 
ait  été  introduite  dims  Pééonomi'e.  Ainsi  l’émétiqUe  et 
l’ipécacuanha ,  donnés»  par  la  bouche ,  piâc  Pahus ,  par  la 
peau,  ou  injectés' par  les  veines  ,  porteUt- lëur  action  Sur 
le  tube  intestinal'  ;-  la-  helladoUe ,  de-  quelque  manigfe 
qu’on  Paibadmittîstrée-,  produit  là  dîlatatibri  de  la  pupille; 
ainsi  les  cantharides  appliquées  sur  la  peau  ou  conlîëès  au 
tube»  digestif ,  diéteriUineat  Fînftàmmatibn  dù  cbb  die  la 
vesSie ,  tout  aùssiisûrëmentque  si- oïl lés-  eûtpOrlées  direc¬ 
tement  sur  cet  organe.  C’ést  â'  ütSlîSéiP  cetite  aciîôh  pri¬ 
mitive  que  dbit  s’attacher  Ib  médecin’;  il  nfe  peUt  lè  Mre 
d^utie  manière  salisftliSante-  qu’àprës-  avoir  Men  reconnu 
la  cause  efclainaluredb  Ih'  mUlhdife  :  sans  qubf ,  Sa  ptùtiqiib 


3i2  mémoires 

ne  sera  qu’un  tâtonnement  perpétuel  et  dangereux  pour 

le  malade. 

Ayant  cherché  inutilement  des  vertus  semblables  dans 
la  jusquiame ,  nous  sommes  portés  à  signaler  cette  plante 
comme  jouissant  d’une  réputation  usurpée  et  comme  de¬ 
vant  tromper  l’attente  du  médecin  qui ,  séduit  par  des 
apparences  brillantes,  y  chercherait  des  secours  contre 
les  maladies.  Elle  nous  semble  devoir  être  bannie  de  la 
matière  médicale ,  au  meins  jusqu’à  ce  que  des  expériences 
nombreuses  et  authentiques  lui  fassent  reconnaître  des 
propriétés  curatives  ,  qui,  nous  l’avouons,  nous  ont  tout- 
à-fait  échappé  j  usqu’à  présent. 

En  comparant  le  résultat  de  nos  recherches  avec'  les 
opinions  des  auteurs  de  matière  médicale ,  qüi ,  pour  la 
plupart ,  ne  font  que  se  répéter  les  uns  les  autres  ,  nous 
croyons  pouvoir  établir  : 

1. “  Que  la  jusquiame  est  beaucoup  moins  énergique 
qu’on  ne  l’avait  pensé  jusqu’à  présent. 

2. °  Qu’on  lui  attribue  une  foule  de  guérisons,  dont, 
eu  égard  à  l’exiguité  des  doses  et  à  la  faiblesse  des  pré' 
parations  ,  elle  ne  mérite  assurément  pas  les  honneurs. 

3. ”  Que  l’extrait  désigné  par  le  N.°  3  est  la  préparation 
la  plus  active,  la  plus  capable  de  déterminer  la  série  de 
phénomènes  physiologiques  propres  à  la  jusquiame. 

4. °  Qu’on  est  encore  dans  l’incertitude  relativement 
aux  cas  dans  lesquels  on  pourrait  se  servir  de  ce  végétal, 
et  que  les  auteurs  ne  fournissent  là-dessus  aucune  donnée 
positive. 

5. “  Qu’il  ne  convient  point  dans  les  afifections  du  cer¬ 
veau,  puisqu’il  tend  à  déterminer  ou  à  augmenter  le  trouble 
des  fonctions  de  cet  organe. 

6. "  Qu’il  n’a  point  eu  d’effet  avantageux  direct  et  con¬ 
stant  relativement  aux  maladies  nerveuses ,  dans  lesquelles 
oh  l’a  fait  prendre  à  un  grand  nombre  de  sujets. 


ET  OB  s  ER  V  AT  10  NS.  3l3 

’j.''-  Qu’il  n’est  |>oint  somnifère,  car  on  nq  saurait  ap¬ 
peler  sommeil  cet  état  d’excitement  cérébral,  dans  lequel 
mille  visions  phantastiques  et  pénibles  viennent  tourmenter 
les  malades,  au  point  que,  suivant  l’expression  de  quel¬ 
ques-uns,  ils  auraient  été  au  sabbat. 

8,.“  Qu’il  agit  d’une  manière  irritante  d’abord  sur  le 
cerveau ,  puis  sur  les  organes  digestife. 

iSous  n’avons  cherché  dans  le  cours  de  ce  travail  ni  à 
relever  ni  à  déprécier  la  jusquiame,  nous  nous  sommes 
bornés  à  vérifier,  par  des  expériences  multipliées  et  suivies 
avec  tout  le  soin  possible  ,  les  assertions  des  autciirs.  Nous 
présentons  avec  confiance  ces  résultats ,  que  nous  soumet¬ 
tons  à  l’examen  des  praticiens  observateurs  et  impartiaux , 
qui  analysent  et  comparent  les  faits ,  qui  se  montrent  sé¬ 
vères  dans  leur  cltoix ,  et  pour  lesquels  quelques  guérisons 
ne  suffisent  point  pour  balancer  de  nombreux  échecs.  C’est 
en  réunissant  nos  efforts  à  ceux  de  ces  estimables  con¬ 
frères  que  nous  espérons  pouvoir  introduire  quelque  chose 
de  positif  dans  la  matière  médicale.  «  On  a  fait,  dit  M,  Du- 
puy  d’Alfort,  bien  peu  de  progrès  dans  la  connaissance 
des  médicamens  :  conjectures  ,  expériences  mal  faites  , 
indications  mal  saisies ,  voilà  quel  a  été  ,  quel  est  encore 
l’état  de  la  matière  médicale  vétérinaire.  »  La  matière  mé¬ 
dicale  humaine  ne  peut-èlle  pas  aussi  s’appliquer  cette 
réflexion  ? 


Mémoire  sur  P  ossification  morbide ,  considérée  comme 
«Me  terminaison,  des  phlegmasies  ;  par  P.  Rayer, 
(  Lu  à  l’Académie  royale  de  Médecine.  ) 

L’âTimE  de  l’inflammation  dans  ses  diverses  pé¬ 
riodes  ,  celle  de  ses  différens  modes ,  celle  des  modifica  • 
■tiens  qu’elle  éprouve  par  la  nature  variée  des  tissus  affec- 


21 


5l4'  MliMOlHES 

lés,  prouvent  que  cet  état  morbide  offre  dans  ses  phéno- 
Iriènéè  et  dans  ses  résultats  les  nuances  et  les  formes  les 
plus  opposées.  La  résolution ,  la  suppuration ,  la  produc¬ 
tion  de  fausses  membranes  ,  l’induration  et  la  gangrène, 
spnt  des  terminaisons  déjà  généralement  assignées  aux 
phleginasies  par  les  nosologistes.  Je  me  propose  de  dé¬ 
montrer,  dans  ce  Mémoire ,  que  l’ossification  morbide  est 
égaletiaent  une  terminaison  assez  fréquente  de  ce  genre  de 
maladies. 

Tissu  FiBBEUX.  (Bichat).  —  I.  Le  système  fibreux 
enflammé  présente  une  partiçularité  remarquable,  c’est 
qu’il  ne  se  prête  presque  jamais,  à  la  formation  du  pus 
lorsqu’il  n’est  point  en  contact  avec  un  liquide  ou  un 
fluide  élastique.  Dans  ce  tissu ,  l’inflammation  se  termine 
le  plus  souvent  par  résolution  oxn^BiV  ossification  morbide. 
Pour  prouver  cette  proposition,  il  me  suffira  de  rappeler 
plusieurs  faits  connus ,  mais  qui ,  considérés  isolément , 
n’ont  peut  être  pas  encore  été  bien  interprétés,  et  qui,  si 
je  ne  me  suis  point  trompé ,  devront  être  regardés  comme 
la  conséquence  d’une  loi  générale. 

Périoste.  — IL  L’ossification  du  périoste,  dans  les  frac¬ 
tures  des  os  longs ,  tour-à4our  admise  et  contestée ,  a  été 
définitivement  prouvée  par  M.  Dupuytren  dans  ses  leçons 
cliniques ,  et  confirmée  sur  les  animaux  par  les  ingénieuses 
expériences  de  MM.  Cruveilhier,  Breschet  et  Villermé. 
Mon  objet  n’est  point  de  décrire  le  cal  ;  il  me  suffit  de 
rappeler  que  l’examen  anatomique  des  fractures  du  tibia 
et  du  fémur,  parvenues  au  quinzième,  au  vingtième  et  au 
vingt-cinquième  jour  chez  l’homme ,  a  prouvé  que  le  pé¬ 
rioste  ,  à  une  certaine  distance  de  l’endroit  fracturé ,  était 
enflammé,  augmenté  d’épaisseur,  et  qu’il  devenait  progres¬ 
sivement  plus  épais  vers  lés  bords  de  la  fracture  ;  que  cette 
membrane ,  ainsi  gonflée ,  s’écartait  de  l’os ,  et  qu’une  ma¬ 
tière  coagulable  s’épanchait  entre  le  périoste  et  l’os,  ou 


KÎ  observations.  5i5 

bien  entre  les  laines  internes  de  ce  dernier  j  qn’enfin  le 
périoste  ,  en  s’ossiliant ,  formait  une  espèce  de  virole  os-* 
seuse ,  qui  maintenait  lés  fragmens  en  rapport.  Or,  l’exis* 
tence  d’une  fracture ,  la  déchirure  du  périoste ,  la  rou¬ 
geur  des  parties  voisines  injectées  de  sang,  l’épaississe¬ 
ment  idu -périoste  d’autant  plus  considérable  qu’il  est  plus 
voisin  dé  la  solution  dé  continuité,  la  matière  coagulable 
que  nous  rétrouvons  dans  les  périostoses  ,  sont ,  sans  con¬ 
tredit,  les  résultats  d’ùn  travail  inflammatoire.  Est-il  pos^ 
sible  de  supposer  que  l’ossification  du  périoste ,  qui  ac-^ 
compagne  cos  désordres  ,  ne  soit  pas  élIe*mêmc  la  conséi- 
qucn'ce  du  même  état  inorbide  ? 

III.  Dans  les  fractures  par  armes  à  feu ,  des  os  longs  ,  et 
en  particulier  dans  les  fractures  du  col  du  fémür,  l’iiï- 
flammation  des  fibres  tendineuses  qui  s’implantent  â  sa 
sdrface  i  violente  au  débiit,  devient  bientôt  chronique  ; 
alors  l’ossification  morbide  envahit  non-seulemènt  1& pé¬ 
rioste  ,  mais  encore  toutes  les  parties  contiguës  enflam- 
méès  ;  et  oh  rencontre  des  cals  irréguliers  ,  volumineux  » 
stalactiformes.  On  en  voit'  un  exemple  très-remarquable 
dans  les  Mémoires  de  l’ Académie  royale  de  chirurgie 
t»r-4.®,  tome  4»  page  fiaS.  Alors  la  virole  osseuse  de  Du- 
hamél  persiste  toujours,  ou  au  moins  pendant  plusieurs 
années.  Des  observations  et  des  rhpprochenïens  ultérieuis 
m’ont  porté  è  croire  que  ce  cas  particulier  d’une  inflami- 
mation  chronique  du  périoste  et  des  fibres  tendineuses  qui 
s’implantent  à  sa  surface,  était  une  altération  analogue  à 
la  goutte' chronique.  Même  nature  des  tissus  affectés' (pé¬ 
rioste  et  ligàmens)  ;  même  état  morbide  {inflammation)  ■; 
mêmes  résultats  {dépôts  salins  ii'réguliers  dans  le  tissu 
fibreux  antérieurement  enflammé ,  et  dans  les  parties 
voisines,  persistant  avec l’ inflammation  et  àu-delà):i  ' 

IV.  Lorsqu’une  balle  pénètre  dans  lo-corpsd’un  os  long 
ou  So  traverse  sans  le  fracturer,  le  périoste,  aii-dessus  et 

*2  I . . 


3iB  MiiiioiniîB 

au-dessous  de  la  perforation ,  s’enflamme ,  s’épaissît,  et 
une  oouofae  osseuse  de  nouvelle  formatitïn  recouvre  l’os 
dont  elle  peut  être  détachée.  J’ai  vu  à  l’Hôtel-Dieu  ,  en 
]8i4  >  un  lihia  et  un  fémur  qui  présentaient  cette  dispo¬ 
sition  remarquable.  Or,  si  on  admettait  que  la  nature,  mé¬ 
dicatrice  ossifie  le  périoste  dans  les  fractures  des  os  longs 
pblnf  maintenir  et  consolider  les  fragmens ,  serait-il  facile 
de  déterminer  ce  que  se  propose  cet  être  diflicile  à  défiûir, 
en  oSsifiàtat  ainsi  le  périoste  et  quelquefois  les  fibres  d’in¬ 
sertion  des  muscles ,  un  ,  deux  ou  trois  pouces  au-dessus 
et  au-dessous  de  l’ouverture  faite  par  une  balle?  Les  ob¬ 
servations  précédentes  et  celles  qui  suivent ,  me  semblent 
démontrèr  qu’on  ne  doit  voir  dans  le  développement  des 
vaisseaux ,  ' dans  l’épaississement  du  périoste  et  dans  son 
ossification,  que  les  suites  inévitables  et  aveugles,  qu’on 
me  passe  le  mot ,  d’un  travail  inflammatoire. 

V.  Lorsque  la  nécrose  frappé  toute  l’épaisseur  d’un  oS 
long  ou  ses  couches  superficielles ,  comme  dans  plusieurs 
cas,  obsm’vésen  i8i4  paE  M.  Dupuytren , et  dont  j’ai  été 
témoin  ,  la  séparation  de  l’os  ihort  s’opère  par  un  travail 
inflammatoire  semblable  à  celui  qui  élimine  les  parties 
frappées  de  gangrène.  Dans  cette  dcrnièrè  mafedî’e  ,  lés 
parlies  molles  suppurémt  ;  dans  la  nécrose,  le  périoste 
s’ossifie.  Cette  ossification  morbide,  qu’on  a  appelée  un 
novivel  os,  a  unie  forme  irrégulière  et  ressemble  plutôt  à 
une  exostose  ou  à  une  sorte  de  végétation  qu’à  un  ©s  de 
première  formation.  Quoique  Irès-difTérens  oh  eux-mêmès, 
ces  deux  résultats,  l’ossification  morbide  du  périoste  dans 
la  mort  des  os  et  la  suppuration  du  tissu  cellulaire  dans 
celle  des  parties  molles ,  ne  sont-ils  pas  également  le  pro¬ 
duit  de  l’inflammation  ,  dont  les  terminaisons  va  rient  sui¬ 
vant  les  organes  ou  les  tissus  aflèctés  ? 

;  VL  Dans  les  os  larges ,  tels  qué  i’omoplate  et  leé  os 
coxaux,  lorsqu’une  portion  de  ces  os  est  frappée  de  né- 


ET  OBSEBVATTOKS.  Stÿ 

crose  dans  toute  son  ^pisseur,  le  périoste  s’ebflatntne 
sur  les  deux  surfaces  de  l’os ,  et  la  portion  d’qs  nécrosée 
se  trouve  enfermée  daûs  l’ossification  morbide ,  qu’on  a 
également  eu  tort  de  regarder  conime  deux  os  distincts  de 
nouvelle  formation.  . 

VII.  Le  virus  syphilitique  détermine  fréquemment  l’in-) 
Ilammation  .du  périoste.  Alors  ce  tissu  se  gonfle,  devient 
douloureux ,  se  détache  de  l’os ,  et  une  matière  coagu^ 
table,  analogue  h  celle  observée  dans  les  fractures  ,  s’é-) 
panche  entre  ce  dernier  et  le  périoste.  Cet  état  inorbidé 
est  désigné  dans  plusieurs  Traités  des  maladies  chifurgiCalea 
sous  le  nota  de  pérîostose ,  de  tumeur  gommeuH ,  «Sc. 
Lorsque  l’inflammation  de  l’os  coïncide  avèc: Celle  dupé-, 
rioste,  la  carie  a  lieu  :  elle  est  suivie  d’un  qîeère  ou  d’uaé? 
fistule  à  la  peau.  Si,  le  périoste  est  seul  attaqué  et  quériU-. 
ilammation  persiste  pondant  plusieurs  rhois  ï  il  s’ossifie^ 
etla  matière  gommeuse  est  ultérièuFemenli'^<>^^<!ei  Acetler 
période  ,  on  observe  l’une  des  deux  dispositionfi  sUivènteà. 
Si  l’inflammation  a  été  circonscrite,  il  résulte:  de  ce  travait 
Hiflammatoire  ce  qu’on  appelle  des  ïwrftts;  ces  Portes  du 
tumeurs,  dans  leur  principe ,  sont  très-diStihcfeis  dé 
sur  lequel  elles  paraissent  développées}  plus  tard,  là  iôa- 
cération .  les  en  détache  encore  qt  leS  fait  Voir  tenant  aù 
périoste  :  ce  n’est  qu’à  une  époqué:  três-éloignée  qu’elles 
paraissent  sè  continuer  avec  Tes  lui-même.  Si  au  Con¬ 
traire  le  périoste  s’est  enflammé  .dans  une  grande  étendae 
sur  un  os  long ,  des  laines  osseuses  se  fbi'hient  à  ses  déw; 
pens  ;  dans  ce  cas ,  comme  dans  le  séquestre  des  coucLés 
superficielles  et  de  toùte  la  p«>ofond.eùr  des  os  loégs ,  -on 
retrouve  l’os  en  entier  au-dessous  dé  ces  lanlès  osseuses 
produites  par  l’ossifioatioii  du  périoste.  Devra-t-on  ad^ 
mettre  que  l’ossificàlîou.  morhido ,  développée  dans  l’mflani 
malâon  syphilitique  de  ce  tissu,  diffèrej  sous  le  rapport  dq 
son  mode  de  production,  des.  ossifications  aCoidentellea 
observées  dajis.Io  cal  et  lu  nécrose  ? 


‘5l8  •“  ■  MEMOIRES 

'  YlII.  C’est  au  ino3'eii  d’un  cal  osseux  que  sefj’éunissent 
les  cartilages  costaux  fracturés.  Ce  fait  cesse  de  paraître 
extraordinaire  si  on  réfléchit  que  le  péricondre,  étant  do 
même  nature  que  le  périoste,  doit  comme  lui,  lorsqu’il 
est  enflammé  pendant  un  certain  temps  présenter  une 
ossification  morbide. 

”  IX.  A  là  suite  des  fractures  mal  réduites ,  le  cal  est 
non-seulement  difforme,  mais  encore  plus  volumineux  ;> 
on  ne  peut  disconvenir  aussi  que,  dans  ce  cas,  une  in¬ 
flammation  plus  viVe  de  la  partie  affectée  est  annoncée 
par  des  phénomènes  locaux  inflammatoires  plus  intenses. 

X.  Des  expériences  faites  sur  des  animaux  ,  des  ob¬ 
servations  cliniques  prouvent  que  le  périoste  enflammé  ne 
s’ossifie! pas,  s’il  est  en  contact  avec  du  pus  ou  un  .fluide 
élastique.:  Ce  fait  explique  pourquoi par  exemple  ,  oh 
n’observe  point  de  cal  provisoire  dans  lés,  plaies:  des  os 
plats  ;  pourquoi  les  plaies  des  os  guérissent  par  conséquent 
plus  difficilement  que  leurs  fractures  ;  enfin  pourquoi  les 
fractures  comminutives  ;  accompagnées  :de  .  suppuration 
autour  des  deux' principaux  fragmèns:,  sont  d’aine  conso- 
lidàtion  si  difficile  à  obtenir.  : 

XL  Le  périoste  étant  de  tous  les  tissus  de  l’économie  un 
de  ceux  dans  lesquels  l’inflammation  sè  termine:  le  plus 
facilement  par  ossification  morbide  ,  lorsqu’un  os,  ou  une 
portion  d’os,  a  une  de  ses  surfaces  ou  sa  totalité  recou¬ 
verte  par  un  autre  tissu ,  c’est  un  obstacle  à  sa  conso¬ 
lidation  lorsqu’il  est  fracturé.  Ce  fait  doit  concourir  à  ex¬ 
pliquer  : 

i.®  Pourquoi  les  fractures  du  col  du  fémur,  dans  l’in'- 
térieur  de  l’articulation  ,  se  consolident  si  difficilement  ,' 
pourquoi  encore,  sur  des  pièces  pathologiques  du  col  du 
fémur  non  réunies,  on  remarque  que  le  fragment  supé¬ 
rieur  est  resté  étranger  au  travail  du  cal ,  tandis  que  l’in¬ 
férieur,  éminemment  pourvu  de  tissus  fibreux  i  est  gonflé, 


et  observatioî(s,  3i9 

et  présente  des  végétations  stalactilbrmes.  La  membrane 
synoviale  ne  peut  remplir  »  dans  la  consolidation  de  ces 
fractures ,  les  fonctions  du  périoste.  Une  membrane  syno¬ 
viale  divisée  s’enflamme,  mais  s’incruste  bien  plus  di|(ici- 
Icment  de  sels  qu’une,  membrane  fibreuse.  ; 

2.”  Ce  n’est  pas  l’éloignement  seul  des  fragmens  qui 
s’oppose  à  la,, consolidation  des  fractures  de  la  rotule,  >  dut 
col  du  fémur  et  de  l’olécrane.  L’absence  du  p,é,ri,oste;  dans 
quelques  points,  le  contact  avec  un  liquide  , (l’humeur  sy^ 
noviale)  ,  sont  des  obstacles  non  moins  réels,  et  dont  il 
faut  tenir  compte  dans  l’explication  de  ce,  phénomène, 
Outre  la  difficulté  de  mettre  en  çontact  immédiat  les  frag- 
niens  de  ces- fractures ,  il  est  donc  évident  qu’un  autre 
ob,slacle  s’oppose  à  leur  eonsèlidation,  Dans  les  os  longs 
entourés  de  toutes  parts  par  le  périoste  et  .par  les  insertipns 
fibreuses  des  muscles  ,  l’ossification  de  ces  ijssus  fibreux 
maintient  les  fragmens.en  rapport  pendant  le  temps  que 
s’opère  la  réunion  de  l’os  divisé;  alors  les  fragmens  se  réu¬ 
nissent  médiateinent  ou  immédiatement  s’il  n’y  a  point 
eu  de  perle  de  substance,  et  que  la  coaptation  ait  été 
Lien  faite.  Dans  les  fractures  de  l’olécrâne,  de  la  rotule  j 
du  col  du  fémur  dans  l’articulation ,  la  réunion  a  lieu  par 
un  tissu  intermédiaire ,  tantôt  fibreux ,  tantôt  ;  çartîlagî^ 
peux ,  et  qui  ne  devieut  jamais  osseux  sans  avoir  passé  pa^ 
l’un  ou  l’autre  de  ces  états.  Enfin  on  ne  remarque  point  sur 
les  surfaces  osseuses  revêtues  de  synoviales ,  de  ces. ossifi¬ 
cations  morbides  appelées  avec  raison  des  cals,  provisairesj; 
ces  deux  résultats  me  paraissent  être  la  conséquence, ne  Ip 
disposition  anatomique  des  parties.  ,  i  , 

XJI.  Lorsque  sur  un  animal  vivant ,  on  resèque 
une  portion  d’un  os  long  fracturé,  si  la  distancé  est  trop 
grande  entre  les  deux  bouts,  le  cal  est  en  grande  , partie 
fibreux  ou  fibro- cartilagineux.  L’absence  du  périoste 
entre  les  bouts  fracturés,  celle  des  corps  fibreux  qui  s’ini- 


0^(}  iri  iroTK'Es  ■ 

plantent  à  sa  sutface  ,  et  fa  suppuration ,  ne  sont-elles  pas 
^s  obstacles  à  la  production  d’utte  ossification  morbide 
èt  par  conséquent  à  celle  du  cal  ordinaire?  ' 

^e  feOiietuS  de  ces  considérations ,  et  de  quelques  faits 
pathologiques  généralement  admis  :  ’ 

‘  i.*'  solution  de  continuité  du  périoste  ou  du 

pêrledndtè  devant  nécessairement  entratnér  une  inflam¬ 
mation  de  ces  tî'sSus ,  cette  inflammation  a  lien  dans  les  frac¬ 
tures  et  les  perforations  des  os  et  de  cartilages  ;  qu’une  par¬ 
tie  ùiôirtfe  rie  pouvant  se  séparer  d’un  tissu  vivant  sans  un 
travâilîiiflkinmàtoli'e ,  cè  travail  a  lieu  dans  le  périoste  lors  de 
la  nécrose  des  CÔüChes  superficielles  d*un  Os  long  ou  d’uU 
os  plàt;  qüe  la  pérlostose  syphilitique  est  une  phlegmasrc  j 
enfin  que  leiS  ossifl'calîons  morbides  qu’on  observe  dans 
toutes,  ces  altérations  organiques ,  dans  des  conditions  dé¬ 
terminées ,  sont  le  résultat  de  l’inflammation,  et  qu’elles 
Bc  peUvénl  être  attribuées  à  uùe  aqtre  caüse. 

2”.  Que  l’és'sîficatîon;  morbide  du  péribste  enflammé 
est  dans  tous'  lès  Cas  runique  résultat  de  lâ  nature  par- 
iîculiëre  dq.  tissu  et  de  la  mâladié.  Dans  leS  fractures , 
l’ossififiatioU .  du  périOStè  ,  lâ  yîrôlè  osseuse  de  ÏJubamél 
ne  peut  être  regardée  comme  un  travail  salutaire  pré¬ 
paré  par  nàtiiT^e  médîccttrtcê.  Cetté  vîrolé  ésÉ  un  ac- 
cî^nt  inévitable  dans  les  pblegmasies  du  périoste  ,  lors- 
qqjl  n’est  point  en  contact  avec  l’air  où  du  pus  ,  et 
que  i’inflàmmafioh,  persiste  pendant  un  temps  déjà  dé- 
tçripfné.  Cet  accident  est  heureux  dans  le  cas  particuh'er 
des  fractures  dés  oS  longs  ;  mais  il  est  fâcheux  dans  d’àü- 
tres  circonstances  pù  lë  périoste  est  également  enflam¬ 
mé  :  Jé  puis  citer  à  ce  sujet  les  tophus  i.  lés  exostoses 
laminées,  ,  et  quelques  ossifications  morbîdës  conniléi 
80US  le  nom  d!os  reproduits  (i), 

fl)  Si  Cetté  ossiGcation  dü  périoste 


était  le  réSüliat  il’uti  travail  Élit 


ET  observations,  SW' 

C’est  ici  te  tieir  de  faite  une  reffiarque  impôrtantè  , 
relative  aux  ossifications  morbides;  dft  périoste  et  des 
tissus  fibreux  ;  suites  de  leur  infiammatiom  Les  sets  dé¬ 
posés  dans  cette  membrane  ,  lors  de  rirtflamtnation  ftigud 
des  fractures  siïJipks  bfeil  réduites  ,  sont  résorbés  ;  quel¬ 
ques  tiod^s ,  quelques  ,exost04es  laminées  disparaissent 
par,l’emplt>i  de  jpédicamens  qui  détruisent  J’inûammatiou 
qui  les  a  produits  tée  rapprochement  m’avait  fait  près* 
feutlr.  que  let  tophusi  des  attaques  dô  goutte  aiguë  ,  dé» 
posés  dans  les  tissus  fibreux  des  jointures  enflammées  * 
éUtien  l  également  susceptibles  d’ être  résorbés  et  l’observa¬ 
tion. m’a  confirmé  rcxactitude  de  cette  première  induction* 
Il  n’en  est  pas  de  même  des  anciennes  exostoses  »  des 
tophuSqdes  gputtes  chroniques  ;  ces  ossifications  mqrbj; 
des  persistent,  toujours  semblables  sous  ce  point  de  vue, 
comme  sous  beaucoup  d’autres  ,  aux  ossifications  mor¬ 
bides  du  périoste  produites  par  des  phlegmasiea  chrq,^ 
niques ,  telles- que  les  çals,  volumineux  irréguliers  ,  stalacti; 
formes,  suite  de  plajes  d’armes  à  feu;  telles  encore  les 
ossifications  morbides,  désignées  sous  le  nom  d’os  repro-'. 


par  üné  hatürfe  pféVôyàüte  ,  Ü»  nè  v6it  pàS  poarquoî  Cétêtré  ii  sage 
envelopperait  dAi-  oS  Séoros^S;  SDperficietlèiiient  d’nne'  ossdfiêali'ed 
naibide  de  nauveltafÿriaiation  ,  qua  Fou  eistso.uTeut. obligé  d’eurporuq 
aa.  ijioins  eu  partie,  av^ee;  ta  gouge  et  le  maUlat-^A  tpioi  bon  développer 
treÜÈ  aussi  des  lames  de  tissu  osseux  au-dessus  et  au-dessous  des 
perlbrations'dès  bs  produites  par  dés  balles  ?  Cës  ossîlîcatibasnè'sérveiiÉ 
absbiumeiit  à  rîàiK  l]Aersi'é  I)eataéottp  plus  sâtnpfe  db  remplir  lê  tittii 
par  uu»  ossifieatiou  r  mprbjde  de  woiivelle  formatian.  J’ojoute»  ce  (joo 
je  prouverai  plus.  loiu ,  que,la/ini«ir<s  médicatrice-^  <ui  produisant  l’au-r 
iylbse  désarticulations  voisines  des  fractures,  en  o.ssifîaut  la  dure- 
mère  dàiiS  güélqües  plalts  de  lÔie  ,  eu  produisant  des  tbpliüs  dàiis  la 
goutte ,  des  tophus  et  des  exo^esdamS’  les  iufleiamulibnS  sypHflitlcpifcS 
du  périostOi,  pourrait  être , avee raison ,  arcusês’'d’uue:gmiii}e  initpré*» 
voyance*  si  ou  lui  accordait  la  faculté  de  calculer  et  de.  prévenir  des 
termiiiuisutis  fâcheuses  des  msludics.  . 


322  ■  MiaOlHES 

duits  i  qu’on  observe  à  la  suite  de  la  nécrose  dans  les 
conditions  que  j’ai  rappelées.  < 

3.“  Le  périoste  enflammé  .  en  contact  avec  l’air  ou  avec 
un  liquide ,  suppure  et  ne  s’ossifie  pas. 

■  4'°  La  matière  /jommeitse  observée  dans  les  périos- 
toses  syphilitiques  ,  considérée  souS  le  rapport  de  son 
siège  ,  de  ses  caractères  physiques  et  de  son  mode  do 
production  ,  doit  être  rapprochée  AeX&matière  coagulable 
qii’on  trouve  épanchée  entre  le  périoste  et  l’os,  au  bout 
Jes  fragmens  des  os  longs  fracturés. 

■  Si"  L’inflammation  du  périoste  produite  par  des  coups 
ou  un  virus  peut  se  terminer  par  résolution ,  ainsi  que  le 
prouvent  des  observations  cliniques.  Dans  de  viblëhtês 
contusions  ;  dans  certaines  dénudations  des  os  ,  lé  périoste 
est  quelquefois  frappé  de  mort  après  s’être  ènflarhihé.  '' 

En  résumé ,  je  crois  être  autorisé  à  conclure,  que 
la  résolution,,  \&  production  d’une  ipalière  gommeuse^ 
ou  coagulable ,  la  production  du  pus,  V ossificatidn mor- 
hide  et  la  giangt^ène  éoxA  autant  de  terminaisons,  dé  J|in- 
flammatioü  du  périoste ,  qui ,  chacune ,‘  ont  liéil  dans  dès 
circonstances  et  dans  des  conditions  déterminées. 

Ligamens.  —  XIII.  Dans  les  ligamens,,  l’ossification 
commence  par  leurs  extrémités  attachées  aux  os.  Ou  sait, 
depuis  long-temps ,  que  dans  les  fractures  voisines  des 
articulations  ,  l’ankylose  est  un  accident  beaucoup  jilus 
fréquent  que  dans  celles  qui  ont  lieu  dans  un  point  éloi¬ 
gné  des  jointures.  Or,  ces  fractures  n’e}figent  pas  plus 
de  temps  pour  leur  consolidation  que  les  premières.  On;, 
ne  peut  donc  évidemment  attribuer  cet  accident  à  la  po¬ 
sition  du  membre,  qui  est  absolument  la  même  dans  les 
deux  cas.  Ce  résultat ,  qui  contrario  la  théorie  des  au  -, 
ciens  animistes  ,  est  une  conséquence  toute  simple  du  dé-’ 
vcloppemenl  de  l’inflainmalion  dans  les  tissus  fibreux 


ET  OBS.E  R  V  AT  IONS.  325 

.arliculaircs  J  doul.là  coiitiiiuitd  avec  ic  pérjoslo  esl  analo- 

uiiqueaient  démontrée. . 

,  XIV.  Ddns  les  fractures  de  la  rotule  ,  le  ligament  infé¬ 
rieur  de  cet  , os  s’euflaimr,e  quelquefois  et  s’ossifie  ;  il 
contracte -Mes  adhérences,  avec  les  parties  correspondan¬ 
tes  duitihia.  Ajoutons  que  ,  chez  des  individus,  qulont 
succombé  après  la  consolidation  de  ces  fractures,  on  a 
observé,  suc  la.  face  antérieure  de  cet  os,  des  irrégularités 
osseuses  dépendant  de  l’ossification  du  tendon  des.  mus¬ 
cles  extenseurs  de  la  jambe  et  du  tissu  fibreux  qui-cpuvre 
la  surface  antérieure,  de  la  rotule. 

I  XV.  L’anàtqtnie  ded’ankylose  peut  être  encore  citée 
à  l’appui  de  l’opinion  que  j’émets  dans  ce  mémoire.  On 
sait  y  en  efifet ,  que  Tankyjpse  survient  constamment  h  la 
suite  des  phlegmasies  chroniques,  des  articulations ,  et 
que  des  recherches:  d’anatomie  pathologique,  ont  prouvé 
que  non-seulemeilt  les  ligamens  étaient  ossifiés,  mais  en¬ 
core  les  cartilages  ,  lés  fibro-cartilages  et  les  membranes 
synoviales.  '  ;  .  ^ 

XVI.  Le  rhumatisiiie  articula  ire  et  la  goutte ,  mais  surtout 

cette  dernière  maladie,  se  terminent  quelquefois  par  des 
ossifications  morbides  ou  des  tophus  ;  or  ,  personne  ne 
conteste  aujourd’huique  la  goutte  ne  soit  une  phlsgmasie. 
Si  elle  ne  se  termine  jamais  par  suppuration  ,  mais  pres¬ 
que  toujours  par  des  ossifications  morbides  ,  lorsqu’elle 
est  chronique  ,  cela  me  paraît  tenir  à  la  nature  du  tissu 
affecté  ,  qu’une  profonde  connaissance  des  p(ilegmasies 
du' tissu  fibreux  eût  peut-être  mis  à  même  de  déter¬ 
miner  à  priori.  ,  , 

XVII.  Chez  des  individus  atteints  do  rhumatisme ,  à 
la  suite  de  longues  et  violentes  douleurs  ,  on  a  trouvé  les 
ligamens  de  presque  toutes  les  articulations  ossifiés.  Ces 
articulations , se  sont  i tellement  soudées-,  que  le^  squçletto 
de  ces  individus  ne  paraissait  formé,  que  d’une  seule  et 


524  .iliMOIRES  ' 

mètïie  pièce.  Chez  d’autres  on  a  trouvé  ,  après  la  mort  ,  les 
ligamens  des  vertèbres  ossifiés.  Pitetrapporte  (Rapp.  delà 
Société  Ahatotniqtie  ,  Sibt!.ottièqm  médicale,  4.“'  année, 
t.  XI, p.  292)qu’ilarencontré ,  sur  un  sujet  affecté  d’engor- 
gemens  arthritiques  aux  doigts  ,  deux  rangées  4d’exostoses 
sur  les  vertèbres  dorsales  et  lombaires,  avec  ankylosé  des 
Vertèbres  Contiguës  dans  ces^ieuxrégions.  Chaque  exostose  > 
dit-il ,  était  toujours  développée  sur  deux  vertèbres  voi¬ 
sines;  les  fibro- cartilages  n’étaient  ossifiés  qu’à  leurs 
Bonis  externes ,  dans  les  points  correspondans.  Il  est 
évident  que  Pilet  a  pris  pour  des  exostoses  des  ossifica¬ 
tions  niorbides  des  ligamens  antérieurs ,  à  leur  insertion 
sur  les  cartilages  intervertébraux. 

XVIII.  On  a  observé,  depuis  long-temps ,  que  les  liga-r 
mens  articulaires  des  os  du  bassin  étaient  souvent  ossifies 
chez  lés  vieillards;  mais  c’est  sur-tout  chez  des  individus 
qui  SB  Hvrent  à  des  travaux  durs  et  pénibles ,  que  cette 
ossification  morbide  4  été  rencontrée.  > 

XIX.L’articulationmétatarso-phalangienne  dugros  orteil» 
sur;  laquelle  repose  «ne  grande  partie  du  poids  du  corps 
dans'laprogressîotr  et  la  station;  les  articulations  des  pha¬ 
langes  des  doigts  et  des  orteils  ;  celles  du  coude-pied  et 
du  poignet ,  sont  à  la  fois  entourées  d’une  plus  grande  quan. 
tité  de  tissus  fibreux  (en  comprenant  sous  ce  nom  lies 
ligamens  articulaires ,  les  gaines  des  tendons  ,  les  ten» 
dons  enx-jinéïùeB)  »  que  les  grandes  articulations.  D’un 
autre  Coté  ,  elles  sont  moins  enveloppées  de  tissus  ceU 
lulaîre  et  adipeux  ;  ellés  sont  aussi  plus  souvent  disten*- 
dues  et  plus  souvent  fatiguées  ;  aussi  la  goutte  ,  inflam¬ 
mation  dont  le  siège  primitif  me  parait  être  dans  le  tis¬ 
su  fibrèux  dés  jointures ,  attaque-t-ieHd  préférence  ces 
articulations.  J’ajoute  que  îes  tophus  des  goutteux  ap¬ 
paraissent  ordinairement  sur  les  ligamens  articulaires 
Jatéraux  des  jointures ,  plus  rareniont  dans  les  gaines 


ET  OBSEBV  A  TIONS.  SaS 

des  tendons  et  plus  rarement  encore  dans  le  périoste  et 
dans  les  tendons  eux-mêmes. 

XX.  L’inflammation  particulière  des  vertèbres ,  connue 
sous  le  nom  de  maladie  vertébrale  de  Pott ,  lorsqu’elle 
guérit  par  ankylosé  ,  est  accompagnée  de  l’ossification 
dés  ligamëns  et  des  fibro-cartilages  inter-vertébraüx.  On 
a  noté  depuis  long-temps  comme  un  fait  singülier,  qu’on 
rèncontrait  fréquemment ,  dans  les  parties  voisines  des  ca¬ 
ries  des  vertèbres ,  des  productions  osseuses ,  irrégulières  # 
ordinairement  oblongues ,  stalacliformes ,  d’un  tissu  ComT 
pact,  et  totalement  indépendant  du  corps  des  vertèbre» 
qu’elles  surpassent  souvent  en  longueur.  L’examen  anàtois 
mique  de  cette  altération  organique  m’a  prouvé  que  Ces 
ossifications  morbides  étaient  formées  aux  dépens  de 
l’appareil  ligamenteux  antérieur  des  vertèbres  j  et  des  iu" 
sertions  fibreuses  des  muscles  enflammés  par  contiguïté. 

XXL  Dans  les  fracturés  de  l’atlas ,  lorsque  les  malades 
survivent,  le  périoste  et  les  ligamëns  qui  unissent  cetla 
vertèbre  h  l’occipital  s’enflamment ,  et  l’atlas  se  soude  avec 
le  crâne;  de  même  dans  les  luxations  de  l’atlas  sur  l’oô» 
cipital ,  produites  par  des  maladies  des  parties  voisines,  et 
en  particulier  par  des  ëxostosés ,  où  observe  presque  tou¬ 
jours  non-seulement  que  l’articulation  occipito-atbïdiennè 
est  ankylosée ,  mais  èncore  que  fa  plupart  des  vertèbiSs 
suivantes ,  dont  les  ligamëns  ont  été  irrités  par  suite  de  la 
luxation  de  l’atlas ,  sont  également  ankylosées. 

XXII.  Enfin,  dans  des  expériences  que  je  rapporterai  plus 
bas  ,  ayant  entretenu  une  ÜTitalion  mécanique  dan» 
des  ligamëns  ,  j’ai  produit  une  ossification  morbide  de 
ces  tissus.  ’  ■  1 

L’étude  des  ossifications  dé  la  doré- 
mère  et  des  autres  membranes  fibreuses  me  semble  dé¬ 
montrer  qu’elles  ne  sont,  comme  celles  des  ligamëns  , 
«{u’un  résultat  do  rkiflammalion.  - 


Saô  :  M iiMoiREà  •.  Tt 

XXnr  Lorstjïic.  j’étais  élfeve  interne  à  i’Hôlcl-Dieu',  en 
i8i4.  je  pansais  sons  la  direction  de  M.  rDûpuytüehj  un 
soldat  du' train,  d’artillerie  qui  avait  reçu  un  grand.nombrc 
de  coups  de  sabre 'Sur  la  tête.  /Les  pariétaux  avaient  été 
divisés  dans  leur  épaisseur  :  .quelques  portions  d’os  se 
nécrosèrent  et  fui'eht  enlevées::  plus  lard  ,  le.  malade 
succomba  à  une  'encépbalile  chronique  ,  dont  le  déve¬ 
loppement  avait  été  reconnu  et  :  l’issue  funeste'  annoncée 
dans  les  leçons  cliniques.  Je  fis  l’examen  anatomique 
du  crâne  avec  soin  i  et 'je  reconnus  que  le  p-^riostê  et  la 
dure-môre  aux  environs  dés  plaies  pénétrantes  des  os  , 
étaient  épaissis  et  enflamniés.  Je  remarquai  en  outre  ;  sue 
cette  dernière  membrane  ,  des  traînées  de  dépôts  salins, 
dans  la  direction  des  plaies  des  os.,  produits  par  lés  coiips 
de  sabre.  Il  est  impossible ,  ce  me  semble  ,  de  rie  pas  con¬ 
sidérer  ces  ossifications  morbides  comme  une  dépendance 
de  l’inflammation  des  parties  affectées;  Le  périoste  n’é- 
tait'point  ossifié:  il  était  en  contact  avec  du  pus,  et 
cette  circonstance ,  comme  je  l’ai  déjà  fait  remarquer  , 
s’oppose  à  ce  qu’il  s’ossifie  dans  les  os  longs ,  comme  dans 
les  os  plats. 

XXIV.  On  trouvesouventsurlescadavresquelques points 
de  la  dure-mère  ossifiés.  D’Un  autre  côté,  si  l’on  réflé¬ 
chit  que  la  céphalalgie  est  un  phénonnène  morbide  très- 
fréquent  dans  les  ntaladies  ,  et  qu’on  rapporte  ordinaire¬ 
ment  la  douleur  aux  régions  frontale  ou  occipitale  , 
où  l’on  observe  communément  les  ossifications  morbides  ; 
si  l’on  réfléchit  que  les  céphalalgies  profondes  etpassagè-"^ 
res  orit  rarement  lieu  sur  les  parties  latérales  de  la  tête , 
où  les  ossifications  morbides  sont  rares  ;  si  l’on  se  rappelle 
enfin  que  les  céphalalgies  symptomatiques  offrent  une 
grande  mobilité  et  de  notables  différences  dans  douze  ou 
vingt-quatre  heures  >  et  que  le  tissu  fibreux  est  un  de; 
ceux  de  l’économie  dans  lequel  l’Inflammation  ,  dans  la 


ET  OBSEEVATIONS.  527 

première  période,  est  la  plus  mobile  ;  ou  sera  tenté  de 
croire  que  quelques  céphalalgies  symptomatiques  sont  le 
résultat  d’inflammations  partielles  de  la  dure-mère,  qui 
se  terminent  par  résolution  ou  par  ossification  morbide; 
le  fait  suivant  fortifie  cette  présomption  : 

Chez  des  individus  qui  ,  pendant  la  vie ,  avaient 
éprouvé  céphalées ,  Ags,  épilepsies,  etc. ,  on  a  souvent 
trouvé,  après. la  mort,  des  ossifications  de  la  dure-mèré 

et  de  son.  prolongement  dans  le  rachis . Au  reste,  ces 

phénomènes  me  paraissent  plutôt  devoir  être  attribués  à 
l’état  morbide  quia  pboduit  les  ossifications  accidentelles  k 
qu’à  ces  ossifications  elles-mêmes*  (i).  L’intermittence 
qu’offrenl^uelquefois  ces  phénomènes  morbides ,  les  accès 
périodiques  qu’ils  afiectent  dans  certaines  circonstapces  , 
fortifient  cette  présomption.  , 

Membrane  fibreuse  de  la  rate.  —XXV.  Le  célèbre  Bichat 
dit ,  dans  son  Anatomie  générale  (tome  III ,  page  i43)  , 
qu’il  ne  sait  pas  pourquoi  la  membrane  propre  de  la  rate 
a  une  si  grande  tendance  à  s’ossifier.  Aujourd’hui  la  rai¬ 
son  de  ce  fait  me  paraît  évidente.  Seul  de  tous  les  vis¬ 
cères  du  bas-ventre,  la  rate  est  enveloppée  d’une  forte 
membrane  fibreuse  et  d’un  autre  côté  la  splénite  n’est 
pas  aussi  rare  qu’on  le  croit  communément.'  Cette  doubla 
circonstance  explique  la  particularité  signalée  par  l’imT- 
mortel  auteur  de  l’Anatomie  générale. 

XXVI.  Je  me  borne  à  rappeler  que  l’ossification'  de  la 
membrane  albuginée  du  testicule ,  que  celle  de  la  membrana 
crico-thyroïdienne  et  cejle  de  la  portion  fibreuse  du  péri¬ 
carde,  ont  été  observées  chez  des  individus  qui  avaient 
éprouvé  des  phlegmasies  des  organes  ou  des  tissus  sur  les- 


(i)  Toutefois  les  qssilicalions  moi'hitles  irrégulières  .  acéçées  ,  peii- 
veiil  être  uue  nouvelle  cause  d’itrilation  cle  la  partie  allecice  et  îles  par¬ 
ties  voisines.  ' 


S  zS  M  È  M  O  I  n  E  S 

queîs  ces  membranes  sont  juxta-posées ,  et  que  les 
cations  morbides  de  ces  tissus  Obreux  sont  probablement 
jle  résultat  d’inflammations  développées  par  contiguïté  de 
tissus.  Je  passe  de  suite  à  quelques  propositions  relatives 
h  l’ossificalion  des  tendpns,  des  artères,  du  tissu  des 
valvules  du  cœur ,  etc. 

Tendons.' — XXVII.  Là  ofa  les  tendons ,  en  glissant  sur 
les  os  .éprouvent  ungramdfrottement.ilsdeviennigntasseux. 
'C’est  un  fait  h  ajouter  à  ceux  que  j’ai  rassemblés  pour 
prouver  que  l’irritation  du  tissu  übreux  se  termine  par 
ossUicatioa  morbide.  Chez  les  gallinacés ,  leS  tendons  des 
muscles  du  pied  sont^constammemt  ossifiés  à  une  certaine 
époque.  ^ 

■  C’est  encore  la  même  loi  qui  me  paraît  présider  au  dé¬ 
veloppement  des  os  sésamoïdes ,  qui  n’exislent  que  dans 
le  sens  de  la  flexion  ,  qui  est  aussi  celui  dans  lequel  on 
sujqiorte  les  plus  grands  efibrts. 

Aponévroses.  —  XXVIII.  Lorsque  les  membranes 
fibreuses  sont  entourées  extérieurement  do  tissu  lamineux 
et  adipeux, set  que  par  leur  surface  interne  elles  corres 
pondent  à  des  organes  qui  s’enflamment  rarement ,  on 
n’observe  presque  jamais  d’ossifications  morbides  dans 
ces  tnembranès.  Le  contact  de  la  sérosité,  ou  celui  du  pus , 
et  le  peu  de  fréquence  des  phlegmasies  des  lissas  qui  lent 
sont  contigus  par  léqr  surface  interne,  cxpliquentla  rareté 
des  ossifications  des  aponévroses  et  delà  sclérotique ,  qui , 
quoique  appartenant  au  même  genre  de  tissu  que  le  pé¬ 
rioste,  en  dîlTèrent  cependant  sous  plusieurs  points. 

Membrane  fibreuse  jaune  des  artères.  —  XXIX.  Si 
l’ossification  de  la  membrane  fibreuse  des  artères  a  été  si  fré¬ 
quemment  observée ,  si  les  auteurs  font  au  conlraire  à 
peine  mention  de  la  suppuration  de  ce  tissu ,  les  réflexions 
que' j'ai  déjà  présentées  suf  l’inflammation  du  tissu  fibreux 


ÊT  OfiSERVATIONS.  529 

portent  à  croire  que  ce  double  résultat  est  une  conséquence 
de  la  nature  du  tissu  affecté. 

XXX.  L’extension  portée  au-delà  des  limites  propres  à 
l’état  normal  d’un  organe  fibreux,  est  de  tous  les  moyens 
irritans  celui  qui  développe  le  plus  facilement  la  douleur 
et  l’inflammation  dans  ce  tissu.  Aussi  les  ossifications  mor¬ 
bides  des  artères  sont-elles  communément  observées  à  la 
crosse  de  l’aorte,  plus  fréquemment  dilatée  qu’aucune 
autre  partie  du  système  fibreux  artériel. 

XXXI.  L’ossification  de  l’artère  pulmonaire  est  très- 

rare  J  on  sait  aussi  qu’elle  n’offre  presque  jamais  de  dila¬ 
tations.  • 

XXXII.jOn  observe  rarement ,  l’ossification  nlbrbide  des 
artères  dans  les  anévrysmes  des  membres  ;  les  tuniques  in¬ 
terne  et  rboyènne  sont  plus  souvent  déchirées  que  di¬ 
latées  dans  Ces  anévrysmes. 

XXXIII.  Les  artères  vertébrales,  dans  leur  conduit  et  à 
l’endroit  où  elles  convergent  sur  la  gouttière  basilaire  de 
l’occipital  ;  la  carotide  interne  ,  dans  la  portion  qui  longe 
les  côtés  "de  la  selle  turcique;  les  artères  radiales,  près  de 
l’extrémité  carpienne  du  radius,  offrent  plus  souvent  des 
ossifications  morbides  que  les  artères  du  même  calibre  et 
dn  même  volume  ,  situées  dans  d’autres  régions  du  corps 
et  appuyées  sur  des  parties  molles.  Ces  faits  incontestables 
ne  sont-ils  pas  dus ,  en  grande  partie  ,  à  ce  qu’une  artère 
qui  correspond  à  une  partie  dure,  est  par  cela  même 
plus  exposée  à  être  irritée  que  celle  qui  repose  sur  une 
partie  molle.  N’existe-t-il  pas  quelque  analogie  entre  le 
niode  de  production  de  ces  ossifications  des  artères,  et 
celles  des  tendons  dans  les  lieux  où  ils  éprouvent  un  frot¬ 
tement  plus  ou  moins  considérable  ? 

Les  artères  cardiaques  ont  été  trouvées  souvent  ossi¬ 
fiées.  La  mobilité  du  cœur,  la  nature  de  ses  contractions 
'  dans'  les  anévrysmes ,  le  voisinage  de  l’agent  principal 


>I  fe  M  O-IRE  S  . 

4’lmpulsipçi,  du  sang  artériel ,  les  exposent-elles  à  des  dis  . 
tensions  plus  fréquentes  que  d’autres  artères  du  mémè 
calibre?.  •  .  .  - 

XXXIV.  Un  assez  grand  nombre  de  faits  prouvent  que  lés 
ossifications,  morbides  des  artères  sont  souvent  observée® 
chez  les  individus  atteints  de  syphilis  chronique.  Or  , 
presque  tous  les  désordres  produits  par  ce  virus  Sont  in¬ 
flammatoires  ,  et  sous  le  rapport  de  la  natare  du  tissa 
affecté  et  de  la  terminaison  de  l’état  morbide ,  n’y  aurait- 
il  pas  quelque  analogie  entre  les  exostoses  laminées  Suc¬ 
cédant  à  l’inflammation  du  périoste  et  les  ossifications 
morbides  des  artères  ? 

XXX\1«  Deux  autres  motife  me  portent  à  regarder  l’os¬ 
sification  morbide  des  artères  comme  une  terminaison 
de  l’inflammation  de  leur  membrane  fibreuse.  Elle  est 
souvent  accompagnée  d’une  rougeur  vive  et  animée  dë 
leur  membrane  interne ,  et  les  ossifications  morbides  elles  • 
mêmes  sont  IWquemment  entourées  ou  avoisinées  par 
yiViG  matière  jaune,  molle  et  solide ,  non  transparentè , 
et  que  j’ai  produite  en  enflammant  le  fibro  -  carlilagb 
postérieur  de  l’artioulation  tibio-tarsienne  des  pigeons. 

XXXVI.  Tissu(lesvalvulesducœur,'‘^'LQ&o&à£icAÛQm 
morbides  des  valvules  du  cœur  sont  plus  fréquentes  dans  le 
ventricule  gauche  que  dans  le  ventricule  droit.  Cette  dif¬ 
férence  ne  peut-elle  pas  être ,  en  grande  partie,' la  con¬ 
séquence  de  l’inégalité  de  force  des  contractions  de 
chacun  des  ventricules  ,  des  tiraillemens  et  des-  résis¬ 
tances  inégales  qu’éprouvent  leurs  valvules?  Celte  propo¬ 
sition  me  paraît  confirmée  par  l’étude  des 'anévrysmes  du 
cœur.  Les  ossifications  morbides  du  ventricule  géuehè  ne 
coïncident-elles  pas  fréquemment  avec  l’anévrysme  actif 
du  même  ventricule  5^  ,  .  , 

XXXVII.  Les  considérations  et  les  réflexions  précéden¬ 
tes  me  font  présumer  que  les  ossifications  morbides  des 


BT  OBSERVATIONS.  53  1 

valvules  du  cœur  et  celles  de  la  crosse  de  l’aorte  sont  le 

résultat  de  l’inflammationdes  tissus  fibreux  de iîés  orgahes  , 
plus  ou  mCius  irrités.  Je  ne  suis  poiint  éloigné  de  éreire 
que  plusieurs  phénomènes  morbides ,  attribués  à  ees  ossi¬ 
fications ,  observées  après  la  mort  j  sont  produits  par 
des  phlogmasies  du  cœur ,  de  la  crosse  de  l’aorte  et  des 
artères.,  qui  se  terminent  par  ossification  morbide. "Cette 
remarqué  éclairera  peut-être  le  siège  et  la  TUalure"  dè 
l’asthino  et  de  l’angine  de  poitrine.  : 

XXXVIII.  Fibro-canilagei  ^  Chez  les  pigeons  ,  il 
existe  è  la  partie  postérieure  de  l’articulation  ’  libio-tar- 
sientie  un  fibro-carlilage  uni  aux  tendons  fléchisseurs ,  '  es*- 
pècc  de  corps  sésamoïde  dont  j’ai  déterminé  Fihflammalion 
en  le  perforant  avec  une.aiguille  que  j’ai  laissée  à  demeurei. 
La  présence  de  ce  corps  étranger  a  produit  î  i.»  fâdhé- 
rence  du  fibro-cartilage  avec  les  condyles  du  tibial  2.^  le 
rarnpliissemcüt  du  fibro-cartilage  dans  quelques  points  ôü 
l’on  remarquait  .une  matière  jaune  analogue  à  cëllè  qu’on 
trouve  près  des  ossifications  morbides  des  artères  r  3.“  de 
petits  dépôts  salins  dans  quelques  autres  points  dû  fibro- 
cartilage.  Il  est  évident  que  céa  altérations  etToSsificàtlon 
morbide  ,  en  particulier  ,  sont  le  résultat  d’un  travail 
infiammaloire  .  produit  et  entretenu  par  une  irrîtétion 
mécanique.  -  ;  ;  .  , 

XXXIX.  T  issus  fibreux  morbides.  — •  L’étude  des  termi¬ 
naisons  de  l’inflammation  dans  les  tissus  morbides  fibreux 
fournit  de  pouveaux  argumens  en  faveur  de  l’opinion  que 
j’émets  dans  ce  Mémoire.  Ainsi ,  par  exemple,  la  matière 
tuberculeuse,  la  mélanose,  la  matière  cérébriforme,  en  s’en¬ 
flammant,  se  ramollissent  et  SH/j/ntrcnt;  les  tissus  fibreux 
accidentels,  s’ils  ne  sont  point  en  contact  avéc  l’air  ou  du 
pus,  et  s’ils  sont  enflammés  pendant  un  certain  temps , 
éprouvent  la  transformation  osseuse.  >  ,  ; 

XL.  Les  kystes  séreux  enflammés  suppurent  le  plus  or- 


532  mémoires 

4inairement  ;  les  kystes  fibro-séreux  éprouvent  fréquem¬ 
ment  la  transformation,  osseuse. 

XLI.  '  On  a  quelquefois  observé  du  tissu  fibreux  ac¬ 
cidentellement  développé  entre  la  choroïde  et  la  rétine. 
Je  soupçonne  que  plusieurs  faits  qu’on  a  publiés  sur 
l’ossification  de  celte  dernière  membrane  doivent  être 
rapportés  à  l’ossification  de  ce  tissu  accidentel.  Au  moins 
ai-je  pu  constater  une  fois,  positivement,  que  l’ossifica¬ 
tion  accidentelle ,  placée  entre  ces  deux  membranes ,  en 
était  indépendante.  Je  remarquerai ,  en  faveur  de  l’opinion 
que  j’ai  émise  dans  ce  Mémoire ,  que  presque  toutes  ces 
ossifications  ont  été  observées  dans  des  cas  de  cécité  ab¬ 
solue  et  d’atrophie  du  globe  de  l’œil ,  h  la  suite  de  phleg- 
masies  chroniques  de  cet  organe.  ■ 

XLII.  On  trouve  quelquefois  dans  le  cerveau  des  produc¬ 
tions  fibreuses  ou  fibro-cartilagineuses.  Ce  ne  serait  qu’une 
hypothèse ,  sans  doute ,  d’avancer  que  ces  altérations ,  dé¬ 
crites  sous  le  nom  d’ossifications  du  cerveau  ,  ne  sont 
autre  chose  que  des  corps  fibreux  ou  fibro-cartilagineux 
qui  ont  subi  la  transformation  osseuse  ;  cependant  la  pos¬ 
sibilité  de  cette  transformation  est  incontestable  ,  et  c’est 
un  motif  suffisant  pour  examiner  de  nouveau  les  ossifica¬ 
tions  cérébrales  ,  d’autant  plus  qu’il  est  bien  reconnu  au- 
>  jourd’hui  que  les  ossifications  de  la  matrice  ,  que  les 
pierres ,  les  calculs  de  l’utérus  ne  sont  autre  chose  que 
des  corps  fibreux  ossifiés  et  antérieurement  enflammés. 

XLIIf.  Des  recherches  anatomiques  m’ont  prouvé  que 
dans  les  goitres  anciens ,  ce  n’était  point  la  thyroïde  qui 
s’ossifiait  ordinairement ,  mais  bien  des  kystes  ou  des 
corps  fibreux ,  ou  fibro-cartilagineux ,  développés  acciden¬ 
tellement  dans  son  tissu.  ■ 

XLIV.  Les  concrétions  osseuses  dévèloppées  dans  les 
poumons,  dansles  tissus  fibreux  et  cartilagineùx  acciden-.- 
tels,  ne  me  paraissent  point  être  le  résultat  d’un  travail 


E  T  OBSERVATIONS.  :535 

éclairé  de  la, nature,  comme  le  pensent  les  animistes; 
cette  altération  est  une  eonséquence  forcée  et  inévitable 
d’une  inflammation  chronique  abandonnée  à  elle-même  , 
et  survenant  à  des  périodes  et  dans  des  conditions  dé¬ 
terminées. 

Rcstimé.  Si  je  no  me  trompe ,  les  faits  exposés  dans  ce 
Mémoire  ,  rapprochés  de.  quelques  autres  généralement 
admis  en  pathologie  ,  prouvent  que  l’inflammation  des  tis¬ 
sus  fibreux  peut  se  terminer  par  résolution , 'çav  suppu¬ 
ration  ,  par  exudation  d’une  matière  coagulable ,  par  la 
production  d’une  matière  j aunâtre  solide ,  par  Ÿ épaissis¬ 
sement  ouV  indur  ationAnïissxi  affecté,  rarement  par  g-tîTi- 
grène,  et  fréquemment  ^av  ossification  morbide,  mode 
de  terminaison  dont  j’ai  dû  uniquement  m’occuper  dans 
ce  Mémoire.  •  ,  '  / 

1 . °  La  résolution  a  lieu  lorsque  l’irritation  dn  tissu  fibreux 

,a  été  de  peu  de  durée  et  peu  intense.  C’est  à  cette  pé¬ 
riode  de  l’inflammation  que  doit  être  appliqué  tout  ce' 
qu’on  a  dit  d’une  manière  générale  sur  la  mobilité  dé  ces 
phlegmasies.  Lorsque  cette  terminaison  est  possible.,  le 
tissu  fibreux  est  légèrement  gonflé  et  injecté  de  stries  de 
sang.  ^  ■  Y . : 

2. °  L’inflammation  des  tissus  fibreux  se  termine  par  sup- 
puration  lorsqu’ils  sont  en  contact  avec  l’air,  du  pus  ou 
quelque  humeur  animale. 

3. “  L’ exudation  à! ana  matière  coagulable  ou  gommeuse 
est  une  terminaison  assez  fréquente  des  inflammations  du 
périoste  et  de  certains  kystes  fibreux. 

4-°  Les  fibro-cartilages ,  la  membrane  fibreuse  des  ar¬ 
tères  ,  lorsqu’ils  sont  enflammés  ,  s’altèrent  et  sont 
remplacés,  dans  quelques  points  ,  par  une  matière  j  au  ^ 
nôtre  molle ,  qu’on  trouve  fréquemment  autour  des  os¬ 
sifications  morbides  des  artères  ,  et  au-dessous  de  leur 
membrane  interne  enflammée. 


53i^  5li  MOIRES 

;,-..5;’Dans  rihflammatioii  du  périoste,  des  tendons,  delà 
itibnpfbpafle  de^^la,cate  i  etc. ,  on  observe  Iréqùemnient  que 
ces  tissus  bnt  aügmeôté  de  densité  et  d’épaisseur ,  état  qui 
constitue  leur  induration. 

6. ”  L’exfoliation  des  tendons  dans  le  panaris ,  lainortifi- 
cation  du  périoste  ,  dans  les  contusions  des  os  ,  sont  des 
terminaisons  de  l’inflammation  analogues  à  la  gangrène 
du  tissu  cellulaire  eüflamnïé. 

7. °  Après  la  résolution ,  l'ossificationmorbide&sï\À  ter¬ 
minaison  la  plus  fréquente  ;  ellè  a  mêine  lieu  constam¬ 
ment  lorsque  le  tissu  fibreux  est  irrité  pendant  un  assez 
long  temps  et  qu’il  n’ést  point  en  cbnlacl  avéc  l’air  un 
liquide  et  principalement  du  pus; 

8. ”  La  mobilité  des  phlegraasies  du  tisèu  fibreux  qui  en¬ 
veloppe  les  jointures  à  l’époque  à  laquelle  l’inflammation 
peut  $e  terminer  par  résolution ,  ne  péut-elle  pis  être 
expliquée  >  jusqu’il  un  certain  point ,  par  la  continuité  du 
tissu  fibreux  qui  enveloppé  le  squelétte  et  eü  réunit  toutes 
les  parties  ?  La  mobilité  qu’ofirent  certaines  phlegmaëies 
de  la  peau  me  semblé  être  le  résultat  d’une  disposition 
anatomique  semblable. 

9. ®  Les  dépôts  salins  des  tissus  fibreux  sont  suscep¬ 
tibles  d’êtrci  résorbés  lorsque  l’inflammation  qui  les  a 
déterminés  est  de  peu  de  durée ,  soit  qu’elle  ait  été  aban¬ 
donnée  à  elle- même,  comme  dans  les  fractures  sitùples 
bien  réduites  ,  Soit  qu’elle  ait  été.  combattue  par  Un  ré¬ 
gime  et  un  traifemént  antisjpphilitîques ,  comme  dans  les 
nodus  et  les  périostoses  récentes  ,  soit  enfin  par  un  trai¬ 
tement  ontiphlogâstiqùe  ,  coàime  ,dàhs  les  attaques  de 
goutte  aiguë,  ainsi  que  je  le  proüverai  plus  tard  par  des 
observations  particulières.  : 

10. ^  Les  dépôts  salinsdés  tissus  fibreuxne  sont  point  sus- 
.eeptibjes  d’êtfe  résorbés  lorsque  l’inflammation  qui  lés  a 
produits  persiste  et  devient  çbroniqée  j,  c’est  en  partiçuUen 


ET  OBSERVATIONS.  355 

Ce  qu’on  observe  dans  les  fractures  comminutives ,  dans  les 
inflammations  des  artères  dilatées,  dans  l’osslfîcation  du 
périoste  succédant  à  la  nécrose,. dans  les  anciennes  exos¬ 
toses,  dans  la  goutte  chroniqufe,  etc. 

I  i.°Pans  le  traitement  de  la  plupart  dqs  phlegmasies  dii 
tissu' fibreux,  on  pourra  prévènir  la  terminaison  par  os¬ 
sification  morbide  i  pai'  un  traitement  ahtiphlogistiqué 
simple ,  ou  bien  combiné  avec  des  moyens  spéeifiqùès  ap¬ 
propriés  à  la  cause  qui  les  a  produites. 

1  s.  ®  Oii  doit  tenter  d’obtenir  la  résorption  des  ossifications 
morbides  récentes  par  un  traitement  analogue  à  celui  qui 
prévient  leur  formation.  ' 

1 3.”  La  théorie  qui  attribue  les  OsSificétions  morbides,  en 
général ,  et  celles  des  tissus  fibreux ,  en  particulier ,  aux 
progrès  deil’age,  ne  me  paraît  point  fondée.  Un  médècili 
aU^lais,  cité  par  Hodgson ,  a  observé  rOssification  deîràr- 
tère  temporale  chez  un  enfant  de  quihze  mois.  N’observé - 
t-on  pas  également  tous  les  jours  l’ossification  du  périoste 
chez  les  énfans,  à  la  suite  de  fractures?  Qui  n’a  rencontré 
des  tophus,  des  exostoses,  des  ossifications  morbides  de 
la  dure-mère  chez  des  adultes  ou,  dés  individus  d’un  âge 
mûr?  Je  ne  conçois  pas  même  comment  l’âge  avancé  peut 
devenir  la  cause  directe  d’une  ossification  morbide.  L’én- 
fance,  l’âge  adulte,  l’âge  mûr,  la  vieillesse  né  prodùisent 
jamais  une  altération ,  quelle, qu’elle  soit.  Ils  peuvent,  il 
est  vrai ,  prédisposer  h  Une  action  morbide  qüi  détermine 
l’ossification,  mais  c’est  cette  action  qu’il  eût  fallu. indi¬ 
quer,  et  c’est  ce  que  j’ai  essayé  de  faire  relativement  au 
tissu  fibreux ,  dans  cette  première  partie  de  rnoh  Mé¬ 
moire.  \ 

f  La  suite  au  Numéro  prochdin,  )  - 


356 


ÉmOIREl 


Du  Furoncle  atonique  ;  par  le  docteur  Guebsent. 

.  Le  furoncle  qui  se  termine  par  suppuration  présente 
pour  caractères  une  perforation  de  la  p^au  au  sommet 
d’une  tumeur  arrondie  et  circonscrite,  et  une  mortifica¬ 
tion  de  tissu  cellulaire  (  ou  bourbillon  ) ,  qui  sort  parl’ou- 
.verture  faite  au  derme.  Cette  perforation,  de  la  peau  est 
ordinairement  aussi  petite  que  si  elle  avait  été  pratiquée  à 
l’aide  d’un  coup  de  stylet  très-fin,  et  dans  les  furoncles 
les  plus  volumineux  ,  à  peine  a-t-elle  une  ligne  de  diamè- 
;tre,  quoique  la  mortification  du  tissu  cellulaire  s’étende 
souvent  à  plusieurs  lignes  en  superficie  et  en  profondeur. 
La  peau  ,  dans  cette  maladie  ,  n’a  rien  perdu  de  ses  pro¬ 
priétés  vitales  ;  elle  revient  sur  elle-même  après  la  sépa¬ 
ration  de  l’escarre ,  adhère  au  tissu  cellulaire  sain  sous- 
jacent  ,  et  un  bourgeon  charnu  ferme  l’ouverture  spon¬ 
tanée;  du  furoncle  :  la  cicatrice  n’offre  qu’un  point  le 
plus  souvent  imperceptible.  Cette  inflammation  se  ter¬ 
mine  ordinairement  dans  l’espace  de  quelques  jours.  Des 
émolliens  d’abord  ,  et  ensuite  des  applications  de  quel¬ 
ques  morceaux  de  sparadrap  qui  Si’opposent  au  contact 
de  l’air  et  favorisent  la  suppuration ,  sulBsent  ordinaire¬ 
ment  ,  comme  tout  le  inonde  le  sait,  par  accélérer  la 
terminaison  favorable  de  cette  maladie. 

J’ai  eu  occasion  d’observer  assez  souvent  chez  les  en- 
fans  une  autre  espèce  de  furoncle  dont  les  caractères  sont 
différens,  et  qui  réclame  un  traitement  entièrement 
opposé.  Ce  furoncle ,  auquel  je  donne  le  nom  d’atonique , 
pour  le  distinguer  du  furoncle  ordinaire  ,  se  manifeste 
toujours  chez  un  sujet  déjà  malade.  On  l’observe  assez 
souvent  dans  les  gastro-entérites  avec  symptômes  adyna- 


ET  OBSERVATIONS.  33^ 

jmiques  ,  dans  les  pneumonies  latentes,  pendant.lè  cours 
de  la  variole ,  etc, ,  etc.  Il  est  toujours  lié  à  un  état  ady- 
namique  plus  ou  moins  prononcé, 

Il  se  présente  plus  particulièrement  sur  le  tronc  et  les 
parties  latérales  du  cou  ,  plus  rarement  sur  les  membres. 

Il  commence  ,  comme  le  furoncle  ordinaire ,  par  une  tu¬ 
meur  circonscrite ,  peu  étendue,  rénitente  au  toucher,  de 
couleur  d’un  violet  livide.  Quelquefois  cependant  on  n’ob¬ 
serve  pas  d’altération  remarquable  dans  la  coloration  de 
la  peau.  Au  second  degré  de  la  maladie ,  une  très-petite 
phlyctène  purulente  se  manifeste  au  sommet  de  la  tumeur, 
et  dès  qu’elle  se  déchire ,  le  derme ,  qui  est  situé  au-des¬ 
sous  ,  offre  une  petite  plaque  grise,  ramollie  et  per¬ 
forée  d’outre  en  outre  comme  dans  le  furoncle  ordinaire. 
Il  s’écoule  d’abord  un  liquide  séreux  ,  sanguinolent  ;  la 
tumeur  se  ramollit,  et  l’orifice  du  derme  s’élargit  rapide¬ 
ment,  Dans  l’espace  de  deux  ou  trois  jours  ,  ou  quelque¬ 
fois  même  en  vingt-quatre,  heures ,  il  s’établit  une  per¬ 
foration  de  cinq  à  : six  lignes  de  diamètre  ,  parfaitement 
ronde  et  absolument  semblable  à  un  trou  'qui  aurait  été 
fait  à  la  peau  avec  ,  un  emporte-pièce.  En  même  temps 
que,  cette  perforation  s’opère ,  la  funieur  s’affaisse  rapi¬ 
dement.  Le  tissu  cellulaire  ne  se  sépare  pas  sous  la  forme 
de  bourbillon  ;  rarement  il  s’en  détache  quelques  frag- 
mens  ;  le  fond  de  l’ulcération  présente  un  aspect  gri¬ 
sâtre  et  sanieux ,  assez  sec., La  peau  qui  circonscrit  l’ulcère 
est  coiipée  âpic  ;  elle  esc  plus  pâle  etplus  molle  qiie  dans 
l’état  naturel  ;  elle  est  entièrement  décollée  du  tissu  cellu¬ 
laire  dans  l’espace  de  plusieurs  lignes.  ;  ; 

Le  furoncle  atonique  succède  le  plus  souvent  aux  mor¬ 
sures  des  sangsues  ;  alors  la  perforation  Au  derme  ,  au  lieu 
d’être  d’abord  ronde  ,  semble  avoir  été  ffaite  ;  avec  un 
trois-quarts.  Mais  bientôt  la  forme  triangulaire  de  cette 
perforation  s’arrondit  ep  s’élargissant,  et  devient  entière- 


338  JiéMoiRES 

ment  cirGulaire  çomme  dans  le  cftâ  nü  le  furoncle  se  déve- 
loppe  spGntanémtefltk  Si  les  sangsHes  ont  été  groupées  sur 
une  partie  quelconque ,  et  qüë  eliiaqüe  morsüte  ait  donné 
lieu  à  un  petit  furoncle  *  la  pèaisi  au  ibout  de  quelques 
.jours  paraît  criblée  dans  tous  leS  points  où  les  sangsues 
-ont  été  appliquées  ,  et  elle  offre  à-peu-près  l’aspect  de 
ranthraK  en  ‘suppuration,  mais  attec  cetlë  différence 
-qu’il  n’y  a  ni  gonflement  inilumeur,  et  que  les  trous  sont 
aussi  beaucoup  plus  réguliers  et  plus  grands  que  dans 
l’ànthrax.iet  ussea  semblables  à  ceîEfc  que  de  pelitesbdlles 
auraieütpu  faire. 

L’ulcérâ'tion  qui  forme  le  troisième  degré  du  furoncle 
atonique ,  ostKjrdinairement  iadôlôiite.  Dans  quelques  cas 
cependant  elle  parait  douloureuse  j  elle  reste  ainsi  sta¬ 
tionnaire  huit  à  dix  jours  ,  quelquefois  plus  ou  moins , 

-  suivant  l’état  général  de  l’iadîridu.  Lorsque  l’uléère  tend 
à^guérir,  le  tissu  cellulaire  s’humecte,  s’a  rive ,  seéolore 
-légèrementon  rouge,  la  peau  Se  Collé  peu-à-^peu  au  tissu 
sous-Cutané  ;,quelquesbourgeons  charnus  s’élèvent  du  fond 
de  l’ulcère  ;  la  perforation  du  derme  diminue  un  peu  ,  et 
il  se  forme  ,  comrae  dans  toutes  les  ùlcéralions  de  la  peau , 
ùne  cicatrice  molle  ,  un  .peu  déprimée ,  et  qui ,  par.  son 
étendue  seulement  >  est  eomparable  à  celle  qui  succède 
à  une  grosse  pustule  de  vaccine»  , 

Le  traitement  général  qui  convient  dans  cette  maladie 
est  celui  des  abcès  atôüiqaes ,  modifié  suivant  la  maladie 
principale  dont  Cstaffeclé  le  sujet.  Quant  au  traitement 
local ,  les  émolliens  ne  conviennent  que  dans  la  première 
période;  mais  dès-que  l’ouverturè  du  derme  s’élargit  ÿül 
faut  de  suite  recourir  aux  toniques  et  aux  excitans  locaux 
plus  ou  moins  actifs.  Le  quinquina  et  les  décoctions  même 
de  quinquina  animées  d’alcohol  camphré  m’ont  paru  en 
général  peu  utiles  t  le  quinquina  ,  dans  ce  cas,  tanne  la 
peau  comme  si  elle  était  morte  *  et  n’avive  point  ,  le  fond 


ET  OBSEEVÀTIONS.  35,9 

de  l’ulcère.  L’alcohol  camphré ,  rùême  pur ,  üé  l’irrîte 
(jue  mdmèiitanémèht  ,  quoiqu’il  cause  ufae  viVe  douleur. 
Le.camphre  énsubstâbceestencorë  moînsactifî  les  acides 
bydrochloriquei  étendus  d’eau  ,  la  crêmè  de  tartre  i  et 
sür-toutracide  citrique  pur  i  sont  les  meilleurs  tbpiqùes  et 
ceux  qui  m’ont  paru  favoriser  le  plus  activetnent  la  cica¬ 
trice  ,  dans  les  cas  où  ces  ùlcérations  sont  curables ,  Ce 
qiii  est  rare  à  cause  dé  là  'gravité  de  la  maladie  ad'yna- 
mique  qui  les  accotfapagne  presque  touj durs.  Quand  ces 
ulcères  guérissent ,  ce  qui  arrivé  nébnmoms  quelquefois, 
la  cicatrice  marche  toujours  très-lentement; 

Cette  maladie  appartient  évidemment  âü'furoncle  datls 
son  -premier  et  son  second  degré  ,  par  sa  forme  et  son 
mode  de  perforation  :  l'a  mollesse  et  l’afiFaisseuàént  de  là  tu¬ 
meur  après  la  suppdrâtion  ,  l’absence  du  bourbilloh  ,  la 
rapprochent  do' certài'nés  espècès  d’abcès  atonîques  ;  mais 
les  autres  caractères  ne  permettent  pas  de  la  ranger' parmi 
les  abcès.  Enfin ,  elle  se  distingue  dé  toutes  les  inflamma¬ 
tions  cutanées  ■  par  la  forme  arrbndie  et  régulière  dé  l’ul¬ 
cère  qui  lui  succède.  '  ; 

Gétte  espèée  de  petforation  a  quelque  chose  de  spéci¬ 
fique;  on  ne  peut  là  conlparer  qu’à  l’ouvérture  spontanée 
de  quelques  abcès  atoniques  qu’éh  observe  quelquefois 
sur  les  parties  latérales  du' cou,  et  danê  lesquels  un  pus 
séreux  et  de  mauvaise  nature  a  long-temps  décollé  la 
peau  avant  qu’elle  Toit  fàm'ollie.  Lés  pêrfbràtidns  qui  dût 
lieu  à  la  suite  de  ces  abcès  »  sont  souvent  très-grandes  , 
s’élargissent  de  même  rapidement  comme  dans  le  furoncle 
atonique }  mais  indépendamment  de  ce  que  la  marche  de 
la  maladie  a  été  différente  dîjns  la  première  période  ,  ces 
ulcères  ne  sont  jamais  réguliers  comme  ceux  du  furoncle 
atonique;  il  est  évident  toutefois  que  ces  perforations  s’o-r 
pèrent  de  la  même  manière  ,  et  que  si  elles  ne  sont  point 
aussi  irrégulières ,  é’est  que  lé  ramollissemént  du-  derme 


.34o  MÉMOIBES 

n’a  point  commencé  par  un  point ,  mais  s’est  opéré  dans 

•  une  direction  plus  ou  moins  alongée.  H  est  probable  aussi 

■  que ,  dans  les  perforations  qui  ont  lieu  sur  les  parties  laté¬ 
rales  du  cou  ,  les  contractions  des  fibres  du  peaucier  peu- 

•  vent  influer  sur  la  forme  des  déchirures  dé  la  peau.  Au 
reste,  dans  tous  ces  cas  de  perforation,  la  peau  ne  s’en- 
tr’ouvre  et  ne  se  rétracte  rapidement  que  parce  qu’elle  est 
entièrement  décollée  et  détachée  de  tout  le  tissu  cellulaire 
sous-jacent.,  et  parce  qu’ayant  perdu  presque  toutes  ses 
,  propriétés  vitales ,  elle  est  simplement  abandonnée  alors  à 
son  élasticité  organique.  Si  elle  se  rétracte  circulairement 
h  mesure  qu’elle  se  déchire ,  c’est  sans  doute  à  cause  de 
son  organisation  primitive  et  delà  forme  arrondie  des 

■  mailles  qui  la  composent.  Les  perforations  spontanées  qui 
:  ont  lieu  quelquefois  si  promptement  dans  l’œsophage  et  l’es- 

■  tomac  ,  et  qui  ne  sont  point  précédées  d’ulcération  ou  de 
-  ramollissement  gélatineux  ,  n’auraient-elles  pas  quelques 

rapports  dans  la  manière  dont  elles  s’opèrent  avec  les  per¬ 
forations  de  la  peau  dont  nous  venons  de  parler  ?  L’analo¬ 
gie  qui  existe  sous  le  rapport  de  leur  organisation  entre 
-toutes  les  membranes ,  et  sur-tout  entre  les  membranes 
muqueuses  et  la  peau ,  ne  semblerait-elle  pas  confirmer 
ce  rapprochement?  C’est  une  simple  hypothèse  que  je 
soumets  aux  réflexions  des  physiologistes. 

Observation  d’une  altération  de  la  racine  d’une  dent 
canine ,  présentant  ■  les  caractères  extérieurs  de  la 
maladie  des  os  connue  sous  le  nom  de  spina  ventosa  , 
précédée  de  quelques  Considérations  générales  sur  la 
physiologie  dentaire;  par  i.  E.  Oudet  ,  chirurgien- 
dentiste. 

L’Étude  des  dents  semble  avoir,  depuis  quelque  temps 


ET  OBSERVATIONS.  34l 

sur-tout,  fixé  d’une  manière  particulière  l’intérêt  et  l’at¬ 
tention  des  anatomistes.  Tour-à-tour  rangées  dans  le  sys-  . 
tème  osseux  ou  regardées  pomme  entièrement  étrangères 
à  ce  système,  ellés  ont  été  présentées  diversement,  selon 
l’opinion  qu’on  s’en  est  formée.  Ce  n’est  point  que  chaque  : 
auteur  n’ait  cru  pouvoir  réclamer  en  sa  faveur  l’autorité 
des  faits.  Ges  organes,  en  effet,  ont  été  l’objet  de  re-  > 
cherches  multipliées  ;  on  les  a  étudiés  et  suivis  dans  l’é-  1 
chelle  immense  desêtres  organisés  ,  et  on  a  tenu  un  compte 
exact  des  dispositions  diverses  qu’elles  y  affectent.  De  ; 
plus  ,  des  expériences  variées  ont  été  faites  sur  les  ani-  ■ 
maux  et  ont  donné  lieu  à  des  résultats  plus  ou  moins 
importans. 

Tous  ces  travaux,  dans  lesquels  le  zèle  et  la  patience  > 
des  savans  paraissent  s’être  épuisés ,  ont  sans  doute  déjà  ' 
fourni  des  lumières  précieuses  pour  la  science  et  pré¬ 
parent,  nous  l’espérons ,  des  applications  utiles  pour  l’art. 
Mais  si  on  les  examine  avec  attention,  on  ne  peut  s’em-: 
pêcher  de  reconnaître  qu’une  idée  trop,  exclusive  les  à 
souvent  dominés  et  dirigés.  Qu’ont  eu  en  vue  la  plupart' 
des  auteurs  qui  s’en  sont  occupés?  Ils  ont  cherché,  les» 
uns  à  prouver  que  la  substance  dure  des  dents  ressemblait 
h  celle  des  os,  les  autres,  qu’elle  en  différait  essentielle-; 
ment.  Établissant  ainsi  tacitement  ,  comme  une  chose 
parfaitement  connue,  le  mode  de  composition  des  os,  ils 
lui  ont  comparé  la  structure  des  dents. 

Dans  cet  état,  les  os  étant  considérés  comme  le  point 
connu  de  la  question ,  les  dents  en  ont  formé  l’inconnu , 
et  dès-lors  c’est  par  les  idées  qu’on  s’est  faites  dès,  pre¬ 
miers  ,  que  l’on  a  cherché  à  déterminer  la  nature  de  ces. 
dernières.  Nous  ne  saurions  partager  cette  opinion  ,  qpe 
nous  croyons  nuisible  aux  progrès  de  la  physiologie  den¬ 
taire.  Nous  le  demanderons  aux  anatomistes  les  plus  re¬ 
commandables  :  les  procédés  que  la  nature  emploie  dans 


342  iiiiMorniiS 

la  formation  et  le  dàveloppepaent  des  os  ,  sont-ils  même 
aujourd’hui  telleinent  évidens.  quUls  doivent  être  regar¬ 
dés  comme  un  fait  d’une  vérité  incontestable?  Tous  les 
doutes  qui  existaient  sur  ce  sujet  sont-ils  donc  entière-, 
ment  dissipés?  Tous  les  auteurs  s’accordent-ils  ensemble 
pour  les  mêmes  expériences  pratiquées  sur  le  système 
osseux,  et  tous  'en  déduisent-ils  des  conséquences  sem¬ 
blables? 

D’un  autre  côté,  tout  est  obscur,  nous  dit-on,  dans 
l’histoire  des  dents,  et  .{es  idées  qu’on  en  a  conçues  sont 
encore  incertaines.  Sans  doute,  il  est  des  points  de  là 
physiologie  dentaire  qui.  ont  besoin  d’être  de  nouveau 
examinés;  mais  que  l’on  consulte  les  recherches  qui  ont 
été  entreprises  sur  elle,  par  un  grand  nombre  de  méde¬ 
cins,  tant  nationaux  qu’étrangers,  et  l’on  pourra  se  con¬ 
vaincre  que  tous  ceux  qui  n’ont  été  guidés  que  par,  l’ob¬ 
servation  fidèle  et  rigoureuse  des. faits,  sont  presque  eO’- 
tièreinent  d’accord,  sur  les  actes  principaux  de  la  denti¬ 
tion.  Je  pourrais  même  a  jouterque  si  quelques  dissidences 
existent  encore  parmi  eux ,  i)  est  à  présumer  qu’elles  ont 
eupquc ..cause  le  sujet  qui  m’occupe  en  ce,  moment. 

■Plus  accessibles  à  nos  sens  ,  les  dents  peuvent  être  plus, 
aisément  étudiées.  :  La  variété- qu’elles  offrent  dans;  leur 
composition  chez  les  divers  êtres  vivans  ,  permet  au 
physiologiste  de  les  observer  d’abord. chez  ceux  où  l’orga¬ 
nisation ,  réduite  à  ses  premiers  élémens  ,  s’enveloppant 
de  phénomènes  moins  compliqués  et  moins  difficiles  à 
saisir  ,  lui  donne  la  facilité  de  suivre  pour  ainsi.diré  de  ses 
yeux  le  travail  de  leur  production  et  . de.  leur  accroisse-, 
ment.  Il  peut  même ,  chez  beaucoup  d!animaux  ,  faisait 
concourir  à  jSes  recherches,  le  secours  si  précieux  des  qx-, 
périenecs  ,  éxcitpr,  troubler,  détruire  ou,  faire  renouvelpr 
à  son  gré  entièrement  ce  travail,  et  dans  les  phénomènes 
qu’il  a  suspités ,  ou  les  désordres  qu’il  a  produits ,  p.uiser 
de  nouvelles  lumières. 


ET  OBSERVATIONS.  543 

Procédant  ensuite  de  la  çonnaissanpe  de  ces  faits  les 
plus  simples,  à  l’examep  des  faits  les  plus  composés,  il 
arrive  de  cette  manière  à  ceux-çi  par  une  marp|ie  pro  ■ 
gressive  et- rationnelle.  Alors  il  ne  tarde  pas  à  s’apercevoir 
que  les  phénomènes  qui  d’abord  lui  étaient  apparens  s’ob-. 
scurcissent  à  mesure  qu’ils  se  compliquent.  Mais  dans  les 
diiBcuUés  qu’ici  il  y  aura  :à  . surmonter  ;  , quel  avantage  ne 
possède-t-il  pas ,  puisque  la  nature ,  dans  les  premières 
productions  qu’elle  lui  a  offertes semble  lui  avoir  permis 
de  soulever  le  voile  qui  couvrait: le  secret  de  l’une  ;de  ses 
opérations.  Il  ne  lui  reste  xièsTlors  plus  qu’à  s’attacher  à 
Lien  observer  les  faits. nouveaux  qu’il  reocontre  ,  à  appré¬ 
cier  les  causes  de  leur  différence  et  de  leur  _compljcatiqo> 
et  à- former  enfm  le  lieu  qui  doit  les  réunir- et  les  confondre 
dans  un  seul  et  même  système.  Telle  est  la  marcJie  à 
suivre  pour  arriver  à  une  connaissance  complète  et,  cer¬ 
taine  de  là  nature  des  dents  ;  tel  est,;  je  me  fais  plaisir  et 
reconnaissance  à  le  dite ,  le  tableau  des  travaux  qui  ont 
été  entrepris  par  plusieurs  savans  sur  la  physiologie  den¬ 
taire,  et  qui,  après  avoir  déjà  tant  oontribué  à  ses  pro  ^ 
grès ,  nous  permettent  de  concevoir  encore  .de  justes  es¬ 
pérances. 

■  Npus'  avons  voulu  démontrer  succincttemont ,  par  ces 
considérations  générales ,  .que  les  actes  idivers  qui  se^pas* 
sent  dans  le  .système  osseux  aux  différentes  époqftes  . de.  s, oa 
développement  étant  enepre  pour  les  anatomistes  wn-aejct 
de  discussion  ,  les  idées  variées  que  chacun- dèsdors  peut 
s’eu  former,,  ne  sauraient  être  comparées  , m  appliquées  nmf 
dents ,  dont  la  nature  nous,  paraît  mieux  connue  qu  nous 
semble  au  moins  plus  facile  et  :plus  près  de  l’être  t.qu’ainsi 
c’était  procéder  d’une manière  vicieuse, que, ffe  se. deman¬ 
der  si  les  dents  sont  des  os ,  et  que  cette  dernièreiprqpo- 
sit-iou  renversée  conviendrait- peut-être  mieux  à  l’état  ac¬ 
tuel  de  nos  connaissances.  ' 


544  MÉMOIRES 

D’après  cela ,  nous  pensons  que  jusqu’à  ce  que  de  nou¬ 
velles  observations  aient  entièrement  résolu  cette  question, 
la  physiologie  dentaire  doit  marcher  isolément  et  n’être 
soumise  ni  influencée  par  aucune  théorie  qui  lui  serait 
étrangère. 

Toutefois ,  et  nous  l’avons  omis  à  dessein,  on  ne  pour¬ 
rait  trop  s’attacher  à  l’observation  des  diverses  altérations 
des  dents  ;  car  si  la  connaissance  de  la  structure  des  di¬ 
verses  parties  de  notre  économie  doit  précéder  et  éclairer 
l’histoire  de  leurs  maladies ,  celles-ci  à  leur  tour  sont  sus¬ 
ceptibles  de  lui  fournir  des  lumières  très-utiles.  Ce  n’est 
souvent  en  effet  que  par  le  développement  qu’elles  im¬ 
priment  anx  phénomènes  organiques  de  nos  tissus ,  que 
nous  parvenons  à  saisir  et  à  reconnaître  ce  qui,  dans  l’état 
dé  santé ,  échappait  à  nos  sens.  Qui  ne  sait  que  l’inflam- 
malion ,  bien  mieux  que  nos  injections  même  les  plus 
délicates ,  nous  a  plus  d’une  fois  montré  l’existence  de 
vaisseaux  là  où  ces  moyens  dè  l’art  n’avaient  pu  pénétrer  ? 
Il  n’est  pas  jusqu’à  la  douleur,  qui,  interrogée  dans  les 
divers  appareils,  ne  nous  fasse  connaître  un  dés  élémens 
de  leur  composition. 

Parmi  les  altérations  des  dents,  une  des  plus  rares  est 
celle  que  quelques  auteurs  ont  comparée  à  la  maladie  des 
ôs  connue  sous  le  nom  de  spina-ventosa.  Omise  dans  là 
plupart  des  Traités  de  chirurgie  dentaire ,  elle  a  d’abord 
été  signalée  et  décrite  avec  beaucoup  d’exactitude  et  dè. 
discernement  par  J.  HunterjFox,  après  lui,  en  a  parlé 
comme  d’une  maladie  qu’il  avait  rencontrée  plusieurs  fois 
dans  sa  pratique  ;  mais  les  deux  exemples  qu’il  en  a  fait 
graver  dans  son  ouvragé ,  différant  du  cas  assez  extraordi¬ 
naire  que  nous  avons  observé  ,  nous  croyons  utile  de  lé 
rapporter. 

«  Il  y  a  près  de  trois  ans  qu’une  jeune  personne  de  dix- 
huit  à  vingt  ans  ,  habitant  les  environs  de  Paris  et  portant 


ET  observations»  545 

les  signes  extérieurs  d’une  bonne  santé ,  vint  me  consulter 
pour  une  dent  qui ,  depuis  plusieurs  années,  lui  faisait 
éprouver -par  intervalles  des  douleurs  très- vives.  Après 
avoir  examiné  la  bouche  de  cette  personne ,  je  reconnus 
que  toutes  .  les  dents  étaient  parfaitement  saines ,  seule¬ 
ment  je  remarquai  que  la  gencive  qui  répondait  à  la  canine 
gauche  supérieure  dont  elle  se. plaignait,  était  soulevée  , 
rouge ,  douloureuse  et  percée  de  deux  ou  trois  points  fis- 
tuleux  qui  s’étaient  établis,  à  la  suite  de  plusieurs  fluxions 
qu’elle  avait  eues.  La  dent  n’offraitexlérieurement  aucune 
altération,  elle  était  seulement  ébranlée  et  sensible  soüs 
la  pression  du  doigt. 

»  D’après,  cet  examen  et  le  récit  des  cipçonstan.ces  qui 
l’avaient  précédé  ,  je  me  déterminai  h  pratiquer  l’extrac¬ 
tion  de  la  dent.  L’opération  fut  facile  et  n’pfiril  rien  de 
particulier  ,  si  ce  n’est  qu’une  petite  portion  de  l’une  des 
parois  de  la  racine  s’écrasa  sous  la,pression  de  l’instru¬ 
ment,  qui , l’entraîna  avec  lui  au  dehors.  :  ;  ■ 

»  Cette  dent ,  extraite ,  m’offrit  une  altération  à  laquelle 
j’étais  bien  loin  de  m’attendre;  d’abord,  quoique  un  peu 
irrégulière  par  la  couronne  et  surtout  par  la  racine,  sa 
conformation  générale  et  la  place  qu’elle  occupait  dans 
la  bouche  suffirent  pour  me  la  faire  reconnaître  pour  une 
càni'ne  temporaire  et  permaherite’  (celle  du  côté  droit 
manquait ,  autant  que  je  puis  ine  le  rappeler)  .  ' 

»  La  longueur  totale  de  cette  dent  est  de  huit  lignés,'  la 
couronne vipetite,  conique  ,  ressemble  assez  bien  à  celle 
de  la  plupart  des  . dents.  surnumérâires.  La  racine'préh 
sénte  un  , volume  très-considérable ,  et  a  la  fortné.  d’iln 
;  ovoïde  ereux!  dont  la  grosse  extrémité  répondrait  enffiaut. 
Les  parplsiquida  forment,  très-minces ,  n’ont,  dans  beau¬ 
coup  .dei  points  i  de  leur  étendue  ,  que  l’épaisseur  d’une 
feuille  despapier  ;  leur  surface;  externe  est  rugueuse  ,  irré¬ 
gulière,  ét  ne,  montre  aucune  trace  distincte  de  rorificc 


34(>  M  ÈTtt  O’m'E  S 

dü  caîial  dentaire.  La  face  interne 'est -lisse  et  polie;  on  y 
aperçoit  quelques  lignes  circulaires  qui  répondent  à  la  ter¬ 
minaison  des  coüches  dont  cette  partie  de  la  dent  est  for¬ 
mée.  La  cavité  de  la  racine  est  très-spacieUse  ;  sa  forme 
est  celle  d’un  cône dont  la  baseséraît  dirigée  en  haut ,  et  le 
sommet 's’appuierait  sur  la  Couronne  en  pénétrant  assez 
dans  son  intérieur.  Le  diamètre  vertical  de  cette  cavité 
avant  est  de  cinq  lignes  et  demie;  le  transversal  a  cinq 
lignes  d’étendue'vers  l’extrémilé  de  la  caeine,  et  décroît 
sensiblement  à  mesùre  qu’on  robserve  plusprès  de  la  cou¬ 
ronne.  » 

Telle  est  la  description  de  cette  pièce  dans  laquelle  ôn 
peut  reconnaître  les  caractères  extérieurs  de  la  imaladie 
des  Os  désignée  Soùs  le  nom  de  spina-ventosa.  Préférant 
en  ce  moment  nne  Observation  positive  à  une  explication 
peut-être  incertaine ,  nous  nous  'bornerons  à  présenter 
cette  dent  comme  ofTraïit  un  dè'Cfes'Cas  'singuliers  qui 
nous  paraissent  dignes  de 'fixer  d’atténtion  du  savant  él  du 
praticien  ,5et  qui,:  réüiiis  S  d’autres  .pourront  sans  doute 
tin  ijdUr  concourir  'à  répandre  quelques  lumières  sur  la 
nature  dés  aîtéra'tionsdé  l’appareil  dentaire. 


Secmd  Mérmire  sur  .l’Iiîstoire  du  dévelappement  du 
poulet  dans  l’œuf  ;  ..par  le  docteur  {Commu¬ 

niqué,  par  le  docteur  zBjœscHBT.) 
g.  1.'*  Quand  on  veut  considérerde  développement  du 
poulet  dans  Pœuf,  11  convient  sans  doute  de  donner  ime 
description  exacte  de  l’œuf  avant  l’incubation,  pourpou- 
voir  ibien  saisir  ensuite  lès  ^  changemens  ^  qui  surviennent 
-par  Tincubation.  Il  y  *  a  des  parties  :  de  l’œuf  qui  ne  pren¬ 
nent  presqu^aucunepart  au  développemént  du  fœtus  ,  et 
-qui ,  quand  le  poulet  sort  de  l’œuf  ;  iconserveat  la  même 
attîtudect -restent  dans-  le  nid  vidé  comme  des  résidus 


ET  OBSEEVATIOKS.  ,  54y 

morts.  Il  y  en  a,  d’autres,  dont  les  métajnorphoses  sont 
en  rapport  întin^e  avec,  celle  du  poulet  même  ,  éi qui  coo¬ 
pèrent  à  la  formâtîon.  de  l’embryon ,  çbacüpe  h  sa  ma¬ 
nière,  tantôt  plus  ,  tantôt  moins.  — ^Les  prém,ièrcs  sont , 
en  quelque  sorte,  les  parties  non-essentielles  de  l’oeuf;  les 
autres  sont  les  parties  essentielles.  Yicq-d’Azyr  appel,le  lès 
premières ,  parties  et  les  dernières,  piarties 

enveloppées.  '  -  .  .  •  , 

Les  parties  contenantes  de  l’œuf,  dont  dépend  immé¬ 
diatement  sa  forme  ,  sont  la  coque  et  sa  membrane  : 
la  cdqüille  est  duré  ,  facilè  à  casser,  ét  très-poreuse.  Les 
porès  permettent  l’entrée  de  l’air  extérièur besoin  prin¬ 
cipal  de  l’incubation  ,  de  même  que  l’évapOrâlidn  de 
l’albumen  de  l’oeuf.  —  Dans  l’utérus ,  cette  coque  se  mon¬ 
tre  encore  “très-tendre ,  si  le  séjour  de  l’téuf  ïi’y  a  pas  été 
de  ,  longue  durée  ^  et  dans  l’draire  elle  est  ençciré  mem¬ 
braneuse  ,  ’sé  dis  tinguant  seulement  par  une  grande  côbé- 
rence  et  par  son  épaisseur.  îci  ellè  èüvirônne  lë  jaune  im¬ 
médiatement  ,  et  imité ,  par'  conséiqùënt ,  sa  forme  glpbù' 
leuse  ;  mais  elle  là  perd  peu4-péU  éh  partie  dans  l’ovi- 
ductùs ,  én  partie  dans  l’tttérUs"  j.  par  le  blanc  qui  vient  se 
poser  enti'd  elle  et  le  jaune’,  s’éloigne  de  plus 'eh  plus  ,du 
vitëilüs  enveloppé  ,  eLprend^  à  ïé  fin  la’  formé  ôvàlaîre. 
G’est  seulemenbdans  1  ’ütérbs  que  les  parties  terreuses  vien¬ 
nent  sé  joindre  à  Cette  ffiembfàné',  'i^ten  font  ^ainsî  Une 
espèce  dé  boulevard  pOür  téüt'l’(Eüf,’*dans  la  forme  et  la 
niasse  connues  de  la  coque  de  l*cèuf. 

Il  y  a  des  exceptions  singulières  qui  démontrent  q.ue  la 
fornaationde  cette  coque  dure  ptoviéht  d*une  niembrane  ; 
savoir,  lorsque  tous  les  œufs  d’une  pbulé  ,  sur-tôut  quand 
onia  tient  toujours  rentemiée ,  ont  pour  tégument  extérieur 
une  membrane  semblable  à  celle  de  l’oéufdàns  rovaire, 
laquelle  manque  encore  dès  parties  calcaires ,  et  telle 
qu’çlle  se  montre  enfin  quand  les  parties  terreuses  qnt  été 
"  aS..  ' 


348  MÉMOIEIiS 

décomposées  par  quelque  acide  étendu.  La  paroi  inté¬ 
rieure  de  cette  coque  est  tapissée  immédiatement  par  une 
membrane  blanche,  tenace,  distinctement  divisible  en 
plusieurs  feuillets,  dont  la  lamelle  inférieure  s’est  ordi¬ 
nairement  séparée  des  autres  sous-jacentés  ,  à  l’extré¬ 
mité  obtuse  de  l’œuf,  et  laisse  entr’elles  un  espace  rempli 
d’air,  dont  la  quantité  varie  selon  l’âge  de  l’œuf.  Cet  es¬ 
pace  est  d’autant  plus  petit .  que  l’œuf  est  plus  jeune. 
Cet  espace  aérien  n’existe  pas  dans  les  oeufs  qui  sont  en¬ 
core  renfermés  dans  l’utérus  de  la  poule;  il  est  .à  peine 
perceptible  dans  les  œufs  frais  ,  et  ne  se  forme  que  par 
l’évaporation  d’une  partie  de  l’albumine.  La  surface  exté¬ 
rieure  de  la  membrane  de  la  coque  est  étroitement  unie 
avec  cette  coque;  elle  est  rugueuse  et  d’un  blanc  éclatant , 
tandis  qu’à  sa  face  interne  elle  est  lisse  et  moins  blanche. 
Les  parties  essentielles  ou  67iveloppées  ,  sont  le  blanc- 
ci’ œuf ,  la  membrane  du  jaune  avec  ses  anneaies  ,  ,\c 
jaune  ou.  partie  centrale ,  avec  sa  cicatricule. 

Le  blanc  se  partage  manifestement  en  deux  parties 
qui  se  distinguent  par  leur  masse  ,  leur  consistance  ,  et 
leur,  peu  d’affinité  chimique  réciproque  ;  l’extérieur,  très- 
fluide  ,  se  trouve  en  plus  ou  moins  grande  quantité  dans 
chaque  œuf;  suivant  l’âge  de  l’œuf;  l’espace  del’airau  gros 
bout  de  l’œuf  étant  tantôt  plus  grand ,  tantôt  plus  petit. 
Il  enveloppe  le  blanc  intérieur ,  comme  une  couche  mince , 
et  s’écoule  facilement  quand  l’œuf  est  ouvert ,  tandis  que 
l’autre ,  réuni  avec  le  jaune ,  reste. 

Le  deuxième  blanc ,  ou  l’intérieur ,  est  épais ,  coriace; 
cl^ir  comme  du  crystal ,  conserve  presque  sa  forme  ellip¬ 
tique  ,  quand  on  ouvre  l’œuf  sous  l’eau.  Il  est  presqu’en- 
tièrement  enveloppé  par  le  premier ,  et  n’est  uni  imnaé- 
diatement  avec  la  coque  qu’à  la  pointe  de  l’œuf,  par  un 
prolongement  de  sa  propre  substance  ,,  lequel  a  été  décrit 
et  dessiné  pour  la  première  fois  par  Tredcrn ,  qui  lui  a 


ET  OBSEEVATIONS,  ,  54.9 

donné  à  lort  le  nom  de  ligamentum  albuminis.  ïredern 
n’enlcnd  pas  désigner  par  ce  mot  un  véritable  ligament, 
mais  cette  dénomination  a  porté  ses  successeurs  b  attri¬ 
buer  une  membrane  au  blanc  intérieur  ,  et  à  faire  naître 
de  cette  membrane  le  prolongement  de  celui-ci. 

Dans  l’intérieur  de  ce  blanc ,  nage  le  jaune  enveloppé 
de  sa  propre  membrane.  Dans  l’ovaire,  le  vitcllus  était 
immédiatement  sous  la  coque  ;  maintenant  les  blancs  se 
sont  interposés  et  les  ont  séparés.  Le  vitellus  avait  anté¬ 
rieurement  son  point  d’appui  sur  la  coque  ;  à  présent  le 
deuxième  blanc  lui  assure  une  situation  fixe  ;  mais  les 
traces  de  la  séparation  de  la  membrane  de  la  coque ,  ‘ opé¬ 
rée  par  l’interposition  insensible  du  blanc ,  se  retrouvent 
dans  les  chalazesqui  sont  restés  /et  qui  .  comme  les  diver¬ 
ticules  de  l’allantoïde,  sont  deux  cordons  formés  de  la 
substance  de  la  membrane  du  jaune  ,  détachés  par  le 
blanc ,  et  roulés  sur  eux-mêmes  ,  près  de  mourir ,  et ,  par 
Conséquent,  faciles  à  ôter  de  leur  membrane  à  laquéllé  ils 
tiennent  et  dont  ils  sont  des  prolongemens.  Ils  sont  situés 
vers  les  deux  pôles  de  l’œuf,  sans  leur  répondre  entière¬ 
ment,  et  sont  réunis  par  une  ceinture  ligamenteuse  qui 
partage  le  vitellus  en  deux  parties  inégales ,  comme  de  80 
à  100  (  peut-être  aussi,  un  reste  de  la  séparation  du  jaune 
d’avec  la  membrane  do  la  coque  ) .  Ils  sont  enveloppés 
immédiatement  d’une  partie. du  blanc',  qui  tient  étroite¬ 
ment  h  eux,  et  qui  est  appelé  pour  cela,  par'quelqüos- 
ùns ,  le  troisième  blanc.  '  /  ' 

La  membrane  du.  jaune  représente  une  membrane  claire , 
t'ransjiarente ,  homogène  ;  seulement  à  l’endroit  où  elle  se 
trouve  au-dessus  de  la  cicatriculo  ,’elle  est  marquée  par 
une  trace  plus  claire,  plus  mince  ,  répondant  à  la  gran¬ 
deur  de  celle-lh.  Sous  cette  membrane  se  trouve  la  cicatri- 
cule  (la partie  la  plus  remarquable  de  tout  l’œuf) ,  -foéidée 
de  deux  parties  faciles  à'  distinguer,  dont  l’iine  est  pion- 


5^0  jiiiio'ir.És 

gée  dans  le  jaune  ,  l’a'ütre  situ&  sur  sa  surface  comme 
une  couche. 

Sous  la  place  transparente  de  la  membrane  du  jaune 
brille  la  cicatricule  conime  une  tache  circulaire  ,  de  deux 
lignes  de  diamètre  ,  dont  le  bord  externe  est  plus  clair  et 
plus  blanc  que  le  reste  ,  et  dans  le  milieu  duquel  on  dis¬ 
tingue  un  point  blanc  qui  sé  fait  remarquer  par  sa  clarté. 
Pour  mieux  examiner  la  dlsposîtîoh  de  cette  tache  ronde, 
il  faut  dépouiller  le  jaune  dé  sa  membrane  ;  alors  là  tache 
SC  présente  comme  un  disque  d’une  continuité  lâche  , 
lequel  peut  facilement,  au  moyen  d’un  scalpel,  ètrè  dé¬ 
taché  par  le  bord  d’avec  le  blanc  sous-jacéiit  ;  mais  au  mi¬ 
lieu  oü  se  voyait  le  point  blanc  ,  ce  dlsquè  est  un!  plus 
intimement  à  l’albumine  située  sous  lui ,  et  jl  ne  sé  mon¬ 
tre  le  plus  souvent  détaché  que  lorsque  la  dernière  a  été 
déchirée.  Le  microscope  nous  moqtre  d’une  manière  dis¬ 
tincte ,  que  ce  ,disque  est  formé  d’une  réunion  de  petits 
globules,  d’un  blanc  grisâtre. 

Le  point  blanc  que  nous  aperçûmes  à  la  première  vue 
au  centre  de  ce  disque  ,  et  qui  se  déchirait  lorsqu’on  sé¬ 
parait  le  disque  du  jaune,  représente,  après  avoir  été  dé¬ 
taché  avec  beaucoup  de  soin ,  une  petite  masse  présque 
ronde  ,  composée  de  granulations  blanchâtres.  Cette  pe¬ 
tite  masse  est  vraisemblâblément  (si  toutefois  sa  forme  et 
sa  situation  permettent  d’en  juger) ,  ce  qui  représente  la 
cicatricule  dans  les  œufs  qui  ne  peuvent  pas  être  couvés  , 
et  dans  lesquels  le  disque  manque  entièrement.  La  cica- 
tricuie  se  compose  donc  de  deux  parties  très-distinctes, 
tant  par  îa  forme  que  par  la  daculté  de  se  développer , 
comme  nous  le  verrons  plus  tard  ,  savoir  ,  du  disque  cir  - 
culairè  ,  dans  lequel  et  duquel  se  forme  le  fœtus  ,  et  que 
l’oBi  appelle ,  avec  raison ,  meinbrane-du-germe  ,  blasto- 
g.errn6  j^^eimhaut)  ;  et  eh  second  lieu  ,  de  la  petite  masse 
blanchâtre  sous  cette  membrane-du-germe  ,  qui  subit  sa 


ET  OBSBBVATIOl^S.  35l 

propre  métamorphose ,  corame  toutes  les  parties  contenues 
de  l’œuf,  et  que  nous  nommerons  ,  par  la  suite ,  le  noyau, 
de  la  cicatricule,  (  Hahnenlrilt  )., 

§.  II.  L’œuf  étant  exposé  à  une  chaleur  de  52“  R.  , 
qui  correspond  à  celle  des  oiseaux ,  il  se  fait  en  lui ,  ou 
plutôt  dans  chacune  de  ses  parties  essentielles ,  mais  qui 
se  rapportent  toutes  plus  ou  moins  au  blastoderme  ,  une 
métamorphose  particulière. 

Le  blastoderme ,  qui ,  à  la  huitième  heure ,  comme 
avant  l’incubation,  reste  sur  le  jaune  dépouillé  de  sa 
membrane  ,  se  sépare  facilement  sous  l’eau,  du  noya'u 
sous-jacent  de  la  cicatricule.  Son  étendue  est  peu  aug¬ 
mentée  ,  mais  dans  son  centre  il  se  montre  un  petit  point 
clair ,  transparent ,  entouré  d’un  bord  blanchâtre ,  sem¬ 
blable  à  la  masse  du  reste  du  blastoderme.  C’est  alors  que 
l’accroissement  du  blastoderme  fait  des  progrès  rapides;  à 
la  douzième  heure,  elle  a  atteint  un  diamètre  de  quatre  à 
cinq  lignes,  et  ne  reste  plus,  comme  auparavant,  attaché 
au  noyau  de  la  cicatricule ,  mais ,  eu  quelques  heures ,  elle 
suit  le  segment  détaché  de  la  membrane  du  jaune,  ce- 
qui  fait  qu’on  voit  alors  à  découvert ,  après  l’enlèvement 
de  la  membrane  ,  le  noyau  qu’elle  recouvrait.  En  plon¬ 
geant  la  membrane  du  jaune  dans  l’eau  ,  on  peut  alors , 
avec  un  scalpel  ,  séparer  facilement  la  membrane  du 
jaune  d’avec  le  blastoderme ,  de  sorte  que  ce  dernier  peut 
être  soumis  isolément  à  un  examen  particulier. 

§.  IIL  Nous  avonsvudans  l’œuf  non  couvé  le  blastoderme 
composé  d’une  couche  simple  de  granulations  continues  : 
soumis  à  la  chaleur  de  l’incubation  ,  il  ne  reste  pas  long¬ 
temps  à  cet  état  simple;  il  se  forme  à. sa  face  externe  , 
qui  est  tournée  vers  la  coque  ou  qui  est  contiguë  à  la  mem¬ 
brane  du  jaune  placée  sur  lui ,  une  nouvelle  cpuche  très- 
délicate  ,  mais  dense ,  non  composée  de  granulations  pussi 
distinctes ,  mais  plus  homogènes ,  laquelle  parait  s’éleudce 


552  MÉJIOIKES 

du  centre  du  premier  disque  vers  sa  périphérie,  comme 
nous  pouvons  le  croire  d’après  l’existence  d’un  petit  point 
blanc  à  la  huitième  heure.  —  Vers  la  douzième  heure ,  le 
blastoderme  consiste  en  deux  petites  lames  entièrement 
différentes  ;  une  interne ,  pl  us  épaisse ,  granuleuse ,  opaque , 
et  une  autre  extérieure ,  plus  mince  ,  unie ,  transparente  , 
à  laquelle  nous  donnons  ,  pour  mieux  la  préciser  et  pour 
mieux  indiquer  son  développement ,  le  nom  de  feuillet 
séreux,  et  à  la  première  celai  de  feuillet  muqueux.  Nous 
rappellerons  que  ces  deux  couches  d’une  membrane  ne 
doivent  pas  être  confondues  avecles  membranes  intérieure 
et  extérieure  du  jaune  de  Wolff,  qui  leur  applique  quel¬ 
quefois  le  nom  de  couches  ,  vu  que  nous  parlons  ici  d’une 
chose  que  Wolff  n’a  fait  que  soupçonner ,  et  que  Haller 
n’a  fait  qu’entrevoir.  ^ 

Veut-on  séparer  les  deux  couches  du  blastoderme  ?  il 
faut  laisser  tremper  dans  Teau  toute  la  membrane  entière  , 
de  douze  à  vingt-quatre  heures  ,  après  quoi  elle  se  sépare 
d’elle-même;  cette'séparatioh  s’opère  en  employant  quel¬ 
que  précaution ,  ce  qui  devient  d’autant  plus  facile ,  que  le 
développement  a  fait  plus  de  progrès.  Dans  les  premiers 
temps  les  deux  feuillets  non-seulement  ne  se  séparent  que 
difficilement ,  mais  on  a  même  le  désagrément  de  voir  la 
couche  muqueuse  se  fondre  très-aisément. 

Il  n’est  pas  rare  de  voir  paraître  sur  le  bord  du  blasto¬ 
derme  quelques  petites  vésicules  ,  ou  petites  ouvertures 
régulières  et  rondes  ,  lesquelles  sont  poussées  de  plus  en 
plus  en  dehors  ;  le  blastoderme  s’accroît  à  mesure.  Mais 
comme  il  s’étend  encore  au-delà  de  ces  petits  trous , 
nous  en  concluons,  sans  connaître  au  reste  leur  desti- 
nali6ii,'que  le  blastoderme  s’accroît  de  deux  manières; 
l’une  en  s’étendant  de  dedans  en  dehors  ,  l’autre  en 
ce  qu’il  vient  toujours  de  plus  en  plus  de  substance  se 
déposer  à  son  bord. 


lîT  OBSjpnVATIONS.  353 

C’est  sur  la  formation  du  blastoderme  ,  qu’est  fondé 
l’entier  développement  du  poulet  dans  l’œuf,  lequel ,  con¬ 
tinuant  sans  s’arrêter ,  ne  se  rapporte  plus  qu’à  celui-là  ; 
cat  tout  ce  qui  pourra  se  faire  de  remarquable  dans  la 
suite ,  ne  devra  être  regardé  que  comme  une  métamor¬ 
phose  de  cette  membrane ,  douée  d’un  fonds  inépuisable 
d’impulsion  organique  {nisus  formativus)  ;  c’est  d’elle 
que  part  la  vie ,  en  rayonnant  dans  toutes  les  directions. 

Toutes  les  parties  de  l’animal  vivant  se  développant  du 
blastoderme ,  elles  peuvent  être  ramenées  à  deux  circon¬ 
stances  :  ou  c’est  sur  le  blastoderme  que  se  développent 
les  germes  importans  du  système  sanguin  et  nerveux  ; 
systèmes  par  lesquels  l’acte  vital  en  s’individualisant 
doit  être  continué  ,  ou  il  formé  à  lui  seul  le  corps  et  les 
intestins  de  l’animal ,  au  moyen  du  simple  mécanisme  des 
plissemens  qu’il  présente.  Un  filamènt  délicat  vient  s’y 
attacher  comme  moelle  épinière  et  à  peine  cela  est-il 
fait ,  que  les  premiers  plis  se  forment  et  déterminent 
ainsi  la  membrane  de  la  moelle  épinière  ;  et  ces  plis ,  servant 
d’enveloppe  à  ce  fdament  précieux ,  deviennent  les  pre¬ 
miers  fondemens  du  corps.  Après  cela  il  se  forme, d’au¬ 
tres  plis  qui ,  disposés  en  sens  contraires  aux  premiers  , 
produiront  les  cavités  abdominale  et  thoracique ,  ainsi 
que  leurs  viscères.  Lé  blastoderme  envoie ,  en  troisième 
lieu ,  des  plis  pour  former  des  enveloppes  convenables  au 
fœtus.  Il  ne  paraîtra  donc  pas  étrange  d’entendre  si  sou¬ 
vent  dans  le  cours  de  ce  Mémoire ,  parler  de  tous  les 
plis  et  enveloppes. 

§.  IV.  Le  feuillet  muqueux  du  blastoderme  subit  de 
bonne  heure  un  changement  particulier.  Ses  granulations 
se  retirent  du  milieu  vers  le  bord  externe  ,  et  y  laissent  là 
une  place  ronde  ,  plus  claire,  où  le  feuillet  muqueux  est 
extrêmement  aminci  et  transparent ,  comme  le  feuillet 
séreux  qui  est  placé  au-dessus.  Nous  appellerons  cette 


554  MÉiUOIBES 

placé  ,  avec  WolfF,  Vairo  tran&parente ,  ou  aire  du 
germe  >  puisqu’elle  devient  par  la  suite  le  siège  de  Tem- 
bryon.  Cet  espace ,  primitivement  très-petit  et  circulaire , 
augmenté  rapidement  avec  l’accroissement  de  tout  le 
blastoderme  ;  il  se  montre  d’abord  sous  une  forme  ovale , 
prend ,  en  se  rétrécissant  peu-à-pea  à  son  milieu  ,  la  forme 
d’une  poire  du  d’une  massues  et  devient  enfin  vers  la 
dix-huitième  heure,  eu  prolongeant  et  en  égalisant  ses 
deux  extrémités  *  de  la  forme  d’ün  petit  biscuit. 

L’aire  du  germe ,  par  sa  Irahsparence ,  laisse  apercevoir 
soUS  lui  le  noyau  de  la  cieatricule  ,  lequel  était  d’abord 
couvert  par  le  blastoderme }  circonstance  qui  a  induit 
Malpighi  eû  erreur.  Ce  noyau  de  la  cieatricule  ;  qui  re¬ 
présentait  avant  l’incubation  une  petite  masse  de  granu¬ 
lations  blanches  i  s’est  agrandi ,  et  dans  son  milieu  on  re¬ 
marqué  un  petit  pli  déprimé  ét  entouré  du  reste  de  la 
masse  du  noydn*  Le  jaune  môme  subit  quelque  change¬ 
ment  à  l’endroit  où  se  forme  le  blastoderme.  Le  noyau  de 
la  CiCâtriéüle  Se  sépare  davantage  de  lâ  masse  jaune  dans 
laquêllteil  est  enfermé ,  et  s’en  laisse  retirer  facilement.  L’u¬ 
niformité  de  eOüléUr  de  la  masse  du  jaune  est  interrom- 
]iü‘è  à  la  sUrfacé ,  immédiatement  au-dessous  du  blasto¬ 
derme  s  par  des  cercles  {habites)  plus  clairs  ,  se  con- 
ééntrànl;,  én  quelque  feOtté ,  rers  le  noyau  de  la  cîcalri- 
cule ,  et  dont  le  nombre  aügmenie  arec  l’accroissement  du 
blastoderme,  de  sorte  qne  fers  la  douzième  heure  il  y  en 
a  deux  ou  trois,  ot  vers  la  dix-huitième ,  cinq  ou  six.  Cfes 
cercles  qui ,  à  la  première  vue ,'  se  distinguent  du  jaune , 
Jjar  leur  COtileür  plus  claire ,  consistent  en  une  altération 
OÙ  décomposition  du  jaunè  sons  le  blastoderme,  et  va¬ 
rient  beaucoup  par  leur  nombre  -,  leur  forme ,  ainsi  que 
par  le  degré  de  précision  dé  leurs  limites.  Dans  les  œufs 
(l’oié  ,  il  Vient  à  leur  place  de  petits  nuages  d’un  blanc- 
grisâtre. 


ET  obsè'rvàtions.  355 

La  métamorphosé  s’étend  alors  à'  la'  memBraiSè  dii 
Jaune  et  au  hlanc  situé  sur  la  cicàtricùlé.  Céilédà  dévîéht 
plus  claire  et  plus  transparente  à  l’endroit  qui  recoiivré 
immédiatement  la  cicàtricùlé  ;  ceïüi-cî ,  c’est-à-dire  lé 
blanc,  est  comme  repoussé  dans  l’èspàce  compris  énfrë 
l’endroit  süsditet  la  coque  dé  l’deüf,  de  sorte  que  le  blanc 
se  montré  comme  pércé  d’un  trou  cyliridriqué  aü-déssous 
de  la  cicàtricùlé.  Le  blanc  s’écartant  et  cédant  aiüshî  là 
membrane  du  jàuhé  ,  àù- dessus  de  la'  cicàtricùlé  ,  péüt 
s’approcher  immédiatement  de  ta  coque  et  s’y  appliquer  ; 
et  comme  cette  retraite  du  hlànc  auginéiite  avec  la  for¬ 
mation  progressive  de  l’embryon ,  cét  espace  s’àgràhdif  dé 
plus  eh  plus,  et  fait,' comme  rioüs  verrons  plus  tard ,  qu’il 
est  possible  que  les  meihbràhés  noüvëllémènt  formées,  OU 
mémbranespropremèrit  dites  dû  foetus,  peüyèht  louchéf  là 
coque  mSnie ,  mais  tout  autrement  que  ne  l’ont  dit  Vicq' 
d’Àzÿr  et  Léveillé.  ils  prétéhdeht  qùe  là  inetribrâne  in¬ 
terne  dé  là  coque  dévieni;  ta  inëmbràne  oinhilicàlé  6h  l’ét- 
garié  fëspiràtéiré  du  foetus. 

§.  V.  Aussitôt  que  l’aire  transparehté  à  àlteifat  la  fétihé 
lohgitudihalë  d’uhe  poiré,  il  se  montré  eh  élle  deux  petites 
raies  parallèles  et  lôngitüdinàlès  prévénaiit  d’ün  répli  du 
blàsiodermé.  Cés  ràîes  étànt  les  prèihiérs  fûdiniëns  dU 
corps  dé  l’embryon  ,  hoüs  léüf  avons  donné  lé  nônl  dé 
plis  primitifs. 

Pour  observër  ce  cômmëhcémént  dé  l’ôi^ëàû  ^üi  àè 
forme  ;  il  fciit  ëxciséf  un  segment  de  riiëjnb’ràhe  du  jàuhfe 
au-àèssus  dé  là  cicàtricùlé,  éh  faire  pârtir  dans  l’ëàù 
le  blastoderme  qui  s’ÿ  trouvé  attaché  et  les  iîièttéè  sôüs 
une  loiipé  d’un  grossissêmèht  moyen  ;  ùh  grand  gr'ôsSissë- 
méht  ne  servirait  à  rien ,  le  blasioderihé  étant  ëncbfè  égal 
dans  toute  l’aire  du  gerihe. 

Quelquefois  hoh's  avons  TÛi  àü-dessüs  de  l’extféihitë  flës 
plis  primitifs  qui  est  tourhée  vers  la  partie  làfge  tlé  l’àît'c 


556  MÉMoinEs 

transparente  du  germe ,  une  troisième  ligne  proportion¬ 
nellement  plus  grande,  en  forme  d’arc  ,  qui  se  réunissait 
ayec  les  plis.  .  . 

Peu. après  leur  naissance ,  les  deux  plis  primitifs  passent 
l’un  dans  l’autre  à  l’endroit  large  de  l’aire  du  germe  ,  en 
se  réunissant  par  un  petit  ar,c  ,  et  on  peut  distinguer  alors 
un  haut  et  un  bas ,  attendu  que  les  plis  ne  se  réunissent 
pas  dans  le  bout  opposé.  A  l’extrémité  des  deux  plis  ,  fer¬ 
mée  en  forme  d’arc ,  naît  la  tête  du  poulet  ^  et  à  l’cxlrémilé 
ouverte  paraît  la  queue. 

§.  VI.  Les  pôles  de  longitude  de  l’embryon  répondant 
au  diamètre  transversal ,  non  au  longitudinal  de  l’œuf, 
étant  formés ,  il  paraît  ensuite ,  longitudinalement  entre  les 
deux, plis,  une  strie’ délicate,  ronde  en  haut)  large  infé¬ 
rieurement,  ressemblant  à  une  lancette,  c’est  le  rudimont 
de  la  moelle  épinière. 

Bientôt  après ,  les  plis  primitifs  se  réfléchissent  en  dedans 
par  leurs  extrémités  supérieures  réunies ,  et  forment  un 
appendice  falciforme  sur  la  face  de  l’aire  du  germe  qui  est 
tournée  vers  le  jaune. 

Pendant  que  ces  deux  changemens  importans.  ont  lieu  , 
l’aire  du  germe  a  aussi  atteint  sa  forme  de  biscuit,  et  son 
développement  ultérieur  marche  progressivement  et  sans 
relâche.  Les  deux  plis  primitifs  qui  cheminaient  parallèle-, 
ment  et  séparés  sur  la  face  supérieure  du  blastoderme ,  se 
réfléchissent  (l’arc  qui  lès  réunit  étant  maintenant  dirigé 
en  bas)  en  se  roulant  autour  de  la  moelle  épinièrè ,  qui  est 
située  entre  eux,  et  lui  servent  ainsi  d’abri  et  d’enveloppe. 
Mais  ce  rapprochement  et  cette  réunion  ne  se  fait  pas  en 
une  seule  fois ,  de  sorte  que  la  moelle  épinière  serait  sou¬ 
dainement  cachée  sous  cette  enveloppe.  D’abord  les  plis 
primitifs  se  courbent  dans  toute  leur  longueur  avec  des 
ondulations,  et  de  telle  sorte,  que  chaque  dilatation  ré - 
pond  à  l’interstice  de  chaque  rudiment  do  vertèbre ,  et 


ET  OESEUVATIOIVS.  357 

chaque  rôtrécissement  au  petit  corps  quadrilatère  arrondi 
qui  lui  est  contigu;  ensuite  les  tords  de  ces  plis  s’appli¬ 
quent  l’un  contre  l’autre  au  milieu ,  et  forment  en  se  con¬ 
fondant  ensemble  une  suture  qui,  sous  la  forme  d’une 
strie  blanchâtre ,  recouvre  la  partie  de  la  nioelle  épinière 
qui  lui  est  sous-jacente.  Les  deux  plis  ne  se  réunissent  pas 
si  vîte  en  haut  et  en  bas;  en  bas,  ils  s’éloignent  l’un  de 
l’autre  sous  un  angle  aigu,  et  dans  l’interValle  se  montre 
alors  immédlateincnt  le  fil  de  la  moelle  épinière  avec  son 
extrémité  en  forme  de  lancette;  en  haut,  ils  s^écartent 
également  l’un  de  l’autre  sous  un  angle  aigu,  mais  ils 
se  rendent  l’un  à  côté  de  l’autre  jusqu’au  repli  falciforme, 
se  courbent  en  ondulations ,  et  leuTs  bords  n’étant  pas 
repliés  en  dedans,  mais  tournés  directement  en  haut,' il 
se  forme  entr’eux  une  suite  de  trois  où  quatre  espaces  ou 
cellules  ,  qui  s’agrandissent  vers  l’extrémité  céphalique  et 
sont  visiblement  bordés  par  deux  lignes  de  chaque  Coté , 
parce  que  les  deux  feuillets  dont  se  forme  chaque,  pli  pa¬ 
raissent  comme  des  lignes  à  travers  leur  bord.  Mal^ighi 
èt  ses  successeurs  donnent  à  ces  espacés  ronds  le  nom 
de  vésicules  cérébrales ,  mais  le  cerveau  ne  s’y  dëveléppo 
que  plus  tard.  ■  ,  ‘  ‘ 

Cette  recherche  sur  l’œuf  incubé  est  la  plus  diÛîcilé  de 
toutes;  car,  sans  parler  des  obstacles  qù’opposènt  à i’db- 
servâteur  les  courts  espaces  de  temps  pendant  lesquels  se 
font  ces  changemens  si  importons  ,  ‘il  faut  une  patience  et 
une  pratique  toute  particulière  pour  introduire .  à  l’époque 
où  les  plis  s’appliquent  sur  la  moëljè  épinière ,  qüi  léur 
est  sous-jacente  ,.une  aiguille  fine  entr’eux  et  celte  môëlle, 
pour. les  séparer  et  les' soulever ,  car  bientôt  ils  sô  con¬ 
fondent  tout-à-fait  et  se  perdent  en  formant  le  ddS’^de 
l’oiseau.  ’  ,  ’  '  , 

§.  VIL  A  côté  dè.  la  moelle  épinièrë  bti  ' des  plis  pri¬ 
mitifs  ,  il  se  forme  ,  vers  la  dix-huitième  ou  vingtième 


.§58  m|moib,es 

-hcuce,  des  deux  cplés ,  deux  rangées  de  taches  quadri¬ 
lla  tè^es  ou  ar,r,oudies  j  .qui  sqntdes  rudimens  des  vertèbres. 
P’.ahprd  il  s’en  montre  up  petit  nopiire  au  milieu  pour 
^es;yex,tèbres  dorsales  i  ordinairement  un  peu  plutôt ,  avant 
.«jpe  la  confusion  .des  plis  prirnitifs  ne  se  fasse  à  cet  en- 
„^roit;  ., ensuite  plusieurs  ,de,ces  taches  viennent  se  former 
en  , bas, pour  .les.  vertèbres  lombaires ,  et  enfin,  plus  tard 
en  haut  pour  les  vertèbres  ce.rvieales. 

yiJI.  Dans  le  repli  falciforme.dpnt  on  a  parlé  plus 
,  Jiaut ,  il,  s’opère  .alors  une  .métamorphose  très-reniarquable 
que  ^olff  a.  observée  .avec  upe  exactitude  qui  ne  peut 
„êJb’é,.;fPrpa^sée  ,,et,dw>'  il , a  fait, la  description  ayec  beau- 
,ç,opp„dej,cla.r,té  et; de  prolixité,; mais  dont  il  paraît  néan- 
,  mpipsnpus  aypirréseryé  l.’exacte  explication ,  en  ce  qu’elle 
.{,e,fppçle  sur  des  faits  qui  résultent  de  l’observation  la  plus 
,,ipipjptieuse  etjqui  n’étpient  pas  connus  de  Wolffrisavoir, 
qu’if , ^1®. ferm®,  ^n tr e  les  deux  fp u jl le ts  du  bips tpder me  une 
,,t;rqjsllè^e  ,n;iemb.i;3pe,ni,oyenpe ,  ;daps  laquelle  se  dévelop- 
.ipent  bes  yai^eaux,  et.  que ,  nous  pommerons  m,6mbrane 
..‘^f^çulaire,  et  sur  l’origine  de  laquelle  nous  dirons  plus 
has,  ce  qu?îl  y, a,  de  pjus  importapt.  Cette  mepabrane  vas¬ 
culaire  n’est  cependant  pas  aussi  grande  que  les  deux 
aqtrps  ; ,  sa  ilimite ,  au  contraire ,  est  déterpiinée  par  un 
(Porqle,blgi)Ç  ,^qui  partage  la  zône.obsçure  du  blastoderme 
,en  de^ijt  Piètres  ..zones, popçen  triques  ,  ,00  sor  te  que ,  quoi- 
,  qu’elle,, s’qgrundisse,  ayee  Kblastoderme  >  elle  est  toujours 
dépasp^  pur.|es,,bqr,ds  .laçgeS;  des  cfiuches, séreuse  et  .mu- 
j.qupuse.  die  ja  communauté  ,de,  çes  drp.is.  naembrapes  ré- 
,  iSpUent ,  ^es  foçmatiops  .nouyelles. 

.^i^a  jpcmbrane,yascuJ.aire.n,’ayait  pris  aucune  part  aux 
;,forma,tiops,que  B9fl®  décrire. , En  examinant  le 

fœtus  du  côté  dirigé  vers  le  jaune ,  on  doit  la  trouver 
.tendue,  tout, unipient,  sans  entrer  dans  les  plis  primitifs, 
.j^rrdessps  ees  piis  ,jgar-des5us  les  vertèbres  et  la  moelle 
spinale. 


ET  OBS&R-VA  T-IONS.  SÔg 

iPûur  bien  idire,  il  ^se  faiit  dans  chacune  de  ces  trois 
couches  une  métamorphose  particulière  ,  et  chacune  se 
hâte  ;d’afriver  à  son  but  ;  mais  elles -ne  sont  pas  encore 
assez  indépendantes  pour  pouvoir  représenter  ,  chacune  h 
elle  seule,  ce  à  quoi  elles  sont  destinées  ;  .elles  ont  par 
conséquent  encore  besoin  de  leurs  secours  mutuels,  et 
toutesdes  trois ,  quoique  tendant  vers  des  buts  dllFérens, 
agissent  en  commun  jusqu'à  ce  que  chacune  ait  atteint 
■une  hauteur  déterminée. 

WoHE  dit  qu'il  se  fait  ici  un  changement  soudain  ;  nous 
■trouvons  devant  nous  des  parties  finies  sans  savoir  com¬ 
ment  ni  d’où  elles  viennent,  et  Haller  et  Wolff  qui ,  dans 
leurs  chefs-d’œuvre,  auraient  dû  porter  la  plus  grande 
attention  à  ce  changenient ,  l’ont  màlheureusMnent  aperçu 
trop  rapidement. 

^Lorsque  l’extrémité  céphalique  se  porte  en  bas  avec  les 
pHs'primi'tifs  en 'formant  le  pli  transversal ,  elle  entraîne 
avec  elle  mon  seulement  la  mendbrane  située  entre  les  plis , 
-miais 'même  celle  qui  deur  est  dé  plus  contiguë  au-dessus 
Æeux.  -Les  {dis  s’arrêtentdà  ,-màis  da  membrane  descend 
encore  de  son  bord  vers  da  queue  ,  èt  après  être  des¬ 
cendue  d-une.  ou  deux  dignes,  elle  se  rejilîe  sur  ëlle- 
même  eu  arcière  et  se  porte  aupdessus  de  da-tête  de’l'em- 
-bryen. 

Comme  cette  partie  -du  t  blastoderme  ne  descend  pas 
seulement  de  d’extrémité  'dumepli  falciforme ,  mais  aussi 
des  deux  œôtés-des'plis  primitifs  faisant  saillie  en  ‘haut ,  et 
que  tces  sdeuxplis -latéraux  se  rapprochent  de  plus  en  plus 
et  finissentpar  se  confondre  ensenàble  par  le  milieu ,  il  est 
naturel  >  que;  d’espace;  dbrmé  >par  da  ■  portion  de  -membrane 
descendue,  soit  partagée  ^en  deux  canaux, -dont  chacun 
forme  un  -sac  fermé  :en4aut  -pt  sur  les  côtés  et  ouvert  à 
la> partie  inférieure.  Le  premier  ,  ou  l’inférieur,  lorsque 
nous  examinons  de  fœtus  couché  sur  de  dos,  se  termine 


36o  ,  MÉMOIRES 

en  cul-de-sac  vers  la  tête ,  tandis  qu’il  est  ouvert  en  bas. 
Cette  ouverture  du  sac  inférieur  est  la  fosse  appelée  par 
Wolff  fovea  cardiçica ,  qui  mène  dans  l’œsophage ,  lequel 
alors  a  la  forme  d’une  poche.  Les  deux  parties  latérales 
de  ce  sac,  après  s’être  réunies  pour  fortrier  l’œsophage', 
vont  en  divergeant  l’une  de  l’autre  sous  la  forme  des  plis 
et  se  pôrtent,  dans  l’aire  transparente  vers  la  queue  ,  mais 
sans  avoir  de  limites  déterminées. 

Le  deuxième  sac ,  ou  sac  supérieur,  est  également  très- 
large  ,  son  ouverture  est  de  même  tournée  vers  la  queue , 
avec  la  différence  que  ses  parties  latérales  ne  vont  pas  en 
bas  dans  l’aire  du  germe ,  mais  elles  se  replient  vers  la 
partie  supérieure  i  avec  la  membrane ,  qui  delà  passe  sur 
la  tête  du  fœtus^pour  remonter  jusque  sur  les  côtés  de  cc 
cœur  en  forme  de  poche, 

§.  IX.  Quand  on  considère  le  feuillet  séreux  du  blasto¬ 
derme  après  l’avoir  détaché  du  feuillet  muqueux  peu  après 
sa  naissance,  on  aperçoit,  soit  à  l’œil  nu,  soit' encore 
mieux  avec  un  verre  de  moyenne  forcé ,  son  espace  in¬ 
térieur  couvert  de  petites  îles  obscures ,  et  autour  de,  celles- 
ci  un  cercle  également  plus  obscur.  Ces  petites  îles  oc¬ 
cupent  la  partie  du  feuillet  muqueux  qui  forme,  l’aire 
transparente,  aussi  bien  que  l’étendue  contiguë  de  la, zone 
opaque  du  blastoderme,  mais  de  manière  qu’au-delà  de 
l’anneau  qui  renferme  les  îlots,  une  partie  du  feuillet 
muqueux  esf  libre  tout  autour  et  parfaitement  transpa¬ 
rent.  Lorsque  les  deux  feuillets  du  blastoderme  sont 
réunis,  ôn  y  remarque  déjà  un  anneau  blan'châtre,  qui 
indique  là  ,plaiOB;OÙ  éSt  situé  ce  cercle  plus  obscur  èt  per¬ 
ceptible  seuleménit  sur  le  feuillet  séreux,  ;  et;  quand  les  cer- 
;  des  SC  forment ,  il  y  en  a  un  :  qui  correspond  exactement  à 
cet  anneau.  Lorsque  le  grossissement  est  plus:  fort,  on 
remarque  que  cé?  petites  îles-  sont  formées ,  ainsi  que  leur 
anneau,  par  dès  globules  absolument  uniformes,  très-petits, 


quî  sont  accollés  à  la  face  inférieure  de  la  couche  sé¬ 
reuse. 

Vers  la  vingtième  heure  ,  tout  l’espace  renfermé  par  ce 
cercle  ,  est  uniformément  couvert  de  globules  ,  et  les 
petites  îles  ont  disparu .  Mais  vers  la  trentième  heure ,  toute 
la  couche  globuleuse  qui  couvre  le  feuillet  séreux  se  ré¬ 
sout  en  un  tissu  réticulaire.  On  remarque  entre  les  glo¬ 
bules  des  fentes  légères ,  qui  se  manifestent  par  leur  trans¬ 
parence  et  qui  se  tiennent  l’une  l’autre  comme  des 
mailles.  Bientôt  après  les  globules  séparés  par  ces  fentes 
se  réunissent  de  nouveau  en  îles ,  et  prennent  d’abord  une 
couleur  jaunâtre ,  deviennent  ensuite  peu-è-peu  rouges,  et 
forment  enfin  les  îles  de  sang  ,  décrites  par  WoIfT.  Mais 
avec  les  îles  reparaît  le  cercle  qui  les  entoure  ;  cet  anneau 
se  confond  diversement  avec  les  îles  voisines  ;  ses  limites 
n’étant  en  général  pas  bien  déterminées,  il  prend  la  cou¬ 
leur  rouge  des  petites  îles.  * 

Ges  îles  s’alongent,  deviennent  plus  étroites  ,  se  tou¬ 
chent  àvéc  leurs  extrémités  et  constituent  un  réseau  rou¬ 
geâtre  avec  des  interstices  trànsparéns.  Il  se  forme  ainsi 
de  petites  rivières  de  globules  rougeâtres  j  qui ,  suivant 
leur  grosseur  difTérehte  ,  se  disposent  par  branches  ou  par 
trohcs.  '  •  ■  ■  '  i -'■'■’i  . .  •  \ . 

L’interstice  compris  entré'  ces'pètites  rivièrés  est  rempli 
en  attendant  par  unè'méinbràne  délicate ,  et' cômfne  cés 
courans  se  bordent  peu-à-peù  de  parois ,  il  se  forme  une 
troisième,  membrane  située,  entré  lè  feuillet  séreux  et  le 
muquéüX et  tout'  lé  ‘  blastodérrne  se  composé  ‘  VerS  la 
vingt-quatrième  héurè  ,  très  -  di'stïncténienf  '  de  cès  trois 
feuilléts‘ét  couchés’  qu’on  peut  trës-fâcilemé'nt  détachér 
l’un 'de  i’aütirel  -  ;  mi 

§.  X.  'Üàrrangement,  là,  disposition  la  ideSlination 
.dés  petits  codràhs  dé  Sang ,  ’êt^  par  conséquent  a'iifsi  des 
vaisseaux  j  sémbletit  dépendre  entlèrément  de  leur  rapport 
1.  -  24 


3/i-6  M  È  M  0  I  n  E  s  ■ 

avec  le  fœtus .  el  être  déterminés  jcn  quelque  sorte  par  la 
moelle  épinière.  Nous  pouvons  bien  distinguer  trois  espè¬ 
ces  de  ces  courans  de  ^sapg  le  çerple  dp  sang ,  situé  pu- 
tftur  de  tout  l’espace  yasculaipe ;  les  br^nche^ ,  qui  sont 
eptre  le  fœjtus  et  le  perde  de  sang  et  ^ui.  se  réunissent 
en  partie  entre  elles  ,  pn  partie  ayec  te  percje  de  sang  et 
en  partie  aussi  avec  leurs  typncs  ;.et  enfmles  trpwcs  mêmes, 
qui  pénètrent  dans  le  corps  du  fœtus. 

Le  cercle  de  sang  n’est  pps  parfaitement  circulaire  ;  il 
offre,  à  l’endroit  oij  il  passe .par-dess,us  la  tête  dn  poulet, 
une^chancrure  en  forme  de  cœur;  aussi  le  sang  n’acguiert 
jamais  de  parois  ici  ,  niais  il  est  librement  dontenü  dans 
un  espace  que  laissent  entr’eux  le  feuillet  séreux  et  la 
membrane  vasculaire .,  qui  pe  termipe  en  çet  endroit; 
c’est  pour  cette  raison  aussi  que  nous  ne  devons  pas  per¬ 
mettre  qu’on  donne  le  nom  de  venu  Urnt,inalis  à  ce  cercle, 
qui  est  un  véritable  sinus.  Ce  sinus  ftirminulis  a  atteint 
son  degré  de  plus  hautp  perfection  dès  le  quatrièipe  jour, 
car  c’est  à  cette  époque  qu’il  se  montre  le  plus  rouge  , et 
le  plus  large ,  et  qu’il  contient  le  plus  de  sang.  Dès-Iprs 
il  augmente  et  s’étend  toujours  avec  et  comme  le  .blasto¬ 
derme,  mais  en  s’appuynssant  de  sang,  de  sorte  que  vers 
le  septième  ou  huitième  jour  il  ne  paraît  plus  que  sous  la 
forme  d’un  filament  mince  et  youge  ,  et  il  disparaît  enfin 
totalement,  ne  laissapt  plus  .qu’une  légère  ira^e  dp  son 
existeppe. 

.i^ous  distinguons  aux  firanches  sanguines  ou  vasculaires 
deux  sortes  d’orifices  dp  terpainaispn.  {L^un,  pu  rorifipe  ex¬ 
terne  dès  branches,  est  ou  tourné  yep  le  jsi^us 
nalis  et.  s’opyre  dans  ce.sinus,  ou  il  est  en  cpmmunica- 
tion  manifeste  avec  l’orifice  d’une  autre  îrancfie.  L’pri- 
fice  interne  est  ^dirigé  vers  les  pefits  troncs;  de  cptte 
manière  les  branches  entretiennent  joujpurs  ur^eponiniu- 
nication,  soit  entye  les  troncs  et  le  . cercle  de  sang  ,  jspit 


ET  OBSERVATIONS.  54^ 

entre  les  tronc^  inêmes.  lies  branches  forment  en  outre  des 
anastomoses  partout. 

II  y  a  iJBatre  troncs  et  quelquefois  cinq  ,  parce  qu’un 
de  ces  troncs  est  le  plus  souvent  double.  Deux  de  ces 
troncs  se  dirigent  vers  les  côtés ,  de  Fembrypn  sous  des 
angles  droits  ;  deux  autres  sont  parallèles  à  l’axe  du  fœtns 
et  s’unissent  dans  la  région  de  la  fosse  cardiaque.  Les 
prepiiers  sont  ,  d’après  la  décpuyerte  de  Spallanzani ,  des 
aptères  el  les  autres  des  veines, 

La  veine  supérieure  ou  descendante  sort  de  l’échan¬ 
crure  çprdiforme  du  cercle  de  sang,  lequel  reçoit  ici  des 
parois.  .Celte  yeine  est  çommuujétneut  double  ,  elle  reçoit 
les  petits  rameaujc  des  dernières  extrémités  des  divisions 
artérielles  pt  une  grande  quahtité  de  petites  veines  qui  par¬ 
courent  l’aire  transparente,  et  parmi  lesquelles  se 'trou¬ 
vent  auspî  les  paisseaua:  à  chfzpepon  (■  Kappcngefœsse  ) 
de  Wolff. 

La  veine  inférieure  pu  ascendante  prend  son  origine  è 
l’®P4fPit  opposé  du  çerele  de  sang,  correspondant  à  l’ex- 
tré^ité  c^udaie  dp  d  ’embryon  ;  gt  quoiquele  cercle  de  sang 
Rfâ^PBte  i,ci  dp  tenips  en  temps  .unp  échancrure ,  cette 
veine  ,naft  toujours  par  -dps  branches  déliéeg.  J^llcteonie 
sur  lé  côté  de  la  colonne  vertébrale ,  passe  gur  lë  tronc 
artériel ,  i^çplt  plpsieurs  rameaux  veineux  qui  s’anasto- 
ÎPOépnt  prcc  lé?  artèrés.  etee  réumt  à  la  veine  désGen- 
daute ,  peu  avant  son  entrée  dans  le  coeur. 

léP,RCs  dé-S  dé.nx  artères  passent  par  Faire  transpa- 
rente  ej;  comniencept  îpurs  :n.Oînbreuse.s  ramifications:  seu- 
léffiéR!'  JPRÇÎH’ill  SSBJtipar^enus  dans  la  zone  opaque  du 
rl^^flÿP4ééRlé'  di  .e,st  par  coiaséquept  très-femarqiiàblè  que 
l’aire  transparente  ait  de  nombreuses  veines  et'  qu’elle  n’ait 
P®l“t  d ertéres ,  quoique  les  plus  forts  rameaux  veineux 
de  Faire  dp  proviennent  des  artères  et  neparcou- 

rent  que  ce  seul  espace.  .  • 


!4.. 


S48  MÉMOIKES 

A  mesure  que  le  cercle  dé  sang  diminue,  on  voit  dis¬ 
paraître  également  les  deux  veines  qui  deviennent,  comme 
le  cercle  de  sang ,  d’abord  plus  minces  et  plus  faibles  , 
jusqu’à  ce  qu’enfin  il  n’en  reste  plus  que  de  faibles  traces. 
Les  ramifications  des  veines  qui  s’ouvraient  dans  ces  troncs 
primitifs  commencent  alors  à  prendre  la  direction  des  ar¬ 
tères  ,  et  ces  branches  veineuses  se  rapprochant  de  plus 
en  plus  des  artères ,  finissent  par  former  deux  troncs  prin¬ 
cipaux  ,  qui  sont  adossés  aux  branches  artérielles  et  entrent 
avec  celles-ci  dans  le  corps  de  l’embryon. 

Il  est  encore  à  remarquer  que  les  artères  et  les  veines  ob¬ 
servent  entre  elles  une  espèce  d’arrangement  par  couches, 
de  manière  que  les  artères  se  ramifient  dans  une  couche 
plus. basse ,  tandis  que  les  veines  s’étendent  davantage  sur 
ces.  dernières.  ' 

Les  deux  nouveaux  troncs  des  veines  s’étant  formés 
environ  vers  le  cinquième  jour,  toute  l’organisation  vas¬ 
culaire  reste  telle  qu’elle  est  jusqu’au  neuvième  jour  (ab¬ 
straction  faite  de  l’agrandissement  progressif) ,  Dès-lors 
l’espace  vasculaire  n’augmente  plus ,  et  vers  le  quinzième 
jour  les  vaisseaux  du  blastoderme  paraissent  en  général 
dépérir,  parce  qu’ils  deviennent  toujours  plus  petits. 

XL  Pendant  que  le  système  vasculaire  du  blasto¬ 
derme  se  forme ,,  tout  le  blanc  de  l’œuf  situé  au-dessus 
de  lui  se  trouve  déjà  repoussé,  et  le  jaune  s’est  appliqué 
intimement  contre  la  face  interne  de  la  coque ,  par  le  point 
où  se  passe  tout  le  développement.  Entre  le  quatrième  et 
le  sixième  jour,  où  la  membrane  du  jaune ,  au-dessus  du 
blastoderme ,  a  disparu  avec  lés  chalazes ,  le  blastoderme 
tient  si.  fort  à  la  coque,  qu’il  faut  alors  la  plus  grande 
précaution  en  ouvrant  l’œuf  couvé  pour  ne  pas  léser  le 
blastoderme  en  cassant  la  coque.  Il  se  passe  donc  ici  un 
acte  respiratoire  avant  l’entière  formation  du  chorion. 

§.  Xll.  Le  rudiment  du  cœur ,  qui  se  présentait  vers 


ET  OEÆEEVATIONS,  J4(j 

la  trentième  heure  comme  un  sac  ouvert  à  sa  partie  infé¬ 
rieure  ,  se  manifeste  bientôt  comme  un  canal  droit  et  plus 
étroit,  qui  s’ouvre  inférieurement  par  deux  orifices  laté¬ 
raux  vers  l’aire  transparente ,  à  l’endroit  où  elle  aboutit 
à  la  fosse  du  cœur.  Vers  la  trente-sixième  heure,  ce  canal 
simple,  cylindrique,  reçoit  deux  rétrécissemens  qui  se 
partagent  en  trois  portions  élargies,  savoir,  la  supérieure, 
l’inférieure  et  la  moyenne.  Dès-lors  le  canal  se  porte  plus 
vers  la  gauche,  se  replie  d’abord  en  forme,  de  croissant, 
puis  en  forme  de  fer  à  cheval  vers  la  quarantième  heure, 
tandis  que  ses  deux  extrémités  restent  immuables  à  la 
même  place ,  de  manière  que  sa  courbure  et  sa  saillie  au- 
dessus  du  fœtus  ne  paraissent  être  que  les  suitcs  immé- 
diates  d’un  prolongement  qui  s’opère  en  lui.  C’est,  alors 
que  les  rétrécissemens  s’en  vont,  et  le  canal  devient  uni¬ 
forme  ,  excepté  qu’il  est  toujours  plus  large  au  milieu  , 
où  se  trouve  la  plus  forte  courbure.el  la  plus  grande  dis¬ 
tance  du'  corps. 

Jusqu’alors  on  n’aperçoit  rien  de  distinct  de  la  partie 
supérieure  du  cœur,  ni  de  sa  continuation ,  ni  de  sa  fin. 
Mais  entre  la  cinquantième  ou  la  soixantième  heure ,  le 
canal  ayant  fait  un  tournant,  nié  à  tort  par  Haller,  on  le 
voit  distinctement  se  prolonger  en  une  artère  ascendante. 
Vers  la  seixantième  heure ,  le  cœur  s’élargit  en  quelques 
endroits  en  forme  de  tubérosité  ,  se  rétrécit  et,  de¬ 
vient  plus  étroit.  Il  y  a/ trois  de  ces  dilatations  :  l’une  in¬ 
férieure,  plus  petite ,  ronde,  Usac  veineux;  uncmoyehne  ^ 
plus  grande,  longitudinale  ,  le  ventricule  ;  el  une  troi¬ 
sième,  de  nouveau  plus  vonàs,  le  bulbe. de  l’aorte. 

De  ces  rétrécissemens  qui  séparent  les  dilatations ,  il  se 
forme  dans  la  suite  des  canaux-  distincts ,  différant  de  çes- 
dilatations  par  .  leur  volume  plus,  élro.it  de  manière  que  le 
ventricule  et  le  sac  veineux  sont  réunis  par  le. au- 
r.icularis  de  Haller,  le  ventricule  avec  le  bulbus  aortœ 


3'3o  ni '£  keV  •' 

par  lè  frÉtüin.  ï)ü  bùlbüs  àortœ  un  canal  élrbit,  le  ros~ 
trum  de  Hàller,  côridüit  à  deüx  où  froiâ  BrÙnélies  plus 
petites  ,  qtil  sont  les  ràèiÙès  de  Tflorté,  et  cèiles-fci  s  od- 
vtént  îmmëdiatèiiiént  dahS  la  croisse  de  l’aorte  üiêiüé. 

Peü-à-peü  cés  endroits  rétrécis  du  cœür  diéijaraissent. 
II  n’existe  bientôt  pliis  de  trùce  du  Vosirvùm  tü  lAafrciüm  ; 
le  canalis  auricütaris  même  se  retire  vers  lé  «Xiêdie  joür 
dans  le  ventricülè. 

Ge  eanal  passe  inâintenâüt  dans  lé  coeur  parfàitemètit 
forttlé,  en  Se  repliant ^  se  rétrécissant  par  endroits,  eii  Se 
retiéaüt  Sur  et  dans  lùî-îiiênlé,  et  en  donnant  de  rextedsion 
à  ses  p'àrois.  Il  ,Sèrâit  Superflu  de  ddddér  une  plu  S  atùple 
description  de  cette  rriétamdrph'ése  ,  qüi  à  été  Si  Bien 
Wàitée  par  Haller  et  si  bien  représentée  par  Malpi^Hi ,  qui 
laissent  à  pëinè  à  désirer  quëlqüè  chose ,  et  auxquels  ilods 
ne  pouvons  qüë  nous  rapporter  tout  üriiinélït. 

§.  XlII.  Lacrossè'  dë  î’àortë,  Ibrmée  par  lès  déüi  o‘ü 
trois  petits  troncs  sortis  du  bulbe,  est  située  latérdlèméüt 
à  côté  du  cèéur.  iDans  la  tégiod  delà  fosse  du  chédi*;  ce 
Irëtic  siniplè  se  pârtàge  en  deux  irbrics  artérifels  üliîfôrmes  , 
qiii  descendent  lè  long  d'd  ràchis ,  parallèles  Tun  à  l’autre 
jusqu’à  l’extrémité  caudale;  Gbàcün  de  cés  tirOnéS  descen- 
dàns  ,  qüi  sont  les  artères  iliaques  dé  l’ànimàl  formé,  émet 
de  sdii  éôté,  sOüs  ürt  angle  droit;  l’artère  dë  ràirù  fàs- 
cülàiré.  Mais  à  i’èxtrëmitê  càüdale  il  se  partagé  en  brdùbhës 
plus  déliées  ,  qui  passent 'dlréctènient  dans  deS  veinés. 
Les  deux  veines  dèscéndânlés  de  l’aire  vàscùlàire  entrent 
alors  imiüédiatétiiënt  âüx  dëux  düt'èrtdrël  latérales  ,  qùë 
l’extréniité  inférieure  dù  ëanal  ëârdiaqùë  àVâit  présentées 
ëü  dehors  dans  lés  premiers  coÉadhéncèmeüs  j  à  leur  entrée 
dans  le  cœur  elles  s’ühiàSént  àié'c  là  teîné  asbeiidantë.  A 
mesure  qüë  là  formàtioh  àvàncé,  lëS  deux  oüiërturès  vëi- 
rtéiièës  latérales  dü  coéür  Sé  retirèhl  tellënient  sur  ellés- 
riiériiëS,  qü’ll  në  resté  plus  qu’Une  seule  buvërtürë  pOur 


et  obsérvations.  55ï 

les  trois  teiaes ,  et  (^ae  ceBes-ei  même  foraient,  avant 
d’ëntrer  dains  le  cœur ,  un  tronc  tout  court.  Lorsqu’il  n’y 
â  qu’une  veine  descendanté  .  Ce  qui  arrive  rarement ,  alors 
le  fcoèur  paraît  ù'avoîr  aûssî  qu’une  ouverture  unique  pour 
i^êCèfôîf  Cè6  veines. 

A-  pféséM^  où  ^eùt  8é  former  une  idée  claire  et  précise 
de  là  circuïâtîon. 

La  partie  artérîeile  du  eoeup  qui  se  contracte  chasse  le 
sang  avec  uhe  force  et  une  promptitude  admirables  dans 
l’aorte  ;  le  cIîoc  qui  en  réstflte  est  transmis  rapidenient 
par  les  deüi  tronCs  artériels  de  rcspacè  vasculaire  ,  dans 
fonfès  lèuta  fàfnlficâtionS ,  et  le  sang  est  poussé  plus  loin. 
Lorsqu’à  la  dilatation  du  cœur  qui  suit  sa  contraction  la 
forcé  du  choc  s’évanouit,  le  sang  reste  tranquille  dans 
les  grandés  ârtèrêS,  tandis  qu’il  contraue  à  couler  d’unè 
manière  égale  dans  leé  ranséaux  plus  fins.  Mais  les  ra¬ 
meaux  artériels  les  plus,  déliés  versent  leùr  sàng  en 
partie  dans  les  rameaux  dés  veines ,  ce  qu’on  voit  ici 
d’üdô  manière  itifidimeht  distincte  ,  en  partie  dans  le 
sktis  circulaire.  Le  sang  est  en  monvement  continuel 
dans  lé  sînüs.  Aux  deux  côtés  du  fœtiis ,  juste  vis-à- 
Vis  des  deux  troncs  artértels ,  lé  conrs  du  sang  se  partage 
en  deux  directions  Vérs  le' point  où  naissent  les  deux 
veines  S  le  sang  se  jette  alors  librement  dans  les  deux  vei¬ 
nes  descendantes  ,  mais  il  ne  parvient  à  l’ascendante  que 
par  ses  rameaux.  Atec  ces  tronCs  veineux  sé  réunissent 
alors  les  branches  veineuses  qui  ont  reçu  lé  sang  immé- 
dia’temént  des  rameaux  artériels.  Mais  de  même  que  dans 
lès  grandes  artères  ,  le  sang  n’est  chassé  en  avant  què 
lorsque  la  partie  artérielle  se  contracte  <  dé  même  dans 
les  grands  troncs  veineux,  le  sang  n’est  refoulé  vers  le 
cœur  que  lorsquè  la  partie  veirieuSe  de  cet  organe  se  di¬ 
late  ,  et  il  devient  clair  par  là  ,  que  la  dilatation  du 
’  cœur  agit  en  effet  sur  le  sang,  comme  une  'force  atlrac- 


552  .EXTRAITS 

tive;  Nous  devons  faire  remarquer  au, reste  que  plus  les 
contractions  du  cœur  sont  vives ,  plus  le  mouvement  de¬ 
vient  .uniforme  .par  tout  le  système  vasculaire  ,  quoiqu’on 
observe  toujours,  même  dans  la  contraction  la. plus  forte, 
une  stagnation  de  sang  qui  alterne  avec  son  mouvement 
saccadé.  Mais  quand  le  cœur  devient  plus  faible  ,  le,  sang 
entre  dans  un  mouvement  d’oscillation ,  jusqu’à  ce  qu’il 
finisse  par  se  trouver  dans  un  état  de  repos,  complet.  Rien 
ne  change  tant  la  direction  naturelle  dans  le  cours  du 
sang,  qu’une  lésion  accidentelle  de  la  membrane,  vascu¬ 
laire,  parce  qu’alors  tout  le  sang  ne  suit  plus  dans  son 
cours  d’autre  direction  que  celle  qui  regarde  l’endroit 
lésé. 

a  Sed  mîrum  non  est ,  quantum ,  etiamsi  OEdipus 
fuerit ,  in  scrutandis  et  cruendis  ovis  incubatis  quis  de- 
cipi  possit;  quasi  ova  sorutare  et  non  simul  err are  im¬ 
possible  sit  s  dit  Wolffj  et  il  a  fallu,  malheureusement 
qu’il  fournît, lui-mêpie  le  triste  exemple  de  la  justesse  de 
cette  pensée  ;  car  tout  ce  qu’il  dit  sur  la  formation  et  sur 
la  destination  des  vaisseaux  du  jaune  ,  est  tellement  éloi¬ 
gné  de  la  vérité ,  qu’on  est  porté  à  croire  qu”il  n’a  suivi 
en  cela  que  l’impulsion  dé  son»imagination  ,  sans  avoir 
interrogé  la  nature  d’une  manière  sérieuse. 

Spallahzani  s’est  au  contraire  prononcé  là-dessus  d’une 
manière  claire ,  précise ,  et  entièrement  conforme  à  la 
nature  ,  et  il  est  bien  étonnant  que  tous,  ces  faits  soient 
jusqu’ici  restés  cachés  ou  qu’on  en  ait  négligé  l’étude. 

.  ;  .Le  p^nomène  de  la  circulation  est  si  surprenant  par  sa 
beauté,  que  nous  invitons  tous  ceux  qui  ûnt;quelque  goût 
pour  les  études  de  la  nature,  à  ne  point  négliger  cette  belle 
,  occasion  que  présente  l’œuf  couvé,  pour  avoir  la  jouissance 
de  ce  magnifique  spectacle ,  sur-tout  puisque  l’expérience 
nous  a, suffisamment  prouvé  que  l’on  ne  pouvait  rien  dire 
de  positif  sur  la  nature ,  pas  même  sur  le  trajet  des  vais- 


E  T  0D8ERVATI0B  9.  555 

seaux  du  jaune ,  à  moins  qu’on  n’ait  vu  la  circulation. 
C’est  ainsi  que  Spallanzani  trouva  la  vérité.  Il  faut  à  cet 
effet,  au  troisième  jour  de  rincubation  ,  ouvrir  un  œuf 
dans  de  l’eau  chaude ,  porter  promptement  le  blasto¬ 
derme  sur  un  verre  un  peu  concave ,  et  soumettre  le  tout 
à  un  microscope  composé  ,  à  large  foyer  ;  entretenir  le 
mouvement  du  sang  très-animé  ,  en  y  versant  des  gouttes 
d’eau  chaude. 

XIV.  Pendant  le  développement  du  système  san¬ 
guin,  pour  lequel  il  faut  environ  6o  heures  depuis  la 
naissance  des  îles  jusqu’au  moment  de  réapparition  des 
deux  troncs  veineux  latéraux  ,  le  jaune  subit  aussi  un 
changement  considérable.;  il  se  décompose  ,  devient 
fluide  ,  et  ne  se  concrète  plus ,  même  en  faisant  cuire  l’œuf 
couvé  ,  mais  il  perd  sa  couleur  jaune  en  prenant  une 
couleur  d’un  blanc-grisâtre.  Le  noyau  de  la  cicatricule  et 
les  cercles  se  perdent  en  ce  moment.  Ce  changement  du 
jaune  n’a  lieu  au  reste  que  lorsque  celui-ci  est  couvert  du 
blastoderme,  et  il  ne  s’étend  plus  loin  que  par  l’accrois¬ 
sement  de  cette  membrane  ;  c’est  pourquoi  il  commence 
à  la  surface  du  jaune  ,  se  porte  delà  vers  son  milieu  , 
et  change  le  jaune  ,  selon  Gruithuisen  ,  en  un  fluide  par¬ 
faitement  semblable  à  du  lait  ;  ce  qui  prouve  évidemment 
que  la  décomposition  n’est  pas  une  suite  immédiate  de 
l’influence  de  la  chaleur  de  l’incubation ,  mais  qu’elle 
consiste  plutôt  dans  un  rapport  dynamique  existant  entre 
le  blastoderme  et  le  jaune ,  et  que  ce  changement  ne  se 
fait  pas ,  comme  le  soutient  M.  Léveillé  ,  par  l’absorption 
de  l’albumine  au  moyen  des  chalazes. 

La  membrane  du  jaune ,  déjà  mince  et  transparente 
au-dessus  do  la  cicatricule  avant  l’incubation ,  le  devient 
de  plus  en  plus  dans  la  suite  ;  elle  s’approche  à  vue  d’œil 
de  son  entière  décomposition  ,  pour  faire  place  h  une 
nouvelle  membrane  qui  lui  succède,  A  sa  disparition  cor¬ 
respond  la  décomposition  des  chalazes. 


3à'/î  M  È  51 0  ï  n  E  s 

§.  XV.  PreSijue  dé  la  riüérne  iüààièrë  que  nous  avons 
vu  roesoptage'  èëi  former  ,  ù'ous  fôyoïïs  üü  phénomène 
sembfahle  à  l’extrémité  éppéséè  de  l’émÊéÿoh ,  êt  quet- 
qdes  heuWs  plüs  lard’;  à  î’èitrémité’  éâudaïè  pàfaî't  üh 
répli  qui  ne  diffère  de  éètui  dé  l’oÈsopfiàge  que  par  sa 
forme  et  sâ‘  grarideùé.  té  hlàstèdéMë  âtüê  au-dès^ous  de 
rëitéémilé  ,  ëii  formé  de  lenëéfté,  dé  là'  mMlé  épinièië  , 
se  réunit  en  bas  et  sur  les  côtés ,  de  manière  è  fbfmér  un 
pétît  èéc  iïïfundibiififoi'thé  ô'dvérf  par  é‘a  partie  îhféfîeitre , 
dôrit  la  ihémbM'ûé  éxiëiHé,  c’ésf-à-dirè ,  lâ‘  couché  sé- 
reusé ,  éôhéfitifé  le  rudîffieht  du  h'assîn ,  et  dont  f’ihtérné 
ôiï  la  coùèhé  vàscülairë  ,  éonjomteméhé  avec  la'  couché 
inüquéüsë  ,  compose  le  rectum  énfèrmé  sous  la  èOuche 
sérèusë.'  tés  êktrémités  dès  parties  latérâlès  de  ces  tuyaux 
se  dirigëïît  sôus  la  forme  de  pifs  vers  l’exf rémîté  süpériéufé 
du  fœtus  ,  oh  élïés  âé  ééumssént  qüélqué  fètrips  après 
avec  lé^  plis  tenant  d’ën  haùt ,  qüî  sont  lés  extrémités  de 
l’ÔBs'ophagë  ,  ètèhférmehi,  éritéédës bords  pafàh cliques, 
le  foetus  encore  ouvert  pârdévâàt. 

C’est  àîhSi  qüë  sé  présenté  à  hô'us  èh  ce  moment  lé  rii- 
dimént  dès  infestins  et  dû  éoèps  shüs  la  forme  de  plis  , 
dont  il  y  éh  a  deux  dé  éha^tié  côté  dit  fœtus ,  et  dont  la 
pâiré  tant  infèénë  qû’éxtèrhè  èSf  üriie  eh  formé  d’arc  éh 
haut  et  en  bas.  Mais  coffimé  lé  blastodétmé  avait  été 
composé  de  trois  ééüchèà  ,  éhacüflé  commençant  sépdré- 
mènt  marché  ters  son  biit  déterminé  poüf  remplir  une 
fonction  particùlière.  C’est  ainsi  tpië  la  couche  sérëusè 
éiterne  fdrmé  la  paroi  eXterhe  du  Corps ,  de  la  poitrine  , 
de  l’abdomen  ,  du  b'assih ,  aîrisî  qüé  l’arnhios  propreméht 
dît.  Èlie  âtaît  déjà  formé  la  tête ,  comme  nous  l’avons  Vu. 
Les  déiii  autrèé'  féuillets  du  blâ'sibdermé  fprméht  dé  la 
mêmé  thaiilèlrè  lèS  îhtéstîtis  ét  lé  mésèûtëré. 

ÎMOuS  dëi/ons  àVoüer  sincèréafèttt  qite  ÜoS  rèchërchesne 
iioüs  élit  pas  tais  à  même  de  décotivrir  là  naissance  du 


ET  OnsÊRVÀf  IONS.  355 

tàn'al  îù'tëstînalj,  depuis  soii  principe  jusqu’à  sa  formation 
parfaite  ,  àüssi  précisément  qu’il  est  nécessaire  pour 
rèprésentér  la  membrane  muqueuse  ,  comme  étant  la 
seule  partie  forinatricê  aux  diverses  époques  de  ce  dé- 
vèloppeinént.  Lé  résultat  prouvé  cèpiendant  avec  une  certi¬ 
tude  prësqü’îrréfragàblè ,  qüé  cette  Opinion  n’ésf  pas  sans 
fondenierit ,  en  cè  que  lés  6/  et  7.°  jours ,  ou ,  éri  géné- 
ràl ,  qüaiid  lé  canal  intèstinal  esi  fermé ,  les  vaisseaux  dé 
la  mëiübràne  Vaëcülàiré  ehtfent  distinctement  par  dessus 
lé  rectam ,  et  sans  pénétrer  dans  ses  parois  j  immédiate¬ 
ment  dans  les  lamelles  du  nàésehtèrë ,  qui  sont  les  prblën- 
geidëns  dé  la  mëmbrarié  vasculaire.  I^oùs  allons  faire  part 
ici  dé  nos  observations  sur  l’origine  dd  canal  intestinal  , 
qiii  ne  s’accordènt  pas  toujours  évéc  les  résultats  de  Wolfh 
Nous  dvëns  observé  le  réctum  et  l’oesophagè  comme  deux 
entonnoirs  fermiés  d’üh  côté,  ouverts  dé  l’autre,  et  situés 
à  rbppésitë  l’üh  de  l’autfe.  ils  sont  situés  tous  deux  im-^ 
médiatenierit  sür  la  face  inférieure  dés  plis  primitifs  fer¬ 
més,  parce  que  les  membranes  Vasculaire  éf  muqueuse  , 
adxqdèllës  ils  doivent  leur  ëiîstèncë  ,  rëcouvrent  iminé- 
diatémént  îâ  cOlonüe  Vertéfcralé.  Aussitôt  qu’ils  commen¬ 
cent  à  s’éloigner  insensiblement  de  cëlle-ci ,  et  que  leur 
fente  d’aboéd  lârgèment  ouverte  ,  se  refermé  de  plus  en 
plus ,  là  mëtnbfârié  qui  les  upit  suit  cëtté  séparation ,  et 
ce  rétrécissement  présente  alors  deux  lanièlles  contiguës 
dont  lés  bords,  se  confondant  ensemble  le  5.°  jour,  pro¬ 
duisent  le  mésentère.  Gë  bord  ainsi  confondu  eSt  la  suture 
dë  l’inteStin  moyen  de  Wélff,  parcé  que ,  ëntr’elle  et  lé  s 
plis ,  tant  descendant  de  la  fosse  du  cœur  ,  que  remontant 
de  la  gaîne  de  la  queue ,  s’olFre  alors  l’intestin  moyen  ou¬ 
vert,  mais  qui  sérâ  ,  à  la  fin  dd4'“  ou  au  commencement 
du  5.”  joür,  entièrement  fermé  ,  et  ne  tiendra  pluS  au 
jaune  que  par  lé  düctus  vitello-inicsiinalis  qui  réstc  on- 


356  Mi  ni  01 B  ES 

§.  XVI.  Quand  les  plis  primitifs  se  sont  réfléchis  ,  et 
que  le  pli  céphalique  s’est  formé ,  on  peut  facilement  pé¬ 
nétrer  avec  une  sonde  entre  celle-ci  et  le  cœur  qui  s’est 
formé  dessous  ,  et  jusqu’à  la  région  de  la  fossette  du 
cœur.  Peu  après  il  s’opère  une  nouvelle  formation  qui 
bouche  cette  entrée ,  et  ne  permet  plus  l’introduction  de 
la  sonde  ,  ou  du  moins  que  très-diflicilement.  Il  s’est 
formé  dans  la  partie  du  pli  céphalique  qui  dépasse  la  tête 
du  fœtus ,  une  petite  fosse  ,  aux  bords  de  laquelle  le  feuil  - 
let  séreux  s’élève  bientôt  en  pli ,  et  se  porte  en  forme  do 
capuchon  au-dessus  de  la  région  postérieure  de  la  tête^ 
Un  peu  plus  tard,  il  se  forme  au-dessus  de  l’extrémité 
caudale  du  fœtus  ,  vers  le  bord  du  rudiment  du  bassin  , 
un  semblable  capuchon ,  mais  plus  petit ,  et  ces  deux 
capuchons  se  terminent  aux  côtés  du  fœtus ,  par  deux  ap¬ 
pendices  latéraux.  Il  se  forme  près  du  dos  deux  autres 
plis  latéraux.  Toutes  ces  parties  constitueront  un  peu  plus 
lard  les  membres  thoraciques  et  abdominaux,  maintenant 
que  tout  le  développement  est  tourné  en  dehors  ,  et  passe 
au-dessus  du  dos  de  l’embryon ,  tandis  que  les  précédens 
se  formaient  à  son  ventre  ,  et  que  les  plis  étaient  tournés 
vers  le  jaune.  ■ —  De  même  que  ,  chez  les  précédens  , 
toutes  les  lamelles  du  blastoderme  coopéraient  dans  le 
principe  à  cette  formation  ,  et  que  les  membranes  vas¬ 
culaire  et  muqueuse  se  montraient ,  en  quelque  sorte , 
seules  actives  ,  en  se  séparant  l’une  de  l'autre  ,  de  même 
les  trois  membranes  agissent  ici  en  commun  dans  le  prin¬ 
cipe  ,  jusqu’à  ce  que  cette  membrane  séreuse  soit  seule  à 
même  de  se  soutenir ,  dans  cet  acte ,  comme  membrane 
formatriep  unique.  , 

De  cette  manière  le  fœtus  parvient  à  être  placé  dans  une 
fosse  longitudinale  ,  qui ,  en  s’agrandissant  qt  rapprochant 
ses  bords ,  finit  par  l’envelopper  comme  dans  une  poche. 
Celte  enveloppe  est  l’amnios ,  qui ,  dans  son  origine , 


ET  0B8BftVATI0NS.  357 

était  un  repli  formé  de  deux  feuillets.  La  façon  dont  les 
plis  qui  composent  l’amnios  se  fermenft  pour  constituer 
une  enveloppe  en  forme  de  sac,  est  tout-à-fait  singulière. 
Elle  se  fait  bien  par  les  plis  latéraux  dont  les  bords  se 
confondent ,  mais  cette  fusion  commence  en  haut  au 
bord  du  capuchon  de  la  tête,  d’une"  manière  tout-à-fait 
insénsible,  et  s’étend  progressivement  en  bas  vers  le  bord 
du  capuchon  de  la  queue  ,  d’où  résulte  un  raphé  s’éten¬ 
dant  le  long  du  dos ,  et  dont  le  prolongement  ferme  de 
plus  en  plusTcntréé  de  la  cavité  de  l’amnios ,  et  l’oblitère 
complètement  vers  la  96.”  heure. 

Cette  oblitération  est  accompagnée  d’une  métamor¬ 
phose  particulière  des  deux  feuillets  del’amnios.  Le  feuil¬ 
let  intérieur ,  que  nous  nommerons  avec  Wolff  amnios 
véritable,  forme  une  poche  ou  vésicule  remplie  d’eau, 
qui  lient  le  fœtus  enveloppé  d’abord  h  l’étroit,  ensuite  au 
large  jusqu’à  l’abdomen  où  il  représente  le  grand  anneau 
ombilical,  en  passant  dans  la  membrane  du  fœtus», Le 
feuillet  extérieur  ,  que  nous  nommerons  /««ce  amnios  , 
quoique  nous  n’ignorions  pas  que  Wolff  a  désigné  toute 
autre  chose  par.  ces  noms,  acquiert  cette  indépendance 
qui  le  rend  toUt-à-fait  méconnaissable  ,  quand  on  ne  l’étu¬ 
die  pas  dès  son  origine.  Ce  feuillet  s’éloigne  du  véritable 
amnios  sous-jacent  ,  à  l’exception  de  la  place  où  la  suture 
s’est  formée,  et  par  laquelle  il  reste  toujours  attaché  ;  il 
S3  répand  en  s’applatissant  sur  le  fœtus  renfermé  dans 
son  véritable  amnios ,  et  s’étend  par-dessus  le  blastoderme 
jusqu’à  son  bord  extrême.  Il  remplace  de  cette  manière 
la  membrane  du  jaune  qui  a  disparu ,  et  pour  laquelle  on 
le  prendrait  aisément,  comme  il  est  arrivé"  à  tous  les  na¬ 
turalistes  précédons  ,  nommément  à .  Tredern  ,  qui ,  mal¬ 
gré  la  fidélité 'avec  laquelle  ib  représente  la  chose  dans 
une  figure ,  fut  induit  à  croire  que  l’amnios ,  en  se  croi¬ 
sant,  s’attachait  à  la  membrane  du  jaune. 


558  jiiMoiBES 

XVII.  Une  npuvçUe  vésicule,  le  chorion  ,  se  déve¬ 
loppe  depuis  la  région  inférieure  du  fœtus  ,  aussitôt  que  le 
véritable  amnios  ,  comme  véisicule  qui  entoure  le  foetus  j 
a  atteint  presque  toute  sa  perfection ,  et  que  la  formation 
dn  canal  intestinal  est  assez  avancée  pour  qu’on  puisse 
distinguer  l’œsophage  et  le  rectum  ,  et  que  le  niésentère 
est  fermé.  Ce  chorion  prend  naissapce  sur  la  paroi  anté¬ 
rieure  du  rectum  ,  près  du  passage  de  celui-ci  dans  le 
cloaque ,  sous  la  forme  d’une  vésicule  oblongue ,  rétrécie 
au  milieu,  et  partagée  ainsi  en  deux  moitiés  inégales.  La 
petite  moitié  provenant  de  cette  division  est  située  immé¬ 
diatement  au  rectum;  la  grande  au  contraire  se  montre 
supportée  par  un  pédicule  mince ,  entre  le  véritable  et  le 
faux  amnios  ,  et  le  blastoderme ,  à  l’extrémité  du  fœtus.  4 
sa  première  apparition  elle  a  la’ grosseur  d’une  lentille; 
elle  est  remplie  d’un  fluide  limpide ,  elle  augrnente  rapi¬ 
dement  en  grandeur ,  passe  par  dessus  le  véritable  am¬ 
nios  ,  et  se  met  dans  l’espace  formé  par  le  faux  amnios 
avec  le  blastoderme.  Le  faux  amnios  qui ,  à  cette  époque , 
s’est  presqué  tout-àrfait  séparé  du  véritable  ,  trouve  dans 
le  chorion  nouvellement  formé  un  nouveau  point  ;  il  se 
confond  avec  lui ,  et  paraît  par  là  avoir  donné  lieu  k  l’er¬ 
reur  singulière  de  regarder  la  vésicule  du  chorion  conime 
formée  de  deux  membranes  ,  dont  l’interne  serait  une 
allanpîcU,  Nous  pouvons  assurer  qii’il  n’y  a  pas  d’allan¬ 
toïde  dans  l’œuf ,  à  moins  qu’on  ne  veuille,  ayec  Qken  , 
regarder  le  chorion  même  comme  rallantoïde  des  uiammi- 
fères  ,  ce  qui  pourrait.se  faire. 

Dans  l’œuf  des  oiseaux  il  n’y  a  pas  d’autre  allantoïde 
que  celle-là  ,  par  conséquent  non  plus  d’ouraque  condui¬ 
sant  au  cloaque.  Il  résulte  de  cela  que  lai  bourse  de  f^abri- 
ciu^  {buvsa  Fabricii) ,  qpi  n’a  absolument  rien  de  com-* 
mun  avec  le  chorion ,  mais  qui  se  développe  de  soi-mêDoe , 
n’est  pas  un  rudiment,dé  l’ancien  ouraque.  La  fusion  du 


bienjtQt  sur  toute  la  surface  de  la  véjsiGule ,  après  guoi  |es 
deux  membranes  paissent  l’iipe  4ans  l’autrp  en  se  con¬ 
fondant. 


Le  nhormn  change  alors  saforme  primitÿye,  et,  con¬ 
fondu  avec  le  faux  amnios ,  il  sort  dç  ji’espaçe  étroit  ^ui 
sépare  l’amnies  du  blastoderme ,  ppnr  entourer  fe  fœtus , 
ses  enveloppes  et  Je  yitellus  ,  et  s’appliguey  ainsi  à  la  face 
interne  de  la  c,oq,uiIIe.  Ç’e.st  seulepaent  à  la  pointe  de 
l’œuf  où  se  trouve  jusj^u’aux  derniers  Jours  de  l’iincuba- 
tion  un  reste  d’albumine  épais, sie , 
quille  demeure  Iil)re  du  cjbqyiqn- 

Sur  le  chorion  se  ramifient  les  yaisseaujc  onabilicaux 
généralement  connus ,  si  bien  d.esj^inés  par  piuntcnbach 
et  par  quelques  autres  jmatomistes. 

Encore  un  .mot  ^ur  , 

qui  fait  l’objèt  ,4“  T^ailé  ,de  Jd.  Léye.ijlé.;  ouvrage  qui 
contient  de  nombreuses  erreurs.  Cp  ligament  çst  situé 
le  long  ^*1  d^ctus  yltello -  J  avec  lequel 

M.  Léveillé  l’a  confonduj  il  se  rend  du  ^lastqdernie  à 
l’amnios,,  pt  nous  semble  i;é.3n|te|‘  d’qne  jreinc  oblitérée. 


EXTRAITS  ET  ANALYSES. 


Expériences  sur  le  Système  nerveiix  de  l’ homme  et  des 
animaux  ;  publiées  en  Italie,  en  1809 ,  et  répét^  en 

Paîis  nn  moment  .où  Ton  s’occupe  avec  tant  d’ardeur 
de  recherches  sur  les  maladies  et  les  fonctions  de  l’encé- 


560  EXTRAITS 

phale  et  du  système  nerveux,  nous  pensons  que  les  lecteurs 
ne  verront  pas  sans  intérêt  les  travaux  importans  publiés  à 
ce  sujet  en  1809,  par  L.  Rolande  (1)  ,  alors  professeur 
de  médecine  en  Sardaigne,  et  occupant  aujourd’hui  une 
chaire  d’anatomie  dans  l’université  de  Turin.  Comme 
les  expériences  curieuses  qui  ont  conduit  ce  savant  mo¬ 
deste  à  des  résultats  physiologiques  et  pathologiques  en¬ 
tièrement  neufs  ,  viennent  d’être  répétées  en  France  (2)  , 
où  elles  ont  excité  tout  l’étonnement  d’une  découverte 
nouvelle  ,  je  crois  devoir  payer  à  mon  ancien  maitre 
le  juste  tribut  de  ma  reconnaissance  ,  en  donnant  à  ses 
belles  expériences  toute  la  publicité  qu’elles  méritaient 
d’avoir  depuis  long-temps. 

Dans  la  crainte  d’être  taxé  d’in  justice  et  de  mauvaise 
foi  envers  le  physiologiste  Français,  dont  les  travaux 
sont  postérieurs  de  1 5  ans  à  ceux  dont  je  vais  rendre 
compte  ,  j’extrairaii  textuellement  de  l’ouvrage  cité  de 
Rolande  les  expériences  qui  y '.sont  consignées  ,  et  je  les 
mettrai  en  parallèle  avec  les  résultats  de  celles  dont  le 
célèbre.  Cuvier  a  été  le  rapporteur. 

On  Verra  que  ces  expériences  et  ces  résultats  ont  un 
tel  air  de  parenté ,  qu’il  ne  faut  rien  moins  que  l’habileté 
reconnue  du  jeune  expérimentateur  Français,  pour  croire 
que  ce  n’est  que  par  hasard  qu’il  se  rencontre  sur  la 
même  route  que  le  professeur  de  ,  Turin. 

Je  dois  prévenir  que  ,  pour  l’intelligence  des  expérien- 


(1)  Saggio  solia  vera  sthiUura  del  cervello  delVuomo  c  degU 
aiiimaU  ,  e  sopra  le  funzioni  del  sistema  nervoso  ;  par.L.  Rolaiido. 
C  Sassari ,  1809.  )  - 

(2)  Rapport  sur  un  Mémoire  de  M.  Flourcns',  inliliilé  :  Délcrmina- 

liou  des  propriétés  du  Système  nerveux ,  ou  Rechcrclics  pliysiqucs  sur 
l’irritabilité  et  la  sensibilité;  par  M.  G.  Cuvier.  (^Mémoires  du 
Muséum  d’histoire  natUrçllié  ;  cinquième:  année ,  a.s  cahier  j  p.  iiaô  , 
Paris  ,  1822.  )  ■  I  ' 


ET  analyses.  â6î 

■CBS  que  je  vais  rapporter  ,  M.  Rolando  débute  dans  son 
ouvrage  par  une  nouvelle  description  de  la  structure  des 
organes  cérébraux.  Je  m’abstiendrai  néanmoins  d’entrèr 
à  cet  égard ,  dans  des  détails  anatomiques  que  je  suppose 
connus  du  lecteur  ,  d’autant  plus  qu’pn  peut  lire  le  trai¬ 
té  d’anatomie  descriptive  de  Cloquet ,,  qui  paraît  avoir- 
emprunté  de  Rolando  sa  description  du  cerveau. 

Un  fait  que  je  crois  devoir  encore  rétablir  ici ,  c’est 
que  la  marche  des  fibres  médullaires  qui  s’épanouissent 
pour  aller  fornaer  les  hémisphères  du  cerveau  et  du  cer- 
veiet ,  découverte  par  Rolando ,  ne  diffère  pas  essentielle¬ 
ment  de  l’explication  qu’en  ont  donnée  les  dpcteurs  Gall 
pt  Spurzheim.  «  On  pourrait  croire ,  dit  M.  Rplàndo  ,  que 
j’ai  eu  quelque  connaissance  de  la  manière  exacte  dont  les 
ingénieux  anatomistes  de  Vienne  ont  démontré  qu’il  fallait 
examiner  le,  cerveau  J  mais  çe,  doute  s’évanouira,  en  faisant 
attention  que  j’ai  annoncé,  il  y  a  deux  ans,  une  nouvelle 
structure  du  cerveau  entièrement  diverse,  de  tout  ce  qu’a¬ 
vaient  dit  avant  ce  temps  les  plus  célèbres  anatomistes  (i)» 
J’ajoute  que  je  confiai ,  à  la  même  éppque  ,  au  professeur 
tailoni ,  secrétaire  -  général  de  l'Acad^ie  Italienne  > 
un  mémoire  contenant  l’explication  des  fonctions  du  sys¬ 
tème  nerveux  chez  tous  les  êtres  vivans  ,  fondée  sur  leur, 
organisation ,  et  sur  des  expériences  qui  démontrent  l’usage 
des  diverses  parties  de  la  masse  cérébrale.  Bien  plus  , 
dans  mes  leçons  de  médecine  théoiiico-pratique,  non  seule-, 
ment  j'ài  .classifié  .depvHs  long-temps  les  nialadies  du  ,sys,- 
lèine  nerveux  en  affections  dés  héniisphères  ,  du  cervplet , 
fle|  la  moelle  alqngèe  et  du  nerf  intercostal ,  mais  j’ai  en- 
ePrè  enseigné^’  toujours  à  l’appui  des  expériences  et  des  oÜt 
sèrvatiéns  ,  qu’i|  n’y  avait  pas  un  symptôme  ,  pas  un  phé- 


(i)  Memoria  salle  cause  da  oui  dipendo  la  vite  d«gU  esseri  orga- 
nizzati,  {Fircnae  y  1807.  ) 


20 


g&i  tXTBAITS 

nomène  qui  no  trouvât  une  explication  facile ,  tandis  que , 
dans  les  iüeÜleurs  tVaités  sur  oes  maladies ,  tout  ést  dé- 
sbfdVe  ,  obscurité  et  confusion. 

»  Il  me  semble  que  rdü  d’aura  pas  de  peine  â  conclure 
de  tout  céci  que  je  connaissais  la  structure  du  cerveau 
telle  que  je  l’ai  décrite  ,  bien  avant  que  les  médecins  de 
Vienne  eussent  publié  leurs  observations  anatomiques  , 
puisque  c’est  à  l’aide  de  cette  structure  que  j’ai  expliqué 
les  fonctions  de  l’encéphale  avant  cette  époque  ,  ainsi 
que  les  altérations  morbides  les  plus  difficiles  à  compren¬ 
dre  (i).  Je  suis  bien  loin  de  vouloir  insinuer  pat*  cetté 
citation  ,  que  MM.  Gall  et  Spurzhëim  aient  profité  dès  re¬ 
cherches  anatomiques  dè  ROlando  ;  je  sais  au  contraire 
qu’à  l’époque  où  ces  deüx  célèbres  anàtOmistes  publièrent 
leurs  premiers  traVaüx  ,  il  était  impossible  qu’ils  eussent 
Connaissance  de  l’ouvragë  dont  nous  ùous  entretenons  : 
cë  n’ëSt  pas  la  prënrfère  fois  que  des  hbtiimés  dé  génie  se 
sont  iroüt^éS  d’accol’d  sur  un  tnèide  point  dé  doctrine ,  à 
riris^ü  les  uns  déà  àutréS.  » 

Après  Oettè  légère  digression  .  reVëtïoné  à  notre  sujet. 

Ë'cÉpéi^iènàès  iltt*  ib  céihe'àiï.  des  niammtfères  (2) . 
—  i  Voulant  dêteriirinër  lês  effets  quë  produirait  Un  coU- 
rdtit  de  fluide  galvâhiqüè  dirigé  du  éèrveàu  vers  les  diffé¬ 
rentes  parties,  (ë’èfet  Rolande  qui  parlé) ,  je  trépanai  le 
Crâne  d’un  côchoü  ,  et  j’introduisis  un  conducteur  de  la 
pile  voltaïque  daUs  lés  hétniSpbères  du  cervëaü  ,  en  le 
portant  tantôt  Sur  Un  point ,  tantôt  sür  un  aiitre,  tan¬ 
dis  que  l’autre  fil  était  Mis  en  contact  àveé  différentes 
aütrès  parties  du  corps.  Cès  expériences  répétées  sur  plu¬ 
sieurs  quadrupèdes  et  sür  dès  oisëàüx;  ilè  me  donnèrent 
pour  résultat  qué  dëS  contractions  violentes  ,  mais  j’ob- 


fi)  Saggio  suBa  itéra  slruUui-à ,  etc. ,  p.  8g. 

Saggio  itdla  vera  struUura  deV  cervéBo,  p.  3i. 


ET  ANALYSES.  563 

serval  qu’elles  étaient  heaucoup  plus  fortes  ,  lorsque  le 
métal  conducléur  pénéirait  dans  le  cervelet.  Les  hémi¬ 
sphères  du  cerveau-,  dans  le  cochon,  avaient  été  un  peu 
déchirées  par -l’introduction  répétée  de  la  pointe  du  con¬ 
ducteur  ,  de  façon  que  les  corps  striés  et  les  ventricules 
en  furent  assez  endpmmagés.  L’animal  vécut  encore  douze 
heures  dans  un  état  d’assoupissement ,  et  il  aurait  vécu 
plus  long-temps  encore ,  s’il  n’avait  pas  eu  à  essuyer  d’au¬ 
tres  attaques.  ^ 

Je  ne  tirai  pas  d’abord  de  ces  expériences  les  consé¬ 
quences  que  j’en  ai  tirées,  depuis  que  j’ai  découvert  que  les 
hémisphères  du  cerveau  étaient  un  amas  de  fibres  des¬ 
tinées  à  produire  des  mouvemens  particuliers  ,  et  après 
avoir  tenté  sur  le  cervelet  les  expériences  que  Je  rappor¬ 
terai  en  parlant  de  cet  organe. 

Un  chevreau  très-agile,  dont  Je  perforai  le  crâne  sur 
deux  points  difTérens ,  me  donna  des  résultats  beaucoup 
plus  satisfaisons.  Après  avoir  introduit  un  stylet  par  une 
des  ouvertures  faites  avec  le  trépan  ,  je  coupai  presque 
tous  les  fdets  de  substance  médullaire  qui  traversent  la 
portion  cendrée ,  d’où  elle  prend  le  nom  de  corps  strié , 
j’intéressai  même  le  corps  calleux  et  le  '  septum  luci- 
dum  ;  malgré  cela  ,  l’animal  se  soutenait  sur  les  pie4^ 
et  marchait  en  tournant  dans  le  ^ens  de  la  partie  lésée. 
Une  demirheure  après  ,  je  pratiquai  la  meine  opération 
sur  l’hémisphère  gauche  ,  mais  je  coupai  les  filamens 
que  j’ai  décrits  plus,  prés  de  leur  origine,  et  là  où  ils 
conservent  enc^ire  le  nom  de  jâmhes  dü  cerveau.  Quoi¬ 
que  la  perte  de  sang  ifât  .considérable ,  l’animal  ne  laissa 
pas  de  rester  ferme  et  immobile  sur  les  pieds  pendant 
l’espace  de  près  de  deux  heures  :  seulement  il  se  remuait 
lorsqu’un  choc  violent  le  forçait  à  , changer  de  .situation  5 
mais  des  irritations  légères  ,  un  bruit  assez  fort ,  la  vue 
des  alimens  ne  lui  faisaient  pas  exécuter  le  plus  pêlît  mou- 
eS.. 


EXTRAITS 


B64 

vement.  Après  deux  heures,  il  columença  à  faire  quel¬ 
ques  pas  pour  s’appuyer  contre  le  mùr,  ou  pour  sê 
fixer  dans  un  coin  ,  et  il  passa  ainsi  deux  où  trois  heu¬ 
res  dans  un  état  d’assoupissement  où  d’un  sommeil 
profond.  Vers  le  soir  il  se  coucha ,  et  dormit  proba¬ 
blement  toute  la  nuit,  puisque  le  lendemain  matin ,  il  fut 
ré  trouvé  h  la  même  place.  Je  le  tuai  trente-six  heures 
après  l’expérience ,  pour  examiner  les  parties  qui  avaient 
été  intéressées. 

La  même  expérience  faite  sur  un  petit  agneau  dôiina 
le  même  résultat.  On  doit  cependant  observer  que  l’im¬ 
mobilité  et  l’état  d’assoupissement  sont  moins  surpre- 
nans  ici  que  chez  le  chevreau  ,  qui  est  naturellement 
plus  vif  et  plus  agile.  Je  fis  les  mêmes  essais  sur  deux 
chiens  de  taille  ordinaire  ;  et  quoiqu’il  survînt  une  forte 
hémorrhagie  chez  le  premier  qui  fut  soumis  à  l’expé¬ 
rience  ,  j’introduisis  néanmoins  un  stylet  tranchant  dans 
l’un,  puis  dans  l’autre  hémisphère  ;  je  coupai  les  corps 
striés  eh  dilTérens  points;  je  perçai  les  jambes  du  cer¬ 
veau  et  les  couches  optiques  vers  la  protubérance  annu¬ 
laire,  après  quoi  l’animal  se  tint  quelque  temps  sur  ses' 
pieds ,  puis  se  coucha  et  resta  comme  pris  d’un  profond 
sommeil pendant  l’espace  de  dix  heures.  Enfin  ,  après 
quelques  mouvemens  d’extension ,  il  cessa  de  vivre.  L’autre 
chien  devint  comme  apoplectique  à  la  première  intro¬ 
duction  du  stylet  qui  servit  à  couper  les  corps  striés  et  les 
parties  voisines  ;  mais  après  une  lésion  faite  sur  les  cou¬ 
ches  optiques  et  sur  les  proéminences  big'éminales ,  il  fui 
attaqué  de  spasmes  tantôt  toniques ,  tantôt  cloniques; 
il  resta  pendant  quelque  temps  cataleptique ,  puis,  il  ex¬ 
pira  quelques  heures  après ,  au  milieu  des  convulsions. 

Des  phénomènes  fort  curieux  furent  aussi  observés 
sur  un  gros  cochon  chez  lequel  on  avait  coupé  les  fibres 
qui  vont  des  couches  optiques  aux  corps  striés.  A  peine 


ET  ANALYSES.  365 

fût-il  Opéré  ,  quo  l’on  observa  qu’il  ne  remuait  plus  les 
extrémités  antérieures  ,  comme  il  le  faisait  auparavant.; 
mais  quand  l’animal  voulait  les  mouvoir  d’un  coté ,  il 
semblait- qu’elles  se  mouvaient  spontanément  de  l’autre. 
Peu  de  temps  après  ,  il  tomba  dans  un  profond  assoupis¬ 
sement  >  pendant  leq,uel;  il  resta  près  de  dix  heures  sur 
ses  pieds  ,  appuyé  contre  le  mur  ,  avec  une  respiration 
stertoreuse.  S’il  lui  arrivait  de  s’éloigner  un.  peu>.il  cher¬ 
chait  aussitôt  un  appui;  ensuite  il  s’étendait  par  terre ,  et 
s’il  SC  relevait.,  ce  n’était  que  pour  un  instant.  Il  fut  tué 
vingt-six  heures  après  Fopétation. 

De  semblables  expériences  ont  été  répétées  de  mille  ma¬ 
nières  sur  un  très-grand  nombre  d’autres  animaux  ,  tels 
que  chèvres,  moutons  ,  cochons-d’Inde ,  etc. ,  principale¬ 
ment  dans  l’intention  de  voiries  phénomènes  résultans  des^ 
lésions  des  tubercules  bijumeaux  ,  des  couches  optiques 
du  corps  calleux  ,  de  la  voûte  et  de  ses  appendices.  ‘ 
Les  résultats  furent  que /toutes  les  fois  qu’un  grand  nonà- 
bre  de  fibres  qui  traversent  les  corps  striés  était  coupé' 
ou  déchiré  ,  que  la  Voûte  ou  le  corps  calleux-  était  inté¬ 
ressé  ,  il  s’ensuivait  un  état  de  léthargie',  et  d’autres 
fois- quelques  symptômes  fugitifs  de  catalepsie.  Toutefois 
les  signes  d’asSoupissemeiit  étaient  moins  prononcés  dans 
les  cochons-d’Inde  et  ies  autres  petits  animaux  ;  mais  j’ai 
observé  quelques  phénomènes  non  moins  singuliers. 

Si  j’emportais  l’un  des  hémisphères;  l’animal  marchait 
et  courait  eu  tournant  toujours  dans  la  même  direction  ; 
mais  en  faisant  sur  l’autre  hémisphère, une' lésion  sembla-' 
ble  ,  il  se  mettait  à  tourner  en  sens  opposé.  D’autres  fois  , 
après  les  mêmes  lésions  l’animal  courait  sans  suivre  aucune* 
direction  déterminée,  et  allait  heurter  contre  tous  les  ob¬ 
stacles  qui  se  trouvaient  devant  lui;  et  enfin ,  suivanl'ral- 
léràtion  prod-tite,  j’observai  qu’il  jouissait  commeudéalc- 
inent  de  ses  extrémités  postérieures,  et  qulîl  tournait  sur 


366  liXTiUiTï 

les  jambes  de  derrière  comme  sur  un  pivot  ,  au  lùoyeu  de 

celles  de  devant. 

J’aî  fait  des  expériences  innombrables  sur  descheyreanx  j 
des  agUeaux ,  des  cochons ,  des  daims  ,  des  chiens ,  des 
chats  et  des  cochons-d’^Inde ,  pour  voir  les  résultats  des 
lésions  faîtes  sur  les  tubercules  bijumeaux  et  sur  les  parties 
voisines  dés  couches  optiques;  mais  j’ai  rareftient  obtenu 
des  effets  constans  :  ce  qui  ne  doit  pas  surprendre,  si  l’on 
réfléchit  à  l’entrelacement  particulier  des  nombreux  fi¬ 
lets  médullaires  qui  se  rencontrent  dans  ces  parties.  Car, 
comme  il  est  extrêmement  difBcile  de  connaître  quels 
faisceaux  de  fibres  ont  été  intéressés  dans  cës  opérations , 
pd  nespeut  pas  tirer  deS  conclusions  claires  et  précises  , 
quand  il  y  a  quelques  différences  dans  les  résultats.  En  effet, 
j’ai  observé  chez  quelques-uns  des  plus  gros  de  ces  animaux, 
qu’après  aroirdéchirétantôtleSproéminences  bigéminales,, 
tantôt  une  portion  des  couches  optiques,  il  se  manifes¬ 
tait  des  phénomènes  qui  démontraient  que  les  muscles  de 
l’animal  ne  se  mouvaient  pas  dans  un  sens  direct,  mais 
avec  une  espèce  d’irrégularité  tout-à-fait  semblable  aux 
mouvemens  d’un  homme  ivre  :  c’est  pourquoi ,  tantôt  ils 
élevaient  les  pieds  plus  qu’il  n’est  besoin  de  le  faire  pour 
marcher  ,  tantôt  ils  ne  marchaient  qu’en  les  traînant.  : 

Ne  pouvant  donner  un  détail  de  toutes  les  observations 
que  m’ont  fournies  ces  expériences  et  beaucoup  d’autres , 
je  me  bornerai  à  en  rapporter  une  des  plus  surprenantes, 
faite  sur  des  cochons-d’Inde.  Après  avoir-intéressé  les  tu- 
bercules  bijumeaux,  et  qUelquefois la  portion  voisine  des 
couches  optiques  ÿ  cës  animaux  commençaient  d’abordpar 
tourner  comme  à  l’ordinaire,  ensuite  iis  se  couchaient  sur  un 
côté  en  remuant  continuellement  les  jambes ,  mais  surtout 
celles  de  devant ,  comme  s’ils  avaient  voulu  marcher.  Sais 
vénaient  à  se  coucher  sur  le  côté  opposé  à  celui  sur  le¬ 
quel  ils  étaient  tombés ,  ils  se  retournaient  tout  d’un  coup , 


ET  ASAtysEs,  36? 

et' reprpnaient  leur  prenaière  positÎQn  peu  près  ayec,  1^ 
mêiue  promptitude  que  ces  marionnettes  fmtes  arec,  une 
substance  très-légère ,  qui ,  aussitôt  qu’on  les  a  renversées, 
se  redressent  par  i’açtion  du  plomb,  qui  s, ert  de  coptrq- 
poids.  Si  on  les  soutenait  du  coté  sur  lequel,  ils  se  cou<-& 
çbaient,  ils  faisaient  quelques  pas  ;  s’il  arrivait  après  dix 
QU  quinze  jours. qu’ils  commençassent  è  marcher  d’eux- 
mêmes  ,  quoiqu’ils  parussent  guéris ,  le  plus  petit  choc 
suffisait  pour  les  faire  tomber  sur  ce.  même  côté,  et  jamais 
sur  Fautre ,  à  moins  d’un  ejQfoçt  extraordinaire,  Quelques 
expériences  au  moyen  desquei],es  la  glan4e  piuéale  fut  inté¬ 
ressée  et  inêm^  entièrement  8,éparée  ^e  ses-pédoncules , 
n’ont  fourni  aucune  djpnuéç  4’ph  l’ofa  puisse  faire  la  moin¬ 
dre  conjecture  sur  son  utilité. 

Su*  U  cerveau  des  oiseaux,  r--  Après  avoir  trépané  les 
deux  os  pariétaux  d’une  poule  avec  une  espèce  petite 
spatule,  j’emportai  une  grande  quantité  de  la  substance 
cendrée  qui  entre .  dans  la  composition  des  hémisphères 
du  çerveau.  L’animal  paraissait  souffrir  un  peu  dès  je  prin¬ 
cipe  ;  mais  vingt.minutes  après,  U  c.ommençait.à  mar^ 
cher,  à  boire,  et  à  manger  quelques  mmttes  de.  pain  ;  il 
était  néanmoins  un  peu  étourdi ,  et  comme,  dans  un  éfat 
d’ivresse,  et  ne  pouvait  parvenir  à  saisir  jes,  miettes  de 
pain  qu’après  avoir  donné  deux, oq  trois  épups  de  bec  , 
parce  que  |es  mouvemens  qu’il  faisait;  pour  çela  portaient 
souvent  à  faux.  Je  le»  tuai  24  heures  après  j’opération 
à  'l’ouverture  du  cerveau  ,  je  trouvai  une  déperdition  de 
près  de  deux  tiers  de  la  substance  des  hémisphères  ,  qui 
avait  été  remplacée  par  des  paillots .  de  sang  ;  mais  ni 
l’expansion  médullaire  que  l’on  trouve  à  la  face  interne 
des  hémisphères,  ni  la  portipn  pblongue  que  l’pn  ren¬ 
contre  vers  la  base  n’avaient  été  altérées. 

Ayant  fait  deux  ouvertures  sur  les  qs  pariétaux  d’un 
coq  d’une  vigueur  et  d’une  activité  extraordinaires,  j'epï- 


568  EXTRAITS 

portai  de  la  même  manière  une  grande  quantité  de  fa 
substance  cendrée  dont’  sont  forinés  les  hémisphères;  je 
déchirai  en  outre  avec  le  iriênie  instrument ,  non  seule¬ 
ment  l’expansion  médullaire  dont  il  a  été  fait  mention 
"^mais  encore  celle  qui  occupe  la  base' des  hémisphères. 
Cette  opération  fut  pratiquée  en  trois  temps,  à  un  inter¬ 
valle  d’une  demi-heure  l’un  de  l’autre.  A  mesure  que  j’at¬ 
taquais  plus  profondément  les  paftiès  dont  je  viens  de 
parler  ,  l’animal  se  calmait  et  devenait  stupide  :  à  la  lin 
il  s’assoupit  ,  et  se  coucha  par  terré  pendant  quelque' 
lemps  :  une  heure  après  il  se  releva  ,  restant  sur  sés  pieds 
immobile  coméde  une  statue  ,  et  il  n’y  avait  ni  briiit  ni' 
alimens  ,  hî’eàü  ,  ni  piqûres  qui  pussent  liii  faire  éxécu-’ 
ter  le  plus  petit  mouvement  ;  ce  h’était  que  par  un  choc' 
violent'  tel  qu’un  coup  dé  pied  ,  par  exemple  ,  qu’on  Ini 
faisait  changer  de  situation.  Jé  pénétrai  avéc  le  même 
instrument  dans  les  couches  optiqués  sur  chacune  des¬ 
quelles  je  pratiquai- trois  bu  quatre  incisions  ;  ce  qui  ne’ 
donna  aucun  résultat  nouveau,  Jinqu  que  les  yeux 
restaient  ouverts ,  les  pupilles  dilatées  ,  sans  qii’il  fût  pos¬ 
sible  de  les  faire  fermer  par  l’approche  d’im  corps  étran-- 
ger  quelconque.  ‘ 

L’animal  resta  dans  cet  état  pendant  qüarante-huit  heù-' 
res  ,  sans  prendre  aucun  aliment  de  lui-même  ;  cependant 
il  avala  quelques  pelotes  de  pain  que  je  lui  introduisis 
dans  le  gosier.  J’observai ,  après  l’avoir  tué  au  bout  de  ce 
temps,  que  les  déüx  faisceaux  de  fibres  médullaires  qui' 
donnent  naissance  aux  deux  produits  médüllaires  dont  j’ai 
parlé ,  avaient  été  altérés  comme  ceüx-Ci  i  et  entière¬ 
ment  détruits.  ' 

J’ai  répété  cette  expérience  sur  des  poulets  ,'  des'faü-’ 
cons  et  des  canards,  et  presque  constamment  avec  le' 
même  succès.  ■  ■  ' 

Les  mêmes  lésions  faites  sur  Un' gros  corbeau' doué 


ET'ANALYSES.  ■  5'6g 

d’une  force  et  d’une’ ruse  singulières ,  sont  d’un  grand 
"poids  én  faveur  de  mon  opinion.  Il  resta  immobile  comme 
lè  coq  ,  et  quoiqu’il  se  tînt  d’à-pldinb  sur  les  pieds,  il 
ri’en  resta  pas  moins  assoupi,  tellèraënt  qu’il  n’ouvrait  les 
ÿéux  qu’à  un  bruit  très-fort ,  et  il  levait  la  tête ,  ou  bien  il 
làtenait  sous  son  aile ,  comme  s’il  avait  réellement  dormi. 
Aucun  objet  externe  ne  pouvait  l’émouvoir;  il  n’était 
plus  transporté  de  colère  à  la  vue  d’un  chien  ou  d’une 
poule-d’eau  qu’il  poursuivait  auparavant  avec  une  rare 
adresse,  comme  ses  plus  mortels  ennemis.  Après  qu’il  eût 
passé  vingt-huit  heures  dans  cet  état ,  je  voulus  pratiquer 
quelques  lésions  plus  profondément;  mais  ayant  touché 
involontairement  le  point  placé  au-dessus  de  la  protubé  - 
rance  annulaire  ,  il  fut  saisi  de  hoquets  fréquens  ,  puis  de 
convulsions  ,  et  il  périt  enfin  au  bout  d’une  demi-heure. 

'  Ayant  à  peine  touché  les  parties  voisines  de  la  protubé¬ 
rance  annulaire  sur  plusieurs  poulets  ,  il  ’ m’arriva’ deux 
fois  de  reproduire  les  hoquets  qui  furent  constamment 
suivis  de  convulsions  et  de  la  mort. 

Sur  le  cerveau  des  reptiles  et  des  poissons.  —  Depuis 
long-temps’ j’avais  connaissance  des  expériences  dû  cé¬ 
lèbre  Fontana ,  d’où  il  résultait  qu’en  enlevant  l’encéphale 
chez  une  tortue  ,  celle-ci  vivait  encore  près  de  six  mois  en 
continuant  de  manger  et  de  marcher  Comme  auparavant. 
C’est  en  vain  que  j’avais  répété  cette  expérience  :  toutes 
les  fois  qtie  j’emportais  entièrement  la  masse  cérébrale 
jusques  par  derrière  le  cervelet ,  l’animal  expirait  aussi 
promptement  que  si  on  lui  eût  côupé  la  tête.  ; 

Lorsque  j’eus  ùcdasion  de  m’entretenir  avec  ce  célèbre 
personnage,  qui  a  cultivé  avec  tant  de  zèle  et  de  succès 
toutes  les  branches  de  l’histoire  naturelle ,  je  ne  manquai 
pas  de  l’interroger  sur  les  différens  résultats  de  ses  expé- 
riénces  :  il  m’assura  qu’il  avait  toujours  obtenu  les  mêmes 
elfets  en  vidant  complètement  la  cavité  du  crâne.  Je  répé- 


570  EXTRAITS 

tai  ensuite  l’expérience  avec  la  plus  grande  exactitude ,  çt 
ne  répandant  qu’une  très-petite  quantité  de  sang  ;  ip^îs 
chaque  fois  que  la  moelle  alongée  était  gravement  inté¬ 
ressée  ,  la  mort  arrivait ,  et  après  vingt-quatre  heures  on 
quarante  huit  heures  ,  Tanimal  ne  donnait  .plus  aucun 
signe  de  mobilité  sous  l’action  del’électricité  galvaniqqe. 

Voyant  que  toutes  ces  expériences  étaient  infruc¬ 
tueuses  ,  je  tâchai  de  les  varier ,  et  dans  cette  intention 
je  n’emportai  que  les  deux  hémisphères  du  cerveau  d’une 
tortue ,  laissant  les  autres  parties  intactes.  Elle  vécut  pen¬ 
dant  très-long-ternps ,  ainsi  que  plusieürs  autres  opérées 
de  la  même  manière.  Après  cette  ablation,  ces  animaux 
devenaient  plus  stupides  ;  ils  ne  perdaient  pas  j  il  est  vrai, 
la  faculté  de  se  mouvoir  ,  mais  ils  né  se  mouvaient  que 
rarement  ,  ét  lorsqu’ils  étaient  fortement  irrités. 

J’emportai  les  Couches  optiques  ch.e?  quelques  autres , 
le  résultat  fut  seulement  une  augmentation  de  stupidité. 
Je  laissai  vivre  un  de  ces  derniers  pendant  deux  mois , 
et  il  mourut  enfin,  parce  que  la  w«sc<t  carMarta  avait 
déposé  ses  larvés  dans  la  cavité  du  crâne ,  lesquelles  s’é  ■ 
tant  développées  détruisirent  probablement  le  reste  de  la 
masse  cérébrale. 

J’enlevai  les  deux  hémisphères  du  cerveau  sur  une 
énorme  tortue  de  mer,  chei!  laquelle  cette  opération  offre 
plus  de  difficulté  à  cause  des  grandes  masses  musculaires 
dont  les  os  du  crâne  sont  recouverts.  L’ayant  ensuite  re¬ 
mise  à  l’eau,  elle  nagea  pendant  quelque  temps ,  pujs 
elle  gagna  le  fond ,  où  elle  restait  immobile  pendant  des 
heures  entières ,  se  tournant  seulement  quelquefois  tantôt 
d’un  côté-,  tantôt  de  l’autre  ;  cependant  «  quand  on  la 
soulevait  avec  la  corde  avec  laquelle  on  la  tenait  attachée, 
elle  nageait  un  peu  et  se  laissait  ensuite  retomber  au  fond 
de  l’eau.  .  .  •  ,  ; 

J’emportai  les  deux  hémisphères  du  cerveau  chez  Ir 


ET  A'WALVSES. 

squalus  catultis y  L. ,  et  l’ayant  ensuite  remis  à  l’eau  ,  il 
s’enfuit  arec  la  plus  grande  prestesse  ,  quoiqu’il  eut 
l’estomac  percé  du  hameçon  qui  avait  servi  à  le  pêcher» 
puis  il  alla  se  cacher  derrière  une  pierre,  où  il  ne  sor¬ 
tait  de  son  immobilité  qu’en  l’agaçant  fortement. 

Ges  expériences  répétées  et  variées  de  mille  manières 
chez  les  tortues,  m’ont  toujours  donné  le  mêpie  ré¬ 
sultat.  .  . 

Gomme  on  ne  distingue  plus,  de  véritables  hémisphères 
chez  les  animaux  invertébrés,  il  ne  m’a  pas  été  possible 
de  faire  sur  ces  derniers  des  expériences  sous  le  même 
point  de  vue  que  celles  que  je  viens  do  rapporter. 

•  J’aurai  occasion  d’en  citer  quelques-unes  en  parlant 
du  cerveletr  j’avertis  pour  le  moment  que  des  lésions  fort 
légères  sur  les  parties  qui  tiennent  lieu  de  cerveau  chez 
lai  septa,  sur  les  ganglions  de  la  et  d’autres. mol¬ 

lusques  et^rustacés  ,  ne  troublent  nullement  leurs  fonc¬ 
tions;  mais  si.  on  intéresse  plus  gravement  ces  parties  , 
l’animal  pérît  en  fort  peu  de  temps. 

EvDpéviencès  faites  sur  le  cervelet  des  mammifères. 
-^La  structure  du  cervelet  ;  les  découvertes  importantes 
faites  par  le  professeur  de  Padoue  sur  le,  grand  nombre 
de  feuillets  dont  il  est  composé  ,  firent  naître  en  moi 
plusieurs  soupçons ,  sur  le  véritable  usage  de  cet  organe. 
Je  crus  qu’il  était  déstiné  à  la  locomotion ,  et  pour  cour- 
Crmet  cette  opinion ,  voici  les  expériences  que  j’entrepris 
de  feire  sur  le  cervelet.  \  - 

Ayant  pratiqué  avec  le  trépan  une  ouverture  sur  un 
des  côtés  du  cervelet  chez  quelques  cochons  et  chez  un 
mouton  ,  j’emportai , à  plusieurs  reprises  tout  ce  que  je 
pus  emporter  ;  mais  la  lésion  s’étendait  à  peine  au-delà  du 
côté  trépané,  que  l’animal  était  frappé  d’hémiplégie,  et 
il  périssait  au  milieu  des  spasmes  convulsifs  et  de  l’hé- 
morrhagici  -  ,  ■ 


372  EXTRAITS 

Il  ést  très-dillGicile  de  pénétrer,  dans  lé  cervelet  des 
quadrupèdes  sans  les  priver  tout-à-cqup  de  la  vie,  et  ra¬ 
nimai, qui/m^a  paru  le  plus  propre  h  ce  genre  d’expérieiiv 
ces ,  c’est  encore  je  chevreau.  One  ouverture  ayant  été  faite 
avec  le  trépan,  jehonpai  eu  différehs  sens  ,  avec:  un  stylet 
tranchant,  fe  cecvelét  d’un  de  ces  animaux,  après  quoi 
il  ne  .put  plus  se  soutenir  sur  ses  jambes ,  .  comme  s’il 
eût  été  paralysé.  11  vécut  vingt-quatre  heures  en  cet  état, 
et  üiourut  dans  les  convulsions,  L’aùtopsie  me  montra 
ùriê-.graude  quantité  de  sang  coagulé  sur  le  quatrième  ven¬ 
tricule ,  ce  qui ,  je  crois  ;  fut  la  principale  cause  des  spas¬ 
mes  et  de  la  mort^;  Je  manquerais  à  la.  brièveté  que  j’ai  dû 
m’imposer,  si.  je  voulais  rapporter  minutieusement  toutes 
les  expériences  que  j’ai  multipliées  de  différentes' manières 
sur. le, cervelet  d’un  grand  nombre  de  quadrupèdes;  jéme 
-bornerai  à  dire  que  la  diminution  du  mouvement  était 
toujours  en,  raison  directe  de  la  lésion  du  cervelet. -C’est 
pourquoi  l’animal  était  tantôt  entièrementiparalysé  ,  tan¬ 
tôt  il  ne  l’était  que  d’un  seul  côté,  d’autres  fois  les  extré¬ 
mités  antérieures  ou  postérieures  sfeulés  étaient  privées 
du  mouvement,  suivant  que  cet  organe  était  détruit  en 
totalité  ou  en  partioi  .  , 

Sur  le  cervelet  des  oiseaux,  — Je  trépanai  des. oiseaux 
de  plusieurs,. espèces  sur  le  point  correspondant,  tàntôt 
à  la  partie  latérale  ,  tantôt  à  la  partie  supérieure  du  cer¬ 
velet,  et  le  mouvement  des  muscles  soumis  à  la  faculté 
locomotrice  cessa  toujours  en  raison  de  la  lésion  qui  avait 
été  faite. 

Ayant  perforé  la  partie  supérieure  du  cervelet  d’un 
coq  avec  un  instrument  approprié,  j’enlevai  à-peu-près 
la  moitié  du  côté  droit  de  ceforgane.  A  l’instant,  il  fut 
frappé  de  paralysie  et  tomba  du  inême  côté  sans  pouvoir 
se  servir  eu  aucune  manière  de  la  jambe  droite  ni  exécuter 
avec  celte  jambe  le  plus  léger  mouvement.  Pour  m’assurer 


lîT  ANALYSES.  SyS 

Ûe  plus  en  plus  de  ce  phénomène  singulier  ,  je  pris  avec 
la  main  la  jambe  du  côté  blessé ,  et  en  la  soutenant  dans 
une  position  favorable  ,  le  coq  pouvait  faire  quelques 
pas  sur  l’autre  jambe  ,  mais  peu  de  temps  après  il  ne  pou¬ 
vait  pas  même  s’en  servir,  et  à  la  fm  la  paraly®i® 
les  deux  côtés. 

On  doit  observer  que ,  dans  ces  lésions  du  cervelet , 
l’animai  ne  tombe  jamais  dans  l’assoupissement  et  la  stu¬ 
peur;  il  lient  les  yeux  ouverts ,  regarde  tous  les  objets , 
mais  c’est  envain  qu’il  essaye  d’exécuter  le  moindre  mou¬ 
vement  au  moyen  des  muscles  qui  dépendent  de  la  faculté 
locomotrice.  11  faut  convenir  néanmoins  qu’il  fait  quel¬ 
quefois  de  légers  mouvemèns  avec  les  ailes  et  les  extré¬ 
mités  inférieures  ,  mais  ces  mouvemens  semblent  être 
l’effet  de  la  seule  mobilité  dont  jpuit  encore  la  fibre  mus- 
ciilairé ,  ou  bien  ils  ont  lieu  lorsque  quelque  morceau  con¬ 
sidérable  de  cervelet  reste  intact ,  de  manière  qu’il  peut 
encore  remplir  une  partie  de  ses  fonctions. 

'  Si  je  déchirais  l’organe  tout  d’un  coup  ou  que  je  l’em¬ 
portasse  en  entier,  l’animal  était  constamment  frappé 
d’une  paralysie  com^plète;  mais  quand  la  lésion  n’était  qae 
légère ,  peu  d’heures  après  il  recouvrait  la  faculté  de  se 
rhouyoir.  ■ 

Sur  le  ctirv'élêt  dM  n^eptiles  et  des  poissons.  —  Les  èx- 
périencés  que  j’ai  faites  sur  les  animaux  à  sang  froid 
m’ont  donné  des,  résultâts  seinblables.'  ’ 

Une  tortue  dont  je  séparai  le  cervelet  de  là  moelle 
alongée resta  éntiérement  paralysée ,  et  vécut  pendant  dix 
ou  douze  jours  dans  la  plus  parfaite' inàmobîlité.  Après 
une  pareille  opéra tioh  '  une  aütré  tërtue  vit  encore  depuis 
dc'ùx  niiois ,  séhsiblë  conîmo  à  l’ordinaire  àùx'  plus  légères 
offenses'  et  à  la  plus  faible  blimulàtion  ,  mais  inim'obilc  aû 
point  de  ne  pouvoii’’s’ôr6ighèr  én^'aücüuëihànlère  du  lien 
ou  elle  est  inquiétée.  Je  traitai  de  la  même  façon  un  lé- 


574  IiXXBA.ITS 

zard  avec  un  égal  succèç.  Mais  ce  qui  esl surprenant, c’est 
dé  voir  lès  mêmes  phénomènes  avoir  lieu  chez  deux  ser- 
pens  d’une  espèce  extrêmement  agile  [colubernatrix,  L.). 
N’ayant  pas  emporté  complètement  l’organe  d’où  dépend 
la  locomotion  chez  le  premier,  qui  était  le  plus  petit,  il 
resta  paralytique  pendant  deux  ou  trois  heures ,  mais  il 
recouvra  ses  forces  par  la  suite  ,  et  s’enfuit.  Le  second 
ayant  été  mieux  opéré  ,  fut  entièrement  privé  de  la  faculté 
de  se  mouvoir  ;  seulement  il  était  par  intervalles  agité  de 
mouvemens  incertains ,  qui  n’étaient  point  dirigés  par  l'ins¬ 
tinct,  mais  dépendans  de  la  grande  mobilité  de  la  fibre 
musculaire  de  ces  animaux.  Il  périt  au  bout  de  cinq 
jours.  * 

Pour  rendre  complète  cette  expérience  sur  les  poissons , 
qui  meurent  avec  facilité  pour  peu  qu’on  les  tienne  hors 
de  leur  élément ,  je  fixai ,  avec  des  attaches ,  contre  une 
petite  table ,  un  sparus  erytkrynus  ,■  L. ,  pesant  environ 
deux  livres.  Et  étant  ainsi  assujeti  sous  l’eau  >  je  lui  empor¬ 
tai  tout  le  cervelet;  l’ayant  ensuite  détaché,  il  tomba 
comme  mort  au  fond  du  baquet,  quoiqu’il  vécut  ensuite. 

Je  pratiquai  la  même  opération  sur  un  squalus  catultà 
avec  bien  plus  de  facilité,  parce  que  te  crâne  de  ce  pois¬ 
son  est  cartilagineux ,  et  qu’il  peut  rester  plus  long-temps 
hors  de  l’eau.  Il  perdit  la  faculté  de  se  mouvoif,  et  l’ayant 
remis  dans  l’eau ,  il  n’exécutait  plus  que  quelques  mou¬ 
vemens  vagues  et  incertains,  et  ne  pouvait  plus  se  livrer 
à  la  natation. 

J’ai  observé,  comme  je  l’ai  dit;  que  les  lésions  faites 
sur  le  cervelet  de  plusieurs  poulets  guérissaient  prompte¬ 
ment,  et  que  ces  animaux  recouvraient  leur  ancienne  ap¬ 
titude 'è  se  mouvoir.  Mais' j’ai  vu  la  même  chose,  d’une 
manière  plus  singulière  chez  la  tortue  que  j’opérai  la  pre- 
mièrè,  et  dont  je  n’avais  fait  que  déchirer  et  diviser  l’or^ 
gane  en  qüestion.  L^animal  resta  paralysé  pendant  plu- 


ET  ANAI.ŸSES.  SjS 

sieurs  heures,  mais  bientôt  après  ii  acquit  une  facilité' 
surprenante  à  se  mouvoir,  si  bien  qu’il  niarchait  àvec 
une  vîtesse  pour  ainsi  dirè  quadruple  de  ce  qu’il  avait  éou- 
tumé  de  faire  auparavant.  Je  fus  curiëüx  d’exadiiner  le 
cervelet  ,  qüi  était  seulement  couvert  d’un  sang  coagulé  ; 
il  me  parut  cicatrisé  et  avoir  aCquis  un  volume  cotiàidé^ 
rable.  Sèrait-.il  possible  que  Je  cervelet  aÿànf  acquis  par 
le  moyen  de  la  cicatrice  un  plus  grand  développement ,  il 
pût  ainsi  contribuer  à  l’agilité  insolite  dont  cet  animal 
jouissait  après  l’Cpération.  ; 

Expériences  semblables  tentées  sur  les  animaux  in¬ 
vertébrés. —  J’ai  encore  étendu  ces  observations  aux  ani¬ 
maux  invertébrés,  daus  lesquels  on  ne  pourrait  pas  bien 
dire  quelle  est  la  partie  qui  fait  fonction  de  cervelet ,  l’en¬ 
céphale  de  ces  animaux  étant  composé  de  deux  ou  plu¬ 
sieurs  ganglions  situés  autour  de  l’oesophage.  Il  est  éga¬ 
lement  difficile  d’emporter  une  partie  des  ganglions  qui' 
constituent  le  cerveau  des  mollusques ,  sans  porter  des 
atteintes  graves  à  la  vie  de  l’animal.  Celui  de  tous  qui 
parait  le  plus  propre  à  Ces  opérations ,  c’est  la  lipsia, 
chez  laquelle  trois  ganglions  principaux  qüi  environnent 
l’œsophage  forment  le  centre  d’où  partent  les  ramifica¬ 
tions  nerveuses  qui  se  distribuent  dans  tout  le  corps.  Je 
coupai  avec  dextérité  ces  ganglions  jusqu’à  moitié  environ 
de  leur  épaisseur,  ©nies  laissant  encore  réunis  entre eüx> 
et  l’animal  ne  me  parut  pas  donner  des  signes  d’uüe  lé¬ 
sion  grave  et  subite;  ce  qüi  avait  lieu  lorsque  j’empor¬ 
tais  deux  ganglions  entiers  ;  alors  l’animal  ne  tardait  pas 
à  périr. 

Les  animaux  chez  qui  lè  système  nerveux  est  entre¬ 
coupé  par  de  nombreux  ganglions ,  supportent  plus  faci¬ 
lement  les  lésions  graves  faites  sur  les  Organes  qüi  tiennent 
lieu  de  cerveau  et  de  cervelet  :  tels  sont  les  insectes  et  les 
crustacés.  Personne  n’ignore  que  l’on  peut  couper  la  tête 


376-  EXTRAITS 

à  une  mouche ,  à  une  sauterelle ,  à  un  scarabée ,  à,  un 
cerf-volant,  sans  que  l’animal  soit  entièrement  privé  de  la. 
locomotion,  parce  que  de  nombreux  ganglions  peuvent 
faire  fonction  de  cervelet ,  pour  les  parties  qüi  en  reçoivent 
des'ramifications.  J’ai  observé  néanmoins  que  la  locomo¬ 
tion  se  fait  d’une  manière  beaucoup  plus  imparfaite,  et 
qu’aucun  de  ces  animaux  ne  survit  plus  de  vingt-quatre 
ou  quarante-huit  heures  à  sa  décapitation.  Enfin  ils  res¬ 
tent  privés  de  tout  mouvement  si ,  en  séparant  violem¬ 
ment  la  tête  du  tronc,  on  déchire  ou  l’on  intéresse 
en  même  temps  tout  le  cordon  nerveux:  le  contraire 
a  lieu  lorsqu’on  a  soin  dè  couper  la  tête  de  manière 
quede  ganglion  situé  sous  l’œsophage  reste  dans  son  in¬ 
tégrité.  .  ,  - 

De  tout  ce  qui  vient  d’être  dit,  il  me  semble  que  l’on 
doit  conclure  que  les  organes  d’où  dépendent  le  sentiment 
et  . le  mouvement  sont  tellement  confondus  et  unis  en-; 
semble  dans  les  animaux  invertébrés ,  qu’il  paraît  impos¬ 
sible;  de  des  séparer. 

\  Çfinclusions- déduites  des  expériences  précédentes.  — 
Les.éxpérîences  que  je  viens  de  citer  portèrent  M.  Rolande 
à  endéduire  des conséquences  très-simples  qui, se  présen¬ 
tent  d’elles-mêmes  à  l’esprit  du  lecteur.  En  effet,  si  la 
lésion  ,  la  compression ,  la  destruction  ou  l’ablation  des 
hémisphères  du  cerveau  est  constamment  suivie  de  l’alté¬ 
ration  ou  de  la  privation  complète  des  fonctions  intelleç- 
tuelles/on  est  bjen  forcé  de  conclure  queles  hémisphères 
sont  l’organe.qui;  préside, ù  ces  fonctions,  et  que  quand 
elles  sont  interrompues  par  une  cause  morbide  ,  c’est  ^en- 
.core  , dans  les.  hémisphères  qu’il  faut  chercher  le  siège  des 
ajtera;tiqns  qui  produisent  de  semblables  effets.  D’un;autrc 
cplé,  comment, né, pas, reconnaître  le  cervejet  comùie  l’èr^ 
gane,  des,,moù.vompns  mpsculaires,  soumis,  à  la  volonté., 
quqnd;  la  .destrüctipn  de  ,.cet,  organe  est  accompagnée  ,  dé 


ET  ARALÏSÉS.  ggg 

la  cessation  de  ces  mouvemens  ,  dans  toutes  les  classes 
d’animaux  ,  sans  aucune  exception  ?  Dire  que  les  nerfs 
sont  les  instrumens  de  la  transmission  des  impressions  dé 
la  périphérie  au  centre ,  ce  serait  répéter  ce  qu’on  a  dit 
de  tout  temps  ;  mais  déterminer  par  quel  mécanisme  s’o¬ 
pèrent  ces  phénomènes ,  je  ne  sache  pas  que  personne 
l’ait  fait  avant  M.  Rolande.  Cet  ingénieux  physiologiste 
admet  la  sécrétion  d’un  fluide  dans  le  cervelet ,  et  des  filets 
nerveux  conducteurs  de  ce  fluide  destinés  à  irriter  la  fibre 
musculaire  pour  en  déterminer  la  contraction  :  les  im¬ 
pressions  ,  au  contraire ,  seraient  transmises  au  cerveau  par 
un  mouvement  particulier  de  la  pulpe  nerveuse  ,  et  sans 
l’intermédiaire  d’aucun  fluide. 

Mais  je  rapporterai  encore  ses  propres  paroles,,  pour 
ne  pas  altérer  sa  pensée. 

«  L’analyse  rigoureuse  des  phénomènes ,  dit-il,  la  struc¬ 
ture  des  hémisphères  du  cerveau  ,  telle  que  je  l’ai  décrite , 
les  expériences  que  j’ai  citées,  démontrent  jusqu’à  l’évi¬ 
dence  que  les  opérations  cérébrales  sont  de  vrais  moUye- 
mens  des  fibres  du  cerveau.  Si  les  expériences  que  l’on  a 
faites  depuis  tant  de  siècles  pour  connaître  la  structure  de 
la  masse  cérébrale ,  ont  été  infructueuses  pour  la  physio¬ 
logie  et  la  pathologie  ,  cela  vient  de  ce  que  les  anatomistes 
ont  cruvoir,  les  uns  après  les  autres  ,  des  parties  qui  n’exis¬ 
tent  pas  par  elles-mêmes,  et  qu’ils  les  ont  décrites  parfaite¬ 
ment  et  isolées  les  unes  des  autres.  Telle  est  l’idée  qu’ils 
nous  donnaient  du  corps  calleux,  de  la  voûte  à  trois  pi¬ 
liers  ,  des  corps  striés ,  des  couches  optiques ,  etc. 

J’ose  me  flatter  que  l’aspect  sous  lequel  j’ai  présenté  la 
structure  des  hémisphères  du  cerveau  ,  est 'beaucoup  plus 
favorable  à  l’explication  de  leurs  fonctions ,  et  plus  ana¬ 
logue  à  ce;  que  l’on  observe  sur  la  composition  de  tant 
d’autres  parties  de  la  machine  animale.  En  considérant 
les  hémisphères  du  cerveau  cpmmè  uli  amas  de  fibres  qui , 
1.  26 


âo4  .  EXTUArfs. 

d’ abord  rdanîes  en  faisceaux  dans  leurs  jambes ,  divergent 
ensuite  et  se  ramifient  pour  former  les  parties  dont 
il  est  (juestion ,  on  trouve  la  plus  grande  analogie  pour 
établir  que  ces  parties  doivent  jouir  comme  tant  d’au¬ 
tres  ,  quoique  plus  grosses ,  d’une  mobilité  exquise  >  la¬ 
quelle  venant  à  être  détruite  ,  diminuée  ou  augmentée  , 
on  peut  expliquer  les  divers  états  morbides  dont  on  a 
bien  toujours  cru  que  le  siège  était  dans  la  masse  céré¬ 
brale  ,  sans  oser  imaginer  quelle  était  la  véritable  altéra¬ 
tion  de  cet  organe. 

Maintenant:  n’est-il  pas  vrai  que  si ,  en  déchirant , 
broyant ,  ou  détruisant  les  hémisphères  ,  où  produit  l’as¬ 
soupissement  ,  la  démence ,  la  stupeur ,  toutes  les  fois 
qu’on  observe  un  état  pareil  par  suiter  d’une  causé  mor¬ 
bide  ,  comme  dans  l’apoplexie  et  dans  la  léthargie ,  on 
doit  nécessairement  supposer  que  l’énergie  des  fibres  des 
hémisphères  est  plus  ou  moins  profondément  altérée  , 
tout  comme  Un  miiscle  est  paralysé  lorsque  l’aptitude  au 
mouvement  est  détruite  ?  Au  êonlraire  ,  si  l’activité  des 
fibres  cérébrales  est  augmentée  i  on  verra  s’augmenter  aussi 
les  opérations  qui  sont  produites  Ou  modifiées  par  les  or¬ 
ganes  cérébraux  ,  comme  on  l’obse'rvedans  les  différentes 
espèces  de  manie.  *  - 

H  résulte  aussi  des  expériences  citées  ,  que  Si  l’on 
blesse ,  si  l’on  détruit  le  cervèlet  chez  tous  les  animaux 
vertébrés  ,  Ta  faculté  locomotrice  diminue  dans  la  même 
proportion.  Mais  comment,  së  demande  M.  Rolandoi  le 
cervelet  pourra-t-il  être  l’organe  des  mouvemens  qui  ont 
lieu  dans  les  muscles  ,  de  telle  façon  que  s’il  vient  à  être 
altéré  ,  ces  mouvemens  deviennent  incertains  et  vagues , 
et  qu’ils  cessent  enlièrément  lorsque  l’organe  est  complè¬ 
tement  enlevé  ?  Quefest  le  mécanisme  de  Ce  viscère  pour 
.produire  de  semblables  effets  ,  et  quelle  peut  être  Tütilité 
de  la  structure  lamelléé  qu’il  présente  chez  tous  les  ani- 


ET  ANAiï-SES.  5q5 

maux?  La  découverte  lùmÎBeuse  du  fluide  galvanique  ,  et 
les  superbes  expériences  de  Galvanr  et  d’Aldini ,  avaient 
flatté  notre  auteur  de  l’espoir^  de  ti’ouver  la  véritablé  ex- 
plicalioa  des  fonctions  du  système  nerveux  en  général. 
Mais  comment  admettre  la  pile  animale  si  ingénieusement 
•imaginée  par  Aldini  ?  où  trouver  cet  organe  vraiment  ca¬ 
pable  de  prod  uire  tous  les  effets  que  l’on  veut  expliquer  ? 
Si  les  phénomènes  de  la  locomotion  sont  l’effet  d’un  mé¬ 
canisme  particulier ,  les  expériences  de  M.  Rolàndo  dé¬ 
montrent  que  c’est  dans  le  cervelet  qu’il  faut  le’ chercher. 

«  J’avais  d’abord  soupçonné  ,  dit-il ,  que  les  corps  striés 
étaient  destinés  à  cet  usage ,  mais  un  examen  plus  attentif 
de  la  structure  des  hémisphères  du  cerveau  ,  et  la  ressem- 
blance  de  quelques  appareils  de  torpille  avec  le  cervelet 
des  oiseaux ,  me  convainquirent  que  cette  partie  de  l’encé¬ 
phale  n’avait  pas  encore  été  examinée  avec  tout  le  soin 
qu’elle  devait  l’être  ;  je  me  persuadai  que  cet  organe  était 
un  véritable  électromoteur  dans  lequel  se  secrète  un  fluide 
analogue  au  fluide  galvanique ,  qui ,  étant  ensuite  trans¬ 
porté  par  les  nerfs  qui  lui  servent  de  conducteurs ,  allait 
stimuler  les  muscles  destinés  à  la  lôcomotibn. 

-  En  effet ,  si  un  appareil  composé  de  diverses  substances 
non  métalliques ,  telles  que  le  schiste  ,  le  charbon ,  la 
chair  musculaire  ,  la  substance  cérébrale  ;  si  l’organe 
électriquede  la  torpillé,  du  silurm ,  du  gyinnùtus ,  côm-' 
posé  d’ùne  substance  albumîno-gélatinoso-cartilagiueusé  , 
et  d’autres  semblables ,  sont  propres  h  préparer  et  à  déve¬ 
lopper  une  irèsigraridé  quantité  dé  fluide  électrique  ca¬ 
pable  de  donner  de  violentes  secousses  ,  pourquoi  uu 
principe  semblable ,  tel  que  le  fluide  nérveux ,  no  serait-il 
pas  formé  par  les  feuillets  nombreux  de  substance  jau¬ 
nâtre  et  cendrée  du  cervelet?- Que  pourra-t-on  trouver  de 
plus  évident  pour  établir  que  le  cérVelet  est  un  organe 
dont  la  structure' eat  entièrement  semblable  à  l’appareil 
aG.. 


596  EXTRAITS 

de  Volta?  Quelle  autre  preuvfî  pourrait-on  désirer,  pour 
démontrer  que  ce  viscère  prépare  un  fluide  analogue  à 
celui  que  développe  l’instrument  en  question?  Quelle 
conséquence  plus  directe  pourrait-on  tirer ,  si  le  cerve¬ 
let  étant  lésé  ou  détruit ,  on  voit  cesser  toute  influence 
du  fluide  nervôux  sur  les  muscles  de  la  locomotion  ? 

Mais  s'il  est  démontré  qu’en  blessant ,  en  détruisant , 
en  comprimant  le  cervelet ,  tant  chez  les  quadrupèdes 
que  chez  les  oiseaux  et  les  reptiles,  il  en  résulte  une  pa¬ 
ralysie  ou  un  défaut  des  mouvemens  des  fibres  musculaires 
soumises  h  la  faculté  locomotrice,  il  n’en  faut  pas  con¬ 
clure  que  chaque  fois  que  de  tels  phénomènes  morbides 
se  passent  dans  1^  machine  animale  sous  l’influence  de 
causes  morbides,  ils  doivent  constamment  dépendre  de 
quelque  vice  du  cervelet  ;  car  il  y  a  plusieurs  causes  qui 
peuvent  suspendre  l’influence  du  fluide  nerveux  ou  exci¬ 
tateur  sur  les  muscles  de  la  locomotion  j  et  conséquem¬ 
ment  l’organe  secréteur  de  ce  fluide  peut  être  très-sain 
et  rester  intact,  quoiqu’il  ne  puisse  pas  parvenir  à  irriter 
ou  à  mettre  en  contraction  les  fibres  musculaires,  à  cause 
des  vices  qui  peuvent  exister  dans  d’autres  parties.  C’est 
un  fait  connu  de  tout  le  monde  que  ,  par  un  vice  quel-’ 
conque  d’un  cordon  nerveux,  ou  par  une  compression 
exercée  sur  son  trajet,  on  s’oppose  au  libre  passage  du 
1  fluide  secrété  dans  l’éléctromoteur  cérébral ,  c’est-à-diré 
'  dans  le  cervelet;  c’est  pourquoi  l’on  voit  cesser  toute  ir¬ 
ritation  ou  contraction  des  muscles  là  où  le  nerf  vicié  va 
se  distribuer.  Il  me  paraît  toutefois  que  personne  n’a  in¬ 
sisté  sur  la  nécessité  d’admettre  un  mécanisme  particu¬ 
lier  ,  au  moyen  duquel  le  fluide  préparé  dans  l’électromo- 
teur  cérébral  puisse  être  transmis  à  l’extrémité  centrale 
du  nerf,  que  l’on  peut  regarde^  comme  un  conducteur 
qu’il  doit  parcourir  pour  aller  irriter  les  muscles  qui  doi¬ 
vent  être  mis  en  mouvement.  Or ,  qui  ne  voit^que ,  posés 


ET  ANAÏ.VSES.  397 

les  phénonièues  que  l’ôn  observe,  il  est  impossible  qu’il 
n’existe  pas  des  organes  destinés  à  remplir  ces  fonctions  ? 

M.  Rolando  croit  pouvoir  conclure  que  le  siège  de  ce  mé¬ 
canisme  doit  être  principalement  dans  la  moelle  alongée. 
Car,  dit-il,  si  l’on  irrite  les  parties  voisines  de  la  moelle 
alongée ,  et  plus  encore  la  moelle  alongée  elle-même ,  il 
se  manifestera  aussitôt  des  mouvemens  dans  tous  les  muscles 
plus  ou  moins  violens ,  suivant  le  degré  de  la  lésion  qu’'on 
aura  faite.  Il  me  semble  donc  que  le  mécanisme  qui 
sert  de  passage  au  fluide  nerveux  du  cervelet  au  nerf,  ou , 
en  d’autres  termes ,  qui  met  en  communication  médiate 
ou  immédiate  l’extrémité  centrale  du  nerf  conducteur 
avec  le  viscère  électromoteur,  doit  se  trouver  dans  la 
partie  de  l’encéphale  qui  donne  naissance  aux  mouvemens 
convulsifs  aussitôt  qu’elle  est  irritée. 

Il  me  paraît  qu’il  en  résulte  une  conclusion  non  moins 
nécessaire  ,  que  toutes  les  fois  que  le  mouvement  cesse 
dans  un  ou  plusieurs  organes  locori>oteurs,  sans  que  l’on 
puisse  soupçonner  un  vice  dans  lé  cervelet  ou  dans  le 
trajet  des  nerfs  conducteurs  ,  l’état  morbide  doit  né- 1 
eessairement  dépendre  de  quelque  vice  de  la;  moelle, 
alongée.  ^  ,5 

Pour  la  même  raison ,  les  formes  riiultipliées  que  pren^-: 
nent  les  affections  spasmodiques ,  telles  que  l’épilepsie  ,, 
le  tétanos  et  les' différentes  espèces  de  convulsion*,  doivent, 
dépendre  de  quelque  irritation  pu,  de  quelque  altération 
produite  dans  célacîs  de  fibres  que  l’on  trouve  dans  la 
moelle  alongée  ;  ce  qui  doit  rendre  beaucoup  plus  prompte  ' 
la  Communication  des  nerfs  ayëè  ks  cervelet. 

Les  hémisphères  du  cerveau  sont  donc  le  siège  principal 
de  la  cause  prochaine  du  sômmèil ,  de  ïa  démence  ,  de 
l’assoupissement  ,  de  rapoi)lexie‘,‘  '’dé  ' la ‘  mélancolie  et  de 
la  manie.  Les  vices  du  cervelet  ,  de  l'a  moelle  alongée  ou 
de  quelques  branches  nerveuses  donneront  naissance  aux 


diverses  espèces  de  paralysie  ,  tandis  que  la  cailsè  de 
l’épilepsie  et  de  toùtes  les  affections  spasmodiques  provient 
d’une  irritation  produite  ou  transmise  à  l’origine  dé  tous 
les  nerfs  conducteurs,  c’est-à-dire  à  la  moelle  alongéé  et 
aux  parties  voisines.  : 

De  faction  des  nerfs.  — Lès  physiologistes  ayant  tenté 
inutilement  d’expiliquer  les  fonctions  des  nerfs  par  le 
moyen  d’un  fluide  particulier,  «t  ne  pouvant  se  rendre 
raison  des  deux  diffétens  modes  dont  se  fait  la,  transmis¬ 
sion  nerveuse ,  quelques-uns  d’entre  eux  avaient  supposé 
réxîsténce  de  nerfs  destinés  au  mouvement  ,  et  d’autres 
à  ne  transmettre  que  les  sensations.  Mais  comme  l’àna- 
tomiè  ne  confirmait  pas  cette  division ,  on  ne  crut  pas 
c'éttê  hypothèse  suffisante  pour  rendre  raison  des  diverses 
espèces  de  transmissions  nerveuses,  que  l’on  n’ü’ jamais 
assez  bien  étudiées. 

«  Convaincu  par  mes  propres  expériences  ,  continue  le 
professéur  de  Turin  ,  et  par  la  structure  de  la  masse  cé^ 
rëbrale  qu’il  y  avait  des  organes  particuliers  destinés  à 
mettre  les  muscles  en  mouvement ,  et  d’autres  h  produire 
les- sensations ,  et  qu’il  était  possible  de  détruire  uüe  de 
ces  TaCullés  ,  l’autre  restant  intacte,  je  dus  conclure  qpè 
les  impressions  reçues  de  l’extrémité  périphérique  des 
nerfs  ,*  et  celles  produites  dans  les  hémisphères  du  eefveau 
n^étàient  point  transmjises  par  la  voie  d’un  fluide,  mais 
par  lifa  mouvement  particulier  qui  est  produit  avec  faci¬ 
lité  dans  la  fibre  médullaire  ;  qu’en  conséquence  les  im¬ 
pressions  des  corps  ètrarigers  sur  les  extrém,ités  'périphé¬ 
riques  des  nerfs  sé  propagent  jusqu’ài.florigiire  centrale 
des  nerfs  eux-niémes  ,  par  le  moyen  de  la  mobilité  dont 
est  douée  là  fibre  më^üllaire ,  de  la  même, manière  qu’un 
nàoüVément  seprqpagè  au  moyen, d’une  substance  quel¬ 
conque  douée  de  mofiiîlié,, tandis  que  les  neiTs  qui  com¬ 
muniquent  avec  le  cervelet  peuvent ,  par  le  moyen  de  la 


ET  Analyses.  5gç 

faculté  conductrice  dont  jouit  la  pulpe  nerveuse ,  trans¬ 
mettre  le  flüidé  irritateur  qui  se  sécrète  dans  ce  viscère, 
pour  déterminer  la  contraction  des  muscles  auxquels  les 
nerfs  conducteurs  vont  se  distribuer. 

J’aj  encore  tiré  la  conclusion  qiie  les  phénomènes  de 
la  sensation  doiven't  être  différens  de  ceux  du  mouvement , 
comme  ils  le  sont  en  effet  dans  certaines  circonstances 
où  un  membre  paralysé  conserve  toute  sa  Sensibilité ,  04 
bien  dans  le  cas  où  le  mouvement  persiste ,  quoique  la  sen¬ 
sibilité  n’existe  plus,  ce  qui  s’observe  plus  rarement  (i). 

(le  double  mode  de  transmission  nerveuse  ,  démontré 
par  l’expérience  ,  est  encore  prouvé  par  l’observation 
pratique  :  nouvelle  preuve  de  l’utilité  que  l’on  retiré  de 
réunir  l’art  de  faire  des  expériences  sur  les  animaux  ,  k 
l’observation  des  phénomènes  que  nOus  présentent  lés  ma¬ 
ladies  dont  on  peut  ainsi  trouver  une  explicàtion  plùs  fà-  ' 
cile  et  une  connaissance  plus  sûre.  Cette  distitictibri  est 
encore  confirmée  par  les  belles  expériences  d’Àrnenlann  , 
desquelles  il  résulte  qu’un  nerf  ebupè  acquiert  bièntôt  pbi' 
sa  réunion  la  faculté  de  transmettre  de  rtouvèau  le  fluide 
excitateur  de  la  fibre  musculaire,  sans  jamais  reebuvrér 
celle  de  transmettre  les  impressions  roçüés.  M.  Roland  b 
ayant  répété  ces  expériences  ,  à  Obtenu  ordindirèméiit  les 
mêmes  résultats  ;  cependant  il  â  observé  dans  quèlqués 
circonstances  que  le  nerf  coupé  ayant  perdu  la  propriété 
de  donner  passage  au  principe  qui  délermihe  la  contrac¬ 
tion  musculaire ,  il  recouvrait  efelle  de  transmettre  au 
centre  de  perception  les  impressions  qu’il  recevait. ,  , 

Il  est  plus  facile  que  le  nerf  Coupé  et  ensuite  réuni  j)ar 
une  cicatrice  recouvre  la  faculié  dè  sérvii;  de  simple  çon- 

,(i)  Cette  opiuipn  a  quelque  rapport  Avéo  lés  .rfjiiiïio'flk  'réiiëmlttèM 
éthises  sur  la  cl,istiuctiou  des  «erfs  du  jupuYemeut  et'dü'^éh'ltoé'ttt', 
par  MM.  Bell ,  Mpgondie  et  Shaw, 

daps  ccïourna'l  idi  travail  sur  ccsMj'ot,  (Noicfles  Rcdact.) 


400  EXTRAITS 

ducteur,  parce  qu’il  est  besoin  pour  cela  d’une  organisa¬ 
tion  moins  parfaite  que  pour  la  transmission  des  impres¬ 
sions.  Au  contraire ,  le  nerf  perdra  seulement  la  faculté 
de  conduire  le  fluide  moteur  de  la  fibre ,  s’il  se  dépose 
dans  la  cicatrice  quelque  substance  non  conductrice  du 
fluide  ,  telle  que  serait  la  graisse  ,  ou  quelque  autre  sub¬ 
stance  analogue. 

En  admettant  donc  ces  deux  propriétés  diverses  dont 
le  nerf  peut  jouir  simultanément ,  rien  n’est  plus  facile 
que  l’explication  de  tous  les  mouvemens  qui  dépendent  de 
la  faculté  locomotrice.  Il  n’y  a  qu’à  supposer  que  ,  chaque 
fois  qu’un  muscle  doit  être  mis  en  contraction ,  l’origine 
ou  l’extremité  centrale  de  ses  filets  nerveux  a  lieu  dans  un 
point  ‘  donné  de  l’organe  électromoteur ,  et  que  de  cette 
manière  la  contraction  est  produite  comme  dans  les  expé¬ 
riences  sur  les  animaux. 

Telle  est  la  manière  dont  s’opère  la  contraction  des 
inuscles  qui  servent  à  la  locomotion  ;  mais  il  n’en  est  pas 
de  même  de  plusieurs  autres  ,  tels  que  le  cœür,  le  tube 
intestinal,  etc. ,  dont  les  nerfs,  quoique  très-nombreux , 
paraissent  seulement  destinés  à  transmettre'  les  sensations, 
à  cause  de  l’interposition  d’un  mécanisme  particulier  des¬ 
tiné  à  soustraire  ces  viscères  à  l’influence  du  fluide  ner¬ 
veux,  dont  ils  doivent  nécessairement  être  indépendans, 
puisqu’ils  ne  sont  irrités  que  par  certains  stimulans  par¬ 
ticuliers  qui  s’appliquent  à  leur  surface.  Tout  le  monde 
comprend  qu’il  est  ici  question  des  ganglions  d’où  partent 
tous  lés  filamens  qui  concourent  à  former  le  nerf  inter¬ 
costal,  autrement  dit  grand  sympathique. 

Ce, nerf,  ou  pour  mieux  dire  cet  enlacement  dé  filets 
nerveux,  est  devenu  célèbre  par  les  disputes  qui  se  sont 
élçyées.  sur.  son  origine,  sur  ses  fonctions  et  sur  l’ùsàge 
des  ganglions  nombreux  dont  il  est  entrecoupé. 

Le  célèbre  Fontàna  est  le  premier  qui  a  démontré  que 


ET  analyses.  4oi 

le  nerf  intercostal  ne  naissait  pas  de  la  cinquième  et  de 
la  sixième  paire  ,  mais  que,  donnant  quelques  rameaux  à 
ces  nerfs ,  il  se  porte  sur  la  carotide  qu’il  embrasse  par 
des  filets  nombreux,  pour  l’accompagner  bien  au-delà  de 
son  entrée  dans  la  cavité  du  crâne. 

Bichat ,  profitant  de  cette  vérité,  nia  l’existence  d’un  véri¬ 
table  nerf  intercostal ,  et  regarda  ces  nombreux  ganglions 
comme  autant  de  petits  cerveaux  doués  de  certaines  qua¬ 
lités  particulières ,  et  d’où  partent  les  filamens  qui  se  dis¬ 
tribuent  dans  différons  organes ,  et  qui  communiquent 
avec  tant  d’autres  nerfs.  De  ces  qualités ,  qu’il  attribua 
aux  gaüglions ,  il  déduisit  ensuite  sa  division  des  deux 
systèmes  nerveux  et  des  deux  vies  organique  et  animale, 
laquelle ,  quoique  reçue  d’abord  avec  enthousiasme  par 
des  physiologistes  du  plus  grand  mérite  ,  ne  peut  pas  être 
admise  pour  toutes  les  classes  d’animaux,  puisqu’il  y  en 
a  qui  jouissent  certainement  de  l’exercice  des  facultés 
qu’il  appelle  animales ,  en  même  temps  que  des  facultés 
qü’il  appelle  organiques ,  comme  sont  tous  les  crustacés , 
les  insectes  et  les  animaux  des  classes  inférieures ,  quoi¬ 
qu’ils  ne  possèdent  pas  ce  double  ordre  d’organes. 

Il  est  certain ,  d’après  les  beaux  travaux  de  Scarpa , 
que  le  nerf  intercostal  naît  des  nerfs  spinaux ,  et  que  les 
ganglions,  outre  qu’ils  servent  à  établir  une  communication 
ou  un  consensus  entre  les  différens  viscères,  doivent  avoir 
un  usage  particulier.  Il  est  vrai  que  certains  physiolo¬ 
gistes  ont  avancé  que  l’usage  des  ganglions  était  de  sous¬ 
traire  à  l’influence  de  la  volonté  des  viscères  si  utiles  et 
si  nécessaires  à  la  vie,  mais  ils  n’ont  pas  pu  expliquer  ni 
le  mode ,  ni  le  mécanisme  par  lequel  ce  phénomène  avait 
lieu. 

B  Cela  nous  est  devenu  facile  ,  dit  Rolande ,  après  avoir 
si'  bien  distingué  les  sources  des  sensations  et  des  mpu- 
vemens.  On  conçoit,  en  effet,  que  le  passage  du  fluide 


4o2  extraits 

moteur  à  travers  les  conducteurs  nerveux  sera  empêché, 
si  on  admet  dans  chaque  ganglion  l’existence  d’une  sub¬ 
stance  jpon  conductrice  du  fluide ,  tandis  que  cette  même 
substance  ne  s’opposera  pas  à  la  transmission  du  mouve¬ 
ment  des  fibres  nerveuses.  » 

Cependant ,  M.  Rolande  ,  ne  comptant  pas  assez  sur  ce 
raisonnement  ,  a  essayé  quelques  expériences  pour  vé¬ 
rifier  cette  opinion.  Les  résultats  qu’il  a  obtenus  pa¬ 
raissent  très-satisfaisa  ns  ;  mais  comme  il  doit  publier  un 
Mémoire  relatifaux  fonctions  du  nerf  intercostal,  je  tien¬ 
drai  le  lecteur  au  courant  des  nouvelles  observations  qu’il 
a  faites ,-  aussitôt  que  ce  Mémoire  me  sera  parvenu. 

Pour  résumer  ce  qui  vient  d’être  dit  ,  nbûs  conclurons  : 

1. ®  Que  lés  deux  hémisphères  sont  composés  de  deux 
faisceaux  dé  fibres  dont  l’épanouissement  forme  les  ^dif¬ 
férentes,  parties  du  cerveau;  que  le  cerveau  est  le  siège 
des  facultés  sensitives  et  intellectuelles. 

2. ®  Que  le  cervelet  est  un  organe  qui  renferme  toutes 
lés  conditions  nécessaires  pour  former  un  électromoteur 
analogue  b  là  pile  voltaïque. 

3. ”  Que  là  moelle  alongée  et  les  parties  voisines  for¬ 
ment  le  centre  où  vient  aboutir  l’extrémité  centrale  de 
tou'.és  les  fibres  des  hémisphères ,  des  parties  appelées 
improprement  jambes  du  cervelet,  et  de  tous  les  nerfs 
chargés  de  porter  le  mouvement  et  les  sensations  à  toutes 
les  parties  du  corps. 

4-°  Qü’iLy  a  des  nerfs  uniquement  destinés  à  trans¬ 
mettre  les  impressions  des  objets  extérieurs  au  centré  sen¬ 
sitif  ;  que  d’autres  sont  doués  de  cette  faculté  conjointe¬ 
ment  avec  célle  dé  1;ransmettrè  le  fluide  excitateur  secrété 
dans  le  cervelet;  enfin  que  d’autres  sont  rendus  inhabiles 
à  cette  transmission  au  moyen  d’un  mécanisme  particu¬ 
lier, -tels  que  les  ganglions. 

5.”  Qu’auciin.  mouvement  régulier  ne  peut  avoir  lieu 


ET  ASAEYSEÜ.  4o5 

sansl’actioa  des  hémisphères  du  cerveau ,  siège  de  la  volonté 
qui  commande  au  cervelet  et  dirige  son  action  dans  l’envoi 
du  fluide  moteur,  et  réciproquement  que  tous  les  efforts 
de  la  velouté  sont  nuis  pour  diriger  l’exercice  de  l’organe 
de  la  locomotion  ,  quand  le  cervelet  est  détruit ,  ou  qu’il 
est  privé  de  son  activité. 

On  vient  de  voir  quelle  idée  M.  Rolande  s’est  faite 
des  fonctions  du  système  nerveux  ,  et  en  particulier  de 
celles  des  organes  encéphaliques  d’après  les  noinbréuseS 
expériences  qu’il  a  faites  ;  voyons  actuellement  si ,  comme 
je  l’ai  annoncé ,  M.  Flourens  est  parvenu  aux  mêmes  ré^' 
sultats  au  moyen  d’expériences  semblables,  et  si,  com¬ 
me  le  dit  le  célèbre  rapporteur  de  son  mémoire  ,  ce  phy¬ 
siologiste  ale  mérite  d’avoir  fait  une  découverte  nouvelle. 
N’ayant  jamais  eu  à  ma  disposition  le  mémoire  de  l’àü- 
teur,  c’est  du  rapport  qui  en  a  été  fait  que  j’extrairai ice 
que  j’en  ai  à  dire. 

Je.  trouve  d’abord,  pourpremier  poiril  de  ressemblance , 
que  M.  Flourens  admet  l’existence  de  nerfs  dont  les  uns 
sont  Aesünés,  k  provoquer  le  momemém  de  la  fibrb  rnùs- 
culairejet  d’aniretàprovoquer  /esfenthncrtti  L’expression 
i’ irritabilité  dont  il  se  sert  pour  exprimer  Cettè  doublé 
propriété  est  justement  signalée  par  le  rapporteur  Comme 
une  innovation  dans  des  termes  dont  le  sens  est  parfaite¬ 
ment  déterminé  ,  et  il  propose  en  conséquence  d’y  sub¬ 
stituer  celle  de  condueteuf  d’irritation  él  dé  bonductédr 
de  sawsatiim.  Il  est  inutile  de  dire  ici  que  M.  Flourens 
ne  diffère  de  M.  Rolande  que  datis  les  termes; 

Je  passe  à  dessein  sur  ce  qu’il  dit  des  fonctions  de  la 
moelle  épinière  et  dèk  éxpériences  qu’il  a  établies  pOUr 
les  démontrer  ,  puisque  ,  depuis  qu’il  y  a  des  physio¬ 
logistes  et  des  expérimentateurs  ,  on  sait  que  le  mouve¬ 
ment  cesse  au  dessous  de  la  partie  intéressée  de- ce  tronc 
du  système  nerveux  ,  et  qn’il  n’y  a  point  d’incrédnios  à 
cet  égard. 


4o4  EXTRAITS 

»  Mais  c’était ,  dit  M.  le  rapporteur  en  parlant  de 
l’encéphale  ,  c’était.dans  ces  masses  si  diverses  et  si  com¬ 
pliquées  qu’il  fallait  chercher  le  lieu  de  départ  de  l’irri¬ 
tation  et  le  lieu  d’arrivée  de  la  sensation  ;  c’était  de  leur 
coopération  respective  dans  les  actes  de  la  volonté  qu’il 
fallait  s’assurer,  et  c’est  ce, que  M.  Flourens  a  surtout 
cherché  à  faire. 

»  M.  Flourens  a  piqué  les  hémisphères  sans  produire 
ni  contraction  dans  les  muscles ,  ni  apparence  de  douleur 
dans  l’animal.  Il  les  a  enlevées  par  couches  successives , 
il  a  fait  la  même  opération  sur  le  cervelet",  il  a  enlevé 
les  hémisphères  et  le  cervelet.  L’animal  est  resté  impas¬ 
sible.  Les  corps  cannelés , .  les  couches  optiques  ont  été 
attaqués  ,  enlevés  sans  plus  d’effets.  Il  n’en  est  pas 
même  résulté  de  contractions  de  l’iris ,  et  l’iris  n’en  a  pas 
été  paralysé. 

»  Mais ,  lorsque  M.  Flourens  piqua  les  tubercules  qua¬ 
drijumeaux,  il  y  eut  un  commencement  de  tremblement 
et  de  convulsions ,  et  ce  tremblement  ;  ces  convulsions 
s’accrurent  d’autant  plus ,  qu’il  pénétra  plus  avant  dans 
la  moelle  abngée,  La  piqûre  de  ces'*  tubercules  ,  ainsi 
que  celle  du  nerf  optique ,  produisit  dans  l’iris*  des  con¬ 
tractions  vives  et  prolongées...,. 

»  Dans  son  langage,  M.  Flourens  en  conclut  que  la 
moelle  alongée  et  les  tubercules  sont  irritables  ,  ce  qui 
dans  le  nôtre  signifie  qu’ils  sont  conducteurs  d’irritation, 
compie  la  moelle  de  l’épine  et  comme  les  nerfs  •,  mais 
que  ni  le  cerveau  ni  le  cervelet  n’ont  cette  propriété. 
L’auteur  en  conclut  aussi  que  ces  tubercules  forment  la 
continuation  et  la  terminaison  supérieure, des  moelles  épi¬ 
nière  et  alongée  ,  et  cette  conclusion  est  bien,  conforme 
b  ce  qu’annonçaient  leurs  liaisons  et  leurs  connexions  ana¬ 
tomiques. 

«Quand  on  enlève  le  lobe  cérébral  d’un  côté  b  un  ani- 


ET  analyses.  4o5 

mal ,  il  ne  voit  plus  de  rœll  du  côté  opposé  ,  bien  que  l’i¬ 
ris  de  cet  œil  conserve  sa  mobilité  ;  quand  on  enlève  les 
deux  lobes  >  il  devient  aveugle ,  il  n’entend  plus.  » 

M.  Rolande  dit  que  l’animal  paraît  privé  de  |’usage  de 
ses  sens  ,  ce  qui  nous  semble  à-peu-près  revenir  au  même 
but  ;  seulement  il  n’indique  pas  l’influence  de  l’ablation 
d’un  des  hémisphères  sur  la  perte  de  la  vue  du  côté 
opposé. 

.  «  A  la  vérité ,  l’animal  ainsi  mutilé  prend  l’air  assoupi  ; 
il  n’a  plus  de  volonté  par  lui-même  ;  il  ne  se  livre  à  au¬ 
cun  mouvement  spontané;  mais  quand  on  le  frappe  , 
quand  on  le  pique ,  il  affecte  encore  les  allures  d’un  ani¬ 
mal  qui  se  réveille.  Dans  quelque  position  qu’on  le  place  , 
il  reprend  l’équilibre. ... .  ' 

»  Sans  doute  on  aura  peine  à  croire  que  toutes, ces  ac¬ 
tions  s’opèrent  sans  être  provoquées  par  aucune  sensation. 
II.  est  bien  vrai  qu’elles  ne  sont  pas  raisonnées  :  l’animal 
s’échappe  sans  but ,  il  n’a  plus  de  mémoire,  et  va  se  cho¬ 
quer  à  plusieurs  reprises  contre  le  même  obstacle ,  cela 
prouve  qu’un  tel  animal  est  dans  un  état  de  sommeil  ; 

effectivement  il  agit  comme  ferait  un  homme  qui  dort . 

«Après  les  effets  de  l’ablation  du  cerveau  proprement 
dite ,  M.  Flourens  examine  ceux'de  l’extirpation  des  tuber¬ 
cules  quadrijumeaux.  L’enlèvement  de  l’un  d’eux ,  après 
un  mouvement  convulsif  qui  Cesse  bientôt,  produit  pour 
résultat  durable  la  cécité  de  l’œil  opposé  et  un  tournoie¬ 
ment  involontaire  ;  celui  des  deux  tubercules  rend  la 
cécité  complète  ,  et  le  tournoiement  plus  violent  et  plus 

prolongé .  ’ 

»  Il  faut  remarquer  au  reste  qu’en  poussant  trop  profon¬ 
dément  cette  extirpation  des  tubercules  ,  on  vient  à  inté  - 
resser  la  moelle  alongée ,  et  qu’il  naît  alors  àesconvul- 
«tOTis  umfowtes  et  qui  durent  long-temps.  »  ■ 

Nous  soulignons  de  temps  en  temps  pour  éviter  la  peine 


li  X  X  R  A.'l  I  s 


4o6 

d’un  parallèle  fastidieux,  les  mots  écrits  en  italique  étant 
comme  autant  de  points  de  renvoi  aux  résultats  analogues 
de  M.  Rolando. 

Mais  ce  qui  doit  surprendre  ,  c’est  ce  que  l’on  va  lire  à 
l’égard  des  fonctions  du  cervelet  ;  tout  y  est  donné  sous  le 
titre  de  la  nouveauté  ;  cependant  M.  Rolando  avait  écrit 
littéralement  les  mêmes  observations  quelques  demi  dou¬ 
zaines  d’années  avant  la  séance  du  22  juillet  1822  de  l’A¬ 
cadémie  royale  des  Sciences ,  où  le  rapport  a  été  fait. 
Néanmoins  il  est  hors  de  toute  espèce  de  doute  que  les 
membres  célèbres,  MM,  Portai ,  Berthollet,  Pinel  ,  Du- 
méril  et  Cuvier  ,  que  l’Académie  avait  chargés  de  rendre 
compte duMémoire  dont  nous  nous  entretenons  ,  n^avaient 
jamais  pu  prendre  connaissance  des  travaux  de  M.  Ro¬ 
lando  :,les  noms  illustres  que  je  viens  de  citer  sont  hors 
de  l’atteinte  de  là  critique  de  la  malveillance ,  et  personne 
ne  professe  plus  d’estime  que  moi  pour  les  membres  les 
plus  respectables  d’un  corps  dont  les  lumières  rejaillissent 
sur  tout  l’univers  savant* 

En  accordant  des  éloges  au  génie  inventif  de  M,  Flou- 
rens,’  l’Académie  royale  a  sanctionné  l’exactitude  de  ses 
expériences,  et  la  bonté  des  inductions  qu’elles  lui  ont 
fournies;  c’est  avoir  porté  le  même  jugement  sur  celles 
du  professeur  de  Turin  ;  circonstance  qui  ne  prouve  rien 
autre  chose,  sinon  qu’il  n’y  a  que  la  vérité  des  faits,  qui 
puisse  avoir  fait  arriver  ces  deux  auteurs  au  même  but. 

»  Ce  que  les  expériences  dé  M.  Flourens  nous  parais¬ 
sent  avoir  de  plus  curieux  et  de  plus  nouveau  ,  c’estce  qui 
concerne  les  fonctions  du  cervelet.  . 

»  Durant  l’ablation  des  prémières  couches ,  il  n’a  paru 
qu’un  peu  de  faiblesse  et  de  manque'd’harmonie  dans  les 
mouvemedSj-  ^aux  couches  moyennes ,  il  s’est  manifesté  uné 
agitation  presque  générale.  L’animal ,  tout  en  continuant 
de  voir  et  d’entendre ,  n’exécutait  que  des  mouvemens 
brusques  et  déréglés. 


ET  ANALYSES.  4oji 

»  Sa  fiiculté  de  vokr  ,  de  marcher  ,  de  se  tenir  debout  , 
se  perdiit  par  degrés.  Lorsque  le  cervelet  fut  retranché  , 
cette  faculté  d’exécuter  des  mouvemens  réglés  avait  en¬ 
tièrement  dispara. 

))  Mis  sur  le  dos ,  il  ne  se  relevait  plus  ;  il  voyait  cepen¬ 
dant  le  coup  qui  le  menaçait  ;  il  entendait  les  cris;  il  cher¬ 
chait  à  éviter  le  danger,,  et  faisait  mille  efforts  pour  cela  , 
sans  y  parvenir  ;  en  un  mot ,  il  avait  conservé  sa  faculté 
Ae.  sentir ,  celle  àe  vouloir  ;  mais  il  avait  perdu  celle  de 
faire  obéir  ses  muscles  à  set  volonté,  k.  peine  réussissait-il 
à  se  tenir  debout  ,  en  s’appuyant  sur  ses.  ailes  et  sur  sa 
queue. 

»En  le  privant  de  son  cerveau,  on  l’avait  mis  dans  un 
état  de  sommeil.  En  le  privant  de  son  cervelet ,  on  le  met¬ 
tait  dans  un  état  d’ivresse,  n 

C’.est  une  chose  surprenante ,  dit  M.  Flourens ,  de  voir 
le  pigeon  à  mesure  qu’il  ,perd  son  cervelet ,  perdre  gra¬ 
duellement  la  faculté  de  voler  ,  puis  celle  de  marcher  , 
puis  enfin  celle  de  se  tenir  debout  ;  '  celle-ci  même  ne  se 
perd  que  par  degrés.  L’animal  commence  par  ne  pas 
pouvoir  rester  d’à-plomb  sur  ses  jambes,  puis  ses  pieds 
ne  suffisentplus  à  le  soutenir.  Enfin  toute  position,  fixe 
lui  devient  impossible  i,  il_J<iit^S  6ffprts  inc^^ 
pour  arriver  à  une  position  quelconque  ,  sa^^en  venir, et 
bout  i  et  cependant  lorsqu  épuisé  de  fatigue  ,  U  semblait 
vouloir  prenfire  quelque  repos,  ses  sens  étaient  si  ouverts, 
que  le  moindre, geste  lui  faisait  recommencer  ses  contor¬ 
sions,  sans  que  toutefois  il  s’y  mêlât  le moindre  mouve¬ 
ment  convulsif  ,  aussi  long-temps  que  l’on  ne  touchait 
ni  à  la  moelle  alangée,  ni  à  ses  tubercules.. 

Je  défie  l’esprit  le  plus  subtil  de  trouyerla  moindre  dif¬ 
férence  entre  les  résultats  énoncés  dans  ce  passage  ,  et 
ceux  que  t'apporte  M.  Rolande ,  sinon  que  le  sujet  des  expé¬ 
riences  de  l’ua  était  une  poule,  et  celles  de  M.  Flourens 
un  pigeon. 


4o8 


:XTRAIï'S 


«  Nous  ne  voyons  point ,  continue-t-on  dansle rapport, 
qu’aucun  physiologiste'ait  fait  connaître  rien  qui  ressemblât’ 
à  ces  singuliers  phénomènes.  Les  expériences  sur  le  cer¬ 
velet  des  quadrupèdes  ,  et  sur-tout  des  adultes  ,  sont  fort 
difficiles  ,  à  cause  des  grandes  parties  osseuses  qu’il  est 
nécessaire  d’enlever ,  et  des  grands  vaisseaux  qu’il  faut 
ouvrir.  La  plupart  des  expérimentateurs  opéraient  d’ail¬ 
leurs  d’après  quelque  système  connu  d’avance,  et  voyaient 
un  peu  trop  ce  qu’ils  voulaient  voir;  et  certainement  per¬ 
sonne  ne  s’était  douté  que  le  cervelet  fût  en  quelque  sorte 
le  balancier  ,  le  régulateur  dés  mouvemens  de  translation 
de  l’animal  (i).  dinUe,  découverte,  si  des  expériences, 
répétées  avec  toutes  les  Iprécautions  convenables ,  en  éta¬ 
blissent  la  généralité  ,  ne  peut  que  faire  le  plus  grand 
honneur  au  jeune  observateur  dont  nous  venons  d’analy¬ 
ser  le  travail.  » 

M.  Flourens  ,  comme  on  a  pu  le  voir,  a  obtenu  d’ex¬ 
périences  semblables  à  celles  de  M.  Rolande  des  résul¬ 
tats  semblables  aux  siens  :  les  conséquences  qu’il  en  dé¬ 
duit,  pour  expliquer  la  physiologie  du,  cerveau  et  des  au¬ 
tres  j)arties  du  système  nerveux ,  sont-elles  différentes  ?, 
Non  ;  et  pour  le  prouver  il  faut  encore  que  je  citeJ 

«  L’intégrité  des  lobes  cérébraux,  dit  le  rapporteur 
est  nécessaire  à  l’exercice  de  la  vision  et  de  l’ouïe  ;  lors-, 
qu’ils  sont  enlevés  ,  la  volonté  ne  se  manifesté  que  par 
des  actes  spontanés.  Cependant  quand  on  excite  immé¬ 
diatement  l’animal ,  il  exécute  des  mouvemens  de  trans¬ 
lation  réguliers  ,  comme  s’il  cherchait  instantanément  à 
fuir  la  douleur  et  le  mal-aise  5  mais  ces  mouvemens  ne  le 


(1)  J’en  demande  mille  pardons  à  l’Académie,  mais  c’est  Une  des 
premières  choses  que,  j’aie  dû  apprendre  en  commençant  mes  études 
de  médecine.  Cette  découverte  est  tellement  familière  dans  l’Ecole  de 
Turin  et  dans  celles  de  l’île  do  Sardaigne,  qu’elle  est  un  des  principaux 
sujets  de  discussion  parmi  les  élèves  commciiçaus'.  ^ 


ET  ANALYSES.  409; 

conduisent  point  à  ce  but ,  très-probablement  parce  que 
sa  mémoire  qui  a  disparu  arec  les  lobes  qui  en  étaient  le 
siège,  ne  fournit  plus  ni  de  base,  ni  d’élémens  à  ses  ju~ 
gemens.....  L’intégrité  du  cervelet  est  nécessaire  à  la  ré¬ 
gularité  des  mouvemens  de  translation  ;  que  le  cerveau 
subsiste,  l’animal  verra,  entendra,  aura  dès  volontés 
fort  apparentes  et  très-énergiques  ;  mais  si  on  lui  enlève* 
son  cervelet,  il  ne  trouvera  jamais  l’équilibre  nécessaire 
à  sa  locomotion.  Toute  irritation  d’un-  nerf  le  met  en  jeu 
dans  les  muscles  où  ce  nerf  se  rend  ;  toute  irritation  de  la 
moelle  la  met  en  jeu  dans  les  membres  placés  au-dessous 
de  l’endroit  irrité.  C’est  tout-à-fait  dans  le  haut  de  la 
moelle  alongée  ,  à  l’endroit  où  les  tubercules  quadri¬ 
jumeaux  lui  adhèrent ,  que  cesse  cette  faculté  de  recevoir 
et  de  propager  ,  d’une  part  l’irritation  ,  et  de  l’autre  la 
douleur;  c’est'à  cet  endroit  au  moins  que  doivent  arriver 
les  sénsations  pour  être  perçues  ;  c’est  de  là  au  moins  que 
doivent  partir  les  ordres  de  la  volonté. 

»  Toutes  ces  conclusions  ne  sont  pas  identiques  avec 
celles  de  l’auteur  ,  et  sur-tout  elles  ne  sont  pas  rendues 
dans  les  mêmes  termes.  Mais  ce  sont  celles  qui  nous  ont 
paru  résulter  le  plus  rigoureusement  des  faits  qu’il  a  si 
bien  constatés.  »  _  , 

Ces  conclusions,  si  je  ne  me  trompe,  sont  bien  les 
mêmes  que  celles  de  Rolando  ;  la  seule  différence  est  que  ce 
professeur  célèbre  est  allé  beaucoup  plus  loin.  Il  a  déterminé 
comment  le  cervelét  était  le  centre  des  mouvemens  loco¬ 
moteurs  ,  en  regardant  cet  organe  comme  le  sécréteur 
d’un  fluide  qui  va  irriter  les  muscles.  Il  a  déterminé  que 
la  transmission,  des  impressions  au  centre  sensitif  se  fai¬ 
sait  par  un  mouvement  particulier  de  la  pulpe  nerveuse 
enfin  ,  et  c’est ‘ce  qui  est  le  plus  utile ,  il  a  tiré  de  ses  ex¬ 
périences  des  conclusions  importantes  pour  la  pathologie 
et  la  pratiqué. 

a.  ,  27 


l^\0  EXTRAITS 

Cependant  il  est  une  difficulté  qui  me  paraît  contrarier 
un  peu  les  conclusions  précédentes.  Si  les  hémisphères 
cérébraux  sont  l’organe  du  sentiment  et  de  la  volonté ,  ët 
le  cervelet  celui  qui  préside  au  mouvement  des  muscles  qui 
sont  sous  la  dépendance  de  la  volonté ,  comment  se  fait-il 
que  les  animaux  que  l’on  a  privés  ou  du  cervelet  ou  dés 
iiémisphères  cérébraux  puissent  encore  respirer  ,  et  même 
pendant  assez  long-temps ,  comme  on  le  voit  chez  la  tor¬ 
tue  ?  car ,  conime  on  sait ,  deux  conditions  sont  requises 
pour  que  la  respiration  s’effectue  :  un  sentiment  d’anxiété 
produit  par  la  présence  du  sang  veineux  dans  le  poumon  , 
et  la  contraction  des  ihuscles  de  la  poitrine  pour  faire  ces¬ 
ser  ce  sentiment  pénible  :  or ,  si  les  lobes  cérébraux  sont 
détruits ,  cétte  sensation  ne  pourra  pas  être  perçue ,  puis¬ 
que  dans  l’hypothèse  de  Rolando  et  de  M,  Flourens ,  la 
présence  de  ces  lobes  est  une  condition  nécessaire  à  la 
perception  des  impressions  ;  si  elle  n’est  pas  perçue , 
la  volonté  ne  pourra  pas  commander  au  cervelet  de  déter¬ 
miner  la  contraction  des  musclés'  destinés  à  la  respira¬ 
tion  ,  qui,  comme  on  le  sait  encore,  sont  du  domaine  de 
la  volonté.  En  prenant  l’iavèrse  ,  c’est-à-dire  ,  en  suppo¬ 
sant  la  destruction  du  cervelet ,  la  même  difficulté  se  pré¬ 
sente  encore,  car,  dans  ce  cas,  c’est  en  vain  que  la  vo¬ 
lonté  coEàmanderait  la  contraction  de  ces  muscles  ,  puis¬ 
qu’elle  n’a  plus  le  cervelet  à  ses  ordres  ;  l’animal  serait 
tourmenté  du  bésoin  de  respirer ,  et  il  ne  pourrait  le  faire 
en  aucune  manière  quand  il  serait  privé  ou  de  l’orgàne  de 
la  volonté  qui  commande ,  oü  de  celui  du  mouvement 
qui  exécute.  Je  ne  prétends  point  m’inscrire  en  faux 
contre  les  conséquences  déduites  des  expériences  préci¬ 
tées  ^  ce  n’est  qu’un  doute  que  fait. naître  naturellement  la 
respiration  hon*interrompue  par  suite  de  cés  expériences  , 
et  je  suis  persuadé  que  les  ingénieux  auteurs  qui  les  ont 
faites  trouveront  la  solution  de  cette  difficulté. 


ET  analyses.  4ll 

Je  finissais  cet  article  lorsque  j’ai  eu  occasion  de  lire 
la  réponse  du  docteur  Gall,  au  rapport  du  Mémoire  de 
M.  Flourens  fait  par  M.  Cuvier,  relativement  à  la  ques¬ 
tion  qui  nous  occupe.  Cette  réponse ,  ou  plutôt  cette,  cri¬ 
tique  ,  fait  partie  du  5.  “'volume  de  l’ouvrage  sur  lesFonc- 
tions  du  cerv&au,  que  M.  Gall  poblie  actuellement  (i), 
Quoique  mon  intention  n’ait  été  d’abord  que  défaire  voir 
que  la  découverte  de  M.  Flourens  était  loin  d’en  être  une, 
en  rapprochant  ses  expériences  de  celles  de  Rolande , 
je  ferai  néanmoins  quelques  remarques  sur  les  objections 
que  M.  Gall  élève  contre  les  propositions  relatées  dans  les 
Mémoires  du  Muséuin ,  et  par  lesquelles  il  attaque ,  sans 
le  savoir,  la  doctrine  de  Rolande.  C’est  donc  comme  an¬ 
cien  élève  de  ce  célèbre  professeur ,  que  je  hasarderai  ces 
réflexions ,  et  non  comme  défenseur  de  M.  Flourens.  Placé , 
d’un  côté  ,  sous  l’autorité  assez  imposante  du  célèbre  Gu-  . 
vier,  qui  avoue  que  les  expériences  ont  été  faites  avec 
exactitude  sous  ses  yeux  ,  et  celle  de  l’Académie  royale  ,  qui 
déclare ,  par  son  organe  ,  que  les  conclusions  en  sont  très- 
bien  déduites;  de  l’autre ,  sous  celle  d’un  professeur  dont 
l’Italie  admire  les  talens,  j’espère  que  ma  témérité  sera 
plus  excusable  ,  si  j’élève  quelques  doutes  sur  la  solidité 
des  objections  que  le  célèbre  auteur  de  la  cranologie  fait 
contre  le  résultat  des  expériences  qui  font  le  sujet  de  cette 
discussion. 

Ces  objections  ,  si  je  les  ai  bien  comprises,  peuvenfse 
jréduire  à  ceci 

,  i.“  Que  l’ablation  n’est  pas  un  bon  moyen  pour  con¬ 
naître  la  fonction  d’une  partie  du  cerveau;  car 

il  iàut  bien  distinguer  les  fonctions  générales  vitales  d’un 
organe  de  sa  fonction  particulière  animale. 

3.',  Que  l’animal  ne  peut  pas  survivre  assez  long-temps 

il)  Sur  les  Fonctions  du  ccivenu;  var  J.  P.  Gull,  l.  lll,  p.  379. 

27.. 


4i2  extraits 

à  la  mulilalion  de  parties  considérables  de  l’encéphale  , 
pour  qu’on  puisse  juger  si  telle  ou  telle  autre  partie  est 
le  siège  d’une  faculté  déterminée. 

5. °  Qu’il  n’est  pas  possible  d’enlever  une  partie  du 
cerveau  sans  intéresser  les  parties  voisines  ;  et  comme 
les  effets  de  la  lésion  se  transmettent,  on  ne  sait  S 
quelle  partie  attribuer  les  symptôines  que  l’on  observe. 

4.°  Que  les  expériences  que  M.  Gall  a  fait  répéter  ne 
sont  point  d’accord  pour  les  résultats  avec  celles  que 
nous  avons  citées. 

6. “  Que  l’opinion  qui  consiste  à  regarder  le  cervelet 
comme  le  régulateur  des  mouvemens  de  translation  ,  est 
plutôtuneidée  singulière  qu’une  véritable  découverte.  C’est 
l)our  renverser  cette  opinion  sur-tout,  que  M.Gall  rassem¬ 
ble  le  plus  grand  nombre  de  preuves  ,  parce  qu’elle  lui 
paraît  trop  opposée  à  la  siennesur  les  fonctions  du  cerve¬ 
let  qu’il  regarde  comme  le  siège  de  l’appétit  vénérien. 
Les  expériences  faîtes  à  ce  sujet  ne  confirment  pas  ,  sui¬ 
vant  loi ,  celte  assertion  :  car,  dit-il,  il  n’est  pas  étonnant 
que  l’animal  perde  successivement  la  faculté  de  voler, 
de  se  tenir  debout ,  d’exécuter  des  mouvemens  réglés , 
de  se  relever,  puisque  l’animal  cesse  successivement  de 
vivre.  Le  cervelet  des  poissons  ,  des  reptiles  et  des 
oiseaux  est  moins  composé  que  celui  des  mammifères  ; 
néanmoins  ces  derniers  n’ont  pas  des  mouvemens  de 
translation  moins  réguliers  ,  moins  prompts  que  les  pre¬ 
miers.  11  n’y  a  point  de  rapport  entre  le  développement 
successif  du  cervelet  depuis  le  moment  de  la  naissance 
jusqu’à  la  vingtième  ,  trentième  année  et  la  régularité  des 
mouvemens  de  translation.  Les  mouvemens  de  l’homme 
de  vingt  à  trente  ans  ne  sont  pas  plus  réguliers  que  ceux 
de  la  fille  de  cinq  à  seize  ans.  Les  femmes  qui  d’ordi¬ 
naire  ont  le  cervelet  moins  volumineux  que  les  hommes 
marchent-elles  et  dansent-elles  avec  moins  de  régularité  , 


ÉTASALYSES.  4i5 

avec  moins  d’art ,  avec  moins  de  grâce  que  les  hommes  ? 
La  castration  et  les  lésions  des  testicules  qui  influent  si 
puissamment  sur  l’état  du  cervelet ,  produisent-ellos  un 
dérangement  de  la  régularité  des  mouvemens  de  trans¬ 
lation  ?  En  un  mot,  il  n’y  a  aucune  proportion  entre  le 
cervelet  et  la  force,  la  prestesse  et  la  régularité  des 
mouvemens  de  translation.  Mais  cette  proporlloir  esjiste 
par-tout  avec  les  moelles  alongée  et  épinière  ,  et  les  nerfs 
qui  y  prennent  leur  origine.  La  force,  l’agilité  et  la  régu¬ 
larité  des  mouvemens  du  tigre  ,  du  cheval  ,  du  caïman  , 
du  boa  ,  etc.  ,  sont  proportionnées  à  la  grosseur  de  ces 
organes ,  et  nullement  à  celle  du  cervelet. 

Je  répondrai  de  la  manière  la  plus  succincte  à  ces  di¬ 
verses  objections,  dont  plusieurs  sont  à-peu-près  les 
mênaes  ,  et  dont  aucune  ne  me  paraît  détruire  ce  qui  a 
été  avancé,  sur  les  fonctions  de  l’encéphale  et  des  autres 
parties  du  système  nerveux. 

Et  d’abord  ,  si  l’ablation  n’est  pas  dans  tous  les  cas  un 
moyen  nécessaire  pour  arriver  à  la  connaissance  de  la 
fonction  spéciale  d’un  oi'gane,  il  faut  convenir  que  ce 
moyen  est  au  moins  un  des  plus  certains  dans  un  grand 
nombre  de  circonstances.  Je  suppose  qu’un  homme 
frappé  pour  la  première  fois  par  l’impression  de  la  lu¬ 
mière  ignore  quel  est  l’organe ,  quel  est  l’instrument  ex¬ 
térieur  an  moyen  duquel  cette  impression  insolite  lui 
est  communiquée  :  Après  avoir  essayé  successivement 
de  se  priver  de  l’usage  des  oreilles ,  de  la  bouche ,  du 
nez  ,  il  arrive  aux  yeux,  il  les  ferme,  et  aussitôt  il  cesse 
de  voir  les  objets  qui  l’environnent  :  ne  conclura-t-il 
pas  alors  que  les  yeux  sont  les  instrumens  qui  lui  trans¬ 
mettent  l’impression  de  la  lumière?  La  privation,  ou 
SI  l’on  veut  l’ablation  n’est-elle  pas  un  moyen  sûr  pour 
juger  de  la  fonction  spéciale  de  ces  organes  ?  Appliquons 
Ce  raisonnement  au  siège  do  la  perception  de  la  lumière. 


fi  X  T  R  À  I  T  s 

D’abord  on  découvre  qu’il  ne  peut  être  que  dans  l’encé- 
pBale;  mats  dans  quelle  partie  ?  Pour  le  savoir ,  on  ré- 
tranche  successivement  les  couches  supérieures  des  lobes 
cérébraux  ,  et  l’on  arrive  jusqu’aux  tubercules  quadriju¬ 
meaux  ;  l’animal  continue  de  voir  :  on  détruit  ces  tu¬ 
bercules  ,  aussitôt  il  est  frappé  de  cécité  ;  d’où  l’on  cdn- 
clu^^que  les  lobes  cérébraux  ne  sont  pas  l’organé  de  là 
vision ,  puisqu’elle  existe  encore  malgré  qu’ils  soient  dé¬ 
truits  ,  mais  bien  les  tubercules  quadrijumeaux  ,  et  que 
c’est  là  une  de  leurs  fonctions  spéciales.  Il  est  donc 
faux  que  l’ablation  ne  soit  pas  un  bon  moyen  de  connaî¬ 
tre  la  fonction  spéciale  d’un  organe. 

»  Supposons,  dit  M.  Gàll ,  que  M.  Flourens  veuille  vé¬ 
rifier  par  l’ablation  du  cervelet,  si  cette  partie  est  ou 
n’est  pas  l’organe  de  l’instinct  de  la  génération  ,  com¬ 
ment  fera-t-il  vivre  l’ànimal  assez  long-temps  pour  pou¬ 
voir  dire  que  l’animal  possède  ou  a  perdu  cet  instinct  ?  » 

Si  Ton  se  rappelle  que  les  expériences  de  Rolando  dé¬ 
montrent  que  les  tortues  vivent  encore  plusieurs  mois  , 
malgré  l’ablation  du  cerveau  ou  du  cervelet ,  ce  temps 
doit  paraître  suffisant  pour  faire  sur  l’un  et  l’autre  de  ces 
organes  les  observations  qué  l’on  désire  ,  et  de  s’assurer 
pendant  cet  intervalle  de  la  nature  de  leurs  fonctions  spé¬ 
ciales.  Ce  n’est  pas  ici  le  lieu  d’examiner  jusqu’à  quel 
point  l’opinion  de  M.  Gall  sur  les  fonctions  du  cervelet 
pourrait  s’accorder  avec  celle  de  Roîàndo  ,  qui  consiste  à 
regarder  cette  partie  comme  l’organe  qui  envoie  aux  mus¬ 
cles  de  la  locomotion  le  Iluide  éxcitateur,  et  aux  autres 
parties  dont  l’action  n’est  pas  sous  l’influence  de  la  vo¬ 
lonté  une  plus  petite  quantité  séulëmènt  de  ce  fluide 
pour  le  maintenir  dans  la  mobilité  nécessaire.  Car  s’il 
est  vrai,  suivant  ÎRolando,  que  l’érection  du  ihamélon 
chez  les  femmes  ,  la  turgescence  du  tissu  cellulaire  et 
dermoïde  des  joues  sous  l’influence  d’une  cause  iiio- 


Kï  analyses.  4i5 

raie ,  etc.  ,  est  en  raison  de  la  mobilité  que  les  nerfs  en¬ 
tretiennent  dans  ces  parties  au  moyen  des  fluides  que  le 
cervelet  envoie,  l’érection  du  pénis  et  du  clitoris  dé¬ 
pend  aussi  de  la  même  cause ,  d’où  il  s’ensuivrait 
que  plus  l’activité  du  cervelèt  serait  grande ,  plus  aussi 
ces  parties  seraient  tenues  dans  une  disposition  favorable 
à  l’action  des  stimulons  divers  qui  en  déterminent  l’ac¬ 
tion.  Au  reste  ,  j’observerai  que  si  le  cervelet  n’a  d’au¬ 
tre  fonction  spéciale  que  celle  d’exciter  l’acte  vénérien  , 
lorsque  cet  organe  agit  seul  ,  les  lobes  cérébraux  étant 
détruits ,  il  devrait  spécialement  déterminer  l’orgasme  des 
organes  génitaux,  puisque  toutes  choses  égales  d’ailleurs, 
un  organe  célébrai  fait  d’autant  plus  irrésistiblement  sa 
fonction ,  que  son  action  est  moins  contre-balancée  par 
celle  d’autres  organes  ;  car ,  si  je  ne  me  trompe ,  tel  est 
le  langage  du  docteur  Gall  contre  ceux  qui  l’accusent 
de  fatalisme.  Mais  comme  le  contraire  a  lieu,  et  que 
la  faculté  locomotrice  est  attachée  à  l’existence  du  cer¬ 
velet  ;  il  paraît  plus  concluant  de  dire  flue  la  fonction 
spéciale  de  cet  organe  est  de  présider  à  la  loconiotion. 

Ce  que  M.  Gall  dit  de  la  difficulté  de  faire  survivre  l’a¬ 
nimal  aux  lésions,  et  l’opinion  qu’il  a  que  la  privation  suc¬ 
cessive  du  mouvement  doit  être  attribuée  b  la  faiblesse 
produite  par  l’hémorrhagie  et  à  la  cessation  successive  de 
la  vie,  se  trouvent  entièrement  détruits  par  les  expériences 
faites  sur  les  tortues.  Il  est  inutile  de  revenir  sur  ce  sujet. 

Si  les  effets  de  la  lésion  se  transmettent  aux  parties  qui 
restent  encore  ,  certainement  ils  ne  se  transmettent  pas  à 
celles  qui* sont  retranchées.  Or,  qu’importe  que  la  lésion 
des  tubercules  quadrijumeaux ,  par  exemple ,  se  transmette 
aux  lobes  cérébraux,  si  l’ablation  de  ces  derniers  ne  pro¬ 
duit  pas  la  cécité ,  et  qu’on  l’obtienne  par  la  destruction 
de  ces  tubercules,  pour  s’assurer  qu’ils  sont  le  siège  do  la 
vision.  N’est-on  pas  certain  que  le  cerveau  est  le  siège 


EXT 


4i6 

de  plusieurs  facultés,  intellectuelles  déterminées  et  non  le 
cervelet ,  si  ces  facultés  persistent  malgré  l’aLlation  de  ce 
dernier ,  ou  si  elles  se  perdent  par  la  destruction  du  cer¬ 
veau  ,  le  cervelet  restant  intact  ? 

Mais  M.  Gall  a  obtenu  des  résultats  différens  en  répé¬ 
tant  les  mêmes  expériences  que  M.  Flourens.  Je  le  veux 
bien  ;  mais  j’ose  affirmer  que  ces  expériences  ne  sont  ni 
assez  nombreuses,  ni  assez  variées  pour  pouvoir  être  op¬ 
posées  à  celles  de  Rolande ,  qui  les  a  faites  sur  les  mam¬ 
mifères  ,  les  oiseaux ,  les  reptiles  et  les  poissons ,  et  jusque 
sur  les  insectes ,  et  cela  pendant  des  années  entières  ;  tan¬ 
dis  que  celles  qu’il  cite  ont  été  faites  à  la  hâte  et  en  très- 
petit  nombffe  sur  des  lapins  et  des  pigeons ,  lesquels  ré¬ 
sistent  effectivement  très-peu  de  temps  aux  opérations  de 
ce  genre.  D’un  autre  côté,  quelques-unes  des  expériences 
ont  été  répétées  sous  les  yeux  de  M.  Cuvier,  qui  en  atteste 
l’exactitude;  et  si ,  comme  le  dit  ce  savant  naturaliste ,  les 
anciens  physiologistes  voyaient  trop  dans  leurs  expériences 
ce  qu’ils  voulaient  y  voir,  il  peut  arriver  aussi  qii’ils  ne 
voient  pas  ce  qu’ils  ne  veulent  pas  y  voir. 

Toutes  les  objections  que  M.  Gall  accumule  principa¬ 
lement  contre  les  fonctions  du  cervelet,  considéré  comme 
l’organe  central  de  la  locomotion ,  ne  me  paraissent  porter 
que  sur  une  erreur  de  langage  quai  suffit  de  rectifier  pour 
qu’elles  restent  nulles.  Le  rapporteur  du  Mémoire  de 
M.  Flourens  appelle  le  cervelet  le  balancier,  le  régula¬ 
teur  des  mouvemens  de  translation.  Mais  le  cervelet  n’est- 
ni  le  balancier  ni  le  rdga/Ætewr  des  mouvemens  locomo¬ 
teurs  ;  les  expériences  ne  peuvent  point  le  faire  Considérer 
sous  ce  point  de  vue.  Le  cervelet  n’est  que  le  centre  d’où 
parlent  les  irritations  que  les  nerfs  conducteurs  transmet¬ 
tent  aux  muscles  ;  mais,  sans  l’influence  des  hémisphères 
cérébraux,  siège  de  la  volonté,  cette  transmission  ést.ir- 
. régulière,  désordonnée ,  l’animal  n’exécute'que  desmOu- 


ETA.NALTSE3.  4l7 

ycineüs  aulomaliques.  Le  .yéritable  régulateur  est  donc 
le  cerveau ,  et  le  cervelet  influe  sur  Vintensité  des  mou- 
vemens  ,  mais  non  point  sur  leur  régularité. 

Ainsi ,  quoique  les  mouvemens  soient  aussi  réguliers 
chez  un  sujat  dont  le  cervelet  est  très-peu  développé ,  que 
chez  un  autre  dont  il  l’est  davantage  ;  quoique  la  femme 
danse  avec  autant  et  plus  de  précision  que  l’homme  ,  il 
ne  s’en  suit  pas  que  le  cervelet  ne  soit  pas  l’organe  qui 
détermine  la  contraction  des  muscles.  Au  contraire ,  la 
prétendue  objection  que  M.  Gall  tire  de  la  castration  et 
des  lésions  des  testicules ,  est  une  preuve  de  plus  en  faveur 
de  l’opinion  qu’il  attaque.  En  effet,  ceux  qui  ont  subi 
cette  opération  perdent  leurs  forces  primitives;  ils  de¬ 
viennent  mous ,  efféminés  ;  et  s’il  est  vrai ,  comme  sem¬ 
blent  le  démontrer  les  observations  ,  que  le  cervelet  dimi¬ 
nue  de  volupie  chez  ceux  qui  ont  été  privés  de  leurs  testi¬ 
cules  ,  ces  phénomènes  s’accorderaient  très-bien  avec 
l’opinion  qui  attribue  au  cervelet  les  fonctions  que  nous 
avons  dit  lui  appartenir.  Il  est  bien  vrai  qu’il  est  des  ani- 
maüx  dont  le  cervelet  n’est  pas  en  proportion  avec  les 
forces  musculaires ,  mais  il  faut  bien  se  souvenir  que  l’é¬ 
nergie  d’un  organe  ne  peut  pas  toujours  se  mesurer  d’a¬ 
près  son  volqme ,  mais  que  le  degré  d’activité  de  cet  or¬ 
gane  dépend  aussi  d’une  structure  particulière  ;  circon¬ 
stance  qu’il  ne  faut  jamais  oublier  quand  il  s’agit  d’en  dé¬ 
terminer  l’usage.  La  moelle  épinière  n’est  certainement 
pas  le  centre  d’où  partent  les  irritations  musculaires  , 
quoique  les  animaux  très-vigoureux  aient  cette  partie  du 
système  nerveux  considérablement  développée.  On  sait,  en 
effet ,  que  si  l’on  coupe  la  moelle  épinière  dans  un  point 
quelconque,  toutes  les  parties  qui  reçoivent  leurs  nerfs 
de  la  portion  située  au-dessous  de  la  lésion  sont  frappées 
de  paralysie  ;  mais  si  l’on  remonte  jusqu’au  cervelet  et 
qu’on  détruisé  cet  organe ,  tons  les  muscles  locomoteurs 


4l8  KXTRAITS 

sont  atteints  sans  exception.  Si  cela  ne  prouve  pas  que  ce 
dernier  phénomène  a  lieu ,  parce  que  l’organe  destiné  à 
provoquer  le  mouvement  a  été  frappé  à  sa  source ,  il  n’y 
a  plus  rien  au  monde  que  l’on  ne  puisse  révoquer  en  doute. 

CosTER,  D.-M.  de  la  Faculté  de  Turin.  , 


Sur  le  Système  mtr  à-vertébral  des  Insectes, 

Dans  plusieurs  extraits  de  l’important  ouvrage  de  Mec- 
kel  ,  sur  l’Anatomie  comparée  ,  insérés  soit  dans  le 
Nouveau  Journal,  soit  dans  le  dernier  Numéro  des  Ar¬ 
chives,  M.  Martini  a  particulièrement  insisté  sur  une  at¬ 
taque  dirigée  contre  les  bases  fondamentales  de  ma  Phi¬ 
losophie  anatomique  (i).  Je  sais  qu’en  un  certain  lieu  où 
l’on  témoigne  s’intéresser  vivement  aux  progrèj  de  l’anato¬ 
mie,  on  pensa  que  mes  théories  éprouvaient  par  ce  coup 
un  échec  à  ne  pouvoir  se  relever.  On  me  permettra  d’ap¬ 
peler  de  ce  jugement ,  et  de  l’attribuer  à  cet  engouement 
dont  ne  peuvent  se  défendre  quelques  Français  pour  tout 
étranger  qui  déprécie  lies  productions  de  leurs  compatriotes. 

Quand  parut  le  premier  article  de  M.  Martini ,  jeterminai 
l’impression  de  mon  dernier  ouvrage ,  les  Monstruosités  hu¬ 
maines  ,  et  je  crus  devoir  à  l’attention  qu’on  donnait  en 
ce  moment  aux  objections  de  M.  Meckel  ,  de  les  rappeler 
moi-même  dans  cet  ouvrage ,  et  d’y  faire  une  réponse.  Ce 
point  a  depuis  occupé  un  des  hommes  les  plus  considé¬ 
rables  de  notre  littérature ,  le  célèbre  M.  Abel-Remusat. 
Voici  comment  ce  savant  académicien  s’exprinie  : 

«  Les  caractères  qui  tiennent  à  la  position  des  organes 

(^)  PHiiiOSQPHrs  ANATOMIQUE  ,  tome  I."  ,  traitant  '  des  Organes 
respiratoires  (1818),  et  tome  II ,  des  Monstruosités  humaines  C1822)  ; 
in-3'.°  ,  chaque  volume  étant  accompagné  d’un  allas  in-i.°  A.  Paris, 
chez  Béchul  jeune,  libraire  ,  place  do  l’Ecole  de  Médeciuc, 


.  Jüï  analyses.  4ig 

«ont  un  grand  degré^de  fixité.  Sciant  nullam partem  uni- 
^versaUm  magis  valere  quàm  illam  à  situ,  a  dit 
»  Linnæus.  Mais  sans  vouloir  s’en  attribuer  l’idée  primitive , 
»M.  Geoffroy  peut,  à  bon  droit,  réclamer  l’honneur 
»  d’én  avoir  fait  à  la  zoologie  et  à  l’anatomie  comparée 
»  des  applications  plus  nombreuses ,  plus  importantes ,  on 
«pourrait  même  dire  ,  plus  hardies  que  tout  autre.  Ce 
«naturaliste  l’adopta  dans  toutes  ses  conséquences  ,  sans 
»  réserve  et  sans  restriction.  Les  formes ,  les  dimensions  , 
«  la  structure  et  les  usages  mêmes  des  organes ,  sont  sujets 
«à  varier  :  leur  situation  respective  ,  jamais  ,  suivant 
«M.  Geoffroy.  Un  célèbre  étranger  (le  professeur  Meckel)  , 
«qui  paraît  disposé  à  contester  l’application  universelle  de 
«celte  loi ,  convient  pourtant  que  la  nature  l’observe  le 
«.plus  souvent  jusqu’à  s’y  conformer  d’une  manière 
«PÉDANTESQUE.  Un  oi’gane  ,  avait  dit  M.  G.  ,  est  plutôt 
«diminué,  effacé  ,  anéanti,  que  transposé.  On  lui  objecté 
»  l’exemple  des  crustacés  et  des  insectes  chez  lesquels  là 
«  moelle  épinière  se  transporte  de  la  partie  dorsale  à  la 
«partie  inférieure  du  corps,  s’y  trouvant  fort  au-dessous 
«du  canal  intestinal,  qu’elle  recouvré  au  contraire  chez 
«les  animaux  vertébrés.  M.  Geoffroy  accepte  cette  occa- 
»  sion  de  vérifier  son  principe  favori  ,  celui  des  con- 
«  nexions ,  et  il  trouve  que  ce  principe  sort  victorieux  d’une 
»  épreuve  si  difficile.  La  moelle  épinière  et  l’intestin  sont 
«encore  ici  dans  leur  rapport  de  position;  seulement  l’a- 
«  nimal  est  retourné  :  il  marche  sur  le  dos  ,  le  ventre  tourné 
«du  côté  du  ciel.  C’est  en  bravant,  si  j’ose  ainsi  parler  , 
»  toutes  les  conséquences  de  sa  doctrine ,  eh  eh  admettant 
«d’avance  les  résultats  les  plus  paradoxaux,  queM.  Geof- 
«froy  est  parvenu  à  des  rapprochemens  vraiment  singu- 
«liers  ,  et  dont  plusieurs  ont  reçu  du  moins  rassehtimént 
»  tacice  des  maîlyes  de  la  science.  {V oyez  M.  Cuvier,  dans 
»  son  Analyse  des  travaux  de  l’Académie  des  Sciences  , 


420  '  .extraits 

npour  1817  ,  page  24-  )  Telle  est ,  pour  n’en  citer  qu’un 
»  exemple  ,  l’analogie  des  osselets  de  l’ouïe  chez  les  ani- 
»  maux  à  ppumon ,  avec  l’opercule  et  les  os  de  la  mem- 
»  brane  branchiostège  chez  les  poissons  ;  analogie  qui  sem- 
))ble  avoir  été  établie  de  la  manière  la  plus  plausible  dans 
»  le  tome  I.“  delà  Philosophie  anatomique.  »  (Extrait 
d’un  article  (i)  sur  le  deuxièine  tome  de  la  Philosophie 
anatomique  (  Monstruosités  humaines  )  ,  publié  dans  le 
Journal  des  Savaris ,  N.°  de  février  1825,  page  102;  par 
M.  Abol-Rémusat,  membre  de  l’Institut,  professeur  de 
langue  et  de  littérature  chinoise  au  Collège  de  France  , 
l’un  des  membres  du  Comité  de  rédaction  du  Journal  des 
Savans,  D.-M. ,  etc.  ) 

M.  Meckel  aura-t-il  obtenu  plus  de  succès ,  en  attaquant 
mes  derniers  travaux  sur  l’organisation  des  insectes  ?  C’é¬ 
taient  ,  à-  vrai  dire  ,  de  simples  corollaires  des  premiers  ; 
mais  comme  ce  célèbre  anatomiste  s’étàit  déjà  refusé  à 
considérer  ceux-ci  sous  le  point  de  vue  qui  me  les  avait 
fait  entreprendre,  il  devenait  difficile,  la  question  se  com¬ 
pliquant  de  plus  en  plus,  qu’il  partageât  sur  les  derniers 
ma  manière  de  voir. 

(1)  M.  de  Rémusat  s’est  moins  proposé  dans  cet  article  de  faire 
connaîtra  eu  particulier  l’ouvragé  Aes  Monstruosités  humaines,  que 
de  présenter  un  tableau  complet  de  la  doctrine  de  l’auteur  ,  doctrine 
telle  que  la  donnent  non  pas  seulement  les  deux  volumes  de  la  Philo¬ 
sophie  anatomique  déjà  publiés  ,  mais  de  x>lus  aussi  un  assez  grand 
nombre  de  Dissertations  répandues  tant  dans  les  Annales  ou  les  Mémoi¬ 
res  du  Muséum  d’histoire  naturelle ,  que  dans  différens  Recueils  d’a  - 
natomic  et  de  médecine.  Ce  tableau  concis,  nerveux  ,  toujours  fidèle  j 
écrit  de  haut  et  sous  l’inspiration  d’une  philosophie  sage  et  éclairée  , 
peut  fournir  sur  le  système  qui  s’y  trouve  exposé  ,  des  reiiseiguemcns 
plus  clairs  et  plus  instructifs  que  ceux  même  que  procureraient  les 
écrits  originaux.  11  a  paru  presqu’au  même  moment  d’autres  analysés 
de  cet  ouvrage,  dans  InRevue  Encyclopédique ,  par  M.  Fr.  Cuviér.j 
dans  le  Journal  complémentaire ,  par  M.  Desmouliiis  ;  dans  la  Revue 
'médicale  ,  par  M.  Dugès  ;  et  dans  les  Annales  de  la  Médecine  phy¬ 
siologique  ,  pur  M.  Bénit. 


ET  analyses.  42J 

Je  ne  veux  engager  de  discussion  polémique  avec  per¬ 
sonne  ,  et  encore  moins  avec  uni  des  savans  les- plus  hono¬ 
rables  de  rAllemagne  :  aussi  je  ne  suivrai  pas  M.  Meckel 
dans  l’exposition  de  ses  vues.  D’une  part  ,  je  ne  reconnais 
pas  mes  idées  dans  l’extrait  qu’il  en  a  fait  oü  qu’on  en  a 
fait  en  son  nom  dans  les  Archives  ;  et ,  d’autre  part ,  ces 
idées  se  sont  étendues  et  améliorées.  Je  me  bornerai  à 
dire  ce  que  je  crois  vrai  des  rapports  qu’ont ,  suivant  moi , 
les  insectes  avec  les  animaux  déclarés  seuls  en  possession 
du  système  vertébral ,  ce  qui  ne  sera  que  dounér  un  extrait 
d’un  travail  que  j’ai  communiqué  à  l’Académie  des  Scien¬ 
ces  ,  le  26  août  1822  ,  et  que  j’ai  depuis  imprimé  dans 
les  Mémoires  du  Muséum  d’histoire  naturelle  ,  tome  IX  , 
page  89. 

Il  y  a  deux  ordres  de  vertèbres  ,  et ,  par  conséquent , 
deux  ordres  d’animaux  vertébrés. 

Telles  sont,  i.“  les  vertèbres  dans  le  centre  desquelles 
les  deux  grands  systèmes  ,  le  médullaire  et  le  sanguin  , 
conservant  toujours  les  mêmes  rapports  de  superposition  , 
se  déploient  concurremment;  et  2.“  les  vertèbres  où  les 
troncs  des  deux  systèmes  se  déploient  au  contraire  séparé¬ 
ment  ,  chacun  en  dehors  du  tuyau  alors  noyau  central , 
et ,  par  conséquent  ,  dans  un  tuyau  propre  et  distinct. 

Les  animaux  de  la  seconde  section  sont  réputés  jouir 
seuls  d’un  système  vertébral  :  aussi  les  a-t-on  uniquement 
désignés  jusqu’ici  par  le  nom  absolu  et  exclusif  d’animaupc 
vertébrés.  Le  système  sanguin ,  occupant  chez  eux  un 
espace  propre  ,  et  pouvant  se  répandre  dans  une  sphère 
plus  étendue ,  se  ramifie  davantage  ,  et  donne  lieu  à  plus 
de  transformations  et  de  développemens.  Ainsi  les  êtres 
chez  qui  se  remarquent  ces  conditions  primordiales,  doi¬ 
vent  à  cette  plus  grande  complication  une  plus  grande 
somme  d’organisation  ,  et  sont ,  à  raison  même  de  ces 


42  2  liXTKAirS 

degrés  supérieurs  dans  l’échelle  organique  ^  les  animaux 
présumés ,  déclarés  et  nommés  les  plus  parfaits.  On  sait  que 
ca sont  les  poissons,  les  reptiles,  les  mammifères  et  les 
oiseaux.  Ils  formeront  toujours  un  seul  et  même  embran¬ 
chement  comme  autrefois seulement  par  un  mot  ajouté  à 
leur  ancienne  dénomination ,  je  les  distingue  des  êtres  de 
l’autre  section;  je  les  nomme  hauts  animaux  ve^rtébrés ^ 
ou  plus  simplement  , 

Sous  plusieurs  rapports ,  à  ces  principales  considéra¬ 
tions  appartiennent  aussi  des  êtres  dont  la  tige  princi¬ 
pale  se  compose  de  même  d’une  série  de  vertèbres ,  mais 
de  vertèbres  Creuses  à  leur  centre.  Leur  tube  central  est 
un  fait  dont  on  n’avait  pas  même  autrefois  soupçonné 
l’existence.  J’en  ai  fait  la  'découverte  chez  ceux  des  hauts- 
vertébrés  les-  moins  élevés  en  organisation  ,  ou  chez  les 
poissons,  lesquels  conservent  (le  plus  grand  nombre 
constamment,  et  quelques-uns  seulementpendantleurpre- 
mier  âge)  ,  les  dispositions  organiques,  qui  forment  le 
grand  caractère  des  premières  journées  de  l’embryon.  Ce 
qui  n’est  chez  quelques  poissons  (les  lamproies  et  les  es¬ 
turgeons  ,  par  exemple) ,  qu’un  cas  de  première  condition 
fœtale  appelant  la  transformation  ,  reste  l’état  régulier  et 
permanent  des  crustacés  et  des  insectes.  Les  fluides  dans 
lesquels  ces  organes  auront  à  puiser  pour  leur  formation  , 
remplissent  le  tube  central.  Les  deux  systèmes  médullaire 
sanguin  croissent  simultanément  dans  le  tube  ,  lequel 
alors  s’agrandit  par  la  poussée  de  tous  les  organes  qui 
poursuivent  l’œuvre  de  leur  développement. 

Mais  dans  le  cas  contraire,  où  les  deux . systèmes  sont 
séparément  établis,  et  le  sont  en  dehors  du  tube ,  à  l’op- 
posé  l’un  de  l’autre  ,  le  tube  se  plisse  et  se  ferme  dans  sa 
longueur:  ses  parois  intérieures  arrivent  au  contact.  La 
forme  tubulaire  disparaît  pour  faire  place  à  un  ,  noyau 
veriébr.rl  qui  sc  remplit  ot  qui  s’épaissit  successivement. 


ET  AN  ALTSES.  495 

Des- vestiges  de  cet  ancien  état  de  choses  se  conservent,  je 
le  répète ,  duran  t  la  vie  entière ,  chez  quelques  poissons  (  les 
clupea ,  alose  et  hareng) ,  et  s’elFacent  totalement  chez 
d’autres  dès  qu’ils  sont  avancés  en  âge ,  comme  dans  les 
carpes ,  par  exemple. 

Nous  avons  proposé,  dès  1820  ,  pour  les  animaux  delà 
première  section ,  ou  pour  ceux  qui  ont  le  noyau  inter¬ 
vertébral  de  forme  tubulaire ,  c’est-à-dire  ,  pour  les  crus¬ 
tacés  et  pour  les  insectes ,  le  nom  de  dermo-vertébrés. 

Ce  qui  m’avait  dès-lors  donné  de  la  confiance  dans  ces 
résultats ,  c’est  qne ,  quoiqu’il  arrive  aux  deux  sortes  de 
vertèbres ,  savoir  :  ou  à  l’une  d’admettre  en  dedans  de  son 
noyau  les  systèmes  médullaire  et  sanguin ,  ou  à  l’autre  de 
n’employer  son  noyau  que  comme  un  axe  fournissant  ses 
deux  adossemens  opposés  pour  supporter  et  tenir  séparément 
rangés  chacun  de  ces  deux*  systèmes ,  tous  les  élémens 
vertébraux  ne  sont  pas  moins  régulièrement  produits  et 
le  sont  dans  un  ordre  de  superposition  qui  ne  perniet  point 
en  effet  dé  les  méconnaître. 

Je  n’ai  pu  me  dispenser  de  donner  à  ces  élémens  pri¬ 
mitifs,  au  nombre  de  neuf,  des  noms  particuliers  ,  et 
comme  le  principe  des  connexiom  est  un  vrai  fil  d’Ariane 
qui  m’aide  à  les  retrouver  quand  ils  me  sont  masqués 
par  la  bizarrerie  de  certaines  formes ,  j’ai  adopté  dès 
noms  fondés  sur  leurs  rapports  de  position.  Ainsi,  je  nomme 
cycUal  la  pièce  centrale  affectant  la  forme  d’un  tube  chez 
les  devmo-vertébrés ,  et  prenant  au  contraire  celle  d’un 
tronçon  de  colonne  cKez  les  haut-vertébrés.  5e  \&  nomme 
cycléal ,  de  kÙxaos-  ,  cercle,  pour  rappeler  sa  forme  an¬ 
nulaire  ,  ainsi  permanente  chez  les  premiers ,  et  telle  ori¬ 
ginairement  chéz  les  derniers,  sans  qu’elle  s’y  montre 
au  contraire  persévérante.  Je  distingue  ensuite  les  bran¬ 
ches  vertébrales  quand  elles  sont  rangées  par  paire  de  la 
manière  suivante ,  savoir  î  supérieurement,  ou  celles  qui. 


k'ïk  EXTRAITS 

chez  les  hauts-verlébrés ,  servent  d’enveloppe  au  système 
médullaire  ,  d’abord  la  première  paire  sous  le  nom  de 
périaucc;  les  péfiaux  se  dirigent,  à  partir  du  cycléal, 
comme  des  rayons  prolongés  du  centre  5  la  circonférence  ; 
et  la  seconde  paire  sous  le  nom  d’épiaux  ;  ceux-ci  ter¬ 
minent  les  branches  vertébrales  de  ce  même  côté  ,  en 
s’étendant  en  dehors  :  et  inférieurement,  ou  les  branches 
vertébrales  disposées  pour  renfermer  le  système  sanguin , 
savoir  ,  la  paire  la  plus  voisine  du  cycléal,  paraaux,  et 
l’autre  paire ,  cataauæ ,  c’est-à-dire  celle  qui  termine  de 
ce  côté  les  branches  vertébrales. 

Il  n’arrive  pas  toujours  aux  parties  de  ces  branches  de 
rester  accouplées  deux  à  deux  (principalement  dans  les 
dermo-verlébrés ,  chez  lesquels  les  branches  n’enseignent 
aucun  des  deux  principaux  systèmes  ,  systèmes  que  nous 
avons  dit  plus  haut  contenus  dans  le  noyau  tubulaire  de 
la  vertèbre)  ,  les  parties  des  branches  sont  alors  rangées 
bout  à  bout.  Elles  deviennent  dans  cet  état  ces  appen¬ 
dices  appelés  chez  les  crustacés  pattes  vraies,  si  ces  bran¬ 
ches  sont  dévolues  au  mouvement  progressif  ,  et  pattes 
fausses  (les  appendices  du  dessous  de  la  queue),  lesquelles 
ne  diffèrent  des  autres  que  parce  qu’alors  les  branches 
vertébrales  sont  comparativement  très-petites  et  qu’elles 
n’ont  plus  qu’un  usage  fort  insignifiant,  variable  d’une 
espèce  à  une  autre.  Pour  le  cas  de  ces  derniers  arrange- 
mens,  je  modifie  mon  système  de  nomenclature  en  me 
bornant  à  l’emploi  de  quelques  propositions ,  rendant  très- 
bien  l’esprit  de  ces  nouvelles  dispositions ,  c’est-à-dire  ex¬ 
primant  nettement  les  rapports  de  tous  les  anneaux  de  la 
chaîne.  Voici  ces  noms,  en  partant  dü  dos  ou  de  l’extré¬ 
mité  de  la  nageoire  dorsale  aux  parties  inférieures  ou  à  la 
dernière  pièce  de  la  nageoire  anale  ;  en-épial,  pro-épial, 
méta-périal ,  cjclo-périal ,  cycléal  (élément  dont  la  no- 
mènclàture  ne  varie  pas,  parce  qu’il  est  partout  impair)  . 


fi  r  A  KAil  YSES.  4® 5 

(yclo-paraal ,  Tiiéta-pœt'aal^  pii‘o-cataal,  et  èn^oataal. 

Pour  montrer  que  ces  idées  générales  ne  sont  pas  de 
simples  et  vaines  abstractions  ^  j’ai  désiré  lés  rendre  ocu- 
lairement  observables  par  le  chois  de  quelques  exemples  j 
tel  est  l’objet  dés  planches  qui  accompagnent  moB  Mé  ■ 
moire  dans  le  tome  IX  déjà  cité;  èt  de  plus ,  afin  d’avoié 
un  point  de  départ  duquel  je  pusse  m’élever  aux  con- 
eentrations  plus  ou  moins  grandes  de  la  vertèbre,  dont 
les  haiits^vertébrés  fournissent  des  exemples ,  et  duquel 
je  pusse  descendre  au  contraire  à  ces  subdivisions  perma- 
nenies  qui  caractérisent  les  dermo-vertébrés  ,  j’ai  cherché 
une  vertèbre  qui  fût  réstreinté  dans  des  proportions 
moyennes ,  qui ,  étant  à  des  dislânees  égales  dans  la  série 
graduéédesdéveloppemens  ,  Conservât  des  traces  des  pri  ¬ 
mitives  formations  èt  exprimât  en  même  temps  quelques 
indices  des  subséquentes ,  et  qui  enfin  reproduisît  ses  di¬ 
verses  parties  sous  des  formes  homogènes.  TOut  cèla  se 
trouve  dans  lé  trOnçon  oSsèüx  post'^bdominal  d’une  plie 
{pleurénectes  rhombeùs  )i  6’eSt  nn  poisson  abondant  dans 
nos  marchés,  et  il  est  loisible  à  chacun  d’y  vérifier  ce  que 
j’eh  dis. 

Tous  les  matériaux  d’une  vertèbre  se  voient  très-dis  • 
tinetement  dans,  ce  tronçon.  Son  Hoyau,  ou  le  cycléal, 
est  exactement  dans  le  centre  du  système ,  et  chaque  partie 
s’en  échappe  par  des  rdycns  qui  se  correspondent ,  comme 
formes  et  proportions,  d’une  manière  et  d’un  accord  si 
merveilleux,  qu’on  serait  tenté  de  ne  voir  dans  mon  des¬ 
sin  que  l’esquisse  d’un  type  idéal.  Le  noyaU  vertébral 
(cycléal)  est  encore  ouvert  dans  la  plie,  qui  n’èst  que  le 
jeune  âge  du  carrelet ,  ainsi  qu’il  est  ouvert  alors  toujours 
et  jilus  largement  dans  les  animaux  inférieurs  ;  mais  il  est 
prêt  h  sè  fermer ,  ne  laissant  apercevoir  aü  centre  qü’un 
trou  très-petit  au  fond  des  deux  cônes  adossés  et  réunis 
par  leur  sommet ,  sorte  de  clfepsidros  pour  la  forme ,  ar- 

1.  28 


/,26  EXTRAITS 

rangement  qui  ramène  Gc  noyauàn’être  plus  qu’un  simple 

corps  vertébral. 

J’ai  présenté  sur  mes  planches  tous  les  détails  d’une 
vertèbre  de  bœuf  dans  l’âge  fœtal  et  dans  les  âges  suivans. 
Des  lettres  semblables  aux  pièces  analogues  montrent 
lés  rapports  de  toutes;  leurs  parties.  J’en  ai  agi  de  même 
à  l’égard  d’un  tronçon  ne  colonne  vertébrale  d’une  écre¬ 
visse  ,  en  faisant  représenter  un  segment  de  ce  qu’on 
nomme  si  improprement  la  queue  chez  cet  animal ,  et  en 
appliquant  encore  les  mêmes  lettres  aux  parties  similaires. 

Placer  dans  des  corollaires  (voyez  yiircArâes  ,pag.  260), 
cette  proposition  :  te  entre  le  squelette  des  tor¬ 

tues  et  le  squelette  extérieur  des:  animaux  invertébrés 
n’est  qu  une  analogie  apparente,  c’est  nier  l’évidence. 
J’accorde  qu’ainsi  que  le  membre  antérieur  du  lion  n’est 
point  ,  pour  tous  les  détails  , de  sa  structure,  une  exacte 
répétition  du  membre  antérieur  du  singe  ,  par,  exemple , 
de  même  la  correspondance  de  ces  faits  d’ostéologie  ne 
porte  non  plus  sur  une  ressemblance  absolue  ;  mais  ce  ne 
sont  pas  moins  des  faits  de  même  ordre ,  des  faits  à  em¬ 
brasser  dans  les  mêmes  considérations ,  à  comprendre 
dans  la  même  généralisation. 

Expliquons-nous  à  cet  égard  ,  et  d’abord  insistons  sur 
lés  différences  essentielles  que  la  différence  de  leurs  deux 
types  primordiaux  introduit  dans  la  structure  de  la  tor¬ 
tue  et  dans  celle  de  l’écrevisse  :  les  rapports  viendront 
après. 

C’est  dans  son  noyau  vertébral  ou  ,  pour  parler  le  lan¬ 
gage  de  l’anatomie  humaine ,  en  dedans  du  corps  même 
de  la  vertèbre ,  que  sont  répandus  chez  l’écrevisse 
tous  ses  organes  de  circulation,  de  nutrition,  de  généra¬ 
tion  et  d’excitation  nerveuse.  Ces  organes  ,  ainsi  déjà  logés 
dans  ce  noyau  de  forme  tubulaire  ,  sont  donc  sans  intérêt 
à  l’égard  des  branches  vertébrales  et  n’en  exigent  par 


ET  AMALTSES.  ^251 

conséquent  point,  l’intervention  et  la  conservation  pour 
leur  propre  compte;,  mais  je  suppose  que  celles-ci  exis¬ 
tent,  disposées,  comme  si  élles  concouraient  à  rendre  à 
ces  organes  le  même  service  que  chez  les  hauts-verté¬ 
brés,  elles  seraient,  ube  partie  d’ëlles  en  dessus  du  noyau 
et  l’autre  partie  en  dessous  ;  elles  seraient,  dis- je  ,  réu¬ 
nies  deux  à  deux ,  et  chaque  portion  articulée  et  rangée 
en  un  chaînon  fermé ,  c’est-à-dire ,  qu’en  dehors  du  tube 
central  seraient  deux  autres  tubes ,  l’un  supérieurement 
pour  contenir  le  système  médullaire  et  l’autre  inférieure¬ 
ment  pour  contenir  le  système  sanguin.  C’est  précisément 
ce  que  notre  exemple  précité  d’un  tronçon  post-abdomi¬ 
nal  de  la  plie  fait  connaître.  Dans  cet  exemple  ,  la  con¬ 
dition  tubulairè  du  cycléal  ou  du  noyau  central  n’est  plus 
conservée  qu’en  vestiges;  mais,  en  s’élevant  davantage 
dans  l’échelle  des  êtres ,  cette  trace  s’efface  entièrement 
le  noyau  n’est  plus  évidé  à  son  centre  :  c’est  un  plein 
tronçon  de  colonne;  et  cela',  dis-je,  existe  ainsi  dans  lesj 
reptiles,  dans  les  mammifères  et  dans  les  oiseaux.  . 

.Alors  ,  ce  que  la  poussée  des  organes  vitaux  peut  rejet- 
ter  du  squelette  sur  le  derme  ne  saurait  être  composé  des 
mêmes  parties  dans  les  hauts-vertébrés  et  dans  les  dermo- 
vertébrés.  Il  est  évident  que  cela  n’arrivera  ,  ■  chez  les 
premiers ,  qu’aux  élémens  osseux  des  deux  cavités  renfer¬ 
mant  séparément,  l’une  le  système  médullaire ,  et  l’autre 
le  système  sanguin  ,  et  point  à  la  cavité  intermédiaire  qui 
a  cessé  d’exister  comme  cavité  et  qni  se  trouve  réduite  à 
n’être  qu’un  axe  médian, plus  ou  moins  renflé ,  plus  ou 
moins  rudimentaire.  Il  est  pareillement  évident  que  .cet 
effet  n’est  possible  chez  les  derniers  ou  les  dermo-verté- 
brés  ,  que  par  l’extension  du  corps  central ,  c’est-à-dire  , 
l’extension  de  l’unique  cavité  que  développe  la  forme  tu¬ 
bulaire  ,  puisqu’il  n’y  a  que  celte  seule  boîte  osseuse 
pour  contenir  tous  les  appareils  ,  puisque,  je  le  répété  , 


428  EXTftÆfTS 

tous  les  autres  élément  vertébraujl  ,  au  lieu  âe  s'enlre- 
lief  pour  sé^  réunir  eir  une  dôubte'  ctetüre  et  former  deux 
aUtre^  annéaùxf,’  sont’ Un  ei?  de  l’autre  côté  proioiigés'sur 
uàô  seule  filé. 

VoHàrnosdtfférenees  ëlidssh^iïî®’  sérèreftient  déterminées; 
Gela  posé  ,*  ce  ne  sont  p^s  tes  mêmW  piétés-  noôiiriàlés 
qür ,  daUs  lùtottue  et- dans  l’écrerissé  j  sont  repoussées  ex- 
téfieurèmetrf  ,*  qoî  prenfilënfr  j^osition  ir  là  périphérie  de 
l’être  et  qirf.  vienueyt  sé  COàfbndre  arec  lé  derme.  Mais 
je  nteu  puis'  doutei-  :  té  sohf  ft’éS'-tèétâinémèût  des  élé- 
léens  du  squelette ,  et  j’àjyuté  dd  squelette  intérieur ,  pour 
m'ex^Iiquèr  daffirs'  le  làn'gd^è  dffq'iïél  oljlige  de  réeourir  la 
suppositiod  que  Je  fcombafe*. 

A  fcc  méménf  cô'tüQîfeïïéeflf  ïei  rappofts  dek  deux  sÿs- 
tèraôs  d’dstéolôgïé  ;  ëf;  je  ns  crains  pas  de  dire  non  des 
rapports  ,  mais  des  rapports  vrais  et 

iücôntostaMëS.'  Goïniüëhtpi'ôn^ei'  éëite  pî'épbSilioU ?  c’est, 
eé  nié  sëiùlîliô ,  ttèS-facîlë: 

En  180^ ,  c’èSt-à-dteè  ,  bien  àVaïif  que  j’eü^àe  rè'Sjj'Ht 
fixé'  Sür  céà  fappôrfs  /  et  fie  me  préposant  alérs  qüe  de 
présétiiér  lës  faits  généraux  dé  l’drgàiiîSâtidri  de^  fbrtÜë's  , 
jé  ffâ'iVaî  (i)  dés  ânàlô'gléS  de'  tBétdS  lès  p'àitîèS  défit  là  cà- 
féj)aéëèt le plàsérdfisfe  cdinpd^iétit.  J’ài  ddniié,  fiépüîl,  pfils 
dé  iëcîitudé  à  cés  déiëimiffàtiBn^  dànS  lé  pîéfliieé  Vdliltfië 
dëitià  PhUosàpAÜ  aMtBirit^ue  {pàg.  ii§  fï  IFé’st  dé  éë 
ifiéiilèHt  qàé  IB  édrdÿâéë  dëé  tôŸlüés’  fût  dê'éidéfifëtit  éënsî- 
éém  iidHdfiâ  lès  fiéfUMlstéë  édmHig  fôrinëë;  âdVôié -  les 
pièfcëè  de  ll^lie  ifiéfliati'é  dé  la  séfiè  deé  ŸeHëBrM  âdr- 
^alës  ,  lëé  bd  dèd  ëâtés  feèrresp’diHdfiiitéè  éü  ^éité- 


(ij  Muiapirfc  sur  leS  tpttües  jolies ,  npuveati  genre  ,spus  le  iipin  de 
trionyx  ,  et  surja  fermatipii  dés  carapaces,-  par  M.  Geeflroy-Sainl- 
Hiiàirè.  ^nnalei  dû  Miséum  d’'kis\oire  nàiûrhUe ,  tp-mé  XlV, 
pa^.  i-ad,  jil.  1  ,  lî,  ïil;  IV; 


ET  4g^ 

bralgs,  et  cqux  Ja  ,%s  .Çjôtes  stççjçiajes  ;  ^t  que 

Ip  plast^qn  fût  recpoRu  ;Ç^)S.uUpr  dp  J’a^SQeiatiqp  des  a^qf 
pièèps,  ,dflnt  .tqqt  .atpsnua»  ,pqrtû  au  .(Çemp-et  ,sje  i^TQVjKe 
cqmpqsé  ;  çe  qqi  a  ,liep ,  ,que  les  ipeuf  éléqipqs  sfqipnapx 
soient  .étendus  .«nr  .une  seule;  file  Iqngttudinajie  j(Ies  iphp- 
quési) ,  ou  qu’ils  soient  {jCCQUplé.s  .deux-û,-d<îMXi(ieSjtor- 
tuesj)  ..Quibiengrouppés  trjois  ,eijAeipye  .(iés  eiseaux  ). 

Si  ©’fistilà  un  fait  d’pne  adoption  .nniyerseUe , ,  Jji’pat 
pas  iPioins^cqns.tant  qu’il  n,’y  a  .de , posé, snrjl’cxtériqur  des 
os  thoraciques  que  des  lames  appartenant  au  système 
épidermique,  ,o’es>ûr,dirP,Æes:Jaj’gçs  .éoailles  répandues 
dans  ie.eommerçe.  ,jGe  mi’est  .pas.ççpendan  t  que  ies^pnsr 
eles ,  Jontrle  qqffre-.peetAral.^e  Arjmsp  .ejlleuçs  en.viKo.n- 
né  ,  ,;ept%pmeqt  qurné ,  aienit  .djispaw  ;  .ils  .existent , 
mais, rentrés ,  mais, logés ..en-dedaus-  Pans. quelques, vtgr- 
tnes ,  carome  dans  eelles  de  mon  .genre qe  /îe 
sont, pas  des  écaillqs ^  .maisqn  feuillet ^nniq.u.e|qui.,rqçgu- 
vrent  (tout  de  jeat  osseux  ;  G’est-ûrtdire  >  ,G!est  )l’àjçrang,e- 
meftt  imêm®  4*1®  w.us  moptrent-les  homars.  jles  .éeré- 
viases»  clés  .]lon,rtea;UX  ,  i les  qrahes,,eic.  ,  gé.néra!em,ç»(t 
tqusjJeSjCçusiaeéS" 

fQuels  qs  aont  ainsi  ,  répandus  à  la  , périphérie,  di* 
corps, îPaQuÎKneÆQit ,  qui  n’est  dans  le  ;  cas ,  de.  répondre,,? 

çe  sent , jna.nU’estement, les  élémens  y,erté]br@ux,dP:  la;rau- 

gée  .inféfiiençe  ,  les  pièces  ccnsaerées  chez  dçsshouts-ani- 
ronux  ixortdhrés  à  .oloisonner  de  sy8,tèinesPPgu|n  ;;  .,G’es.l- 
é7dire,..les  paraaux  ,et  les  .«alÉaa.ux.  ,^a}s  veuillez  ,yq, us 
rendre  attentif  à  cette  çqnsidéralien  do  même  OïdjfP  ; 
quels  qs  au  eôté  ppposé  . arrivent  .aussi  ep.  dehors,, pt, vien¬ 
nent  .également  so  .fiQnfqndre  avec  le  derme,?  y  .nous 
bornons  notre  examen  jà  ceux  qui ,  cloIsOunent  d’ encé¬ 
phale  ,  ipous.jremarquons  qu’évidemmcnt  ce  sont  ;à  chaque 
segment  vertébral  du  crâne  ,  les  doubles  pLè.ées.  iS.ipér 
rieures ,  Jes  périaux  et  .les.dpiauX'  '  ,  ;,,,y  ■,  i 


43o  EXT  B  À1  TS 

Ces  faits  des  muscles  péctçraux  ,  logés  en  dedans  du 
sternum  chez  les  tortues ,  et  répandus  en  dehors  de  cet 
appareil  chez  les  oiseaux  ,  nous  sont  reproduits  dans  un 
exemple  de  cette  seconde  combinaison;  et,  en  elTet,  le 
crâne  présente  le  même  contraste  dans  le  crocodile  et  les 
autres  sauriens  :  et  ce  qui  doit  le  plus  surprendre ,  c’est  que 
cela  se  trouve  ainsi  jusques  dans  une  même  famille  de 
poissons,  dans  le  genre  des  silures;  Xesilurus  electricuset 
silurus  clarias  ne  s  auraient,  différer  davantage  sous  ce 
rapport. 

Mais  voyez  I  que  de  faits  nouveaux  et  curieux ,  que  de 
faits  généraux  résultent  de  ces  rapprbeheméns  ?  de  la  même 
manière  qu’il  y  a  une  boîte  cérébrale  pour  loger  au-dessus  de 
l’axe  vertébral  l’encéphale  ou  les  principales  parties  du 
système  médullaire  ,  il  est  de  même  chez  les  tortues  en 
arrière ,  mais  en  dessous  de  ce  même  axe,  une  boîte  tho¬ 
racique  ,  pour  loger  les  principales  parties  du  système 
sanguin  -,  le  cœur,  les  poumons,  les  autres  viscères  abdomi¬ 
naux.  Cette  solide  maison  ,  cetté  vaste  coquille  ,  dans  la¬ 
quelle  se  renferme  toute  la  tortue  à  son  gré ,  est  composée 
de  segmens  vertébraux ,  indépendans  dans  le  premier 
âge  ,  tout  comme  le  crâne  de  l’homme  est  jpareillement 
composé  de  pareils  segmens  ,  tous  également  distincts 
dans  l’âge  fœtal.  La  même  différence  signale  les  deux 
coffres  osseux  :  ainsi  quand  les  élémens  vertébraux  de  la 
rangée  supérieure ,  ou  ,  ceux  du  système  médullaire  sont 
portés  au  maximum  décomposition,  en  revanche  les 
élémens  du  système  sanguin  sont  réduits' à  un  état  de 
minimum,  et  vice  versa,- quand  ce;  sont  céS  derniers 
élémens  dont  le  volume  devient  prédominant ,  les  élé¬ 
mens  supérieurs  sont  dans  l’étàt  rudiiïientaire  :  les  tor¬ 
tues  sont  dans  ce  .îdernier  cas.  Cette  application  de  ma 
h)i  du  balancement  des  organes  revient  sans  cesse. 

Pour  moi,  je  n’ai  jamais  pu  considérer  une  tortue  èh- 


ET  'ANALYSES.  4^1' 

tièrement  renfermée  eu-detfans  de  sa  carapace  ,  sans  son¬ 
ger  que  c’est  ainsique  le  limaçon  se  renferme  en-dedans  de 
sa  coquille.  Oui ,  malgré  la  grande  différence  d’organisation 
de  ces  animaux  ,  je  n’ai  pu  me  défendre  de  l’idée  qjie 
c’est  par  l’emploi  des  mêmes  moyens  qu’ils  y  réussissent  , 
par  la  mise  en  jeu  :  d’appareils  analogues. 

La  hoîte  thoracique  de  la  tortue,  ou  pour  nous  porter 
sur  ses  analogies*  avec  les  animaux  mollusques,  la  co¬ 
quille  de  la  tortue  est  ouverte  îi  ses  deux  extrémités  :  le 
canal  intestinal  s’y  est  prolongé  d’un  bout  à  l’autre  :  scs 
deux  issues  d’entrée  et  de  sortie  y  sont  séparées  aux  deux 
bouts.  Dans  les  coquilles  univalves^,  où  ce  coffre  n’a 
plus  qu’une  ouverture,  la  bouche  et  l’anus ,  ces  deux  issues 
d’entrée  et  de  sortie  du  canal  intestinal  sont  .rappro¬ 
chées  ,  et  souvent  disposées  l’une  b  côté  dé  l’autre.  Voyez 
cet  arrangement  dans  les  tethies  composées  ,  et  particu- 
lièretnent  dans  les  genres  dtason®  et  distoma  [i), 
deux  issues  se  rencontrent  côte  à  côte  et  seulement  à  une 
extrémité  de  l’animal ,  parce  que  le  canal  jütcslinahaprès 
s’être  enfoncé  vers  l’autre  extrémité  ,  s’ést  iout-à  ooup  re¬ 
plié  et  s’est  coudé  sur  lui-même.  Ainsi  sans  que  rien  ne 
procédât  là  contre  l’esprit  du  principe  des  connexions  , 
les  deux  bouts  ont  été  ramenés  vers  l’une  des  extrémités  , 
comme  if  aurait  pu  tout  de  même  arriver  chez  là  tortue  , 
sans  qu’on  dût  en  conclure  qu’il  sefait’  survenu  dans  sa* 
constitution  organique  une  anomalie  trop  choquante. 

Je  n’insislei'ai  pas  davantage  sur  toutes  ces  analogies 
qu’on  ne  peut  sans  doute  bien  comprendre  sans  le  secourx 
des  figures;  cependant  je  promets,  quant  à  là  plupart  de 
ces  faits ,  une  évidence  d’une  acquisition  prompte  et  facile 


(i)  Mémoires  sur  les  aniuiàùx  sans  vertèbres,  par  Sayi^xy  >  l’i'c- 
mièro  partie  ,  pl,  XII  cl  XXXIX  ;  («aB.»  ,  iBV6,  A  Paris ,  clier,  C,  I., 
F.  PauckoHclvu. 


jE-iK/r®  Airs 

à  ceux  qui  preudront  la  peine  de  consulter  les  planches; 
accompagnant  mes  Observations  générales  sur  la  ver- 
tèbm.  ,  .  . ■  ■■ 

l’ai  fait  des  fecherdhes  presque  ânllnies  sur  toutes  ces 
questions;,  et  :  quand  ;j’en  sins,  à  ,dire,  à  l’Académip  des 
Sciences,  dans  sa  première  séance  de  janvier  18,2.0,. que 
le  noyau  (Vertébral  conserve  à  toujours  chez  les  insectes 
la  disposition  qu’il  affecte  d’abord  dans,  l’embryon.da, forme 
d’un  tuhe ,  iOt  qu’en® onséquenee  les  insectes  vivent;  au-de- 
dans.  de.'leur  colonne  ver télirale,,  commp  les  mollusques  au 
sein  de  (leur  coquille ,  véritable  squelette  pour  ces  derniers  , 
sorte  de  jsquj^ette  contracté  ces  nouyellcs  idées  ,  encore 
plus  de  ce  -qu’elles  surprirent  inopinément ,  que  parce 
qu’ellesparurent  aussi  avoir  le  tort  de  déranger  certainés 
classiffcatipus,  révoltèrent  quelques  esprits.  M.  Hallé  ne 
fut  pas  dé  iCe  nombre.  «  yous  allez ,  me  dit-il ,  proclamer 
nl’exisitepco  id’un  «qnelet.le  chez,  les  insectes.  Mais  qui  .en 
Bdoute  papinî  les  physiologistes?  WiUis  n’a-t-il  pas  écrit 
«  dès  16,9?:,  en  parlant  de  récrovisse  ■:  Qmctd  /rn^bm 
wt  partes  mgtriees  . J  non  gss(t  tegurttur  ear-nibft$a  issd 

„  cjar7^^e  qsgibusS  n 

Aiprés  ufte  riye  disenssion  qui  eut  lieu  alors  ,  on  de¬ 
manda  à  (des  apadémiplena  qnièiOes  vues  pouivaient  ; et  de¬ 
vaient  (ÇotStrarioi'i»  flnelles  impressions  ils  en  nvaieot  ffle-, 

çiies,  :MoPTP^?n?lnt.»TfpUÎt‘de  nombrejiïS  travaux  etdejugç-: 

mens  profandém^t  médités  ,  c’ést.r^rdire  d’un  nombrn 
prj^que.infîfii  lutev^édiaicfis  .aperçues  nt  pamou- 

ruets  pîu  y  0§pvit  ^  fut  apprécié  :  avec  dpSip.céyentiOjiiiiS  deré- 
fféchléa  ifrt  d’ailleurs  par  des  .aphorismes  d’Une 

antesciepce  tOWt-^rjfeit  étrangère  aux  laits  .des  objets: dis-; 
cutés.  Il  fut  enfin  dédaigneusement  répondu  qu’on  ne 
croyait  pas  à  l’existence  d’un  squelette  chez  les  insectes. 

Ce  sont  ces  souvenirs  qui  ont  ttacé  dans  l’esprit  de 
M.  le  professeur  Meckel  ;  il  a  cru  devoir  reprendre  une 


JST  analyses.  435 

discussion  dans  làquelLcil  supposait  que  j’avais  succombé. 
Ce  sont ,  dis-je ,  ces  souvenirs  que  l’article  imprimé  dans 
le  dernier  numéro  des  Archives,  par  M.  Martini ,  tend  b 
faire  revivre.  .  . 

"En  terminant  ,  je  considère  que  je  me  suis  beaucoup 
étendu  sur  un  sujet  qui  ne  se  rattache  que  d’une  manière 
éloignée  aiix  études  médicales.  J’én  demande  pardon  b 
MM,  les  médecins-praticiens  qui  auront  pris  la  peine  de 
me  suivre  dans  une  si  longue  exposition.  Toutefois  ,  je 
l’espère,  ils  voudront  bien  me  rendre  la  justice  de  remar¬ 
quer  que  ce  n’est  pas  de  mon  plein  gré  que  je  les  prive  de 
pages  plus  Instructives  :  je  n’arrive  et  ne  me  trouve  sur 
ce  terrain  des  discussions  philosophiques,  qu’étant  sur  la 
défensive.  Çeoffboy-'Saint-Hilaike. 


S  e  I E  INC  E  S  ACC E  SS  OIRE  S. 


Chimie.  Pliarinacie,  —  Botanique' 

M.  Bebzélius  vient  de  faire  l’analyse  des  eaiix  de  Carls- 
bad  ,  qu’il  a  trouvé  contenir  du  sulfa  te  ,  du  carbonate  et 
de  I^hydrochlorate  de  iseude  ;  du  .carbouate:,  du,fluate  qt 
du  phosphate  .de  chaux  ;  du  carbonate  de  strontiane  j  Au 
carbonate  de  ujagnésie  ;  du  iphosphate  d’duinine  j  du 
carhouate4e>fer,;  d'i  carbonate  deananganèse  et  de  Ja  ei- 
lice,  (Ee  eftrltmatc  de  strontiane ,  le  fimte  de  cBwsc , 

\es phosphates  de/ehapsc  et  d’alumine,  .qui>)ae,Se  trouvent 
qudn  itrès-petijes  quantités ,  .n^avaient  pas  encore  éité  dé¬ 
couverts  dans  les  eaux  iminérales.  M,  Berzélius  ,p.en%e 
qu’ils  pOiUvent  exister  dans  d’autres  eaux ,  notamment  dans 
celles  du  Mont-^d’Çlr  ,  de  l§aint-Nectaire  e.t  de  Yiohy,  dont 
la  composition  est  analogue  b  celle  des  eaux  de  Carlsbad. 
—  La.pierre  de  touche  employée  par  lés  orfèvres  et  les 


extraits 


434 

bijoutiers  ^  contient ,  d’après  M.  Vaufjuclin  ,  sur  loo  par¬ 
ties,  2,5oo  d’humidité t  silice  ,  85,ooo;  alumine  ,  '2,000; 
chaux  ,  i  ,000  ;  charbon  ,  2,700  ;  soufre ,  0,600  ;  fer  mé¬ 
tallique,  1,700  ;  perte  ,  4>3oo.  • 

—  M.  Théodore  de  Saussure  établit  ,  dans  un  Mémoire 
fort  curieux ,  i.°  que  les  fleurs  exposées  à  l’air  détruisent 
ordinairement  plus  d’oxygène  que  les  feuilles  à  l’obscurité 
ou  que  le  reste  de  la  plante;  2.“  que  les  étamines  adhé¬ 
rentes  à  leur  basé  et  à  leur  réceptacle  détruisent,  au  mo¬ 
ment  de  la  fécondation  une  plus  grande  quantité  de  ce 
gaz  que  les  autres  parties  de  la  fleur  ;  5,°que  la  faculté  de 
produire  de  la  chaleur  ,  reconnue  aux  fleurs  du  genre 
arum,  par  Lamark,  Senebier,  Hubert,  etc. ,  appartient 
également  aux  fleurs  de  courge  ,  de  bignone  et  de  tubé¬ 
reuse  ,  et  probablement  à  beaucoup  d’autres  que  l’on  re¬ 
garde  comme  froides. 

— M.Gay-Lussac  propose  de  substituer  les  blancs-d’œufs 
desséchés  ,  à  la  poudre  d’un  rouge-brun  dont  on  se  sert 
dans  le  commerce  pour  clarifier  les  vins  ,  et  qui  n’est 
autre  chose  que  du  sang  desséché  ;  en  effet ,  celui-ci  n’agit 
que  par  l’albumine  qu’il  contient. 

— Le  docteùr  Marcel  fait  mention  d’une  singulière  variété 
d’urine  qui  ne  contenàithiacide  urique  ni  urée,  qui  pas¬ 
sait  au  noir  bientôt  après  qu’elle  était  rendue ,  et  qui  ne 
tardait  pas  à  donner  un  précipité  de  la  même  couleur 
lorsqu’on  la  laissait  reposer.  M.  Prout  regarde  ce  principe 
noir  comme  un  acide  nouveau  qu’il  propose  de  nommer 
hciAq  mélanique.  OnriLAi 

Note  sur  une  nouvelle  plante  de  la  famille  des  rosa¬ 
cées ,  employée  avec  le  plus  grand  succès  en  Abyssinie , 
contre  le  tœnia ,  et  apportée  de  Conëtantinople  par 
M.  Braveb  ,  D.-M,-P. — M.  le  docteur  Brayer,  qui  a  ré¬ 
sidé  long-temps  dans  l’empire  Ottoman ,  a  communiqué 
dernièrement  îi  la  Société  d’hisfoirê  naturelle  de'Paris, 


ETANALYSES.  455 

une  notice  sur  un  remède  dont  l’emploi  est  très-fréquent 
eu  Abyssinie  ,  contre  le  tœnia ,  et  qui  paraît  avoir  toujours 
été  couronné  de  succès.  Il  tenait  ce  reinède  d’un  Armé¬ 
nien  qui  en  fit  l’expérience  sur  un  garçon  de  café  de  Con¬ 
stantinople,  tourmenté  depuis  plusieurs  années  par  le  tœnia. 
Après  en  avoir  fait  macérer  cinq  gros  dans  environ  douze 
onces  d’eau,  et  avoir  avalé  la  moitié  à  jeun,  ce  garçon 
éprouva  d’abord  des  nausées  qu’occasionnèrent  l’odeur  et 
le  goût  désagréable  du  médicament;  une  heure  après  il 
but  l’autre  moitié  et  se  coucha.  De  vives  douleurs  se 
firent  sentir  dans  les  intestins ,  et  après  de  nombreuses 
déjections  il  rendit  le  tœnia  tout  entier.  Le  ver  était  mort , 
et  son  extrémité  la  plus  grosse  était  sortie  la  dernière. 
Après  plusieurs  autres  évacuations  de  mucosités,  tous  les 
symptômes  de  la  maladie  avaient  complètement  disparu  , 
et  au  bout  de  six  mois  la  santé  de  cet  homme,  dont  la  mai¬ 
greur  était  excessive  ,  s’était  singulièrement  améliorée. 
M.  Brayer  ayant  pu  se  procurer  quelques  fragmens  du  re¬ 
mède,  les  a  confiés  b  M.  Runt,  savant  botaniste,  qui  y  a 
reconnu  un  genre  nouveau  dans  la  famille  des  rosacées  , 
voisin  de  V agrimonia  ,  et  auquel  il  a  imposé  le  nom  de 
brayera,  en  l’honneur  du  médecin  auquel  il  devait  cette 
communication.  L’espèce  unique  qui  a  servi  à  l’établir 
sera  nommée  anthelminthiqye ,  antlielmintica  ;  c’est  un 
petit  arbuste  qui  croît  en  Abyssinie.  Runt  assigne  à  ce 
nouveau  genre  les  caractères  suivans  :  quatre  fleurs  pedi- 
cellées ,  entourées  d’autant  de  bractées  membraneuses  ; 
calice  tubuleux ,  persistant ,  rétréci  à  son  orifice  ;  limbe  b 
dix  lobes ,  dont  les  cinq  extérieurs  plus  grands  ;  cinq  pé¬ 
tales  très-petits ,  linéaires ,  insérés  au  limbe  du  calice  ; 
étamines ,  douze  b  vingt-une,  insérées  au  même  endroit, 
b  filets  libres  ;  anthères  biloculaires  ;  deux  ovaires  atta¬ 
chés  au  fond  du  calice  ,  parfaitement  libres,  uniloculai¬ 
res  ,  monospertacs  ;  ovule  pendant  ;  deux  styles  lermi- 


43^6  EXTBA-IXS 

nauxj  sligmales  élargis,  légèrement  lobés.  Les  fruits 

n’existant  pas  n’ont  pu  être  observés. 

—  Le  docteur  Joseph  La  vini  a  publié,  dans  le  t.  XXV, 
et  à  la  page  1 3  des  Mémoires  de  PAc^démie  des  Sfiienees 
de  Turin,  des  recherches  chinfiques  et  médicales  sur  le 
crithmummaritimuni  de  Linné;  il  attribue  à  cette  plante 
la  propriété  de  faire  rendre  les  vers  lombrics  par ‘le  vomis¬ 
sement  et  par  les  selles,  soit  que  l’on  fasse  usage  à’Pin- 
térieur  de  -son  suc  ou  de  son  huile  volatile ,  en  oléome- 
(tliarum,  mêlé  à  une  petite  quantité  d’eau  eu  à  tout  autre 
véhicule ,  soit  qu’on  l’emploie  à  d’extérieur  en  appliquant 
un  cataplasme  de  feuilles  bien  écrasées  sur  la  région  épi¬ 
gastrique  ,  et  en  enduisant  lesmarines  avec  l’huile  volatile. 

Le  crithmum,  maritimum  est  assez  rare  en  Piémont  ; 
M.  Lavini  l’a  cependant  trouvé  sur  la  colline  de  'Monca- 
liéri  en  assez  grande  abondaiace  pour  en  faire  l’analyse 
chimiquei  Exposé  à  la  lunlièjre  solaire ,  il  répand  une 
odeur  dexose  très-voisine  de  celle  du  capricorne  musqué , 
et  par  le  simple  frottement ,  il  exhale  une  odeur  fort  dif¬ 
férente  ,  ressemblant  assez  bitîn  à  celle  du  pétrole ,  et  qui 
est  due  à  la  présence  d’une  huile  volatile  légère  ,  très-in¬ 
flammable  et  très-fluide,  de  couleur  de  paille,  et  d’un 
goût  légèrement  âcre.  Les  di/(Térentes  expériences  de  l’au- 
teur  l’ont  conduit  à  conclwe  ;  iv°  que  le  suc  de  cette 
plante  ,  toutes  les  fois  qu’on  ï’emploiera  eh  médecine  ,  de¬ 
vra  être  simplement  exprimtj  à  froid  pour  ne  pas  le  priver 
de  la  matière  verte ,  muque  use ,  aromatique  ,  qui  contient 
sans  aucun  doute  le  principe  actif  ,*2.°  que  des  hydro¬ 
chlorates ,  des  sulfates ,  d(îs  carbonates  terreux  et  la  po¬ 
tasse,  probablement  â  l’étet  de  combinaison  avec  l’acide 
acétique,  outre  une  petite  quantité  de  silice ,  font  les  par¬ 
ties  constituantes  de  la  plante;  3;°  que  cellehi  contient 
de  l’acide  acétique  libre  et  une  substance  particulière 
extractive;  4-°  que  l’eaiji  distillée  de  là  plante  n’a  aucune 


ET  ANALYSES.  467 

action  sur  i’éconotnie  animale,  à  cause  du  peu  de  solu¬ 
bilité  de  l’huile  volatile  dans  ce  liquide;  5."  què  l’action 
de  l’acide  sulfilriqde  la  convertit  définitivement  en  une 
huile,  qui  ne  pernàet  plu^  de  douter  de  son  identité  avec 
le  pétrole  lui-toême;  6.“  que  les  hydrates  de  potasse  «et 
de  soudé  nè  la  saponifient  f  as ,  caractère  qui  la  distingue 
ensuite  des  autres  huiles  volatiles  examinées  bomparativc- 
ment;  7;°  qOe  la  gommé  éla^que  se  comporte  avec  elle 
à-peu-près  eomiùe  avec  le  pétrole  ,  et  qù’étànt  examinée 
comparativement  avec  lés  autres  huiles  volatilés  qui  sont 
connues  v  les*  Résultats  sont  dilFérehs.;  8;”  enfin,'  qu’en 
vertu  de  l’huile  Volatile ,  aÿant  une  grande  analogie  avec 
celle  :dè  pétiole  ;  le  cr'itkmum  maritiniuni  peut  être 
très-utile  à  la  médecine  daiis  plusieurs  cas  de  maladies 
vermineuses  ;  ce  que  l’éjtpériencc  a  déjà  démontré: 


EXTRAITS  DE  JOüRNiÜX. 


Nouvelle  méthôde  dé  pi^atique'^  l’opération  de  là  taille 
chez  la  femmez  ^  Dans  un  Mémoire  qui  a  j)our  but  de 
fairé  connaître  cette  nouvelle  méthode ,  M.‘  Lisfranc,  son 
inventeur;  expose  eri  quelqueé  mots  lés  inebnvéniéris  qüe 
présentent  lés  divers  ptoeédés  de  la  lithotomie  chez  la 
lemihe;  tels  qüe  les  déchirures  ;  les  lésions  du  vagin  ;  dé 
fuièlte  ;j  de  la  partie  làtérale  de  la  vessie  ;  de  l’artère 
honteuse;  les  incontinences  d’urine  et  les  fistules  incu¬ 
rables;  il  iap{ielle  ensuite  la  disposition  anatomique  des 
parties  sur  lesquelles  on  o[ière ,  disposition  <ju’il  est  im¬ 
portant  de  connaîtrë  pour  saisir  les  détails  de  l’opération. 

Mesuré  ttarisversaleiheot  à  la  moitié  do  la  hauteur  des 
branches  ascendantes  de  l’ischion  et  descendantes  du  pu¬ 
bis  ,  l’éeàrtement  formé  par  l’arcade  pubienne  offre  : 


1 chez  le  foetus  à  terme,  deux  lignes  trois  quarts  ;  2.°  chez 
l’enfant  de  quatre  ans,  treize  lignes  ;  5.°  chez  celui  de 
huit  ans,  dix-neuf  lignes;  4‘'’  dans  la  dixième  année, 
vingt-et-une  lignes;  5.°  dans  l’âge  de  la  puberté,  vingt- 
huit  lignes  et  demie. —  Le  clitoris ,  dont  les  deux  corps  ca¬ 
verneux  se  réunissent  sur  la  face  antérieure  de  la  syna- 
physe  du  pubis ,  présente  vers  ce  point ,  toutes  choses 
égales  d’ailleurs  #  une  saillie  d’autant  moins  marquée 
qu’on  approche  davantage  du  terme  de  l’accroissement. 
Moins  développés  avant  l’âge  pubère  ,  les  corps  caverneux 
sont  complètement  situés  sur  la  face  antérieure  des  os. 
Dans  l’âge  adulte,  les  branches  du  clitoris,  lors  mêine 
qu’elles  sont  injectées,  recouvrent  à  peine  le  bord  interne 
des  pubis.  —  L’urètre ,  long  de  douze  à  treize  lignes,  ap¬ 
pliqué  sur  le  vagin,  forme  une  légère  courbe  à  conca¬ 
vité  supérieure  ;•  sa  face  supérieure  est  distante  de  trois  à 
quatre  lignés  de  la  symphyse  du  pubis  dans  l’état  ordi¬ 
naire  ;  mais  cet  espace  est  occupé  en  bas  par  une  couche 
légère  de  tissu  érectile,  plus  haut,  par  une  couche  de 
tissu  cellulaire  serré,  mais  élastique.  Il  résulte  de  cette 
disposition ,  qu’une  sonde  courbe  introduite  dans  ce  ca¬ 
nal  peut  le  déprimer  et  l’éloigner  au  moins  d’un  pouce 
de  la  symphyse.  Le  vagin  est  par  conséquent  soumis  à: 
cette  dépression.  ^L’artère honteuse  interne ,  arrivée  vers 
la  tubérosité  de  l’ischion ,  quelquefois  avant  d’y  parvenir , 
d’autres  fois  après  l’avoir  dépassée ,  se  divise  en  deux 
branches;  l’une,  superficielle,  fournit  dans  son  trajet 
des  rameaux  aux  parties  voisines  ,  s’enfonce  dans  l’é-: 
paisseur  de  la  grande  lèvre ,  et  va  se  perdre  à  la  partie 
supérieure  du  clitoris  et  dans  le  mont  de  Vénus;  l’autre, 
profonde,  se  porte  obliquement  en  dedans ,  en  haut  et  en 
avant,  appliquée  contre  la  partie  interne  de  la  branche 
de  l’ischion.  Elle  se  place  derrière  le  muscle  transverse , 
monte  ensuite  en  avant,  logée  sous  le  clitoris. et  le  muscle 


ETANALÏSES.  439 

ischio- clitorien  ,,  s’approche  davantage  du  bord  interne 
de  la  branche  du  pubis,  au-devant  de  laquelle  elle  se 
place  lorsqu’elle  est  arrivée  à  un  pouce  de  la  symphyse. 
Elle  longe  la  face  antérieure  de  la  branche  et  du  corps 
du  pubis  ,  s’engage  sous,  la  commissure  des  branches 
du  clitoris  et  se  perd  dans  son  tissu.  —  Il  existe  au- 
dessous  du  clitoris  un  espace  triangulaire;  c’est  le  ves¬ 
tibule,  borné  on  haut  par  la  symphyse  du  pubis  ,■  en 
bas  par  l’urètre ,  très-facilement  dépressible  ;  il  l’est, 
en  dehors  ,  par  les  branohes  du  pubis  ,  les  corps  ca¬ 
verneux,  le  muscle  isclno-caverneux ,  l’artère  honteuse 
interne ,  les  grandes  lèvres  et  les  petites.  Cet  espace  se 
prolonge  des  deux  côtés  en  dehors  et  en  arrière  entre  l’u¬ 
rètre  ,  le  vagin  et  les  os  du  bassin  ;  la  hauteur  de  ce 
triangle  est  de  plus  d’un  pouce  lorsque  le  canal  urétral 
est  déprimé.  La  distance  qui  sépare  la  face  externe  de  la 
membrane  muqueuse  de  la  face  antérieure  de  la  vessie 
est  ordinairement  d’un  pouce.  Quand  l’on  divise  cet  es¬ 
pace,  on  trouve,  en  procédant  d’avant  en  arrière  :  i.“'la 
muqueuse  ;  2.°  du  tissu  cellulaire  ;  3.“  le  muscle  con¬ 
stricteur  du  vagin ,  qui  s’étend  souvent  jusqu’à  la  partie 
supérieure  des  branches  du  clitoris ,  circonstance  que  les 
anatomistes  n’ont  pas  notée  ;  4'°  un  ti^sn  cellulaire  serré 
très-élastique  ;  enfin  les  figamens  antérieurs  de  la  vessie  ; 
en  haut  de  l’espace  siège  le  ligament  triangulaire  de  la 
syniphyse.;  près  de  l’urètre  se  rencontre  la  faible  couche 
de  tissu  érectile  qui  a  été  indiquée.  Quelques  nerfs,  quel¬ 
ques  rameaux  artériels  presque  capillaires  rampent  dans 
les  tissus  qui  viennent  d’être  énoncés.  La  vessie,  située 
plus  haut  que  chez  l’homcue  ,  devient  par  cela  même 
plus  voisine  de  la  paroi  antérieure  ;dè  l’abdomen.  Cette 
disposition  est  d’autant  plus  marquée,  qu’on  l’examine 
plus  près  de  l’époque  de  la  naissance.  Chez  les  femmes 
qui  ont  eu  jjeaucoup  d’enfaps ,  le  diamètre  tranversal  de 


EXTRA 


44o 

Torgane  est  plus  considérable.  On  sait ,  d’ailleurs ,  que  le 
tiers  supérieur  seulement  de  la  face  antérieure  de  là  vessie 
est  recouvert  par  le  péritoine,  et  que  cetté  fade  ü’ést  or¬ 
dinairement  parcourue  que  par  des  vaisseâüX  fort  déliés. 
Le  tissu  cellulaire  qui  l^unit  au  corps  du  pubis  est  extrê¬ 
mement  élastique. 

Procédé  opératoirCi  Premier  tempSi  '■ —  ta  femme 
étant  située  comme  dans  les  autres  méthodes ,  pour  pra¬ 
tiquer  là  taille  sous-pubienne,  dèüX  aides  écàrtent  légè¬ 
rement  les  grandes  lèvres  etIeS  petites;  l’opérateur;  placé 
entré  les\  cuiSses  de  là  malade ,  perte  dans  la  véSsie  un 
cathéter  ordinaire.  Lorsque  l’instrument  est  parvenu  dans 
le  réservoir  nrinaire,  sa  convexité  est  dirigée  en  haut,  la 
plaque  est  confiée  à  Un  aide  ;  qui ,  pressant  légèrement 
de  haut  en  bas  sur  elle,  déprime  l’urètre  et  le  Vagin, 
comme  nous  l’avons  dit  ;  ensuite  le  chirurgien ,  qui  va 
opérer  mitre  Furètrè  et  la  symphyse,  explore  avec  le  doigt 
indicateur  la  position  des  branches  du  pubis  et  du  clitoris; 
ce  doigt ,  porté  dans  le  vagin ,  peut  sentir  l’artère  hon¬ 
teuse  ,  èn  apprécier  les  anomalies ,  qui ,  comme  ttoüs  l’ob- 
Serverods  plus  tard ,  ne  doivent  pas  d’ailleurs  embarrasser. 
L’aire  sur  latjuelle  l’incision  doit  être  faite  ayant  été  scru¬ 
puleusement  examinée  ,  l’opérateur  tenant  de  la  main 
droite  ;  comme  une  plume  à  écrire ,  un  bistouri  ordinaire , 
pratique  une  incision  semi-lunaire  à  convexité  antérieure 
oü  supérieure ,  tandis  qu’avec  sa  main  gauche  il  soutient 
les  tissuë  et  marque,  avec  ses  doigts  indicateur  et  médius, 
les  lîeüx  Oü  la  solution  de  continuité  doit  commencer  et 
finir,  Elle  commence  au  niveau  de  la  face  latérale  droite 
du  méat  urinaire,  longe  les  branches  et  la  symphyse  des 
pubis ,  dont  elle  est  distante  d’une  ligne ,  et  vient  se  rendre 
aü  côté  diamétralement  opposé.  Il  faut  que  le  maUche  du 
bistouri  soit  moins  élevé  qUe  la  pointe.  On  pourrait ,  en 
un  seul  lefiips,  à  la  rigueur,  pénétrer  jusqu’à  la  vessie, 


ET  analyses.  44l 

et  mênie  jusque  dans  cet  organe;  mais  cette  manœuvre 
serait  imprudente  :  nous  préférons  couper ,  couche  par 
couche,  les  tissus  résistans  que  nous  avons  indiqués  plus 
haut ,  et  écarter  le  tissu  cellulaire  avec,  le  (îoigt  indicateur, 
le  long  duquel  l’instrument  est  porté  pour  plus  de  sûreté. 

Il  est  extrêmement  important  de  ne  pas  exercer  sur  la 
face  antérieure  de  la  vessie  mise  à  nu  des  pressions  ca¬ 
pables  de  la  détacher  du  corps  du  pubis. 

Deuxième,  temps  de  l’opération.  —  L’opérateur  ,  par¬ 
venu  sur  la  face  antérieure  et  inférieure  de  la  vessie ,  peut 
l’inciser  transversalement  après  y  avoir  plongé  son  bis¬ 
touri.  Ce  procédé  nous  a  réussi;  mais  si  le  pouce  et  l’in¬ 
dicateur  de  la  main  gauche  étaient  introduits ,  le  premier 
dans  le  vagin,  le  second  dans  la  plaie,  en  saisissq^nt  les 
tissus  placés  entre  eux  et  en  exerçant  de  légères  tractions, 
la  vessie  serait  tendue ,  ramenée  un  peu  en  avant,  et  alors 
l’incision  longitudinale  ou  transversale  deviendrait  plus 
sûre  et  plus  facile.  Cràint-on  que  ces  manières  d’incisei- 
la  vessie  deviennent  dangereuses  ?,  qu’on  divise  l’orgonc 
sur  là  convexité  du  cathéter ,  ou  bien ,  qu’on  remplace  cet 
instrument  par  la  sonde  à  dard ,  qui  en  aura  tous  lés 
avantages  :  dans  l’un  et  l’autre  cas,  la  paroi  antérieure 
de  la  vessie  ayant  été  légèrement  ouverte  au-delà  du  Col , 
le  doigt  indicateur  pénètre  dans  l’ouverture ,  qu’il  devient 
ensuite  extrêmement  aisé  d’agrandir  longitudinalement  ou 
transversalement.  L’incision  longitudinale  est  parallèle  à 
l’axe  des  fibres  musculaires  de  la  vessie  ;  mais  son  extré¬ 
mité  supérieure  siège  à  quinze  lignes  du  péritoine.  L’in¬ 
cision  transversale  est  perpendiculaire  à  l’axe  de,  ces  fibrqs; 
mais  elle  est  située  à  une  beaucoup  plus  grande  distance 
du  péritoine  ,  elle  semble  devoir,  être  préférée!  je  laisse 
cependant  à  l’expérieri ce  le  choix  entre  ces  deux  pro¬ 
cédés.  ■  :  ,  .  ,  :  : 

La  méthode  que  nous  proposons  est  simple ,  prompte 

I.  29 


442  EXTRAITS 

et  facile  j  depuis  assez  long-temps  nous  i’avous  fait  mellre 
en  usage  par  plusieurs  élèves ,  qui  l’ont  parfailemenl  exé¬ 
cutée.  L’urètre  ne  peut-être  blessé.  Quant  à  la  lésion  des 
artères  honteuses  internes  et  du  clitoris,  On  l’évite  en 
suivant  les  données  anatomiques  établies  ptécédemment; 
d’ailleurs ,  la  plaie  est  toujours  assez  large  poüi-  que  l’on 
puisse  employer  tous  lès  moyens  propres  à  arrêter  les  hé- 
mori-hagies.  II  est  impossible  de  blesser  le  vagin.  N’oU- 
blions  pas  de  remarquer  que  dans  la  taille,  suivant  la 
méthode  de  M.  Dubois  ^  l’on  incise  souvent  sur  les  parties 
latérales  pour  faciliter  réxtraction  d’un  calcul  volumi 
neüx ,  et  qu’il  n’airrive  pas  >d’aGcidcnsi  L’héttiôrrliagic 
fournie  par  là  Section  pratiquée  sur  le  cbrpsde  la  vessie 
est  si  rare ,  qu’on  én  cite  h  péinè  deux  exemples  dans  les 
annales  de  l’art.  La  plaie  que  nous  pratiquons  a  des  dia¬ 
mètres  plus  étendus  que  dans  toutes  Ifes  autres  méthodes 
sous-pubiehnoS  ;  sa  forme  sémi-lunaire  permet  de  dépri¬ 
mer  davantage  le  vagin et  d’incisét  avec  plus  de  sûreté 
en  bas  et  cri  arrière,  si  besoin  est  :  elle  est  donc  plus 
avantageuse  pour,  retirer  de  gros  calculs,  (  C’est  dans 
les  cas  de  vicede  oonfdrmàtibn  du  bassili  qu’il  peut  de¬ 
venir  indispensable  de  prolonger  l’incision.  ) 

L’écoulement  de  Turine  se  fera  facilement  par  l’urètre 
ou  par  la  plaie.  Son  infdtraibion  nous  paraît  imipossible  : 
3.“  parce  qüo  la  vessie  est  plus  haut  chez  la  femme  que 
chez  l’homme  ;  2.  °  parce  que  le  tissu  èollulaire  plaeé  entre 
la  vessie  et  le  pubis  est  peu  abondant ,  fin  et  élastique; 
5.“  parce  que  le  peu  de  longueur  du  caiial,  sa  largeur, 
sa  position  plus  déclive ,  devront,  comme  l’ont  observé 
les  auteurs,  favoriser  l’écoulement  de  l’uriné;  4-°  à  la 
rigueur ,  l’éconlement  des  urinés  et  des  mucosités  par 
l’urètre  ne  pourrait  être  empêché  qiic  par  une  inOamma- 
tion  :  or,  l’inflammation  se  serait  préalablement  emparée 
de  la  plaie ,  et  aurait  rendu  le  tissu  cellulaire  vbisin  im- 


ET  ANAL  ï  SE  s.  445 

perméable.  ÜMfe  sehde  placée  pour  quelques  jours  dans 
l’urètre  pourrait  peut-être  detenîr  utile.  L’inflammation 
de  la  vessie  et  du  péritoine  ne  sera  pas  plus  à  craindre 
quand  ncüs  inciserons  là  vessie  transversalement ,  que  si 
nous  taillons  sous  lé  pubis  par  une  autre  métflode.  Noüs 
ferons  d’ailleurs  observer  que  la  section  du  col  de  la  vessie 
et  l’extraction  du  calcul  par  ce  point  sont  beaucoup  plus 
douloureuses  que  dans  l’opération  que  nous  pratiquons 
sur  lè  corps  de  l’organe.  » 

Suivant  Lisfrùnc ,  là  nouvelle  métîiode  qu’il  pro-i 
posé  préservera  donc  des  inflammations  péritonéales  i  des 
fistules  urinaires  i  des  incontinences  d’uritiè  ,  nccidens 
qui  se  développaient  trop  souvent  après  les  autres  mé¬ 
thodes,  et  contre  lesquels  tous  les  moyens  de  l’art  ve¬ 
naient  sOùvénl  échoüer.  tleS  avantagés  du  nouveau  pro¬ 
cédé  seraient  immenses  ;  c’est  a  i’ekpérîence  a  pronouecr 
sur  leur  réaïilé.  (  TabUtiès  Wiëdicc-chtrui'g.  et  Revue 
’tnédicàU.^ 

ErnpbîsonneiMM  i  èteivi  de  la  rnèfHt  par  uhe  eSpèee 
de  joudneUè,  ou  {feuanlhé  croèàtü.  M.  Brÿ,  d’Aiigers  , 
a  communiqué  à  là  Société  de  Médecine  de  Paris  ,  l’ob¬ 
servation  d’Un  empoiSontieméni  par  cëttè  planté.  Un  indi¬ 
vidu  ,  âgé  d’ertViron  4o  énS ,  jouissant  d’une  parfaite 
santé ,  feîsâit  un  matin  défricher  utt  pré  Soüs  sCs  yeux. 
Encore  à  jèùu ,  if  goûta  d^nne  racine  que  sès  ouvriers 
trouvèrent  én  abondâttcè  én  remuant  la  terre  ,  et  qu’il 
prit  pour  des  joUabettéS  Ordinaires  ;  il  en  mahgëa  gros 
comme  le  doigt.  A  peine  était-il  rendu  à  son  domicile  ; 
qu’il  Se  plaignit  d’ùne  grande  chalcür  dans  la  gorge  ;  puis 
une  demidienro  après  il  perdît  la  parole  ^  tomba  sans 
cOühaissance ,  et  ensuite  fut  pris  de  convulsions  terribles 
qui  durèrent  environ  trois-quarts  d’heure ,  et  finirent  par 
la  mort ,  sahs  qu’il  fût  possible  de  lui  administrer  aucun 
secours  ,  les  dents  ayant  été  fortement  serrées.  Le  do- 


444  EXTRAITS  ET  ANALYSES. 

mcstiquc  de  cette  personne  ayant  goûté  de  cotte  même 
racine ,  en  éprouva  bientôt  des  ampoules  à  la  bouche.  Le 
cadavre,  dont  on  no  put  obtenir  l’ouverture,  exhalait  une 
odeur,  très-mauvaise  quinze  heures  après  la  mort;  les 
parties  génitales  étaient  toutes  violacées  ;  le  reste  du 
corps  n’offrait  point  cette  couleur. 

L’auteur  de  cette  observation  rappelle  les  dangers  aux¬ 
quels  e.xpose  le  goût  que  l’on  a  pour  les  diverses  espèces 
à'œnanthe  ,  dans  les  départemens  de  l’ouest  de  là  France 
où  croissent  particulièrement  ces  plantes.  M.  Mérat,  qui 
a  fait  un  rapport  sur  cette  observation  ,  donne  les  carac  • 
tères  propres  à  faire  distinguer  Vœnanthc  crqcata  des 
autres  espèces.  Uœnanthe  crocata  se  distingue  de  toutes 
les  espèces  congénères ,  à  sa  hauteur  (  2  ou  3  pieds)  -,  à  sa 
vigueur ,  à  ses  larges  feuiHes  d’un  vert  sombre ,  analogues 
à  celles  du  persil  et  même  du  céleri  ;  les  autres  espèces 
ont  les  feuilles ,  au  moins  celles  de  la  tige ,  plus  ou  moins 
linéaires ,  d’un  vert  glauque.  Si  la  tige  est  coupée  ,  ses 
racines  se  distinguent  encore  à  leur  grosseur ,  à  leur  forme 
alongée  ,  qui  est  celle  de  petits  navets  réunis.  Le  caractère 
le  plus  distinctif  de  cette  racine  est  un  suc  jaune  qu’elle 
contient,  et  qu’on  remarque  par  fois  aussi  dans  la  tige. 
Les  racines  des  œnanthe  peucedanifolià ,  etpimpinel- 
bïdes ,  qui  sont  comestibles  et  qui  portent  différons  noms  , 
suivant  les  lieux,  sont  ovéïdes ,  à  peine  aussi  grosses 
qu’une  noisette  des  bois  ,  et  remarquables  par  leur  blan¬ 
cheur  intérieure ,  et  la  facilité  avec  laquelle  elles  viennent 
avec  la  tige  lorsqu’on  l’arrache  ,  ces  racines  croissant 
presq^ue  à  la  superficie  du  sol ,  tandis  que  l’autre  s’y  en¬ 
fonce  profondérnent  ,  ce  qui  oblige  de  le  creuser  pour  la 
détacher.  Toutefois  le  suc  jaune  ne  se  rencontre  pas  tou¬ 
jours  dans  Yœnanthe  crocata ,  soit  qu’il  ne  se  forme  que 
dans  un  âge  avancé  de  la  plante,  soit  qu’il  ne  se  sécrète 
que  dans  certaines  localités.  Suivant  M.  Mérat,  ce  n’est 


VARlÉTis.  445 

que  lorsque  la  plante  est  adulte  et  qu’elle  végète  dans  un 
sol  profond  et  par  trop  humide ,  qu’elle  le  produit  de  cette 
couleur.  Quoiqu’il  eu  soit ,  cette  racine  ne  paraît  pas 
moins  vénéneuse ,  qu’elle  présente  ou  non  ce  suc  jaune.... 
Ou  peut  remarquer  quelques  circonstances  particulières 
à  l’empoisonnement  par  Vœnantlie  crocata  ,  telles  que  la 
présence  du  trismus  des  mâchoires ,  et  '  l’absence  du 
coma  et  des  hallucinations  qui  ont  lieu  dans  les  empoi- 
sonnemens  par  la  ciguë  ,  l’opium  et  les  solanées.  On  peut 
y  ajouter  la  promptitude  de  la  mort  qui  a  lieu  quelquefois 
moins  d’une  heure  après  l’ingestion  de  la  racine ,  et  au 
plus  tard,  deux  ou  trois  heures  après.  Cette  promptitudb 
dans  la  terminaison  fâcheuse  de  cet  empoisonnement 
laisse  peu  d’espoir  d’y  remédier  si  on  n’est  pas  appelé  de 
suite  ,  sur-tout  â  cause  du  trismus  qui  se  manifeste  pres- 
qu’instantanément.  Le  traitement  à  mettre  en  usage  est 
d’ailleurs  le  même  que  dans  tous  les  empoisonnemens  vé¬ 
gétaux.  Si  on  est  appelé  de  suite  ,  on  cherche,  malgré  le 
trismus,  à  faire  couler  de  l’eau  émétisée  dans  la  bouche  ; 
ce  qui  se  fait  en  renversant  la  tête  du  malade  et  lui  ver¬ 
sant  le  liquide  ,  les  lèvres  et  les  joues  écartées  avec  les 
doigts,  ou  bien  au  moyen  d’une  sonde  passée  par  le  nez  , 
si  l’on  en  a  une  à  sa  disposition.  Il  y  a  des  exemples  non-- 
équivoques  de  guérison  à  la  suite  du  vomissement.  (Jour¬ 
nal  générât.  J  ' 


VARIÉTÉS. 


Séances  de  l’Académie  royale  de  Médecine. 
Section  de  médecine.  —  1 1  mars  1  SzS.  ■ —  On  présenle 
un  manuscrit  de  M.  de  Gardanne  intitulé  i  Traité  de  la 
maladie  syphilitique. 


446  VAniÉT-âS. 

M.  Bidot,  médecin  à  Longwy,  envoie  à  l’Académie  des 
Recherches  pratiques  sur  l’action  d’un  fébrifuge  végétal 
indigène,  succédané  du  quinquina, 

M.  le  baron  Desgenettes  annonce  à  la  section  la  perte 
qu’elle  vient  de  faire  dans  la  personne  de  JM.  Desplas , 
l’un  de  ses  membres  titulaires. 

JM.  Honoré  lit  une  observation  sur  un  jeune  homme 
affecté  d’hydropisie  chronique  et  d’une  tumeur  cancéreuse 
dans  le  cervelet, 

Il  présente  la  pièçe  anatomique  à,  l’appui. 

IM.  Rouzet  lit  une  observation  d’hydrocéphale  cpngé- 
njiale  ayant  présenté  plusieurs  particularités  remarquables 
chez,  un  enfant  nouveau-né  qui  a  succombé  à  une  attaque 
d’apoplpxie. 

II  soumet  à  l’examen  des  membres,  de  l’Académie  le 
cerveau  de  cet  enfant.  IM.  JMagendie  est  nommé  commis^ 
saire.h  ce  sujet, 

JVI.  Eusèbe  de  Salle  lit  un  IMémoire  sur  l’interprétation 
cUnique  des  altéra  tions  de  la  face  chez  les  enfans  malades. 
IM,  Guersent:  est  prié  d’en  rendre  compte. 

M.  Girardin,  lit  une  Notice  sur  le  rapprochement  qu’il 
a  établi  naguère  entre  la  fièvre  jaune  et  la  dysenterie 
maligne. 

IM.  Fontenailles.  fit  une  observation  snr  un  ictère  aigu 
guéri  par  une  évacuation  sanguine  locale  et  pap  le.  taptre 
émétique  à  haute  dose. 

JVIJM.  Laennec  et  Léveillé  sont  nommés  commissaires, 

IM,  Bricheteau  lit  une  Observation  sur  des  accidens  for¬ 
midables  produits  par  des  Galculs  biliaires.  IM,  Delens  est 
chargé  d’en  rendpe  compte, 

25  març  —  On  présente  un  IVlémoire  sur  la  vac¬ 
cine,,  par  JM.  Xbiriat,  docleur--médeqin  à-Epinal ,  et  quel¬ 
ques  observations  sur  la  squirrhogastrie  pyloriqne ,  par 
JM.  Auzouy,  médecin  dans  le  département  de  l’Aveyron. 


VARliTis.  .4/17 

L’assemblcc  se  ibrnic  ensuite  en  comité  secret  pour 
entendre  un  rapport  de  la  eommission  créée  pour  pïé- 
parer  le  travail  de  la  nomination  des  adjoints. 

■  SecUon.  de  cliinirgie.  -^Séance  dtf,  27  février  iSbS. 
T-  M.  de  la  Roche,  docteur- médecin,  présente  à  l’Aca- 
déinic  le  modèle  en  plâtre  de  la  tête  d'un  homme  mort  à 
Perpignan  à  la  suite  d’exostoses  éhurpées  des  os  du  crâne 
et  de  la  face  ;  ces  tumeurs  sont  arrondies ,  d’un  énorme 
volume.  Plusieurs  naissent  des  os  de  la  pommette  et  du  co- 
ronal  ;  deux  plus  volumineuses  que  le  poing  proviennent 
do  chaque  côté  de  l’os  maxillaire  inférieur;  deux  autres, 
du  volume  de  grosses  noix ,  sont  placées  sur  le  bord  in  - 
l’érieur  do  la  cavité  orbitaire,  qu’elles  oblitèrent  presque 
complètement  et  de  telle  sorte  que  le  malheureux  ma¬ 
lade  avant  de  succomber,  ne  pouvait  plus  voir  qu’eu  re¬ 
gardant  en  haut, 

M.  Maisonabe,  docteur  en  médecine  de  la  Faculté  de 
Montpellier,  lit  un  mémoire  ,  dans  lequel  il  combat  l’efli- 
cacité  des  exutoires  appliqués  h  la  peau  dans  une  foule 
de  maladies,  soit  comme  dérivatils  ,  soit  Gomme  évacuans. 
Il  donne  en  général  la  préférence  h  l’application  de  Ces 
moyens  à  l’origine  des  membranes  muqueuses.  Il  rap¬ 
porte  entre  autres  observations  ,  celle  d’une  dame  qu’il 
parvint  à  guérir  d’une  rétention  d’urine  opiniâti’e  en  lui 
plaçant  un  séton  à  l’entrée  de  la  membrane  muqueuse 
génito-urinaire.  Il  rapporte  plusieurs  autres  cas  de  rétré¬ 
cissement  du  rectum ,  de  catarrhe  de  la  vessie ,  d’irritation 
chronique  du  canal  de  l’urètre,  d’allèction  du  col  dé  la 
matrice  ,  dans  lesquels  il  a  obtenu  d’héureux  succès  du 
môme  procédé;  cependant  il  avoue  avoir  échoué  dans 
diverses  circonstances,  dont  il  rapporte  le, s  principales. 

M.  Guillou  j  docteur-médecin ,  présente  un  forceps  aus 
quoi  il  a  adapté  un  nouveau  ;  mode  de  jonction  entre  la 
branche  mâle  et  la  branche  feinellc.  Il  a  égaleiü^at  fait 


448  V  A  ni  É  T  i  s. 

subir  à  cet  instrument  pi usieurs  autres  modifications ,  qui, 
selon  l’auteur,  doivent  en  rendre  l’iisage  plus  facile  et 
plus  général. 

M.  Moreau  offre,  à  l’examen  des  rnémbres,  un  enfant 
nouveau-né  affecté  d’un  bec-de-lièvre  double  qui  semble 
se  prolonger  presque  vers  la  racine  du  nez ,  et  d’une  tu¬ 
meur  arrondie  ,  mollasse,  sans  changement  de  couleur 
à  la  peau ,  qui,  sort  au  niveau  de  la  bosse  nasale ,  en  pas¬ 
sant  par  un  écartement  des  deux  pièces  du  coronal.  On 
sent  distinctement  à  travers  les  tégumens  les  bords  os¬ 
seux  de  l’ouverture  qui  donne  passage  à  la  tumeur ,  que 
la  plupart  des  membres  de  l’Académie  considèrent  coinnae 
une  encéphalocèle. 

M.  Duvivier  amène  un  jeune  officier  qu’il  a  traité  avec 
succès  de  divers  accidens  produits  par  la  maladie  véné- 
l'ienne.  Ce  malade  offre  sur  les  membres  ét  le  tronc  de 
larges  et  profondes  cicatrices ,  suite  d’ulcères  vénériens. 
Il  a  eu  aussi  un  grand  nombre  d’exostoses ,  de  nécroses 
et  d’autres  affections  dés  os,  dont  il  est  entièrement  guéri. 
Le  traitement.a  duré  près  dé  cinq  ans. 

On  procède  à  l’élection  de  quatre  membres  honoraires. 
MM.  Vergez ,  Sue  ,  Gratereau  et  Déguisé  père  ayant  réuni 
la  majorité  des  suffrages ,  sont  proclamés  membres  ho¬ 
noraires  de  la  section  de  chirurgie. 

Section  de  chirurgie.,  ^  Séance  du  \'i  mars  182 3. 
—  Le  procès-verbal  de  la  séance  précédenté  est  lu  et 
adopté. 

M.  Percy  dépose  sur  le  bureau  une  dissertation  du  doc¬ 
teur  Delaroche  sur  les  pierres  urinaires  extra-vésicales. 

M.  Cidlerier ,  neveu ,  lit  une  notice  sur  l’emploi  de  l’eau 
de  javelle  préparée,  par  M.  Labarraque ,  dans  les  ulcères 
sordides.  Il  résulte  de  plusieurs  observations  propres  à 
l’auteur ,  que  des  ulcères  rebelles ,  inondés  d’une  suppu¬ 
ration  fétide  ,  ont  été  cicatrisés  assez  promptement  par 


VARIÉTÉS.  449 

l’application  de  ce  topique.  La  lecture  de  cette  notice 
donne  lieu  à  des  discussions  intéressantes ,  à  laquelle  plu¬ 
sieurs  membres  prennent  part. 

.  M.  Evrat  lit  un  rapport  sur  le  Mémoire  de  M.  Maiso- 
pabe ,  relatif  à  l’emploi  du  séton  à  l’origine  des  membranes 
muqueuses  dans  plusieurs  maladies  de  la  vessie ,  de  la  ma¬ 
trice  et  du  rectum.  Les  conclusions  de  ce  rapport  sont 
adoptées.  ■ 

M.  Breschet  communique  plusieurs  observations  sur  la 
blepharophthalmie  et  l’opthalmie  des  nouveau-nés.  Il 
observe  que  ces  maladies  deviennent  quelquefois  trés- 
intenses  et  que  le  globe  oculaire  prend  une  part  très-ac¬ 
tive  à  la  phlegmasie,  car  la  plupart  des  tissus  inté¬ 
rieurs  sont  affectés.  Ainsi  l’iris ,  la  choroïde ,  la  rétine 
sont  enflammées.  A  une  certaine  époque  de  la  maladie , 
la  Cornée  transparente  présente  une  érosion ,  bientôt  une 
perforation  ,  et  les  parties  contenues  sortent  par  cette 
ouverture  et  s’y  engagent.  Le  staphylôme  est  une  termi¬ 
naison  fréquente  de  cette  inflammation,  mais  plus  sou¬ 
vent  encore  le  crystallin  est  chassé  hors  de  l’œil.  L’examen 
de  beaucoup  d’yeux  d’enfans  afîectés  de  blepharophthal¬ 
mie  et  d’ophthalmie  avec  ou  sans  érosion  de  la  cornée 
transparente ,  a  fait  reconnaître  les  traces  évidentes  d’in¬ 
flammation  des  parties  intérieures  de  l’œil,  üh  fait  anato¬ 
mique ,  dont  ces  recherches  ont  donné  connaissance  à 
M.  Breschet,  c’est  que  le  pigmentum  de  la  choroïde 
n’existe  pas  dans  le  premier  âge  ,  de  sorte  que  la  choroïde 
est  rouge  et  l’œil  est  semblable  à  celui  des  Albinos  ou 
des  lapins  blancs  ;  peu  à-peu  la  membrane  devient  d’un 
rouge  de  plus  en  plus  intense ,  une  exhalation  de  sang  se 
fait  à  sa  surface,  le  sang  devient  enfin  noir,  et  la  mem- 
braneprésente  le  caractère  que  nous  lui  connaissons  chez 
l’adulte.  Le  pigmentum  de  la  choroïde ,  de  l’uvée ,  des 
procès  ciliaires ,  n’existe  pas  non  plus  dans  le  fœtus  et 
les  enfans  nouveau-aés,  et  lorsque  cette  sécrétion' so  fait, 


45o  VAIUÜTÈS. 

elle  n’est  qu’une  espèce  d’héniorrhagio ,  car  la  matière 
noire  n’est  que  du  sang. 

M.  Breschet  fait  part  de  ses  observatijons  sur  le  grand 
développement  de  la  cavité  du  septum  Ix^cidum  chez  le 
l'œtus.  Cette  cavité  pourrait  alors  Gontpnjc  un  œuf  de 
pigeon;  elle  est  tapissée  par  une  menibrane  séreuse  rem¬ 
plie  d’un  liquide  transparent ,  et  forme  un  véritable  ven  • 
Iricule;  peu-h-peu  les  parois  de  cette  cavité  se  rappro¬ 
chant  ,  sa  capacité  diminue  et  la  cloison  qui  sépare  ces 
ventricules  latéraux  se  trouve  ainsi  formée. 

M.  le  docteur  Delabarre  présente  un  malade  âgé  de 
quaranté-ciEu:[  ans ,  qu’il  a  guéri  d’une  suppuration  du 
périoste  al véolo-den taire  ,  qui  avait  éhyanlé  toutes  les 
dents.  Le  procédé  qu’il  a  employé  est  la  qautérisation  sou¬ 
vent  répétée  des  gencives  ,  pratiquée  avec  un  petit  cautère 
olivaire. 

Le  même  auteur  lit  un  Mémoire  sur  la  perforation  de 
la  voûte  palatine  et  sur  de  nouveaux  obturateurs  qu’il  a 
fait  construire.  Il  présente  aussi  un  voile  du  palais  arti¬ 
ficiel  qu’il  a  adapté  avec  succès  sur  un  malade  privé  de 
cette  efoisou  musculo-membraneuse* 

M.  Eicherand  lit  une  observation  sur  une  intussuscep- 
tion  intestinale ,  suivie  de  l’excrétion  d’une  portion  de 
l’intestin  grêle  gangrenée ,  longue  de  trente  pouces ,  par 
MM.  Riga! et  Bouniol.— -MM.  Béclard  ,  Marjojjn  elRibes 
sont  nommés  commissaires. 

M.  Béclard  communique  à  l’Aeadéniie  robservation 
d’une  femme  chez  laquelle  il  survint  au  grand  angle  de 
l’œil  un  phlegmon  causé  par  une  canple  d’argent  qu’on 
lui  avait  placée  dans  le  sac  lacrymal  il  y  a  quinze  ans; 
M.  Béclârd  fut  obligé  de  faire  l’extraction  de  ce  corps 
étranger  et  les  accidens  disparurent. 

M.  Dislel  a  fait  à  Mittau  une:  semblabb  ohsor.valion  suc 
une  femme  qhi  depuis  quaraBjlc  -  quatre  ans  conseevaiit 


BIDLIOGRAP  nili.  45l 

dans  le  canal  nasal  une  canule  de  Ier -blanc  très-volu¬ 
mineuse. 


B  I  B  L  I  G  G  R  A  P  IH  E. 


Traité  de  Médecine- Pratique,  de  Frank  ;  traduit  du  lalin 
par  J.  M.  G.  Goudareau,  D  -M.-M.  ;  tome  V.°  j  in-S.” 
Prix,  5  fr.  Prix  des  cinq  volumes  24  fr.  A  Paris,  chez 

Migneret,  rue  du  Dragon ,  N,"  20. 

Le  mérite  et  les  défauts  de  VEpitome  de  curandis  Iiominum  inoi- 
bis  ,  sont  maintenant  appréciés  comme  ils  doivent  l’être.  Les  premières 
parties  de  cet  ouvrage  ,  comrhe  l’on  sait  ,  furent  publiées  dans  un 
temps  où  la  médecine ,  commençaiit  ,  en  quelque  sorte,  à' s’ébranler 
et  secquant  ,lp  joug,  des  vieille?  autorités faisait  présager  les  progrès 
inuuBnses  qui  depuis  en  ont.  fait  une  science  presque  nouvelle..  Les 
dernières  parties  ,  quoique  composées  à  une  époque  plus  rapprochée  de 
nous  ,  se  ressentent  nécessairement  de  l’esprit  dans  lequel  l’ouvrage  a 
été  commencé.  La  classification ,  en  effet,  est  vicieuse  y  peut-être  même 
est-.elle  plus  vicieuse  que  celles  qui  avaient  été  présentées  précédem¬ 
ment.  Mais  malgré  ce  défaut  qui  est  réel ,  quelque  peu  d’importance 
que  l’on  attache  à  une  classification  ,  puisque  les  idées  fausses  sur  les¬ 
quelles  elle  est  établie  indiquent  le  plus  souventles  opinions  qu’on  s’est 
formées  des  maladies  ,  l’ouvrage  de  Frank  est.  un  des  meilleurs  Traités 
de  Médecine-Pratique  que  nous  possédions.  It  y  a  déposé  les  fruits 
d’unelongue  espérieime,  et  spn  excellentespritd’observation  l’a  conduit 
souvent  à  se  mettre  eu  opposition  avec  les  théories  dominantes  de  sou 
temps,  avec  celles  qaême  qu’il  semble  avoir  adoptées  plus  particuliè¬ 
rement.  M.  Goudareau  a  donc  rendu  un  véritable  service  à  la  science, 
eu  dormant  lai  traduction  d’un  ouvrage  qui  sera  lu  avec  avantage  par 
tous  les.médecins  ,  à  quelque  Ecole  qu’ils  appartiennent,  qui  sera 
sur-tout  apprécié  parles  praticiens.  Les  quatre  premiers  volumes  de  la 
traduction  de  M.l  Goudareau  ont  reçu  un  acçucii  favorable;  elle  est 
écrite  généralement  avec .  elarlé  et  simplicité.  Le  cinquième  volume 
contieutla.  suite  des  maladies  que  l’auteur  a  rangées  daiissa  classe  des 
rétentions  :  les  réleutions  mucoso-lymphaliques  ,  les  réloutions  san- 
gidnes,  les  rétentions  adipeuses  ,  et  ce  que  l’auteur  appelle  les  réten¬ 
tions  hétérogènes,  dans  lesquelles  il  place  les  alFectioiis  vermineuses  , 
les  calculs,  Frank  est  mort  sans  avoir  publié  la  dernière  partie  de  son 


452  HiBLiOGnArniiî. 

ouvrage,  qui  doit  comprcudre  les  névroses.  M.  Goudareau  nous  fait 
espérer  un  jour  celle  partie.  Nous  conseillerons  au  traducteur  de  don¬ 
ner  à  la  fin  de  l’ouvrage  une  table  analytique  des  objets  qu’il  renferme  , 
car  celles  qui  terminent  chaque  volume  ne  facilitent  que  très-peu  les 
reclierches;  les  maladies  sont  eu  général  indiquées  sous  des  noms  de 
classe  ou  d’ordre,  qui  très-souvent  sont  loin  de  faire  pressentir  les 
alFectioiis  que  ces  cadres  renferment. 

Des  'premiers  secours  à  administrer  dans  (es  maladies 
et  accidens  quimenacent  promptement  la  vie  ;  ouvrage 
contenant  l’indication  précise  des  soins  à  donner  dans 
les  cas  d’empoisonnement  de  mort  apparente ,  d’as¬ 
phyxie  5  de  coup  de  sang  et  d’apoplexie  ,  de  blessures  , 
de  plaies  envenimées ,  d’hémorrhagies ,  de  brûlures  et  de 
corps  étrangers  introduits  dans  les  ouvertures  naturelles; 
terminé  par  l’énumération  des  secours  à  donner,  dans 
quelques  affectiops  graves  des  femmes  enceintes  et  des 
enfans  nouveau-nés,  et  par  l’indication  de  la  conduite 
que  doit  tenir  le  médecin  quand  il  est  appelé  pour  un 
cas  de  médecine-légale;  par  J.  F.  A.  Trpussel ,  D.-M.-P. , 

'  médecin  du  dixième  arrondissement.  Un  vol.  in- 1 2 .  Prix , 
3  fr. ,  et  3  fr.  yS  cent,  par  la  poste.  A  Paris,  chez  Béchet 
jeune ,  libraire. 

Le  titre  de  l’ouvrage  indique  sulKsamment  les  objets  qu’il  renferme 
cl  lé  but  que  s’est  proposé  l’auteur.  J’ai  été  à  même,  dit-il  dans  l’a¬ 
vant-propos  de  son  livre ,  d’apprécier  par.  ma  propre  ex^iérience  dans 
quel  embarras  se  trouve  souvent  un  jeune  médecin  appelé  dans  ces  cas 
graves  qui  réclament  sur-le-champ  l’application  des  moyens  les  plus 
énergiques  et  les  mieux  dirigés . Je  formai  la  résolution  de  rassem¬ 

bler,  dans  un  seul  cadre  qui  pût  être  toujours  exposé  à  la  vue  ,  le  ta¬ 
bleau  des  maladies  ou  accidens  qui  menacent  d’une  manière  imprévue 
l’existence  de  l’homme,  et  qui  demandent  deprompls  secours.  M.Trous- 
scl  présente  sou  ouvrage  pour  ce  qu’il  est  réellement,  e’est-à-dire , 
comme  un  ouvrage  utile  et  non  comme  un  travail  neuf  et  origi¬ 
nal.  Il  ne  fait  que  reproduire ,  en  effet ,  les  préceptes  des  maîtres 
avoués  de  l’art ,  mais  disposés  d’après  un  ordre  particulier. 
L’on  y  trouve  à  chaque  page,  les  conseils  donnés  parM.  Boyer, 
sur  lès  maladies  chirurgicales  j  par  M.  Orlila ,  sur  la  toxicolo¬ 
gie,  etc.  On  pourra  désirer  dans  quelques  chapitres  ,  plus.de  dé¬ 
tails  pratiques;  dans  quelques  autres  ,  au  contraire.,  uu  peu  plus  de 
coucisipn ,  qualité  essentielle  pour  im  tel  livfe  qui  doit  survit  de  mémo- 


BIBLIOGEAPniE.  455 

rial  ;  quelques  lacunes  enfin  restent  à  remplir.  Mais  tel  qu’il  est,  l’ou¬ 
vrage  do  M.  Troussel  est  composé  dans  un  bon  esprit,  et  il  sera  non- 
SOulemcut  utile  aux  jeunes  médecins  auxquels  il  est  spécialement 
adressé,  mais  encore  aux  praticiens  de  tous  les  âges  qui ,  n’aj'ant  pas 
des  occasions  continuelles  do  se  trouver  dans  les  grands  désastres  do  la 
santé  de  l’iiomme,  ne  seront  pas  tâchés  d’avoir  un  guide  qu’ils  pour¬ 
ront  consulter  facilement  et  promptement  dans  les  circonstances  criti¬ 
ques.  Nous  féliciterons  l’auteur  d’avoir  terminé  sou  ouvrage  par  l’expo¬ 
sition  des  règles  de  conduite  à  tenir  dans  les  cas  les  plus  importa  ns  de 
médecine-légale.  Cette  branche  diflicile  de  la  science ,  comme  il  le 
dit,  n’est  pas  celle  où  le  médecin  .ait  à  agir  le  moins  à  l’improviste ,  et 
oOu  le  résultat  de  ses  actions  ait  les  conséquences  les  moins  graves.  Les 
préceptes  donnés  à  ce  sujet  sont  extraits  des  meilleurs  auteurs  de  mé¬ 
decine-légale  :  ils  sont  présentés  d’une  manière  claire ,  précise ,  et  pro¬ 
pres  à  les  rendre  faciles  à  suivre.  Ce  dernier  chapitre  ajoute  corlaiuc- 
mCnt  à  l’ùtilité  du  livre.  •  ■ 

Recherches  sur  les  tubercules  du  cerveau  et  de  la  moelle 
épirtière ; çstv  A.-N.  Gendrin  ,  D.-M.;  in-S.°  de  i6  pages. 

Ce  Mémoire  se  compose  do  trente-neuf  propositioiis  sur  la  structure 
des  tubercules  du  cerveau  ,  leurs  différences  et  leurs  analogies  avec 
les  autres  maladies  de  ce  viscère  ,  cl  enfin  sur  les  accidens  que  déter¬ 
mine  leur  existence.  La  forme  aphoristique  de  ce  travail  fait  supposer, 
chez  M.  Gendrin ,  l’observation  d’un  nombre  immense  de  faits  parti¬ 
culiers  ,  et  il  paraîtra  prodigieux,  si  l’on  fait  attention  à  la  multitude 
des  principes  qu’il  a  établis  sur  ce  point  de  patliologie  :  aussi  serait-il 
peut-être  permis  de  désirer  quelques  documens  sur  les  foudemens 
de  ses  propositions.  Du  reste  ,  eu  les  lisant  on  trouvera  des  faits  con- 
trouvés,  des  opinions  susceptibles  de  controverse  ,  et  un  ton  de  cer¬ 
titude  qui,  eticore  une  fois ,  ne'  laissera  pas  de  surprendre  les  médecins 
même  les  plus  versés  dans  l’étude  de  l’anatomie  pathologique.  G.  L. 

Hippocratis  Aphorismi.  Ad  optimorum  librorum  fidem 
accurate  editi.  Cum  indice  Ferhoofdiano  looupletis- 
simo.  —  BeroUni,  1822. 

Cette  nouvelle  édition  des  Aphorismes  d’Hippocrate ,  eu  grec  et  eu 
latin  ,  a  pour  éditeur  M.  le  docteur  Hecker,  qui  nous  a  donné  en 
latin  la  traduction  de  plusieurs  Mémoires  du  professeur  Grœfe  ,  la 
traduction  de  l’ouvrage  de  M.  Reisseissen  sur  Ja  structure  du  pou¬ 
mon  ,  etc. ,  et  qui  pubUe  en  allemand  une  Histoire  générale  de  la  mé¬ 
decine.  Le  premier  volume  de  cette  Histoire  a  déjà  paru  ,  et  il  fuit 
désirer  que  l’auteur  achève  sa  savante  entreprise. 

L’édition  des  Aphorismes  que  nous  annonçons  est  en  beaux  carac¬ 
tères  ,  en  beau  papier ,  et  d’ùn  format  commode  (  in-ifi  ).  M.  Hecker 


454  niBLIOGRAPaTÊ. 

a  suivi  la  ve'rsioh  de  Bosqùillon,  qu’il  considère  coitiraé  là  meilldui'c. 
M.  Hecker  est  un  dçs  plus  savans  médecins  do  l’Alièmagni  ;  son 
érudition  ,  ses  connaissances  profôndes  dans  les  laiigucS  ancièunes ,  et 
sa  maniéré  d’écrire  dans  la  langue  de  Cicéron  ,  feront  recîiercliéf  tous 
scs  ouvrages.  On  trouvera  dans  cette  nouvelle  édition  des  Aphoris¬ 
mes  une  très-grande  correclion  ict  un  i;td3.r  général.  G.  Bi 

NOvœ  Doctrüiœ  pathdlogicœ  auctore  ■Broussais  ,  in 
‘Franco-GaUia  divuîgàtcb  Èticcincta  epitomt  guam 
aphorismis  centnm  coriscripsii  itenricus  Spjttà ,  Dp- 
Med.  et  chir.  in  Acad.  Georgia  Augusia  Legens.  r— 
Gottingæ ,  182a. 

Un  jeune  professeur  de  l’Université  de  Goetlingue  est  venu  à  Paris 
pour  y  prendre  connaissance  de  tout  ce  que  Cette  capitale  offré  de  plus 
intéressant  aux  savans.  Parmi  les  professeurs  qui  ont  appelé  son  atten¬ 
tion  ,  SC  trouve  au  premier  rang  M.  Broussais.  Le  médecin  allemand 
a  étudié  la  doctrine  du  professeur  du  Val-de-Grèce  ;  il  a  assisté  à  ses 
leçons  ,  il  a  suivi  scs  visites  à  son  .hôpital,  il  a  pris  connaissance  de 
torts -les  duvrages  qui  ont  été  cornpôsés  sur  la  doctrine  de  l’irritation  ; 
et  de  retour  eu  Allemagne ,  M.  le  docteur  Spitta  a  donné  un  ouvrage 
dans  lequel  il  expose  clairement  et  brièvement  tout  cé  qui  est  relatif 
aux  idées  du  novateur  Français.  L^AUemagne  ne  possédait  sur  la  doc¬ 
trine  de  M.  Broussais  que  deux  écrits  fort  imparfaits ,  ceux  de  Con¬ 
rad!  et  de  Forlney  j  hujburd’hui  elle  trouvera  dans  le  livre  du  profes'^ 
seur  Spitta  ,  Une  analyse  judicieuse  de  tout  ce  quj  a  été  écrit  par 
M.  Broussais  et  par  les  médecins  de  son  écplc ,  sur  la  doctrine  de 
rirtitation.  t’oùvrage  de  M.  Spitta  est  écrit  avec  sagesse  ,  clarté  cl 
impartiàiité.  L^ànlSuf  met  ses  lecteurs  eii  état  de  juger  par  euimômcs 
les  prétehtioné  de  M.  Broussais  à  régénérer  la  médecine,  ci  il  fait 
connaître  tous  les  titres  de  ce  médecin  à  l’estime  de  ses  contemporains 
et  de  la  postérité.  La  latinité  de  M.  Spjtta  est  toujours  claire  ,  élé¬ 
gante  et  cla.ssique.  G.Ë. 

Ouvrages  anglais.- 

Practical  essay  bn  diseases  and  iiijafiés  of  the  bladder  , 
etc.  ~  Essai- Pratigue  sü'P  (es  maladies  et  les  Messures 
delà  vessie /oïl, vràpe  gui  a  remporte  le  prix  fondé 
par  Jackson ,  ' œw  CoUége  royal  des  chirurgiens,  de 
Londres  ;  par  B.  Bingham  ;  ,  Londres  ,  .1822. 

Prix ,  14  shellings. 

Cet  ouvrrige  est  très-intéressant  ;  l’auteUr  décrit  avec  exactitude  les 
difTéreniès  maladies  de  lu  vessie.  Entt’àulres  choses  rcrtiarqtiables  , 


iibl: 


lOGBAFniB.  4^^ 

il  regarde  l’irritatiou  de  la  Vessie  conioïc  un  symptôme  très-fréquenl 
dans  les  maladies  des  organes  éloignés;  il  recommande  de  ne  se  servir 
que  le  moins  souvent  possildo.do  la  sonde  dans  le  cqmnieueement  des 
inflammations  violentes  de  la  vessie  ;  il  propose  rusago  dés  caiitha- 
rides ,  n’iniportc  sous  quelle  forme ,  dans  les  incontinences  d^Urine 
dépendantes  delà  ïaibloBsc  de  l’organe;  enfin  ildit  ài<oir  vu  souvent -la 
incmirane  itinqneiise  de  la  Vessie  tellement. chargée  .de  matières  ter¬ 
reuses  4  qu’elle  paraît blaiiélic ,  et  qu’en  la  louchant  on  sent  les  parti¬ 
cules  solides ,  d’où  il  conclu l  que  tt  Souvent  les  calculs  vésicaux  se 
forment  dans  cet  orgaiie  par  une  sécrétion  propre.  » 

Analomical  and  physiologie  al  researchés.  —  Aecîiercfies 
d’anatomie,  Qt  de  physiologie  ;  par  HerJrerl  Mayoi  îl'.''  I , 
août  1  Sas. 

Cet  ouvragé  contient  des  èectierclics  aiiàlbip.iqùçs  cl  physiologiques 
■sus  le  système  nërveiis,  qui 'ténUènl  à  'cb'iifîïWer'iés  feipéfltncdi  de 
M.  Ch.  Kcll  et  cellcsdc'iST.' Mâgëildjt;  ■  ■ 

Observations  dh  the  aiiàtdihy ,  physi'oldgy  atttl  pathology  of 
thèhevvdüs  èyslcvo...—  Oé!sereaiiàns‘  sitr  ï’aiiizédinie' , 
ta  physiologie  et  la  pathologie  du  système  .nerveux  ; 
par  J.  Swau  ;  itt-S."  Prix 10  s.  6  di 

Dans  un  des  .prochains  Numéros  de  ce  Journal ,  nous  doimerqns  une 
analyse  de  cet  ouvrage. 

Pi'âelical  observations  on  strietures.  —  Observations- 
pratiques  sur  les  rétrécissemetis  de  l’urètre  ,•  par  C. 
Cblirtnaÿj  M.-D.  Prix,  2  s.  6  d. 

Anàlytic  pbysîolbgÿ. pür  S. 

tiood  ,  îi|.rb,  ;  Prix,  los.  6  d.  .  .  ^ 

A  Sti’eatise  on  saugubsuction ,  or  leech-bieeduig  ;  ipcl.n- 
ding  the  opinions  of  eminent  practitiouilers.;  yvith  ins¬ 
tructions  for  the  process  of  leeching,  and  an  appendix. 
—  Traité  sur  la  sangui-suction  ou  la  saignée  par  les 
sangsues ,  contenant  les  opinions  de  plusieurs  p¥octi- 
ciens  distingués  sur  èe  Sujet  ;  une  iiisiruction  sur  la 
manière  d’employer  les  sangsues  ,  et  un  appendix  ; 
par  Rees  Pricey  M.i-Di.j  wt-ia.  Prix>  5  s.;è  d%  ; 

On  the  medical  efficacy  of  electricity  in  nervqus  and  chro- 
nic  disorders.  —  Sur  l’ efficacité  de  l’ électricité  dans 
les  maladies  nerveuses  et  4es  affections  chroniques  ; 
par  Labeamne.  Prix,  10  .s,. 


4)56  -  BiB  liogr:apui.e. 

The  Dublin  hospital  reports ,  and  cbmmünicàtions  in  me- 
deeine  andr  surgery.  —  Rapport  sur  les  Hôpitaux  de 
Dublin,  et  communications  de  médecine  et  de  chirur¬ 
gie  ;  tome  111.'°°  ;  m-8.”  Prix,  i3  s. 

A  Practical  treatise  on  the  diseases  of  the  heart.  —  Traité- 
pratique  des  maladies  du  cœur;  par  A.  Reeder,  M.-D. 
A  Praetical  treatise  on  nervous  ,  bilious  and  inflammatory 
afiiections.  —  Traité  pratique  des  affections  'nerveuses , 
bilieuses  et  inflammatoires  ;  par  J.  Lÿnd;  in-8.“  Prix, 
5  s.  6  d. 

Select  Dissertations  on  several  subjects  of  medical  sciences. 
— T  Dissertations  choisies  sur  plusieurs  sujets  de  méde¬ 
cine;  par  sir  Gilbert  Diane ,  médecin ,  du  Roi  ;  in-8.  " , 
398  pages.  Londres,,  novembre  182a. 

Ce  volume  Ee  compose  de-  douze  Bisserlatious,  dout  plusieurs 
avaient  déjà  été  imprimées  ,  soit  dans  les  Journaux ,  soit  dans  les 
Recueils,  des  Sociétés  savantes.  ,La  première  et  la  deuxième  ont  pour 
objet  l’amélioration  qui  a  eu  lieu  dans  la  santé  des  gens  de  mer  depuis 
ivyg  jusqu’à  i8i4.  Il  indique  les  causes  de  cet  heureux  change- 
nient,  etc,  La  troisième  est  sur  l’expédition  de  Walcheren  et  l’épi¬ 
démie  qui  y  a  régné  eu  180g.  Dans  la  quatrième  et  la' cinquième , 
l’auteur  compare  la  fréquence  et  la  mortalité  de  plusieurs'  maladies  à 
Londres.  La  sixième  traite  de  l’usage  du  carbonate  de  potasse  à  gran¬ 
des  doses  dans  . la  gravelle  ;  il  propose  comme- un  moyen.  Irès-eificace 
d’y  joindre  l’opium.  La  septième,  sur  l’infection  ou  la'çonlagion  j  est 
presque  purement  historique  et  spéculative.  La  huitième  est  intitulée; 
sur  les  Moutfcniens  musculaires.  Ijh  neuvième,  sur  Ja  fièvre  jaune 
dans  les  Antilles.  Il  pense  qu’elle  peut  être  contagieuse  dans  certains 
cas  ,  et  dans  d’autres  ne  l’être  pas.  La  dixième  contieut  des  observa¬ 
tions  sur  la  vaccine  ;  la  onzième,  la  description  d’un  ouragan  dans 
l’Inde,  dans  lequel  il  dit.  avoir  remarqué|que ,  loin  d’être  nuisible  à  lu 
sauté  dçs  habitans  ,  cet  accident  e.ut  un  effet  heureux  et  marqué  sur 
les  maladies  régnantes.  La  douzième,  enfin ,  des  remarqués  sur  les 
effets  de  la  compression  de  là  tête  ,  pour  prévenir  où  guciir  certains 
•  cas  d’hydrocépliale. 

The  study  of  médecine;  Etudes  médicales;  par  John  Ma- 
son  Good,  M.-D.  4  vol.  m-8.” 


MÉMOIRES 


OBSERVATIONS. 


Mémoire  sur  la  structure  et  les  mouvemens  de  la  langue 
dans  l’homme  ;  par  M.  F.'  Blandin  ,  aide-d’anatomie 
de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris, 

Dans  tous  les  ouvrages  modernes  d’anatomie ,  les  au¬ 
teurs  se  bornent  en  général  ^  dii’é  que  l'a  langue  estessen^ 
liellement  formée  d’un  tissu  ineætncable aucun  auteur, i 
à  ma  connaissance  du  nioins ,  n’a  montré'  lè  mode  de  ter;- 
minaison  de  ses  muscles  intrinsèques  j  on  les  a  bien  suivis 
jusqu’à  la  partie  inférieure  de  l’organe  ,  mais  ils  ont  été 
laissés  là.  Bichat  dit  seulement  qu’il  a  trouvé  dans  là 
langue  des  fibres  longitudinales  ,  transverses  et  obliques  j 
sans  indiquer  nullement  leur  position  respective  ,  leur 
origine  et  leur  terminaison.  Pour  trouver  quelque  chose 
de  satisfaisant,  il  faut  consulter  Malpighi,  qui  a  décrit 
dans  la  langue  du  bœuf  des  fibres  longitudinales  transe 
verses  ,  perpondicûlaires  et  obliques ,  les  unes  convergen¬ 
tes  et  se  rencontrant  à  angles ,  les  autres  divergentesi 
Sténop  a  décrit  dans  l’homme  des  fibrps  longitudinales  > 
transversales ,  et  d’autres  perpendiculaires;  mais,  malgré 
'les  travaux  de  ces  savans ,  telle  était  l’obscurité  de  l’anal 
topiie  sur  ce  point ,  du  temps  de  Haller  ,  que  ce  célèbre; 
physiologiste  assure  qu’il  est  impossible  de  séparer  eu 
^  1.  5o 


458  Jifmoiniîs 

couches  distinctes  les  fibres  de  la  langue ,  en  raison  de 
leur  mollesse  et  de  leur  cohésion  :  Toutefois ,  dit-il ,  les 
fibres  inférieures  émanent  des  génio-glosses ,  les  supé¬ 
rieures  et  latérales  des  stylo-glosses.  Il  lui  '  paraît  très- 
difficile  de  démontrer,  même  sur  une  langue  de  bœuf,  la 
structure  indiquée  par  Malpighi  ;  et  en  effet ,  ajoute-t-il , 
Leuvenoek,  si  familier  arec  les  observations  microsco¬ 
piques  ,  n’a  pu  reconnaître  que  les  fibres  transverses  et 
perpendiculaires. 

Ces  dernières  assertions  me  paraissent  d’autant  plus 
extraordinaires ,  que  la  plus  simple  inspection  à  l’œil  nu 
m’a  suffi  pour  apercevoir  facilement  non-seulement  les 
fibres  transverses  et  perpendiculaires ,  mais  encore  des 
fibres  bien  sensiblement  longitudinales. 

Tout  récemment  ,  long-temps  après  l’achèvement  de 
ce  travail,  on  a  inséré  dans  le  Journal  complémentaire 
(décembre  1822) ,  un  Mémoire  de  M.  Baur,  professeur 
à  l’üniversité  de  Tubingue ,  dans  lequel  cet  anatomiste 
publie  ses  recherches  sur  la  structure  de  la  langue.  J’ai 
eu  la  satisfaction  de  voir  que  beaucoup  de  mes  observa¬ 
tions  étaient  conformes  aux  siennes  :  quelques-unes  dif¬ 
fèrent  pourtant.  J’aurai  soin  de  m’appesantir-  sur  ces 
points  ;  l’autorité  de  M.  Baur  m’en  fait  un-  devoir.  Je 
dois  aussi  déclarer  ici  que  ce  travail  était  terminé ,  quand 
mon  collègue ,  M.  Gerdy  ,  lut  à  l’Académie  son  Mémoire 
sur  le  mêmè  sujet  ;  du  reste ,  aujourd’hui  même  j’ignore 
encore  ce  qu’il  contient. 

On  doit  successivement  examiner  dans  la  langue  ,  sa 
membrane tégumentaire ,  unelame  fibro-cartilagineuse  mé¬ 
diane ,  un  tissu  propre ,  des  corps  glanduleux  particuliers  , 
du  tissu  cellulaire  ,  des  pelotons  adipeux ,  des  nerfs  et  des 
vaisseaux. 

1.”  Membrane  tégumentaire.  —  Elle  est  de  nature 
muqueuse  ,  mais  son  organisation  est  bien  différente  dç 


ET  OBSERVATIONS.  469 

eelie  des  autres  membranes  du  même  genre. ,  Sans  parler 
ici  de  ses  couches  superficielles ,  sur-tout  de  ses  papilles 
dont  la  nature  est  bien  connue ,  son  derme  ou  chorion 
offre  une  épaisseur  remarquable  ,  beaucoup  plus  à  la  face 
supérieure  de  l’organe  qu’à  l’inférieure.  Par  sa  face  pro¬ 
fonde  ,  cette  membrane  adhère  très-intimement  au  tissu 
propre  de  la  langue  ,  sur  toute  la ,  face  supérieure  ,  la 
pointe  ,  les  bords  et  les  côtés  de  la  face  inférieure  ;  elle 
reçoit  en  effet ,  dans  ce  sens,  l’insertion  de  beaucoup  de 
fibres  musculaires  diversement  dirigées.  A  la  face  infé¬ 
rieure  de  la  langue  ,  cette  membrane  tégumentaire  forme 
trois  replis;  un  médian,  c’est  le  frein;  deux  latéraux , 
qui  sont  de  véritables  franges  que  M.  Béclard  décrit  de¬ 
puis  long- temps  dans  ses  cours,  et  sur  les  usages  des¬ 
quelles  je  reviendrai.  La  résistance  de  cette  membrane  est 
très-grande,  quel  que  soit  le  sens  suivant  lequel  on  la 
tiraille  ;  son  derme  m’a  paru  formé  de  fibres  cellulo-albu.- 
ginées  qui  s’entrecroiseraient  d’une  manière  oblique, 

2.°  Lame  ftbro-carùlagineuse  médiane.  —  Sur  la  par¬ 
tie  moyenne  de  la  langue ,  au  milieu  de  son  tissu  propre , 
on  trouve  une  lame  blanchâtre  dont  la  connaissance  im¬ 
porte  beaucoup  ,  pour  assigner  la  terminaison  d’un  grand 
nombre  de  fibres  de  l’organe.  Cette  lame  est  plus  forte  èt 
plus  marquée  en  arrière  qu’en  avant;  c’est  une  sorte  de 
raphé  fibro-carlilagineux  qui  a  la  forme  d’une  lame  placée 
de  champ,  de  telle  manière  qu’un  de  ses  bords,  supérieur,, 
est  caché  dans  le  tissu  de  la  langue  ,  et  n’atteint  pas  le 
derme  de  sa  face  supérieure;  tandis  que  l’àutre,  inférieur,' 
tantôt  se  trouve  libre  dans  l’intervalle  des  génio-glosses  , 
oh  il  est  facile  de  l’apercevoir  après  avoir  enlevé  quelques 
pelotons  cellulaires  et  adipeux  qui  le  recouvrent,  tantôt 
est  recouvert  par  quelques  fibres  de  ces  deux  muscles  qui 
s’y  fixent  ou  s’entrecroissent  en  passant  sous  lui.  En  aVant 
elle  se  perd  insensiblement  dans  le  sinus  que  forme  ,  par 
3o.. 


460  MÉMOIRES 

sa  réfleîdon  ,  la  membraae  muqueuse  linguale  ;  en  arrière 
elle  se  continue  avec  une  membrane  fibreuse  qui  a  la  forme 
d’un  croissant,  et  qui  fait  le  moyen  d’union  de  la  langue 
ot  du  corps  de  l’hyoïde  ;  les  deux  faces  de  ia  lame  mé¬ 
diane  donnent  insertion  à  la  plupart  des  fibres  transverses. 
Le  tissu  de  Cette  partie  m’a  paru  de  nature  fibro-cartilagi- 
neuse  :  on  y  trouve  çà  et  là  répandus  des  noyaux  ou  ren- 
flemens  plus  compactes.  Sur  deux  sujets  très-avancés  en 
âge  ,  j’y  ai  trouvé  de  petits  points  osseux.  Cette  partie 
est  bien  certainement  l’analogue  du  prolongement  osseux 
QU  cartilagineux  que  présente  l’hyôïde  dans  la  langue  de 
certains  animaux ,  les  oiseaux  particulièrement. 

Malgré  le  volume  de  cette  partie ,  avant  de  l’avoir  dis¬ 
séquée  sur  plusieurs  sujets ,  je  ne  l’avais  trouvée  décrite 
nulle  part.  M.  Béclard  m’a  dit  l’avoir  aperçue  dès  long¬ 
temps^  dans  l’homme.  M.  Baur ,  dont  le  Mémoire  paraît 
avoir  été  fait  uniquement  pour  décrire  cette  partie ,  avance 
plusieurs  choses  qui  ne  m’ont  point  paru  exactes.  D’abord 
il  représente  cette  espèce  de  lame  comme  un  simple  cor¬ 
don  j  il  dit  qu’elle  est  libre  dans  le  tissu  de  l’organe  ;  or , 
je  crois  pouvoir  affirmer  qu’elle  sert  de  point  d’insertion  à 
beaucoup  de  fibres  ;  il  assure  aussi  qu’elle  est  très-mar¬ 
quée  en  avant ,  et  qu’elle  s’amincit  progressivement  en 
arrière  ;  j’ai  indiqué  une  disposition  inverse.  Du  reste  , 
M.  Baur  paraît  l’avoir  sur-tout  examinée  dans  certains 
animaux  qui  se  servent  de  leur  langue  pour  laper  (  les 
chiens ,  les  loups  )  ;  peut-être  chez  eux  est-elle  disposée 
autrement  que  chez  l’homme. 

,  5.®  Tifsu  proprei  —  Ce  tissu,  que  la  plupart  des  ana¬ 
tomistes  aiment  mieux  appeler  inextricable ,  pour  éviter 
la  peine  de  rechercher  l’arrangement  de  ses  fibres  ,  est  de 
nature  musculaire;  la  langue  eomine  lé  cœur  est  un  mus¬ 
cle  dont  les  fibres  ont  des  directions  très-compliquées  ,  ou 
plutôt  elle  est  formée  par  l’entrelacement  de  plusieurs 


ET  OBSEnVATrONS.  46'i 

muscles  distincts.  Toutes  les  fibres  musculaires  qui  con* 
stituenl  la  langue  ont  ceci  dè  commun  qu’une  de  leurs 
extrémités  au  liioins  se  fixe  sur  le  derme  de  la  taembrahé 
muqueuse  J  qüelques-imes  s’y  fixent  par  leurs  deux  extré- 
nntés  à-la  fois.  Elles  sont  très-serrées  les  unes  contre  les 
autres  ,  ce  qui  leur  donne  une  forme  aplatie  j  toutesipern 
dent  d’autant  plus  leur  couleur  rouge ,  qu’elles  àppro:-. 
client  plus  do  la  face  supérieure  de  l’organe  5  elles:  sont 
dépourvues  de  gaine  cellulaire ,  ce  qui  diminue  leur  cohé¬ 
sion  de  beaucoup.  (  G’ést  sans  doute  là  une  des  caiisoé  qui 
ont  empêché  de  les  suivre  ,  et  par  suite  de  démêler  leur 
arrangement  réciproque).  Elles  sont  disposées  par  couches 
minces  dontles  fibres  ne  sont  pas  entrecroisées  à  la  mdnière 
des  fils  do  la  toile ,  mais  simplement  superposées.  Dans  cer¬ 
tains  points,  où  l’on  trouve  des  plans  de  fibres  dans  plu¬ 
sieurs  directions  ,  près  de  la  face  supérieure  de  là  langue  , 
par  exemple  ,  il  devient  difficile  d’assigner  la  direction  do 
chacun  d’eux;  mais  cela  n’est  pas  impossible  ;  et  c’est.à 
tort,  à  mon  avis,  que  M.  Baür  admet  un  hoyau  lingual 
inextricable  placé  sous  la  muqueuse  supérieure  ;  en  effet , 
il  ne  se  trouve  dans  cet  endroit  que  des  fibres  longitudi¬ 
nales  ,  peu  dè  transverses,  et  beaucoup  de  verticales  ap¬ 
partenant  aux  génio-glossçs.  Tous  cés  plans,  dtiireste  , 
sont  faciles  à  suivré,  en  faisant  les  préparations  conve¬ 
nables. 

Parmi  les  fibres  de  la  langue ,  les  unes  commencent 
dans  l’organe  et  s’y  terminent;  d’autres  ont  une,cxtr.énïité 
extérieure;  une  seule  doit  être  considérée  comme  lui  ap¬ 
partenant. 

i.°  Fibres  intrinsèques.  Ces  .fibres  sont  perpendicu¬ 
laires  ou  parallèles  à  l’axe  de  la  langue  ;  en  d’autres  ter¬ 
mes  ,  les  Unes  sont  transverses ,  les  autres  longitudinales. 
Plan  transversal.  Quoique  ce  plan  ,  très-évident  dans 
l’homme ,  existe  aussi  dans  beaucoup  d’animaux  dont  j’ai 


402  HÉSIOIBES 

disséqué  la  langue ,  cependant  M.  Baur  semble  ne  pas  ra¬ 
voir  aperçu ,  au  moins  il  n’en  fit  aucune  mention.  Ses 
fibres  existent  dans  toute  la  longueur  de  l’organe  ;  elles 
sont  plus  abondantes  antérieurement;  aussi  dans  Ce  lieu 
le  mouvement  de  resserrement  transversal  dont  elles  sont 
l’agent,  est-il' sur-tout  très-marqué ,  témoin  la  forme  poin¬ 
tue  qu’aflecte  la  langue.  Dans  certains  cas  ,  ces  fibres  sont 
disposées  par  couches  que  croisent  évidemment  d’au¬ 
tres  couches  appartenant  aux  plans  longitudinaux  et  per¬ 
pendiculaires.  La  plupart  d’entr’elles  ont  une  extrémité 
fixée  sur  la  lame  fibro-cartilaglneuse  ,  et  l’autre  sur  le 
côté  correspondant  de  la  langue  ;  elles  ne  mesurent 
que  la  moitié  de  sa  largeur  :  il  en  est  pourtant  quel¬ 
ques-unes  qui  passent  au-dessus  et  au-dessous  de  notre 
'  rap/id ,  et  sont  fixées  par  leurs  deux  extrémités  sur  le 
derme  de  la  muqueuse  qui  revêt  les  bords  opposés  de  la 
langue  ;  celles-là  mesurent  toute  s'a  largeur  ,  antérieure¬ 
ment  et  inférieurement  :  ces  dernières  fibres  forment  des 
faisceaux  applatis  qui  représentent  des  lames  imbriquées 
de  telle  manière  ,  que  les  intervalles  qu’elles  laissent  entre 
elles  sont  ouverts  en  arrière.  C’est  dans  ces  sinus  que  s’en¬ 
foncent  obliquement  les  filets  du  nerf  lingual ,  et  les  fibres 
antérieures  des  génio-glosses.  — Plan  longitudinal.  Tan¬ 
dis  que  le  plan  précédent  est  formé  de  fibres  exactement 
transversales,  celui-ci  au  contraire  n’est  pas  formé  de 
fibres  rigoureusement  longitudinales  ;  elles  sont  un  peu 
obliques ,  ce  qui  dépend  de  ce  qu’elles  viennent  se  fixer 
sur  le  derme  de  la  membrane  muqueuse  ,  après  être  nées 
dépeints  placés  dans  le  tissu  de  l’organe  :  ce  plan  consti¬ 
tue,  le  muscle  lingual  des  auteurs.  Ses  fibres  naissent  en 
■arrière  sur  la  membrane  fibreuse  en  forme  de  croissant  , 
qui  unit  la  langue  au  corps  de  l’hyoïde  ;  quelques-unes 
viennent  des  côtés  du  raphé,  tout  à-fait  en  arrière;  enfin 
j’én  ai  vu  quelquefois  un  petit  faisceau  venant  de  la  petite 


corne  de  l’os  hyoïde.  Alear  origine , les  fibres  de  cemuscle 
croisent  la  direction  du  plan  transversal. et  du  vertical  , 
puis  elles  viennent  se  placer  sous  la  face  inférieure  de  la 
langue ,  où  elles  se  rassemblent  en  un  faisceau  placé  entre 
le  génio-glosse  et  l’hyo-glosse  ,  sous  le  bord  duquel  il 
semble  sortir  ;  après  quelques  lignes  de  trajet',  il  s’unit  à 
un  faisceau  du  slylo-glosse  ,  en  embrassant  la  portion  de 
l’hyo-glosse  qui  naît  du  corps  de  l’hyoïde;  il  se  porte  en¬ 
suite  vers  la  pointe  de  la  langue,  en  se  rapprochant  de 
celui  du  côté  opposé.  Toutes  ses  fibres  se  terminent  sur  le 
derme  delà  muqueuse  inférieure ,  dans  son  tiers  antérieur, 
et  sur-tout  près  de  la  pointe  où  les  fibres  d’un  côté  sem¬ 
blent  former  un  raplié  avec  celles  du  côté  opposé. 

M.  Baur  a  trouvé  dans  les  animaux  un  plan  longitudi¬ 
nal  supérieur  formé  par  des  fibres  intrinsèques;  il  lui 
donne  le  nom  de  muscle  cutané-lingual.  Ce  plan  existe 
bien  dans  l’homme ,  mais  ilest,form,é  par  des  fibres  extrin¬ 
sèques  émanées  de  la  petite  corne  de  l’os  hyoïde.  J’en 
parlerai  plus  bas. 

2.°  JFibres  extrinsèques.  Ces  fibres  émanent  surtout 
des  muscles  stylo-glosses ,  hyo-glosses  et  génio-glosses , 

,  on  en  trouve  aussi  quelques-unes  qui  sont  fournies  par  lès 
constricteurs  supérieurs  du  pharynx  et  par  les  glosso- 
staphylins.  Le  muscle  slylo-glosse  naît  ,  comme  on  sait, 
de  l’apophyse  styloïde  et  du  ligament  stylo-maxillaire, 
puis  descend  obliquement  en  dedans  et  en  avant  vers  ïa' 
base  de  la  langue ,  et  se  divise  là  en  deux  faisceaux  ét 
quelquefois  en  trois  ;  dans  la  langue  du  mouton ,  ces  faiâ- 
ceaux  sont  distincts  depuis  leur  point  d’attache  supérieur. 
Des  deux  faisceaux  ,  l’un  est  transversalement  placé  près 
de  l’os  hyoïde ,  au-des.-îous  de  la  langue  ;  ses  fibres  tràns- 
verses ,  aussi  ,  se  terminent  en  se  confondant  avec  le 'plan 
transversal  intrinsèque  sur  le  raphé  cartilagineux  et  la 
membrane  fibreuse  destinée  à  unir  l’os  hyoïde  et  la  langue. 


464  mémoihes 

Ce  faisceau ,  du  reste,  est  séparé  du  suivant  par  le  mus¬ 
cle  cérato-glosse.  Il  est  tellement  fort  dans  la  langue  do 
l*élépliant,  qu’il  représente  une  espèce  de  sangle.  L’autre 
faisceau  suit  d’abord  la  direction  du  bord  correspondant 
de  la  langue ,  puis  le  contourne  ,  en  croisant  à  angles  très- 
aigus  la  direction  du  muscle  basio-glosse ,  en  envoyant 
quelques  fibres  qui  s’unisSent  à  cellés  de  ce  muscle ,  et  se 
joint  au  müscle  lingual  pour  se  comporter  ultérieurement 
comme  il  a  été  dit.  Lorsque  le  muscle  stylo-glosse  a  trois 
faisceaux  ,  le  troisième  ,  placé  à  la  face  supérieure  de  la 
langue ,  y  marche  d’abord  obliquement ,  puis  prend  bien¬ 
tôt  une  direction  tout-à-fait  longitudinale  ,  en  s’avançant 
vers  la  pointe  de  la  langue  où  ses  fibres  se  terminent. 

De  la  disposition  des  faisceaux  du  stylo-glosse  et  du 
lingual ,  résultent  deux  sortes  de  gaînes  musculaires  ,  où 
sont  logées  les  deux^portions  de  l’hyo-glosse  qui  naissent 
de  la  base  et  de  la  grande  corne  de  l’hyoïde.  Le  muscle 
hjo-gtosse  naît  du  corps  de  cet  os  et  de  ses  cornes  ,  par 
trois  faisceaux,  dont  la  direction  et  la  terminaison  sont 
différentes  ,  ce  qui  fait  que  les  auteurs  ont  fajt  de  chacun 
d’eux  un  muscle  distinct.  Le  premier  faisceau ,  dit  cérato- 
glosse  ,  naît  de  toute  la  longueur  de  la  grande  corne ,  le 
long  dé  son  bord  supériéur  ,  marche  perpendiculairement 
d’abord ,  puis  d’arrière  en  avant ,  passe  entré  les  deux 
faisceaux  du  stylo-glosse  ,  et  se  termine  au  derme  de  la 
membrane  muqueuse  qui  revêt  la  moitié  postérieure  du 
bord  et  de  la  région  externe  de  la  face  supérieure  de  la 
langue  ,  croisant  la  direction  des  fibres  transverses  qui  s’y 
insèrent,  Le  second  faisceau ,  basio-glosse  -,  émané  de  la 
région  externe  du  bord  supérieur  du  corps  de  l’hyoïde, 
se  porte  un  peu  obliquement  en  avant  et  en  dehors , 
croise  la  direction ’dü  faisceau  inférieur  du  stylo-glosse, 
qui  fembrasse  par  sa  réunion  avec  je  lingual,  et  vient  se 
fixer  sur  la  muqueuse  qui  recouvre  antérieurement  le  bord 


,  ET  OllSERVATIOWS.  4^5 

de  la  langue  et  la  partie  exterile  de  sa  face  supérieure.  Le 
troisième  faisceau,  oliondro-g  lassé  ^  est  exactement  longi¬ 
tudinal  et  placé  soüs  la  membrane  muqueuse  supérieure; 
ses  fibres  ,  d’abord  serrées  les  unes  contre  les  autres  , 
s’étalent  eu  avançant,  sont  séparées  par  celles  des génio- 
glosses  qui  sont  perpendiculaires  ;  on  les  sdit  difllcilemènt 
au-delà  de  la  partie  moyenne  ;  cependant ,  on  en,  trouve 
encore  près  do  la  pointe  de  la  langue ,  où  sans  doute  elles 
se  terminent  sur  la  niembrane  tégutnentaire.  Ce  faisceau 
m’a  paru  représenter  >  dans  l’honlme ,  le  muscle  cutané- 
lingual  que  M.  Baur  â  trouvé  dans  les  autres  mammi* 
fères.  Le  milscle  génio-glosse  ,  né  dé  l’apophyse  géni 
supérieure  ,  par  un  tendon  court,  mais  très-fort ,  qui  se 
prolonge  en  dehors ,  forme  un  faisceau  applati ,  triangu¬ 
laire  ,  dont  les  fibres  s’écartent  sous  la  langue ,  où  elles 
ont  toutes ,  en  générai ,  une  ditection  perpendiculaire  à 
l’axe  de  l’organe  ;  les  antérieures  ,  néanmoins  ,  s’inclinent 
un  peu  en  avant  et  les  postérieures  en  arrière  ;  toutes  oc¬ 
cupent  la  partie  centrale  de  la  langue  ,  croisent  la  direc¬ 
tion  des  plans  transvetse  et  longitudinal  supérieur ,  et  se 
terminent  sur  la  meinbrane  tégumentaire  de  la  face  su-^ 
périeure ,  dans  sa  région  moyenne ,  et  aussi  sur  les  côtés 
du  raphé  fibro-càrtilàgineux,  au-dessous  duquel  on  Voit 
quelquefois  les  fibres  les  plus  internes  s’entrecroiser  avec 
celles  du  côté  opposé.  Quelques  fibres  de  ce  muscle  se 
fixent  sur  la  membrane  fibreuse  dont  il  a  déjà  été  parlé. 
Un  petit  faisceau  se  porte  aussi  quelquefois  à  la  petite 
corne  de  l’hyoïde.  J’ai  vainement  cherché  lés  fibres  de  ce 
muscle  qui,  suivant  Haller  j  se  porteraient  au  pharynx. 
Je  n’ai  point  vu  non  plus,  comme  l’avance  Albinus,  que 
le  muscle  glosSo-épiglottiqüe  en  fût  une  dépendance.  Los 
libres  qui  émanent  du  constricteur  supérieur  du  pharynx 
sont  transversales  et  se  confondent  avec  celles  du  faisceau 
du  stylo-glôsse ,  qui  a  la  même  direction.  Celles  du 


466  Jl  i  51  0  I  li  E  s 

glosso-staphylla  se  portent  les  unes  loDgitudinalement  sur 
la  face  supérieure  de  la  langue  ;  les  autres  accompagnent 
le  faisceau  du  stylo-glosse  c^ui  se  confond  inférieurement 
a-yec  le  lingual. 

On  peut  très-bien  remarquer  ,  d’après  ce  qui  a  été  dit, 
qu’il  y  a  dans  la  langue  des  plans  transversaux ,  perpen¬ 
diculaires,  et  d’autres  plus  ou  moins  exactement  longitu¬ 
dinaux  ou  obliques.  Toutes  les  fibres  qui  constituent  ces 
derniers  sont  immédiatement  appliquées  sous  la  mem¬ 
brane  muqueuse  des  faces  supérieure  et  inférieure,'  et 
des  bords  delà  langue,  tandis  que  les  fibres  des  plans  trans¬ 
versaux  et  perpendiculaires  occupent  seules  la  partie  cen¬ 
trale  dé  l’organe.  Aussi  ,  en  faisant  sur  une  langue  con¬ 
venablement  préparée  des  coupes  transversales  et  perpen¬ 
diculaires  à  son  axe,  aperçoit-on  facilement,  à  la  périphé¬ 
rie  de  l’organe  ,  une  couche  peu  épaisse  ,  formée  par  des 
extrémités  de  fibres  divisées  perpendiculairement.  Cette 
couche  est  seulement  Interrompue  inférieurement  dans  le 
lieu  par  où  pénètrent  les  fibres  des  muscles  génio-glosses  ; 
dans  l’aire  de  cette  espèce  de  cercle,  on  trouve  sur  la 
ligne  médiane  la  lamefibro-cartilagineuse,  des  fibres  per¬ 
pendiculaires  que  séparent  d’autres  fibres  transversales. 
La  langue  du  mouton  se  prête  admirablement  bien  à  cet 
examen.  Du  reste,  pour  étudier  la  structure  de  cet  organe, 
et  surtout  pour  voir  la  direction  de  ses  fibres  ,  il  faut  pra¬ 
tiquer  ,  sur  des  langues  cuites ,  des  coupes  dans  tous  les 
gens  avec  des  instrumens  bien  tranchans  ;  il  faut  aussi  faire 
macérer  ses  pièces  dans  un  mélange  d’alcohol  et  d’essence 
de  térébenthine  ,  qui  rend  les  fibres  plus  apparentes, 
en  faisant  disparaître  la  graisse  qui  les  entoure. 

4.°  Corps  glanduleux ■  dù  la  langue.  Au-dessous  de 
chacun’des  replis  frangés  dont  j’ai  parlé ,  après  avoir  rejeté 
en  dehorsie  faisceau  commun  du  stylo-glosse  et  du  lingual, 
on  aperçoit,  immédiatement  appliqué  Sur  le  plan  fibreux 


ET  obsekvatioss.  467 

transversal ,  un  corps  oblong  do  la  grosseur  d’une  petite 
amande ,  égalant  en  longueur  le  repli  qui  le  recouvre  , 
d’une  couleur  semblable  à  celle  des  glandes  salivaires  , 
granulé  comme  elles  ,  recevant  beaucoup  de  vaisseaux 
sanguins  et  de  nerfs  de  la  branche  linguale  de  la  cinquième 
paire.  Ce  petit  corps ,  d’une  apparence  bien  exactement 
glanduleuse,  ne  m’a  cependant  pas  offert  de  conduits 
excréteurs;  je  présume  que  la  frange  muqueuse  qui  le 
recouvre  pourrait  bien  renfermer  de  ces  vaisseaux.  Du 
reste,  ces  organes,  que  j’ai  constamment  trouvés,  sont 
bien  distincts  des  glandes  sublinguales. 

5. °  Tissu  cellulah'e.  A  l’extérieur  de  la  langue,  le 

tissu  cellulaire  se  comporte  dans  ses  muscles  extrinsèques, 
comme  dans  tous  les. autres  muscles  volontaires  ,  c’ést-à- 
dire  qu’il. fournit  aux  faisceaux  ,  aux  fascicules  et  aux 'fi¬ 
bres  ,  des  gaînes;  d’une  densité  successivement  décrois¬ 
sante,  comme  le  volume  de  ces  parties;  mais  il  en  est 
autrement  dans  l’intérieur  môme  de  l’organe  :  les  fibres 
y  sont  dépourvues  de  gaine  cellulaire,  ce  qui  les  rend 
très-fragiles.  ■  , 

6. °  Tissu  graisseux.  Au-dessous  de  la  langue ,  entre 
ses  muscles  extrinsèques  ,  et  même  entre  leurs  faisceaux, 
on  trouve  beaucoup'  de  tissu  adipeux  qui  ressemble  au 
tissu  adipeux  général;  mais,  entre. les  fibres  de  la  lan¬ 
gue,  on  ne  trouve  plus  qu’une  graisse  très-fine ,  dont 
l’abondance  est  plus  grande  en  arrière  qu^en  devant ,  en¬ 
tre  les  .fibres  transverses  qu’entre  celles  qui  sont  longitu¬ 
dinales;  la  graisse  ,  ici ,  ne  paraît  enveloppée  par  rien  , 
ou  au  moins  par  une  membrane  très-fine  seulement, 

7.“  Nerfs  et  vaisseaux/  Je  n’ai  fait  que  constater 
combien  sont  exactes  les .  observations  de  Scarpa  sur  ,  la 
distribution  des  premiers  ;  les  vaisseaux  ne  ra’out  rien  of¬ 
fert  de  particulier. 

Avec  ces  données  sur  la  structure' de  la  langue,  ou 


468  ,Mi51B0HIES 

peut  très-facilement  expliquer  les  mouvemens  très-variés 
qu’elle  exécute  dans  l'intérieur  de  la  boqche,  en  rap¬ 
portant  à  chaque  plan  de  fibres  leà  mouvemens  qu’il 
doit  nécessairement  produire  par  sa  contraction.  On 
peut  réduire  les  mouvemens  dé  la  langue  aux  suivons  : 
les  mouvemens  de  prépulsion,  do  rétropulsion  *  de  res¬ 
serrement  transversal ,  d’inclinaison  latérale  ;  ceux  dans 
lesquels  la  pointe  s’élève  ét  se  recourbe  ën  haut,  ou 
s’abaisse  et  se  recourbe  en  bas;  puis  le  mouvement  de 
circumduction ,  et  enfin ,  celui  par  lequel  la  langue  se 
creuse  en  gouttière  sur  sa  face  dorsale.  Le  mouvement 
de  prépulsion  de  la  langue  est  produit  par  la  contraction 
des  fibres  postérieures  du  génio-glosse  surtout.  Le  fais¬ 
ceau  transversal  du  stylo-glosse  qui  forme  une  espèce  de 
sangle  sous  la  base  de  la  langue ,  peut ,  en  élevant  cette 
partie  ,  faciliter  une  forte  prépulsion  de  la  pointe  hors  do 
la  bouche.  Le  mouvement  de  rélropulsicn  est  surtout 
produit  par  l’action  des  fibres  antérieures  des  mêmes  gé- 
nio-glossesj  qui  sont  ainsi  agens  de  deux  mouvemens  op¬ 
posés;  ce  mouvement  de  rétropulsion  peut  encore  être 
produit  par  la  contraction  simultanée  de  tous  les  plans 
longitudinaux  de  la  langue. 

Lé  mouvement  de  resserrement  transversal  ne  peut 
être  produit  que  par  la  contraction  du  plan  des  fibres 
transverses  ,  et  si  la  langue' est  apte  à  prendre  une  forme 
pointue ,  c’est  uniquement  parce  que ,  très-nombreuses 
antérieurement ,  les  fibres  transverses  produisent  dans 
cette  partie  le  resserrement  d’une  manière  plus  marquée. 
L’inclinaison  latérale  est  nécessairement  produite  paè  l’ac¬ 
tion  du  muscle  hyo-glosse  ,  dont  l’insertion  a  lieu  sur  le 
bord  de  la  langue.  Cette  inclinaison  ne  peut  se  faire  que 
du  côté  du  muscle  qui  agit  ;  si  l’un  et  l’autre  muscle  agis¬ 
saient,  ils  concourraient  au  mouvement  de  rétropulsion. 
Lorsque  lesfibre^  longitudinales  supérieures  entrent  en 


ET  OBSERVATIONS.  469 

contraction ,  elles  élèvent  la  pointe  <ie  la  langue  en  la  re¬ 
courbant  an  peu ,  elles  produisent  le  mouvement  par  le¬ 
quel  la  pointe  de  Torgane  s’applique  à  la  voûte  du  palais 
pour  écraser  certains  alimens ,  et ,  dans  le  premier  temps 
de  la  déglutition  ,  pour  pousser  le  bol  alimentaire  vers  le 
pharynx.  Au  contraire ,  la  pointe  de  la  langue  s’abaisse  et 
se  recourbe  en  bas  par  la  contraction  des  fibres  longitudi¬ 
nales  inférieures,  qui  émanent  du  lingual  et  du  stylo- 
glosse;  ce  plan  longitudinal  inférieur  ,  sous  ce  rapport , 
est  antagoniste  du  supérieur,  avec  lequel  pourtant  il  peut 
combiner  son  action  pour  faire  rentrer  la  langue  dans  l’inté¬ 
rieur  de  la  bouche.  Quand  les  fibres  longitudinales,  supé¬ 
rieures  ,  latérales  et  inférieures  secontractentà  la  fois ,  elles 
produisent ,  comme  je  l’ai  dit ,  le  mouvement  de  rétropulsion 
de  la  langue  ,•  mais  ,  si  leur  contraction  se  fait  successive¬ 
ment,  il  se  passe  un  véritable  mouvement  de  circumduc- 
tion  qui  est  une  combinaison  de  tous  ceux  que  ces  fibres 
peuvent  produire.  J’ai  montré  que  les  portions  antérieu¬ 
re  et  postérieure  des  génio-glosses  produisaient  des  mou- 
vemens  opposés  (la  rétropulsion  et  la  prépulsion)  ;  en  se 
contra ctçint  isolément;  mais  si  ces  muscles  se  contractent 
en  totalité,  ni  l’un  ni  l’autre  de  ces  mouvemens  ne  sont 
produits ,  la  langue  reste  dans  la  bouche;  mais  le  centre 
de  la  muqueuse  supérieure ,  sur  lequel  s’insèrent  les  fi¬ 
bres  des  génio-glosses ,  sé  trouve  déprimé  ,  tandis  que  les 
côtés  restent  immobiles  ,  d’où  résulte  une  sorte  de  gout¬ 
tière  longitudinale  sur  la  face  dorsale  de  l’org-ane. 

,  Il  est  impossible  de  trouver  ,  dans  la  structure  de  la 
langue ,  la  raison  du  tiraillement  de  sa  pointe  du  côté 
paralysé,  dans  les  hémiplégies.  Ce  phénomène  constant 
a  son  principe  dans  le  système  nerveux.  L’opinion  qui 
représente  le  stylo-glosse  comme  la  cause  de  cette  anor 
malie  ,  en  raison  de  son  insertion  à  la  base  de  la  langue 
seulement,  outre  qu’elle  est  fondée  sur  une  erreur  anato- 


47°  îli  MOIRES 

mlque  ,  est  encore  fausse  en  ce  qu’on  montre  la  langue, 
organe  essentiellement  souple  et  mobile ,  tournant  com¬ 
me  sur  un  pivot  arcbouté  sur  le  milieu  de  sa  face  infé¬ 
rieure.  On  ne  peut  point  admettre  non  plus  ,  comme  on 
l’a  avancé  ,  que  la  contraction  des  fibres  postérieures  du 
génio-glosse  non  paralysé',  porte  la  pointe  de,  la  langue 
du  côté  paralysé;  car  cette  tendance,  si  elle  existe ,  doit 
être  détruite  par  l’action  du  lingual  et  du  stylo-glosse  du 
même  côté  ,  qui  tirent  la  pointe  du  côté  non  paralysé. 


Du  Scorbut  qui  se  manifeste,  d’une  manière  locale  , 
pendant  le  traitement  des  fractures  ,  et  s’oppose  à  leur 
consolidation;  par  M.  Jules  Cloquet  ,  Chirurgien 
en  second  de  l’Hôpital  St.-Louis. 

Parmi  les  maladies  générales  qui  retardent  la  consoli¬ 
dation  des  fractures  ,  empêchent  la  formation  du  cal  et 
deviennent  ainsi  la  cause  défaussés  articulations,  le  scor¬ 
but  est  une  de  celles  dont  l’action  est  la  plus  évidente. 
Cette  affection ,  en  portant  son  influence  sur  toute  l’éco¬ 
nomie  animale ,  produit  dans  les  solides  et  les  liquides 
une  dépravation  qui  s’oppose  à  la  consolidation  des  os, 
comme  elle  entrave  la  cicatrisation  des:  plaies  dans  les 
parties  molles ,  en  leur  donnant  un  caractère  ulcéreux.  Il 
n’est  pas  de  chirurgien  qui  n’ait  été  à  même  d’observer 
combien  de  temps  se  prolonge  chez  les  scorbutiques  le 
traitement  des  fractures ,  et  les  diflicultés  que  l’on  éprouve 
pour  obtenir  une  parfaite  consolidation;  quelquefois  même 
on  a  vu  le.  cal  en  partie  formé ,  être  ramolli  par»les  pro¬ 
grès  du  scorbut ,  et  la  mobilité  reparaître  entre  les  frag- 
mens  osseux,  qui  avaient  déjà  été  consolidés.  Les  auteurs 
rapportent  plusieurs  exemples  de  ce  fait. 


■  ET  onSEEVATIONS. 

Le  scorbut ,  au  lieu  d’être  général,  comme  on  l’observe 
dans  le  plus  grand  nombre  des  cas ,  peut  être,  cbez  les 
personnes  affectées  de  fractures ,  une  maladie  purement 
locale ,  et  produit  par  les  conditions  particulières  dans 
lesquelles  le  membre  fracturé  se  trouve  placé.  Je  vais  pré¬ 
senter  quelques  réflexious  sur  cette  variété  de  la  maladie , 
encore  peu  connue,  bien  qu’elle  ne  soit  pas  très-rare  ,  et 
dont  j’ai  recueilli  plusieurs  observations. 

En  faisant  attention  aux  circonstances  dans  lesquelles 
se  trouve  placé  ,  pendant  le  traitement ,  un  membre 
fracturé,  on  ne  tarde  pas  à  voir  qu’elles  agissent  presque 
toutes  en  diminuant  l’activité  de  ses  fonctions  de  nutri¬ 
tion  ,  et  qu’elles  tendent  à  jeter  dans  la  débilité  les  di¬ 
vers  tissus  qui  le  composent.  Retenu  dans  l’immobilité 
et  le  repos  le  plus  absolu ,  dès  que  les  accidens  inflam¬ 
matoires  sont  dissipés,  et  qu’on  peut  appliquer  exacte¬ 
ment  l’appareil,  il  se  trouve  comprimé  d’une  manière 
uniforme  dans  toute  son  étendue  ;  ses  muscles ,  restant 
dons  l’inaction,  et  soumis  comme  les  autres  parties,  à 
la  compression  des  pièces  d’appareil,  éprouvent,  ainsi 
qu’elles,  un  véritable  commencement  d’atrophie;  leur 
circulation  perd  son  activité,  leur  nutrition  languit;  ils 
deviennent  pâles,  plus  mous,  moins  contractiles;  les 
autres  parties  molles  se  rétractent  également;  de  là,  la 
diminution  manifeste  du  volume  du  membre  malade  , 
comparé  au  membre  sain  ;  la  saillie  et  la  roideur  de  ses 
articulations ,  le  relâchement  des  bandes  dont  il  est  en¬ 
touré  ,  relâchement  qui  force  à  les  réappliquer  de  temps 
à  autre. 

Le  membre  fracturé  ,  renfermé  dans  l’appareil  qui  le 
soustrait  au  contact  de  l’air  et  de  la  lumière ,  éprouve  une 
espèce  d’étiolement;  il  se  décolore,  devient  flasque, 
et  quelquefois  légèrement  infiltré  ,.dc  sorte  que  les  fluides 
lymphatiques  semblent  y  prédominer.  Ces  changemens 


Mi  MO  IRE  s 

sont  bien  plus  remarquables  dans  les  fractures  des  mem¬ 
bres  inférieurs  que  dans  celles  des  supérieurs  ;  plus  éloi¬ 
gnés  du  centre  de  la  circulation  ,  les  premiers,  en  effet, 
jouissent  de  moins  d’énergie,  et  la  formation  du  cal  de 
leurs  os  est  sensiblement  plus  tardive. 

Si  à  ces  diverses  causes  débilitantes  locales  s’en  joignent 
d’autres  qui  agissent  dans  le  même  sens ,  la  faiblesse  des  par¬ 
ties  devient  plus  grande  encore ,  et  de  nouveaux  phénomènes 
se  présentent.  Ainsi ,  quand  le  sujet  est  âgé ,  débilité  par 
quelqu’autre  maladie  ou  par  les  saignées  copieuses  qu’on 
a  pratiquées  pour  combattre  les  accidens  inflammatoires , 
lorsque  ,  surtout ,  on  prolonge  trop  l’emploi  dos  émoi- 
liens  ,  que  les  pièces  d’appareils  ,  humides ,  exhalent  une 
odeur  de  moisissure  ,  que  l’air  extérieur  est  froid  et'mal 
sain  ,  comme  pendant  l’automne  ou  un  hiver  pluvieux,  le 
membre  semble  perdre  de  sa  température  ;  la  peau  devient 
d’un  blanc  terne ,  blafarde ,  se  gonfle  et  se  ramollit.  L’é¬ 
piderme  se  soulève  et  se  détache  ;  par  fois ,  il  se  forme  des 
phlyctènes  remplies  d’un  liquide  puriforme  ou  légèrement 
gluant,  le  derme  au-dessous  paraît  muqueux  et  gonflé  ; 
les  poils  tombent  et  s’enlèvent  avec  l’épiderme ,  comme 
cela  arrive  pour  les  peaux  des  animaux  que  l’on  débourre 
par  un  commencement  de  macération.  Si  la  fracture  est 
compliquée  d’une  plaie  ,  ses  bourgeons  charnus  se  gon¬ 
flent  ,  deviennent  mollasses  ,  d’un  rouge  livide ,  ne  four¬ 
nissent  qu’un  pus  ichoreux  et  saignent  avec  la  plus  gran¬ 
de  facilité  au  moindre  attouchement.  Bientôt  le  membre 
se  couvre  d’ecchymoses ,  lesquelles  commencent  ordinai¬ 
rement  à  paraître  au  niveau  des  bulbes  des  poils  qui  ne 
so  sont  pas  détachés  ;  ces  ecchymoses  s’étendent  de  plus 
en  plus  et  acquièrent  parfois  une  grande  largeur.  Le  tra¬ 
vail  de  la  consolidation  est  arrêté;  les  fragmjens  continuent 
de  présenter  de  la  mobilité  au  niveau  de  la  fracture  ,  îi 
l’époque  où  leur  consolidation  devrait  être  çoiiiplète. 


ET  OBSERVÀTIONS.  4^5 

Quelquefois  il  se  fait  une  exsudation  sanguine  par  plu¬ 
sieurs  points  de  la  peau  ramollie.  Tandis  que  ces  désor¬ 
dres  locaux  se  manifestent,  l’état  général  du  malade  sem¬ 
ble,  dans  beaucoup  de  cas,  y  être  totalement  étranger  j 
les  gencives  sont  fermes  ,  point  gonflées  ni  saignantes  ; 
l’appétit  se  soutient,  les  digestions  se  font  bien  ,  le  som¬ 
meil  a  lieu  compae  dans  l’état  naturel ,  le  moral  n’éprouve 
point  d’altération ,  seulement  les  malades  s’ennuient  dé 
la  longueur  du  traitement,  et  se  chagrinent  de  la  non-réu¬ 
nion  de  leur  fracture. 

J’ai  observé  ces  diverses  altérations,  qui  surviennent 
dans  les  mèmbres  fracturés  ,  sur  un’  assez  grand  nonibre 
de  blessés  dont  quelques-uns  étaient  confiés  aüx  soins  des 
chirurgiens  les  plus  éclairés.  Sur  deux  individus  ,  j’ai  pu 
constater,  par  la  dissection  .l’état  des  parties  malades  ,  et 
me  convaincre  que  l’affection  était  entièrement  locale  et 
dépendait  uniquement  de  ce  qu’on  avait  employé  pendant 
li'op  long-temps  les  topiques  èmolliens-,  de  l’humidité  do 
Tappareil  dont  on  s’étàit  servi ,  et  de  quelqu’autre  des 
causes  débilitantes  dont  j’ar  fait  mention. 

Le  sujet  de  la  première  observation  était  un  porte-faix, 
âgé  de  cinquante-cinq  ans ,  d’une  vigoureuse  cbmpléxion , 
qui  raourüt  presque  subitement  d’une  attaqué  d’iléus ,  au 
septième  mois  du  traitement  d’dnë  fràctiire  dès  os  de  la 
jambe  droite  ;  chez  çe  malade ,  vers  le  secohd  mois  après 
l’accident ,  les  symptômes  de  l’affection  scorbutique  locale 
avaient  cbfnmehcé  à  se  manifester  et  n’avaient  fait  que  se 
développer  dé' plus  en  plus  ;  la  fracture  ne  s’était  point 
consolidée':  le  reste  de  l’économie  avait  paru  rester  to¬ 
talement  étranger  à  ce  désordre  local,  et,  deux  jours 
avant  la  mort,  la  santé  de  cet  individu  paraissait  être 
dans  un  état  satisfaisant.  A  l’ouverture  du  cadavre , 
je  remarquai  que  la  peau  du  membre  fracturé  ,  'en  grande 
partie  dépourvûè  dé  poils  et  d’épidermé,  était  nlolls, 
1.'  '  ■ 


474  M.iuOIRES 

facile  à  déchirer  et  couverte  d’ecchymoses  violacées , 
ixoirAtres  ,  fort  qomhreuses  ;  de  semblahles  ecchymoses 
se  faisaient  observer  dans  |e  tissiï  cellulaire  sous-cu¬ 
tané  et  inter- musculaire  ;  les  muscles  étaient  pâles  , 
flasques  ,  ramollis  ,  gluans  ,  et  parsemés  d’épanché- 
mens  assez  considérables  d’un  sang  noir  et  liquide  ; 
des  ecchymoses  nombreuses  couvraient  la  surface  de  l’a¬ 
ponévrose  jambière;  les  nerfs,  eux-mêmes ,■  en  étaient 
remplis,  çe  qui  leur  donnait  un  aspect  tigré  tout  parti¬ 
culier  ;  les  fragmens  du  tibia  et  du  péroné  ne  présen¬ 
taient  ,  au  niveau  de  la  fracture ,  aucune  trace  de  conso¬ 
lidation  ils  n’étaient  point  gonflés ,  seulement  le  tissu 
compacte  était  commue  spongieux  et  imbibé  d’une  grande 
quantité  de  sang  pOir  et  gluant  ;  le  périoste  ,  au-dessus 
et  au-dessous  de  la  fracture ,  était  détaché  et  soulevé  par 
le  même  liquide ,  qui  formait  d’autres  ecchynioses  dans 
l’intérieur  de  la  moelle  ;  ce  dernier  organe  était  d’appar 
rence  gélatineuse ,  rougeâtre,  et  presque  liquide.  Les  li- 
gamens  de®  articulations  du  genou  et  du  pied  étaient  roi- 
des ,  également  ecchymosés  ;  la  membrane  synoviale  des 
articulations,  d’un  rouge  violacé ,  était  moins  enflammée 
qu’imbibée  de  sang  ;  la  synovie  était  très-filante  et  san¬ 
guinolente;  les  parties  molles  de  la  partie  inférieure  de  la 
cuisse  correspondante  olTraient  quelques  ecchymoses,  mais 
bien  moins  nombreuses  qu’à  la  jambe  ;  la  peau  des, autres 
parties ,  les  mnsçles  des  membres  sains  et  du  teonc  ,  les 
Oirganes  de  la  la  tête,  ceux  de  la.  poitrine  et  de  l’abdo¬ 
men  étaient  dans  leur  état  naturel ,  n’olTraient  au.çnue 
trace  de  l’affection  éminemnaent  scorbutique,  du  membre 
fracturé;  seulement,  les  gros  intestins  étaient  ronges, 
fortement  enflannnés;  le  tissu  cellulaire  sous-péritonéal 
qui  les  recouvre,  qffraltun  emphysème  trèsicopsidérable , 
jequel  s’étendait  au.  tissu  cellulaire  soius-  sérjçux  de  tout 
l’intestip  grêle*  et  à  . celui  du  mésentère  ;  l’intestin  grêfe 
présentait  deux  invaginations. 


ET  OBSERVATIONS.  4j5 

,  La  secqn^le;  observation  avait  pour,  sujet  une  ferame 
de  guarqnte  ans  ;  çQnstitutiQni.  Deguisjisix 

mçis  t  traitée,  po  ^ir  upe  fraeture  de  la .  jambq  praitè;* 

lç^rsnu!^ijes  |}i^,  prjsp,  des.  symptômes,  d’nne  fièvre,  typhoïdé 
à  !|aquelle,,eiie!  succomba  epbout  de  iitnit  jqùrSj  Cdiez  elfe 
Içi  çqnsoiidalipn  de  là  freçtwe;  avait  paru  eoiamèncec  à 
s’^deçtjtieE ,  y^RSi  jp;  ,?ec,ofld  Woi?,  î  iftaiss  »:  quinze  :  ou,  vingt 
joprs, plus  tard ^jJa.rapbiUté  l3,pJ;n8!coiïip.lète  aKait.repani 
dans  les  fr,agpçp‘s ,,  e^ldes  sjniptdtnens  du  scprbut  Jqe4l  '&’é- 
taipnjt  sqr,  la  japliB  inalade ,  ^avec  rooins  d’intén-r 


sité.  pependant;  qUPîChez  le  sjujet;  deJa  prenjlère  obsecvaT 
don;  L^tat;géndral  .4g;  la  pialade  ;d.tait  également: resté 
dtriange,r,  ap  désqrdre  :lofl&l^  ^Gjjjezi:eUs  ,  :  jlhumidité  des 
linges  dp  l’a, ppaçed  pajcaissait  èlre;  la  cause'  de  la  oen-con;- 
solidation  de.  la  fracture  et  des  ^autres  s^mptô.mp.s .  |lqqaux 
qÙ’^'ip  prëséntai[.  L^ouyerturé  ’du  Gadayre  me  fit  çeçpnnaî- 
fré'lés’  memes  ahéra  ç(ren|içr  jiy^diïjdli  f 

seulement',  les  ecchymoses  étaient 
nombreuses  1  et  ia'mo  psgdu  memqrç  jUiqins  jprpnq^dçA 
Les  parties  molles  dès  autres  éaemires  étaient  .dans  leur 
étàt'hatüfelî'L’àracHti'éïdé'  eiytïéü’éé‘ét'lei'Véntncùlés^du 
éérveau'  ■bônïèW'a^eti  t  assez'  gfàndfe'  l^uantii^"  de^.^îrosît^ 

sângùinidiènté }'  là’iiiôstliii'ée  düéytv'èàu  était'  'Périme  ét'  ja  u’,t 
nôtre ,  les  vaisseaux  cérébtaü^iÜjefcfésKy  j^uiifiiÔn'Sorgéae^ 


saiïgÿ  la-membranè' muqueuse  dé' ■l’'festGmàc'  ët  du  dtfoâé- 
nuqi  mabifeîtemeüt  enfiatninée  ;  aüeiiri  des  drgàUëS  de 'lâ 
poitrine  etde  Eàtidbmem  fllblfrait  d’ecchymdsbs  ';'' lié  pa-^ 
raissaiênt^saïnsïè^^  fr'O'î  tli  ?:ubui)  ,  ;  i'îM-i  ■  >1 


;1  î  ïll  est  âiremai^qneti  qde  les  déüi>  m'atades  '  dont  j  é  vîèné 
de'tpaeér  rapidement  d’histdrîquè'i'ô^aïéht  été ialTéctés  dë 
léurs  lVactures^  dâ'içOtnnUèhoêbiéiit  '  dé-  d'aiitotenë;,'  qb'é 
l’hivey  suivant  fevaiti été  piüviè'iti  ét’hüttiidé  ilél  qUë'7^Üi* 
conséquent^  ’OëS'iSëisôüéi  âvaient'dÛ'  Cédlt^îbuër  i  aVéc'  lëâ 
cadBéàr  débilitàntëS 'déUt:  j’éi  pâtdé'i''k  la  p'éliductib'll  du 
lu. 


476  u£  HO  IDE  s 

scorbüit  local  dont  ils  furent  affectés.  Il  est  hors  de 
douté  que  ,  dans  ces  deux  cas,  la  maladie  qui  s’était 
développée  dans  le  membre  fracturé  ,  et  offrait  tous 
lés  symptômes  qué  l’on  rencontre  dans  la  dernière  période 
du  scprhut ,  était  entièrement  locale ,  que  lés  antres  sys¬ 
tèmes ‘de;  l’économie  nY  participaient  point.  J’ài  rencon¬ 
tré  des;  mêmes  symptômes ,  bornés  uniquement  au  mem¬ 
bre  ;  fracturé,  chez  plusieurs  malades  qui  ont  fini  par 
çuérir»,  mais  après'’  Uif’téthps  considérable  et  de  grands 
soiris.i  Bans  d’autres  cas  j’ai  observé  que  le  scorbut  com  ¬ 
mençait  à  se  développer^  dans  le  membre  fracturé  , 
comme  dans  la  partie  la  plus  faible,  qu’il  était  d’abord 
lobai,  mais  qu’ensuitë  les  autres  organes  ne  tardaient 
point  à  ressentir  lés  effets 'dé  cette  fâcheuse  idalàdiè. 

Tout  porte  à  croire,  d’après  ce  que  je  viens  de  dire  , 

1. °  que  le  scorbut  local  est  produit  par  des  causes'  débili¬ 
tantes  qui  ont,  agi  (directement  sur  le  membre  fracturé  ; 

2.  *  qde  lés  causés  débilitantes  généralespeuveht  aussi  con- 

Coùrir  p.ùissammént  ^  sa  production.  '  '  ' 

,  Ôn-  doit,|t9ut.  e^ployeP  ponr;  prévenir-  ou  combattre 
cette  funeste  çompiiçati on  des  fractnres.  Voici  à  cet  égard 
ies  ini^çations  thérapeutiques  principales  qui  m^ont  sem- 
blé  les  plus  esseptieîles.  à,  suivre  ;  ,, 

.  ;  Dons  les  fractures  ,  OOmpliquées  d’inflamriaalion.i;  il  faut 
être  ti-ès-réservé ,  sur  les  saignées  générales  que  l’on  pra¬ 
tique 'aux  blessés  ,  à  yaiSott,  de  la  débilité  dans  laquelle 
elles  les  jettent,  surtout  quand  ils  sont  âgés ülanguissansiv 
.déjà, affaiblis  par  quelq,u’a,ufre  maladie,  et  que.l’âccidènt 
est  arrivé  pendant  J, ’autompe  j  pu  rhiver.  jd’ai:  plusieurs 
fris  éprouvé  que  lessa}gBé0S;  locales  faites  au,  moyen  de 
sang^spes,  appliquées,: epi  nombre  suffisant  ‘Snc  la  partie 
malade ,  avoléntjqp^^e  aption  bipq  plus  efficace  pour  calmer 
j’ip4aiBWlioq  e.t  ^immPier,;l,e[  gonfleinejat;il!étb  qu’elles 


ET  OBSERVATIONS. 

produisaient  beaucoup  moins  de  faiblesse  que  la  saignée 
générale.  ‘ 

Il  faut  donner  au  membre  blessé  une  position  assez  élè^ 
vée,  afin  d’empêcher  la  stase  des  liquides,  et  ne  conti¬ 
nuer  les  applications  émollientes  que  le  temps  absolument 
nécessaire  pour  appaiser  l’inflammation  ;  aussitôt  que  la 
douleur  est  calmée ,  que  la  chaleur  et  la  tension  com¬ 
mencent  à  diminuer ,  on  doit  leur  substituer  les  topiques 
résolutifs,  tels  que  l’alcohol  camphré,  la  dissolution  d’àcé> 
tate  de  plomb }  enfin ,  quand  lés  accidens  inflammatoires 
sont  presqu’entièrement  dissipés  ,"il  faut  ne  plus  panser 
le  blessé  qu’avec  des  linges  très-Secs  ^  jusqu’à  la  fin  du 
traitement. 

Une  précaution  à  laquelle  on  doit  aussi  faire  attention , 
est  de  ne  serrer  que  médiocrement  les  bandelettes  dé  l’ap¬ 
pareil  ,  afin  d’éviter  l’atrophie  considérable  qu’une  pres¬ 
sion  trop  forte  détermine  dans  le  membre.  D’ailleurs  ,  ces 
bandelettes  ont  bien  peu  d’action  pour  maintenir  la  réduc¬ 
tion  et  s’opposer  au  déplacement  des  fragmens. 

C’est  surtout  quand  les  symptômes  locaux  de  scorbut  S6[ 
sont  manifestés  qu’il  faut  redoubler  de  soins  et  d’attention  ; 
administrer  au  malade  les  médicamens  toniques  et  éxci-r 
tans ,  leur  donner  une  nôurrilure  succulente  ,  leur  Ëiire 
respirer  un  air  vif  et  sec  ;  laisser  à  chaque  pansement,  et 
pendant  quelque  temps ,  le  membre  exposé  au  contact  dé 
l’air  et  du  soleil  surtout,  si  la  saison  le  permet  :  l’espèce  de 
flabellation  qu’on  fait  éprouver  ainsi  au  membre  çedéma- 
tié  ,  la  lumière  et  la  chaleür  solaire  dont  on  le  frappe  , 
excitent ,  réveillent  la  vie  engourdie  dàns  ses  tissus  lan-^ 
guissans,  et  concourent  puissamment  à  détruire  la  fai¬ 
blesse  qui  s’opposait  à  la  consolidation  delà  fracture.  J’ai 
aussi ,  dans  plusieurs  cas ,  obtenu  de  bons  effets  des  em<-- 
brocations  laites  avec  les  teintures  alcoholiques  et  les  sub~ 
stances  aromatiques  et  balsamiques*  ‘‘'I 


lié  MO  IB  ES 

Dÿns  uùe  secondenofe,  <|ue;jè  publierai  prdcihaiaeiae!nt« 
j’exposerai  l’influence  que  les  inaladies  locales  i  telles 
qde  les  exostoses  *  les  qlcèrés  dés  parties  molles  ,  les  en- 
gorgemens  mdémateiixet  variqueui  des  membrésvexer- 
cent  sùr  lâ,  consolidation  des  Mctu'res. 


Notice  SUT  t emploi  de  l‘eau  de  javelle  à  base  de  soiidé  v 
Connue  sous  le  rlom  de  Hactif  de  Labarràque  , 
dans  le  traitentenf  local  de  certains  ulcères  ;  par 
M.;:CüLi,Beiek  neveu,  chirurgien  de  l’hôpital  des 
Vénériens  ;  lue  à  l’Académie  de  chirurgie.. 

_  L'i  lécture  dû  Mémoire  remarquable  de  M>  Làbàirâfjuè  ; 
pbarmacièn  à  Patis  ,  sur  rartdnbojfaudiérét  sur  les  moyéris 
de  désinféétér  les  ateliers^  où  se  qiréparent  lës  bbyaüx  , 
Méiùôîre  couronné  par  lan  Sôcièl;é  d’eocourâgéiUént  pour 
l’industrie  nationale,  a  fait  naîtr’e  én  moi  l’idée  'd’é'ni“ 
ployer  l’eau  de  javelle  dans  la  théràpeutique  chirurgicale. 

.  'Non-seulement:  ce  réactif  procure  là  désinfection  ,  pro¬ 
priété  que  le  chlore  possède ,  conàme  Ton  sait  ;  ïnàis  en- 
corél  il .  a  été,  constaté  d’ une  manière  irréfragable ,  par  deS 
expériences  multipliées  ,  répétées  mi  grand  nombre  de- 
fdisv  qû’il  arrête  les  progrès  de  la  putréfaction  d’ufié  ma¬ 
nière  Subite  dans  les  matières  animàles  mottes  de  'qui  lé 
rendra  précieux  pour  pltrêieurs  brancheS  d’industrie. 

,  Je  nie  suis  demandé  's’il  ne  pourrait  pas  avoir  We  ac¬ 
tion  avantageuse  dans  'cette  putréfaction' 'active  que  Ton 
observe^  dans  lés  hôpitaux  i,  soüs  le  nom  de  pourriture 
d’hôpital ,  dàhs  la  gangrène  ?  Il  serait  heureux^de  trou vèr 
unmoyen  moins  cruel :que  le  fer  et  le  feu'aùxquels  on est 
oHigé  d’avoir  reçqurs  dans  ces  caS,  lorsque  toutefois  lé 
principe  de  la  vie  n*a  pas  reçu  une  trop  profonde  atteinte. 


ET  OBSEBVATIONS.  4;^ 

)é  me  suis  déterminé  à  tenter  des  expériences  à  ce  sujet. 
Un  fâit  cité  par  M.  Labarraque ,  d’un  anthrax  à  la  iace 
d’un  enfant ,  arrêté  daüs  ses  ravages  par  le  réactif ,  m’a 
singulièrement  fencburagé. 

Je  me  propôse  de  suivre  le  cours  de  mes  expériences 
de  les  étendre  à  plusieurs  cas  divers  ;  j’observerai  avec 
bonne  foi  le  pour  et  le  contre,  et  j’en  ferai  connaître  avec 
détail  les  résultats  à  l’Académie.  Ce  sera  mon  premier 
tribut  au  cotps  savant  qui  m’a  fait  l’honneur  de  m’ad¬ 
mettre  au  nombre  de  ses  associés-résidans. 

Je  me  bornerai  aujourd’hui  à  une  simple  notice  ;  je 
crois  bien  que ,  d’après  les  effets  obtenus  et  ceux  que  j’ai 
l’espérance  d’obtenir  encore  ,  la  chirurgie  aura  acquis  un 
topique  très-utile. 

Je  n’ai  pu  employer  jusqu’ici  l’eau  de  javelle  que  pour 
des  ulcères  fétides  i.  sanieux  ,  chroniques ,  qui  présentent 
assez  bien  la  pourriture  d’hôpital  commençante.  Mes  es¬ 
sais  ont  été  tentés  dans  cinq  cas  d’ulcères  réputés  syphili¬ 
tiques  ,  entre  les  orteils  et  à  la  base  deS  ohglcs  (rhagades  , 
onglades);  dans  deux  cas  d’ulcères  rongeurs,  fétides  , 
l’un  à  la  vulve  ,  l’autre  à  l’aine  ,  suite  d’un  bubon ,  chez 
un  homme.  Chez  tous  «es. sujets  ,  la  maladie  avait  résisté 
pendant  plusieurs  mois ,  soit  aux  temèdes  généraux ,  soit 
aux  remèdes  locaux. 

L’action  du  remède  a  été  très-prompte  :  ces  surfaces  , 
qui  exhalaient  à  chaque  pansement  une  puanteur  insup¬ 
portable  ,  qui  laissaient  sur  la  charpie  une  couche  de  pus 
îchoreux ,  ont  perdu  leur  odeur  fétide  à  la  première  et  à 
la  seconde  applications.  Chez  l’une  des  malades  qui  avait 
des  ulcères  profonds  entre  le  premier  et  le  second  orteil , 
entré  celui-ci  et  le  troisième ,  l’odeur  n’a  pas  été  aussi 
promptement  détruite  ;  cela  tenait  à  ce  que  le  remède  ne 
pénétrait  pas  jusqu’au  fond  de  ces  ulcères ,  car  aussitôt 
qu’il  a  pu  y  arriver  par  le  moyen  de  l’immersion  de  la 


4S<>  UiMOIItES 

partie  et  des  injections ,  la  désinfection  a  eu  lieu.  L’odeur 
de  chlore  renaplace  la  fétidité  putride  entretenue  par  une 
sorte  de  fermentation  locale.  Le  chlorure  de  soude  la  dé¬ 
truit,  et  de  plus ,  il  met  promptement  les  ulcères  dans  les 
conditions  favorables  à  la  cicatrisation  J  aussi  oelle-ci  s’o- 
père-t-elle  en  très-peu  de  temps.  Deux  de  mes  malades 
ont  été  guéris  en  cinq  ou  six  jours ,  de  sorte  que  l’on 
peut  véritablement  considérer  le  réactif  ,  dans  ces  cas , 
comme  un  moyen  tout  à-la-fois  de  désinfection  et  de  gué¬ 
rison. 

La  liqueur  dont  je  me  suis  servi  m’a  été  procurée  par 
M.  Labarraque,  qui  a  une  manière  particulière  delà  pré¬ 
parer.  Il  a  été  au-devant  de  mes  désirs  avec  une  obligeance 
et  un  désintéressement  dignes  des  plus  grands  éloges.  Ce 
pharmacien  se  propose  d’ailleurs  de  donner  prochaine¬ 
ment  la  plus  grande  publicité  à  la  préparation  de  son 
réactif. 

J’ai  employé  la  solution  étendue  d’eau  ,  depuis  deux 
jusqu’à  six  ou  huit  fois  son  volume  ,  selon  la  sensibilité 
des  parties  malades  et  l’eflFet  qu’elle  y  produisait  ;  mais 
chez  tous  les  malades  soumis  aux  expériences  ,  il  a  été 
possible  de  l’appliquer  pure  au  bout  de  quelques  jours  , 
sans  aucun  inconvénient. 

Ce  médicament  est  employé  en  lotions ,  en  injections  , 
en  bains  ,  en  applications  au  moyen  de  la  charpie  et  du 
linge.  Les  pansemens  sont  renouvellés  deux  ou  trois  fois 
par  jour. 

Tel  est  le  sommaire  de  ce  que  j’ai  fait  jusqu’ici  :  ce 
que  mes  expériences  présentent  de  satisfaisant,  est  un 
encouragement  pour  lés  continuer  et  les  étendre  à  un  plus 
grand  nombre  de  cas.  Tout  n’est  qu’en  espérance:  je 
n’adopte  pas  en  enthousiaste  ce  qui  est  nouveau  j  je  sai  s 
trop  que  souvent  les  choses  les  plus  belles  d’abord ,  les  plus 
vantées,  tombent  promptement  dans  un  profond  oubli. 


ET  observations.  48i 

Je  me  garderai  donc  bien  de  tirer  de  quelques  faits ,  des 
conclusions  définitives.  Je  m’abstiens  également  de  toute 
explication  physiologique  pour  le  moment  ;  il  y  a  sans 
doute  aussi  des  raisons  chimiques  du  mode  d’action  du 
chlorure  de  soude  :  elles  seront  probablement  expliquées. 


Notes  sur  l’emploi  nouveau  ou  peu  usité  de  quelques  mé- 
dicamens  dans  plusieurs  maladies  ;  par  M.  C.  L. 
SoJiMÈ  ,  D.-M.  ,  chirurgien  en  chef  de  l’hôpital  civil 
d’Anvers, 

Pourriture  d’hôpital.  —  Cette  maladie  se  manifeste  , 
comme  on  sait ,  dans  les  plaies  ,  et  sur-tout  dans  les  ulcè¬ 
res  anciens ,  par  des  taches  grisâtres  qui  s’étendent ,  cau¬ 
sent  de  vives  douleurs  ,  rendent  un  pus  sanieux ,  et  finis¬ 
sent  par  envahir  tout  l’ulcère  ,  quelqu’étendiie  qu’il  ait  ; 
ses  rayages  se  terminent  souvent  par  la  mort  du  malade. 

On  a  proposé  le  charbon  ,  le  quinquina  ,  les  acides  mu¬ 
riatique  et  sulfurique  ,  le  vinaigre  ,  etc.  Comme  ces  remè¬ 
des  ne  réussissaient  pas  toujours  à  empêcher  les  progrès 
de  la  pourriture ,  on  a  eu  recours  à  des  caustiques  et  à 
l’application  du  feu. 

Depuis  plus  de  dix  ans  ,  je  n’ai  pas  eu  l'occasion  de 
recourir  à  ces  différens  procédés,  quoique  l’hôpital  ren¬ 
ferme  habituellement  une  centaine  de  malades  atteints  de 
vieux  ulcères  ;  cependant  le  climat  est  froid  et  humide  , 
le  pays  est  marécageux  ,  conditions  favorables  au  déve¬ 
loppement  de  la  pourriture  d’hôpital  :  et ,  en  efiet ,  cette 
maladie  attaquait  assez  fréquemment  ceux  qui  avaient  de¬ 
puis  long-temps  de  larges  ulcères  aux  jambes ,  avant  que 
je  me  sois  arrêté  à  la  méthode  suivante. 

La  pourriture  d’hôpital  n’envahit  pas  surde-champ 
toute  la  superficie  d’un  ulcère;  elle  se  manifeste  par  une 
ou  plusieurs  taches  grises  faciles  è  distinguer.  Dès  leur 


482  MÈUOlKJiS 

apparition ,  je  les  fais  recouvrir  avec  de  l’aluh  caléiné  j, 
les  taches  disparaissent  soüvënt  en  vingt-qUàtre  heut'es  , 
et  je  préviens  ainsi  les  Suites  de  la  nlaladiëi  Les  élèves 
chargés  des  pànseméns  ont  toujours  soin  d’avertir  dès 
qu’ils  aperçoivent  ces  taches  ou  ulcérations  sanieuses  :  lè 
remède  est  appliqué  de  suite ,  et  il  réussit  constamment. 

Teigne.  — ■  Une  femme  très-âgée  entre  à  l’hôpital  pour 
y  être  traitée  d’une  teigne  qui  couvrait  toute  la  tête  ;  e’é- 
taienl  des  croûtes  jaunes  et  sèches,  à  travers  lesquelles 
passaient  un  petit  nombre  de  cheveux  blancs  ;  la  maladie 
était  très-ancienne.  Peu  confiant  dans  l’emploi  des  remè¬ 
des  ordinaires ,  je  voülus  faire  l’esSai  d’un  médicament 
qüë  je  ne  vois  prescrit  dans  aucun  traité  sur  cette  mala¬ 
die  ,  du  moins  à  mà  connaissance. 

On  mit,  dans  un  vase  ouvert,  de  la  limaille  de  fer  qu’on 
hùtnécta  de  temps  ëü  temps  avec  de  l’eau.  Le  fer  se 
réduisit  en  poudre  noirâtre  ou  éthiops  martial.  Cette 
poudre  ,  mêlée  aVèC  dë  l’huile  d’olives  ,  fut  appliquée  sur 
toute  là  tête ,  àptès  tju’on  eût  fait  tomber  les  croûtes  avec 
dès  câlàplàsmës. 

On  saît/^uèles  éxydës  dé  merciire,  de  plomb  ,  de  cui¬ 
vre  ,  etc. ,  ont  été  essayés  avec  plus  ou  moins  de  succès  : 
je  né  coïnptais  pas  beàucoup  sur  l’efficacité  de  cet  oxyde 
de  fer ,  rnàis ,  à  notrë  gtànd  étonnement ,  la  malade  , 
malgré  son  grand  âge  et  l’anciennëté  de  la  teigne ,  fut 
gùérié  conàpffitenient  ën  moins  de  trois  semaines.  Je  l’ai 
employé  depuis ,  ainsi  què  plusieurs  de  inës  confrères  '} 
mais  il  en  est  de  ce  fémèdë  comme  de  beaucoup  d’au¬ 
tres,  il  ne  réussit  pas  toujours.  Cependant  il  n’offre  pas 
les  dangers  des  autres  àjpplicàtidns ,  et  les  praticiens  ne 
regarderont  pas  cômmè  inutilè  là  publication  d’un  mode 
dé  traitement  nouveau  employé  contre  une  maladie  aussi 
difficile  à  guérir  que  l’ést  là  tëighe. 

Saiivatton  mercurielle,  —  Lorsqu’on  èst  appelé  au- 


ET  onSÉEVATIO'NS.  485 

prèé  d’ün  riiàl’adé  ddris  les  premiers  jours  dé  fcèt  accident , 
on  parvient  assez  facilement  d  lé  fairè  disparaître  par  des 
pdÉgâtifs  ;  mais  lorsque  là  salivàtibn  sübsisté  depuis  quel¬ 
que  temps  j  il  Survient  dés  ülbéràtiéns  trÔs-doulonteuses 
dainà  l’intëtléur  dé  là  B'oiiché  ;  aussi  les  praticiens  recher¬ 
chent  avec  émjptè'ssfeinfent  les  i’émèdës  prbj^t’es  à  arrêter 
lès  progrès  de  celtè  miàladié.  Les  gargèrismeS  àVec  rahiri , 
lé  borax  ;  le  soufre  à  rintërieür ,  s6bt  de'S  mëdibàméris  àiir 
lësqü'eis  il  né  faut  pàs  beaucoup  éôniipteë  dàids  les  saliva¬ 
tions  opihiâtéèS.  Depuis  lorig-tenlps  j 'avais  recours  dànà 
lés  cas  graves  à  rempléi  d’un  gargarisme  fait  avec  une 
once  d’àcëtàte  dé  plomb  liqüidë  dans  deux  livres  d’eau , 
sans  savoir  d’où  je  téhàis  ce  relhède  (i). 

M.  Gullërîeri  dans  Son  ârticlë  Sàlivàtiort  ( Dict.  des 
Sa.  Wèd.  J ,  en  parle  avec  assez  d'i'ndiïféréiicë  ,  et  dit 
mènie  qu’âyànt  essayé  ce  moyen ,  lé  résultat  h’én  a  pas 
été  bién  favorable.  J’ài  été  plus  heureux  ,  et  lé  succès  éù 
est  tel,  que  je  ne  cràiûs  paS  de  lé  présenter  comme  un 
médicament  très-elBcace.  Les  essais  faits  à  l’hospice  deè 
Vénériens  dé  Pàfis  bé  poévaient  pas  réüssir  ;  là  dése  d’a- 
céfa  té  de  plôiiib  était  trop  faible. 

Ce  remède  a  Tinconvénient  de  noirëft'IéS  dèüfe ,  et  l’on 
doit  sè  éàé'fièr  deà  màladès  peu  àïténtifs  qui  avaleraient 
Cette  préparation ,  mais  il  guérit  âsSéa  pébtàpténieàt  cèS 
ttîcératîéÏÏs  de  là  bouché ,  si  opiniâtrés ,  16'rsqù’on  émplpîè 
d’àü très  moyens  ;  il  calme  les  douleiirs  vivéS  qui  les  àc- 
compagrieht. 

Dans  lés  ù'icéra'tîoàs  dés  ainygdàlééjét  du  voile  du  pa¬ 
lais  qu’on  voit  survenir  à  la  suite  d’üh  tràitèttiént  mèrcù- 
rîel  ,  je  lés  fais  b’iiinéctér  àvéc  ün  pinceau  'chargé  d’àcé- 


(i)  Le  pretaier  qui  ait  ptoposé^l’acélâte  de  plbmb- éh  ^arèarisiqe 
dans  là  ‘salivation  ,  est  M.  de  la  Bpnnardière.  (  Voyes  le  Recueil 
périodiijae delà  Société  de  Médecine dé'Paris ,  tome  XII ,  p.  36g.  ) 


484  mémoihes 

tate  de  plomb  liquide  pur.  Dans  plusieurs  Cas ,  la  guéri¬ 
son  s’est  opérée  assez  facilement. 

Ongles  rentrant  dans  les  chairs.  —  Une  fille  de  55  ans , 
avait  l’ongle  du  gros  nrteil  rentrant  dans  les  chairs  ;  elle 
éprouvait  des  douleurs  si  vives,  que  vers  le  soir  il  surve¬ 
nait  des  tremblemfens  convulsifs.  Ces  douleurs  ,  et  une 
insomnie  continuelle ,  l’avaient  réduite  à  une  grande 
maigreur  ;  l’ulcère  avait  un  aspect  cancéreux.  Le  chirur¬ 
gien  qui  la  traitait,  voyant  que  l’arrachement  de  l’ongle 
et  les  remèdes  ne  réussissaient  pas ,  proposa  famputation. 
Celle  fille  effrayée  quitta  la  ville  qu’elle  habitait  pour  ve¬ 
nir  à  Anvers  réclamer  mes  soins  ;  l’ongle  était  revenu  en 
partie  ;  l’ulcère  rendait  un  pus  sanieux  et  de  mauvaise 
odeur.  Afin  de  renouveler  la  surface  de  cet  ulcère,  je  le 
saupoudrai  avec  de  l’alun  calciné.  Cette  application  répé¬ 
tée  plusieurs  jours  de  suite  eut  un  tel  succès,  que  les 
douleurs  cessèrent,  l’ulcère  se  cicatrisa  ,  et  après  trois 
semaines  de  ce  traitement ,  la  malade  retourna  chez  elle 
parfaitement  guérie. 

Cette  observation  me  suggéra  depuis  l’idée  d’employer 
le  même  procédé  dans  plusieurs  cas  de  cette  espèce  qui 
ne  sont  pas  très-rares. 

Cette  maladie  dépend  souvent  de  la  conformation  vi¬ 
cieuse  des  ongles  qui  croissent  sur  les  côtés  ,  au  lieu  de 
se  développer  seulement  vers  le  bord  libre.  L’ongle  s’en¬ 
fonce  dans  les  chairs  ,  les  irrite  ,  et  cause  de  l’inflamma¬ 
tion  ,  de  la  douleur  et  de  la  suppuration.  Si  le  malade  a 
des  dispositions  scrofuleuses,  les  ulcères  deviennent  de 
très-mauvaise  nature. 

Une  pression  trop  forte  des  chaussures  ,  une  marche 
forcée ,  l’ongle  coupé  trop  court ,  etc. ,  sont  les  causes  les 
plus  ordinaires  de  cet  accident.  Lorsqu’une  fois  le  bord 
latéral  de  l’ongle  est  détaché  et  baigné  dans  la  suppura¬ 
tion  ,  il  croît  avec  une  grande  rapidité ,  devient  un  corps 


ET  OBSERVATIONS.  485 

étranger ,  tranchant  ,  situé  dans  une  partie  très-sensible  , 
ét  par  là  produit  des  douleurs  insupportables. 

Pour  remédier  à  cet  accident ,  on  sait  que  M.  Desault 
se  servait  d’une  plaque  mince  de  plomb  ou  de  fer-blanc 
qu’il  passait  au-dessous  du  bord  de  l’ongle  ,  afin  de  l’em- 
pêcher'd’appuyer  sur  l’ulcère  ,  et  de  laisser  à  celui-ci  le 
temps  de  se  cicatriser.  Ce  procédé  n’est  pas  applicable 
dans  tous  les  cas  ;  il  cause  de  la  douleur ,  et ,  quand  on  re¬ 
tire  le  plomb  ,  la  maladie  recommence. 

'  L’arrachement  des  ongles  est  si  douloureux ,  que  peu 
de  chirurgiens  se  déterminent  à  l’entreprendre.  Ce  moyen, 
que  MM.  Pelletan  et  Dupuylren  ont  cependant  cru  devoir 
employer ,  n’a  pas  mis  les  malades  à  l’abri  de  la  récidive; 
aussi,  pour  la  prévenir ,  M.  Dupuytren  a-t-il  ajouté  à  ce 
procédé ,  déjà  très-douloureux ,  la  cautérisation  de  la  partie. 

M.  Brachet,  médecin  de  Lyon  ,  a  proposé  d’enleyér 
avec  l’instrument  tranchant  lés  chairs  qui  dépassent 
l’onglè  ;  opération  douloureuse  qui  ne  doit  pas  s’opposer 
à’ia  croissance  de  l’ongle. 

Le  traitement  dont  je  me  sers  depuis  plusiénrs  années 
est  plus  simple  ,  né  cause  pas  de  douleur  ,  et  réussit  tou¬ 
jours  lorsque  les  malades  veulent  s’y  soumettre  avec  pa¬ 
tience:  car  le  plus  souvent  ,  aussitôt  qu’ils  ne  souffrent 
pliis  ,  ils  veulent'  marcher  ét  vaquer  à  leurs  affairés  ;  ils 
n’attendent  pas  qué  la  cicatrisation  soit  complète,  et  la 
màlàdié  se  renoüvellé. 

Voici  la  manière  de  se  servir  de  l’alun  calciné  :  après 
avoir  appliqué  pendant  quelques  jours  des  cataplasmes 
éHUolliens  ,  on  enlèvfe  avec  des  oiseaux  la  partie  de  l’ongle 
qui’  se  trouve  dans'  l’ulcère  ,  et  on  remplit  la  cavité  avec 
dè  l’àlun  calciné  ;;  non  pour  répririaer  les  chairs  ,  comme 
6U  pourrait  le  penser  d’après  l’üsage  que  l’on  fait  quel¬ 
quefois  de  l’alun  dans  ce  cas  et  dans  plusieurs  autres';' 
mais  pour  tarir  l’humidité  de  l’ulcère  et  empêcher  la’ 


486 

'crpissaace  de  l’origle..  On  çptire.  tous  jes  j.o,ij»cs  la  croûte 
formée  par  l’alun ,  çp  le  p.ps  rppfermé  ^ops  cette  croûte 
entretiendrait  l’ulçépé  et  les  doulpurç, ,  ïj  e^sf  pssqntiel 
que  l’ainn  soit  ^ppüqpf  sur  Jppte  la  surface  uicéfée. 
Pour  cela  on  se  pert  4’un  fjtylej;  pppfati,  ayec  lequel  on 
spulève  l’ongle,  afin  qup  rafun  pépièlre  au-dessoqs,  Ge 
traife,menf  suivi  pyec  soin  pendant  quelque  temps,  des- 
sèqhe  rulcèpe ,  empêche  l’pngle  d.e.crqîtpe  sur  les  côtés ,  et 
si  le  malade  veut  attenflre^que  laeipafrisafion  spitsofide, 
avant  de  mareheFi  et  s’pi  évite  les  causes  qui  tendraient  à 
renouveler  la  maladie ,  il  sera  délivré  d’une  aifectjpn  très-, 
douloureuse  et  sppvent  diffipile  à  guérir. 

.  LeucorrJi^,  —  Cette  incommodité  trô,s-coumiqne  est 
et.  doit  être  dilpeile  h  guérir  lorsqu’ePe  reconnaît  pour 
cause  une  di.sppsi,ti,qa  najtureilp  4,>f  ,Snj,qi.,  l’^ni^itation  dans 
un  lieu  hninide  ,  ,des  habitudes  et  nue  manière  de  vivre 
qui  l’entretieppeut  sans  cesse  pu  la  renouvellent ,  lors¬ 
qu’elle  a  ,çédô  ppnr  nn  moment  ans  remèdes-  Pp  pnnçpit 
aussi  que  ,  dans  plusieurs  circonstances ,  ce.t|te  affection 
étant  devenue  habitupllp  pt  Femplaçaut  sn?  autre  maladie 
plus  fâcheuse  J  il  peraij;  dangereux  de,  ja  supprimer  .sans 
précantion,  ,  :  " 

1,6  trpitçinent  pe  peut  donc  pas  être  empipique ,  et  Ip 
remède  jque  je  communique  ppx  pratipiens  ,  d’après  l’esr 
spi  b,eureux  gpe  j’gp  aiJ^U  plusipprs  fois,,  np gepa  pap 
regardé  comme  un  spécifique  à  employer  dsnslops  les  gps 
de  leucprjdïéje, 

injeption,  ffPel<ïe®f9i?  dans  les' gonorrhées, 

anciennes.  Il  guérit  assez  i^cilemept  Ips sgoperrhées  bpr 
twdfi?  fi  :;On>e  .fe  glan/l  :  et  (Je ,  prépu,G.e,  ;  Pjs  , Sftcpgs, 

m’engagèrent  ^  .le,  prescrire  dans; Je  pati^rh,ejY3ginaI.  dp. 
fus  .étonné,  .dp  pcpmpt  .effpt  de  pe  pédiAanjent.ïi  ep,  trnisnn 
qpatre  jnipréeoulem^  : 


]iT  0B5?BVATI0NS.  487 

On  s’est  déjà  servi  en  injection ,  dans  de  semhlabips 
maladies  ,  du  sulfate  de  zinc  (  vitriol  blanc  ) ,  mais  je  nia 
vois  nulle  part  qiie  l’oxyde  ait  servi  aux  mêmes  psagps. 
]En  effet ,  cette  substance  n’étapt  pas  disspluWe  dans 
l’eau  ,  on  cooçeil  difficilement  son  action;  peut-rêtre  agit- 
elle  mécaniquement.  Cette  poudre  très-fine  s’insjnue  dans 
les  pores  de  la  membrane  muqueuse  du  vagin.,  et  y  déter- 
ipine  une  irritation  qui  fait  cesser  celle  d’oii  provenijit 
l’écpulement. 

Les  injections  sé  font  avec  une  demi-once  de  fleurs  de 
^inp  dans  deux  livres  d’eau. 

Ce  médicament  mêlé  avec  de  l’ayonge  ,  est  quelquefois 
utile  dans  des  éruptions  cutanées. 


Observation  sur  un  cas  de  chute  du  rectum  exaspérée 
par  les  émoUiens  et  guérie  par  les  astringens  j  par 
il/.  ContET  ,  médeein-inspecteur  des  eaux  thermales 
deSjlvanez,  et  des  eaux  minérales  froides  de  Çamarez. 

Un  enfant  de  cinq  ans  ,  tourmenté  par  un  dévoiement 
opiniâtre ,  avait ,  depuis  un  mois,  une  chute  du  rectum. 
Le  chirurgien  ordinaire  du  malade  approuvait  les  bains  de 
siège,  tièdés ,  les  cataplasmes  émolliens  ,  et  quelques  laxa¬ 
tifs  huileux  que  la  nière  de  Penfant  administrait  de  temps 
en  temps;  le  petit-lait  faisait  encore  partie  de  Ce  trâî - 
tement.  Le  mal  allait  croissant ,  le  bourrelet  s’alongeait, 
par  les  besoins  trop  fréquens  d’aller  à  la  selle;  la  constric^ 
lion  du  sphincter  dé  l’anus  augmentait  avec  l’irritàtion  ; 
la  souffràhcé  redoublait  à  mesuré  ,  et  le  jeune  patient 
pouvait  à  peine  supporter  le  plus  léger  attouchètoént  sut 
la  tumeuri  Elle  était  de  six  pouces  de  longueur ,  d’un  pouce 
et  demi  de  dianiètre  à  son  èjttrémité  inférieure ,  d’un  rougè 
^brnh^  rugueuèé ,  .Irès-hùmide  dans  toute  son  étendue:  Le 


488  UÉUOIRES 

malade  ne  voulait  ni  boire  ni  manger ,  il  ne  dormait  plus  , 
et  tout  faisait  craindre  un  état  de  sphacèle  prochain.  Tel 
était  l’état  du  malade ,  quand  je  fus  appelé  auprès  de  lui. 
Je  ne  doutai"  pas  qu’il  n’y  eût  véritable  invagination. 
L’indication  à  remplir  me  parut  d’autant  moins  douteuse, 
qu’elle  était  plus  pressante  :  je  me  hâtai  de  fortifier  l’in¬ 
testin.  Des  fomentations  chaudes  avec  une  forte  décoction 
de  feuilles  de  sauge ,  de  sommités  de  romarin  ,  et  d’écorce 
de  chêne  (  quercus  robur.  )  ,  dans  du  vin  rouge  j  et 
l’application  continuelle  et  renouvellée  sur  la  tumeur  de 
linges  fins  et  mollets  imbibés  de  la  même  décoction 
chaude,  aidée  d’un  régime  légèrement  tonique  ,  où  le 
bon  vin  entrait  pour  quelque  chose  ,  redonnèrent  le  ton  à 
la  partie  :  la  réduction  se  fit  d’elle-même ,  le  dévoiement 
diminua  et  cessa  ,  le  malade  reprit  son  appétit ,  il  put  se 
livrer  aux  douceurs  d’un  sommeil  réparateur ,  l’améliora¬ 
tion  fut  immédiate ,  et  la  guérison  complète  en  dix  jours. 
Depuis  trois  ans  l’enfant  n’a  pas  éprouvé  de  rechute;  il 
continue  à  jouir  de  la  santé. 

fiê/Zeaîtons.  —  Depuis  long-temps  l’expérience  a  dé¬ 
montré  les  inconvéniens  des  topiques  émolliens  tièdes  sur 
les  tumeurs  formées  par  la  chute  du  rectum-'  On  a  remar¬ 
qué  que  ces  topiques,  sur-tout  tièdes  ^  augmentaient  le 
relâchement ,  et ,  par  conséquent ,  la  maladie.  Aussi  tous 
les  bons  praticiens  recommandent-ils  de  n’y  avoir  recours 
que  dans  les  cas ,  plus  rares  qu’on  ne  pensé,  d’inflamma¬ 
tion  très-vive  ;  et  même  de  les  employer  froids  autant  que 
possible.  La  yareté  de  l’inflammation  delà  membrane  mu¬ 
queuse  rectale  ,  dans  le  cas  dont  il  s’agit  ,  n’a  rien  q^ui 
doive  étonner.  Continuellement  en  contact  avec  des  ma¬ 
tières  inertes,  cette  membrane  jouit  dans  l’état  physiolor 
gique  d’une  sensibilité  assez  obtuse;  entraînée  àu-dehors, 
les  frottemens  continuels  qu’elle  éprouve  l’irritent  peu  et 
finissent  même  par  émousser  le  peu  de  sensibUiié 


ET  OBSERTAtlONS.  48g 

elle  est  douée.  C’est  à  pela  ,  ce  nous  semble ,  qu’on  doit 
attribuer  les  bons  effets,  depuis  long-temps  signalés,  des 
astringens  dans  la  chute  du  rectümi  Lés  nioyens  ration-i 
nels  érûployés  par  M.  Goulet ,  nous  paraissent  appartenir' 
à  cette  classe.  Cela  n’est  pas  douteux,  du  moins  pour 
l’écorce  de  chêne  èt  le  vin  rouge.  Peut-être  l’effét  en  eût- 
il  été  plus  prompt  s’ils  eussent  été  employés  froids  ;  tou¬ 
tefois  la  guérison  a  été  assez  rapide  pour  qu’on  doive  fé¬ 
liciter  l’auteur,  en 'observant  cependant  que  celte  rapidité 
même  fait  naître  des  doutes  sur  l’existencè  d’une  véri  ¬ 
table  invagination ,'  et  tend  à  faire  croire  qu’il  y  avait  seu¬ 
lement  ,  chez  son  jeune  malade ,  relâchement  et  engorge¬ 
ment  de  là  membrane  muqueuse  du  'recltim.  On  aurait 
désiré  savoir  si  des  tentatives  de  réduction  ont  été  faites.' 

T.-L.  G.  Roche. 


Mémoire  sur  l’ ossification  morbide  ,  considérée  comme 
une  terminaison  des  pklegmasies’ ;  par  P.  Rayee. 

Seconde  partie.  • 

Je  me  propose  de  prouver ,  dans  cette  seconde  partit 
de  mon  mémoire  que  la  terminaison  de  l’inflammatiod 
par  ossification  morbide si  fréquente  dans  les  tissus  fi¬ 
breux,'  n’est  pas  rare  dans  quelques  autres ,  et  eh  parti¬ 
culier,  dans  les  cartilages  ét  les  fibro-cartilages. 

XLV.  Cartilages.  déjà  rappelé  que  lés  carti¬ 
lages  divisés  sé  réunissaient  par  yine  ossification  morbide 
développée  dans  le  péricôndre ,  dont  l’inflammation  a  éfé 
provoquée  par  la*  solution  de  continuité  de  ses  fibres. 
C’est  ainsi  que  les  cartilages  costaux  fracturés  se  réunis¬ 
sent  par  une  espèce  de  vifole  osseuré.'  A  cette  occasion 
jeferai  une  remarque  qui  me  semble  offrir  quelque  intérêt. 


^go  ,  JiiMoinjLS 

Dans  les  fraclür  cs  des  cartilages ,  les  bouts  des  fragmens 
ne  sont  jamais  en  :  rapport  exact  et  ne  peuvent  y  être 
maintenus.  Or,  on  ne  peut  disconvenir  qu’un  rapproche’ 
ment  plus  immédiat  des  fragmens  ne  fût  accompagné 
de  moins  de  douleur  et  d’une  irritation  moins  considérable. 
J’insiste  sur  cette  particularité,  parce  qu’elle  me  semble 
expliquer,  aumoins  en  partie,  pourquoi  la  virole  osseuse, 
le  cal , provisoire  des  cartilages ,  persiste  beaucoup  plus 
long-temps  .  que  celui  des  fractures  simples  bien  réduites. 
Sous  le  rapport  de  sa  durée  etde  son  mode  de  production , 
l’ossification  morbide  qui  constitue  le  cal  des  cartilages  -, 
doit  être  rapprochée  de  celle  qui  maintient  réunis  les 
fragmens  d’un  os  mal  affrontés  :  disposition  anatomique 
qui  est  également ,  pendant  la  vie,  accompagnée  d’une  ir¬ 
ritation  Ipcale  plus  vive  et  de  plus  longue  durée. 

XLVI.  Plus  le  péricondre  d’un  cartilage  est  épais, 
plus  il  reçoit  d’insertions  fibreuses,  plus  l’inflammation 
s’y  propage  facilement  lorsqu’elle  s’y  développe  ,  et  plus 
l’ossification  morbide  est  considérable.  Ainsi,  dans  les 
plaies  du  cartilage  thyroïde  ,  on  observe  non- seulement 
queles  fragmens  se  réunissent  d’abord  par  une  ossification 
morbide  du  péricondre  ,  mais  encore  que  le  dépôt  de  ma¬ 
tières  salines,  est  beaucoup  plus  considérable  à  la  surface 
externe  de  ce  cartilage ,  qu’à  sa  surface  interne.  La  rai¬ 
son  de  ce  fait  me  semble  tenir  évidemment  à  ce  que  la 
surface  externé  du  cartilage  reçoit  les  insertions  tendineu¬ 
ses  des  rnuscles  stferno-thyroïdien ,  thyro -hyoïdien  ,  con¬ 
stricteur  inférieur  du  pharynx  et  çrico-thyroïdien  t  tan¬ 
dis  que  la  surface  interne  de  ce  cartilage  n’est  point 
pourvue  d’expansions  fibfeusfes  aussi  considérables. 

XLVn.  L’ossification  morbide  des:  cartilages,  thy¬ 
roïde,  cricoïde  ,  et  arylhénoïde ,  a  été  fréquemment  ob¬ 
servée  chez  des  individus  atteints  d’inflammations  chroni¬ 
ques  du  larynx,  ou  qui  ont  succombé  à  la  phthisie  pul- 


ET  OBSERVATIONS.  4Q1 

ïuonaire.  Si  la  coïncidence,  de  ces  deux  altérations  ne  prou¬ 
ve  pas  rigoureusement  leur  relation ,  et ,  en  particulier, 
la  dépendance  de  l’ossificaiioini  morbide  des  cartilages  du 
larynx  des  phlegmasies  qui  l’ont  précédée  et  accompa¬ 
gnée  ,  d’autres  considérations  tendent  à  établir  cette  4épen- 
dance.  Ainsi,  par  exemple  ,  de  tous  les  cartilages  du 
larynx  ,  ceux  qu’on  trouve  le  plus  souvent  ossifiés ,  dans 
la  phthisie  tuberculeuse  et  surtout  dans  la  phthisie  la¬ 
ryngée,  sont,  sans  contredit ,  }es  cartilages  arythénoïdes. 
Or,  dans  la  phthisie  laryngée,  l’ulcération  est  le  plus 
souvent  située  dans  le  voisinage  de  ces  cartilages ,  et  il  est 
peut-être  permis  de  supposer  que  l’inflammation  s’y  est 
propagée  par  contiguïté.  En  outre ,  la  carie  d’une  portion 
des  cartilages  arythénoïdes  (maladie  dont  le  caractère 
inflamnialoire  n’est  point  contesté),  coïncide  très-fré- 
quemihent  avec  l’pssificatlon  morbide  d’une  autre  portion 
de  ces  cartilages.  Est-il  possible  de  supposer  que  deux  al¬ 
térations  si  fréquemment  simultanées  ,  et  se  développant 
dans  un  si  petit  organe ,  ne  splent  pas  le  résultat  d’un 
même  é(,at  morbide  ?  J’avoue  également  que  les  cartilages 
.arythénoïdes  se  rapprochent  plus  de  la  structure  des  os 
que  beaucoup  d’autres  ;  qu’ils  exécutent  de  nombreuK 
.mouvemens  puisque  quatre  muscles  s’y  insèrent,  et  que 
ces  deux  circonstances  les  prédisposent,  peut  être  ,  à  être 
plus  fréquemment  enflammés. 

5^'LyilI.  De  même  qu’on  observe  assez  fréquemmeirt 
l’ossification  morbide  des  cartilages ^U  larynif  dans  l’an¬ 
gine  laTyngée  chronique  ,  fie  memee,n  a  reconnu  ,  depuis 
long-temps  ,  que  les  cartilages  des  côtes  éfrient  quelque¬ 
fois  ossifiés  chez  des  individus  atteints  dp  phthisie  tu¬ 
berculeuse,  lorSrmâm&,qu’ils  avc{.icnt  ^mc(^nbÇ,  à  la  flcxir 
de  l’âge.  Morgagni,  en  poursuivant  .les  divisions  des 
bronches  dans  l’intérieur'  des  poumons,  les  p  trouvées 
osseuses  ,  même  chez  des  individus  peu  avancés, en  âge. 


4^2  MiMOinES 

Les  anneaux  de  la  trachée  s’ossifient  également  quel¬ 
quefois. 

XLIX.  Le  virus  syphilitique  ,  dans  les  '  maladies 
vénériennes  chroniques ,  non  seulement  enflamme  les  os 
et  le  périoste ,  mais  encore  le  péricondre  et  les  cartilages  ; 
et  l’observation  prouve  qu’aux  caries  des  os  et  aux  ossifi¬ 
cations  morbides  du  périoste  ,  on  peut  opposer  des  alté- 
rations-analogues  observées  dans  les  cartilages  et  le  pé¬ 
ricondre.  Enfin ,  de  même  que  ces  altérations  s’observent 
le  plus  souvent  dans  des  os  superficiels  ,  tels  que  le  tibia  ; 
de  même  aussi  leurs  analogues  ont  été  ,  le  jilus  commu¬ 
nément  ,  rencontrées  sur  les  cartilages  des  côtes  situés 
le  plus  superficiellement. 

L.  Les  auteurs  d’anatomie  pathologique  s’accordent 
tous  à  dire  qu’ils  n’ont  jamais  observé  les  cartilages  ar¬ 
ticulaires  ossifiés  que  lorsqu’ils  étaient  adhérens ,  et  ils 
en  ont  conclu  qu’ils  ne  s’ossifiaient  jamais  tarit  qu’ils 
étaient  libres.  Cé  fait  me  paraît  concluant  :  l’adhérence 
prouve  qu’ils  ont  été  enflammés. 

LL  Chez  les  goutteux,  on  observe  quelquefois  des 
ossifications  morbides  dansles  fibro-cartilages  des  oreilles  r 
leur  formation,  pendant  la  vie  ,  est  annoncée  par  des 
douleurs  lancinantes  et  une  rougeur  locale  et  circonscrite 
à  la  peau. 

LII.  Avant  de  rapprocher  entr’eux  les  faits  contenus 
dans  ce  paragraphe  Je  ferai  remarquer  que  les  cartilages 
d’incrustation  des  os  présentent  bien  plus  rarement  des 
ossifications  morbides  que  ceux  qui  sont  revêtus  de  péri- 
condre,,et  pourvus  d’insertions  fibreuses.  Ce  résultat  est 
^  une  conséquence  inévitable  de  la  disposition  anatomique 
des  parties  ,  comme  j’ai  été,  déjà  plusieurs  fois,  darts  le 
cas  de  l’indiquer. 

LUI.  En  résumé.  Soit  que  l’inflamnaation  des  cartila¬ 
ges  ,  OU  plutôt  celle  de  leur  membrane ,  ait  été  provoquée 


ET  OBSERVATIONS.  4f)5 

par  une  soliUion  de  continuité  de  leurs  fibres  ,  comme 
dans  les  fractures  ;  soit  qu’ils  aient  été  divisés  ,  comme 
dans  certaines  opérations;  soit  que  l’inflammation  ait  été 
provoquée  par  un  virus ,  comme  dans  la  péricondrose  sy¬ 
philitique,  ou  quelle  se  soit  développée  par  contiguitô  , 
comme  dans  la  phthisie  laryngée;  faTconiiguitQ  et  peut- 
être  sympatkio ,  comme  dans  la  phthisie  pulmonaire 
accompagnée  d’adhérences  des  poumons  aux  parois  de  la 
poitrine  ;  l’inflammation  des  cartilages  se  termine  par 
ossification  morbide,  si  elle  persiste  pendant  le  temps 
nécessaire  à  cette  terminaison ,.  et  si  les  cartilages  ne  sont 
point  en  contact  avec  de  l’air  ou  du  pus. 

\AS .  T  issu  musculaire.  L’ossification  morbide  de  la 
fibre  musculaire  est  très-rare ,  et  presque  tout  ce  qu’on  a 
écrit  sur  ce  sujet  doit  être,  rapporté  aux  portions  tendi¬ 
neuses  et  aponévrotiques  des  muscles  enflammés.  Ainsi, 
par  exemple ,  on  connaît  un  assez  grand  nombre  de  cas 
d’os|ificati.ons  morbides  du  centre  aponévrotique  du  dia¬ 
phragme.  Dans  quelques  cas  rares,  seulement ,  l’inflam¬ 
mation  et  l’ossification  accidentelle  paraissent  s’être  propa¬ 
gées  dans  les  fibres  musculaires.  Pour  preuve  que  ces  os¬ 
sifications  anormales  sont  le  résultat  d’un  travail  inflam¬ 
matoire  ,  je  citerai  la  remarque  suivante  :  toutes  les  fois 
qu’on  a  observé  des  ossifications  morbides  du  diaphragme  , 
tantôt  ce  muscle  étaitentièrement  uni  ou  adhérentpar  des 
fausses  membranes,  au  foie  et  à  l’estomac ,  tantôt  de  sem¬ 
blables  adhérences  avalent  lieu  entre  la  plèvre  diaphrag¬ 
matique  et  pulmonaire.  Or,  est-il  probable  que  l’ossifica¬ 
tion  accidentelle  du  diaphragme  qui  coïncide  toujours 
avec  des  adhérences  ou' des  fausses  membranes  dévelop¬ 
pées  à  la  surface  des  tissus  qui  lui  sont  juxta-posés  ,  soit 
produite  par  un  état  morbide difl'ér.enl  de  celui  qui  a  occa¬ 
sionné  les  désordres  observés  dans  le  péritoine  etla  plèvre  ? 
Je  sais  bien  que  plusieurs  auteurs  pensent  que  les  adhé- 


4(j4  niîffoiBjErs 

pences ,  les  fausses  membranes  s  trouvées  autour  des  ossi- 
lications  morbides ,  sont  des  désordres  produits  par  ces 
ossifications  elles-mêmes  ,  qu’ils  regardent  comme  des 
corps  étrangers  provoquant  l’inflammation  des  parties 
qui  les  entourent.  J’ai  déjà  discuté  cette  opinion,  que 
je  crois  peu  fondée;  Je  me  contenterai  pour  le  moment 
de  rappeler  qüé  les  ossifications  du  périoste  ,  du  jiéri- 
condre  ,  des  ligametls,  des  tendons,  etc.  ,  sont  produites 
et  précédées  par  un  état  inflammatoité ,  et  que  rien  ne 
prouve  que  la  présence  de  ces  ossifications  anormales  , 
lors  même  qu’elles  sont  tonsidérables  ,  détermine  l’inflam¬ 
mation 'des  parties  voisines.  Au  reste  ,  il  n’est  pas  impossi¬ 
ble  qu'arrivées  à  un  certain  volume ■,  où  douées  de  formes 
irrégulières, et  acérées ,  les  ossifications ,  quel  que  soit  leur 
mode  de  production ,  ne  deviennent  elles-mêmes  une 
nouvefle  cause  d’inïlammatîon;  ïnüis  cettë  observation 
n’infirme  pas  directement  liôtae  ojpînién-. 

LV>.  De  même  qu’on  troüVe  daUs  là  èàéie  dès  Verÿèbres, 
tantôt  des  ossifications  iiiorbidèS  Kbrés ,  ou  adhérentes, 
formées  aux  dépens  des  insertions  tendineusès  ou  àponé- 
vrotiques  et  des  ligümenS  enflammés  ;  dè  même ,  dans 
les  inflammations  chroniques  et  profondes  dès  articulations 
du  poignet  ou  du  tarsè ,  il  n’ést  pâs  rare  de  trouver ,  après 
la  mort,  des  ossifications  morbides  développées  dans  lès 
fibres  tendineuses  ou  apOrtévèo tiques  des  muscles  voisins 
de  ces  articulations. 

LVI.  Enfin ,  dans  les  càs  rares  ,  oîi  'üne  oreillette  ,  où 
ma  Ventricule ,  où  toutes  les  cavités  du  cœur  ont  paru  Ossi¬ 
fiées,  on  à  trouvé  le  cœur  adhérent  à  la  portion  libre  du 
péricarde,  dans  une  étendue  qui  était  aU  meinsen  rapport 
avec  celle  de  l’ossification  morbide.  Dans  ces  ôas  ,  cofnme 
dans  les  ossifications  accidentèlles  du  diaphragme  ,  les 
adhérences  ,  preuves  incontestable^  d’un  travail  inflam¬ 
matoire,  we  penvont-elles  pas  aü  moins  faire  soupçonner 


ET  OBSERVATIONS.  49S 

que  les  ossifications  morbides  concomitantes  sont  elles^- 
mêmes  un  produit  de  la  phlegmasie  qui  a  occasioné  les 
adhérences?  Cette  présomption  n’acquiert -elle  pas  un 
nouveau  dégré  de  probabilité  ,  lorsque ,  pendant  la  vie  j 
ainsi  que  dans  plusieurs  cas  observés ,  les  malades  ont 
éprouvé  tous  les  symptômes  d’une  cardite  ou  d’une  péri¬ 
cardite? 

LVII.  L’examen  du  cab,  dans  les  fractures  simples, 
irrégulières,  ou  comminutives ,  a  prouvé  que  les  fibres 
musculaires  voisines 4e la  solution  de  continuité,  étaient 
rouges,  enflammées  et  quelquefois  imprégnées  de  dépôts 
salins ,  surtout  dans  la  direction  des  insertions  fibreuses. 
Ce  fait,  rapproché  des  précédons  ,  me  semble  définitive¬ 
ment  prouver  que  l’inflammatioa  des  muscles  peut  se  ter¬ 
miner  par  ossification  morbide  ;  mais  cette  terminaison 
a  lieu  le  plus  ordinairement  dans  leurs  fibres  tendineuses 
ou  aponévrôtiques.  Presque  toutes  les  ossifications  morbi¬ 
des  observées  dans  les  organes  locomoteurs  ont  été  ren¬ 
contrées  dans  des  points  correspondans  à  de  larges  ex- 
pansionstendineuses  ou  aponévrotiques  :  il  faut  en  excep¬ 
ter ,  toutefois  ,  les  ossifications  morbides'qui  se  sont  dé¬ 
veloppées  dans  ces  parties ,  aux  dépens  de  tissus  acciden¬ 
tels  et  de  nouvelle  formation  ,  et  dont  le  siège  peut  .être 
variable.  *  - 

Plus  un  muscle  contient  de  fibres  tendineuses  ou  apo¬ 
névrotiques  ;  plus  ses  contractions  sont  fortes  et  violentes'; 
plus  les  organes  qui  l’avoisinent  sont  sujets  à  l’inflamma¬ 
tion.,  sans  épancher  de  suite  du  pus  à  sa  surface ,  [disposi¬ 
tion  remarquable  au  cœur  [péricardite)  ,  aü  diaphragme 
(  pleurésie  et  péritonite)  ,  et  dans  les  muscles  voisins  des 
parties  enflammées  (carte  des  jointures ,  des  vertèbres)  , 
etc.]  :  plus  aussi  ce  muscle  s’ossifie  fréquemment. 

Dans  un  même  organe  ,  on  a  fait  des  observations  ana¬ 
logues  qui  prouvent  roXaotitude  de  cette  proposition. 


496  luiiioinES 

Ainsi ,  on  remarque  plus  fréquemment  des  ossifications 
morbides  dans  le  ventricule  gauche  que  dans  le  ventricule- 
droit,  et  plus  souvent  dans  ce  dernier  que  dans  les  oreil¬ 
lettes. 

LVIII.  Je  consignerai  ,  dans  ce  paragraphe  ,  une  opi¬ 
nion  relative  aux  pierres  trouvées  libres  dans  les  cavités 
du  cœur.  Senac  en  rapporte  un  assez  grand  nombre 
d’exemples ,  et  je  ne  pense  pas  qu’il  soit  nécessaire  d’éle¬ 
ver  des  doutes  sur  la  possibilité  d’un  tel  fait,  ainsi  que 
l’ont  fait  plusieurs  anatomistes  distingués.  L’observation 
n’a-t-elle  pas  démontré ,  et  je  l’ai  moi-même  plusieurs 
fois  constaté  ,  qu’on  trouve  quelquefois  des  ossifications 
morbides,  même  assez- considérables  ,  itères ,  dans  l’es¬ 
pèce  de  sac  qui  se  forme  dans  le  voisinage  des  vertèbres 
cariées.  Pourquoi  ce  quLest  possible  relativement  à  l’ossi¬ 
fication  accidentelle  d’une  portion  fibreuse  du  psoas  ,  par 
exemple ,  ou  d’un  ligament ,  serait-il  impossible  relative¬ 
ment  à  l’ossification  morbide  d’une  portion  des  valvules 
et  des  tendons  du  cœur  qui ,  après  avoir  subi  la  translor- 
mation  osseuse  ,  deviendrait  libre  dans  la  cavité  de  cet 
organe  ?  En  pathologie ,  les  bornes  où  commence  V impos¬ 
sible  sont  difficiles  à  assigner. 

LIX.  Je  n’émettrai  point  d’opinion  sur  la  production 
de  l’ossificEttion  morbide  du  tissu  propre  de  l’utérus  ;  je 
ne  l’ai  jamais  observée.  Dans  tous  les  cas  que  j’ai  rencon¬ 
trés  ,  c’étaient  des  corps  fibreux  accidentels  qui  étaient 
ossifiés  ,  et  non  le  tissu  propre  de  la  ma  trice. 

LX,  Dans  quelques  autres  tissus  ,  l’ossification  mor¬ 
bide  a  été  rarement  observée  comme  terminaison  di¬ 
recte  de  l’inflammation,  Il  paraîtrait  môme  que  plusieurs 
d’entr’eux  devraient  éprouver  d’abord  les  transforma¬ 
tions  cartilagineuse ,.  fibro-cartilagineuse  ,  ou  fibreuse  , 
avant  de  s’incruster  de  sels.  Ces  divers  états  mor¬ 
bides ,  et  l’ossification  anormale  qui  les  suit,  semblent 


JET  OBSERVATIONS. 

toutefois  être  le  résultat  d’un  travail  inflammatoire,  ou 
du  moins ,  c’est  ce  que  tendent  à  prouver  les  faits 
suivans  :  , 

LlLl.  Tissu  séreux.  Les  transformations  osseuses  de 
la  plèvre  ont  été  otservées  dans  deux  circonstances  prin¬ 
cipales  :  i.“  à  la  suite  d’une  phlegmasie  chronique  du 
poumon  et  de  la  plèvre  elle-même  ;  2.°  sous  le  sternum 
et  les  côtes  atteints  de  carie  ou  de  nécrose.  Il  est;  évi¬ 
dent ,  ce  me  semble,  que,  dans  ces  deux, cas „rossili- 
cation  morbide  de  la  plèvre  doit  être  regardée  comme 
une  terminaison  de  l’Inflammalion  de  celte  membrane , 
aflectée  primitivement  ou  par  contiguité.  Dans  la  théorie 
des  animistes ,  on  suppose  que  la  nature  médicatrice  a 
déterminé  l’ossification  de  la  plèvre,  à  la  suite  de  la  carie 
des  côtes  et  du  sternum ,  pour  remplacer,  en  partie  ces 
organes  et  protéger  les  poumons  contre  les  agens  exté¬ 
rieurs.  Dans  cette  hypothèse ,  serait-il  ifacile  d’indiquer 
futilité  de  l’ossification  morbide  de  la  plèvre  dans  les 
inflammations  chroniques  de  cette  membrane ,  lorsque 
les  parois  de  la  poitrine  sont  intactes  ?  L’impossibilité  de 
trouver  un  but  salutaire  à  un  grand' nombre  d’ossifications 
accidentelles  ne  doit-elle  pas  décider  à  abandonner  une 
théorie  contrariée  par  un  grand  nombre  de  faits  ?  Les  ossifi¬ 
cations  anormales  de  la  plèvre  ,  soit  qu’elles  soient  utiles 
ou  nuisibles ,  me  paraissent  être  la  conséquence  d’un 
meme  état  movhiie  :  l’inflammation.  , 

LXII.  On  a  quelquefois  trouvé  des  ossifications 
morbides  de  l’arachnoïde  (  1  )  chez  des  adultes  qui 
avaient  éprouvé  des  céphalalgies  plus  ou  moins  vio- 


(1)  M.  Esquirol  m’a  fait  voir,  suc  une  pièce  anatomique,- un  grand 
«ombre  de  petites  plaques  minces  et  orbieulaires ,  les  unes  cartilagi¬ 
neuses  ,  les  autres  osseuses  ,  développées  aux -dépens  de  l’araebuoïde 
spinale.  Le  malade  était  sqjet  à  des  attaques  d’épllepsiei' 


498  MÉMOIRES 

lentes  j,  des  vertiges ,  du  délire  et  des  Convulsions.  Le 
caractère  des  phénomènes  morbides  observés  et  l’analo¬ 
gie  comparative  peuvent  faire  soupçonner  que  ces  ossi¬ 
fications  accidentelles  ,  comme  celles  de  la  plèvre ,  sont  le 
résultat  d’une  inflammation  chronique.  Les  ossifications 
morbides  du  péritoine  n’ont,  pour  ainsi  dire  ,  été  obser¬ 
vées  que  dans  d’anciens  sacs  herniaires ,  ou  dans  l’épiploon, 
ou  bien'  sur  la  vésicule  du  fiel  enflammée  et  contenant 
des  calouls.  Est-il  permis  de  penser  que  les  tiraillemens 
qu’éprouvent  fréqüemment  les  sacs  herniaires ,  que  la  dis¬ 
tension  que  raccumulation  de  l’air  dans  l'intestin  y  occa- 
gienne  parfois ,  soient  des  causes  physiques  qui  prédisposent 
ces  portiôiiS  du  péritoine  à  l’inflammation  et  par  consé¬ 
quent  à  l’ossification  morbide  ?  Si  on  réfléchit  que  les 
transformations  osseuses  des  sacs  herniaires  sont  toujours 
accompagnées  de  l’épaisisSement ,  de  l’induration  du  péri¬ 
toine  qui  les  borde;  que  les  adhérences  morbides  ,  évidem¬ 
ment  produites  par  un  travail  inflammatoire,  sont  de  tou¬ 
tes  les  lésions  concomitantes  le  plus  ordinairement  ob¬ 
servées  ,  l’opinion  que  j’émets  sur, le  mode  de  production 
des  ossifications  morbides  dés  sacs  herniaires  n’acquerra- 
t-elle  pas  un  nouveau  degré  de  prohabilité  ? 

LXIII.  Après  les  sacs  herniaires ,  l’épiploon  est  de 
toutes  les  portions  du  péritoine  celle  que  l’on  rencontre 
le  fréquemment  ossifiéé.  Tantôt  il  a  été  trouvé'  ossifié 
dans  des  saos  herniaires ,  et ,  dans  ce  cas  ,  le  développe¬ 
ment  d’une  épiplo'ite  antérieure  a  quelquefois  été  recon¬ 
nu  et  l’existence  d'une  hernie  la  rend  probable;  mais  le 
mode  ‘de  formation  des  osfifications  morbides  de  l’épi¬ 
ploon  dans  la  cavité  de  l’abdomen  est  plus  dilFiGile  à 
démontrer.  De  ce  que  les  ossifications  de  l’épiploon  ont 
été,  le  plus  souvent,  observées  vers  ses  bords  libres,  et 
surtout  vers  son  bord  inférieur  ,  ■  doit-on  en  conclure 
qu’iinc  portion  de  membrane  séreuse  ,  libre  et  floUante 


ET  OBSERVATIONS.  49g 

üans  une  cavité ,  est  plus  exposée  au  frottement ,  à  une  ir  ¬ 
ritation  mécanique  ,  que  celle  qui  est  fixée  autour  d’un 
organe  ou  sur  les  parois  d’une  cavité?  Il  est  toutefois  à 
observer  qu’il  n’est  pas  impossible  qu’un  certain  n  ombre 
d’ossifications  morbides  de  l’épiploon  soient  dues  h  la 
transformation  osseuse  de  tissus  accidentels  et  surtout 
des  corps  fibreux  qui  se  développent  quelquefois  entre  ses 
lames. 

LXIV.  L’ossification  morbide  de  la  tunique  vaginale 
a  souvent  été  observée  à  la  suite  d’anciennes  hydrocèles 
symptomatiques  de  phlegmasies  chroniques  du  testicule  et 
quelquefois  chez  des  individus  qui  avaient  été  opérés  par 
injection.  La  nature  .des  désordres  concomitàns  ,  l’irri¬ 
tation  que  doit  nécessairement  entraîner  l'accumulation 
morbide  d’un  liquide  dans  une  membrane  séreuse  qu’il 
distend  outre  mesure  ,  ne  sont  à  la  vérité  que  des  proba¬ 
bilités  en  faveur  d’un  travail  in'fiammatoïre  antécédent; 
mais  enfin ,  c’est  de  tous  les  états  morbides  Celui  dont 
on  peut  le  plus  raisonnablement  soupçonner  l’existence. 

LXV.  Membranes 'syndvi'aUes.  L’ossification  des  mem¬ 
branes  synoviales  paraît  être  constamment  uüe  tertninai- 
son  de  l’inflammation.  Ainsi  ,  cette  alléràlibn  à  été  obser¬ 
vée  au  coude ,  au  genoü  ,  au  pôignet,  au  pied,  etc,, 
après  des  affections  rhumatismales  ,  Ou  le  développement 
de  tumeurs  blanchés.  Au  reste,  quoique  l’ossification 
morbide  des  synoViales.ait  été  rencontrée  dansl’ankylose , 
on  aurait  tort  d’en  Conclurè  qu’elle  a  CGhd;atonïent  lieu 
dans  cét  état  tnorbid'e.  Dés  expérienèes  aîîre'ctfes  'm’ont 
prouvé  que  l’ankylosè  pouvait  être  le  résultat  d’une  ■in'fiaîn- 
màlion  de  la  jointUrè  ,  avec  adhérence  ou  réunion  immé¬ 
diate  des  parties  Correspondantes  de  la  membrane  'syhé- 
viale  non  'ossifiée.+  1 

LXVÎ.  Système  ‘lymplimique.  On  trouve  àsses;  fré¬ 
quemment  ,  chez  les  phthïsiquÉ  ,  deS  ganglions  lympbati- 


5oO  MÉMOIRES 

ques  des  bronches  ossifiés.  ,On  en  rencontre  quelquefois 
jusque  dans  l’épaisseur  des  poumons,  le  long  des  rami¬ 
fications  bronchiques.  J’ai  plusieurs  fois  fait  la  qiême 
observation  ,  sur  les  ganglions  cervicaux,  dans  des  cas  de 
phthisie  laryngée.  Dans  le  carreau  ,  la  même  disposition 
aétéplusieurs  fois  reconnue.  Sur  des  individus  qui  avaient 
été  atteints  de  bubons  à  l’aîne,  l’ossification  morbide  des 
ganglions  lymphatiques  a  été  également  plusieurs  fols  ob¬ 
servée.  Une  altération  qui  se  développe ,  dans  de  sembla¬ 
bles  circonstances  ,  tantôt  dans  des  organes  voisins  d’une 
inflammation  chronique  ,  et  qui  en  deviennent  eux-mêmes 
ultérieurement  le  siège ,  tantôt  dans  des  ganglions,  pri 
mitivement  enflammés-,  ne  doit-elle  pas  être  évidemment 
considérée  comme  une  terminaison  de  ces  phlegmasies  ? 
Enfin ,  la  fréquence  des  phlegmasies  chroniques  des  or¬ 
ganes  de  la  respiration,  me  semble  heureusement  expli¬ 
quer  la  plus  grande  fréquence  des  ossifications  des  gan¬ 
glions  dans  le  thorax,  que  dans  toute  autre  régipn  du 
corps.  •  *  ■ 

LXyiI.  Système,  médullaire  des  os.  Les  fibres  de  la 
membrane  médqllaire  divisées ,  sans  être  exposées’*au. con¬ 
tact  de  l’air ,  comme  dans  les  fractures ,  s’enflamment  et 
s’ossifient;  mais,  lorsqu’au  bout  d’un  certain  laps  de 
temps ,  l’irritation  produite  par  la  solution  de  continuité 
est  calmée ,  la  résorption  de  l’ossification  morbide  a  lieu. 
Si  l’inflammation  de  la  membrane  médullaire  persiste  au 
contraire,  cojmne  dans  les  phlegmasies  syphilitiques  de 
cette  membrane ,  l’ossification  accidentelle  fait  alors  des 
progrès ,  et  elle  donne  lieu ,,  danS;  ïa  cavité  de  l’os  même , 
à  une  transformation  osseuse  ,,  que  dans  ces  derniers 
temjis  Gowper  et  Travers  ont  décrit  sous  le  nom  d’exos- ^ 
tose  interne  des  os.  Je  puis  citer  encore  une  preuve  de 
l’influence  de  l’inflammation  sur  la  production  des  ossifi¬ 
cations  morbides  de  la  (ftembrane  médullaire.  Lorsque 


ET  OBSERVATIONS.  5oi 

dans  des  expérienees  ,  analogues  h  celle  de  Troja ,  on 
dépouille  une  portion  d’os  du  périoste  et  des  parties  molles, 
la  membrane  médullaire  '  s’enflamme  pour  éliniiner  cette 
portion  d’os  morte,  et  cette  membrané  s’ossifie. 

LXVIII.  Conservant  beaucoup  de  doutes  sur  le  siège 
des  altérations  décrites  sous  le  nom  d’ossifications  du 
systbmc,  nerveux,  je  ne  puis  émettre  d’ opinion  sur  leur 
mode  de  formation.  Les  ossifications  morbides  du  corps 
pinéal  et  du  corps  pituitaire  ne  sont  pas  rares;  mais  leur 
mode  de  formation  est  tout-h-fait  ignoré.  Les  phéno¬ 
mènes  qui  accompagnent  leur  développement,  ou  qui 
le  suivent ,  sont  également  inconnus.  Les  transformations 
osseuses  des  veines  ,  de  la  peau,  des  membranes  muqueu¬ 
ses  , .  ont  été  rarement  observées,  et  les  circonstances 
dans  lesquelles  elles  se  développent  sont  aussi  à-peu-près 
indéterminées.  Pour  ce  qui  est  des  ossifications  morbides 
du  tissu  lumineux  el  dà  tissa  adipeux  ^  leur  histoire  est 
peu  connue,  et  beaucoup  d’àltétatlons ,  décrites,  sons  le 
nom  d’ossifications  du  tissu  cellulaire,  ne  sont  probable¬ 
ment,  qpe  des  ossifications  du  tissu  fibreux'  ou  cartilagi¬ 
neux,  accidentellement  développés  dans  le  tissu  îan^eux. 

LXIX.  Je  terminerai  ces  considérations  sur  l’ossifi¬ 
cation  morbide  des  divers  tissus  par  quelques' réflexions 
sur  la  transformation  osseuse  de  certains  organes. -Bayle 
avait  fait  une  espèce  particulière  de  phthisie  de  l’ossi¬ 
fication  morbide ,  ou  des  productions  calculeuses  des 
poumons;  la!toiix,  la  dyspnée,  l’hémoptysie,  qui  coïn¬ 
cident  avec .  cette  altération..,  en:  ont  été  regardées 
comme  la  suite  pat  Bayle.  D’autres  médecins  les  cnvi- 
sageantj  au  contraire  i  comme  une  terminaison  dq  l’in- 
flàmmatiôn  chronique  des  poumons ,  les  considérations  et 
les  observations  précédentes  me  font  pai’tager  cette  der¬ 
nière  opinion,  avec  celte  modification  toutefois,  que  je 
ne  répugne  pas  à  croire  que .  l’ossilication  morbide  no 


5o2  UÉMQIHEÇ 

puisse  quelquefois  à  son  tour  devenir  la  cause  d’une  irri¬ 
tation  EQécanique. 

LXX.  Sous  le  nom  d’ossifications  dé  la  thyroïde ,  on 
a  décrit  des  altérations  complexes.  Elles  sont  formées ,  le 
plus  souvent ,  par  l’ossification  morbide  des  kystes  ou  de 
corps  fibro-cartilagineux  qui  se  dé,veloppent  dans  cette 
glande  atteinte  du  -goître.  L’ossification  envahit  quelque¬ 
fois  la  glande  elle-même  ,  mais  rarement  primitivement. 
Je  suis  porté  à  croire  que  les  désordres  observés  dans  le 
goître  sont  le  résultat  d’une  phlegmasie  chronique,  que 
le  peu  d’apparence  des  phénomènes  morbides  locaux  doit 
faire  rapprocher  de  celles  décrites  dans  d’autres  organes , 
sous  le  nom  de  phlegmasioséaientes. 

LXXI.  Je  n’aurais  point  parlé  des  ossifications  mor¬ 
bides  du  thymus  et  du.  placenta  ,  mentionnées  par  quel¬ 
ques  auteurs  ,  m’ayant  point  de  données  sur  leur  mode  de 
formation  ,  si  je  n.’avais,cpu  devoir  rapprocher  ce  fait  de 
l’ossification  morbide  de  l’artère  temporale ,  observée  chez 
un  enfant  de  quinze  mois.,  et.  dè  celle  des  foetus  extra^ 
utérins  ,  afin  de  prouver  que  la  théorie  qui  attr%ue.  les 
ossificatiGns  morbides  à  la  vieillesse  est  bien  peu  fondée.  . 

L}^II.  Les  ossifications  de  l’ovaire  ipeuvent  avoir  lieu 
dans  sa  membrane  péritonéale,  dans  son  propre  tissu,  ou 
bien  appartenir  à  des  kystes  fibreux  ou  fibro-cartilagi¬ 
neux,  qui,  dans  quelques  circonstances,  se  développent 
dans  cet  organe;  le  mode  de  production  de  ces  ossifié 
cations  morbides  est  latent.  Les  ossifications  acciden¬ 
telles  du  testicule  n’attaquent ,  le  plus  souvent,  que  la 
membrane  albuginée  ,  plus  rarement  la  substance  du  tes¬ 
ticule, même.  Leur  mode  de  production  est  un  peu  moins 
obscur;  elles  succèdent  le  plus  souvent  aux  phlegmasies 
chroniques  de.  cet  organe. 

LXXIII.  On  a  décrit ,  sous  le  nom  d’ossifications  du 
foie  et  de  la  rate  ,  des  transformations  osseuses  de  leurs 


E  T  OBSERVATIONS.  5o5 

membranes  fibreuses  et  séreuses  ,  ou  des  tissus  fibreux 
ou  fibro-eartilagineux  développés  dans  le  parenchyme  de 
ces  organes.  Le  mode  de  production  de  ces  altérations  est 
b-peu-prés  latent;  toutefois  elles  coïncident  fréquemirient 
avec  des  traces  de  phlegmasies  chroniques,  et,  en  parti¬ 
culier  ,  avec  des  adhérences. 

LXXIV.  Pétrification  du  fœtus.  On  a  désigné  ainsi 
quelquefois  des  ossifications  prématurées  des  os  du  fœtus , 
et  le  plus  souvent  des  ossifications  accidentelles  de  plu¬ 
sieurs  de  ses  organes  et  en  particulier  du  tissu  fibreux  et 
des  cartilages.  Une  particularité  remarquable,  c’est  que 
ces  pétrifications  du  fœtus  ont  été  le  plus  souvent  obser¬ 
vées  dans  des  grossesses  extr^-utérines.  Or ,  dans  ce  cas 
particulier,  l’œuf  en  contact  avec  le  péritoine ,  l’ovaire  ou 
la  trompe,  est  un  véritable  corps  étranger  animé  qni  dé¬ 
termine  une  phlegmasie  chronique  dans  ces  organes ,  avec 
lesquels  il  est  uni  par  des  vaisseaux  et  des  fausses  mem¬ 
branes  lamineuses  èt  vasculaires.  L’œuf  et  ses  dépendances 
restentrils  étrangers  -à  l’inflammaîtion  qu’ils  suscitent? 
Pourquoi  cet  état  morbide  ne  se  propagerait-il  pas ,  par 
continuité,  au  produit  de  la  conception?  Dans  l’état  ac¬ 
tuel  de  la  science  peut-on  assignèr  uné  cause  plus  pro¬ 
bable  de  la  pétrification  du  fœtus  que’ celle  que  nous  ve¬ 
nons  défaire  en  trevon*  (i)? 

LXXV.  Je  conclus  des  faits  èxpbsés  dans  cette  seconde 
partie ,  que  l’ossification  morbide  des  cartilages ,  des  fibro- 
cartilages ,  du  tissu  musculaire,,  du  .tissu  séreux ,  des  mem¬ 
branes  synoviales,  du  système  lynxphatiquë ,  de  la  mem- 

(i)  M.  Esqiurol  tn^a  fatt  voir  un  pelle  fœtus  long  dé  a, pouces  fenvi- 
rpii,  trouvé  dans  l’abdoinen,  sur  le  cadavre  d’une  femme  âgée  de 
65  ans  ,  morte  à  la  Salpétrière.  Les  côtes  et  les  cartilages  costaux  de  qe 
fœtus  extra-utérin  sont  ossifiés,  et  fes  mémos  progrès  insolites  de 
l’ossification  se  rèm&rtptent-  sur  les  os  du  èt.’ino  ,  de  la  face  fet  de  lu  'co- 
Ipnne  vertébrale. 


5o4  mémoibes 

hraae: médullaire  des  os  longs,  et  qu’en  général  toutes  les 
transformations  osseuses  paraissent  être  une  tetminaison 
de  l’inflammation  i  ou  au  moins  de  l’irritation  morbide 
des  tissus  affectés. 

-  21°  Que  les  symptômes  observés  pendant  la  vie  chez 
les  individus  sur  les  cadavres  desquels  on  a  rencontré  de 
ces' ossifications ,  doivent  être  souvent  rapportés  à  l’état- 
morbide  qui  les  produit,  et  non  à  la  présence  du  tissu  os¬ 
seux  accidèntel. 

Esquisse'  générale  ,  d’un  tableau  nosographique  des 
ossification^  morbides.  —  Après  avoir  exposé  les  motifs 
qui  me  font  penser  que  l’ossification  morbide  est  toujours 
le  résultat  d’un  travail  inflammatoire,  soit  qu’elle  se  dé¬ 
veloppe  dans  un.  tissu  accidentel  ou  dans  un  tissu  de  pre¬ 
mière  formation ,  je  vais  présenter  quelques  réflexions  gé¬ 
nérales  sur  \qs  causes,  les  phénomènes ,  la.  forme  ,  Véten- 
due,  la  structure ,  la  composition  chimique ,  la  situation 
et  le  iraitément  dés  ossifications  morbides.  ■  ’ 

-  .LXXVI.  Causes.  Les  causes  des  ossifications  mor¬ 
bides  sont ,  én  général,  toutes  celles  qui  peuvent  produire 
l’inflammation.  Ainsi  des  causes  physiques  ,  telles  .que  des 
■solutions- de  continuité ,  comme  dans  les  fractures  et  les 
•perforations  des  os -et  des  Cartilages  ;  le  frottement  répété 
[ossifications  des  tendons,  des  artères  uërtébrales  et  de 
celles  de  la  base  du  drCine)  ;  le  contact  d’une  partie  morte, 
comme  dans  la  nécrose  ;  le  voisinage  d’une  partie  enflam- 
-xsié,e  .[ossification,  de  Id- dure-mère  dans  les  plaies  dé  l'a 
tête,  ossification  des  fibres  tendineuses  du  psoas  dans  la 
carie  des  vertèbres  dorsales  correspondantes  j  etc.  )  ;  l’ac¬ 
tion  du  virus  syphilitique  [ossification  du  périoste,  des 
artères  et  des  tégumens)  i  des  phlegmasies.  répétées  dans 
le  tissu  des  jointures  {goutte,  rhumatis7ne).Ma\s  dans 
un  grand  nombre  de  cas  l’ossification  accidentelle,  comme 
la  plupart  des  étals  morbides ,  .est  produite  par  une  cause 


ET  OBSERVATIONS.  :  ,  5o5 

évidente,  quelquefois  aussi  elle  a  lieu, sans. quotii  puisse 
déterminer  les  circonstances  dans  lesquelles  elle  s!est.dé- 
veloppée.et  la  nature  du  travail  morbide  iqui  l’a  ^provo¬ 
quée.  Ainsi,  les  ossifications  dës  artères,  de  la  dure- 
mère,  etc.  ,  sont  dans  ce  dernier  crs  ;  semblables:, .sous 
ce  point  de  vue  ,  à  plusieurs  autres  états-  morbides  qu’on 
a  désignés  sous  le  nom  de  plileginasies  latentes..  * 
L’ossification  morbide  a  été  observée  dans  tous  les  .âgés, 
depuis  la  vie  fœtale  jusqu’à  la  vieillesse.  Toutefois  ou!  la 
voit  plus  fréquemment  chez  les  vieillards  ;  le  . nombre  ;des 
atteintes  des  maladies  augmente  avec  les  années  ;  les  causes 
qui  les  produisent  ont  eu  plus  de  temps  et  plus  de  chances 
pour  agir:  les  phlegmasies  du  tissu  fibreux  sont. aussirplus 
fréquentes  dans  d’âge  mûr  et  dans  la  vieillesse ,  et  dé  toutes 
les  inflammations  ce  sont  celles  qui  se  îterminént  le  plus 
fréquemment  par  ossification  anomale.. 

LXXVII.  Phénomènes  morbides.  Les  phénomènes 
morbides  qui,  précèdent,  accompagnent  ou  Suivent  le- dé- 
yeloppcment  des  ossifications  accidentelles ,  variehtsuivànt 
les  tissus  affectés,  l’intensité  et  l’étendUe.  dé  Tinflammà- 
lion.  Dana  quelques  circonstances  où  l’ossificàtion  mor¬ 
bide  ,  se  trouve  unie  à  d’autres  désordres  ;  .  il  est  difficile 
de  déterminer  ce  qui  lui  est  propre.  ;  ,  .  •  > 

Dans  les  fractures  simples,  les  phénomènes. foéÆuæi  à 
l’époque  où  se  forme  l’ossification  morbide  ,  sont  à-peu^- 
près  nuis;  peu  ou  point  de  douleur;  point  de  phéno¬ 
mènes  sympathiques,  .Dans  les  périostoses  syphilitiques.', 
souvent  la  douleur  est  vive.  Dans  les  inflammations  et 
l’ossification  plus  lente ,  du  périoste,  qui  accompagnent  lè 
séquestre  ,  douleur  ^  locale  sans  phénoniènes  .généraux,' 
Dans  la  goutte  aiguë  suivie  d’ossification. morbide,  la 
leur  .est  vive  ,  et.  cette  particularité;  me  isemble:  tenir  :} 
1  i  “  .à  ,ce  que  les  ligamens  articulaires  enflammés:  ;  se'  racjj 
courcissent;  2.°  à  ce  que  ce  raccourcissement  coïncide 
1.  55 


5o6  Mi  MOIRES 

i  «tec  un  certain  gonflemèdï' dés  jointures.  Au  «este ,  lors 
r;;que)  Uossification  niorbide  a  eii  “liéUy  les  douleurs  dimi- 
-jiuènt  ;  c’est  ainsi  i  que  lés*  parties  molliés  enfla  miiiées  dé - 
-  Tiennent  moins’' doulourëUsëà  lorsqu’elles  suppurent.  ' 

;  :  Les  phénomènes  géfiéraùx  ne  *sé' développent  que  lors¬ 
que  l’ossification  morbide  est  précédée  de  symptômes ‘in¬ 
flammatoires  très-intensesy 

LXXVIIL  Formé.  La  forme  des  ossifications  acci¬ 
dentelles  et  leurs  dimensions  peuvent  tenir  à  une  ou  à 
plusieurs  causes ,  qui  toutes  Se  rattachent,  i.°  à  la  con- 
.^ïbrmation  de  l’organe  ou  du  tissu  aflecté  ;  2.°  à  l’étendue 
:;et:au  siège* de  l’inflammation;  5^“  à  son  intensité.  Ainsi, 

:  dans  l’inflammation  du  périoste ,  lorsqu’il  est  aflecté  sür 
une  grande  surface  d’un  os  long  ,‘  comme  dans  certainès 
périostoses  syphilitiques  ,  rossification  ihorbide  est  làniét- 
Elle  offre- la-  même  disposition  dans  lès  nécroses  de 
l’omoplate ,  et  les  dimèasions  ef  la'foriné  dé  l’oiàificâtiéh 
mochidd!  sont:  en  rappbrt'ditect  àvcC  cellé  du  Séquestre. 
Lorsque  cette  inflammation  y  dévélopjiéè  sùir' lâ  Sürface 
d’un:  os  long  ou  d’un  6s  plat,  est  péu  étëndüe ,  'circulaire 
et :circonscrite,  l’ossification  morbide  prë'séüte  üfié  êmi- 
-nence  qul  approche  plus  ou  ’nlbiiW'  d’un  'dénii-sphérôïdé; 
alors  t  clleesfi  norfetise.  Les 'ossifications  accrdèû  tëllés'  qui  se 
développent  entre  la  ehoréïdé  etla  rétiné,"dahs  lé  globe 
dé  l’œil  V* ressemblen  t  aubéontraif-é’  à  'ûhe  cû^ulé  pèrforée 
dans  Son  centroii'L’fiûflUmm'âtfon  at'tbqilé-t-ëllé'  uii 'tissu 
ÆhrèU'X  qui  représentoîan-fcanïili'  céhittlè  d'éhs  lés  grosses 
artères.,L’ossifioatiohimarbîde''f6riim^aëf  plâ'^üëà  plus  ou 
moins! complètement  htr^culaMb  i'  suît'à'hf'sbri.  éteridue. 
L’inflammatiou  n-ttéllé  ''liêa’fbffdula^éfateilh  autour  d’un 
os  'loingvil’ossificatioii‘i'q&î%  411#  oBt*#faspèc't'‘  d’ifnë 
virokl  Dans  d?autre&  ^OiéCdrfstafifcbl';;  q'ôPSqué'  la  'fracture 
a  lieu:  ddris  '  une portj6n  'd’‘aü'>‘bs’feng;dù'  s’insèrent  '  un 
grand  nombre  d’expansidné'fibreuéësdéé' muscles,  ët  si  la 


^ÈT.pBSBkVAXI0N3._^;_^,,  . 
rràclurè'.'  a  'éïl,  comminV'tive  et,  <ji;e  ï’inflaifini^|if)ji'  ait  été 
'  Viblén?é  é  t' cètrpnique ,  i^ossificfi  tipn  ,morbide  s’étendant  le 
îohg  déx,es  insertions  sera  stalactiforme,  Sp..  dévploppe- 
t:élle  dans  un  ganglion  lymjihatique  et,  dans  un  corps 
fibreux  ,  tVavahit-elIe  de  toutes  parts  ?  elle  offre  la  forme 
d’un  sphéro'icle  plus  ou  moins  régulier. 

LXXIX.  Les  dimensions  de  l’ossification  morbide  sont 
en  rapport  constant  avçc  l’étendue ,  l’intensité,  et,  la  durée 
de  rinflàmination.  Dans  fa ,  nécrose  des  os  longs  et  de?,,fl3 
plats,  la  forme  de  cette  ossification  a  la  plus  grande, ana¬ 
logie  avec  celle  du  séquestre.  Si’^,  dans, cette,  cirçqp^tance, 
cètïè  èirme  est  déterminée  par  la  limite  de  l’inflaïqma- 
tion,  ne^  doit-on  jias  être,  porté à  -, croire  de 

même 'pour  des  ossliicalm  morbides  de  la  fale;^;.de  la 
dure-mére etc.  ?  •  ^  .  .  ■ 

'Lorsqu’une  membrane,  fibreusp  est  .lissq  et  ne.,, donne 
point  inserilon  h  sa  surface  à  d’autres,  corps,  fibreux,, ,l’QSr 
sification.môriicle.  qui  s’y  développe  >  ,r,infl£ipîmpti9jn  çi 
été.gènérâle  et  unlfornie  .  offrira  nécessairement'  nne..S]U,r^ 
face  assez  régulière;  ^si  au  cqntrairq  la  .surfaqe  ..djn,n.os, 
par  exemple  ?  reçoit  l’insertion  ,d’un  grand.nqmbre  dp 
muscles  et  qu’elle,  soit  envahie  par  l,’i,nflapin:iation,,;et,qup 
cèlle-ci  sé  termine  par  .ossification  mprbide ,  elle  .qdrirn 
de  nombreuses  inégalités  h  sa  surface.  C’est  pour  pela  que 
les  ossifications  morbidesde.la  surfaçe  antérieure  etinterne 
dû  tibia  uniquement^recoqv^e^q  par,de,fi;^su,ce%lairqiet 
la  peau sont,  de,  toutes  , peljes, , qbserYées ,;.,cp}^  d^pt 
ia  surface'  offre  le  moijUS  ,d’irpé^gul,arités;j.,,c’e5t/p,ar,;^ 
raison  contraire  que  lep,  qssificpliqn.s.^jfoidnes,  , du,,, grand 
trochanter, 'sonf  toujours.  tVrçottfféres.ejt,^dg'Æ^^,.J9r.5C[U0 
l’inllammaiipn  a  été  yipïente,  ejt, chronique., Cqttç,  disposl-f 
tion|  est  quelquefois  frappan  te  J  dans,  u.n 
i^Linsi',  par  exemple  ,  dalls  les  plaies, du,. cartilage,,, tl?yi“oïdq 
on  observe  eo  arrière  une  ossification  morbide  presque 
33.. 


5p8  HÉHOtAES 

linéaire  de  chaque  côté  de  la  solution  de  continuité ,  tan- 
'  dis“  qu’en  avant,  l’ossification  morbide ,  toujours  beaucoup 
plus  volumineuse  ,  envahit  non-seulement  le  péricondre, 
mais  encore  les  insertions  fibreuses  provenant  des  muscles 
‘  cricb-^hyroïdien  et  sterno-thyroïdien ,  et  est  à-la-fois  ir¬ 
régulière  et  plus  volumineuse. 

Lorsque  l’inflammation  est  chronique ,  elle  influe  non- 
‘seuleihent  sur  la  structure  et  le  siège  des  ossifications  mor¬ 
bides  ,  comme  je  le  prouverai  plus  loin ,  mais  encore  sur 
leur  forme.  Dans  l’inflammation  aiguë  des  artères,  par 
exemple ,  on  trouve  le  plus  communément  des  ossifica¬ 
tions  p/ates  et  laminées  coïncidant  avec  une  matière  jaune 
■particulière  et  la  rougeur  de  la  membrane  interne  de  ces 
'vaisseaux.  Dans  V inflammation  chronique ,  l’ossification 
morbide  envahit  toute  l’épaisseur  de  la  membrane  fibreuse. 
Elle  acquiert  plus  de  dureté  ;  elle  perce  au-dedans  et  au- 
' dehors  de  l’aftère;  il  n’existe  point  de  matière  jaune.,  nî 
"de  rougeur  de  la  membrane  interne.  Il  mè  paraît  y  avoir 
‘entre  le  premier  de  ces  états  et  l’ossification  laminée  du 
■périoste  une  analogie  qui  me  semble  également  exister 
entre"  les  ‘  concrétions  observées  dans  le  péricondre  des 
cartilages  costaux ,  dans  la  syphilis  chronique ,  et  les  con¬ 
crétions  salines  des  artères  ,  à  part  quelques  légères  diffé¬ 
rences  qu’entraînent  des  modifications  dans  la  structure 
des  parties  affectées. 

LXXX.  Composition  chimique:  La  composition  chi¬ 
mique  des  ossifications  morbides  recueillie  dans  un  or¬ 
gane  déterminé  est  rarement  identique.  La  plupart  de  ces 
ossifications  accidentelles  diffèrent  aussi  sous  ce  rapport  du 
tissu  osseux  de  première  formation  {voyez  page  528)  ; 
toutes  contiennent  :  i.^le  parenchyme  plus  ou  moins  al¬ 
téré  d’un  tissu  primitif  ou  accidentel;  2.°  le  plus  ordinai- 
remeüt,  parmi  les  sels,  du  phosphate  de  chaux  en-pro- 
portion  prédominante. 


ET  OBSBRVA.TIONS.  ..  .  -  . 

XXXXI.  Structure.  Les  ossifications  morbides,  con¬ 
sidérées  entre  elles  sous  le  rapport  de  leur,  shnicture,  pré¬ 
sentent  trois  dispositions  principales,  que  je  crois  devoir 
indiquer  :  i.°  l’ossification  morbide  a  lieu  dans  un  tissu 
de  première  formation ,  dont  la  conformation  et  la  struc¬ 
ture  n’ont  point  éprou  vé  de  changepaens  qui  les  fassent,  mé¬ 
connaître  ;  2.®  ou  bien^I’ossificatiori  s’est  dévelopqiée  dans 
un  tissu  accidentel  qui  n’a  point  éprouvé  de  transforma¬ 
tion;  3.°  ou  enfin  ces  tissus  priinitifs  ou  accidentels  ont 
subi  une  transformation ,  et  en  particulier  la  transforma¬ 
tion  cartilagineuse  ou  fibreuse. 

Le  périoste ,  le  péricondre ,  les  ligamens ,  les  tendons,, . 
la  dure-mère  ,  la  membrane  interne  des  artères  s’ossifient 
le  plus  souvent  sanâ  éprouver  la  transformation  cartila¬ 
gineuse.  Les  membranes  séreuses,  au  contraire,  l’ara¬ 
chnoïde,  la  plèvre,  la  tunique  vaginale,  etc.  .  présentent 
rarement  dès  ossifications  morbides  sans  avoir  éprouvé 
cette  transformation.  ! 

J’aborde  enfin  une  question  importante ,  relative  à  l’a-- 
nalogie  des  ossifications  morbides  avec  le  tissu. osseux  de 
première  formation  ,  et  je  pose  eh  principe  <7 ko 
osseux  ne  se  reproduit  pas,  et  que  les  ossifications  Enor-; 
bidés  désignées  sous  le  nom  d’os  de  nouvelle  formation ,  . 
d’os  reproduit,  ofirent  bien  réellement  les  para èlèr.e^ 
exténeùrs  du  tissu  osseux.,  mais  qu’elles  n’en  ont  pas.  le 
principal  attribut,  la  disposition. des  fbres  et  la  struc-r 
ture.  En’ effet,  les  caractères  d’un  organe  ou  d’un  tissu, 
doivent  être  au  moins  autant  puisés  dans  sa  structure 
et  sa  composition  chimique  que  dans  sa  conformatipn< . 
Orj  pour  avancer  qu’un  tissu  accidentel  est  semblable. i> 
un  tissu  de  première  formation ,  il  faut  que  la  ressem¬ 
blance  soit  non  contestable  sous  le  deuxième  et  le.p.remier 
point  dé  vue.  Eh  bien  1  comparez  les  ossifications' -mor-,; 
bides  régülièrc^'ou  irrégulières ,  longues,  plates  et  courtes 


5io  m£moirb9 

aui  bs  de  première  ibrina^ion  f  vous  verrez  que  sou|  le 
rapjibr't  dë  lài'sïrüctürè'  eMès  diffërént  ëssëntiellq'mentjtles 
os  lotfgs',  dës' os'  plats  et  (ïes''bs' courts.  iÀînsi  .  les  bssifi.^. 
catiôùs  morBîdës  oB'sërvéës  dans  la  nécrose  d*une, portion 
entière  du  corps'  dü  tibia  ne  peuvent  être  regard.éfjs,. 
coniiïïè  une'  réprôductioii’dë'cët’  os ,  V.°  parce  que 
suribèe'  est  iüëgà'lè'  ët  Îrrégblîëré ,  'disposition  qui  contraste 
avec  l’àspëct'lisse  ^  poli  dé  l’os  de  premiëre  dorrnalipn  ; 
2.°  parce  qü’il  ri’existë  pdînVde  membrane  médullaire  au 
milieii  dfe 'éorte  ôSsificati'on'iridrbide.'  .  , 

E.ëîâtivétnënt  aiii  Ossifications  accidentelles  .  regardées 
comme  des  reproductions  d’qs'plats Je  jcraj  reinarqu.erj  : 

1 '«|bë  lëS'  pôtlions  ddmôpfalé^  reproduites"  pprès  la  .'r^é- 
croèé  d^Unë  portion  dè  toute  ’  son  ’  épaisseur ,  .n’pffrgnt  ni. 
raspéét'pSlri'nî' lès  èiiforicemens  1  nillés  éminences  qu’çfl.j 
obserVHii  suiil‘‘lë's'  portions' d*ds*  de  première, ^r^atiop;;, 
2."  qüë'datls‘!cë'  éàs  particulier  lés  ossjdcalipns  morbiçlp^ 
anté'rièbr'es'  ët''* postérieures  %nlre'^lesquelfGS,,ÇjS,tjSi,tu^,  la  ; 
portion  d’os  nécrosée ,  n’offrent  point  la^struj^tnr^ldjGSifiS;, 
platsi  En  effet  .  ùiië  pd'rtîôï*juéicônqde  dje  bpç^qpba^ 
compbàéë  des  deux'  lamés  de'fissp’'do|npacle;|Sép.5pées  par 
du  tissd  ëëlIulëux.'  'Ôr  ,  je 'n^ai  jamais  yu^gue^çha^qii)^  des  ,, 
ossificàtîoriS' ïAbrbides  '  aCcidefjielfe^p^rbsen taî /uptp^ sem-t^ 
blablë  strübtùre.‘‘,J’affirm,ç,.au  côntr|airp|,^^quQ^-.^ 
cas,'qiië’j’ài'  ôb'së.rvés  ',,' elfes"  létaicnt  sçmblable^.j^  pelles, ,, 
qu’bn  réfedrquë  dàn|s',’la  pdcrpse  des les,,; 
exos’tbÿèVlaidinées.  'Cés  laits  'prouvent  ,évl^eni|inent  ,q;up, 
ce  n'é'  sont'  péin  f  Vie  petites'  ‘poriions  dfesj  pla  ts  'reprpdui  t;S ,, 
alnsl'qu'’'6bd’a  cru’'généraîement.  Je  penap^,  çpjpptrc.fjqu^jl. 
n’exisié 'pàs;  ùnë  seule'  observation  jqui^déin,p,plce., "qu’une  ; 
ossification  inorbidë  développée  autour jç{]unjps,cqurÇ,,eri 
ait  jamais  offërt  la  structurel 'lGln4gj^^pit^j^ff^fae  pssifipa3; 
tion  âit'liéu  dü^  dépens  d’iin  organe  ou  d’pqe  production 
ftÇçidentdirdV  èoit  Qu’elle  ait  l^ës  diniensipn.Sjd’q^i  ë?  feog , , , 


ET  OBSEBVATI/)NS.  .  .  ,  5u' 

d’un  OS  court ,  ou  d’un  os  plat ,  jamais  elle  ne  présente  la! 
structure  du  système  osseux  de  première  formation.î:  ir  i  f*l 
LXXXII.  Siège  des  ossifications,  morbides.  Lorsqu’un 
tissu  fibreux  offre  deux  surfaces l’ossification  morbide' se 
développe  sur  celle  qui  .a  été^primifivement  ou  unique¬ 
ment  enllapamée..  Ainsi  elle  a -lieu  îi  la  .  surface  interne  et 
dans  les  lames  internes  du  périostes ,  (dans  la  nécrose  ,  dans 
la  périostose  suivie  d’exostose;  par, la  rnêinie  raison  ,  elle  - 
a  lieu  ,  au  contraire  ,  sur  Ips. deux  surfaces  du  périoste  et 
même  sur  les  fibres  tendineuses  qui  s’y  implantent ,  dans  . 
les  fpacturpsdeSiOsJpDgs,  Elle  apparaft  sur,  les 'lames  in¬ 
ternes  de  la  iiiiembfiaoç  ifibreuse  des®gr,08.sé,s!j]artèrDS'j  en 
contact  avec  fi, membrane  interne-deieés  yaissciiÉiX'i.qui 
s’enflamme  ;  plus  souvent  que  leur  inembrane  extetînei  ou 
celluljOusq,^  ,  ,  g  .  Hn-iiv  nii'i)  sioiic'iostïn'l 

Des,  observalious  jç^p^tées  prouvent)  que  les  qs.sificàtiona- 
morbides,  des,  membearies  i  fibijp-séreusesj.ent.  son  vent, lieu 
entropies  4eux.  membrojies;. résultat  q,ui;lient  sans  doute 
à  une  ,disppisitipn,,anato|aiique,pa,r;liQplière;;,i,  ^  g-.è  .-.  f 
Les  ossifications  des  mcinbrapBs.jSéreusesijpnt  le  plus  ' 
souyept, liç/i,  à.^epr  ,s.urfaçe,  .exterpe  ,•^soit|  que  >;  comuïe  le-; 
périçqrde,,,l^^prçirn^ye ,  etp,,, elles; soient, qa; rapport  ayeer  :: 
une_u;iêpabraner,fibçe.use,;;,.soit'que,,ePpftmcjla,plèvre  etle;,-? 
périteiqe  plie?;  ^e  trouvent,  en  qontapt  aype  .des  l|ssus<!4i  une 
nature  variée, ,,I|i’existenoê  ^’uu,- fluide; perspiratoiroràiJeur:,  k 
surface  interne  est-elle  un  obstacle  au  dépôt  des  sels,fiiLçs  ;  ' 
liens.  ;qui  unissent,  les  ;mep]ibranes;  séreuses  .a,ux,,tissus^yoi-;', 
sins  ,sont-,ils;  plus  disposés  à  s’incruster  que  la  suriace  peyr. 
spiraMe;?.,  eJ  .«voiêm-aei 

LXjXXIlL  j^.jEe^jCppsid^ration  présent  . 

tées  .dans,  ce,  .Mijmpire ,,  .  sue.,  les,  ,ossifiçatious.  ,inor.bide8  .vet'  ;  : 
leur  mode  de  production  ,  conduire, ntvà.quelqup^inppliièS'H 
tionS  fjeluljyqsîflp, traitement  dql’^tatj  morbide  <|ui.les,ppo-  , 
duit ,  et  dont  elldS  peuvent  être  regardées  comme  une  ter¬ 
minaison. 


512  M/îMOIRES 

L’os$ilication  thôrljide  qui  së  développe  dans  les 
solutions  de  dontinuité  des  03,  des  cartilages’,  a  l’avàntage 
de  maintenir  les  fragmëris  en  rapport,  et  quelquefois  de 
les^SolitîefV  Get  état  morbide  doit  être  respecté. 

2. °  Si  ,  dans  une  fracture  d’un  ôs  superficiel,  du  ti¬ 
bia-;  par  exemple ,  le  périoste  devenait  douloureux  suivant 
la  IbngUêür  de  cet  os ,  ori  aurait  à  craindre  le  développe¬ 
ment  d’un  calus  trop  volumineux  :  on  le  préviendrait  ou 
on  en  diminuerait  l’étendue  par  l’emploi  d’un  régime  et 
d’un  traitement  antiphlogistiques,  et  en  particulier  par 
l’application  des  sangsues. 

3.  “  Dans  l’inflammation  du  périoste  produite  par  le  voi¬ 
sinage  d’une  portion  d’os  nécrosée ,  l’ossification  morbide 
est  inévitable  et  ne  doit  point  être  combattue. 

4. ’°'  Toutes  les  fois  que  le  périoste  s’enflamme  h  la  suite 
de  l’absorption  d’un  virus ,  cette  inflammation  doit  être 

-  norf-seülërnent  combattue  par  les  spécifiques  propres  à  la 
déttuiëe’,  mais  un  traitement  antiphlogistique ,  et  sur- tout 
dès-émissions  sanguines  locales  et  générales ,  seront  em¬ 
ployées  ,  dèç  le  début ,  dans  la  vue  de  prévenir  la  termi¬ 
naison  par- ossification  morbide. 

5'.^  Lorsque  cette  terminaison  a  lieu  depuis  peu  de 
temps ,  ce  traitement  est  d’autant  plus  nécessaire  qu’il 
prétient  les  progrès  Ultérieurs  de  l’ossification  et  de  l’in- 
flanfmatioh  ,  et  que  lorsqu’il  est  employé  dé  concert  avec 
les  spécifiques  -,  il  est  suivi  parfois  de  la  résorption  des  dé  • 
pots’  saflins-?’*  ■  ’ 

fi^i^Lofsqüé  lés  ossifications  morbides  sont  très-an- 
cienTùési  et  dénsés  ; '  éburnées ,  il  faut  les  abandonner  à 
elles-mêmes.  Le  traitement  antiphlogistique  et  spécifique 
ne  pe'üt  én'  déterminer  la 'résorption.  Toutefois  ces  médi¬ 
cations  péuvënt  'être  utîlès  pour  arrêter  dé  mdl  en  dedans 
des  limités;  ôü  il  est  parvénü.  -  '  -r  - -l  oaq  »b  ' 

7.'“^  Toutes' les  fois  qu’il  survient,  chez  des  individus  at- 


ET  OBSEHVATÏQNS.  5l3:'. 

teints  de  la  goutte  ou;  de  rhumatisme ,  des  douleurs’ dans 
les  régions  frontale  et  occipitale  ,  dans  les  régions  occu¬ 
pées  par  l’aorte  .  par  le  cœur  ,  le;  long  de  la  colonne  ■ 
vertébrale ,  dans  la  région  de  la  rate  ,  etc. ,  on  doit  recou¬ 
rir  aux  émissions  sanguines  générales  et  locales ,  qui  seules  ' 
peuvent  combattre  énergiquement  les  inflammations  des 
tissus  fibreux  situés  dans  ces  régions  ;  ces  phénomènes 
étant  les  seuls  indices’  d’une  phlegmasie  qui  réclame , 
l’emploi  de  ces  moyens;,  dans  toute' autre  supposition  ., 
ces  saignées  n’ont  qu’un  léger  inconvénient ,  celui  d’une;: 
perte  de  sang  facile  à  réparer. 

■  ■  .  ' — ^ 

Expériences  faites  dans  le  but  de  fortifier  l’opinion:-. 
émise  dans  ce  Mémoire ,  et  quelques  observations  à  l'ap-r 
pui.  : —  Les  expériences  suivantes  jeteront  peut-être  quel-  ;; 
que  jour  sur  le  mode  de  production  de  plusieurs  m;ala-;  ; 
dies  des  articulations.,  et  en  particulier,  sur  la  formatio.n  , 
des  ossifications  morbides  dans  le  tissu  fibceux  et  fibrp-,  ■ 
cartilagineux.  Ces  expériences  ayant  été  faitesisurd’articu-;  , 
latiqn  tibio.-tarsienne  des  pigeons,,  j'e.vftis  eju, donner. une,  ; 
courte  description ,  avant  de  les  rapporter,  ■  ,  ;  ,  ,  r  .:  > 

Cette  articulation  est  forinée  de  deux  os  ,  le  tibia  et de 
tarse  ,  d’un  fibro  caf filage 
deligamens,  .  , -j,, 

L’extrémité  articulaire  du  tibia  ,'  eno):;oûtéo.  de,  çàr|,i-:; 
lages,  présente  en  arrière  une  surface, -lisse jpt  polie,,)  pn  ,, 
forme  de  poulie,  qui  correspond:  .^u,  fibro-cçirtilage.aTtiÿ^c 
culaire  ,'  elle  offre  ,,  ep  avant ,  deux-cojadylof  sép(arér  ..par,|, 
une  rainure  ,  dans  laquelle  passent  plip_içuc^  ten,dpns.,’;^u  , 
fond'de  cette  rainure,  on  remarque, utqpçtit, conduit  ps-i.! 
seux  au  travers  duquel  .glisse  jun  , tendon.^'.  Les  surfaces  dnrc. 
terne  et  externe  de  ces  çondyles  donne^jt,  insertion  .aux-,, 
ligamens  articulaires  latéraux, 

L’extrémité  supérieure  de  1* 


/;,U:vd<  oltnq  p!' 
os,  du.,  tap|i  -  présente  :  en.; 


5l4  HÉMOifiÉS 

haut,  deux  sutfaces  j*ëvêtùes  dé  cartilages ,  en  rappdrt 
avec  les  deux  surfâtes  cdïreapohdâhtès  du  tibia.  En  avant 
de  la  circonférence ;idô'  l’extrémité  supèneure  de  l’os  du 
tarse',  existe  une  petîte  éniihènce  ésséu'sé  qui  correspond 
à  la  fainure  du  tibia  i  ét  do^jj^' expansions 
fibreuses  ;  en' arriéré  s’insèrent ,  lé  fibro-càrtilage ,  et  en 
dedans"  et  en  dehors' des  'muscles  et  des  expansions 
fibreusés.’  ‘  “ 

Le  fibro-catlîlagé';'  situé  là  face  péltérieüre  de  celte 
arliculatioh  i  présente  deux  surfàcès:'  La’  face  ant^riéüré 
correspond  à  l’articulation  ,  et  e'âï'becnliirerté'^kf  la  mem¬ 
brane  synoviale.  La  '  face  postérieure  est  située  sous  la. 
peaû-dônt  ello’est 'séparée  pàf  dü  tissu'  lamitieux;  à  sa  par¬ 
tie  moyenne  passé  lé'  tferidoi'  des  musclè's'^àstrbcnémichs 
qui  s'insère  à  rextréinîté’  sùpérîenrë' dé  ToS  du  tarSe.  La' 
moitié' întërhë  duifîbro^bàftîlagé' est'  càrîilàgliieüSe  sùpi* 
rieurèmfeSdt',  et  osseuse  inférléureïnehl;.  Ellè'èst  courbée 
suivànf  sa  longiieur  ,  ‘et s’implanté  ,  én  bay,  sur  le  bord 
postéHeür  ét ■  intéfhé  dé  l’éxirémil'é  supérieure  de  l’os  dii  , 
tarsé.'  Là-  moitié ‘èxterïie ‘est  iibro-càrïîragittéuS.e  ,  et  offre 
plusieurs  rainures  oü"'é'oülîsys'*pdd/'lés'  tèadonS  qui  sé 
rendant’ à  la' plante  dû  jliedl’  ''  '  '  ' 

Le  libià  el'l’os  du  t'àrsë'sonïmainténûs  laiéràlëment  en,  , 
rapport  par  deux  ligamens ,  un  interne  et  l’autre  éx  terhè  ,  ' 
qui  s’insèrent  àùx  éohdyîeé  dû  tibià  ,''àuk 'iûbérôsi|és  de 
l’os  dü  ta’rs'é  ^i  en 'arrière ,  par  rës'irtsér  ti  tfùs'  du  ,iibro-car-  ' 
tilagéV'ët'éii  àvant  ',  ‘j^iàr  dés  iliy'rtîons  fibrëûsès.  Une  mém-  , 
bran-é  Synoviàtè  t'àpissè  Pifttérîéiir  dé  l’aHiCùîàtion révêt'  ‘ 
les  sàrfecë's'cbrré^énddh^éi'Md'Ilihià  ^ef'âë'ï'os  dti  tarse, 

etIafàfcé‘éntérielirè‘aü'fiBi*§œ^^  .  •  ■. 

PrëinW^è  'i&p  êi^lhncél  —  ^Le*  2 1 'se^^ernÇfe*  1  â  2  2  v  rm“ 
trodâlffs  ‘è'î‘'ïlkaf  à&ô"'A?èuilîe'^<îans  rarticuîation'  ^ibio?” 

.  1  1  ,  .  .-'iiivnwiii  fïri  fiiir.'Jt’f!  «noms- 

tarsienne  de  la  patte  droite  d  un  pigeon.,  immédiatement  , 
aprèé'i’j’feii'îïiïrciddtsîs'uüe  a'utre^uanï'i’àrticuiation  tiiiio- 


E  T  O  B  SERRA  T ID  K  S.  5  ItSi 

tarsienne  de  l’autre, patte  »  et.lp  l’y  dixal  égaIemeBl,.  Le  pi*: 
geonfntjnQqrri  avec  de  la  vescei  et.mourut  seizcjotïps  après; 

Patte-,  flroîtei  c-tt  L’articulation:;' sujet  de  réxpériericie 
était  triplée  de. volume; -,  sérosité  jaiinâtre  dans  le  :tissü  la*  : 
minepx  spps-aulané;;ipQint,  de'pus,;  l’aiguilléia  fraverséles'  ‘ 
deux  condyjes  inférieurs^du  tibia.  Cet  os  est  gonflé  au-dessus  -  ; 
de  l’introduction  du  corps  étranger^  Lcpérioste  esl-rouge: 
et  épaissi  ;  le  gonflement  et  l’injection  du  tissu  lanaineux' 
sont;  surtout  retüarquables  sur  la  face  antérieure-de  l’ar-  ' 
ticulation.  La  portion  de  la  .membrane' synoviale:  qui  re-*' 
couvre  l’extrémité,  ;  supérieure  de,  l’os  du  tarse  adhèro  :  : 
immédiatcinentaV,ec.,çolle  qui  recouvre  les  condyles  du  ti-io 
bia  ,  de  sorte  quecla  i,sypè'viale::ireprésènt0'  deux"  lames* 
membraneuses  accolées  et  réunies  ,  et  non  un  petit  Sao- 
sans  ouverture  j  comme  cela  a  lieu  dans  l’état- nownal'.’  Le* 
cartilage  qui  revêt/les  condyjes  du  tibial  s’eSt  détaché  de  * 
l’os  avec ,1a  synoviale  ilaquellell  ést  resté  adhérent.  Le  * 
tibia- lOstTodge ,  et  sonjextpéinil'élnférièupeesttûn*péü  ra**- 
mollietdésdeudoiïs:  qnii  glisseiïli  autour 'îde;  l’articùiation  ',  * 
le  fibro,;cartilage  etlk  pfvrtie  postérieure  de  l’articulation , 
paraissent  dans  L’état;  sain. oUneontatière  jaune  fet*  raoUci  ,** 
dont  raspéctotlàicénsistàiice'sçatsemblabîeS'rK^ld  lUatièi'e  ' 
jaune;  des;  artèresi  enflammées: ,  :  est  ■  idépdséCf  ■  sa  r  les  ■  gain  es*) 
latérales,-xles;tendons,  Æ)n:reihaWiHe:deiégërsdépôts  salins  ' 
dans  les  /gaîilesict  lesdigatnêns  'fibreux-  dé  la’  "partie  âbté-  " 
rieuréJde-J-’articulàtion(j ‘qui -s’insèrent 'dansl’ehïdné'éhiéiit'" 
que  séparent. les  .'condyléspet  qUé  L’aiguillé ’ttdràvèrsé.'**'' 

Pattè. gauche.  ■1-—'-  . Cette  ■jointüré'’  ést:  ■moins’ '‘i'oîd’c^’'ét'' 
moins  volumineuse  que  la  prébédèntëi  L’aîguîlIe'lÎHtébfliillô  -'* 
à  la  partie  externe  ét^supèriéüré  dé  ééndyleexÉérh'è^du  tî'i  *^ 
bia ,  a  pénétré  dans  l’ùrtîculatioh  !  j-  et-  son  extrémité  ést;  Séry  “ 
lie  à  la  .partie  interne  ét  infériéurè  ’dU  ééttdyîfe’  intèj^flè-’dÜ'  ’ 
mêmfiiJÔèi  .Teinte  très-ijaunedde  la  .peau-èt*  du  tissu’ 'SéüS--* 
Culattéi;qui:,obnlioBt 'très^péü  dé  sérosité.  'Adhérence  ou 


5i;6  •  mémoires  ■ 

plutôt  réunion  immédiate  des  portions  tibiale  et  tarsiênnc' 
déjà  synoviale.  J’ai  pu  clétaCher  la  synoviale  avec  le  carti¬ 
lage  d’incrustation  des  condyles  des  parties  qu’ils  recou¬ 
vrent  ;  en  dessous:  le  tibia  était  rouge,  mais  lisse  et 
poli.  A  l’extrémité  interne  ,  près  la  pointe  de  l’aiguille  j’ai 
trouvé  une  petite  quantité  de  matière  jaune  et  opaque 
dans  une  coulisse  de  tendon.  - 

Seconde  expérience,  —  Le  2 1  septembre  1822,  j’in¬ 
troduisis  une  aiguille  dans  l’articulation  tibio-tarsienne 
d’un  autre  pigeon.  J’enfonçai ,  à  plusieurs  reprises,  une 
autre  aiguille  dans  les  parties  molles  ét  osseuses  de  l’arti¬ 
culation  correspondante  de  la  patte  gauche.  Le  pigeon 
mourut  le  10  octobre  ,  dix-neuf  jours  après  celte  opé¬ 
ration. 

Patté  droite.  —  Tuméfaction  considérable  de  la  join¬ 
ture,  gonflement  et  légère  injection  sanguine  du  tissu 
lamineux  sous-cutané  qui  est  endurci.  L’extrémité  infé¬ 
rieure  du  tibia ,  dans  sa  portion  qui  est  revêtue  de  carti¬ 
lages  et  qui  correspond  à  l’articulation ,  est  corrodée  ,  et 
offre  une  surface  très-irrégulière  ,  quoique  l’aiguille  ne 
l’ait  point  du  tout'  attaquée.  Elle.  ai;;pénétré  au-dessus 
du  fibro-cartilage  des  tendons  postérieurs:à  l’articulation ,.î 
et  est  sortie  à  sa  partie  inférieure.  L’extrémité  inférieure  ■ 
du  tibia  ,  et  supérieure  de  Tos  du  tarse ,  sont  plus  rouges 
que  dan;5  l’élatnormâl.  La  synoviale  n’bffré  point  d’adhé¬ 
rence  ;  un  petit  tendon  situé  au-dessous  '  du  fibro-cai'ti- 
lage  des  fléchisseurs ,  contient  des  dépôts  salins;;  il  est  r 
entouré  de  matières  jaunes  qui  se  trouvent  .accumulées 
dans  les  parties  voisines  deTaiguille.  '• 

PaWe  g-auc/ie.  Une  aiguille  avait  été  introduite  ,;  à  plu¬ 
sieurs  reprises  dans  l’articulation,  mais  n’y  avait  point, 
été  assujettie.  Tuméfaction  de  là: jointure;  tissu  lamineux 
sousrcutané  injecté  de  saug  ,  èt  plus  dense  que  dans  l’état 
nornjal.  Qn -remarque  un  pétitjpoint  ;nair  analogue  aù»  ; 


ET  OBSERVATIONS..  '  5l7 

taches  mélanées  ,  dans  le  tissu  lamineux  endurci.  Gonfle- 
inent  de  l’extrémité  inférieure  du  tibia  ;  elle  :  est  érodée 
et  gonflée  dans  la  partie  correspondante  à  l’articulation. 
Une  matière  Jaune  et, molle  est  épanchée  dans  les  gaînes 
des  tendons. 

Troisième  expérience. — Le  21  septembre  1822  ,  j’ip- 
•troduisis  une  aiguille  dans  l’articulation  tibio-tarsienne  de 
la  patte  droite  d’un  jeune  pigeon,  et  j’enfonçai,  et  relirai  , 
à  plusieurs  reprises ,  une  autre  aiguille  dans  l’articulation 
tibio-tarsienne  de  la  patte,  gauche.  Ce  troisième  pigeop 
mourut  le  io  octobre  ,  ig  jours  après  l’opération. 

Patte  droite.  L’aiguille  a  passé  horizontalement  dans 
l’articulation  tibio-tarsienne,  d’avant  en  arrière  ,  sans 
atteindre  les  os  et  les  cartilages.  Le  tissu  lamineux  sous- 
cutané  est  légèrement  gonflé  et  infiltré  de  sérosité.  Les 
extrémités  correspondantes  du  tibia  et  de  l’os  du  tarse 
sont  saines.  Point  de  réunion  médiate  ou  immédiate  de  , la 
synoviale.  Le  bord  interne  du  fibro-cartilage  est  rouge.  . 

Patte  gauche.  Le  volume  de  l’articulation,  est  peu, au- 
dessus  de  ce  qu’il  est  dans  l’état  normal.  La  portion  de  la 
membrane  synoviale  qui  recouvre  les  condyles  du  tibia  , 
est  immédiatement  réunie*,  dans  quelques  points  ,  avec 
celle  qui  recouvre  l’extrémité  supérieure  de  l’os  du  tarse. 
L’extrémité  inférieure  du  tibia  est  un  peu  rouge  i  le  fibro- 
cartilage  postérieur  de  la  jointure  est  épaissi .  et  ossifié 
dans  quelques  points. 

Quatrième  expérience. — Le  .  21  septembre  1822  , 
j’introduisis  une  aiguille  dans  l’articulation  tibio-tarsienne 
de  la  patte  droite  d’un  pigeon.  Le  . même  jour  ,  une  autre 
aiguille  fut  introduite  dans  la  région  tarsienne  de  la  patte 
gauche  du  même  animal ,  qui  mourut  le  27  novembre. 

Patte  droite.  —  L’aiguille  a  pénétré  en  avant  de  j’arti- 
culation  ,  entre  les  deux  condyles  du  tibia ,  et  sa  pointe  est 
sortie  en  arrière  j  .entre  ces  deuxvinêmes  condyles.  L’ar- 


;6i8  '%ÉiioiK]is  ' 

1101113110»  tiiio- tarsienne  eSt  rôMef  ët  pliée 'daüs  le  sbhS  de 
l’extension.-  Les  parties  mdllès  de  l’dAic'üliition  sOnt’’g6n- 
•  fiées  ét  forment  une  masse  düré  ,to‘ài-ki&làrdctcéé ,  oü  ttiùt 
paraît  conlbridu.  Le  tissu  laminetix’  est‘%aissî ,  injecté  de 
sang  et  de  sérosité.  Les  tendons  latéraux  sont  restés  sains 
dans  leurs  gaines.  Le  fibro-caf tilagë  et  la  mëmbr'afie  sy¬ 
noviale  qui  le  revêt -ayant  contracté  des  adhérences  :a'Vec 
la  portion  de  la  synoviale  qui  recotivre  lés  condyles  du 
tibia  ,  une  parlie'du  fibro-^carlîlage  est  restée  Unie  h  cet 
03  .  lorsqu’on  a  voulu  pénétrér  dans  l’intérieur  de  l’articii- 
htion  pour  l’cxattiiner.  La  pé'rtion  qui  est  restée  avec  les 
parties  molles  offre  là  disposition  suivante  : 

j.“  Il  existe  un  enfoncementCorrespondantauxportioris 
du  fibro-Cartilage  restées  a'dhërëhtes'à  l’os. 

2;“  Les  fibres  du ‘îîbro-Carlilage  sont  composées  de  pe¬ 
tits  faisceaux  isolés  ,  ihégadx,  enduits  d’une  matière  jo'ttnè 
solide ,  ayant  absolument  là  mêmè  couleur  et  là  triémè 
consistance  qnè-Célle  obsehvëè  dans  des  àttères  aatOûrdés 
ossifications  morbides. 

3. °  Le  fibro  cartilage daiis  deùx  points  'où  Sa  ’surfûbe  èst 
restée  intacte,  est  osstfiê;  [a  pointe  du  scalpérdi’sàinigijè 
même  des  jjôints  dttrs ,  aa  tnilîeü  de  là  màtiSré  jaune. 

4. ®  Les  fibres  inuscùlàîies  (l[ui  èntoüreht  le  fibro-cartî- 
lage  sont  dans  l’état  Saini'L’ëktréiàiité  du  tibia  est  goriflée  ; 
le  périoste'ésfconsidéràblëtilenf épaissi,  mais  non  ossifié: 
La  réunion  des  condyles  du  tibia  et- de  l’extrémité  supé¬ 
rieure  de  l’os  du  tarse  ayant  éil  liëü  immédiateiheni  et 
sur  les  partiésdàtérales ,  là  syüoviale  offrait  la  même  dis¬ 
position  que  cëllé  que  nous  aVObs  déjà  signaléè. 

EnaVàtat,  cartîlàginifîeàtîori  et  ôssilicatioh  partiéllé  dèS 
pouFîés  fîBrénsëS'qtifsé'fréüvëtit  eÉitre  lès  déui  coridÿlës’  ; 
poînt'depus. 

pÆïtc’gttacAc'. L’àigtiiîlë‘à  été-  intrôdûîtè'  à  là‘  p'ài'tië 
pOslériëuré-^dé-  l’àrlîîctilàtïéïï*,  et 'enfônëéê ’përi(>endicü^^ 


ET  OBSERVATIONS.  SlQ 

remeût  et  paraljèleoient  à  la  jdirection  40  l’os  ;du  tarse. 

'4'uméfaction  assez  considérable  j de  l’arliculalion  tibio- 
tarsienne  et  de  cette  dernière  région  j  usqu’aux  phalanges. 
Gonflement  du  tissu  lamineux  qui;  enveloppe  l’articula¬ 
tion,  qui  est  lardac.é  et  parsemé  de  petits  points  rouges. 
Augmentation  du  volume. des  condyles. dû  tibia  ;  épaissis¬ 
sement  du  périoste  ;.:ossi/tcatto7i  partielle  et  ramn/ftsse- 
menï  jaune  du.fibro-cartilage  postérieur  de  l’articulation. 
Le  cartilage  et  là  synoviale  qui  recouvrent  les  condyles  du 
fémur  en  sont  détachés.  Cet  os  paraît  lisse  et  poli. 

Cinquième  expérience.  —-Le  21  septembre  1822  , 
j’introduisis  une'  aiguUle  dans  rar.ticulalion  libio-tarsienne 
de  là  patte  gauched’an  pigeon  telle:  pénétra  dans  l’extré¬ 
mité  Inférieure .  des  condyles  du  tibia  ,  •  et,y  resta  fixée 
pendant  deux  mois.,;.époque.àIaqueJle  elle  en' fut  retirée. 
Une,  inflammation  aiguë;  se  développa  et  passa  ensuite  à 
J.jélat,chronique.iLe  g.février'  iSeS.  j:  examinai  l’articüla- 
tiqn.^et  les  ps  qui  la  iComposent.  Yoici  de  résultat  de  mes 
..reç^ierches,;  /  "  .  ■ 

.  L’articulation  est  à  demi-fléchie  ,  >et  ne  peut  être  éten¬ 
due  pour  être  ranienée  à  sa;  dipeclîon  normale.  Les  mou- 
yemens  de  flexion  et  d’extorisjon  sont  inexéeutables.  La 
jointure  qst  deux  fpiàiplus  vdlumîneuse^qiie  celle  du  côté 
opposé..  Le  fibro-càrtllage  adhère  à  la  partie  sur  laquelle 
il  glisse.  Dans  l’état  sain,  cette  adhérence  est  telle,  qu’on 
est  obligé  de,  la  rompre  pour  ,1’eù  séparer.-  Il  ne  reste 
point  de  traces  d|j  la  membrane  synoviale,  ni  dé  sa  ca^ 
vilé;  le;  tibia  et  1,’os  du  .tarse  paraissent  sondés.  Leur  dés¬ 
union  ayant  étéi  ..opérée  avec  violence  ,  leurs  ■  surfaces 
correspondanteAj,  éü  lieu  d’êtré  lisses  let  polies  cornme 
dans  l’état  normal ^  .parurent  rudes  et  garnies  d’aspérités. 

Le  tibia  ,  depuis  son  extrémité  ■tàrsiehne  jusqu’au  mi¬ 
lieu  de  sa  longueur;,,  offre  ùn/  Vplüfne  double. de  celui  qu’il 
a  dans  l'état  sain,.  XontrM-faît  vers,  son  extrémité  et  en 


.  :5^o  mémoikes 

,  arriéré,  uiie  portion  osseuse  semble  avoir  été  Sur-ajoutée 
à  cet  os  :  elle  est  formée  aux  dépens  d’une  partie  du 
,  fibro-cartilage  qui  s’est  encroûtée  de  sels  et  réunie  au  tibia. 

-  La  portion  du  fibro-cartilage  qui  est  restée  adhérente  aux 
.  tendons  postérieurs  auxquels  il  correspond,  est  ossifiée 
inférieurement  et  couverte  d’aspérités  ;  elle  n’offre  pas  le 
volume  qu’elle  devrait  avoir  si  rien  ne  s’en  était  séparé. 
En  avant,  l’extrémité  inférieure  du  tibia  est  tout-à-fait 
déformée,  et  présente  une  large  gouttière  au-dessus  de 
laquelle  on  en  rémarque  une  autre  moins  considérable. 
Les  bords  de.  la  première  sont  couverts  d’aspérités.  En 
résumé  ,  l’extrémité  inférieure  du  tibia  est  augmentée  de 
.  volume  ,  déformée ,  soudée  à  une  portion  du  fibro-carti¬ 
lage  ossifié  ,  et  on  n’observe  plus  de  traces  de  la  syno¬ 
viale  ,  ni  des  cartilages  d’incrustation. 

L’extrémité  supérieure  de  l’os  du  tarse  est  une  fois 
.  plus  volumineuse  que  celle  du  côté  opposé.  La  surface 
,  qui  correspond  au  tibia  ne  paraît  plus  encroûtée  de  carti¬ 
lages;  elle  est  couverte  d’aspérités  provenant  de  la  des¬ 
truction  des  adhérences  qui  l’unissaient  avec  cet  os.  L’ex¬ 
trémité  supérieure  de  l’os  du  tarse  est  singulièrement  aug¬ 
mentée  de  volume ,  et  est  plus  rouge  que  dans  l’état  sain. 

Le  fibro-cartilage  articulaire  ossifié ,  en  grande  partie  , 
sur  toute  la  surface  qui  correspond  à  la  membrane  syno¬ 
viale  ,  est  resté,  comme  nous  l’avons  dit  ,  adhérent  h  l’ex¬ 
trémité  inférieure  du  tibia,  lorsque  nous  avons  voulu  exa¬ 
miner  l’intérieur  de  l’articulation.  4 
_  Il  n’existait  point  de  pus  ni  dans  le  tissu  cellulaire  qui 
entoure  l’articulation ,  ni  dans  l’articulation  elle-même. 

.  Résumé,  —  Il  résulte  de  ces  expériences  ,  que  l’intro- 
ducti.on  et  le  séjour  d’une  aiguille  dans  les  condyles  du 
tibia  et  l’articulation  tibio- tarsienne  ,  ont  déterminé  : 
ii  Le  gonflement  j  l’iûjecti on  ,  par  fois  l’endurcisse¬ 
ment  ,Qù  .lin  état  ilardacé  du  tissu  laminèux  qui  entoure 


B  T  OBSERVA  T  ro  N  s.  SsC 

l’attWlàtioh,  oü  bîeü  encore  rexsudâtion  d’uné  petite 
quantité  de  sérosité  jaunâtre  dans  ses  aréoles.  :  .  :  j 

2.“  L’augmentation  de  volume  quelquefois  Id  déformà». 
tion ,  l’érosion  ou  le  ramollissement  partiel  de  la:  portion, 
du  tibia  irritée.  .  :  :  ;  i 

5.°L’iajection  et  l’augmentation  d’épaisseur  dü  périoste.' 

4. °  L’inflammation  adhésîve  des  surfaces  contiguës,  do 

la  synoviale  produisant  une  véritable  ankylosé.  . 

5. “  La  production  d’une  matière  molle  .  jaune,  et  solide) 
par  les  corps  fibreux  et  le  fibro-cartilage  enflammés  qui 
entourent  l’articulation  ,  matière  qui  par  ses  propriétés 
physiques  a  la  plus  grande  analogie  avec  celle  qu’on  trouvé; 
par  fois  autour  des  ossifications  morbides  des  artères.  •  • 

6. °  De  légers  dépôts  salins  dans  le  fibrb-cartilàge  pôs-' 

tétieur  de  l’qrticulation ,  et  dans  lés  ligamens  Voisins  des" 
points  irrités.  .  : 

Observation  d’une  ossification  du  p&ricdrdé simulant 
une  assifiçàtion  du  cCeur.  '-^  (  Les  renseigneniensîsur  lé 
malade  m’ont  été  remis  par  M.  Pavé  ,  mon  oollègue  au> 
quatrièine  Dispensaire  :  nous  avons  fait  de  concert  l’àna-" 
tomie  du  cœur.  ).  ■  ,  :  rj 

M.  Pi  **■*  ■,  officier  réformé  de  la  légion  du  Jura ,  -  âgé 
de  cinquante  ans  ,-d’un  tempérament  lymplialique  et  sàn-' 
guin,  demeurant  à  Paris  ,  rue  Saînt-Jacqües  ;  fut  inscrit 
sur  le  registre  du  Dispensaire,  en  mars  oettè' 

époque,  M.  P.***  ne  pouvait  guèrés  se.teUir  que  sùr  son' 
séant. ^ Lorsqu’il  voulait  se  coucher  HorizOtitâlérdent,  la' 
respiration  devenait  embarrassée  et  pénible  5  quelques' 
palpitations  se  disaient  Sentir  dans  la  région  flü  coeur.; 
Les  battemens  de  cet  organe  étaient  isochrones  è  ceus  du* 
pouls.,  qui  était  ordinairement  très-faible;  lés  lèvres'  du 
malade  oflraient  une  légère'  teinte  violacée  ;  lé  lhio  fôr“ 
filait  une  saillie  très'-prononcée  àu^dessoiip  du  côiVtèuil 
1.  ^  34 


Sas  ui U  oins  s 

cârtilagineui  des  eStes  asternales;  les  Cuisses  et  les  jambes 
étaient  enflées  ;  les  fonctions  dige'stiyes  étaient  peu  déran¬ 
gées.  M.  P.***  jouissait  du  plein  exercice  de  ses  facultés 
intèllectuélles.  11  avait  quitté en  i8i5,  un  emploi  dans 
les  octrois  pour, se  rendre  à  Gand.  Des  soldats  l’arrêtèrent 
en  route,, le  dépouillèrent  et  le  maltraitèrent  violemment. 
Après  cette  scène  ,  qui  lui  causa  une  extrême  frayeur  ,  il 
fut  accueilli  et  soigné  par  des  paysans  qui  vinrent  à  son 
secours.  Peu  de  temps  après,  M.  P.***  fut  atteint  d’une 
maladie  qu’on  lui  dit  être  une  fausse  fluxion  de  poitrine. 
Cette  affection  parut  céder  à  de  simples  boissons  mucila- 
gineuses,  et  le  malade  se  rétablit.  Lors  du  retour  de 
S.  M. ,  M.-  P.***  fut  placé  dans  la  légion  du  Jura,  en 
qualité  de  sous-lieutenant.  Réformé  en  1818,  il  se  trouva 
plongé  dans  un  état  voisin  de  la  misère.  Dès  ses  premières 
visites ,  M.  Pavé  crut  reconnaître ,  à  la  difficulté  delà  res¬ 
piration  et  par  l’exploration  plusieurs  fois  répétée  du  tho¬ 
rax  .et  de  la.  région  pfécordiàle ,  l’existence  d’une  affection 
du  cœur.  Les  saignées  générales  et  locales ,  les  diuréti¬ 
ques  ,  les  potions  antispasmodiques  avec  la  teinture  éthé- 
rée  de  digitale  pourprée  ,•  furent  successivement  employés 
comme  moyens  palliatifs  d’un  mal  justement  regardé  comme 
incurable.  Au  bout  de  quelques  mois ,  une  hydropisie  ascite 
se  manifesta.. L’opération  de  la  paracentèse  donna  issue  à 
vingt  piptes  d’uü  liquide  séro-albumineux.  Le  malade  fut 
soulagé  :  mais  six  semaines  après/ il  fallut  recourir  de 
nouveau  à  cette  opération.,  et  dix  ponctions  forent  ainsi 
successivement  pratiquées  è  trente  ou  quarante  jours  d’in¬ 
tervalle  entre  chacune  d’elles.  Enfin  l’infiltration  devint 
générale ,  la  dyspnée  fit  des  progrès,  et  après  une  longue 
agonie,. le  malade  succomba  le  18  novembre  1822. 

M.  Pavé  fit  l’examen  du  cadavré  ;  trente-quatre  Ueures 
après  la  mort.  La’putréfaction  avait  déjà  fait  do  rapides 
progrès.  Une  petite  quantité  de  liquidé  séreux  était  épan- 


ET  observations. 

chéé  dans  là  oàvîté  des  plèvres ,  què  dè  nombreuses,  adhé¬ 
rences  unissaient  iaùx  podmdns,!  qui  étalent  crépitans, 
mais  ramollis  et  Injectés.  Leicoeur  et  son  enveloppe  mem¬ 
braneuse  adhéraient  de  toutes  parts,  àüx  plèvres;,  La 
pointe  de  cét 'organe  ,  qui  correspond  au  diaphragme  , 
était  seule  libre. et  homadhérënte.  Lorsqu’on  voulut  por¬ 
ter  nnstruméht  sur  le  péricarde ,  il  fut  arrêté  par  une;  ré¬ 
sistance  semblable  à  celle:  .que  présente  le  tissu  .ossemc* 
Cette  particularité  engagea  IVL- Pavé  '  à  enlever ,  le  c,oeur 
pour  l’examiner. ultérieurement  avec  plus  de  soin. 

Le  péritoinfe  ;  contenait  une  très-grande  quaiiiité[;d!un 
liquide  sérb-albümineux  en  putréfaetion.  Le  foiè;  était trés- 
mou  ,  très-injecté  ,  et  facile  à  déchirer.  La  plupart  ;des 
viscères  abdominaux  étaient aplrÇa  rouges,  et  plus  injectés 
de  sang  que  dans  l’état  normal.  , 

Examen  du  cœur  de  Af.  /?>***  L®  cesur  av^i,!  s^ 
forme  ordinaire ,  e.l  de  plus  grandes  dimensions ■  que  dans 
l’état  normal  ;  ;  il  pesait  une  ('  livre., •  La  surface  extérieure 
de  cet  organe,  n’était  pointiseulement  revêtue  de  la  poplion 
séreuse  du 'péricarde ,  elle  était-  reçouverte.'i'  en  outre  , 
par  un  tissu  dense,  blanchâtre >  opaque  formaflt.une 
couche  d’épaisseur  fort  inégale  ,  au-dessous  de  laquelle 
oii  distinguait  une  autre  couche,' ossifprme.,  qui  .présentait 
des  saillies  ;  des  sillons,  des  crêtes  disposées  .de  telle 
manière  ,  que  pour  mettre  l’ossilicâtion  à  nu. ,  il  suffisaili 
dans  quelques  points' ,'  d’enlever  une  pellicule  mince 
comme  Une  ;  mecabrane  muqueuse  ,’  et  qu’il ,  fallait, dans 
quelques  au  très .  détacher  ,4es  ,çon.çhes  de  dpiix  lignes  dp 
profondeur.  ;  C’était  sur-tout;  vers!  le  bprd'  gauche  dp  cœur 
que  les  couches  do  ce  tisSü  opaque  (queitous  prouverons 
être  formé  par  la  portion  fibreuse  du  péricarde),,  étaient 
d’une  épaisseur  considérable.  ,;iii;|}  '(liw;;:)  .  ,1,  .:.  . 

Oreilletta  dro'«<e.-r7-i Elle  adhérait , de  toutes  pajCjtjS  , avec 
la  porlioii  >  fibro-séreuso;  ;  coïP.pspondanle ,  ;  dq ,  péricarde; 

04.. 


Ss4  MéM'ÔIRES 

Cettè  union  était  plus  intime  vers  les  points  oü  l’oreillette 
se  confond  avec  le  ventricule  droit.  Supérieurement  l’o- 
rèillétté  était  unie  au  péricarde  par  des  fausses  membranes 
éelluléuses  et  injectées  de  sang.  L’ossification  morbide 
que  nous  décrirons  plus  loin  >  ne  faisait  point  corps  avec 
là  portion  pharnue  de  l’oreillette ,  ainsi  que  cela  avait  lieu 
sur  tes  ventricules.  Cette  ossification  formait  une  espèce 
de  cuirasse  en  avant  de  roreillette  ;  de  sorte  que  la  face 
postérieure  de  l’ossification  tapissée  par  la  séreuse  du  pé¬ 
ricarde  ,  était  unie  avec  la  portion  séreuse  qui  recouvré 
l’oreillette  par  des  fausses  membranes  celluleuses  et  mu¬ 
nies  de  vaisseaux  sanguins.  L’intérieur  de  l’oreillette  n’of¬ 
frait  rien  de  remarquable. 

Ventricule  droit.  —  La  portion  fibreuse  du  péricarde , 
la  portion  de  la  membrane  séreuse  avec  laquelle  elle  est 
accolée ,  celle  qui  recouvre  le  cœur  lui-même,  étaient 
fêûtliés  et  ne  formaient  qu’un  tout  qui  offrait  une  altéra - 
tiôn  remarquable.  On  voyait  à  l’extérieur  et  superficielle- 
itiéni;  une  coliché  fibro-cartilagineuse  ;  au-dessoüs  une 
couché  oâsiforme  qui  paraissait  séparée  du  tissu  muscu¬ 
laire  du  cœur  par  une  membrane  extrêmement  mince. 
La  plus  grande  épaisseur  de  la  couche  osseuse  était  de 
quatre  lignes  .■  et  la  moindre  seulement  d’une  ligne.  Cette 
ossification  morbide  était  indépendante  des  fibres  musou- 
laires,  et  formée  aux  dépens  des  trois  lames  réunies  du  péri'- 
carde  (deux  lames  séreuses  et  une  fibreuse)  ;  mais  elle  avait 
principalement  son  siège  entre  la  portion  fibreuse  et  la 
portion  séreuse  de  cette  membrane.  Cette  disposition^tait 
sur-tout  très-évidente  à  là  pointe  du  cœur,  qui  était  unie 
avec  la  face  interne  de  l’ossification  morbide  ,  par  de 
finisses  membranes  lamineuses  et  pénétrées  de  vaisseaux 
sanguins  ,  développés  dans  cette  portion  de  la  cavité  diu 
péricarde.  La  portion  charnue  du  ventricule  ,  y  compris 
a  membrane  interne  ,  avait  une*  ligne  d’épaisseur,  Là 


ET  OBSERVATICNS.  SsS. 

couleur  du  lissu  musculaire  ne  dilTérait  en  rien  dp  ce 
qu’elle  est  dans  l’état  normal. 

OreUleite  gauche,  —  Au  premier  coup -d’oèil  elle  ne  pa¬ 
raissait  former  qu’une  seule  masse  avec  la  portion  du  pé¬ 
ricarde  qui  l’enveloppe.  Nous  parvînmes  cependant  ^  la 
détacher  de  celle  membrane  à  laquelle  elle  élait  unie  par 
de  fausses  inembranes  laipineusesL  et  .injectées  de  sang. 
Les  dimensions  et  l’épaisseur  de  celte  oreillette  étaient 
naturelles. 

Ventricule  gauche.  —  Il  ne  présentait  point  d’ossifica¬ 
tion  morbide  en  arrière;  le  tissu  du  cœur  était  sain.  On 
observait  en  avant ,  et  sur  le  bord  libre  du  ventricule ,  la 
continuation  de  la  plaque  osseuse  dont  nous  avons  déjà 
parlé  ,  formée  aux  dépens  du  péricarde  ,  et  réunie  aux  ^ 
fibres  charnues  du  cœur.  L’examen  de  la  cavité  du  veu  - 
tricule  prouva  que  les  colonnes  charnues  et  la  cloison  des 
ventricules  étaient  saines,  L’épaisseur  de  ces  parois  était 
de  tl-ois  lignes  vers  la  base  du  ççeur ,  .de  deux  lignes  vers 
la  pointe.  La  valvule  auriculo-ventripulaire  gauche  et  lex 
valvules  aortiques,  étaient  dans  l’état  saini  . 

Origine  de  l’aorte.  Extérieurement  l’aorte  étajt^dbé- 
rente  à  la  portion  du  péricarde  qui  ,1a  recouvre.  Elle  n’of- 
fraitaucune  dilatation  morbide  ;  ses  meinbranes  celluleuse  ; 
fibreuse, et,  interne  étaient  intactes  ;  toutefois,  il  estait; 
eùtre  la  membrane  interne  et  la  membrane  fibreuse  <puel-, 
ques  petites  plaques  blanchâtres  d’une  consistance  .qu-, 
dessous  de  celle  des  cartilages.  ,  lü-f 

Artère  çpronciires.  Ces  artères  n’offraient  neni  ’qui 
différât  de  l’état  normal., 

Péricarde.  Le  péricarde  ne  formait  qu’une, seulp  masse 
avec  ;  le  cœur  ;  ses  portions  fitre.  et  cardiaque  étaient 
réunies  immédiatement  dans  quelques  points, , et  par.ijes 
liens  celluleux  dans  quelques  autres.  L’o8si|ication  mgr-: 
ibide  était  principaleineut  développée  entre,  la  menibranq 


5s&  " 'mémoires  ' 

fiiirétise'  et  la  séreuse  du  ■péricarde,  ta  pointe  du  cœur 
était  le  seul  point  où  ces _  adhérences  n’eussent  pas  lieu  ; 
elles  poüvâièrit  être  détruites  sur  les  oréilléttes  et  sur  l’o¬ 
rigine  de  l’aorté , 'sans  altérer  le  tissu  de  cés  organes  ;  elles 
étaient  intimes  dans  le^  antres  points. 

Tissu  osseux  accidenté L  La  plaque  osseuse  qui  formait 
autour  du  cœut  Une  espèce  de  ceintùrei  interrompue 
sèùlemerii*cn  arrière,  pesait  une  once- vingt-sept  grains. 
On  aura  une  idée  de  la  disposition  de  cette  ossification 
nVdéhidë  i*si  6'ri! suppose  qu’une'  large  lame  osseuse,  par- 
tâli?t  dé  la  'p'arfié  'artlérièurê  du  péricarde  ,-  Se  prolonge-  de 
éhaqdë’'é’MéH'  leulefoîs'sahs' se*  réunir  ;■  formant  ainsi  une 
céiii Int^é'^éompîétéé  ’eh  ■  arrière  par*  ilhé*  *  pbrtion  *  -dti  péri- 
cardé',‘  •  G  é‘  t  i  ésu  ■  ossé'ox’atic  idénlél*  offra  rt*  ‘lïnè'  cbélèu  r  |an- 
nalré y'hh’é'  surfacé  iné'^lb-éhtahofeûsèi;  et'Men  qu’il  eut 
la  ^èôtifdrnïati^où'dès  oS'-plalSy  il  én  ' difféiraft  esseiïlielle- 
meht  sG'ù'alé' ràpport‘dé'-Sh‘lslrüctüre'.  i  -u:;;!;!-.  / 

'  cféimiijuei  MM?  I?,'  PétTéz*et  ‘Rèhié'èt  iont  bien 

votdu*  faire  r£nialÿsè''d'é' Cettfe  ossilieatidïïïIVéi'Oï  le  résultat 
de  leurs  recherches.  ■  *-'  •  ‘  ^  :;0!ip:i  i,; 

«  En  èxüminant-  dVec  'soin  l’ôssificalfôn'doét  it  S’agit ,  on 
rehidr'^Ue  -qü^éllé  ‘''s‘e‘  'cdmpôsë  d’uhé  substance  osseuse 
foi'iiiéè'cic^côuclVëS‘''d’urtè  épaisseur  ^în^gàlév  recouvertes 
d'é'  ’  cèficî'éliô'ns' 'màtaièlônnées-  plus*  dû  üioinS ■  yelumineu- 
sks‘ÿ'  dés  cdhètélièns  ne'  *  présen  tent  atlbUnes  ‘traées  de 
chfichëé'hd  'dë  flbrës  ,*  elles  sériiblerlt  du  c'ôhlraire  fermées 
par  des  amas  de  subslance-  lërréüyë’itià'te'di'friâble  j  assez 
sëinbliiblefe'  âü*  tuf  deS  c'ohcrétioi'is  érititil'îcjüés.  ■  jt.-ahalyse 
nous  a  fait  connaître  la  nature,  dë'dëltè  Siibstancé;  ainsi 
qü’dtt  'éa  lè  voir  par  rëxposé  qui  suitii  ^  '  * 

'■C'nè  céiilaine  quantité  Ü’dSsification  prise,  dans  son  en- 
sëfhblë!  al'élé' Shümisé'à  üi'ù'é  Idnguc/'ébüllition  dans  l’eau 
dlsïi[Iéé;'‘iEé(febl  ‘èst  devehue  louche  et' n’a  -conservé  sa 
trarisjiarèù'cë'  q’ü'âprès"  avoir  étd  Changée  trôls  fois,  tes 


ET  onSBRTATIOHS. 

liqueurs  réunies  ont  été  filtrées  froides;  noua  avons  re¬ 
connu  sans  peine  que  la  substance  qui  les  avait  trou¬ 
blées  était  un  peu  de  matière  grasse.  Les  liqueurs  claires 
évaporées  convenablement  se  sont  prises  en  gelée. 

La  partie  osseuse ,  épuisée  par  l’eau ,  a  été  de  nouveau 
soumise  à  l’ébullition  ,  dans  une  eau  légèrement  acidulée 
par  l’acide  acétique  faible.  Cette  opération  ayant  été  ré* 
pétée  deux  fois ,  on  a  évaporé  les  liqueurs,  Par  le  refroi¬ 
dissement,  elles  se  sont  prises  en  gelée.  ■ 

L’os  ainsi  traité  a  été  soumis  à  l’action  de  la  potasse 
caustique  dissoute  dans  l’eau;  on  a  aidé  cette  action  par 
celle  de  la  chaleur.  La  liqueur  alcaline  filtrée  a  été  saturée 
par  l’acide  acétiqlîe ,  il  s’est  formé  un  précipité  assez  abon¬ 
dant  qu’on  a  recueilli  ;  examiné  avec  le  plus  grand  soin, 
oh  a  cru  y  reconnaître  une  matière  animale  dé  nature 
albumineuse  dont  la  présence  est  rendue  assez  vraisem¬ 
blable  par  d’autres  faits  analogues. 

Après  avoir  examiné  la  partie  organique  de  l’ossifica¬ 
tion,  nous  avons  porté  notre  attention  sur  la  substance 
fixe  qui  paraissait  en  former  la  base. 

En  conséquence  ,  cent  parties  d’ossification  ont  été 
calcinées  dans  un  vase  de  platine  et  complètement  inci¬ 
nérées ,  elles  ont  perdu  24,  2â,,Ci  parties,*  qu’on  peut 
considérer  comme  la  partie  organique  dé  l’os.i  Lé  résidu 
composé  de  substances  fixé  a  été  examiné  de  la  manière 
suivante  : 

Traité  par  l’èau  bouillante  ,  il  a  perdu  4  parties  com¬ 
posées  principalement  de  sulfate  de  soude. 

La  portion  insolüblë  a  été  mjse  en  contact  avec  l’acide 
acétique;  celüi-ci  n’a  dissous  qu’une  petite  quantité  de 
carbonate  calcaire  que  néus  avons  réunie  avec  celle  que 
nous' avions  obtenue  par  une  aülre  opération. 

La  matière  terreuse  qui  nous  restait  à  été  traitée  par 
iVcidé  riilrique.  *10111  l’éft  diisôui  avec  une  légère  ellèr> 


^»8,  îli  MOIRES. 

YepcoaGe.  Lfi,  liqueur  devait  contenir  les  phosphates  dissous 
par  l’eJl^ç^s  d’acide,  et, le  nitrate  provenant  des  carbonates 
qu’âviaient -annoncé  l’effervescence,  Nous  ÿ  avons  versé 
de  ramçaoûiaque  parfaitement  caustique  qui  a  précipité  les 
phosphates  ;  la  liqueur  mêlée  à  du  carbonate  de  soude 
Uûüs  a,  rendu  les  carbonates  qui  pesaient  6, 5o.  L’examen 
lOiplus  attentif  ne  nous  y  a  fait  reconnaître  que  du  car¬ 
bonate  de  chaux,  .. 

On  a  vu  ci-dessus  que  nous  avions  séparé  les  phos¬ 
phates  terreux  f  nous  avions  à  nous  assurer  s’ils  conte¬ 
naient  .outre  le  phosphate  de  chaux ,  du  phosphate  de 
nJagnésie ,  .qui  se  rencontre  ordinairement  dans  les  os 
de  l  'hommè.  . Pour  cela ,  nous  avons  sui<ri  avec  exactitude 
le; procédé  indiqué  par  MM.  Fourcroy  et  .YauqueHn  , 
raais.JQOus  n’avons  pu  découvrir  la  plus  légère  trace  de 
magnésie,;;  ;  ,  .  ;  : 

En  résumant  notre  analyse  ,  nous  trouvons,  que  ce n,t 
partiès  d^hs^ifioation  sontconoposées  :  , 
coil3°:0,e,; matière,  animd^  gélatine,  albumine  ,  ,  ’ 

et  membranes ,  .  ..  ..  •.  ,■  •.  ^  ^  ,  ?4,  ;/P 

à;'B..îni)Os,snls:Solubles  .  (muriate  et  snliaté.,de  ^  ^ 
sôftde3(jf)fu'>î';lc.  ■  •  ■  •  r.i  •  {!;,'  : 

fP,é;Garbônat,ç  de  gh^ux  ,  .  :.i ,  |>.,jjâo 

jjt:4.;j  iPgphoHphatfi  de  chaux,;  ,  .  ,■  ;  ,,4p 

naéinam  el  obèfîifiHG;-  ;  '  \oo  n 

-xxfis  .éOipp,“ffnh,p-nlte  anaj^pe-avec  cellp  .  que,  npu^  a 
donnée  M.  îiérzelius ,  des  os  de  Thomme  .nous  remar- 
qnp.p9{:,,i^qne  |l|,,proportiOjn,,, de  matière  animaï^  conte^ 
pue  .dans  ),’.o,ssificatjon est  beaucoup  moins  for  te  que  celle 
pqnl.pnu.e  dans  les, os  ordinaires,  puisqu’elle,  s’élève  dans 
ceux-ci  h  53  pour  cent  et  seulement  à  a^^eo  dans  l’ossi- 
Çcntipnt,  2,°  que  la  proportion  de  çàrjbonate.de  chaux  est 
presque,  de  !  nioitié  naoindre ,  :  puisque  IVL  Berzelius  en  a 


ET  O  B  S  E  R  VA' T4  O  N  S. 

trouvé  iijSo  pour, cent.  ;  3.“  que  la-maguésie  mapquq 
tout-à  fait;  4‘°  enfla, que  la  proportion  du  phosphate  de 
chaux  e^st  de  r  4  pour  cent  plusforte  dans  Vossjfloation  que 
dans  l’os  du  fémur  analysé  par  M.  Berzellus.  Ge  dernier 
fait  nous  permet  d’entrevoir  la  cause  des  propriétés  phyr 
siques  de  l’ossification,  elles  sont  dues,  à,  f accumulation 
du.pflosphate  calcaire  ,  particulièrement  dans  les  concré¬ 
tions  mamelonnées  qui  k  reçouyrent 
,  .Ce résultat  coïncide, ayeç  celui  quk,  ob^nu  M.  WpUas- 
ton  de  son  analyse,  des  artères  j  ,des  yalyjuks  du  .pceur, 
des  bronches  et.  des  veines  .ossifiées.  ,,j.  j'-; 

Walter  a  trouvé  aussi  que  les,  .yaisseaux^artériels  anéj; 
vrysmatiques  étaient  sfirchargés  de  phosphate-  de.-,ch,aux, 

;  Si  d’;un  autre  côté  nous  axaroinons  k  matière;. aniniale 
ünic!,  au  phosphate  calcaire  .dans;;,. l’qssificajtion  ;  nou^ 
sommes  tentés  d’y  reconnaître,  outre  la  gélatine 
forte,  proportiqn  de  Daaljière,,albumineiise,sen>hkhleAcelle 
que, Paul  Mascagni  .a  reconnue, dans  . les  concrétions. d^ 
diaphragpqe  et  des  y,ésiçu|es .  bronchiques en  èlfet ,  k 
texture  de  cette,  substaqpB,,,  ,,soniinS9lu.hiflté  et  k-™,®' 
nièrp  de  se  .qomporten-iqybfi  jef.. alcalis, da  çypppraçhent 
beaucoup  de  l’albumine  ,  et  nous  portent  à  k  confonfiy^ 
^^^Rielk-!  ü.'î  ,  ««jhithowï  ’anoiiisofîêib  «oo  rt  (îiiî)^ 

seule  induction  qui  a  trait  à  l’objet  principalf(ljB,  niqn  ,ro.éf 

moirp.,  ,k’ossiflcafl,qnmrorbidp,dq,p4}'kB‘‘!p!!P?-jR“Pl*^i^®” 

voicffétre  atkibuée 

niation,  de.  cette  membranev,  ;En  efife^;.  k?. 
adhérences  ,  les  fausses,  jqt^brqqes,  orn^ms^éf 
dans  k, cavité  du.  pér^arde danSj  ks^fpqibfs  .pprypfjto'hî 

danSj.Jt  lkssifiçatipn,,ç,ebmknp,,  kR^'^^^^ 

comme  sur  l’origine  ded’gqr,t^,,  é^ai|^hiRFJ^ft|Ri®!^ 
le  produit  d’une  péricardite  antécédente,  et  il  est  tout 
simple  d’attribuer  l’ôssiïïcâtiôn  accidentelle  concomi 


550  bémoihes 

tanle  de  ces  désordres  ,  au  même  étal  morbide.  L’époque 
à  laquelle  celte  pèricarditë  a  eii  lieu  est  difficile  à  déter¬ 
miner  ;  il  n’est  pas  impossible' toütèfoîs  que  la  fausse 
fluxion  de  poitrine  dbiit  le  malàdé  a-  dit  avoir  été  at¬ 
teint  ,  ri’ait  été  qu’une  inflammation  dû  péricarde  ,  dont 
le  caractère  aurait  été  mëcbùhü.  > 

PoHiorê  de' fémur ,  comprenant  son  tiers  supérieur^ 
provenant  du  moignon'  d’üri  individu  ampixté  d»  1 8 1 6 , 
examinée  à  là  fin  de  f  année  i  Séa.  —  Lai  portibn  du  fé¬ 
mur  qui  correspondait  à  réxtréniité  dii 'moignon  ^  présen¬ 
tait  plusieurs  aspérités ,  dont  unè  trës-rernarquablé',  longue 
d’ün  policé  environ ,  représentant  une  sorte  d’appendice 
stÿloïde  née  du  bord  interne  de  la  ligne  âpre  du  féinur, 
dirigée  dé  bas  ëh  haut  et  de  dehors  en  dedans  ,  süivant  la 
direction  des  ‘  insertions’  fibreuses  des  muscles  adduc- 
'téiOrSi’'  '  '  ■ 

'  Le  canal  médullaire  était  sain  dans  toute  sa  longueur, 
mais  il  présentait  une  particularité  remarquable  :  un  petit 
septum  osséux  ,  très-minice ,  ôrbiculaire ,  se  continuant 
avec  la  circonférence  du  canal  médullaire ,  en  fermait  in- 
férieuretnent  l’ouverture  ;  provenant  de  la  section  de 
J’osi'  ■  '  :  ^  .  oa,  a:  .. 

Outre  ces  dispositions  morbides ,  l’os  était  ramolli  et 
la  moelle  semblait  contenir  plus  dé  süc  fauileux  q[ue  dans 
l’état  nbfmaL‘a;‘'‘ '  '’i'' 

Il  est  permis,  éëtné'seinblé  ;  dé  pëhser  que  l’ossifica- 
lion  morbide  düî  ferniait  l’extréinîté  du  canal  médullaire 
dë'rdà'éïii'putê,  a'  éië  lé  '  résultat^  de  riiiflàmmàtion'  qui 
's’y'  ëst'^‘déTéld|»iiéé;i;'‘  iè'‘ërdîs‘‘ffiêmÿ^^  lès  dspérîjÈés  ét 
l’a jfpé'hdîfcfe  èlÿ  l'oidé  acéldéhtelë  ’,'qùi  sé  soiit  fbéMës  isbé'lë 
fém‘iir'^‘'^rè!s’"dè  sa'  86'iéïi6n‘y‘ïïé‘’jjëuvëili;“;èfie  ëgafecdè'nt 
attrïbïïés  à  ùfi'édi'ré‘aétiéh  iiiorbikè;'  i  onu:!!). 

iiibi  ivj  H  le  , uiH.'diàbéirie  eJib'raoi'çjq  üü:;  ■■  a  avojq 


ET  OBSERVATIONS.  55 1. 


Observations  de  rupture  de  [' œsophage ,  de  porfordiiôns 
de  L’estomac,  survendes  dans  un  cas  d'affection  aiguë 
de  cet  organe  ,  et  ' d’une  simple  ' déchirure  "‘survenue 
dans  un  cas  d’affection  cancéreuse  du  même  organe 
pendaM'des  effoi'ts  de  défécation  ;  par  M.  BbüiLLAUD  , 
élève  interne^  à  l’hôpital  Cochin. 

Première  observation.  —  Paréchaut  (  Piebrè  Ldtiîs) 
âgé' de  20  ans ,  foTlement  constitué  ,  quoique  pâle  et  ner¬ 
veux,  sujet  à  dès  tremblémens  musculaires,'  âffèclé  clè- 
puisl’âge  de  huit  ans  d’uri  écoülemeht  purulent  de  l’oreillé 
droite,  entra  à  l’hôpitgl  Cochin  le  8  mars  1822.  Depuis 
six  semaines  environ,  il  souffrait 'â  rëstOmàc  ,  sdètout 
après  les  repas  et  pendant 'la  nuit  :  mais’  il'  h’était'  alité 
que  depuis  quatTC  joursi  A  Son  enfèëé  if  présenta’ lés  s^ 
ptôm'es  suiv'àiis'':' tangue  ùn  péu'  r6u^ë''/-'àssez  diumicle', 
anorexie  ,  soif  î^fégion  dé  Tesïôtnàc  éliâiide  éf  dôùloü^ 
reuse  ,  conslipatioA'  i  poills  vif  ét'fréijliétit',' 'frissons  paSsa-^ 
gers;  ééphâlàlgtè sus^’orbiiâiré  ,  Ibtise'i'ùéh);  dèS'méthbrés’, 
réyès  Conliduels  pendant  là  nult''('èâli  üë^^oinilié  ï'édülci. , 
5e  sangs,  à  l’épig. ,  làvena.  j’diète')J  iié'liutîàde  néSoùfTrhnt 
plus  après  çetfe  àpplîcàtidn  eil  lüi  'Üêhha' üû  pbtigc  le 
soir.  Pour  là  preiùiérè  fois  ;  dépüis;4é4ôùâljiëtiéélnêh>l;^dè 
sa  naàlàdie',  il  épreuvà  un  VdtüiSSeiiîiéüïy  '  ’lié'  'IbfldéoiàïU  ', 
9  mars,  le  pouls  éStroide  ,  fréqüéntet  ià^W:è"('üée’ saignée 
du  'iras ■) .  Les  f  b’,'  11  et  12  ,  lésiVomisséiiiéfis' édiitîoiVé'nf  : 
le  'pools  est  toujours plein’,  fdrl;';  péù''fikbüédt.  'Le  iS  i'ak 
matin ,  trembleirient  .•  lè  màlàdé'i; -àÿHhf '  Volil'n  '  Sé^lëyééV 
chancelle  et  ne' peut  se'  sèüièiiir  ’pil  pferd  la  pàrol'é  et*  pVH- 
néû'cé'eh  balbutiant'  quelques  mots'iriint'éiligîblëà'  r  'éèfn^ 
misSuté  gauche  tirée  eh  haut  dt'éri'*  ^ehèra-)'  ■  îfh'pùksibi’Iiié 
dé  serrer' les  "èbjèls'  àvec  la  Ih'aih  di’oitéi’'l‘dcé  to'u jours 


,  MÉMOIRES  . 

pâle,  pupille  dilatée,  mobile;  regard  égaré  (saign.  du 
bras  ,  lavem,  purgat.  )  Le  i4.  épistaxis  :  le  malade  com* 
prend  nos  questions,  mais  ne  peut  répondre  :  il  s’impa¬ 
tiente,  s’agite  ,  se  roule  et  s’enfonce  sous  ses  couvertu¬ 
res  (saignée  du  pied ,  vésicat.  derrière  l’oreille  ,  dont  l’é¬ 
coulement  est  suspendu).  Le  i5,  alternatives  d’agitation 
et  d’assoupissement  ;  soupirs  et  gémissemens  fréqueUs  ; 
battemens  du  cœur  très-forts  ;  chaleur  de  la  peau.  Le  17, 
le  malade  s’obstine  à  rester  couché  sur  le  côté  droit,  il 
me  serre  fortement  la  main  avec. celle  qui  était  paralysée 
(la  droite)  ,  du  reste,  aucune  réponse  ;  soupirs  profonds, 
efforts  considérables  pour  rendre  les  matières  fécales 
dans  le  lit.  Le  18 ,  perte  absolue,  de  connaissance ,  face 
grippée ,  pupille  large ,  immobile;  pouls,  très-fréquent 
(i5o  puis.);  râle  muqueux  très-bruyan);;  la  bouche  n’est 
plus  déviée  ....  mort  à  9  heures*  , 

Autopsie  cadavérique,  24  heures  après  la  mort.  — 
Habitude  extérieure,:,  rigidité  cadavérique  très-forte. 
2,°  Tête.  Injection  des  méningés,  ventricules  latéraux  dis¬ 
tendus  par  une  grande  quantité  de  sérosité  trouble,  lactes¬ 
cente;  tissu  cérébral. un  peu  mou.  "b,"  Poitrine.  Des  gaz 
s’échappent  à  l’ouverture  du  côté  gauche  de  cette  cavité, 
le  poumon  correspondant  est  refoulé  en  dedans ,  la  cavité 
de  la  plèvre  contient  environ  deux  verres  d’un  liquide 
rouge  ,,bruoâtre,;  la  plèvre très-inje,C;lée ,  offre  plusieurs 
plaques  d’un  rouge  viL;  l’œsophttgv ,  un  peu  au-dessus  du  , 
cardia ,  et  à  gauche ,  présente  uae perforation  de  la  gran- 
.deurde  l’ongle,  et ,  un  peu  plus  haut. ,,  an  f  déchirure  d’an 
pouce  et  demi  de  longueur  par  laquelle  ^’est  répandu  dans 
le.  côté,  gauche  le  liquide  indiqué;  toutr,brrhieure  >  et  qui 
n’cst  autre  chose  qu’une,  partie  de  celui,  çqntenu  .dans 
l’estomac  ,  mêlé; dp i  sang  >  rien , de  pai|tipulie|t;  dansde  côté 
.droit  du  thorax.,.4[f  jd6dn»n6n,  JËn  ouvrant  ses  parois,  il 
s’est  dégagé  des  gaz  et;,une.certame  quantité  de  rnatièrc 


ET  OBSERVATIONS.,  553 

liquide  épanchée  dans  la  cavité  péritonéale.  L’estoniaC 
présente  ,  dans  sa  région  splénique  ,  quatre  perforations 
disposées  de  manière  à  former  les  quatre  angles  d’un  pa¬ 
rallélogramme  ;  la  plus  grande  a  la  largeur  d’un  centime  ; 
et  les  autres  sont  de  plus  en  plus  petits  ;  la  membrane  mu¬ 
queuse  ,  détruite  par  ulcération  ,  l’est  dans  une  bien  plus 
grande  étendue  que  la  membrane  séreuse,  qui  n’est  proba¬ 
blement  qiiè  rompue  ,  de  là  là  coupe  en  biseau  des  bords 
des  perforations.  D’ailleurs,  la  membranemuqueuse  gastri¬ 
que  est  généralement  rouge  et  injectée  ;  la  portion  du  pé^ 
ritoine  en  contact  avec  le  liquide  épanché  est  très-injeetée  ; 
la  membranè  muqueuse  de  l’intestin  grêle,  du  cæcum  et 
du  colon,  est  aussi  vivement  injectée,  et  d’ailleurs  saine; 
Le  conduit  auditif  externe  et  l’oreille  interne  sont  recoud 
verts  d’une  matière  purulente  peu  abondante.  ' 

Les  observations 'de  rupture  de  l’œsophage  sont,  comi 
me  on  sait ,  très-rares.  Celle  recueillie  par  rilIusfre  Dôer- 
haave  et  celle  que  M.  Guersent  a  fait  insérer  dans  lé 
Bulletin  de  la  Faculté  dé  Paris  (  1807) ,  sont,  je  crois i 
les  seules  connues.  Je  ne  chercherai  point  à  expliquer  là 
nature  des  perforations  de  Testomaç  que  nous  avons  trotii 
vées  chez  ce  sujet.  Je  ferai  seulement -reniarquér  qu’il  est 
probable  que  c’est  àux  efforts  de  vomissement  et  de  défé'- 
cation  qu’il  faut  attribuer  la  rupture  de  la  méinhrane  sé^• 
reuse  qui  devait  former  lè  fond  des  ulcérations  de  là  meoîi- 
brane  muqueuse,  il  n’est  pas  douteux  que  la  vaste  déchi¬ 
rure  de  l’oSsophage  dépend  aussi  des  efforts  de  vomissë- 
ment  ;  mais  cette  rupture  est-ejle  l’effet  de  la  contraction 
de  l’organe  lui-même,  ou  celui  de  la  contraction  des  muscles 
des  parois  abdominales?  M.  Lalleibahd  cite,  danssa  thèse, 
un  exemple  de  déchirure  de  l’estomac  à  la  suite  d’üne  indi^ 
gestion ,  et  il  donne  ce  fait  comme  preiive  de  la  conlrac- 
Hon  énergique  de  l’estomac  pendant  lefe  vomissemens.  Oh 
Veéra  dans  l’observation  suivante  un  exemple  de  rupture 


554  MÈMOÎB.ESET  O  BS,  E  R, V  A  T  I O  K  S, 

dp  l’pstpttiaç  en  quelque  sorte  mécanique ,  et  arrivée  pen¬ 
dant' des  efforts  de  défécation.  ; 

I)e.uxièmoobservalion.—:^olt&.  (  Antoine)  ,  âgé  de  6i 
ans  ,  entra;,à  rhôpitqljÇpchin, ,  le  aa  féyrier  1822.  Il  pré¬ 
sentait  les  symptôipes; d’une, affection  .cancéreuse  de  l’es- 
tpfnaç  et,;d’une;phl,hisîe;pulm9n,aire  ;  la  pecloriloquie  exis- 
taitr  au  soinmet)de  cfiaqpe  côté  du  thorax.  Toutefois ,  rien 
n’annonpail  une  mort  imnainente  .lorsque ,  sept  jours  après 
rentrée  du  malftde  „  je  fus  appelé  auprès  de  lui  à  une  heure 
du  malin.,  41  s’était;  levé  pour,  aller , à  la  garde-robe,  et 
après  dqs  efforts  Infructueux ,  41  perdit  tout-àTcoup  con¬ 
naissance.  ;Je  le;  trouvai  dans  l’état  suivant  :  figure  pâle 
et  inanimée;,,  ppif.  terne.et  obsc.urci,  ;pouls  in.sensible 
peau,  froide;,  celle  du  ;  visage  est  couverte  d’une  sueur  .gla¬ 
ciale  ,  respiration  rare  ,  légère , et, cppitn.fi.  Cfo.i.fi^®  fancune 
réponse  -  .  mort, quelque  temps,ap;tès, 

,  jiutopfie  cadavérique. —  hci  deux  ,  poumons  étaient 
tuberculeux  et;  creusés  à  leur  sonimet.  d’une  .ample  ca¬ 
verne  remplie, ;de  rnatières  tuberculeuses ,  et  tapissée  de 
deux  membranes  ,  dont  la  plus  profonde  ,  rouge,  adhé¬ 
rait  entièrement  au  tissu  pulmonaire  ,  ctG.  A  l’ouverture 
de  Tabdomep ,  il;s’'écpqla  une  grande  quantité  de  matière 
sale,  liquidie,, et. comme  boueuse t  le  péritoine  présente 
une  rpugeur,  tr^6-vive  , et, ponctuée  dans  l’endroit  où  ,il  est 
en  çpntact  aveÇjla  môfibre  épanchée  celle-ci  a  une  gran- 
de;;aqalogie,  avec  le  Uquide  .ppntenu  dans  l’estomac.  Cet 
organe,  présente;,  dans  sa  régien  pylorique ,  auprès  de  la 
petite  courbure;,  ].rme perforation  de  la  grandeur  d’une 
pièce , de  dix  sous ,  dont  les  bords ,  réguliers  ,  épais ,  sont 
taillés  en  b  iaea  U  a  ux .  dépe  n  s  de  la  ;  memb  r  a  nemuqueuse. 
Cette  perforalipmae  trpuye  comprise ,,dans l’une-;  des  extré- 
mités  ,  d’une  jlarge.ulcéçgtion,  de  forme  parabolique  ,.cir- 
nnnscrite  par,  un, bord, saillant  en  manière, de  bèurrelet  :  le 
fond  de  cette, ulcération  est  formé  par  le  pancréas  dont  la 


EXTBAITS  Et  ANALYSES.  555 

face  -antérieure  adhère  au  pourtour  saillant  qui  vient 
d’être  indiqué.  La  perforation  existe  précisément  à  l’en¬ 
droit  oîi  le  pancréas  se  termine  et  cesse  de  fournir  une 
nouvelle  paroi  à  la  portion  désorganisée  de  l’estomac. 
L’anneau  pylorique  sé  continue  avec  le  rebord  qui  cir¬ 
conscrit  Tulcération  :  celui-ci  est  d’un  tissu  blatte  ,  per¬ 
lé,  compacte  et  criant  sous  le  scalpel.  Dans  le  reste  de  son 
étendue,  l’estomac  présente  plusieurs  plaques  rouges  et 
comme  piquetées  de  sdog ,  qui  ne  s’effacent  point  par  des 
lavages  réitérés;  le  pylore  est  considérablement  rétréci  ; 
rien  de  particulier  dans  les  intestins ,  ni  dans  le  cerveau. 

Il  me  semble  évident;  que  là  perforation  de  restomac 
dans  ce  cas  s’est  opérée  ,  ou  plutôt  s'est  achevée,,  au  mo¬ 
ment  où  le  malade,  s’etant  levé  pour  aller  à  la  selle  ,  fit' 
des  efforts  très-considérables  et  infructueux  pour  rendre 
les  matières  fécales.  ‘  '  !  .  i 


EXTRAITS  ET  A  N  AL  Y  S  E  S. 


.  Eteposition,  de  td  Doctrine  de  J/.  BEttussAis. 

(Secbnd  articlé.  )'  ■  ^ 

'  .  ini 

Avant  la  réforme  que  M.  Broussais  vient  d’opérer  en 
médecine ,  on  n’avait  fait  aucune  attention  aux  types  divers 
que  l’irritation  peut  aRecter  j  et.on  n’avait  même  pas  mis 
en  question  s’il  était  possible  qu’elle  en  présentât  lin  autre 
que  le  continu.  Aussi  dans  le  grand  nombre  dos  proposi¬ 
tions  nouvelles  que  présenta  l’autéur  deinl’j^aîameîi,  au¬ 
cune  ne  causa  autant  d’étonnement' et  me  suscita  plus 
d’objections  que  celle  dans  laquelle  il  proclama  que  l’irri¬ 
tation' pouvait  être  intermittente  dans  tous  les  appareils 
et  dans  tous  les  systèmes  organiques.  Cette  assertion  fut 


S3Æ  (EXTRAITS  . 

lïijetée  95ec,fipifliâti!ptéjj  et  comme  si  elle  avait  été  yicto-i 
rie«séiïi6nt  .r4füitée  j  l’iateraûttettce;  des  affections  mor¬ 
bides  deyin.t;pl»s.,tard  le,  dçi'nioy, retranchement  des  par¬ 
tisans  de  J’e^seetiaUté  :d®s  fiàvfes.  Ils  ne  s’étaient  sans 
doute:  pas  aperçus,  que  cette  opinion  de  M.  Broussais  était 
une  de  celles  dont  il  était  le  pins,  facile  de  démontrer  la 
vérité.  ■ 

:  On  conçoit  dihicilement  que  l’objection  principale  qu’on 
loi  ait  opposée ,  ait  consisté  à  répéter  j  usqu’à  satiété  que 
l|on  ne  pouvait  pas  concevoir  l’intermittence  d’une  inflam¬ 
mation.  Concevons-nous;  davantage  la  plupart  des  autres 
phénomènes, de  l’organisme, jCt  peut-on  raisonnablement 
argner  de  l’impossibilité  d’expliquer  un  phénomène  contre 
son  existence  ?  Une  objection  de  cette  nature  est  indigne 
d’.ûne  réfutation et  dn  reste  il  ;ne  slagit  pas  de  constater 
l’existence  des  irritations  intermittentes  telle  est  surabon¬ 
damment  démontrée.  M.  Mongellaz  (i)  a  recueilli  dans 
lés-  auteurs  uü  nombre  considérable  d’observations  qur 
prouvent  que  toutes  les  fornies  de  l’irritation  qui  ont  été 
observées  sous  le  type  continu ,  l’ont  été  aussi  sous  les 
types  intermittens  et  rémiltens  ;  seulement  elles  étaient 
défigurées  par  les  poms  qu'on  leur  a  vait  imposés ,  el  par 
les  idées  que  l’on  s’étmt. faites  de  leur  nature;  mais  pour 
reconnaître  leur  caractère  Une  restait  plus  qu’à  comparer 
Ipurs  phénomènes  ét  les  altérations  qu’elles  produis’ent 
dans'les  parties  qu’elles  affectent ,  avec  ceux  des  irrita- 
Uons  continues.:  Nous  ne  parlerons  pas  des  inflammations 
intermittentes  que  L’on  a  observées  sur  la  peau ,  ét  sur  les 
origines  des  metiibranés  muqueuses  ;  l’inspection  seule 
suffit  pour  .y  constater  lés  phénomènes  par  lesquels  toutes 
les  autres  phlegmasies  se  manifestent.  Mais  arrêtons-nous 


Éssai  slir  lès  ItfitdUons  îHlèrmitléhtés  ,  ou  Ndàveitè  Tlièone 
Ués  nittiàdiès  ^étiodiques  ,  jfian'.-  '  >  "-i»  .  ' 


ET.4NAXYSES.  55ÿ- 

un  instant  à  celles  qui  ;  affectent  les  organes  întéfieüts  J  II 
est  incontestable ,  pour^tout  le  monde ,  qu’une  douleur  aii 
côté  ,  accompagnée  de  toux  ,  de  dyspnée,  de  chaleur  à  la 
peau  et  de  fréquence  du  pouls  ,  est  le  signe  d’une  pleu¬ 
résie.  Or,  si  nous  observons  exactement  les  mêmes  phé¬ 
nomènes  pendant  plusieurs  heures ,  qu’ils  cessent  pendant 
un  jour  ou  deux,  pour  reparaître  et  cesser  encore;  si , 
lorsque  la  maladie  se  termine  par  la  mort,  nous  rencon¬ 
trons  dans  la  plèvre  les  mêmes  altérations  qu’après  les 
autres  inflammations ,  nous  sommes  en  droit  de  conclure 
que  c’était  une  pleurésie  intermittente,  ou  bien  il  faut 
renoncer  à  tout  ce  que  l’induction  peut  nous  fournir  ;  or, 
des  faits  de  ce  genre  ont  été  recueillis  par  tous  les  obser¬ 
vateurs  ,  mais  ils  étaient  dénaturés  ,  parce  que  les  retours 
périodiques  de  la  fièvre  concomitante  fixaient  seuls  l’atten¬ 
tion  ;  on  ne  s’occupait  quC  de  symptômes  ,  et  on  ne  réflé¬ 
chissait  pas  qu’ils  ne  sont  que  les  conséquences  de  l’action  ' 
des  organes.  Ainsi  on  voyait  'dans  une  pneumonie  ou  Une 
pleurésie  intermittente,  une  fièvre  intermittente  avec  con¬ 
gestion  intermittente  aussi ,  dans  le  poumon  ou  la  plèvre; 
mais  c’était  déjà  reconnaître  que  les  affections  morbides 
locales  pouvaient  prendre  ce  type  ;  or^  que  l’on  donne  à 
cette  affection  le  nom  de  congestion  ou  tout  autre,  on 
nous  accordera  toujours  que  c’est  une  modification  de 
l’action  organique.  L’irritation  n’est  pas  autre,  chosé  ; 
pourquoi  donc  ne  pourrait-elle  pas  être  întermittehté'? 

On  a  poussé  si  loin  l’aveuglement  sur  ce  point  de  pa¬ 
thologie,  que  lorsqu’on ‘a  rencontré  une  affection  périd-’ 
dique  sans  fièvre ,  on  a  voulu  que  ce  fût  toute  autre  chose  ‘ 
que  la  lésion  que  l’on  voyait ,  et  l’on  a  prétendu  que  c’était  ■ 
nnn  fièvre  intermittente ,  sé  manifestant  sous  là  Hdrmc 
d’une  névralgie ,  d’une  hémorrhagie ,  d’un  érysipèle  ,  etc.  ; 
enfin  ,  une  fièvre  locale  ^  mais  une  fièvre  larvée, 
ment  a-t  on  pu  voir  une  fièvre  là  où  il  n’y  avait  ni  chaleur 
1.  ■  55 


5^3  EXTRAITS 

d!0  la^ppaft  J  ni  fréquence' du, poub,  ni  aucun  des  autres 
phénomènes  pyrétiques  ?  parce  que  Ton  était  préoccupé 
de  cette  idée  qu’il  ne  pouvait  y  avoir  que  les  fièvres 
fussent  intermLttentes  ;  il  fallait  alors  ployer  les  faits  à  la 
théorie  pour  les  faire  entrer  dans  le  cadre  tracé. 

Observons  encore  que  rien  n’est  plus  rare  qù’une  irri¬ 
tation  parfaitement  continue,  Ne  sait-on  pas  que  toutes 
les  irritations  pyrétiques  présentent  une  exacerbation  qui 
revient  chaque  jour ,  et  à-peu-près  aux  mêmes  époques  ? 
Ne  sait-on  pas  aussi  qu’il  n’existe  point ,  de  l’aveu  des  au¬ 
teurs,  àü  ftèvrc  continente ,  c’est-à-dire  ,  d’une  intensité 
parfaitement  égale  à  toutes  ses  époques  ;  que  celles  qui  sont 
continues  par  excellence  offrent  toujours  des  exacerba¬ 
tions  le  soir  ;  et  si  toutes  les  fièvres  ne  dépendent  que 
fl’une  irritation  locale ,  n’est-cp  pas  reconnaître  les  exacer¬ 
bations  et  les  rémissions  de  l’irritation  ?  Si  celles-ci  et 
celles  là  sont  plus  marquées  ,  qu’un  frisgon  marque  le 
retour  des  premières,  on  dit  qu’il  y  a  rémission;  or, 
quelle  autre  différence  y  a-t-il  de  la  rémittence  à  l’inter¬ 
mittence  ,  que  celle  du  moins  au  plus  ? 

Les  irritations  peuvent  donc  être  continues  ,  intermit¬ 
tentes  et, rémittentes.  Quel  que  soit  le  type  qu’elles  affec¬ 
tent  ,  elles  sont  identiques  dans  leur  nature ,  leurs  phé- 
nomènés  locaux  et  sympathiques  leurs  résultats  et  leurs 
causes  sont  les  mêmes  ;  cependant  les  vicissitudes  atmos¬ 
phériques  et  les  miasmes  marécageux  donnent  lieiT  plus 
souvent  aux  irritations  intermittentes  et  rémittentes 
qu’aux  continues,  mais,  en  définitive,,  les  unes  et  les 
autres  ne  diffèrent  entr’elles  que  par  le,  type.  L’intermit¬ 
tence  ,  du  reste ,  n’a  rien  de  plus  extraordinaire  que  la 
contintiité,  et  nous  ne  croyons  pas  que  l’on  doive  attacher 
beaucoup  d’importance  à  s’en  rendre  raison.  Dans  une 
analyse  (i)  remarquable  de  l’ouvrage  de  M.  Mongellaz  , 
Xi)  Annales  dé  Médéciné  pHysioldgique  ,  1. 1 ,  p.  i  i6  et  suiv. 


ET  ANAIYSES.  53g 

M.  le  docteur  Roche  s’est  efforcé  d’expliquer  la  cause  de 
l’intermittence,  en  essayant  de  pronrerque  les  irritations 
qui  affectent  ce  ■  type  sont  préparées  et  produites  par  des 
causes  intermittentes  dans  leur  action,  et  qu’elles  sont 
entretenues  ou  par  le  renouvellement  de  ces  causes,  ou 
par  l’habitude  qui  produit ,  comme  ou  sait,  une  tendance 
manifeste  à  la  répétition  des  mêmes  actes  ,  ou  bien  par 
ces  deux  causes  réunies.  On  suivra  avec  plaisir  M.  Roche 
dans  le  développement  de  ces  propositions  qu’il  a  présentées 
avec  beaucoup  de  talent ,  et  si  ses  raisonnemens  ne  pa¬ 
raissent  pas  convaincans,  on  les  trouvera  du  moins  très- 
ingénieux.  Quoi  qu’il  en  soit,  il  est  difficile  de  penser  avec 
ce  médecin ,  qu’il  ny  a  rien  de  mystérieux  dans  l’inter¬ 
mittence  des  maladies  ,  car  il  faut  avouer  que  parmi  les 
causes  qui  produisent  des  affections  périodiques,  il  en  est 
beaucoup  qui  se  dérobent  à  sa  théorie  ;  il  est  vrai  que  la 
sagacité  de  M.  Roche  pourra  faire  pour  celles-ci  ce  qu’elle 
a  déjà  fait  pour  les  autres'. 

Après  ces  considérations  sur  les  causes,  les  phéno¬ 
mènes  locaux  et  généraux ,  et  les  divers  types  de  l’irrita- 
tation,  nous  devons  exposer. les  principes  généraux  de  son 
traitement.  Il  est  soumis  à  un  certain  nombre  de -règles 
applicables  atix  différentes  formes  qu’elle  présente  ^  sui¬ 
vant  qu’elle  affecte  spécialement  les  vaisseaux  sanguins  , 
les  lymphatiques  ou  les  capillaires  nei*veux ,  et  en  résumant 
ici  ces  principes ,  il  nous  suffira  dans  la  suite  d’indiquer 
les  modifications  particulières  que  chacune  de  ces  formes 
exige  dans  son  traitement.  ' 

Parmi  les  grandes  modifications  que  le  professeur  du 
Val-de-Grâce  a  'apportées  au  traitement  des  maladies ,  et 
dans  le  nombre  des  préceptes  qu’il  a  donnés  à  cet  égard  , 
nous  devons  d’abord  signaler  le  soin  qu^il  a  pi'is  de  coni- 
bhttre  la  méthode  de  l’expectation  généralement  ^ivie 
dans  le  traitement  des  maladies  ,  lors  de  la  publication  du 
3b.. 


5j|H)  EXTRAITS 

premier  Examen.  En  rappelant  l’autocratie  de  la  nature 
aü  respefet  des  médecins,  et  en  s’élevant  avec  raison 
contre  l’activité  perturbatrice  que  le  brownisme  avait  ac¬ 
créditée  ,  la  Nosographie  philosophique  jeta  les  praticiens 
dans  un  excès  opposé  ,  en  leur  faisant ,  pour  ainsi  dire , 
une  loi  de  se  borner  dans  le  traitement  des^maladies  aiguës , 
à  prescrire  des  soins  hygiéniques ,  et  à  éloigner  toutes 
les  influences  qui  pouvaient  s’opposer;  à  l’intervention 
d’une  crise  salutaire  ;  aussi  les  moyens  les  moins  énergi¬ 
ques  étaient  employés  avec  la  plu&  grande  réserve’  contre 
les  phlegmasies  les  plus  intenses.  Si  des  irritations  révul¬ 
sives  survenuesspontauémentn’arrêtaientpasleur  marche , 
elles  devenaient  souvent  funestes  ,  ou  bien  si  ce  traite¬ 
ment  diminuait  l’intensité  de  l’inflammation ,  elle  passait  , 
dans  beaucoup  de  cas ,  à  l’étal  chronique.  La  maladie , 
comme  nous  le  fait  remarquer  M.  Broussais  ,  changeait 
presque  toujours  alors  de  nom;  son  véritable  caractère 
n’était  plus  connu  :  cependant  l’irritation  continuait  ses 
progrès  ,  la  désorganisation  du  tissu  arrivait;  on  substi¬ 
tuait  alors  le  mot  de  phthisie  à  celui  de  pneumonie  ;  les 
noms  d’engorgemens  viscéraux  ,  d’obstructions  à  ceux'  de 
péritonite ,  d’hépatite.  Bientôt  leS  sympathies  se  rallu¬ 
maient;  le  mot  de  fièvre  hectique  était  aussitôt  prononcé; 
les  stimulans  étaient  administrés  pour  soutenir  les  forces 
et  entraver  les  progrès  do  la  consomption ,  et  la  mort  de¬ 
venait  le  résultat  inévitable  de  l’altération  profonde  que 
les  viscères  avaient  éprouvée. 

Sans  doute  que  dans  les  temps  où  la  nature  et  le  siège 
du  plus  grand  nombre  des  maladies  étaient  ignorés ,  et  où 
le  mode  d’aption  des  agens  thérapeutiques Rvait  été  qncore 
peu  étudié,  l’expectation  était  préférable  à  l’emploi  empi¬ 
rique  des  moyens  perturbateurs  et  des  substances  médi- 
caïqfinteuses  dont  on  n’avait  pas  suffisamment  encore  ap¬ 
précié  l’influence  dans  les  différentes  maladies  ;  mais  au- 


ET  ANALYSES.  54i 

jourd’hui  un  trop  gi’and  nombre  de  ces  secrets  nous  est 
dévoilé ,  pour  que  nous  ne  devions  pas  nous  imposer  le 
devoir  rigoiireux  de  mettre  en  usage  toutes  les  ressources 
que  nous  possédons  pour  arrêter  la  marche  des  maladies  , 
et  éviter  les  conséquences  funestes  qu’elles  peuvent  en¬ 
traîner.  II  est  remarquable  que  les  eæpecïÆJiîtsîes  malgré 
leur  respect  Inviolable  pour  Hippocrate  ,  s’écartent  beau¬ 
coup  de  leur  modèle ,  et  sont  loin  de  s’astreindre  è  la  mé¬ 
thode  du  Père  d#  la  médecine.  Ils  renoncent  en  effet  à 
l’expectation  ,  dès  que  les  phlegmasles  Raccompagnent 
de  la  débilité  musculaire  et  de  l’irritation  du  système 
nerveux  (adynamie  et  ataxie)  ,  et  ils  recourent  alors  en 
toute  hâte  aux  stimulons  les  plus  énergiques  et  à  tous  les 
moyens  les  plus  évidemment  perturbateurs.  On  les  voit 
aussi  administrer  l’émétique  au  début  de  presque  toutes 
les  maladies  ,  sous  le  prétexte' de  débarrasser  l’estomac 
des  liquides  qui  pourraient  exercer  sur  lui  une  influence 
fâcheuse,  et  ce  n’est  qù’apfès  l’emploi  des  vomitifs  qu’ils 
se  bornent  avec  sécurité  aux  soins  de  la  diététique.  Mais 
nous  IcUr  demanderons  si  l’innocuité  de  l'émétique  est 
telle ,  que  l’on  puisse  ranger  son  administration  dans  les 
principes  de  l’expectantisme.  On  voit  donc  que  chez  les 
médecins  do  nôtre  époque ,  cette  méthode  ne  proscrit , 
pour  ainsi  dire,  que  les  moyens  aiîtiphlogistiques  actifs  ; 
d’où  l’on  est  en  droit  de  conclure  que  si,  dans  lenfance 
de  l’art,  l’ignorance  où  l’on  était  plongé  sur  la  nâture  des 
maladies  et  l’action  dès  médicainens  dut  faire  naître  l’ex¬ 
pectation  ,  elle  ne  fut  remise  en  vigufiur  dans  ces  derniers 
temps  que  par  la  crainte  des  symptômes  d’adynamie  et 
d’ataxie  dont  on  attribuait  le  développement  à  l’emploi 
des  antiphlogistiques  que  la  confiance  dans  les  crises  fai¬ 
sait  d’ailleurs  juger  peu  nécessaire.  Mais  pourquoi  atten¬ 
dre  des  efforts  de  la  nature  Un  succès  douteux  ,  quand 
l’emploi  des  moyens  qui  peuvent  le  produire  est  sans  dan- 


542  EXTRAITS 

ger  ?  Les  crises  n’ont  pas  ;lieu  dans  tonies  les  maladies; 
quand  elles  surviennent  elles  ne  sont  pas  toujours  salu¬ 
taires  ,  et  quelquefois  même  elles  sont  funestes  ,  comme 
dans  les  cas  où  l’irritation  révulsive  qui  les  constitue  s’é¬ 
tablit  dans  un  organe  plus  important  que  celui  qui  était 
primitivement  affecté ,  et  alors  ,  comme  le  remarque 
M.  Broussais  (i) ,  n’est-il  pas  utile  de  lès  prévenir  et  im¬ 
prudent,  de  les  attendre?  Enfin,  n’avons-nous  pas  vu  (2) 
que  le  plus  souvent  les  phénomènes  tippelés  critiques 
sont  l’effet  et  non  la  cause  de  la  cessation  des  affections 
morbjdcs  dans  lesquelles  on  les  observe  ? 

Les  nombreuses  recherches  de  M.  Broussais  sur  les 
phlcgmasies  chroniques  l’ont  convaincu  que  le  plus 
grand  nombre  des  inflammations  n’arrivait  à  cet  état. que 
parce  qu’elles  avaient  été  mal  traitées  à  leur  origine  ,  et 
que  l’art  de  prévenir  les  désorganisations  des  tissus  n’était 
autre  que  celui  d’arrêter  les  irritations  aigiiës  que  l’on  doit 
combattre  avec  d’autant  plus  d’activité  qu’elles  peuvent 
entraîner  plus  de  danger.  On  ne  doit  abandonner  à  elles- 
mêmes  que  celles  qui  affectent  des  tissus  peu  importans 
et  celles  qui  sont  légères;  mais  lorsqu’elles  ont  leur  siège 
dans  les  viscères ,  quelque  peu  d’intensité  qu’elles  aient  , 
on  doit  toujours  les  combattre  dès  leur  début  ,  car  trop 
souvent  il  arrive  qu-ubandonnées' ià  , elles-mêmes  ,  elles 
prennent  un  degré  de  gravité  contre  lequel  toutes  les  Res¬ 
sources  de  l’art  peuvent  devenir  impuissantes.  On  peut 
encore  rester  dans  l’expectàtion  au  début  des:  maladies  , 
quand  leurs  symptômes  ne  sont  pas  assez  prononcés  pour 
faire  connaître  leur  siège  et  leur  nature  ,  et  que  flétat  du 
malade  n’inspire  aucune  crainte. 

Il  ne  suffisait  pas  d’avoir  imposé  aux  médeèins  la  loi 


‘fl)  Examen  ,  ^copaa.  CCLXJlI. 

(2)  Premiei:  article  ,  t,  I  de  ce  Jourual ,  p.  23o. 


ET  ANALYSES. 

de  combattre  J  dès  leur  début ,  la  plupart  des  îrritatioaé'; 
M.  Broussais  a  donné  à  ce  ^précepte  une  extension  (jéii 
ajoute  encore  h  son  importance  :  il  veut  que  l’on  ne  s’air- 
rête  que  lorsque  l’irritation  a  ;cédé  ,  ou  que  l’op  est  cer¬ 
tain  qu’elle  va  bientôt  le  fâireJ  S’il  est  dès  médecins  que 
le  danger  des  , inflammatifims  des  viscères  ne  frappe  pas  ,.et 
qui  ne  leur  opposent  que  desmoyens  impuissaHs  ,  il  en  est 
un  plus  grand  nombre  qui  combattent ,  il  est  vrai ,  :avec 
activité  ,  les  irritations  à  leur  début ,  mais  qui  croient 
avoir  assez  fait  lorsqnUlson  ont  modéré 'la  violence  ,  et  qui 
abandonnent  à  la  nature  le  soin  d’achever  la  éurë'v  Si , 
quelquefois  leur  confiance  dans  'les'  /wnes  méètîeWti^ib'es 
n’est  pas  trompée  ,  dans  conabien' de  cas  aussi  n^est-ellc 
pas  devenue  funeste  aux 'malades ?  On -Sait  itvec'jqtïélîe 
facilité  les  irritations ,  calmées  -dlabord  j  'répr’enhéat  'âa 
bout  de  quelque  temps  de.rémilssion  ,  lèiir  prërtiiér  'état 
d’acuité.  Alors  l’époque  détl’mvasion  eSt'  plns  éloignée ,  le 
malade  ia  moins  de.  forces ,  et  là  '  crainte  de  rafraiblifida- 
■vantagedait  .triompher  la  1:00431106' à d’expectationt  'Sf, 
;dàns  ioancoup  de  pas  ,  ripritatioh  '  li’éprouW^pâs'  de 
-réotmclescence y d&as  un  grand  nombre  ddssi'élle’rè'sièàu 
degré  où.  le'.médecin  l’a  faitrdesccridre  ;';eHé‘dei«ieûtdhfU- 
nique  ,  et  alors  le  traitement  présente  avec  plus  de  difil- 
.cultés'beaucoup îmoins  de  chamcésdé'SüCcèSi  un 

Toutes  les  irritations  graVës  doivent  donc  être  cOnibat- 
lues  avec  opiniâtreté  jusqu’à  léur  disparition  ,  ën  propor¬ 
tionnant  habilement  àleur' intensité  décroissanteTënetgie 
desmoyens  qu’on  leur  oppose.  M.  Broussais  en  à  doniid  le 
précepte  et  l’exemple  ,■  et  ceux  qùi  oüt  slliti  sa  pratique 
ontpu  sdssürerjdes  heureux  ré&ultüts  de  céttë  'tnéthôde. 
Les  convalescenoes-  des  malades  qùî  'ÿ 'tmt  4fé' -soumis 
sont  beaucoup  plus  courtes  que  celles  des  sujets  qui , 
ayant  été  traités  avec  moins  dmctivilé  ,  ont  conservé  plus 
long-temps  leurs  maladies.  «  Ce.  nfe -sont  point  les  pertes 


544  :?EXTiïAITS 

:dç,  9àng,  dit  M.  Broussais  (i),  qui  prolongent  les  conva¬ 
lescences»,  ce  sont  les  points  d’irritation  qui  restent  dans 
les  viscères  ;  et  souvent  les  stimulans  et  les  prétendus  to¬ 
niques  què  l’on  s’empresse  de  prodiguer  afin  de  réparer 
ules  forces  que  l’on  vient  d’enlever  par  la  saignée ,  contri¬ 
buent  à  entretenir  ces  foyers  chroniques  de  phlegmasies , 
et  h  rendre  lè  rétablissement  plus  difficile,  j  Disons-le, 
on  a,  trop  exagéré  la  crainte  de  la  faiblesse  après  un  traite¬ 
ment  antiphlogistique  actif  j  c’est  un  des  maux  nombreux 
que  le  brownisme  a  enfantés  ,  et  cette  terreur  agite  en¬ 
core  ceux  qui  ont  rejeté  les  stimulans  dans  les  cas  où  le 
réformateur  Ecossais  les  préconisait. 

; , -Nous  avons  vu  précédemment  (2).  qu’il  était  rare  que 
l’irritation  parvenue. à  un,  .certain  .  degi'é  d’intensité  se 
i;bornât:à,.son  siège, primitif,  et  que  les  sympathies  l’éten¬ 
daient  ordinairement  alors  à  d’autres  organes.  Ces  irrita¬ 
tion  &:SeCondaires  cessent  quand  elles  sont  légères  avec  celle 
.  q;u?,lés;a,.suscitées  et.  qui  lès  entretient,; et  il  suffit  dans  ce 
cas  de  corobattrè  celle-ci  pour  voir  les  autres,  disparaître. 
Mais  nous  avons  remarqué  aussi  que  fréquemment  elles 
devienneütindépendantes  de  celle  qui  leur  a  donné  nàis- 
-Saneo:  ; ,  qu’elles  persistent  après  sa  disparition  ,  et  que 
-quelquefois  même  .elles  la  reproduisent  par  .  les  sympa¬ 
thies  qu’elles  suscitent  è, leur.  tour.  iiEUesi'doivent  alors 
-fixer  particulièrement  l’attention  du  médecin  .qui  doit  les 
combattre  avec  autant  d’activité  et  de  persévérance  que 
si  [elles  étaient  primitives.  Quand  l’irritation  sympathique, 
devenue  plusjntense  que  la  première  affection  ,  paraît  en 
opérer,  la  révulsion  ,  elle  doit  être  respectée  ,,  si  elle  est 
survenue  dans  un  organe  où  elle  n’est  pas  plus  fâcheuse 
que  dans  le  premier;  mais  dans  ces  circonstances  même. 


lomeli  ,'p4  So3,  ■ 

,(.a)  .Preinier  arlidje ,  ti  p.',2a4  elsiuv. 


ET  analyses.  545 

elle  doit  être  modécée  par  les  moyens  appropriés ,  si  elle 
prend  une  intensité  telle  que  l’en  puisse  craindre  le  retour 
de  Taffeclion  dont  elle  était  devenue  révulsive.  Il  est  su¬ 
perflu  de  dire  que;  toutes  les  fois  que  cette  révulsion  s’o¬ 
père  sur  les  viscères,  il  faut  la  combattre  avec  énergie  , 
en  s’attachant  sur-tout  à  reproduire  l’irritation  extérieure 
qui  a  disparu. 

On  dort  commencer  le  traitement  des  irritations  comme 
celui  de  toutes  les  maladies,  par  la  soustraction  des  causes 
productrices,  et  ici  il  faut  écarter  l’influence  des  agons 
stimulans  médiats  oU  immédiats  îqui  entretiennent  l’irrita¬ 
tion  après  l’avoir  provoquée.  ’ 

Les  rnoyens  propres  è  faire  cèssér  les  ■  irritations ,  dilTé- 
rant  par  leur  nature  et  leur  mode,  d’action  ,  peuvent  être 
rapportés  à  trois  ordres  qui  constitüént  aüta.dt  de  méthodes 
antiphlogistiques  :  i.*  les  débilitans  j  l.°  les  irritans  ré¬ 
vulsifs  ;  5,°  les'  stimulans  appliqués  sur  le 'Siège  même 
de  l’irritation.  Les  premiers  agissent  en  diminuant  direc¬ 
tement  dans  la  partie  malade  l?énergie  de  l’excitation  ;  ce 
•senties  véritables  contre-stimulâns  :  leS' seconds ,  en  pro¬ 
duisant  dans  un  autre  point  une  irritation  qui  fait  Cesser 
celle  à  laquelle  on  l’oppose.  Le  tnodê  d’aotion'des  der¬ 
nières  est  peu  connu  i'  et'  ne  '  peut  que  difllcilement  être 
apprécié.  Enfin  ,■  on  doit  jbiüdre'  à'ices  nïoyens  les  agéris 
qui  jouissent  de  propriétés 'spécifiques  contre  certaines 
irritations,  ou  du  moins  dontd’efficacité  est  presque  con¬ 
stante  ,  et  dont  le  mode  d’action  est  inappréciable.  Jetons 
un  Goup-d’œll  sur  les  moyens  que  chacune  de  ces  mé¬ 
thodes  emploie ,  et  signalons  les  principales  circonstances 
qui  déterminent  le  choix  de  Tune  'd’entr’elles  dans;  le 
traitement  des  différentes  formes  ded’irPitatioll, -  '  '■  •■';' 

1.  Les  débilitans' sont  des  meyerts  qui  dépo'üillènt  l’éco¬ 
nomie  des  principes  de  la  nfitrition '  Ou  qui  exércent  'Sür 
les  tissus  une  influence  opposée  à'  colle^des  stimulans  ;  tels 


546  EXTRAITS 

sont  la  diète ,  la  saignée  générale  et  la  saignée  locale  ,  l’in¬ 
gestion  des  boissons  chargées  d’un  principe  mucilagineux , 
l’application  extérieure  des  liquides  de  même  nature, et  du 
froid  ;  enfin ,  le  Tepos  plus  ou  moins,  parfait  des  organes; 
car  encore  bien  qné  la  .suspension  de  la  fonction  d’une 
partie  n’empêche  pas  soir,  taction  organique, j  pn  ne  peut 
nier  que  celle-ci  soit  plus  forte  quand  la  première  s’exerce. 
La  douleur  que  provoque  l’exercice  d’une  partie  Irritée  , 
la  diminution  de  nutrition  qu’éprouvent  les  organes  , con¬ 
damnés  à  l’inaction ,  et  son  augmientation  dans  des  cir¬ 
constances  opposées  ;>enfin  rircitation  queproduit  souvent 
l’exercice  exagéré  d’un  organe.j,  le  démontrent  évidem¬ 
ment,  et  doivent  faire  regarder  le  repos  . comme  , un  moyen 
anti-irritatif  puissant.  . 

Tous  ces  agensconcourent  ordinairement  au  traitement 
des  irritations  sanguines  aiguës c’esUà-dire ,  de-  celles  qui 
entretiennent  des  sympathies.  .Nctis-nous  bornerons  ici -à 
indiquer  d’après  quels -principes- Mi  Broussais  détermine 
la  préférence  à  donner  aux  saignées .  générales  ou  aux  sai¬ 
gnées  locales,  dans  le- traitement, de  l’irritalion  des  vais- 
-rseauxs'allgüins.opf.im! 

-  ;Qn  conçoit  difficilement  qne.  ibeauooup  de  médecins 
aient  .consérvé  de  r.inçeplitude  sur  .®e:poin:t  de  thérapeu¬ 
tique  j,rétq;u’-un;plu8,gfiand;Bbmb,rjé:enooreiéniplciiej;;pres- 
€|u’exclusiyementv'la  .phlébot.omiè;.o.u:la  sàign,ée  capillaire. 
Cepeadantâliest  hien  Mèmarquablei<,que;îles  irritations  ides 
tissus,  membraneux: îne -.cèdent  iqué  très-dilDcilement  ;anx 
saignées  (générales  pratiquées  même  a  vecii  profusion  et 
qu’elles  ont  le  i grandi  linconvémont'-d’alFaîblir  -beaucoup 
des  ma'ladeià  ,  eti.  'pour  .ainsi,  dire.; ,  en  père,  perte ,  itandis 
qu’on  emploie  dans  oés  «as  avec  ile  plus  grand  sucoèsdes 
saignées  ijooalesi  Les  irritations  isanguines  des  membranes 
nécessitent  cejpendant  .qùelquofbis  Ja  phlébotomie  ,i .mais 
ce  n’est  .que  loraquül.exisle  chez,  les,  malades  une  prédo- 


ET  analyses.  547 

minance  du  système  sanguin.  On  observe  alors  ,  si  l’irrita¬ 
tion  ,  est  vive  ,  une  turgescence  «sanguine  générale;  la 
face  est  Injectée ,  la  peau  colorée  ;  le  pouls  est  plein ,  dur 
et  fréquent.  On  doit  opposer  à  ces  Symptômes  une:  ou  plu¬ 
sieurs  saignées  générales  ;  mais  elles  ne  dispensent  pas  de 
recourir  à  la  saignée  locale  qui ,  dans  ces  circonstances 
même ,  suffit  quelquefois  quand  elle  entraîne  une  grande 
déperdition  de  sang.  Dans  les  irritations  aigiiës  dea  orga¬ 
nes  très-riches  en  capillaires  sanguins  (tissus  parenchy¬ 
mateux  ) ,  les.  saigné|a  générales  sont  au  contraire  beau¬ 
coup  plus  efficaces  que  les  autres;  elles  ont  l’avantage  de 
soustraire  rapidement  au.  système  vasculaire  une  grande 
quantité  de  sang  j  et  d’étendre  leur  influence  jusqu’il 
l’organe  malade  lüi-méme ,  eflet  que  serait  loin  de  produire 
l’écoulement  lent  et  peu  abondant  des  saignées  locales 
qui  peuvent  cependant;  être  employées  aussi  avec*  succès 
dans  le  traitement  des  inflarania lions  des  tissus  paren¬ 
chymateux  lorsqu’elles  ont  été  précédées  des  , saignées  gér 
nérales  ,  que  le  malade  cominpnce  è  s’affaiblir  ,  et  que 
l’irritation  n’est  plus  assez  intense  pour  provoquer  des 
sympathies.  Les  effets  des.  saignées  géirépales  èt',  desvsair 
gnées  capillaires  présentent  donc  entr’eui^jde,  g.randes' dif¬ 
férences  :  les  premières  n’agissent  sut -lçs  ;;iissus  irrités 
que  par  la  déperdition; sanguine  qu’eUesieat;ra.înent  ;,  lës 
autres  ,  au  contraire,,  ôütre  cette  action  ,  exercenb  évi- 
demment  une  révulsion  sur  la  partie  où  on  les  pratique  , 
par  l’irritation  que  provoquent  dans  celle-ci  Ips  moyens  à 
l’aide  desquels  on  les  opère.  Gomment  éoneevoir  .autre¬ 
ment  l’effet  vraiment*  surprenant  d’une  application  de 
sangsues  au  cou  ou  h  l’épigastrê  ,  dans  uné  angine  oü  une 
gastro-entérite?  Ce  n’est  pas  la  perte  Seule  du  sang  qui  le 
produit;  nous  savons  quq  la  soustraction  ,d’une  biqn  plus 
grande  quantité  de  ce  liquide,  par  l’ouverture  d’une  veine, 
n’a  pas  cet  heureux  résultat.  D’un  autre  côté ,  tous  les 


548  EXfHAITS 

praticiens  savent  quel  serait  l’effet  de  l’application  d’un 
vésicatoire  à  l’épigastrê ,  au  cou  ou  sur  le  sternum ,  contre 
une  gastrite,  une  angine  ou  une  bronchite  aiguës  :  une 
méthode  aussi  intempestive  aurait  les  conséquences  les 
plus  graves.  On  ne  peut  donc  pas  plus  assimiler  l’action 
des  sangsues  ou  des  ventouses  scarifiées  à  celle  des  stimu- 
lans  révulsifs  ,  qu’à  celle  des  saignées  générales ,  mais  on 
peut  dire  qu’elle  participe  de  celle-ci  et  de  celle-là.  Re¬ 
marquons  en  effet  que  l’irritation  cutanée  que  produit  le 
scarificateur  ou  la  piqûre  des  sangsues ,  est  incessam¬ 
ment  contrebalancée  par  la  saignée  capillaire  qui  l’acconî- 
pagne ,  et  que  si  elle  est  assez  vive  pour  faire  cesser  l’irri¬ 
tation  à  laquelle  bn  l’oppose,  elle  ne  peut  l’être  assez  pour 
provoquer  des  sympathies  qui  retentiraient  dans  les  par¬ 
ties  les  plus  sensibles ,  et ,  par  conséquent ,  dans  celle  dont 
on  combat  l’irritation  effet  que  produit  presque  toujours 
le  vésicatoire  opposé  aux  irritations  aiguës.  Ajoutons  en¬ 
core  une  preuve  en  faveur  de  cettë  opinion  :  on  sait  que 
l’application  d’un  petit  nombre  de  sangsues  opposées  à 
une  pleurésie ,  Une  angine  ou  une  gastrite  aiguës,  ajoute 
souvent  à  leur  intensité.  Comment  ce  résultat  pourrait-il 
avoir  lieu  ,  si  cè  n’est  par  l’influence  sympathique  que 
provoque  l’irritation  cutanée  qu’ün  écoulement  trop  faible 
de  sang  ne  contrebalance  pas  assez  ?  : 

■Nous  avons  dit  que  l’ensemble  des  moyens  débilitans 
devait  être  le  plus  souvent  opposé  aux  irritations  sanguines 
aiguës;  il  n’en  est  plus  de  même  quand  les  sympathies 
qu’elles'süscitaient  sont  éteintes ,  et  que  leurs  symptôines 
locaux  ont  aussi  perdu  de  leur  intensité.  Les  saignées  ca¬ 
pillaires  secondées  des  adoucissans  ,  dU  repos  des  organes 
malades  ,  et  une  diète  plus  ou  moins  sévère ,  composent 
le  traitement  qu’on  leur  oppose  quand  elles  sont  arrivées 
à  cet  état. 

Les  irritations  nerveuses  (  névroses  actives  )  réclament 


et  ANAtYSES.  549 

souveût  (  Comme  les  sur-excitations  sanguines  ,  l’emploi 
exclusif  des  moyens  de  cet  ordre  ,  car  nous  verrons  dans 
la  suite  que  souvent  elles  sont  sympathiquement  produites 
par  des  inflammations. 

Enfin  les  débilitans  forment  encore  la  partie  principale 
du  traitement  des  subinflammations.  On  les  prévient  en 
effet  en  empêchant  les  irritations  sanguines  de  devenir 
chroniques,  et  c’est  encore  par  les  moyens  que  l’on  op¬ 
pose  à  celles-ci  qu’on  les  combat  quand  elles  sont  établies. 

II.  On  donne  le  nom  de  révulsifs  aux  àgens  stimulans 
quand,  par  l’exagération  de  l’excitation’  qu’ils  produisent 
dans  une  partie ,  ils  font  cesser  l’irritation  qui  existe  dans 
une  autre,  phénomène  qui  constitue  la  révulsioni  Cg 
'  moyen  de  thérapeutique  est  employé  depuis  long-temps 
d’une  manière  empirique  ;  mais  son  application  métho¬ 
dique  ne  pouvait  être  déterminée  que  par  la  connaissance 
du  mode  d’action  particulier  aux  différens  systèmes  orga¬ 
niques  ,  ef, celle  des  sympathies  qui  les  unissent. 

Doit-on  distinguer  la  révulsion  de  la  dérivation  ?  On 
sait  que  les  anciens  donnaient  ce  dernier  nom  à  la  stimu¬ 
lation  qu’ils  exerçaient  dans  une  partie ,  non  pour  faire 
cesser  l’irritation  d’une  autre ,  mais  pour  accroître  l’exci¬ 
tation  de  la-première  qui  ne  jouissait  pas  d’une  assez 
grande  vitalité  pour  l’exercice  normal  de  ses  fonctions. 
Ainsi  attribuant  le  plus  souvent  l’aménorrhée ,  par  exem¬ 
ple  ,  à  l’état  de  langueur  de  Tutétife ,  ils  administraient  les 
emménagogues ,  c’est-à-dire  ,  des  substances  qui  ont  la 
propriété  de  le  stimuler;  ils  appliquaient  des  irritans  à 
l’hypogastre ,  à  la  partie  supérieure  et  interne  des  cuisses  ; 
et  s’ils  parvenaient  à  rappeler  le  flux  menstruel,  ilé  attri¬ 
buaient  ce  succès  aux  moyens  qu’ils  avaient  employés 
pour  rendre  à  l’utérus  l’énergie  qui  lui  manquait ,  et  ils 
disaient  avoir  opéré  une  dérivation.  Mais  il  est  évident 
que  dans  ce  cas  ,  comme  dans  tous  ceux  du  môme  ordre  , 


65o  EXTRAITS 

il  faut  s’assurer  non-seulement  de  l’état  de  l’organe  dont 
on  veut  changer,  le  mode  d’action  ,  mais  aussi  de  celui 
des  autres  parties  de  l’organisme.  Ainsi,  pour  continuer 
l’exemple  que  nous  avons  choisi  ,  l’aménorrhée  dépend 
le  plus  souvent  de  l’irritation  d’un  autre  organe  qui  em- 
jiêche  l’attion  de  l’utérus  dont  elle  est,  pour  ainsi  dire, 
révulsive  ;  et  alors  si  ou  stimule  ce  viscère,  et  que  l’on 
parvienne  à  faire  cesser  la  première  irritation ,  il  est  évi¬ 
dent  que  l’on  opère  une  révulsion,  et  non  pas  une  déri¬ 
vation.  Or,  ce  cas  est  très-fréquent,  et  les  médecins 
étrangers  à  la  coifnaissance  des  sympathies  ont  dû  le  mé¬ 
connaître.  Mais  si  la  suppression  de  l’écoulement  pério¬ 
dique  estproduite  non  pas  par  la  débilité  consécutive  à  la 
surexcitation  d’un’organe  ,  mais  par  l’asthénie  primitive  de 
l’utérus ,  en  lui  donnant  par  les  stimulans  une  énergie  plus 
grande  ,  on  produit  véritablement  une  dérivatioii  dans 
le  sens  que  leS  auteurs  ont  entendu. 

Aussi  fécond  en  résultats  heureux  que  l’emploi  des  dé- 
bilitans ,  celui  des  révulsifs  reçoit ,  sans  contredit ,  des 
applications  plus  étendues.  Il  concourt  souvent,  avec  les 
premiers  ,  au  traitement  des  irritations  ,  et  il  devient  là 
ressource  presque  exclusive  des  praticiens  quand  les  autres 
ont  échoué.  Mais  autaut  lès  stimulans  révulsifs  sont  utiles 
quand  on  connaît  les. véritables  indications  de  leur  em¬ 
ploi  ,  autant  ils  sont  funestes  quand  ils  sont  intempestive¬ 
ment  appliqués.  M.  BÉhssais  nous  a  donné  sur  cet  objet 
des  préceptes  remarquables  5  nous  allons  en  offrir  le  ré¬ 
sumé  aussi  complet  que  le  comporte  le  plan  général  que 
nous  esquissons  ici.  f 

On  ne  doit  jamais  opposer  les  révulsifs  aux  irritations 
sanguines',  tant  qu’elles  provoquent  des  sympathies,  car 
alors  elles  sont  trop  intenses  et' celles-ci  trop  actives  .pour 
que  l’iri’itation  produite  par  l’ârt  devienne  assez  forte 
pour  les  enlever  et  n’ajoute  pas  à  leur  intensité.  Ce  n’est 


ET  ANALYSES.  55l 

donc  qu’après  que  les  débilitans  ont  détruit  les  sympa¬ 
thies  ,  que  l’irritation  qui  les* produisait  est  calmée,  et  que 
l’on  craint  cependant  qu’elle  passe  à  l’état  chronique  , 
qu’on  doit  recourir  aux  révulsifs  pour  achever  de  l’étein¬ 
dre.  Toutefois  il  est  des  cais  où  leur  epiploi  est  indispem 
sable  dans  les  irritations  sanguines  aiguës;  ce  sont  ceux 
où  le  danger  est  pressant ,  et  les  débilitans  employés  seuls 
peu  efficaces.  On  doit  choisir  alors' pour  siège  de  la  ré¬ 
vulsion  ,  une  partie  qui  n’exerce  pas  de  réaction  sympa¬ 
thique  sur  l’organe  malade  ,  et  soustraire  celui-ci  par 
Tapplicatién  directe  des  sédatifs,  si  elle  est  possible,  aux 
irradiations  sympathiques  qui  pourraient  s’établir.  Ain^; 
par  exemple  ,  si  Ton  combat  une  irritation  aiguë  des  mé¬ 
ninges  ,  c’est  sur  la  peau  que  l’on 'appliquera  les  révulsifs 
et  non  sur  la  membrane  muqueuse  digestive  dont  les 
connexions  sympathiques  avec  l’encéphale  sont  autant 
prononcées  que  celles  de  cet  organe  avec  la  première 
membrane  le  sont  peu.:  ,  ,  • 

Si  les  inflammations  sont  attaquées  avec  le  plus 
grand  avantage  pat*  les  révulsifs ,  quand  elles  sont  chro¬ 
niques  ,  ce  n’est  que  dans  les  cas  où  elles  sont  parfai-. 
tement  apyrétiques  ;  ‘il  faut  donc  ,  avant  d’y  recourir  , 
faire  cesser  par  les  débilitans  Jes  sympathies  qu’elles  sus¬ 
citent  dans  Beaucoup  de  cas.  Des  médecins  qui  n’ont  pas 
récours  aux  stimulans  révulsifs  dans  l’état  aigu  des  phleg- 
masies ,  les  emploient  dans  toutes  les  nuances  de  leur  état 
chronique ,  qu’il  y  ait  ou  non  des  symptômes  de  pyrexie; 
il  leur  suffit  que  l’affection  soit  ancienne  pour  croire  leur 
pratique  rationnelle.  L’ancienneté  de  k  maladie  ,  la  fai¬ 
blesse  du  sujet  ,  éloignent  l’idée  des  effusions  sanguines*, 
et  les  irritons  qu’ils  appliquent  sur  la  pèau  ajoutent  pres¬ 
que  toujours  à  la  lésion  locale  et  à  l’excitation  générale. 
Gejtte  erreur  doit  être  considérée  comme  une  des  causes 
qui  rendent  si  souvent  peu  efficaces  *,  ou  même  nuisibles  , 


552  EXTRAITS 

leS  révûlsifs  dans  le  traitement  des  maladies  où  ils  au¬ 
raient  la  plus  grande  efficacité  s’ils  étaient  employés  mé¬ 
thodiquement.  Quoi  qu’il  en  soit ,  toutes  les  fois  que  des 
irritans,  appliqués  dans  le  but  d’opérer  une  révulsion ,  ont 
causé  l’exacerbation  de  l’irritation  à  laquelle  on  les  oppo¬ 
sait,  il  faut  non-seulement  calmer  l’inflammation  locale 
qu’ils  ont  produite  ,  mais  il  faut  encore  attaquer  de  nou¬ 
veau  ,  par  les  débilitans  ,  l’irritation  que  l’on  a  exas¬ 
pérée. 

On  a  donné ,  avec  raison ,  le  précepte  de  couvrir  d’un 
vésicatoire  le  siège  d’une  irritation  extérieure  qui  a  été 
remplacée  par  celle  d’un  viscère.  Tout  en  se  conformant 
à  ce  principe ,  on  doit  être  persuadé  que  l’on  réussira  diffi- 
xilement ,  si  l’on  ne  traite  en  même  temps  l’irritation 
secondaire  par  les  autres  moyens  antiphlogistiques.  Ce 
que  nous  disons  ici  de  la  métastase  d’une  irritation  de 
l’extérieur  à  l’intérieur,  est  également  applicable  à  celle 
qui  s’opère  d’un  viscère  sur  un  autre. 

Il  faut  être  très-circonspect  dans  l’emploi  des  révulsifs 
sur'iin  organe  dont  les  irritations  sont  fâcheuses  ,  pren¬ 
nent  facilement  beaucoup  de  gravité ,  et  ont  une  grande 
tendance  à  se  communiquer  aux  autres  parties ,  à  cause 
des  sympathies  étroites  qu’il  entretient  avec  elles.  Telle 
est  la  membrane  muqueuse  digestive  qui  reçOit  si  facile¬ 
ment  les  influences  sympathiques  exercées  par  les  autres 
organes ,  et  qui  leur  transmet  si  rapidement  les  affections 
qu’elle  éprouve.  Sans  doute  ,  sans  ces  inconvéniens  ,  elle 
serait  le  siège  le  plus  favorable  des  irritations  révulsives  : 
il  est  très-facile  de  l’ifriter  ;  elle  offre  à  la  stimulation  «ne 
large  surface  que  la  même  substance  irritante  peut  exciter 
rapidement.  Mais  il  est  si  difficile  de  maintenir  cètte  irri¬ 
tation  dans  des  bornes  telles,  qu’elle  ne  devienne  pas  fâ- 
chquse  ,  et  par  ses  phénomènes;  dans  le  tissu  qu’elle  affecte  , 
et  par  les  ,^syjnpathies  qui  en  sont  la  conséquence ,  dès 


EÏ-ANALtSES.  ,553 

qu’elle  est  arrivée  h  lîn  Certain  degré  d’intensité  i  qu’on 
lie  peut  être  trop  réservé  dans  l’application  des  révulsifs’ 
sur  cette  membrane.  On  ne  peut  la  rendre  le  siège  de  la 
révulsion  avec  avantage  et  sans  danger,  que  lorsqu’on, 
connaît  Lien  la  gastro-entérite ,  connaissance  qui  est  du 
reste  ,  comme  le  dit  M.  Broussais,  (i)  ,  la  clef  de  la  pa¬ 
thologie.  Nous  trouverons  plus  d’une  occasion  de  démon¬ 
trer  la  vérité  de  cette  assertion. 

S’il  est  nécessaire ,  pour  que  l’irritation  d’une  partie  de¬ 
vienne  révulsive  de  celle  d’une  autre ,  qu’ejle  soit  plus' 
forte  que  cette  dernière,  il  faut  cependant  aussi' modérer 
l’intensité  trop  grande  qu’elle  peut  acquérir,  car  les 
l'éactions  qu’elle  susciterait  alors  pourraient  rappeler  les 
premiers  accidens  ,  et  même  ajouter  h  leur  gravité. 

Le  choix  du  siège  de  l’irritation  révulsive  est  un  des, 
objets  les  plus  importans  de^a  méthode  thérapeutique  qui 
nous  occupe.  Les  irritans  doivent  être  appliqués  sur  une 
partie  qui  entretienne  des  relations  sympathiques  -avec 
celle  que  l’on  veut  influencer  j  mais  il  faut  se  rappeler  ici 
la  distinction  que  nous  avons  établie  (2)  sur  les  deux 
modes  de  sympathies  qui  unissent  les  organes.  Nous  avons 
vu  en  effet  que  tantôt  elles  entretiennent  entre  ceux-ci  un' 
consensus  (Y action  ,  une  synergie ,  pour  parler'  le  langagei 
de  Barthez  i  et  que  dans  les  autres  cas  ,  aï?  Contraire  , 
elles  sont  telles,  qhe  l’action  des  deux  parties  est  en 
faisan  inverse  l’une  de  l’autre.  Il  est  évident  que ,  dans  lé 
premier  cas  ;  les  stimulations  exercées  pour  obtenir  la 
révulsion  ne  feraient  qu’ajouter  à  l’intensité  do  la  lésion 
à  laquelle  on  l’opposerait ,  et  que  dans  le  second ,  au 
contraire  ,  la  révulsion  sera  facileet  ses  effetSavantageux  i 
si  Fon  s’est  conformé  aux  autres  préceptes  qui  doivent  di- 


(i)  Examen,  prop.  CCÇVtl. 
(a)  PtcmLsr  umclfv,  p.  218.' 


5G 


554  IXTRAITS 

jriger  les  applications  de  celle  méthode.  La  membrane 
üiüqueüse  de  l’estomac  et  de  l’intestin  grêle  et  la  peau 
nqus;  O  firent  un  exemple  des  connexions  du  premier  ordre  ; 
les  relations  de  la  peau  et  de  la  membrane  muqueuse 
pulmonaire  appartiennent  au  dernier. 

.  Quand  les  stimulans  révulsifs  n’pnt  pas  enlevé  une  irri¬ 
tation  ,  mais  n’ont  pas  ajouté  à  son  intensité,  on  doit 
persister  dans  leur  emploi  et  les  rendre  plus  énergi¬ 
ques.  On  y  renonce  trop  tôt  quand  ils  n’ont  pas  pi’o- 
duit  l’efiet  qu’on  en  attendait  ,  et  il  est  beaucoup  d’ir¬ 
ritations  chroniques  qui  amènent  la  désorganisation  des 
tissus  qu’elles  aflectent  ,  qui  n’auraient  peut-être  pas 
eu  ce  résultat  si  on  leur  avait  opposé  les  révulsifs  d’une 
manière  plus  méthodique.  Les  signes  même  de  la  désor¬ 
ganisation  d’une  partie  essentielle  à  la  vie  ne  doivent  pas 
faire  renoncer  à  leur  emploi,  parce  qu’il  est  possible 
qu’elle  soit  assez  bornée  pour  que  la  guérison  du  malade 
puisse  encore  avoir  lieu. 

Le  siège  de  la  sur-excitation  révulsive  peut  être  très- 
circonscrit ,  ou  avoir  aü  contraire  une  grande  étendue. 
Dans  le  premier  cas ,  la  révulsion  est  presque  toujours 
opérée  rapidement  sous  l’influence  de  stimulations  vives  ; 
telle  pst  l’jrritation  d’uu  vésicatoire  opposée  à  une  pleu¬ 
résie.  Dans  Ÿe  dernier  i  elle  s’exerce  ordihaîrement  avec 
lenteur ,  et  elle  est  le  résultat  d’une  action  irritante  long¬ 
temps  continuée.  Telle  est  ,1a  prédominance  que  Ton  fait 
acquérir  aux  systèmes  musculaire  et  sanguin  ,  aux  dépens 
du  système  nerveux ,  car  la  diminution  de  d’action  d’un 
système  tout  entier ,  par  le  plus  grand  développement 
d’un  autre ,  doit  être  rigoureusement  considérée  comme 
un  phénomène  de  révulsion.  Les  faits  de  cet  ordre ,  quoi¬ 
que  mal  interprétés ,  n’en  étaient  pas.  moins  connus  depuis 
long- temps  ,  et  on  en  avait  déjà  tiré  un  grand  parti  dans 
le  traitement  d’une  foule  d’irritations  chroniqùes.  On  sait 


ÊT  ANALYSES.'  ’SS.^ 

quels  succès  beaucoup  de  médecins  ont  obtenus  ,  ■  dans  la 
curation  dés  maladies  nerveuses  et  des  icfit^tiops  chroni¬ 
ques  du  canal  digestif,  connues  alors  sons  d’âùtPes  nohlsv 
de  l’emploi  des  mnyens  propres  à  donner  plus,  d’éUeégié 
au  système  musculaire.  . 

III.  Ji’adoption  des  principes  de  la  doctrine  physiolo¬ 
gique  a  singülièremënfr  restreint  l’omploi  des  Stimulans 
autres  que  les  révulsifs  ;  dans  le  traitement  des  irritations. 
Nous  ne  nous  arrêterons  pas  à  combattre  l’abus  effrayant 
que  l’on  a  fait  de  ces  moyens  jusqu’à  ces  derniers  temps; 
l’exposition  de  la  doctrine  de  M.  Broussais  est  par  elle-même 
la  réfutatio.n  complète  des  motifs  de  cette  pratiqué  :  re¬ 
marquons  seulement  que,  pour  l’apprécier' à  sa  valeur,  il 
est  indispensable  de  vérifier  les  succès  qu’on  lui  a  attribués. 
On  pourra  alors  se  convaincre  que  dans  beaucoup  de  cas 
les  malades  ont  guéri  malgré  le  traitement  ;  que  dans 
d’autres,  les  moyens  perturbateurs  employés  n’ont  pas 
eu  de  résultats  fâcheux,  parce  qii’fls  oiil  suscité. une 
crisé  ;  c’est-à-dire  ,  qu’-ïls  ont  étendu  leur  influence  à 
d’autres  parties  que  celle  que  l’oh  a  stimulée ,  ét  ont  ainsi 
provoqué  une  irritation  révulsive  :  «  C’est  ce  qui  explique  , 
dit  M.  Broussais  (i)  ;  pourquoi' toutes  lés  gàSfro-eütériteS 
surirritées  ne  sont  pas  inôrtelles.  »  En  effet  ,  Ijuand  ces 
maladies  ont  été  traitées  par  les  toniques,  on  observé 
presque  constamment  des  phénomèhes  critiques  ,  tandis 
qu’ils  surviénnent  fort  rarement  quand  on  a  employé  lé 
traitement  antiphlogistique.  Enfin ,  on  remarquera  què 
beaucoup  de  stimulans  provoquent  des  évacuations  qüi 
produisent  ordinairement  un  soulagement  momentané  ; 
mais  que  dans  le  plus  grand  nombre  dés  cas ,  ils  né  laissent 
pas  moins  persister  l’irritation ,  et  Souvent  même  ajou¬ 
tent  à  son  intensité.  C’est  ainsi  que  l’on  peut  expliquer  la 

I  prop,  CCXÙîri. 


36.. 


556  EXTKAITS 

■vogue  des  diafétiques ,  des  sudorifiques ,  et  sur-tout  des 
purgatifs  employés  avec  profusion  dans  le  traitement  des 
irritations  du  canal  intestinal  et  des  autres  viscères  abdo¬ 
minaux.  Toutefois  il  est  incontestable  que  les  stimulans 
sont  souvent  des  moyens  fort  précieux  dans  le  traitement 
des  sur-excitations  J  tels  sont  ceux  que  l’on  opppse  aux 
irritations  intermittentes  dans  les  :  intervalles  que  leurs 
accès  laissent  entr’eux  ,  aux  sub-inflamma tiens  syphiliti¬ 
ques  ,  herpétiques ,  psoriques ,  et  même  à  des  irritations 
sanguines  de  la  peau  et  des  membranes  muqueuses.  Com¬ 
ment  expliquer  la  guérison  d’une  irritation  par  un  stimu¬ 
lant  qui  n’étend  point  son  action  à  d’autres  pai'ties  que 
celle  sur  laquelle  on  l’applique  ?  Il  nous  paraît  aussi  impos¬ 
sible  que  superflu  de  le  tenter  :  les  faits  existent,  conten¬ 
tons-nous  de  les  constater  et  de  les  faire  tourner  au  profit 
de  la  thérapeutique.  , 

En  attribuant  le  développement  des  phénomènes  par 
lesquels,  la  vie  se ‘manifeste  à  l’açtion  des  stimulans  sur 
les  tissus  organisés ,  Brown  prétendit  qu’il  n’existait  pas 
d’agens  débilitans ,  et  que  ceux  qui  étaient  regardés  comme 
jtels  ,  n’étaien  t  que  des  stimulans  dont  l’action  moins  éner¬ 
gique  déterjçninait  une  excitation  trop  faiblei  En  conservant 
la  plupart  des  dogmes  fondamentaux  du  brownisme  ,  Ra- 
sori  et  ses  disciples  ont  admis  au  contraire  l’existence 
d’agens  qui  exercent  sur  les  tissus  une  action  opposée  à 
celle  des  stimulans,  qui  détruit,  par  conséquent,  les 
effets  produits  par  ceux-ci,  et  qui  elle-même  peut  donner 
lieu  à  des  maladies  qu]  ne  peuvent  être  guéries  que  par 
les  excitans.  De  là  l’origine  du  contre- stimulisme.  Les 
hrownisles  d’Italie  regtfrdent  comme  contre-stimulans 
non-seulement  le  froid ,  la  saignée  et  les  mucilagineux  , 
mais  aussi  les  purgatife ,  les  émétiques ,  la  digitale  ,  tous 
les  amers,  la  plupart, des  médicamens  minéraux ,  parmi 
lesquels  ils  ne  comptent  presque  pas  de  stimulans.  11  faut 


ET  AEALTSBS.  667 

être  bien  peu  avancé  dans  l’étude  de  la  physiologie  patho¬ 
logique,  pour  voir  des  contre-stimulans  dans  les  prépara¬ 
tions  d’antimoine,  l’aloës ,  etc.,  parce  que  l’irritation 
qu’ils  ont  provoquée  dans  le  canal  intestinal  aura  guéri . 
une  pleurésie.  «  Les  médecins  italiens,  dit  M.  Brous¬ 
sais  (1) ,  n’dnt  donc  jamais  observé  des  vomissemens  in¬ 
coercibles  et  des  superpurgations  qui  ne  sont  que  des 
phlegmasies  muqueuses  gastro-intestinales,  à, la  suite. dos 
émétiques  et  des  drastiques.  »  L’auteur  de  (‘Examen 
s’étonne,  avec  raison,  que  l’on- ait  pu  attribuer  ces  effets 
à  l’excès  de  la  contre-stimulation ,  et  il- demande  s’ils  sont 
différens  de  ceux  que  produisent  les  autres  stidiulans  ,  et 
s’il  n’y  a  pas  une  identité  parfaite  entre  les  traces  que 
laissent  sur  les  cadavres  les  prétendus  contje-stimulans 
et  celles  des  maladies  dont  le  caractère  inflammatoire  est 
bien  avoué  ?  «  Si  quelquefois  ,  dit  M.  Broussais  (2)  ,  les 
contre-stimulateurs  ont  vu  guérir  les  maladies  d’irritation 
auxquelles  ils  appliquent  des  excilans  décorés  du  titre  de 
contre-stimulans ,  c’est  ou  qu’ils  en  paralysaiènt  l’effetper- 
turbateur  par  de  copieuses  saignées ,  par  le  régime ,  etpar 
l’abondance  des  liquides  aqueux  et  mucilagineux  auxquels 
ils  les  avaient  associés  ,  ou  parce  qu’il  survenait  une  évacua¬ 
tion  révulsive..»  Il  est  donc  évident  que  les  substancfes  ran¬ 
gées  parmi  les  cpntre-stimiilans  parles  Italiens ,  ne  sont  la 
plupart  que  des  excitans  qui  diminuent  l’irritation  d’une 
autre  partie  que  celle  où  ils  sont  appliqués  ,  en  détermi¬ 
nant  dans  celle-ci  une  action  révulsive,  et, que  lesÆontre*- 
stimulans  proprement  dits,  ne  sont  que  les  agens  dont 
nous  avons  parlé  précédemment  sous  le  titre  de  débilitans. 

Après  ce  résumé  des  principes  de  .la  doctrine  de 
M.  Broussais  sur  l’irritation  en  général ,  nous  examine- 


Ç\)  Examen ,  i.  I,  p.  i65. 
1 ,  p.  >67. 


S'?®'  ‘EXtKAITS 

rons  sesâ  différentes  modifications  dans  les  divers  tissus  or¬ 
ganiques  ,  et  les  effets  locaux  et  généraux  que  produit 
chacune  d’elle.  Nous  ne  nous  sommes  pas  occupés  de  sa 
marche  ,  de  sa  durée  et  de  sa  terminaison;  ces  considé¬ 
rations,  qu’il  serait  impossible  de  généraliser  ,  ne  pou-, 
vaiént  entrer  dans  l’histoire  de  l’irritation  étudiée  d’une 
manière  pour  ainsi  dire  abstraite ,  comme  nous  l’avons 
fait  jusqu’ici.  ■  Gotjpii,. 


fleclierefies  sur  la  nature  et  les  causes  prochaines  des 
^Fièvres }  par'  k.  N.  Gendrin,  docteur  en  médecine^ 
professeur-particulier  de  médecine-pratique,  ete,  ' — ' 
Betwa  volumes  in-S.’’ 

Si  la  tâche  du  critique  est  parfois  délicate  à  remplir , 
c’est  surtout  lorsqu’ayaht  depuis  long-temps  consacré  sa 
plume  â  la  défense  d’opinions  entièrement  opposées  à  celles 
de  l’autdar  qd’il  est  appelé  à  juger  ,  il  se  trouve  placé 
eUtre  la  nécessité  de  dire  des  vérités  désagréables  et  la 
crainte  d’être  accusé  d’injustice.  Telle  est  cependant  ma 
position  envers  M,  Gendrin.  J’ai  combattu  jadis  la  théo¬ 
rie  dé  l’essentialité  des  fièvres,  ce  médecin  vient  au¬ 
jourd’hui  la  défendre  ,  ses  armes  sont  vermoulues  et  son 
bras  sans  vigueur ,  et  je  suis  commis  pour  le  dire,  ne  dois- 
je  pas  craindre  que  la  défaveur  ne  s  attache  d’avance  à 
mes  paroles  et  qu’on  ne  les  croie  dictées  par  l'esprit  tfe 
parti?  • 

L’esprit  de  parti,  ai-je  dit!....  "Quoi  donc!  est-ce 
qu’en  médecine  il  existerait  des  partis  comme  en  politi¬ 
que  !...  quoi,  dans  la  science  qui  s’occupe  de  Jà  vie  des 
hommes  ,  les  intérêts  personnels  et  les  passions  oseraient 
usurper  la  place  de  la  vérité  1 .  .  .  quoi ,  dans  un  art  où 
Terreur  donne  la  mort,  pn  encenserait  sciemment  Ter^ 


E  T  A.K\LTf«ES.  SSg 

reur  ! . .  Ah  !  M.  Gendrin  ,  c’e&t  v«us  qui  êtes  cause  si 
cette  expression ,  que  je  désavoue ,  eSt  Venue  se  placer  sous 
inà  plume.  Vous  traiterez;  dîtes-vous  ,  avec  le  dédain 
qu’elles  méritent  les  critiqués  dirigées  par  l’esprit  de  parti. 
Vous  connaissez  donc  des  médecins  qui  ne  sç  font  pas 
scrupule  de  Llâmer  publiquement  des  opinions  que  dans 
leur  for  intérieur  ils  approuvent.  Je  vous  plains.^Mais  soyez 
tranquille ,  iln’én  saurait  exister  de  tels  parmi  les  partisans 
de  la  nouvelle  doctrine ,  car ,  les  donneurs  de  placés  et  de 
titres  n’étant  pas  dans  leurs  rangs,  ils  n’ont  pas  besoin 
de  faire  la  cour  à  personne  par  des  critiques  deeoùimandQ 
ou  calculées.  Vous  n’avez  donc-pas  do  semblables  criti¬ 
ques  à  redouter  de  notre  part;  indépendàns  par  caractère 
et  par  position  ,  une  conviction  profonde  pourrait  seule 
nous  faire  dire ,  par  exemple,  que  vous  avez  le  plus  faux 
des  jugemens  si  telle  était  notre  pensée.  Gommé  vous ,  en 
lin  mot,  nous  cherchent  la  vérité 'avec  franchise  et  bonne 
foi  ;  aussi  vos  menaces.de  dédain  n’ont-elles  rien  qui  nôUs 
épouvante ,  nous  avons  la  conscience  qu’elles  ûe  nous  sont' 
pas  adressées. 

Un  composé  d’hypotjbèses-,  d’erreurs ,  de  sophismes, 
dé  faits  tronqués  ou  mal’obsérvés  ,  d’inductioris  faussés  et 
de  rapprochemens  forcés  ,dans  lequel  on  distingue  à  peine 
çà  et  là  quelques  vérités  et  quelques'  faits  complets, 
voilà  ce  que  nous  a  paru,  à  la  lecture  la  plus  attentive, 
l’ouvrage  de  M.  Gendrin.  Je  sens  que  je  dois  à  ce  méde¬ 
cin  èt  aux  lecteurs  des  Arcliiv es ,  lespreuves  d’une  aussi 
grave  assertion,  et  cependant  je  ne  me  décide  qu’avec 
répugnance  à  entreprendre  la  réfutation  d’erreurs  qu’il 
eût  peut-être  suffi  de  signaler  pour  en  faire  j  üsticéi  Tdufe- 
fois,  comme  l’autèür  âccüse  une  société  savântéi  d’avoir 
couronné  son  œuvre ,  comme  un  profëssouri  célèbre  n’a 
pas  craint  d’en  faire  l’éloge  dans  sa  chaires  de  bonne  foi, 
sans  douté ,  et  nullement  par  esprit  départi,  onmepari 


56o  extraits . 

donnera  de  combattra  des  hérésies  pour  lesquelles  on  veut 

ainsi  commander  la  croyance. 

Avant  de  faire  connaître  sa  doctrine  des  fièvres,  M.  Gen- 
drin,  dans  un  très-long  discours  préliminaire,  expose  les 
idées  de  physiologie  patl^ologique  qu’il  croit  devoir  servir 
de  bases  à  la  théorie  des  maladies.  Plein  de  respect  pour 
la  médecine  antique  dont  il  veut  rallumer,  le  feu  sacré, 
et ,  comme  il  le  dit  élégamment ,  purger  l’autel  souillé 
p,ar  l’apostasie  ,  ce  médecin  essaie  d’abord  de  remettre 
en  honneur  l’hypothèse  d’un  principe  intelligent  [nature 
d’iliçpocrate ,  archée  de  Van-Helmont,  force  médicatr  ice 
do  Slalil,  etc. ,  etc.) ,  qui  préside  à  l’état  de  maladie  et 
.  tend  sans  cesse  à  ramener  l’équilibre.  Qu’on  examine ,  dit- 
il ,  cet  individu  pléthorique,  le  sang  lui  sort ,  pour  ainsi 
dire  ,  p^ir  les  yeux;  une  fièvre  inflammatoire  se  manifeste; 
elle  a  pour  effet  d’amener  une  hémorrhagie  qui  rétablit 
Téquilibre.  C’est-à-dire  que  M.  Gendrinne  voit  que  le  beau 
côté  de,  la  médaille;  montrons-lui  le  revers.  Un  second 
itidividyt  est  atteint  de  la  même  fièvre,  etl’hémorrhagiese 
fait  dans  le  cerveau  ;  un  troisième  succombe  à  l’hémor¬ 
rhagie  nasqle  qui  devait  rétablir  l’équilibre;  un  quatrième 
est  pris  de  pneumonie ,  ou  de  pleurésie  ,  ou  de  gastro- 
enlérite  ,  vers  le,  quatre  ou  cinquième  jour  de  sa. fièvre 
^je  raisonne  dans  l’h’ypothèse  de  l’auteur,  qui  suppose 
que  cette  fièvre  est  essentielle)  ,  que  devient  donc  dans 
tous  ces  cas  l’intelligence  du  principe  ?  Est-ce  un  principe 
intelligent  qui  logé  une  pierre  dans  la  vessie?  Est-ce  lui 
qui  enveloppe  ,  de  toute  part,  un  os  frappé  de  mort  , 
par  un  cylindre  osseux  que  l’art  sera  .obligé  d’ouvrir; 
qui  entoure  de  to'phus  les  articulations  goutteuses 
qui  remplit  la  cavité  du  péritoine  de  sérosité  et  la  renou¬ 
velle,  presqu’autant  de  rapidité  que  l’art  peut 
l’évacuer  ;  qui  provoque  cette  toux  douloureuse  et 
pijiisihle,  d^ns-  une  pleurésie  ou  il  n’y  a  évidemment  çien 


ET  ANALYSES.  56l 

à  expectoret*;  qui  fait  naUre  des  tubercules  dans  un 
poumon  dont  la  membrane  interne  est  enflammée;  qui 
donne  à  ce  convalescent  le  vif  appétit  dont  la  satisfac¬ 
tion  va  occasionner  une  indigestion  mortelle  ;  qui ,  dans 
une  hernie  étranglée ,  excite  les  efforts  de.  vomissement 
doot  l’eflet  est  précisément  d’augmenter  l’étranglement , 
etc. ,  etc.  P  M.  Gendrin  devrait  bien  remarquer  que 
l’exercice  de  la  médecine  offre  autant  d’oCcasipns  d’ob¬ 
server  l’imprévoyance  de  la  nature  que  son  habileté. 
Il  devrait  s’apercevoir  que,  si  l’on  veut’  à  toute  force 
recourir  à  la. supposition  d’un  principe  intelligent,  poiir 
se  rendre  compte  dans  les  maladies  des  évènemens 
heureux  qui  ne  sont  paS  amenés  paf  d’art  ,  il  faut  , 
pour  être  conséquent ,  supposer  un  principe  désorgani- 
sateur  pour  expliquer  tous  les  phénomènes  contraires  et 
funestes ,  qui  ne  sont  provoqués  ni  par  la  persistance  des, 
causes  productrices  des  maladies ,  ni  par  lesjmprudences 
■des  malades ,  ni  par  l’impéritie  du  médecin.  Mais  non , 
M.  Gendrin  ne  verra  pas  tout  cela.  P.angloss  volé ,  battu, 
brûlé,  mutilé,  pendu,  disait  encore:  tout  est  pour  le 
mieux  dans  le  meilleur  ^  mondes  possibles:  Optimiste 
conrme  lui ,  M.  Gendrin  luttera  chaque  jour  contre  des 
phénoimènes  destructeurs  et  verra  quelquefois  ses  malades 
périr  malgré  l’emploi  des  moyens  les  plus  rationnels  et  les 
])lus  puissans ,  et  n’en  répétera  pas  moins  :  il  existe  chez 
l’homme  ,un  principe  intelligent  qui  tend  sans  cesse  à 
ramener  l’équilibre.  ■ 

La  seconde  hypothèse  que  M.  Gendrin  espère  faire  re¬ 
vivre  ,  est  celle  d’une  durée  et  d’une  succession  nécessai¬ 
res  de  périodes  dans  les  mal&dies.  Il  trouve  inconvenable 
l’assurance  avec  laquelle  on  la  révoque  en  doute  aujour¬ 
d’hui.,  H  ne  s'agit  pourtant  que  de  s’entendre,  M.  Gendrin 
veut-il  dire  que  les  inflammatiafî's  du  péritoine ,  de  l’estô- 
piac ,  de  la  plèvre ,  du  poumon ,  dé  l’enç6phalo  ont 


562  exteAits 

ùne  durée  nécessaire  et  des  périodes  inévitables  à  parcou¬ 
rir,]  telle  chose  que  l’en  fasse  pour  s’y  opposer  ?  Eh  bien  ! 
oui ,  cette  opinion  est  faiisse ,  et  l’admettre  c’est  procla¬ 
mer  l’impuissance  de  l’art  dans  les  quatre-vingt-dix-neuf 
centièmes  des  maladies.  Veut-il  dire  qu’abandonnées  à 
elles-mêmes  ,  à  intensité  égale ,  sur' des  individus  de  con¬ 
stitutions  à'peu-près  semblables  et  placés  dans  les  mêmes 
circonstances,  ces-phlegmasies  guérissent  ou  tuent  dans 
le  même  espace  de  temps  et  en  parcourant  les 'mêmes  pé¬ 
riodes  Pmais  c’est  ùne  vérité  presque  niaise  et  qu’assuré- 
nient  personne  ne  cbntestera.  Mais,  dit  ce  médecin,  une 
plaie  avec  perte  de  substance  subit  une  nécessité  de  pério¬ 
des  et  de  durée  ,’  que  le  fnédeciS  ,  non  seulement  ne  peut 
empêcher ,  mais  qu’il  doit  protéger  pour  guérir  le  malade. 
Qu’est-ce  que  cela  prouve,  M.  Gendrin  ?  Que  quand  il 
existe  ît  l’intérreur  une  plaie  avec  perte  de  substance ,  elle 
est  soumise  h-cette  même  nécessité  de  périodes  et  durée 
qu’à  l^xtérieur.  Mais  quelles  sont  donc ,  je  vous  prie  ,  les 
maladies  aiguës  que  l’on  puisse  comparer  à  des  plaies  avec 
perte  de  Substance  ?'  Aucune ,  sinon  celles  qui  sont  pro¬ 
duites  par  des  agens  mécaniquq^  oü  des.  poisons  causti¬ 
ques  ,  et  ce  n’est  nullement  de  celles  là  que  vous  voulez 
parler;  votre  prétendu  principe  n’est  donc  applicable  h 
aucune.  Presque  toutes  les  affections  aiguës  sont  des  in¬ 
flammations  d’organes,  vous  le  nierez  en  vain;  or,  pour 
démontrer  votre,  assertion  ,  il  aurait  fallu  prouver' que 
Yérysipèle  a  une  durée  et  des  périodes  nécessaires  que  le 
médecin  ne  peut  empêcher ,  et  c’est  ce  dont  on  vous  défie. 
L’exemple  de  la  variole  ne  prouve  pas  davantage,  d’abord 
,  parce  qu’il  n’est  rigoureusement  applicable  qu’aux  mala¬ 
dies  analogues  ,  ensuite  parce  qu’il  n’est  pas  é.crit  qu’on  ne 
parviendra  pas  un  jour  à  faire  avorter  l’ériiption  sans  le 
moindre  danger  pour  les  malades.  Qui  eut  dit,  la  veille 
même  delà  découverte  de  la  vaccine  ,  qu’il  était  possible 


P,  T  A  N  A  t  ï  SP  S.  S63 

de  prévenir  l’affreuse  maladie-dont'vous  ne  croyez  pas  qu’il 
soit  permis  aujourd’hui  d’abréger  la  durée  ?  Ne  limitez 
donc  pas  la  puissance  de  l’art,  M.  Geudrin  ,  et  tâchez  sur¬ 
tout  de  ne  plus  trouver  si  inconcevable  qu’on  ose  ne  pas 
être  de  votre  avis  ,  car  je  vous  assure  que  fc’est  une  licence 
que  vos  lecteurs  seront  tentés  de  prendre  presqu’à  chaque 
page  de  votre-livre.  '  ,  *  «s  ’ 

Je  ne  mi’aviserai  pas  de  suivre  l’auteuç  de  point  en  point 
dans  toutes  les  parties  de  son*  discours  préliminqjre ,  ce 
serait  à  n’en  pas  finir;  car  il  y  a  de  tout  dans  ce  discours, 
même  des  .considérations  intéressantes,  en  petit  nombre  , 
il  est  vrai ,  c&chées  souvent  sous  l’obscurité  de  l’expression  ; 
mais  enfin  il  y  en  a.  Je  voulais  seulement  donner  un 
échantillon  des  opinions  physiologiques  de  M.  Geridrin;  il 
ést  temps  d’aborder  la  grande  question  qui  fait  le  sujet 
dé  son  ouvrage  ,  la  recherche  *de  la  nature  des  fièvres. 

M,  Gendriu  partage  ses  fièvres  essentielles  en  doux 
grandes  classes  :  fièvres  nerveuses  g\,  fièvres  vasculaires. 
Dans  la  première  il*range  les  fièvres  intermittentes.,  lentes,’ 
nerveuses,  phrénétiques  ,  adynamiques  et  ataxiques;  et, 
dans  la  seconde ,  les  fièvres  exanthématiques  ,  laiteusés  , 
inflammatoires  ,  hectiques  ,  hémorrhagiques  ,  bilieuses, 
gastriques  ,  muqueuses ,  pituiteuses  ou  cs^jjlfrhales  ;  enfin 
lés  fièvres  putrides.  Nous  allons  passer*  ëh  revue  celle 
légion  de  fièvres  dans  l’ordre  île  leur  énumérationî 
Savez-vous ,  lecteur ,  en  quoi  consistent' lés  fièvres  in¬ 
termittentes  ?  Dans  une  altération  de  Ici  succession  régu¬ 
lière  et  normale  des  excitations  et  des  sédations  sponta¬ 
nées  ,  d’où,  il  suit  que  leur  cause  prochaine  sè  trôuvè  dans 
une  lésion  des  forces  vitales ,  par  lesquelles  cette  succes¬ 
sion  s’opère  convenablement  et  physiologiquement.  Vous 
ne  vous  en  seriez  pas  douté  ;  vous  B’avdlî  peut-être  même 
pas  bien  compris  cette  définition  >  je  vais  lâcher  de  vous 
rendre  cela  plus  clair. 


5G4  y  EXT.RAITS 

Vous  n’ignorez  pas  que  le  corps  humain  jouit  de  la  pro¬ 
priété  de  se  maintenir  dans  certaines  limites  de  tempéra¬ 
ture  ;  mais  Vous  avez  cru  j  usqu’ici ,  d’après  les  expérien¬ 
ces  de  MM.  Delaroche  et  Berger ,  et  l’autorité  des  Riche- 
rand,  _des  Magendie  j  etc.  ,  que  cette  faculté  était  due  à 
ce  que  les  transpirations  pulmonaire  ^t  cutanée  augmen¬ 
tant  et  diminuant  proportionnellement  à  l’augmentation 
et  à  la  diminution  de  la  température  h  laquelle  le  corps 
est  soumis ,  l’équilibre  se  pouvait  ainsi  rétabli  sans  cesse. 
Ce  n’esî  point  cela  du  tout.  M.  Gendrin,  s’appuyant  sur 
ce  fait  et  sur  quelques  autres 'tout  aussf  mal  expliquas, 
admet  dans  l’organisme  l’existence  de  deux  forces  nou¬ 
velles  :.une  force  de  sédation  spontanée  et  une  d’etccttœ- 
tion  spontanée.  Or ,  ce  sont  ces  deux  forces  qui  sont  alté¬ 
rées  dans  les  fièvres  intermittentes.  Vous  comprenez  main¬ 
tenant,  <1  Quand  l’altération  des  'forces  d’excitation  et 
ï  do  sédation  spontanées  agit  sur  le  système  circulatoire 
3)  exclusivement ,  on  a  une  fièvre  intermittente  inflamma- 
jitoire;  si  c’est  sur  le  système  nerveux  qui ,  comnie  les 
vautres  systèmes,  est  subordonné  aux  mêmes  lois,  quoi- 
»  qu’il  soit  l’agent  par  lequel  elles,  s’exécutent,  il  se  ma- 
vnifeste  périodiquement  des  accidens  nerveux  qui  peuvent 
«revêtir  une  m^litude  de  formes  différentes;  si  elle  agit 
»  sur  un  pareiMffiCréteur  de  l’organisme,  c’est  une  fièvre 
«intermittente  bilieuse ,  ou  sudatoire,  ou  hémorrhagique 
s  qu’on  observe.  Si  elle  exerce  exclusivement  son  action 
n  sur  un  organe ,  on  observe  des  congestions ,  des  irrita- 
»  tious  intermittentes  ;  quand,  au  contraire,  elle  agit  par 
»  une  sédation  puissante  ,  on  voit  se  manifester  des  fièvres 
s  topiques  et  des  fièvres  algides  ,  etc.  ,  »  J’espère  que 
cette  théorie  vous  paraît  maintenant  comme  à  moi  éblouis¬ 
sante  de  clarté.  Malheureusement  elle  a  un  petit  défaut, 
c’est  qu’elle  i;epose  sur  des  erreurs.  L’auteur, nie,  d’après 
les  expériences  deBlagden  ,  Fordyce  ,  Bancks  et  Solan- 


E'r  ANAfïSES.  565. 

def  ,  que  la  chaleur  animale  augmente  dans  une  éluve 
fortement  chauffée  ;  or ,  les  expériences  plus  récentes  de 
MM.  Delaroche  et  Berger  ontinvincihlement  prouvé  qu’ellè 
pouvaibs’élever  de5à 6 degrés;  ilnieque  l’augmentation  dé 
la  transpiration  cutanée  et  pulmonaire  soit  la  cause  qui  rend 
l’homme  et  les  animaux  susceptibles  de  résister  à  une  forte 
chaleur;  or,  c’est  encore  une  vérité  que  les  expériences 
de  M.  Delaroche  ont  mise  hors  de  doute  et  qu’admettent 
les  meilleurs  physiologistes  de  nos  jours.  D’où  il  suit  que, 
l’existence  de  la  force  de  sédation  est  chimérique  ,  l’alté¬ 
ration  de  cette  force  par  conséquent  un  rêve  de  l’imagina¬ 
tion  de  M.  Gendrin  ,  et  sa  théorie  des  fièvres  intermitten¬ 
tes  un  vrai  délire.  Quel  dommage  pourtant  1  Cette  alte¬ 
ration  de  la  succession  de  l’excitation  et  de  la  sédation 
faisait  si  bien. 

Je  commence  îi  «m’effrayer  devant  la  longueur  de  Iji 
tâche  que  je  me  suis  imposée  en  promettant  de  passer  en 
revue  toutes  les  lièvres  de  M.  Gendrin,  Je  réfléchis,  d’ail¬ 
leurs  ,  qu’il  faut  laisser  aux  lecteurs  de  son  ouvrage,  s’il 
en  a  ,  le'plaisir  de  la  surprise  pour  quelques  propositions 
sur  les  fièvres  lentes  ,  nerveuses  ,  p'hrénétiques  ,  adyna- 
miques  et  ataxiques,  etc.,  presque  aussi  curieuses  que 
celles  que  nous  venons -de  livrer  h  l’atlmiralion.  Je  les 
préviendrai  seulement,  pour  leur  donner  on  avant-goût, 
qu’ils  auront  le  bonheur  d’y  trouver  des  subtilités  quel¬ 
quefois  ,  des  sophismes  souvent ,  des  erreurs  et  de  l’ob¬ 
scurité  toujours.  Que  de  jouissance  n’est-ce  pas  leiir  pro¬ 
mettre  !  Je  passe  donc  de  suite  à  la  fièvre  bilieuse. 

ï  La  doctrine  que  nous  allons  exposer,  dit  M.  Gen« 
ïdrin,  est  si  différente  de  celle  généralement  admise ,  au 
«moins  dans  la  faculté  de  Parjs ,  où  on  est  parvenu,  U 
»  force  de  sarcasmes  et  de  déclamations  (  oh  !  cela  n’est  pas 
«bien  ),  à  la  jeter  dans  Une  défaveur,  qu’il  faut  jjeut-être 
«avoir  quelque  courage ;pour  la  développer  et  s’en  avouer 


506  '  EXTRA.  ITS 

,j)le  défenseur.  Que  ceux  donc  «ini  veulefcl  jugér  celte paP- 
))tie  de  notre  ouvrage ^  et  ce  que  nous  dirons  des  fièvres 
X  muqueuses  et  putrides  ,  déposent ,  s’il  est  possible ,  toute 
»  prévention  (c’est  très-juste)  ,  qu’ils  examinent  les  choses 
))Gt  les  faits  eneux-mémes.  Nous  récusons  d’avance  (sage 
»  précaution)  le  jugemént  de  ceux  qui  ne  se  conforment 
spas  à  ce  précepte,  si  éminemment  philosophique,  de 
sBaglivi  ;  observatio  est  fllum  adquod  dirigi  debenfmè- 
»  dicorum  ratiocinia.  n  C’est  fort  bien;  voyons  la  doctrine 
qu’on  a  si  méchamment  tuée  à  force  de  sarcasmes,  je  me 
sens  tout  disposé  en  sa  faveur. 

La  fièvre  bilieuse  essentielle  reconnaît  pour  cause 
prochaine  la  poljelwlie.  La  polycholie  est  la  pléthore  des 
élémens  de  la  bile;  ces  élémens  préexistent  dans  le  sang 
à  la  sécrétion  du  foie  qui  les  y  puise,  les  modifié ,  les 
altère,  et  eti  compose  le  fluide  qU’ il  sécrètepour  servir  à 
la  digestion.  ¥.1  mais.,,  voilà  qui  me  paraît  incontestablfei 
Qu’ont-i|s  donc  tant  pu  dire  les  médecins  qiii  ont  renversé 
celte  théorie?  Qu’elle  est  absurde  ,  je  .suppose; ..... 
mais  l’ont-ils  prouvé?  Et  quand  ils  y  seraient  parvenus  , 
est-ce  un  motif  pour  la  rejeter  ?  Ne  sait-on' pas  (ju’uh  des 
meilleurs  argumens  de  l’ancienne  scholastique,  à  laquelle 
il  faudra  bien  ,  bon  gré  mal  gré  ,  qu’on  revienne  ,  c’était 
le  fameux  Credo  quia  absurdüm.  Or  sj ,  cômme  tout 
nous  le  fait  espérer,  ce  lumineux  axiome  doit  être  inces¬ 
samment  remis  en  honneur,  je  vote  poür  que  ce  soit  pour 
le  triomphe  des  doctrines  de  M.  Gendrin  ;  nullès.  n’én  sont 
plus  digues;;  . 

«  La  fièvre  .muqueuse ,  comme  la  fièere  bilieuse ,  est 
»  une  nialadie  humorale ,  et ,  de  même  que  celle-ci  Pe- 
»  connaît  pour  pause  prochaine  et  immédiate  lapolycholie  , 
xcelle-Jià  est  directement  et  prochainement  l’effet  d’un 
xétat  général  que  nous  appelons  diathèse  mujqueüse. 
»  Celte  diathèse  muqueuse  nous  paraît  consister  dans  un 


ET  analyses.  56j 

»  affaiblissement  général  de  la  nutrition  des  solides  et 
T>  des  fluides.  ....  Cet  état  général  qui  constitue  la  dia- 
»  thèse  muqueuse  et  la  fièvre  qui  en  est  la  suite  .  nous  pa- 
uraît  Lien  caractérisé  en  le  considérant  comme  une  véri- 
nXehle  rétrogradation  de  la  nutrition.  »  Voirpourles  déve- 
loppemens  le  second  volume  du  chef-d’œuvrp  de  M.  Gen- 
drin,  depuis-lapage  8i  jusqa’à  la  i3i.  On  y  remarquera  , 
comme  preuve  du  talent  d’observation  de  l’auteur,  celte 
assertion  :  que  dapis  les  ramollissemens  du  cerneau  ,  on 
ne  trouve  ni  dans  la  sub^ance  ramO'llie,  ni  dans  les 
parties  voisines  et  C07itinues  avecelle,  aucune  trace  d’in-t 
jection  ni  de  congestion  vasculaire;  comme  preuve  de 
ses  connaissances  anatomiques,. cette  autre  assertion  :  que 
le  cerveau  ne  reçoit  que  ^es  vaisseaux  blancs;  enfin  , 
comme  mesure  dq^, la  précision  de  son  diagnostic,  une 
petite  observation»  en  vingt-quatre  pages,,  d’uné  maladie  , 
que  tout  le  monde  eût  pris  pour  une  afTeclion,  cérébrale , 
si  ce  médecin  ne  l’eût  qualifiée  de  fièvre  muqueuse  grave 
essentielle.  ...  , 

En  voilà  assez  sur  les  théoriap  de  M.  Gendrin  ;  j’ypèr*. 
drais  la  patience  et  j’eunuierais  le  lecteur.  Il  y  a  pourtant 
des^aits  à  l’appui  de  tout  cela,  mais  qüe  de»  tortures  ce 
médecin  ne  leur  fait-il  pas  souvent  subir  pour  lescontrain- 
dre  à  témoigner  en  sa  faveur  !  La  plupart  sont  incomplets , 
soit  parce  que  les  ouvertures  de  cadavres  manquent ,  soit 
parce  que  les  symptômes- y  sont  mal  décrits  ou  même  en-i 
fièrement  omis.  .Presque  tous  sont  empruntés  aux  époques 
où  la  valeur  des  rougeurs  de  la  membrane  interne  des 
voies  digestives  était  si  peu  connue,  qu’on  n’ouvrait  presque 
jamais  les  intestins  et  rarement  l’estomac  ,  où  les  phlèg- 
masies  du  cepeau  ,  de  la  moelle  épinière  ,  étaient  presque' 
toujours  méconnües  pendant  la  vie  commjksur  les  cada¬ 
vres.  Et  ce  sont  do  tels  faits,  que  l’auteur  h’hésite  pas  àdn» 
voquer  pour  prouver  l’existeoce  des  maladies  indépèn- 


508  r.XTliAlTS' 

dantes  de  totil  désordre  matériel  local  !  Conçoit-on  üne 
pareille  erreur  ?  Enfin  ,  quand  les  lésions  locales  sont  évf- 
déniés  ,  M.  Gendrin  entasse  subtilités  sur  sophismes  pour 
faire  croire  que  ces  lésions  sont  les  effets  de  la  lièvre  essen¬ 
tielle  ou  de  l’état  général  quila  provoque  ,  ou  des  propre¬ 
tés  vitales  ,  etp.  J’emprunte  à  l’excellent  article  Anatomie, 
patliô logique  de  M.  Brcschet,  dans  le  Dictionnaire  de 
Médecine,  la  réponse  à  toutes  ces  hérésies.  «L’anatomie 
pathologique  est  encore  au  berceau  ,  dit  ce  médecin;  la 
plupart  des  faits  que  nous  onj^laissés  nos  devanciers  sont 
tronqués ,  incomplets ,  observés  sous  un  seul  de  leurs 
aspects  ;  et  conséquemment  ils  deviennent  insuflisans  ou 
d’un  bien  faible  secours  pour  construire  le  monument  qui 
doit  être  désormais  le  sanctuaire  de  la  science  médicale.  » 
Et  plus  loin  :  «  les  altérations  matérielles  des  tissus  orga¬ 
niques  n’étaient,  suivant  certains  auteurs  ,  que  le  résultat 
de  la  maladie  ,  et  non  la  cause  de  la  maladie  elle-même  ; 
souvent ,  lorsqu’on  n.e  trouvait,  pas ,  dans  un  organe  regar¬ 
dé  comme  le  siège  de  la  maladie  ,  de  traces  de  quelque 
lésion,  on  ne  cherchait  pqint  ailleurs  ,  ou  si  l’on  trouvait 
sur  d’autres  points. des  lésions  organiques  ,  on  ne  croyait 
pas  qu’elles  pussent  produire  la  série  de  symptômes  oti|er- 
vés  dans  un  autre  lieu  que  celui  où  résidait  l’altération 
du  tissu.  Très-fréquemment: on  affirmait  qu.’il  n’existait 
point  d’altérations  organiques  et  que  la  maladie  consistait 
dans  une  simple  peryersioù  d’actions  (i)  ,  sans  qu’il  y  eût 


(i)M.  Géndrin  prétend  qde  l’cx.iltaiion  des  forces  nerveuses  consli- 
tuela  fièvre  phrénétique  y  que  là  fièvre  adyntimique  consiste  duns  leur 
diminution  ou  leur  coUapsus ,  .et  que  la  fièvre  ataxique  n’est:  autre 
chose  quolii  pervctsiou  et  l’irrégukrilé  (^(!  toutes, les  fonctions  nerveu¬ 
ses.  Or  ,  concevez,  si  vous  pouvez  ,  des  forces  et  des  foiïclions  indépen¬ 
dantes  des  org™fe,  et  par  suite  des  lésions  de  ces  fonctions  ,  sans 
léàtens  de  ces  organes.  M;.  Gendrin  ii’a  pas  lu  ou  a’a  pas  compris 
la  -Physiologie  du  système  nerveute  y  f  UC  M-.GfCorÿtU  ,  ■ 


BT  AWALVSES.  569 

de  lésion  matérielle  dans  les  inslrumens  des  fonctions-, 
comme  si  la  chose  était  possible  et  la  proposition  soute¬ 
nable.  Quelques  esprits,  par  la  force  de  l’habitude ,  l’é¬ 
loignement  pour  toute  nouvelle  étude ,  par  dédain  pour 
tout  ce  qui  ne  sort  pas  de  leur  école  ou  n’appartient  pas  à 
leur  époque ,  font  chorus  avec  l’ignorance  (  M.  Gendriii , 
choisira  lui-même  sa  cathégorie)  ,  et  soutiennent  qu’il 
n’existe  point  d’anatomie  pathologique  ,  que  cette  préten¬ 
due  science  est  une  chimère,  une  sottise  (i):,  et  que . 
d’ailleurs  les  lésions  observées  dépendent  de  la  maladie 
primitive ,  qu’elles  en  sont  l’elfet ,  et  qu’en  les  connaissant 
l’art  n’est  pas  plus  avancé ,  et  ses  ressources  plus  nom¬ 
breuses  et  meilleures.  Que  deblasphêmesen  peude  motsî; 
Sans  doute  il  est  plus  facile  de  composer  une  formule  ,  de 
rédiger  une  ordonnance  ,  que' d’étudier;  la  structure.!  de 
nos  organes  ,  d’en  chercher  et  d’en  suivre  ;  les  :  altéra+') 
tiens  (2).  »  Il  sera 'permis  à,M.  Gendrin  d’en  appeler  de  i 
ce  jugement  quand  il  aura  ouvert  seulement  la  dixième 
partie  des  cadavres  qu’a  disséqués. )rauteur  de,  cet  article. 

Il  me  resterait  à  défendre  la  nouvelle  théorie  des,  fièvres 
contre  les  attaqués  de  l’auteur.  Mais -  cette  théorie  vient 
d’être  alTermie  sur  ses  bases  inébranlables  par  la  Pyréto- 


(1)  M.  Gendrin,  page  85  de  son  disoours'préliininawc,- s.’'<Si'pri.rh(î> 
ainsi  :  «  Nous  m’avons  rien  dit  de  riinpqrlanqeidet?Biiutoaue  pullidlo- 
gique,  à  laquelle  on  attache  aujourd’hui  tant  de  prix,  et  rjui  a  retidu 
à  l’art  si  peu  de  sertfkes  véritables .  Celte  branche  ‘de  la  pathologie  , 
nial-à-propos'dcctiréo  du  nom  de  scietioc',  pourrait  être  ,  utilo  si‘oii  là 
bornait  à  la  description  des  tissus'm(dddes\ietsi  on  ri’avait pas  voulue 
arriver  par  elle^  à  la  connaissance  de  la  nature  intime,  des  maladies  ; 
étudiée  ,  comrne  le  font  quelques  modernes ,  elle  fera  ,.ct  je  ne  crois, 
pas  l’expression. trop  forte  ,  rire  de  pitié  nos  désccudans ,  plus  instruiU- 
et  plus  sages,  à  force  d’expériences.»  Répétons-,  nvéc  M.  Brcschct  :  que' 
de  blasphèmes  en  peu  de  mots  ! 

(2)  Dictionnaire,  de‘  Médecine  yp.Sr  MM.  Adciun  ,  Béclard,  Biclt  y, 

Brcschel,  etc.,  tome  IT,  pages  217  et  218,  .,  ,  , 

1.  •  ' 


5^0  EX'iyaiÉi'rs 

Iog,i&pky<sial0giqu6  du  daoteuv  Boisseau  :  Best  donc  pei'-, 
rni»  de  se  pire  des  traits  ,  Mea  ianooens  d’ailleurs; ,  <|Heh 
Mv  GeBd,®îas’efroriGe  de  décocliep  coatre  elle.  Ce  médecin 
a  saHjs  doute  déjà  lu  l’texcelleùt.  ouvrage  dont  je  parle,; 
peut-'être'  même  s’est-il  déjà  aperçu  (jue  le  sieû  n’eu  est 
tout  au  plus  que  la  mauvaise  parodiejit  coup  sûr  du  moins 
il  est  maintenant  tien  convaincu  qu’il  connaissait  la  üon- 
velle  doctrine  aussi  mal  qu’il  la  eombatlaifc  Qu’il  le  rclisé 
encore  ,  qu’il  le  médite  sans  cesse:;  peutélre  qu’à  force  dq 
frotter  sa  cérvellè  ,  comme  disait  Montaigne!,  cointre  çéiHé 
d’une  Benne  tête ,  il  parviendra  à  se  la  meubler  d’îdéeSî 
justes,  de  jugemen® et: de  raisonnemens  sévères ,  et  àiep: 
chasser'  les  erreurs.,  Ifes  sophismes  et,  les,  subtilités  qui; 
l’obatruenli 

M.:  Géndirin  aurait  tort  de  se  plaindre  du  ton  de  ina 
oritîqiie  ;  je  n’ai  pas  dit  tout  ce  que  je  peuvais  'dire  de  son 
ouivEaget  sans  cesser  d’être  vrai  ,  et  il  est  Une  fqqle  dé 
propositicwas  quoi  j’eossé'  été  fort  embarrassié  de  qualifier 
poliirmat:  Dî’ailfenrs; ,  ce  médecin  traite  de  vmisiraihl&s-, 
py^mdks.^  ceux:  dejses  confrèces,  qui  osent  doutèr  de^qùpl- 
q1ies^-uns:  dès  oracles  deJ  Cos  j.ili  appelle, les  partisaiis,  de  ln 
doctrine  phyisiplogiqûfij,  ;  ,  scvvp,k$ 

imitateurs  d’un  .professeur-scwant  et  systématique  ,  qui 
ont.  voulu  acorédit^r^  Im  sottises,  les,  plus  ridicules,  les 
opinions  les  plus  absurdes il  uecuse  d^ignorance  les  méi- 
deciûs  qui  osent  regardér  comme  des  phtègtuasies  céré- 
lireles;,  les,  ficv,r6S.af^f,fclq^es.,.  cé^,ébral^^^  etc.;  or,  je 
n’ai  parlé  nulle  part'  de  l’ignoranoe  de.  M^  Geudrin  ,  des 
sottises  ridicules  qii’îi  'veiit  accréditer,  une  seule  fois 
j’qiJsissé  écHappeP  le  mot  absurde  ,  ]e  suis  donc  encore 
loin  de  l’avoir  imité,;,  et  cej^ndaflt ,  j’ eu.  ayais  le  droit ,  car 
quand,  sans  avoir  été  attaqué,  on  s’exprime  comme  l’a 
fait  ce  médecin  à  l’égard  de  ses  adversaires  ,  Oü  'mérile  au 
moins  peine  du  talion.  L.  Ch.  Roche. 


ET  .AWAiVSBS. 


5.7.^; 


Mémoire  sur  i’ernpoisqnnement  par  tctcide  oxaitqùe  ;' 
par  MM.  (^heistison  ,  M.-D.  j  professeur  de  méde¬ 
cine-légale  à  l’üniversité  d’Edimbourg  ,  et  C.  IW. 
QiOi^ï)}!,y,  M--M.  de  Genève-  ,  ' 

.  Os  s’accorde  généralement  à  cpnsid  éter  les  ,ppj,sp,fl5, 
comme  agissant  sur  récpnomle  ;an|ima^e  de  trois  maniées 
différentes;  :  ij°  un  certfjin  nomb  re  d’entr’enx  agissent  focale» 
ment  :;  les  uns ,  tels  que  les  açid,es  minéraux  , affaiblis  ,  et  plu-, 
sieurs  végétaux  âpres ,  en  |rritant  les,tiasiis,  avec  lesquels  ils 
soiiten  Contact  et  en  déterminant  leur  inflammatipn  ;,le^ 
autres  ,  tels  que  les  acides  minéraux  conceirtrés,,  , les, al¬ 
calis,  etp,  »,  en;  décomposant  jChimiquoment  cgs.  ,tiasus. 
2,“  Une  autre;  série  de  poisons  produisent  sur  les  extrémi¬ 
tés  nerveuses  des  parties  sur  lesquelles  ils  sont  appliqués, 
une  imp,ression  particulière  qui  est  ensuite  transmise  au 
cerveau  par  rintermédiaire  des  nerfs  ;  .ç’.est  .  amsi  qu’agisr 
sent  l’alcohol  ,  le  tabac ,  etc.  5.*  La  striebnine  *  .lâ^^ippt;", 
phine’ ,  et  beaupoup;  dl a utres  ;  Sfibalapces  ,  yénénpuses 
n’ont-tl’action  sur  l’écppemip  qu’^ptjès  avoir  été  absorbées 
et  portées  dans  le  terrent. de  la, circulation, :,|qlleS|agispept 
alorsnr.ou  sur  le  sang  lai-même, ,  ou  .spr  . le  système 
veuX;  ,■  QU  ;  enfin,  sur  quelque  ;autjne  organe  impoptanb; ,  Euf, 
fin  neriaina  PQMQPS  put  en ,  nrêipe;,  temps  jdçux  .jpanièrp^ 
d’agir  .5; ils  .sont]  absorbés;,,  et;  PoHent  ajnsi  lenr,ifl,^enco 
dfilétèife  sur  .  des  organes ,  éloignés  > ,  tandis'  qu’ijs,  ai^ctent 
aussi  localement  les  parties  aYe,ç  lesquelles  'i|s  sojot .  en  copr, 
tact,  j  telles  son t  plusieurs  substances  métalliques, j , , , ,  ^  1 5,.^ 
; .  Quelques:  auteurs  ont  ;  rangé  l’aP-Wp!  oxalique  i  parmi  Iqs, 
poisonsîéorrpsifs  ;,  et  pensent, que;8oni  action, est, pprqtnenfc 
loca.let  d’autres,,  outre'Çette;aptipn  locale,,,  lui.,p(,}y;ibuept 
37.. 


5fS  EXTRAITS 

un  effet  sympathique  sur  le  cerveau.  Celte  divergence 
d’opinions  a  engagé  les  auteurs  de  ce  Mémoire  à  entre¬ 
prendre  une  série  d’expériences  pour  déterminer  le  mode 
d’action  de  cette  substance  sur  l’économie  animale.  Ces 
recherches  sont  d’autant  plus  intéressantes  que ,  depuis 
quelques  années ,  ce  genre  d’empoisonnement  est  devenu 
très-fréquent  en  Angleterre.  Une  des  causes  principales  de 
cette  fréquence  tient  à  ce  qu’on  peut  assez  facilement  le 
confondre  avec  le  sel  d’Epsom  ,  dont  l’usage  comme  pur¬ 
gatif  est  très-répandu  dans  ce  pays. 

Les  auteurs  ont  divisé  leur  Mémoire  en  deux  parties  : 
dans  la  premièré ,  ils  rapportent  les  expériences  qu’ils  ont 
faites  sur  l’action  de' l’acide  oxalique;  dans  la  seconde,  ils 
font  l’application  des  résultats  ainsi  obtenus  à  l’empoi- 
sorinement  cBez  l’homme. 

'  Première  partie,  —  La  première  question  qui  se  pré¬ 
sente  à  résoudre  est  de  savoir  si  l’acidé  oxalique  appar¬ 
tient  exclusivement  à  la  classe  des  poisons  corrosifs  ;  dans 
ce  cas ,  il  devra  toujours,  comme  les  autres  substances 
de  ce  genre ,  agir  en  raison  directe  de  sa  quantité  et  de 
son  de^é  de  concentration. 

Pour  déterniiùer  ce  point,  MM.  Ghristison  et  Goindet 
injectèrent  dans  l’estomac 'd’un  chien,  une  demi-once 
d’iicîde  oxalique  dissoute  dans  deux  fois  son  poids  d’éau  ,  à 
i  3o°  F.  '(  54°  cehtig.'7 .  et  passèrent  uné  ligaturé  autour 
de  l’œsophage.  Deux  minutes  après ,  l’animal  fit  des  efforts 
violons  de  vomissemens  qui  durèrent  pendant  dix  minutes. 
Là  respiration  était  laborieuse  et  fréquente..  Au  bout  de 
seize  minutes  elle  devint  éoürte  et  intefrompiie  ;  la  tête 
était  péndante  ;  l’animal  aba  ttu  ,  mais  cependant  il  conser¬ 
vait  toute  sa  Sensibilité.  Enfin  il  témbà  tout-à-coiip  sur  le 
côté,  et  vingt-üne  minutés  après  l’expériéncé  il -mourut  à 
la  suite  de  quelques  mouvemenS*  convulsifs.  Pendant  ces 
convulsions,  on  né  pouvait  sentir  aucun  'inoüvèment 


ET  ANALYSES.  SjS 

du.  cœur  ,  et  lorsqu’on  ouvrit  l’ànlmàl  ,  aussitôt  après  la 
mort ,  le  cœur  n’était  plus  susceptible  de  se  contracter.;. 

Cette  expérience  fut  répétée  plusieurs  fois  de  la-inême 
manière ,  et  en  variant  la  dose  d.Si  poison.  On  obtint  con¬ 
stamment  des  résultats  analogues  /  dont  voici  lés, plus  re¬ 
marquables  : 

La  violencedes  efforts  de  vomissement  était  proportion¬ 
née  à  la  quantité' du  poison.  Lorsqu’ils  étaient- très-vio- 
lens  ,  ils  cessaient  promptement;  quand,  au  contraire , 
ils  étaient  ou  moins  fréquent,  ou  moins  violons,  ils  du¬ 
raient  souvent  pendant  plus  de  deux  heures.  L’animal  était 
toujours  dans  une  vive  agitation ,  et  conservait  sa  sensibilité 
jusqu’à  l’époque  où  il  tombait  sur  le  côté  ;  il  mourrait  alors 
aussitôt  etordinairement  sans  aucun  mouvement  convulsif; 

En  ouvrant  l’animal  immédiatement  après  la  niiort,  on 
trouva  constamment  l’estomac  remplijd^un  fluide  noirâtre , 
qui  ne  paraissait  être  autre  chose  que  du  sang  extravasé 
altéré  par  l’acide  ,  et  peut-être  mêlé  à  un  peu  de  bile.  La 
membrane  interne  de  l’estomac  était  d’un  rouge-cerise  , 
présentant  ordinairement  des  stries  noires  et  des  granula¬ 
tions.  Ces  altérations  étaient  toujours  beaucoup  plus,  pror 
fondes  vers  le  pylore  et  le  cardia  ,  què.  dans  :  les  autres 
parties  de  l’estomac ,  et  c’était  sur-tout  le  grand  cul-de- 
sac  de  cet'orgàne  qui  paraissait  le  moins  affecté, wLa,  cor¬ 
rosion  et  la  rougeur  étaient  toujours  plus  intenses,  sur  la 
saillie  de  rides  de  la  membrane  muqueuse  que  dans  leurs 
intervalles,  qui,  quelquefois ,  étaient  presque  dans  l’état 
sain.  Lorsque  l’action  locale  du  poison  était  plus  forte  , 
l’épiderme  de  la  membranç  muqueuse  était  détruit  dans 
toute  la  région  cardiaque  et  sur  toute  la  partie  postérieure 
de  l’estum'ac  ;  sur  l’antérieure  ,  il  n’en  restait  que  quelques 
plaques  isolées,  d’une  couleur  brune  et  d’une  fragilité 
remarquable.  IJans  un  cas  ,  la  surface  du  chorion  de  la 
membrane  muqueuse  ,  près  de  l’orifice  cardiaque  ^  était 
ramollie. 


Syi  ÉXÏftAÏTS 

irpftratt-dôûC ,  d'après  tés  faits  ,  que  racidc  oxalique 
très-ijonceutté  et  pris  en  grande  quantité  produit  une 
extrâvasation  considérable  de  sang  dans  l’estomac  ,  une 
érèsîoh  dë  l'épiderme  de  la  membrane  muqueuse,  et 
qnëlqüéfois  ,  nàais  rarement  ,  un  ramollissement  du 
cborion. 

Én'examihant  les  effets  des  poisons  corrosifs,  il  est 
très-^essentiel  d^distînguer  ceux  qui  rés'ültent  d’une  action 
chimique ,  de  ceux  qü’oü  doit  attribuer  à  la  réaction 
vitale.' Pour  y  parvenir ^  il  èst  nécessaire i  d’abord ,  d’exami¬ 
ner  immédiatement  après  la  mort  les  altérations  pro¬ 
duites  sur  les  tissus  vivans ,  et  ensuite  de  les  comparer  à 
Celles  qui  ont  lieu  dans  les  mêmes  tissus  privés  de  vie  par 
l’action  de  la  même  substance. 

Voici  les  résultats  des  expériences  faites  par  les  auteurs 
pour  arriver  à  la  solution  de  cette  question  : 

1'.“  L’acide  oxalique  Concentré  rend  l’épiderme  de 
la  membrane  muqueuse  de  restoœac  trèsÆagile  et 
moins  adhérent  ;  il  dissout  les  autres  tuniques  de  cet  or¬ 
gane  5  mais  pendant  la  vie  cette  action  ne  s’étend  jamais 
an-delà  de  la  surface  du  chorion  ,  et  même  rarement  aussi 
loin.  Ainsi ,  pendant  la  vie,  il  occasionne  l’épanchement 
du  sang  dans  l’épaisseur  dès  tissus  et  dans  la  cavité  ^de 
l’estomac,  mais  très-peu  d’altérations  chimiques;  son 
action  se  rapproche  donc  beaucoup  de  celle  des  irritans 
proprement  dits. 

2.”  Gëtte  substance  agit  avec  tant  de  rapidité  star  les 
tissus  anitnaux  privés  de  vie  ,  que  si  on  diffère  de  quel¬ 
ques  niinutes  l’èxamen  du  Corps  d’un  animal  qui  a  suc¬ 
combé  h  Ce  genre  d’empoisonnement ,  on  trouve  le  cho.i 
riori ,  et  même  les  autres  tissus  de  l’estomac ,  dissous  par 
l’action  de  l’aCido  ;  effet  qui  est  également  prodmt ,  quoi¬ 
que  plus  lentement  ..lorsque  l’acide  est.éteipdnd’eau, 

â.°Celtè  action  n’est  pas  due  à  une  double  décomposi- 


et  ÀÎIAITSES.  5^ 

tioa  de  l’ecide  oxalique  et  des  tissus  derestomac ,  comme 
M.  Thomson  l’avait  pensé  ;  ce  n’est  qu’une  sin^é  diss©fr 
lution,  dans  laquelle  ni  l’acide  ,  ni  les  principes  itirmé? 
diats  des  tissus  de  l’estomac  n’épioijvent  aucune  altéra¬ 
tion  ;  la  partie  ainsi  dissoute  paraît  être  la  gélatine. 

Ayant  ainsi  déterminé  le  mode  d*aotion  de  l’acide  oxa¬ 
lique  très-concentré  ,  les  auteurs  recherchent  ensuite  si  , 
en  réiendanl  d’eau ,  les  propriétés  vénéneuses  de  cet  acide 
sont  diminuées  ou  mémo  détruites,  comme  cela  à, lieu 
pour  les  poisons  irritans  en  général. 

D’après  les  expériences  qu’ils  ont  faites  à  cct  égard ,  ils 
concluent  qu’une  petite  quantité  d’acide  oxalique  dissoute 
dans  une  très-grande  quantité  d’èau ,  tue  l’animal  dix  ou 
douze  fois  plus  vite  que  lorsqu’il  est  très-concentré.  Des 
symptômes  que  nous  décrirons  plus  bas  ,  très-diflércns  de 
ceux  que  nous  avons  déjà  indiqués,  se  manifestent  alors ,  et 
prouvent  que  dans  ce  cas  le  poison  n’agit  pas  seulement 
qprome  un  simple  irritant. 

Ces  effets  peùvent-dlg  être  regardés  coirime  sympa¬ 
thiques  >  et  attribués  à  une  impression  particulière  trans¬ 
mise  de  l’estomac  à  des  organes  éloignés  par  l’intermé¬ 
diaire  des  nerfs  ?  Pour  résoudre  cette  question  ;  les  au¬ 
teurs  ont  fait  des  expériences  dont  nous  allons  rapporter 
les  résultats. 

La  section  des  nerfs  qui  se  porte  du  cerveau  à  l’esto¬ 
mac  ,  retarde  considérablement  les  symptômes  de  l’qm- 
poisonnement  par  l’acide  oxalique  très-concentré.  Il  n’en 
est  pas  de  même  lorsque  cet  acide  est  étendu  d’eau  j  car 
alors,  quelles  que  soient  les  impressions  transmises  au  cer¬ 
veau  par  ces  nei’fs  ,  elles  ne  paraissent  avoir  aucune  in¬ 
fluence  sur  les  symptômes  ou  les  suites  de  ce  genre  d’em¬ 
poisonnement.  Ën  effet,  les  phénomènes  sont  les  mômes , 
que  ces  nerfs  soient  coupés  ou  qu’on  les  laisse  ihtafets.  Il 
semble  dône  que  la  mort  résultant  de  racliou  do  l’acîtie 


576  .  EXTRAITS 

oxalique  ,  ne  dépend  jamais  de  l’impression  transmise 
sympathiquement  au  cerveau ,  si  ce  n’est  dans  les  cas 
extrêmement  rares  d^une  désorganisation  locale  très- 
étendue. 

On  peut  en  outre  tirer  de  ces  expériences  une  con¬ 
clusion  qui  s’applique  aux  empoisonnemens  en  général , 
c’est  qu’une  action  sympathique  résultant  d’une  lésion 
organique,  peut  être  produite  avec  une  rapidité  que  jus¬ 
qu’ici  on  n’avait  pas  même  soupçonnée. 

Puisque ,  dans  la  plupart  des  circonstances  ,  on  ne  peut 
rapporter  les  effets  de  l’acide  oxalique  ni  à  la  désorgani¬ 
sation  chimique  de  la  partie  avec  laquelle  il  est  en  contact, 
ni  à  une  action  sympathique  sur  le  cerveau ,  il  ne  reste 
plus  qu’à  savoir  si  c’est  par  l’absorption  que  cette  sub¬ 
stance  affecte  des  organes  éloignés.  Dans  cette  vue  les  au¬ 
teurs  cherchent  d’abord  à  , prouver  l’absorption  de  ce  poi¬ 
son;  en  second. lieu,  ils  examinent  quels  sont  les  organes 
sur  lesquels  il  porte  alors  son  influence.  ^ 

1. "'Qu6l  que  soit  le  tissu  avec,  lequel:  on  mette  l’acide 
oxalique  en  contact ,  qu’on  l’injecte  dans!  le  canal  digestif, 
la  plèvre ,  le  péritoine  ou  le  tissu  cellulaire  ,  ses  effets , 
offrent  toujours  les  mêmes  caractères  principaux, 

2. °  L’énergie  avec  laquelle  ce  poison  agit  est  à-peu- 
près  proportionnée  à  la  rapidité  avec  laquelle  il  est  ab¬ 
sorbé  ;  eû  effet,  une  quantité  d’acide  oxalique  qui  fera 
périr  un  animal  en  peu  de  temps  ,  lorsqu’on  l’applique 
sur  une  membrane  séreuse  ,  pourra  ne  pas  être  suffisante 
pour  tuer  un  animal  d,e  même  volume  ,  si  on  l’introduit 
dans  l’estomac.  Injecté  dans  les  veines ,  soii  action  est 
encore  plus  prompte. 

5i°  Lorsqu’on  l’applique  à  une  partie  qui.  ne  commu¬ 
nique  avec  le  reste  du  corps  que  par  les  vaisseaux  san¬ 
guins  ,  les  autres  parties  ayant  été  divisées ,  les  effets  gé¬ 
néraux  du  poison,  se  manifestent  avec  autant  d’éuergie 


ET  ANALYSES.  577 

et  de  promptitude  que  dans  les  autres  circonstances. 

4.°  Enfin ,  une  dissolution  d’acide  oxalique  îtljectée 
dans  la  plèvre  ou  le  péritoine  disparaît  bientôt  complè¬ 
tement. 

On  ne  peut  donc  douter  que  l’acide  oxalique  n’agisse 
sur  l’économie  animale  ,  par  l’intermédiaire  de  l’ab¬ 
sorption.  *  •  . 

Ces  faits  ont  conduit  tout  naturellement  MM.  Christison 
et  Coindet  à  rechercher  la  présence  de  cetté  substance 
dans  le  sang  ,  et  à  examiner  quels  changemens  elle  fait 
éprouver  à  Ce  liquide. 

En  traitant  isolément  les  différens  principes  constituons 
du  sang  par  l’acide  oxalique ,  ils  ont  observé  que  c’est  . sur¬ 
tout  sur  la  matière  colorante' de  ce  liquide  qu’il  porte  son 
action.  En  le  mêlant  à  du  sang  récemment  tiré  de  la  veine , 
il  le  coagule  très-promptement.  L’hydrochlorate  de  cha^ 
peut  décéler  facilement  l’existence  d’un  seul  grain  d’acide 
oxalique  dans  le  sérum  d’environ  deux  onces  de  sang 
ainsi  coagulé,  •  *  , 

*11  n’en  est  pas  de  même  lorsqu’on  analyse  le  sang  d’un 
animal  mort  à  la  suite  de  l’injection  de  l’acide  oxalique 
dans  les  veines ,  ou  de  l’absorption  de  celte  substance;  il 
est  impossible  alors,  par  les  réactifs  les  plus- sensibles  ,  de 
découvrir  aucune  trace  du  poison  ni  dans  le  sang,  ni  dans 
la  bile ,  ni  dans  le  chyle  contenu  dans  le  canal  thoracique 
ni  les  autres  fluides  animaux.  Les  preuves  nombreuses  et 
irrécusables  de  l’absorption  de  l’acide  oxalique,  rendent 
ce  résultat  d’autant  plus  étonnant,*  que  rien  n’est  plus 
facile  que  d’en  retrouver  même  les  plus  petites  quan¬ 
tités  lorsqu’on  les  mêle  à  du  sang  récemment- tiré.  Il 
est  donc  probable  que  ce  poison  est  ■  décomposé  par  une 
action  vitale ,  et  '  forme  avec  les  parties  constituantes  du 
sang  des  composés  nouveaux  qui.  ne  contiennent  pas  d’a¬ 
cide  oxalique.  Quoique  les  auteurs  ri’aient  pas  déterminé 


S.78  .  ÆXTBAIÏS 

si  ce  tte  décomposition  alieu  dans  les  capillaires  au  moment 
de  l’aflsorption ,  dans  les  gros  vaisseaux ,  ou  dans  les  pou¬ 
mons  ,  ils  sont  cependant  portés  à  croire  que.  c’est  dans 
ces  derniers  que  ce  phénomènè  a  lieu ,  et  que  se  forment 
les  composés  particuliers  auxquels  on  doit  attribuer  les 
symptômes  de  l’empoisonnemept. 

La  dernière  question  que  les  a*uteurs  ont  examinée  dans 
Cette  première  partie  ,  est  tle  savoir  sur  quels  organes 
l’acide  oxalique  porte  principalement  son  influence  délé¬ 
tère.  On  ne  peut  y  parvenir  qu’en  observant  attentive¬ 
ment  les  symptômes  de  cet  empoisonnement  elles  altéra¬ 
tions  cadavériques  qui  en  sont  la  suite.  Les  symptômes 
varient  suivant  la  quantitéet  le  degré  de  concentration  du 
poison ,  suivant  le  tissu  avec  lequel  il  est  en  contact ,  et 
■enfin  suivant  l’espèce  de  l’animal  soumis  à  l’expérience. 
§’est  sur-tout  lorsque  l’acide  oxalique  est  administré  de 
manière  à  ne  faire  périr  l’animal  qu’au  boutd’une  heure ,  ou 
même  plus ,  qu’on  peut  voir  distinctement  les  symptômes 
caractéristiques  de  ce  genre  d’empoisonnement.  Voici  les 
plus  remarquables  :  efforts  violens  de  vomissemens ,  légère 
roideur  permanente  des  pattes  postérieures  ,  têté  pen¬ 
dante  ,  aspect  triste  et  abattu  ,  pbuls  faible  et  fréquent  ; 
à-peu-près  en  même  temps  l’animal  éprouve  des  paroxys¬ 
mes' d’une  gêne  dans  l’inspiration  ,  qui  paraît  dépendre 
d’une  contraction  des  muscles  respiratoires  qui  survient 
avant  que  la  dilatation  de  la  poitrine  soit  complète.  La 
roideur  des  membres  postérieurs  augnaeute  ;  ils  devien- 
nenf  insensibles ,  et  quelquefois  paralysés.  De  temps  en 
temps  l’animal  rejette  sa  tête  en  arrière  :  sa  démarche 
semble  i;oide;  il  ne  paraît  pas  être  maître  de  ses  mouve- 
.menSi  A  mesure  que  l’ocliou  du  poison  augmente  .  le 
spastde  des  musclés  respiratoires;  augmente  lellement  , 
qu’à  la  fin  de  chaqueqwroxysme  la  respiration  eSt  sus¬ 
pendue  pondant  un  certain  temps.  Ordinairement  alors  la 


ET  AN  ALVSiE  s.  579' 

tête  ,  là  queue  .et  les  extrémités  sont  plus  ou  moins  ren¬ 
versées  en  arrière,  jusqu’à  simuler  quelquefois  une  attaque 
violente  d’opisthotonos.  Pendant  les  intervalles  des  pa¬ 
roxysmes,  la  respiration  est  fréquente  ,  et  les  contrac¬ 
tions  du  cœur  sont  faibles  et  accélérées  ;  dans  un  seul  cas 
cependant  elles  étaient  tellement  fortes ,  :  qu’elles  se  fai¬ 
saient  entendre  assez  loin  de  l’animab!  L’insensibilité  > 
jusqu’alors  bornée  au  train  de  derrière  ,  s’étend  au 
tronc  ,  aux  pattes  antérieures  »  et  finit  par  gagner  la  tête. 
A  mesure  qu’elle  s’avance ,  la  respiration  devient  moins 
fréquente ,  les  accès  spasmodiques  deviennent  moins  mar¬ 
qués,  et  enfin  cessent  entièrement»  Pendant  un  certain 
temps ,  on  peut  les  faire  reparaître ,  éü  frappant  l’animal 
sur  le  dos  ou  ïes  pattes.  Mais  enfin  il  tombe  dans  ufi  état 
de  coma  profond,  accompagné  d’un  relâchement  complet 
de  tous  les  muscles  du  corps.  Les  mouvemens  du  cœur 
sont  alors  à  peine  sensibles  ;  la  respiration  est  lente ,  régu¬ 
lière  ét  courte ,  et  s’alËiiblit  de  plus  en  plus,  jusqu’à  ce 
que  la  vie  dé  l’animal  s’éteigne  presqu’insensiblement.  •. 

Ges  symptômes  peuvent  varier  considérablement ,  .sui¬ 
vant  la  dose  du  poison»  Si  On  l’augmente  j  les  eidets  Se 
rapprochent,  sous  beaucoup  de  rapports  j  de  ceux  que 
produisent  la  brucine  et  la  strychnine  ;  ils,  en  difièrent  par 
l’action  que  l’acide  oxalique' éxerbe  sur  le  cœur.  Lbrs^ 
qu’au  contraire  la  dose  est  moins  forte  j  l’animal  éprouve 
de  la  roideur  dans  les  pattes  postérieure^ ,.  une  espèce  de 
somnolence,  mais  ni  insensibilité  ni  même  paroxysmes 
spasmodiques,  et  ordinairement  il  se  rétablit  plus  Ou  moins 
promptement.  Les 'dilTérens  degrés  de  boncênti'.alion  dé 
cet  acide  produisent  des  modifications  semblables  dan§ 
les  symptômes  ;  plus  il  est  étendu  ,  plus  ilàgit  avec  force. 

En  ouvrant  l’aniinal  immédiatement  après  la  , mort ,  on 
ne  trouve  aucune  altération  remarquable  ni  dans  le  cer¬ 
veau  ,  ni  dans  lés  viscères  abdominaux.  Les  poumons  pré- 


TS  • 


58o  EXTBAI 

sentent  toujours  ,  excepté  quand  la  mort  a  été  très- 
prompte  ,  des  taches  d’un  rouge  vif  à  leur  surface;  quel¬ 
quefois  même  tout  leur  parenchyme'ést  uniformément  de 
cette  couleur.  Il  -n’êxistô-  cépendaht  d’épanchement  ni 
dafts  les  cellules  aériennes  ,  ni  dans  le  tissu  cellulaire. 
Dans  les  cas  oh  la  mort  survient  aivant  l’époque  de  l’in¬ 
sensibilité,  le  cœur,  examiné  deux  ou  trois  minutes  après, 
ne  présedte  plus  de  pulsations  et  n’est  plus  contractile  ;  le 
sang  des  cavités  droites  estnoir,  celui  des  cavités  gauches 
est  vermeil.  Lorsque  l’empoisonneùiènt  a  eu  lieu  plus^  len¬ 
tement,  et  que  l’état  comateux  a  existé  pendant,  un  cer¬ 
tain  temps  avant  la  mort ,  le  cœür ,  quoique  ses  contrac¬ 
tions  soient  très-faibles,  continue  de  battre  pendant  quel¬ 
ques  instans  après  que  la  respiration  a  cessé  :  alors  le  sang 
est  d’une  couleur  noire  dans  -les  deux  systèmes  vascu¬ 
laires.  Ôn  observe  quelquefois  entre  ces  deux  extrêmes 
une  variété  intermédiaire  de  cet  empoisonnement. 

Il  est  donc  évident  que  c’est  sur  la  moelle  épinière,  le 
cerveau,'  le  cœur  et  les  poumons  que  l’acide  oxalique 
agit.  D’après  l’ordre  dans  lequel  les  symptômes  se  mâ- 
nifestent  ,  il  paraît  que  le  cœur  et  les  poumons  ne 
sont  affectés  que  secondairenient  par  l’intermédiaire  du 
système  nerveux  sur  .lequel  porte  l’action  primitiva 
de  l’acide  oxalique.  En  effet ,  les  premiers  symptômes 
qu’on  observe  est  la  contraction  spasmodique ,  ou  quel¬ 
quefois  une  paralysie  des  pattes  postérieures  qui  s’étend 
ensuite  au  tronc;  l’animal  devient  insensible;  ce  qui  in¬ 
dique  clairement  le  commencement  de  l’affection  céré¬ 
brale.  Les  fonctions  du  cœur  et  des 'poumons  ne  com¬ 
mencent  à  être  troublées  qu’au  moment  où  l’insensibilité 
se  manifeste  ;.les  pulsations  du  cœur  sont  alors  faibles  et 
accélérées,  et  la  gêne  de  là  respiration  amène  les  symp¬ 
tômes  d’une  asphyxie  incomplète.  Lorsque  la  dose  du 
poison  est  petite ,  le  cœur  est  moins  affecté;  les  signes  de 


ET  ANALYSES.  58l 

i'affection  cérébrale  sont  plus  développés ,  et  se  terminent 
par  un  simple  coma  ;  enfin  Panimal  meurt  lentement  as¬ 
phyxié  ;  si ,  au  contraire ,  la  dose  est  assez  forte  ,  l’action 
du  c(Eur  est  détruite  tout-à-coup  avant  que  les  symptônies 
du  coma  ou  de  l’asphyxie  se’  soient  manifestés. 

MM.  Christison  et  Coindet  ont  fait  quelques  expériences 
pour  déterminer  si  lës  acides  tartarique  et  citrique  agis¬ 
saient  d’unè  manière  analogue.  A  la  dpse  d’un  gros  ,  et 
dissoutes  dang,  douze  parties  d’eau*,  ces  substances  ne  pro¬ 
duisent  aucun  effet  sur  des  chats. 

Nous  allons  rapporter  textuellement  les  conclusions 
par  lesquelles  ilà  terminent  la  première  partie  de  ce  Mé¬ 
moire  : 

1 . “  L’acide  oxalique  très-concentré  ,  'introduit  à  hautes 

doses  dans  l’estomac',  irrité' ou'î  corrode  cet  organe  en 
dissolvant  la  gélatine  de  ses  membranes.  La  mort  a  lieu 
dans  Ce  cas  par'  l’affection  ‘sympathique  du  systèmé 
nerveux.  • 

2.  "Etendue  d’eau,  cette  substance  iest  absorbée  et  porte 
son  influence  sur  les  organes  éloignés;';  elle  n’agit  alors  ni 
en:  irritant  l’estomac ,  ni  sympathiquement.  Toutes  choses 
égales  d’ailleurs,  son  action  est  plus  rapide  lorsqu’elle  est 
étendue  d’eau  que  lorsqu’elle  est  concentrée.  ; 

3. °  Quoique:  ce  poison  soit  absorbé  j  on  ne  peut  le  re¬ 
trouver  dans  aiicu»  des  liquides  de  l’animal;  probable¬ 
ment  parce  qu’il' est  décomposé,  eri  passant  par  les  pou¬ 
mons,  et  que  ses  élémens-se  combinent  avec  le  sang,  ; 

4*"  II  agit  directement  comme  sédatif.  Les  organes  spr 
lesquels  il  porte  son  influence  ,  sont  ,  d’abord  la  moelle 
épinière  et  le  cerveau ,; ensuite  ^  et  secondairement  ii  jles 
poumons  et  le  cOeur.  Enfin  la  cause  immédiate  de  la  mort 
est  quelquefois:  uhè;'paralysie  du  cœur  ,  , d’autres  fois  ujne 
asphyxie  »  ou  enfin  ces  deux  affections  réunies.  , 

.  H.  M.  Edwaeds.,  , 

(  La  deuxième  partie  au  Numéro  prochain,  J 


5&2 


EX.ÏIl'A,!  X  9,’  .r 


Traité  de  la  clavelée ,  de  la  vaccination  .et  de  la  clavéli^ 

sationdes  bêtes:  à  laines. ^^^par  M.  HuB,TKEi--i)’AnBOVAL. 

Vees  Ib  milieu  du  dernier  siècle  j  lor^ue  la  France,  tirait 
encore  de  l’étrangèr  les  laines  flnes  employées  à  .  la  fabcir 
cation  de  ses  draps  s  lesi  moutoiïs  et  leuRstnaladies  n’excî-- 
taient  qu’un  faible  degré  :  d’intérêt  >;SQit  que,  l’on  ne  dab 
gnât  pas  donnér  de  grainds  seins  b  de»'  «nimaiix  destinés 
pour  la  boucherie  ,  soit  que  les  maladies  fllsseét  à^a-fois 
peu  fréquentes  et  peu  meurtrières  sur  les  moutons :,.ii}dir 
gènes:  déjà  :aceliniaiéa  etüdi’un /  tempéiftffiiienlt.yig'pureux. 
Ce  ne  fu't  qu’à,  l’époque;  de  l’introduction  des  jmérinos  que 
cette:  espèce  devint  un  objet  de  qàelqüe  importance.  Dès 
lors  sejdeùient  oii;, parut»  s’apercéyoir; qu’elle  était  sUr 
jette  à  une  multitude  d’aflèclions  plus  ou  moins  gravesj 
on  sentit  la  nécessité  de  lesi.observer,  soigheuseraenb.*  et 
Ton  ne  tarda  pas  à:  se 'convainémiqu’il  n’en  étaîtpoint 
dans  le  riombré  dont:  l’étUjttet  '  :fut  i  i  aussi  '  intéi'éssan  te  ;  que 
cellêdeda  dâvelèçy-i  i-:')  noilor  i;o8  ,in;.  ,!  '  ;  i. 

Très-meurtcièrèf!lj(®sqH’èlier!è:st  :  confiée!  à  des’ mains  in¬ 
habiles;  pettdangeréused'^aüi  contraire  lorsqu’on  lui  ap¬ 
pliqué  dès  le  prinGipe  un  tràiiteilaent  jnéthodique  ^  cette 
mâlàdié  fixa  bientâtil’atténtioiEf  Don-seulément  des  ivétéBi- 
nairesS’tnsds' encore  dèéiimédecins  frappés  de  sa  resseniT 
Mance  ayec  laivariolé.  On  vit  éclore  succèssiyeinen,t\les 
observatïonsi  db  iBarberet,'  Paulet,  Vicqrd’Azyr  *  Bourr 
gelât  jf  et,  àmberépoque  plus  rapprochée  de, nous  j celles 
dé-iGllbert,  dé  MMi  ;V:oisinii  ;  Girard  :i:Guer3ent,vBieti(s, 
CéC;  Mais  leurs’ épuseules^i  remplies  d’ailleurs  d’excellentes 
remarques-^  sent; tous  incomplets  sous  quelques  rappérts> 
etil  màftqüait  ençoréià  la -médecine  vétérinaire  un  traité 


ET  ANALYSES.  '  5,83: 

qui  réunît  tout.ce  que  l’on  a  dit  jusqu’à  présent  sur  lana^ 
ture  et  le  traitement  de  la  clavelé®, 

Le  désir  de  remplir  cette,  lacune,  paraissant  seul  avoir 
guidé  M.,  d’Arboval  dans  son  travail ,  nous  nous  bornerons 
à  examiner  s’il  a  fait,  un  cbpix  j  udicieux  des  matériaux 
épars,  qu’il  a  puisés,  dans  les  différens  auteurs. 

Le,  développement  des  pustules  claveleus.es  est  toujours 
précédé  p.ar  une  irritation  de  la  muqueuse  gastro-pulmo¬ 
naire  et  par  un  mouvement  fébrile  d’autant  moins  pro¬ 
noncé  que  les ,  individus  sont  plus  jeunes.  Cçtte  fièvre 
semble  être,  à  M.  d’Arboval  ,  le  principal  caractère  de  la 
maladie,  et  il  se  fende  sur  cette  observation  curieuse,^ 
qu’elle  paraît  suffire ,  même  sans  éruption ,  pour  mettre' 
les  animaux  à  l’abri  d’une  infection  nouvelle.  Quant  à  là 
fièvre  secondaire  ,  efté  est,  comïüe  d'ans  là  varioïè  de 
rhoinroe,  un  effet  de  l’Srysipëlê pioduit  par  les  pustufes, 
et  l’on  doit  toujours  attribuer  à  là  Violence  de  cet  érysi¬ 
pèle  l’adynamie  qui'ne  survient  que  trop  feüvenl.à  la  suite 
dés  clavelées  confluentes.  ‘  \  ‘  ‘  '  '  '  '  ' 

Gés  observations  rènfêrtnent  ütie"  application  assez  heu-^ 
reuse  de  quelques  propositions'  dé  M. ‘^’èroussais.  '  ‘ 

La  clavelée  ,  ainsi  qué  le  remarqué  M.'d’Arbovâl,;  ne' 
doit  jamais  inspirer  de  crainte  pliis  sêrîéüsç  que  lorsqUe 
l’éruption  se  porte  violemment  vers  la  têtè,  et  il  ést  cù- 
rieux  de  rapprocher  Cette  observation  de  celles  faités'  sur 
les  Cadavres  des  animaux  morts  dès  sûïtes  dé  cétte  mala^ 
die ,  par  Barberet, ,  Gilbert  ,  Làmeyrap  et  M,  d’Arbèval 
lui-même.  Pilon  seulèment  lës  müqüeliseS  ,  digestives  et,' 
aériennes  présentent  dé  fortes  tràcéé  '  db'hflàthmatién  ‘  v 
mais  l’arachnoïde  est  rouge  et  épaissie ,  les  sfrifris'Cëéébratiîxi 
gorgés'  etla  sUbslànce  cérébrale-  jaüi!ïe''et  difflué!iteiüce 
qui!  indique  évMémment  une  cowplioatïon:  dlèhcépha- 
lit®.:  • 

Paulfet  et  Bourgelnti,'  tout  én  attribuant  à  là  ciavejiée  le 


584  *  EXThAITS' 

caractère-  épizootique  et  contagieux  ,  pensent  qu’elle  peut 

se  développer  spontanément. 

M.  Huzard  fils  ,  pour  appuyer  celte  opinion ,  dans  son 
esquisse  de  nosographie  vétérinaire,  se  sert,  à  défaut 
d’autres  preuves,  de  ce  raisonnement  ; 

«  La  première  fois ,  dit-il ,  que  la  clavelée  s’est  mon- 
D  trée ,  elle  a  dû  être  spontanée  ,  et ,  si  elle  a  été  une  fois 
O  spontanée ,  il  n’y  a  pas  de  raison  pour  qu’elle  ne  le  soit 
J)  pas  une  seconde.  ». 

Toutefois  ,  il  est  peu  de  cas  où  l’on  ne  puisse  établir 
d’une  manière,  sinon  positive,  du  moins  très-probable  , 
les  voies  par  lesquelles  la  clavelée  s’est  introduite  dans  les 
troupes  de  bêtes  à  laine. 

D’après  Edouard  Harrîsson ,  et  au  rapport  de  tous  les 
auteurs  Anglais ,  la  clavelée  n’a  jamais  pénétré  dans  la 
Grande-Bretagne ,  ce  dont  rendent  facilement  raison  la 
position  de  ce  royaume  et  les  mesures  sévères  employées 
contre  l’exportation  des  moutons  étrangers.  Dans  la  plu¬ 
part  des  provinces  de  France ,  la  clavelée  ne  revient  épi- 
zootiquement  que  tous  les  dix  pu  quinze  ans ,  tandis  que 
ces  retours  sont  plus  fréquens  dans  les  environs  de  Paris, 
où  il  y  a  beaucoup,  de  passages  et  où  il  se  fait  un  com¬ 
merce  considérablé  de  bêles  à  laine*  Dans  certaines  par¬ 
ties  des  montagnes  d’Auvergne  ,  où  l’on  n’élève  les  ‘mou-  . 
tons  que  pour  engraisser  la  .terre,  pn  leur  attache  si  peu 
de  prix  que  l’on  ne  prend  aucune  précaution  pour  les 
•garantir  des  maladies  contagieuses  ;  aussi  la  clavelée  ne's’y 
éteint  jamais  et  fait;  régulièrement  chaque  année  les  plus 
grands  ravages.  • 

jOn  doit  donc  croire  que,  dans  tous  les  cas  possibles 
la  clavelée  se  développe  par  voie  4®  contagion  ,  et:  que , 
l’insuffisance  des  moyens  d’hivestigation  a  pu  seule  ,  jusj; 
qu’à  présent  ,  laisser  du  doute  dans  quelques  circonstances. 


et  ANAi^ysçs.  i5g5 

Quoique  nous  soyons,  conViaincti? ,  ayec  M-,  d’AirJboval,; 
et  d’après  les  expériences  de  M.  Girard;,  !  que  la  sérosité 
contenue  dans  les  boutons  claveleux  .est  le;  ■principe  le 
plus  actif  de  çotuinunication  dé.  la  maladie  et  lennieillsur 
claveau  que  Ton  püisse  prendre  poür  inoculer  j;  nous  ne 
partageons  pas,  son  opinion  relativement: à  i’innooülté'.du 
sang  et  des  croûtes,  piistuleusès.:*N;ousnous  sônlmesisou- 
vent  servis  de  ces  matières  ,  et  presque  constammept.lQrs^ 
qu’elles  n’étaient  pas  tout-à-fait  sèches.,  la  cjavelisation.  a 
été  suivie  de  succès'.  :■  '  •  ■ 

Cette  maladie  est-elle  héréditaire?  :On:  ne  peutsr.déP.S 
l’état  actuel  de  la  science  ,;décider, cette  questipnti«lamai8  > 
à  la  vérité,  nous  n’avons  vu  d’agneaux  naître  aiVép.  la  c)aj- 
velée";  ils  ne  nous  ont  paru.  eu  être  atteints  que, iqijelqup 
temps  après  la  naissance  ;  cepei|^ant ,,  des;  yétérjinairies;,,  çit 
tent  des  exemples  contraires.  Vitet^a  plus  loin,:,,ila(]Sr(pq 
que  les  agneaux ,;  nés  de  mères  clayeleuses,,  :sQntj^^-lprs 
comme, elles  ex;empts  de  la  maladie  et  inaptes  ^Ja.po^téépï 
ter  dans  .quel.qucs  circonstances  qu’ila  se  .trouvent. 
boval  a  donc  sagement  fait  (le;nei  pas.se  P''®ûon,çe;i;,sùj' Pp 
poir^ ,,  ;que  de  nouvelles  observations  peuvent  squle^^m'ettré 
horS:  de  (loute.i  ■  T 

Il  restait,  pour  compléter  l’article  .important, de Ip con¬ 
tagion  ,  à  déterminer  pendant  combien,  de  tqmps  .enpQre  j 
après  leur  guérison  ,  le  contact; dgs, animaux  clpyelepxpput 
comniuniq.uer  la  maladie  ,  et,  l’autnar  nous ,  pjijsenïblé  se 
trouver,  ici  en  contradiction  manifeste  ayec.^luf^même. 
Comment en  effet^,  accorder  ce  .qu’il  a  .dit  .plus,, haut 
toubhant  l’innocul,té,  des  croûtes.  et  .du,;  snng  qvçppCe  ,qi^’ÿ 
avance  maintenant  que  le  contact  est  dangereux  pep,dant^ 
une  année  encqre  après  que  la  inalàflmpsttoutTh  .laitétqinte. 
Les.expériencqs  de  M.;  Girard  , père,, jiles  résultats;, fie  la 
vente  du  .  troupeau  de  Bambouillet  .faite,  eir  ;i 
mois  seulement  après  ;la  disparition,  cpipplètc  . de., la  filaYpr 
1.  ^  ■  '  '  '  . '''58  '  ' 


S8Ô  EXî^RAiîs 

(ïétruiseilt  Cette  ôpiaioiS  j  démentie  d’ailteùf s  pâr  l’ob- 
Sétvation  jotifnaliérè. 

Aptes  &1>oir  passé  oü  fé^ùè  les  priüfcipaux  moyens  cu- 
mifs  proposés  Contt-ë  la  clavëlé'é,  M;  d’AtboVal  conseille 
avec  beaucoup  de  raison  de  fônoncët  à  l’emploi  de  la  sai¬ 
gnée  dans  lé  plus  gtand  übifibre  des  cas  et  d’y  suppléer 
pat  Un  régime  diététique  adoucissant.  La  faiblesse  de  là 
bête  a  laiüo,  là  mollesse  et  le  peu  de  vitalité  de  ses  tissus, 
rendent  les  évacuations  de  sang  presque  constamment 
nuisibles,  même  dans  les  cas  où  elles  semblent  tout-à-fait 
indiquées  i  et  l’on  tomberait  dans  une  étrange  erreur  si 
on  Sé  guidait  toujours  j  dans  le  traitémënt  de  ces  maladies , 
par  les  ObserVàtîons  d’attatoinië  pathologique.  Il  n’est  pas 
,Uhë  seule  affection  dans  cet  animal ,  même  celles  où  les 
forces  Sont  le  plüS  épuiséfes  J  comme  la  pourriture  ou  Ca¬ 
chexie  âqùéüsë  ,  à  la  sùîte  desquelles  les  muqueuses  gastri¬ 
que  et  iritëStindlé  Uë  SOibht  fOüges  et  phlogosées,  et ,  mal¬ 
gré  Cettë  apparericé  J  înOii  Seulement  la  saignée,  mais  les 
délayanS  ;  SÜiétiënt  inévitablement  une  exaspération  dans 
les  SymptoiâfeS  de  la  maladie.  N’en  pourrriit-on  pas  con- 
élürë  que  cettfe  faiblesse  elle^même  prédispose  à  l’in^am- 
mationqui,  moins  intense  à  la  vérité,  doit  être  plUsfrë- 
qüenté  -,  par  cela  même  que  les  individus  sont  plus  débi- 
léS  P  G’est  sans  douté  àüsSi  par  une  raison  semblable  qUe  , 
dans  un  Individu  soumis  â  des  causes  d’irritatiOh ,  l’orgaüe 
le  plus  faible  est  toujours  préféraBlement  enflammé. 

Le  bon  effet  de  l’emploi  des  toniques  dans  les  maladies 
des  têtes  à  laine ,  nous  Semble  venir  àj’appui  de  celte  opi¬ 
nion  ,  qui  est  d’ailleurs,  celle  dë  plus  d’un  praticien  dis- 
»  tingùé. 

Nous  ne  pouvons  admettre,  avec  M.  d’Arboval,  que 
l’emploi  des  sétons  doive  êtrejamais  recommandé.  Le  tissü 
cellulaire  ,  très-peu  vivant  dans  le  moutoriet  toujours  bai¬ 
gné  d’une  grande  quantité  de  fluides,  suppuré  difficile- 


ET"l'N4.'Liir^ils.  ^  581^' 

ment  :  aussi  l’appiicatibu  de-  ctf  moyen  thiéta^tePtique  V  . 
comme  celle  des  vésicatoires,  ,est  trop  souvent  suivie  du 
développement  de  tumeurs  charBonüeu^es  pbür  ,êtré  re- 
côniiiiaüdée  ,  quelque  résultat  qû’onén  attèndé.  Ce  peu 
d’orgiaüisation  du  tissu  lamineüx'  indique  aussi  là  nécessité 
de  s’abstenir  dé  porter  riastruïnettt  trancliant  sur  la  péâu  ' 
de  cet  animal ,  les  bourgeons  cellüïo-vascülàires  rie  peu-' 
vent  sé  former ,  et  quand'  la ‘gari'grëriè  rie  survieùt  pris 
iriimédialement ,  la  plaie  né  tardé  pas  ri-së  convértü'  én  . 

un  ulcère  qui  n’est  Jamais  suivi’ de  cicatrisation..  ■ 

li’analogie  frappante  de  la  clàv'ëléë  avec  la  variole  est 
tellb  qü’il'ne  semble  y  avoir  dé  différence  éntre  ellérique 
cellésqu’y  apportent  et  la  téxtürë  de  lapéau  elle  tempii- 
rament  des  individus.  L’érüptibn  dés  boutdns ,  leur  foririé, 
leur  nature  ,  leur  rpode  d'e,  développement  et  de  terminai¬ 
son  ,  la  fièvre  qUi  les  précède ,  lès'aCcompagnéet  les  suit  i, 
sont  lès  mêrrieS  dans  l’unè  et  dans  l’aUtre.  Ôri  dut  donc  ' 
croire  que  là  vaccine  serait  le  préservatif  de  la  clàVe^éé 
comme  elle  j^êtaif  de  la  variole',  et  le  peu*  dé'  rérissityi 
des  expériences  tentées  à  ce  sujet ,  ne  dût  pas  exciter  üîi 
médiocre  étorinëirierif.  Nôus  avons  toujours  ,  poür'  C'ëtte 
raison  ,  hésité  à  ajoule|i  pleirië  et  entière  confîàrice  ariît 
conclusiénS  de  M.  Vbisîri.  ;  AnsSr,  regrettons-ribus’ qrie’ 
M.  d’Arbovalj  qui  seprbUbricé  en  faveur  de  cëttéo'pjhjpfa., 
n’ait  fait  lui-même  aucun  essai 'pôüt' arriver  rillh'’sèld'tiéri'’ 
d’unë.question*aussi  iniportanteél'quTne  ribUS  Séiriblépris 
encoré  tbut-à-fàit  décidée.  QU’ori'IîSe  bien,  atteÜtiVèinënt 
l’exposé  de  toutes  les  expérièncëS  dè  MMi ‘Voisin  ,  TèS- 
sier ,  Hüsson  ,;  Cbéümoritel ,  etc;  ,  ëb  il  sërâ  facile  dé  se 
convaîncré  qtte  le  ,  travail  qui  suit  làlvriccibation  n’a  pas 
été  le  iriême  que  Chez'  rbommè.  Pour  étà'bîir  sans  réplique , 
que  la  .vaccination  rie  préserve  pas  de  la  clriveléë ,  il 
faudrait  qu’une  séirie  d’èxpériericës  eût  été  faite  diécctë- 
iricnt  dë  la  vache  au  ihéülèn  ,  car  ori  périt  penSdr  qiie  lé 
58.. 


588  EXTRAITS 

virus  vaccin  en  passant  par  l’homme  subit  quelqu’altéra- 

tion. 

L’observation  faite  en  i8o5  par  la  Société,  d’ Agricul¬ 
ture  de  Versailles  ;  «  que  les  bêtes  à  laine  ,  antérieùre- 
»  ment  atteintes  de  la  clavelée,  sonttout-à-fait  inaccessi- 
»bles  à  l’action  du  vaccin»,  et  les  succès  obtenus  sur 
quelques  troupeaux  ,  doivent  faire  espérer  que  de  nouveaux 
essais  seront  peut-être  suivis  d’un  succès  plus  heureux. 

Les  avantages  de  la  clavélisation  ,  la  manière  delà  pra¬ 
tiquer  ,  les  heureux  résultats  dont  elle  est  suivie ,  la  nature 
et  le  traitement  des  tumeurs  gangréneuses  auxquelles 
elle  donne  lieu  quelquefois  ,  sont  développés  avec  mé¬ 
thode  et  clarté.  En  un  mot,  l’exposé  des  faits  ,  la  des¬ 
cription  des  symptômes  ,  le  plan  du  traitement  annoncent 
un  bon  observateur ,  autant  que  l’analyse  et  le  choix  des 
opinions  diverses  indiquent  un  elprit  judicieux.  Nous  n’a¬ 
vons  ,  sous  tous  ces  rapports ,  que*  des  éloges  à  donner  à 
M.  d’Arboval  ;  qu’il  nous  permette  maintenant  d’ajouter 
quelques  observations  à  celles  que  nous  lui  avons  déjà 
faites.  •  .  ,  ’ 

L’épiderme  n’est  point,  comme  il.  le  dit,  une  matière 
vivante  qui,  ne  recevant  pas  des^g  dans  l’état  naturel, 
peut  en  être  remplie  par  l’effet  de  mille  circonstances. 

La  peau  du  mouton  n’est  pas  douée  d’une  grande  sensi¬ 
bilité.  Tout  prouve  ,  au  contraire ,  qu’elle  est  très-peu  or¬ 
ganisée  et  très-peu  sensible.  #■ 

■Le  suint  est  une  sécrétion  folliculaire  et  non  pas  le»  pro¬ 
duit  de  la  perspiration,  cutanée. 

Enfin ,  on  peut  reprocher  à  l’auteur  d’être  un  peu  diffus , 
de  s’être  surtout  trop  étendu  sur  l’histoire  d’une  épizootie 
claveleuse  qui  a  régné  dans  le  Pas-de-Calais ,  et  d’avoir 
fait  dans  ce  chapitre ,  non  pas  une  discussion  scientifique , 
mais  bien  une  note  justificative  de  sa  conduite. .  * 

Tel  qq’il  est  cependant ,  et  quoique  l’auteur  n’ait  près- 


ET  ANALYSES.  689 

que  rien  tiré  de  son  propre  fonds ,  cet  opuscule  peut  être 
utile.  Il  ést,  sans  contredit',  le  plus  complet  que  nous 
possédions  aujourd'hui  sur  la  clavelée. 

N.  Girard  ,  professeur  d'anatomtÈ  à  l’Ecole 
royale  y étérinawe  d’Alfort, 


SC1ENCES*ACCESS0IRES. 


Monographie  du  genre  hkxxAo ,  ou  description  des  espèces 
de  sangsues  qui  se  trouvent  ou  qui  sont  en  usage  en 
Piémont ,  avec  des  observations  sur  la  génération  et 
sur  d’autres  points  rfe  l’histoire  naturelle  de  quelques- 
unes  de  ces  espèces;  par  le  professeur  Hyacinthe  Ca¬ 
réna  ,  avec  figures  dessinées  et  coloriées  d’après  na¬ 
ture,  (Memorie  délia  reale  Accad.  delle  Sc.  di  Toriho. 
Tom.  .XXV ,  p.  273.  ) 

L’histoire  naturelle  des  sangsues  intéresse  spécialement 
la  médecine ,  et  cependant  elle  est  si  peu  avancée  qu’on 
en  ignore  lés  principaux  traitsV aussi  arrive-t-il  .qu’un 
travail  quelconque  entrepris  sur  ces  animaux  conduit  in¬ 
dubitablement  If  d’importantes  découvertes. 

Le  mémoire  dont  nous  donnons  l’anadyse  vientàl’appui 
de  cette  assertion.  jVj'unt  fait  quelques  observations  phy¬ 
siologiques  et  auatomiqîes  sur  la  sangsue  dite  médicinale  , 
employée  à  Turin  pour  la  phlébotomie  ,  et  voulant  déter¬ 
miner  exactement  à  quelle  espèce  elle  appartenait ,  M.  Ca¬ 
réna  a  d’abord  reconnu  qu’elle  n’était  pas  décrite  par  les 
auteurs  ;  il  a  observé  ensuite  que  cette  sangsue  ne  se  trou 
vait  pas  dans  les  eaux  du  Piémont ,  mais  qu’on  l’apportait 
de  Marsfcillc  et  de  Toulon  ;  enfin  ,  il  s’est  assuré  que  cotte 
même  espèce  n’était  ni  connue  ni  employée  dans  une  par- 


.  SgO  B^XjTKAIÏS 

lie  au  moins  déjà  vaHée'îde  Suze  ,  Jans.|out  Je  .Cana- 
vais  et  dans  lé  duché  d’Aoste;’ mais  que. celle ;.i¥ont  ondai- 
sait  usage  dans,  ces  ppoyinces  différait  heaucoup  de  la 
précédente  et  habitait  les  lacs  de  ces  diverses  parties  du 
Piémont.  À  quelques  légères  différences  près ,  celle-ci  est 
identique  à  une  sangsue  du  nord  décrite  par  Linné  et 
Müller  sous  le  nom  d’/imtdo  medicinalis. 

Voilà  par  c'onséquent  deux  sSngsues  distinctes  nommas 
toutes  deux  médicinales  ,  à  cause  de  leur  emploi  dans  l’art 
de  guérir  ,  et  il  est  probable  qu’un  examen  approfondi  fera 
reconnaître  bien  d’autres  espèces  confondues  ailleurs  sous 
le  même  nom. 

Dans  ses  recherches  ,  l’auteur  ne  s’est  pas  borné  aux 
espèces*qui  sont  de  quelque  usage  dans  la  médecine.,  il  a 
recueilli  toutes  celles  qu’il  a  pu  rencontrer  et  en  .fait  le 
sujet  d’une  .monographie  accompagnée  ..d’observations 
très-curieuses  sur  Jes  mœurs  ,  l’accouplementet  la  repro¬ 
duction.  Avanfd’entrer  en  matière  ,  ilrelève  une  prreur 
qui  avait  été  introduite  dans  la  science  par  M.  Dana.  Ce 
:  savant  médecin  avait  décrit  (Mém.  de  l’Acad.  de  Turin, 
vol.'iii,  p.  199,  années  1762 — 1765),  comme  une  es¬ 
pèce  nouvelle  de  sangsûe,  à  laquelle  il  avait  imposé  le 
nom  spécifique  ,  un  animal  que  M.  Caréna  a 

reconnu  faire  partie  du  genre  planaire  et  appartenir  au 
Planaria  torlaid®  Gmelin.  L’abbé  Ray  [Zoologie  univer¬ 
selle,  Pâtis  1788)  et  le  docteur  Vitÿt  (Traité  de  la  sang¬ 
sue  médiciwa/e,  Paris,  1819) ,  Re  fondant  sur  l’autorité 
de  M.  Dana  ,  avaient  également  donné  celte  planaire  pour 
une  sangsue. 

M.  Caréna  passe  enfin  à  l’étujJe  des  espèces  de  sang¬ 
sues  au  nombre  de  dix.  Parmi  ces  espèces ,  il  n’en  est 
que  deux  employées  pour  la  phlébotomie;  on  ^pourrait 
donc ,  à  la  rigueur,-  ne  s’occuper  que  d’,elle8  seules;  mais , 
-s’il  est  vrai  que  le  médecin , ne  doive  rester  .ignorant  à  au- 


et  analyses.  SgtJ.:. 

cune  des  branches  de  la  zoologie ,  la  coiinaîss^pce  ,appjo 
fondie  de  certains  genres  lui  est  surtout  indjspepsablelgrs-  , 
que  plusieurs  des  animaux  qu’ils  renferment  gopt  d’iijjj 
usage,  journalier  dans  l’art  de  guérir,  Pour  ce  ;mo,lif  n.OjUa 
croyops  u.tile  d’ofirir  quelques  détails  sur  les  différentes 
espèce, a  du  geur,e  aougsue. 

I.  Ilirudff  ine^dipinalis.  Link,  Muel.  (LongueurmoyenT 
ne  36  lignes  ,  l^ge,ur  3  et  demie  à  4  lignes).  — -  |Le  des¬ 
sus  de  ceife  .sapgsue  est  d’up  be.a,u  vect  fopcé ,  garni  de 
part  et  d’autre  de  U’çis  r.ajes  rpussâtres  ;  la  première  (.en 
allant  de  dedans  e,n  dehors)  est  à  peu-près  sans  t^G]he,s; 
la  .seconde  a  des  ta.ch.es  uoires  faites  *en  triiang^e  ,  dont, les 
deux  ongles  de  la  base,  lOUfOde  vers  la  partie  postérieUiTe 
de  l’aniipal ,  sont  un  peu  arrondis,  e.t  fe  s.ocpmet  dirigé 
en  ayant  es^;  aigu.  La  troisième  ligue,  reussâtre ,et .(rès- 
étroite,  est  ,ep  contact  imnaédiat  avet  .une  qualriènae 
ligne  noire  ,et  plus  ]^ge;  les  deux  bords  de  l’apimal  sont 
jaunâtres.  A- 

Le||entre  est  d’un  yert  clair  tacheté  de  noir  ,  boirdé  è 
droite  et  à  gauche  par  les  deux  raies  boires  longitudinales 
de  la  pa.rtie  sup^ieûre.  Les  .cbuleurs ,  les  raies  et  les  m- 
ches  se  prolongent  dans  le  mêçne  ordre  sur  le  dbque. 

Il  existe  quelques  iudiyidus  dont  la  membrane  du  yen- 
tro  présente  autant  de  noir  que  de  vert;  mais ,  en  général, 
cette  dernière  couleur  l’emporte  sur.la  première ,  ..et  le.gas 
contraire  n’a  jamais  Heu.  Quoiqu’il  en  soit,  les  deux  raies 
noires  marginales  subsistent  toujours  ,  et  les  taches  noires 
du  centre  diminuent,  ou  même  cessent  tput-àrfait  vers 
la  bouche.  , 

M.  Caréna  ♦apporte  cette  espèce  à  Vhirujdo.rne^ipjntflfs 
de  Linné  et  do  Müller  ,  en  oHservant  .toutefois.quHl  exjste 
entre  elles  quelques  différence, s  qn*  >  p’btont  pas.cqpstan- 
tesdaps  le  p.iusgifapd  pppijjco  des  in<liyidps  qu’il  a  observés  > 
ne  pepvçpt  qptori'ser  l’étalilissonient  dJupo  espèce  poiv- 
velie. 


Sga  •'  EXTB'AiTs 

Cette  sangsue  se  rencontre' clans  les  eaux  de  la  vallée 
de  Skzé  ;  dans  le  Canavais  et  dans  toute  la  partie  septeur 
trioiialé' du  Piémont;  on  l’emploie  exclusivement  dans  ces 
lieux  p'ôür  les  saignées  locales. 

Ê’iElüteiir  n’a  pas  observé  qpb  les  individus  de  cette  es¬ 
pèce  se  multipliassent  dans  les  vases  où  on  les  conserve  ; 
niais  üù'^'jtcithicaire  de  Verrès ,  dans  la  vallée  d’Aoste  ,  a 
assuré  kvoir'èlé  témoin  de  leur  reproduction. 

II.  Hiri  Provincialis.  Cabena. —  Cette  espèce,  lon- 
dé  48  à  70  lignes ,  et  large  de  5  lignes ,  n’a  jamais  été 
reïtéôntréé* -én  Piémont  ,  où  elle  est  cepèndant  em- 
ployéë  J  principalement  è  Turin.  On  la  tire  des  envi¬ 
rons  de  Toulon  et  de  Marseille.  Elle  est  plus  grande 
que  ’  la  précédente  ,  d’un  vert  plus  clair,  tirant  un  peu 
sur  le  jaune ,  quelquefois  sur  le  roussâtre.  La  pi’emière 
ligné  (eii  partant  dumilieu  du  dos)  est  de  couleur-d’ocre , 
âVèc  quelques  taches  noires;  la  seconde  présente  pres- 
qu’autant  de  jaune  que  de  noir;  la  ti|isième  ligne  est 
\presqùe'  toute  noire  ,  avec  quelques  taches,  jaunâlrJK  Les 
bords  ëottt  jaunes;'  le  ventre  est  d’un  vert  d’olive  ,  .uni  , 
sans  taches  avec  une  raie  longitudinale  près  de  chaque 
bord ,  formée  par  des  taches  noires  très- rapprochées.  Elle 
est  en  outre  remarquable  par  des  raies  transversales  (sem¬ 
blables  aux  longitudinales  ) ,  interrompues  sur  le  dos  et 
di^osées  par  trois  d’espace  en  espace  :  ce  caractère  a 
paru  âT’autèur  constant  dahs'  l’espèce  et  même  daris  les 
variétés.  Le  nombre  des  yéux  est  de  dix,  comme  dans 
l’espèce  précédente.  Elle  est  désignée,  à  Turin,  soùs  le 
nom  de  sangsue  médicinale  ,  et  confondue  jjar  conséquent 
avôC  là  précédente.  *  ,  )  .  » 

llL  Êir.  Ferbana,  Cabena.  —  Cette  jolie  espèce , 
longue  de  3o  lignes  et  large  de  3  lignes  et  demie ,  a  été 
trouvée  dans  le  lac  Majeure  (fiùcMS  Fér-banus).  Elle'ést 
d’un  vert  sombre  en  dessus,  avec  des  bandes  bruîtes 


transversales  et  parallèles  ;  aux  extrémités  de  ces  bandes 
ori  voit  autant  de  taches  ferrugineuses ,  chacune  desquelles 
est  formée  par  la  réunion  de  trois  petites  lignes  apparte¬ 
nant  à  trois  segmens  contigus.  Lorsque  l’animal  alongc 
son  corps ,  la  série  de  ces  taches  se  change  en  une  ligne 
ferrugineuse  interrompue  ;  les  bandes  brunes  du  dos  s’ef-' 
facent  alors  plus  ou  moins.  L’espace  compris  entre  les 
taches  ferrugineuses  et  les  bords  ,  qui  sont  jaunes ,  est 
d’un  vert  sombre  comme  le  dos  ,  terminé  en  noir  vers  les 
bords  et  garni  de  mouchetures  vertes  jaunâtres  au  milieu 
et  vers  la  région  du  dos: 

Le  dessous  est  vert  pistaclie  uni' ,  avec  de  petits  points 
hoirs  et  rares  ;  chez  quelques  individus  on  voit  une  raie 
noire  près  de  chaque  bord..  ’ 

IV.  llir.  Sanguisuga.  LiNN.  ,  Mull.  —  Cette  espèce 
est  la  sangsue  noire  ,  ou  la  sangsue  de  cheval ,  très-com¬ 
mune  en^rance  et  qui  se  trouve  aussi  en  Piémont.  Elle 
n’a  point  les  taches  noires  indiquées  par  Miiîler  ni  les 
bords  latéraux  jaunes  dont  parle  Linné.  JLe'  nombre  des 
segmens  abdorafsaux  est  de  90 ,  comme  dans  les  espèces 
précédente^.  Les  yeux  sont  égaleûient  au  nombre  de  dix, 
mais  disposés  un  peu  différemment.  L’auteur  décrit  avec 
soin  la  structure  particulière  des  trois  dents.  Il  phrâîj  que 
c’est  à  cause  de  leur  forme ,  plutôt  propre  à'  déchirer  qu’à 
inciser  les  tégumens  ,  que  ces  sangsues  n’oht  pu  être  em¬ 
ployées  en  phlébotomie. 

La  nourriture  principale  de  cette  espèce  consiste  en  lom¬ 
brics  terrestres  ,  on  peut  dire  en  quelque  sorte  qu’elle  ne 
les  suce  pas,  mais  qu’elle  les  avale.  En  effet,  elle  saisit 
d’abord  le  ver  de  terre  avec  son  disque  pdktérieur  ,  qui 
est  préhensile  ,  et  attend  le  moinent  de  pouvoir  en  faire 
entrer  dans  sa  bouche  une  des  extrémités  ;  lorsquelle  en 
a.  englouti  un  morceau  d’airié  certaine  longueur  ,  elle  le 
rompt  et  l’avale  en  abandonnant  ce  qui  en  reste. 


094  EXTRAITS 

V.  Hir.  Fulgaris.  Muller.  —  OotçQculata.  JiiNîî.  — 
Cette  espèce  est  fort  petite ,  ses  dioiensions  sont  de  seize 
lignes  en  longueur ,  et  deux  en  larg'eur  ;  sa  couleur  varie  , 
tantôt  elle  est  brune  el  prescjue  ppaqup  ,  tantôt  elle  est  de 
couleur  de  chair,  ou  rqussâtre^  upie  ou  bien  poiuttllée  de 
brun;  quelquefois  d’un  beUiU  rouge  >  wMs  çdors  plus  pe¬ 
tite.  Les  tégumens  sont  transp.arens  et  làissent  voir  Ips 
viscères  et  les  vaisseaux  sanguins.  Elle  a  huit  yeux  disposés 
en  fer  h  cheval.  Getfe  sangsue  Jiabite  les  lacs  du  Piémont  ; 
on.  la  trouve  sous  les  pierres  et  à  la  s.urface  de  quelques 
plantes  aquatiques ,  principalement  sur  le  nénuphar  jaune 
ou  blanc  (i).  Elle  est  ovipare  et  l’auteur  a  eu  occa¬ 
sion  d’observer  sr  multiplicatfoq  ,  depuis  la  ponte  de 
l’œuf  jusqu’au  parfait  développement  des  petits.  Ayant 
placé  plusieurs  individus  dans  des  vases  de  cristal  ,  il 
remarqua  ,  le  1,7  juin  ,  ,un  œufpopiju  depuis  peu  et  collé 
contre  les  parois  du  vase.  Ufie  sauges ue  se  promenait  des¬ 
sus  en  l’explorant  tout  autour  av,eç  sa  bouchf ,  comme 
pour  flairer  ;  quehfuefois  elle  fixait  sa  bouche  dessus  pour 
le  compriraerefle  faire  .adhérer  davantage  aux  parois  du 
vas, e;  . après  avoirrépétédong-tenips  cette  manœuvre,  elle 
fit  disparaître  avec  bejache-un  grps  repUde  l’enveloppe 
de  l’cEufi* -Cette  enveloppe  est  de  CPiuleiir  yert-jaunâtre, 
coriace  ,  très-aplatio  ,  oyale.,  avec  les  diamètres  de  deux 
lignes  et  denaie.et  d’imeJig;^ -.et-demie.  Elle  est  garnie  tout 
au  tour  d’un  bord  brun  par  lequel  elle  adhère  au  verre. 

Lemême  jo-pr  (1,7  juin)  o.a  ,yo;yai;t  dans  l’enveloppe 
comnaune  douze  petits,  grain  s  ronds ,  isolés ,  disposés  d’  une 
manière  non  sym,étrique  ,  de  couleur  un  peu  plus  claire 


(i)  Elle  est  très-commune  aux  environs  de  Paris  ,  dans  la  plupart 
des  étangs,  sur  les  néunpLars,  ctil  est  très- aisé  de  répéter  les  observa¬ 
tions  de  l’auieurf  cc  qui'|üB»s  a  çugjgé  ^insister  davantage  sur  son 
liistoire.  V.  A  un. 


ET  ANALYSES.  SgS 

que  celle  de:  renveloppe.  De  ces  :  douze  œufs  ,  deux  se  sont 
oblitérés  dans  la  suite;  les  dix  autres  grossirent  en  peu  de 
jours  et  parure‘nt  alors  comme  écumeux  en  dedans. 

Le  23  juin,  c’est-rh-direausixième  jour  depuisla  ponte, 
on  distinguait  déjà  des  petits  corps  se  remuant  les  uns 
sur  les  autres  ,  et  chacun  d’eux  paraissait  une  masse 
oLIongiie  vert-jaunâtre ,  à  surface  chagrinée. 

Le  27  ,  au  dixième  jour,  les  petits  étaient  considérable¬ 
ment  grossis  ,  on  les  voyait  entourés  d’une  substance 
transparente  ,  débordant  latéralement,  et  se. prolongeant 
fort  avant  à  la  partie  antérieure  ;  ce  sont  précisément  ces 
deux  endroits  qui  restent,  plus  clairs  dans  l’animal  adulte 
qui  n’a  d’opaque  quelles  deux  tiers  postérieurs. 

Le  29  ,  au  douzième  jour,  on  voyait  très^distinctement 
le  disque  et  les  yeux;  ceux-ci  étaient  roussâtres  et  ne  de- 
vintentîioirs  que  dans  la  suite.  A.  mesure  que  lés  petits 
grandirent,  l’enveloppe  devint  de  plus  en  plus  bombée. 

Le 4  juillet,  au  dix-septième  jour,  on  aperçut. dans 
quelques-unes  des  petites  sangsues  les  vaisseaux  sanguins  ; 
les  individus  qui  se  mouvaient ,  en  passant  vers  les  deux 
grandes  extrémités  de  l’ovale  que  forme  l’enveloppe,  ne 
manquaient  jamais  d’y  donner  un  coup  de  museau ,  et  cette 
manœuvre,  souvent  répétée.,  produisit  utie  ouverture  par 
laquelle  une  jeune  sangsue  s’échappa  le  vingt-.unième  jour 
(8  juillet).  Le  lendemain  et  les  jours  suivans,  Ies  autres 
individus  sortirent  ;  mais  plusieurs-d’entr^eux, revinrent  par 
intervalle  se  cacher  dans  leurcdque  comme  s’ils, craignaient 
l’eau  et  voulaient,  s’y  habituer  insensiblement. 

yj.  Hir,  Atomaria.  CiK&mx,  — dette  espèce  ressem- 
ble,T)eaucou]L  à  Ja  précédente  par  la  forme,  des  yeux  ,  mais 
elle  en  diffère  essentiellement  par  sa  taille;  elle  a  24  li¬ 
gnes  de  longueur,  sur  2  un  tiers  et  2  et  demie  de  largeur. 
La  couleur  brune  de  son  corps  ,  qui  se  prolonge  h  la!  par¬ 
tie  aplériciire  de  l’animal,  e,t  rend  rinspcctiqn  des  yeux 


Sgfi  EXTBAITS 

assez  difficile  ,  est  aussi  un  caractère  assez  bon  pour  la 
distinguer  de  la  îîtf/narw.  .  * 

VII.  HW.  Complanata.  Linn.  ,  Mull.  ,  Beïigm.  — 
Cette  sangsue  a  i4  lignes  en  longueur  et  4  lignes  et  demie 
en  largeur  ;  sa  figure ,  lorsqu’elle  est  en  repos,  est  celle 
d’une  amande;  le  dos  est  convexe,  presque  crustacé,  mêlé 
de  gris  et  d’un  brun-jaunâtre  ,  quelquefois  vert,  avec 
quatre  séries  longitudinales  de  tubercules  blanchâtres  qui 
paraissent  enfilées  dans  une  ligne  noirâtre.  En  dessous, 
elle  est  aplatie,  d’un  gris  blanchâtre,  avec  deux  lignes 
longitudinales  brunes  ,  fréquemment  et  régulièrement  in¬ 
terrompues  ;  quelquefois  le  ventre  est  parsemé  de  petits 
points  brunâtres.  Cette  espèce  a  six  yeîix  disposés  par 
pairs  sur  deux  lignes  longitudinales  inclinées  l’une  vers 
l’autre  à  la  partie  antérieure;  chaque  œil  a  la  fornae  à 
peu-prèsd’un  triangle  aigu  ;  quelquefois  les  deux  premiers 
yeux  paraissent  réunis  en  un  seul.  Elle  change  rarement 
de  place  :  dans  sa  marcKè  elle  arpente  rigoureusement  le 
terrain  ,  car  le  disque  vient  toujours  s’appliquer  contre  la 
bouche;  elle  ne  nage  jamais.  Lorsqu’on  la  touche,  elle 
s’enroule  à  la  manière  des  cloportes ,  mais  sans  cbntracter 
autrement  son  corps.  Celui-ci  n’est  jamais  gluant  ;  mais 
toujours  âpre  ait  toucher  (i). 

VIII.  HW.  Cephalota.  CincNA.  — Cette  jolie  espèce, 
qui  a  huit  lignes  en  longueur  et  une  ligne,  une  ligne  et 
demie  en  largeur,  est  remaquable  par  sa  couleur  verdâtre 
alternant  avec  du  bistre ,  par  les  lignes  blanches  saillantes 
et  transversales  qui  garnissent  son  dos,  ainsi  que  par  l’exis¬ 
tence  d’un  col  bien  marqué  ,  supportant .  une  tête  très- 
distincte  au  sommet  de  laquelle  on  dperçoi^quâtre  yeux. 


(l)  Celle  espèce  se  trouve  assez  communément  dans  nos  environs  : 
je  l’ai  rencoütréc  au  milieu  de  iilànles  aquatiques  ,  sur  la  rive  gauche 
de  la  Seine,  au-dessous  et  tout  près  do  Paris.  V.  Aun. 


ET  4NALySES.  Sg^ 

Elle  est  souvent  fixée ,  au  moyen  de  son  disque  ,  aux  pa¬ 
rois  latérales  du  vase  ,  et  alors  elle  balance  son  corps  en 
tout  sens  pendant  un  temps  considérablfe ,  ou  bien  elle  le 
tient  roide  et  immobile  comme  certaines  chenilles.  Mais 
elle  se  distingue  surtout  par  une  habitude  fort  singulière 
et  qui  lui  est  propre  ,  son  disque  peut  adhérer  à  la  surface 
de  l’eau  aussi  solidement  qu’aux,  parois  du  vase ,  et  la 
sangsue  ,  ainsi  plongée  dans*  le  liquide ,  peut  marcher  à 
la  renverse  contre  sa  surface  en  y  appliquant  alternative  r 
ment  sa  bouche  et  son  disque.  Comment  supposer  dans 
ce  cas  la  formation  du  vide  sous  le  disque  et  sous  la  bou- 
che?  Cette  espèce  a  quelque  analogie  avec  la  précédente  ; 
elle^e  nage  pas ,  enroule  légèrement  son  corps  et  se  laisse 
tomber  au  fond  de  l’eau  ,  lorsque ,  api'ès  l’avoir  détachée^ 
on  l’abandonne  à  elle-même;  elle  est  vivipare.  On  l’a 
rencontrée  dans  les  lacs  d’Avigliana  et  du  Canavais.  i 

IX.  //tV.  Bioculata.  Muhi..  — Hii".  Stagnalis.  Link. 

— Cette  sangsue ,  longue  de^  huit  lignes  et  large  de  dèux 
lignes  ,  est  transparente  ,  de  couleur  cendrée ,  avec  des  ; 
points  brunâtres  sur  le  dos  ;  il  n’existe  que  deux  yeux.  : 
Elle  est  très-comiÉune  dans  le  lac  de  Vivèroneetdans'ce- 
lui  de  Berlignano ,  près  d’Ivrée.  ;  ;  .  u 

X.  Hir.  Trioctilata,  Careha.  • — Cetté  espèce,,  fort 

rare ,  ^  trois  lignes  et  deinie  de  longueur  et  une  ligne  de 
largeur;  elle  ressemble  beaucoup,  par  la  couleur,  hl’At- 
Tudo  bioculata  ,  mais  elle  s’en  distingue  par  une  taille 
moindre  et  par  le  nombl-e  des  yeux  ,  qui  estconstamihent; 
de  trois ,  placés  en  triangle ,  et  formés  par  des  lignes  alon-; 
gées  plutôt  que  par  des  points  ronds.  L’auteur  a  observé  la 
reproduction  ,  mais  non  la  copulation  de  cette  sangsue;  il 
.ignore  donc  si  elle  est  hermaphrodite  ,  ce  que  l’analogie 
semblerait  indiquer.  •  . 

A  la  suite  de  cette  monographie ,  M.  Caréna'  fait  plu¬ 
sieurs  observations  générales  qui  s’appliquent  principale- 


598  EXTRAIT? 

ment  aux  trois;  premières  espèces  qu’il' a  décrites  ,  et  sur^ 
tout  à  la  seconde;  II  ekaniine  les  points  oculaires  qui  ,  s’ils 
ne  sont  pas  des  yeife  ,  ,  ont' du  moins  l’aspect  de  véritables 
organes.  Il  fait  connaître  aussi  les  dents ,  ati  nombre  de 
trois;  et  portées  par  autant  de  mammelons  denticulés  sur 
leurs  bords ,  et  il'pense  que  l’incision  dans  les  tégumens 
de  l’homme  n’est  pas  le  produit  d’une  simple  pression  des 
dénts-,  mais  qu’elle  est  due  à'  un  mouvement  alternatif  de 
haut  en  bas,  et  peut-être  aussi  à  un  mouvement  de  rota¬ 
tion;  Il  a,  compté  quatre-vingt-treize  anneaux  sous  le  ven¬ 
tre;  de  ces  sangsues.  L’organe  mâle  est  antérieure  à  l’ot- 
ganefeihelle ,  son  ouverture  étant  située  dans  le  Vingt-cin- 
quiënle  segment  et  celle  de  l’drgàné  femelle  dans  le  ti*en- 
tièmé  ;(j):.  ■ 

Il  né  se  décide  pas  sur  l’usage  des  deux  séries  de  points 
situées  sous  lé  ventre  et  qui  ont  l’apparence- de  points 
bruns.'  Le  premier  se  trouve  à  la  partie  postérieure  du 
septième  annéau,,  .il  y  én  à  iln  autre  au  douzième  ,  puis  un 
au  dix-septièiùe' ,  ainsi  dé  suite  jusqu’au  soixante-douzième. 
M.  Caréna  pense  que  lés  sàngsuès  respirent  .par  des  troiis  ’ 
répandus  sur  touterlâ  sùrface  de  leur  coï^s ,  surtout  dahà' 
les  sillons  qui  séparent  les  annèaüx. 

Qn  sait  que  la  plépart  des  sangsues ,  collés  des  six  pre¬ 
mières  éSpèces ,  par  exemple  ,  exécutent  leur  moui^ement 
dé  translation  de  deux  manières:  tantôt  elles  nagentpresqu’à 
la  inanière  des  anguilles  j  ,et  tantôt  telles  marchent  à  là  façon  . 
des  chenilles  arpenteuses  ,  en  se  Sfervant  alternativetnentr 
pour  se  fixer  de  là  bouche  et  du  disque  postérieur. ‘L’auteur 


’(l)  Dans  une  tïès-pelïte-sa'ugsucrdécoüverte  par  M.  Auguste  Odier  , 
suf  lcS*bratichies  des. écrevisses ,  et  dout  il  a  fait  un  genre  nouveau' 
sous  le  nom  de  Branchiohdelle  ,  les  parties  Sexuelles  ont-  une  posilioii 
inverse  ;  l’organe  femelle. est  placé  en  avant  Hé' l’organe  male.  (  Voyp,% 
le  pi'én'iier  volüiiie  dhs  Ééin,  de.  ld  Sb&élê  d'Hist,  nalar.  dé  Paris  , 
iSiSj- chez  Baiidouiiii  '  ‘  ,  y.  kxin.s-' 


pense  que  ce  disque  n’adhère  au  corps  que  par  le  simple 
contact  des  surfaces  et  noh  par  l’effet  d’ùh  vide  résultalit 
d’une  sorte  de  succion ,  et  il  cite  S  l’dppui  de  sa  manière 
de  voir  les  observations  qu’il  a  faites  sur  Vhirado  cepkalo- 
tet ,  dont  le  disque  eït  fixé  à  la  surface-de  l’eau.  Il  décrit 
ensuite  avec  bèâüCciüp  de  soin  les  divers  changemens  qui 
Sntliéü  dans  les  dintensions  de  châqudaïinéau  du  corps  ^ 
lofStjue  l’aninial  Vient-b;  s’âlbnger  dü  S  se  raccourcir. 

tes  sangsues  sont  Herlfiaphrodites  ,  et,  s’il  ü’était  dé - 
montré  pat”  rexpérî'éücë  ;  poiir  certaines  espè0fes ,  qu’elles 
ont  besoin  d’un  aceouplément  réciproque  ^  la  disposition 
attalohiiqUè  deS  organes  lié  permettrait  pas  de  supposer 
qu’ëllès  pussent  sè  féCbüdër  ellé'-anème';  eU  effet  >  la  verge 
à  sa  sortie  du  fourreau  est  dirigée'ôbHquemeât  en  avapt, 
et  rein  sait  que  l’ouverture' du  vagin  est  placée  en  ar¬ 
rière.  ■  ■  _ 

La  peau  des  sangsues  sécrète ,  en  plus  ou  moins  grande 
quantité,  une  matière  gluante  qui  se  réplie  sur  ëlle-mêrae 
et  dont  elle  se  dépouille,  en  sorte  qu’on  peut  dire' qiie 
c’est  un  véritable  changement  d’épiderme ,  et  par  cela 
même  uhe  fonction  très-ifüportahtei 

Mj  Caréna  a  tenté  quelques  expériences  sur  la  muti¬ 
lation  des  saôgsties  de  d’eS^ècë  qti’îl  a  nommée  proUm- 
c(aUi,  Dans  lés derniérs  jours  du  mois  de  février,  il  cou¬ 
pa  iraüsversalemeni;  .  Où  trois  petites  parties  ,  un  individu 
qui  tenait  de  sortir  ît  -unè'  saignée  *  èV  conserra ,  dans  de 
l’ëaü  rèùouvelée  ibus^  les  joïirs ,  la  partie  dunmieu  ^  coùi^ 
posée  de  quâranié  ségmens ,  dans  lesquels  les  deux  duj- 
vertures  sexuelles  ri 'étaient  pas  comprises.  En  peu  de 
jours,  les  deux  plaies  se  sont  cicatrisées  en  laissant;^  leur 
centre  un  trou  qpuiîjdqiïi  là  feéctioffl  du  canal  intestinal  j  le 
fragment  ri’a  repftjîliüitïaucuné  partie?'  mais  il  sè  promer 
naît  Souvent  en  fbisunt-atancei'  fiextrétmité  qui ,  darts  l’a- 
uitrial  entier  ,  répriddàît^'M-  têbe  jimlj  4e  ix)  . décembre 
de  la  même  année,  il  vivait  encore.  V.  AudouIn.  ' 


EXtB AIT3 


tiOt) 

Ejpamen  chimique  du  strychnos  pseudo-kina  ,  ou  quina 
do  Campo  ,  quina  de  Mandanha. 

Le  genre  siïjc/iwos,  qui  fournit  la  fève  Saint-Ignace  J  la 

noix  vomique ,  le  bois  de  couleuvre ,  le  fameux  upas-tieuté 
des  Javans  ,  et  probablement  l’écorcè  de  fausse  angusture , 
avait  été  jusqu’à  présent  un  des  genres  sur  lesquels  les 
naturalistes  s’appuyaient  avec  le  plus  de  confiance  ,  pour 
prouver  que  généralement  toutes  les  espèces  du  même 
groupe  géntrique  jouissaient  des  mêmes  propriétés  médi¬ 
cales.  En  effet,  toutes  les  espèces  de  strychnos  déjà  con¬ 
nues  sont  remarquables  par  le  principe  âcro  et  délétère 
quuls  contiennent ,  et  l’action  pernicieuse  qu’ils  exercent 
sur  l’économie  animale. 

La  découverte  de  cette  espèce ,  qui  a  été  trouvée  au 
Brésil  par  M.  Auguste  Saint-Hilaire  ,  et  que  ce  savant 
voyageur  a  nommée  strychnos  pseudo-kina,  vient  dé¬ 
truire  cette  analogie  parfaite  des  espèces  de  ce  genre.  En 
elTef,  loin  d’avoir  cette  âcreté  et  cette  action  délétère  des 
autres  espèces,  elle  est  simplement  amère  et  tonique.  Les 
habitans  des  pays  où  elle  croît;  l’emploient  avec  le  plus 
grand  succès  au  traitement  des  fièvres  intermittentes. 

A  son  retour  du  Brésil ,  M.  Saint-Hilaire  a*  remis  à 
M.  Vauquelin  cette  écorce  J  afin  qu’il  voulût  bien  recQür 
naître  si,  elle  contenait  les  principes  du  quinqüinp  ,  dont 
elle  avait  les  propriétés  ,  et.  celle  des  stjyc/mos  auxquels 
elle  appartient  par  les  caractères  .botaniques.  Voici  les  ré¬ 
sultats  obtenus  par  ce;  savant  chimiste ,  tels  qu’il  les  a  com¬ 
muniqués  à  l’Académie  royale  de  Médecine,  le  29  mars 
1825  ; 

i Une  matière  amère ,  qui  fait  la  plus  grande  partie  de 
ses  principes  solubles,  et  qui  possède  la  pÉ)priété  fébrifuge; 

2.°  Une  substance  résineuse  d’une  nature  particulière  ^ 
très-soluble  dans  l’alcohol  à  Sfi" ,  et  fort  peu  dans  l’alcohol 
absolu  ; 


T  À  E  li  T  ÈS.  6'(jï 

5,®  Une  ^Bstance'  gômniiêijse  doloréè ,  ét  tiaê  à  ua 
principe  àniteialisé,  quien  modifie  lesprbpriëtés  physique^  ; 

4i“  Un  acide  particuiter  qüi ,  comme  l’infusioh'  de  noix 
de  galle ,  précipite  le  Sulfate  dé  fer  et  la'  colle-forte ,  meiS 
avec  des'  modifications  qui  fié  pertiieitéilf  paS'  d'é  lé  côh- 
fondre  axée  ràcide  galliqüe.  - 

Éette^analysé  est  fort  rèmarqnablé  ,  par  FaBséncedd  la 
strychnine' et  de  la  quinine,  dans  l’écorce  d’un  végé&l 
qni  appartient  a'n  genre  sttychnos  y  et  pbSSède  lèS  pro" 
priétés  dn  qninqüinâi  RrdnAiin; 


V  A  Kl  É  TÉ  Si 


Académie  rojalo  des  Scienees". 

S’éaû'Cé  du  litàtdî  5  /ifor&r'iÉàS:  MMl  Éds'é  ët  Bé's- 
fontkinés  bntru'ün  rapport  sur  ùff  düVrage  de  IVf.  'Bèltké  , 
InÛiuXé'.ffistoifi'ëAééLicheïisidxtgènŸeStrÎGte, 

Malgré  lé  grand  nombre  d’écrits  qui  ont  été  publiés  stir' 
lé  genre  licheti  dé' Éinné ,  et  quoiqu’il  ait  étë'  divisé,’ 
par  sa  franSforniatlbn  édllitnilté;  eh'un'grand'nbrnbre  dé 
genres  ,.il‘ est' encore  un  dés  plus  embrouillés  dé  la  bota¬ 
nique.  Êe's  eatfsôs  qui  se'sbnt  bppdsées  à  cd  qu’il  pût  être 
Cbnvettabléméutétudié  ,  tiennent  prirtfcipalèment  à  la  nU-’ 
ture  des  espèces  qui  le  composent  ,  laquelle  Varié  seldn 
lés  lieux  dÜ  ils'  CréiSSent’,  Fâgé  qü’ilS'  oUt ,  lé  tédlpS'^  de 
l’année  où  dii  lés'  dbserve',  ainsi’ qu’au  petit  ndinBré  dé' 
caractères  dont  ils  Sàttt  petirVUs.  Mi  Bblisé  ,  cîiéf  db'iba'^ 
tbillbtt  ed  retraité  ,  dè'ffièirrant à  Voie,  dépàrteaïé'nt  du 
Calvados',  s-’ëSt  proposé  dé'  donüer  üii- traité  généra!' sUr' 
les  lichens  ,  ef'  if  a'énVéyé  n’rACàdénlte  lë'pretüiér'résUlt^' 
tat  des  études  auxquelles  il  s’est  livré  ,  sous  lé*  titré' 
fPJTièîffird'dëi'Lt^éfdsdd'j^èini^'sfrîbéôT  j 

.  •  59 


€o2  tahiéxés. 

Le  genre  stricte,  créé  p^r  Acharius,  renferme  une 
partie  des  espèces  de  la  'division  des  coriacées  de 
Linné.  L’auteur  débute  par  un  avertissement  où  il  rend 
compte  des  motifs  de  son  travail ,  dans-lequel  il  dévelop¬ 
pera  de  nouvelles  idées  relativement  au  mode  de  reproduc¬ 
tion  des  lichens  en  général ,  et  où  il  corrigera  beaucoup 
d’erreurs  accréditées.  Il  annonce  posséder  plus  de  mille 
espèces  nommées  et  classées  d’après  une  méthode  qui  lui 
est  propre  et  dont  les  bases  sont  fixes.  Cet  avertissement 
est  suivi ,  i.”  d’une  indication  dans  un  cercle  méthodique 
de  trente-ciuq  espèces  qu’il  admet  dans  la  famille  des  li¬ 
chens  ,  et  des  subdivisions  qu’il  propose  dans  le  genre 
stricte ,  pour  rendre  plus  facile  la  recherche  des  espèces  qui 
y  rentrent  ;  2.°  des  caractères  de  ce  genre  en  latin ,  et  du 
développement  en  français;  3.”  des  considérations  qu’il 
présente  sous  le  rapport  de  l’organisation  des  espèces. 

Acharius  n’avait  décrit  vingt-deux  que  espèces  de  strictes  ; 
au  moyen  de  la  réunion  des  genres  Lobaire,  Platisme, 
Pettigère  et  Pulmonaire,  que  propose  M.  Delise ,  il  s’en 
trouve  soixante ,  parmi  lesquelles  trente-huit  n’étaient  pas 
encore  connues  des  botanistes.  A  la  description  de  chaque, 
sont  joints  un,  deux,  et  quelquefois  trois  dessins  de  cette 
espèce,  peints  avec  une  perfection  rare.  MM.  les  commis 
saires  pensent  que  le  travail  de  M.  Delise  est  très-digne  des 
encouragemens  de  l’Académie.  Les  conclusions  du  rapport 
sont  adoptées. 

On  procède  à  l’élection  d’un  membre  à  la  place  vacante 
dans  la  section  de  chimie ,  par  le  décès  de  M.  Berthollet. 
M.  d’Arcet  réunit  la  majorité  des  suffrages. 

M.  de  Mont-Ferrand  lit  un  mémoire  sur  les  phéno¬ 
mènes  électro-magnétiques.  L’examen  est  renvoyé  à  une 
commission  composée  de  MM.  Gay-Lussac ,  Fourier  et 
Aihpère.^ 

On  donne  lecture  d’un  mémoire  de  M»  Savary,  qui  a 


VARIÉ  sis.  6o5 

pour  titre  :  Mémoire  sur  l’application  du  calcul  aux 
phénomènes  électro-dynamiques.  MM.  Gay-Lussao ,  Fou  ^ 
rier  et  Ampère ,  commissaires. 

Séance  du  lundi  lo  février.  —  M.  Dupetit-Thpuars 
lit  un  mémoire  intitulé  :  Observations  sur  un  bourrelet 
produit  par  la  décortication  homplète  pratiquée  sur  une 
branche  de  pommier ,  et  envoyé  par  M.  Dutrochet,  dans 
la  séance  du  9  novembre  1822. 

M.  Moreau  de  donnés  lit  un  mémoire  intitulé  :  Re¬ 
cherches  sur  l’origine  géographique  des  plantes  des 
Antilles  transportées  dans  ces  îles  par  les  agens  na¬ 
turels. 

Séance  du  lundi  1 7  février,  — -  M.  Paulet  présente  un 
mémoire  intitulé  :  Homonymie  et  synonymie  des  plantes 
de  Théophraste  et  de  Linné.  Cet  ouvrage  est  renvoyé  à 
une  commission  composée  de  MM.  Pesfontaines  et 
Cuvier. , 

M.  Magendie  lit  en  son  nom  et  au  nom  de  M.  Thénard , 
le  rapport  suivant  sur  une  note  deM.  le  docteur  Edwards, 
relative,  à  l’exhalation  et  l’absoiTption  de  l’azote  dans  la 
respiration. 

Depuis  la  belle  découverte  de  Lavoisier  et  de  M.  de  La- 
place  sur  l’analogie  de  la  combustion  avec  la  respira¬ 
tion’,  un  grand  nombre  de  physiologistes  ,  et  même  de 
chimistes  ,  ont  fait  des  recherches  expérimentales  sur  le 
même  sujet.  Ce  fait ,  découvert  par  les  deux  Académi¬ 
ciens,  a  été  confirmé  de  toute  part,  et  il  a  acquis  une 
précision  qu’il  n’avait  pas  eue  d’abord  1  majsun  autre  fait 
très-important  et  né  des  mêmes  recherches  ,  c’est  que 
l’azote  regardé  jusqu’alors  comme  un  simple  véhicule  de 
l’oxigène  éprend  réellement  une  part  active  dans  la  respi¬ 
ration  ;  "mais ,  il  faut  l’avouer  ,  le  rôle  qu’il  joue  n’a  pas 
été  le  même  pour  tout  le  monde  ;  les  uns  ont  affirmé  qu’il 
était  absorbé  en  quantité  considérable  et  hors  des  limites 

•  ■  3y-. 


6o4'  VABliTÉS. 

des  er^uF»  d’expériences  ;  lës  autres ,  au  contraire ,  ont 
assuir-é.  qu’iï  était  exhalé  abondamment  par  le  poumon  ; 
d’autres  enfin  ont  cru  qu’il  n’éprouvait  aucun  change¬ 
ment.  Ces  contrad^tions  devaient  d’autant  plus  frappér, 
qu’elles  avaient  lièü*ëntre  des  hommes  habiles  et  exercés 
dans  l’art  difficile  des  expériences  physiologiques ,  et  sur- 
ce  point  il  suffira  de  dire  que  Spallanzani,  MM.  de  Ilum- 
boldt ,  H.  Davy ,  sont  au  nombre  de  ceux  qui  ont  soutenu 
Pàbsorplion  dé  Tazoté  dans  l’acte  respiratoire  ;  que 
MM.  Allen  ,  Peseys  et  Dallon  ,  et  plus  anciennement  La¬ 
voisier  ,  ont  établi  que  ce  gaz  n’éprouvait  aucune  altération 
dans  sa  quantité;  qu’enfin  Berthollet  se  croyait  fondé  à 
adtnéttre  l’éxhalation  de  ce  même  gaz  ;  opinion  qui  vient 
d’être  récemment  confirmée  par  l’important  travail  de 
M.  Dulong. 

M.  Edwards,  qui  a  fait  un  si  grand  nombre  d’expé¬ 
riences  sur  la  respiration  des  animaux  vertébrés ,  devrait 
se  rencontrer  parmi  les  partisans  de  l’une  ou  de  l’autre  de 
ces  dissidences  scientifiques  ;  mais  les  résultats  auxquels 
ibest  arrivé  ne  lui  ont  pas,  permis  de  s’y  placer  ;  car  il  a 
observé  tantôt  l’absorption  ,  tantôt  l’exhalation  de  l’azbte , 
et  d’autres  fois  le  gaz ,  dans  les  essais ,  n’à  éprouvé  aucune 
modification  de  quantité.  M.  Edwards  a'  fait  voir  même 
tjue  ces  variations  dans  les  proportions  de  l’azote  dépen¬ 
daient  de  circonstances  particulières ,  telles  que  l’âge  des 
animaux  ,  là'températùre  et  l’époque  de  l’année  où  les 
expériences  sont  faites.  Toutefois ,  en  terminant  le  travail 
où  ces  "faits  nouveaux  et  inattendus  sont  consignés  , 
M.  Edwards  conclut  que  .  suivant  les' cas  ,  l’azote  est  ou 
exhalé  ,  ou  absorbé  ,  où  biéh  n’éprouve  aucune  altération. 
Dans  la  noté  que  MM;  les" commissaires  ont  été  chargés 
d’examiüér  ,  M.  Edwards ,  sans  rien  ajouter  aux  faits  pré¬ 
cédons  ,  revient  sur  la  conséquènce  qu’il  a  déduite  ;  il 
.  pense  qu  il  faut  conclure ,  soit  dé  ses  expériences ,  soit  de 


yA^ilÉTâs..  6o3 

celles  des  savans  précités  ^qAiljiy  a  contînuellemenbet  si^- 
mailtanénient  absofptiori  et  eHhalatioh  d’àzotè<dàiïs  la  res- 
piratioûj  et  que  les  résultats  qû’oû  a. observés  n’ont!  été 
que  le  rapport  variablé.qui;à!établit, à  chaque  inslantfentrè 
ces  deux  phéHoinbné's,.5et  c’esbainsi,  qu’il  éxphqüei an-; 
jourd’bui  les  diverses  proportib^usi  idlazoté.  qu’ol&é.>l’aip 
qui  a  servi  à  la  Tespirationi'  >  )li:  ;  •' !  ::  ■  y  h;';:  ;■ 

MM.  les  Qommissaires  du  rapport  troùvenb  iagénieüse 
cette  nbiiyelle  tbatlière  d’ënvisa^r  ou  d’expliqUer  lès  MUi 
déjà  connus;  ils  pensent  qu’ellb  rend  niietix  raison idefc 
phénoDuènes  que  cellë  .qui  était  admise  auparavant'^î  etiil» 
proposent  à  l’Académie  de  donner  son  approbation  là 
note  de  M.  EdWardà.  Ges  coriclusions  sont  adopïéesV.  'î:. 

,  Séance  dUMnéi  24  févrieri  -^  MM;  Duibéril!et  OlHaus^ 
sier  font  un  rapport  sur  un  mémoire  dfe  Mi!  Garteroniÿ 
médecin  à  Troyes!,  et  ayant  pour,  titre  u  •GbsemattoA  éfr 
Description  d’un  kyste  contenant .  des  hrydàtîdes  aclpimn 
locystes;  précédées  de  considérations  générales  danë  IbsU 
quelles  on  examine:  si  ces  eovph  forment  un  ^edrc  Ae 
vers  intestinaûX. 

.  Quelques  liaturalistes  dè  notre  térnps: ^ :  et  èn  particulier 
le  professeur  RudolpM  i,  dé  Eerlïn  ,  qui  a  publié  lé  meil¬ 
leur  ouvrage  sur  les  vei^l  iatèsiifaàux  ,  ne  regardent  pas. 
comme  de  véritables  êtres  animésy  foutes  leS  espèces:  dç 
vésicules  remplies  d’eaù  que  les  lüédécins  ont  dépriteè 
sous  les  noms:  d’hydalides-.;  On  a  reconnu#  S  !Ia :  vérité; p 
qnelques-uns dès  phénomènes  dë  laivieij  et  udeorgalnisHH», 
tion  propre  à  les  produire ,  dahs  'der.taipfes  espèces  qued’oh; 
a  rapportées  aux .  genres  eysticerqùe.  v  écHihonéeli  :  r  ette-i;) 
mais  il  est  .d’èntres  vésicules  hydatides  observées  dépuis 
long-temps  dans  qufeiquës  cas  de  maladies:  de' là  na-i 
ture  desquelles:  il  reste!  jleoeore'jiquqlqUeS  încërtitbdeiif 
Ces  globules  vésIcüIaireSi,  !  dont  les  ditnëasions  ! varient 
beaucoup,  ont  été  lé  sujet  d’un  fr,ès-grand  tt-avâil  dq 


6o6  vÀHiiïésr 

M.  le  .docteur  LaenneC >  qui  l’a  communiqué  il  y  a  plus  de 
i  gaûs  ,  à  la  Société  établie  dans  le  sein  de  la  Faculté  de 
Médecine  de  Paris.  Quoique  ce  mémoire ,  accompagné 
de  planches  gravées  avec  soin ,  ait  été  imprimé ,  il  n’a 
point  été  publié ,  de  sorte  que  M.  Rudolphi  n’en  a  parlé 
que  d’une  manière  fort  générale  dans  son  addition  à  son 
grand  ouvrage  sur  les  ântozoaires  ,  en  refusant  de  recon¬ 
naître  pour  de  véritables  animaux ,  ces  sortes  d’hydatides 
libres  dans  les  kystes  remplis  de  fluides  liquides.  Il  est  évi¬ 
dent  pour  MM.  les  commissaires ,  que  M.  le  docteur  Car- 
teron  n’a  connu  que  par  extrait  le  mémoire  non-publié  de 
M.  Laennec  ,  et  qu’il  n’a  pas  eu  non  plus  occasion  de  con¬ 
sulter  le  travail  que  M.  le  docteur  Hippolyte  Cloquet  a 
consigné  dans  la  deuxième  livraison  de  sa  Faune  des  mé¬ 
decins  ,  où  il  a  décrit  quatre  espèces  de  cé  genre  des  acé- 
phalocystes  ,  ët  que  le  mémoire  de  M.  Carteron  est  dirigé 
principalement  contre  l’assertion  de  M.  le  professeur  Ru¬ 
dolphi. 

A  défaut  de  recherches  anatomiques  ,  M.  Carteron 
s’aide  de  raisonnemens  empruntés  des  faits  d’anatomie 
comparée  qu’il  a  recueillis  dans  les  ouvrages  de  M.  Cuvier , 
pour  établir  que  ces  sortes  d’hydalides  peuvent  être  des 
animaux  privés,  à  la  vérité v  de  plusieurs  organes ,  et 
qu’ils  né  sont  pas  de  simples  poches  membraneuses.  Enfin , 
il  rapporte  avec  détails  un  cas  d’anatomie  pathologique 
dans  lequel  il  a  pu  observer  une  poche  fibreuse  développée 
sous  le  bord  gauche  du  foie  et  dans  l’épaisseur  de  l’épi¬ 
ploon  gastro-hépatique.  Cette  poche  était  remplie  d’une 
cinquantaine  d’hydatides  acéphalocystes ,  contenant  toutes 
une  humeur  transparente ,  tandis  que  tous  les  liquides  et 
les  solides  du  cadavre  étaient  teintsde  la  couleur  jaune  la 
plus  foncée ,  ainsi 'que  le  kystè  fibreux  qui  les  renfermait. 
Cette  observation  vient  donc  à  l’appui  des  faits  analogues 
publiés  dans  ces  derniers  temps  ;  elle  n’enést  pas  moins 


VARIÉTÉS.  607 

fort  intéressante ,  et  MM.  les  commissaires  pensent  que 
l’aiiteur  peut  être  invité  à  la  publier.  L’Académie  adopte 
les  conclusions. 

MM.  Gay-Lussac,  Ampère  etFourier  font  des  rapports 
sur  les  deux  mémoires  de  MMi  Savary  et  Montferrand  , 
lus  dans  la  séance  du  5  février. 

Séance  du  5  mars.  S.  Exc.  le  Ministre  de  l’inté¬ 
rieur  transmet  è  l’Académie  une  lettre  relative  à  une  va¬ 
riation  extraordinaire  de  la  hauteur  du  mercure  dans  le 
baromètre ,  observée  à  Rhodez  le  2  février  dernier.  Cette 
lettre  sera  remise  à  la  commission  précédemment  nom¬ 
mée  pour  prendre  connaissance  de  diverses  observations 
météorologiques. 

M.  le  professeur  OErsted  communique  à  l’Académie  le 
résultat  de  diverses  expériences  sur  les  mouvemens  de  l’é¬ 
lectricité  déterminés  dans  certains  métaux  par  les  dilTé- 
rénces  de  température. 

Si  l’on  compose  un  circuit  continu  au  moyen  de  deux 
arcs  de  métaux  différens  ,  d’une  formé  quelconque  ,  sou¬ 
dés  ensemble  aux  deux  extrémités  ,  et  si  l’on  échauffe  une 
seule  des  deux  parties  où  les  métaux  différèns  se  réù  nisseht, 
il  s’établit  aussitôt  un  courant  électrique  dans  le  circuit 
entier.  L’existence  de  ce  courant  se  manifeste  par  son 
action  très-sensible  sur  l’aiguille  aimantée.  M.  OErsted 
annonce  que  M.  Seebeck  ,  de  l’Académie  de  Berlin  ,  à 
qui  l’on  doit  ce  nouveau  genre  d’expériences  ,  a  observé 
ces  mêhies  propriétés*  dans  un  grand  nombre  de  corps 
qü’il  a  comparés  entr’eux.  Dans  l’une  des  expériences 
faites  en  présehcé  de  l’Académie  >  le  circuit  était  formé 
d’un  arc  de  cuivre  et  d’un  cercle  de  bismuth;  dans  la  se¬ 
conde  expérience,  les  deux  parties  du  circuit  étaient  l’uné 
de  cuivre  et  l’autre  d’antimoine.  Dans  des  positions  sem¬ 
blables  ces  deux  circuits  déviaient  l’aiguille  aimantée  ho¬ 
rizontale  en  sens  opposé. 


&0^  VARIÉ  xâs. 

9^rsle4  R  aussi  présenlé  d,es  oisepvatbns  qui  lui 
Rpnt  prQpresÆt.qui  déflaontrent  la  eompressibilité  de  l’eau. 
Le  procédé  qu’il  emploie  est  très-propre  à  mesurer  ayeç 
exactitude  la  compressibilité  des  divers  liquides.  Ce  pro¬ 
cédé  donne  le  moyen  de  prévenir  ,  autant  qu’il  est  possir- 
ble ,  l’effet  des  variations  de  température ,  d’éviter  les  c.han- 
gemens  .de  yolurpe  du  vase  qui  contient  feau  comprimée 
et  de  mesure^  facilement  la  quantité  de  la  fofce  qui  pro¬ 
duit  la  compression.  AL  OErsted  conclut  de  f^s  nouvielles 
expériences  : 

i^.°  .Que  si  une  masse  donnée  d’eau  est  comprimée  par 
un  poids  équivalent^  celui  d’une  atmosphère  ,  la  quantité 
dont  le  volume  est  diminué  se  trouve  égale  à  quarante- 
çinrj  fois  la  millionième  partie  de  sa  valeur  primitive; 
2.°  que  depuis  ,1a  pression  d’un  tiers  d’atmosphère  jusqu’à 
celle  de  si^  atmosphères ,  la  diminution  du  volume  de¬ 
meure  proportionnelle  à  l’augmentation  de  la  force  com¬ 
primante;  3.°  que  ces  compression?  p’occasionnent  pas 
de  dégagement  de  chaleur  sensible.  , . 

AI.  Longehamps  donne  lecture  d’un  mémoire  de  chir 
niie  sur  l’incertitude  que  présentent  quelque?  résultats  de 
l’analyse.  Cet  ouvrage  est  renvoyé  à  l’exameu  d’üpe  copi- 
misslop  composée  de  AIAI.  Vauquelin  et.Gay-Lnssac. 

Sifinc&.du  J  7  mars,  — -  M.  Chaptal  donne  lecture  d’un 
rapport  spr  les  tableauR  élémentaires  de  chimje  préaeutés 
par  M.  d’Albuquerqqe  d?ns  la  çéançe  du  3  mars. 

Ces  lableauî: ,  au  nembre  dp  douzo,  représentent l’ac- 
Jion  et  les  priupi, pales  combinaisons  des  corps  morganir 
qÙes;  Le  premier  tahleap  fait  connaître  l’acliqn  .  de  quel¬ 
ques, apps  simples  sur  la  plupart  des  substances  réputées 
(élénaei^taires.  Le  tecpnd  préseple  les  combinaisons  des 
eprps  éiéinentaires  entr’pux,  L’auteur  parcourt  successive¬ 
ment  toutes  les  Gombinaisonjseii  désignant  d’abprdlesplHs 
simples  et  s’élevant  successivement  a^^  plw®  9é“:pesées, 


VABiÈTis-  6og 

MM.  Les  commissaires  pensent  .que  pe^î  lableaux ,  rédigés 
arec  métHode  et  qui  préserdent^  -.ejq  peu  de  laois  ,  l’était 
de  nos  connaissances  ,  peuvent  être  utiles;  Us  invitent 
l’auteur  à  continuer  son  travail.  L’Académie  adopte  ces 
conclusions. 

M.  Antommarchi  fait  hommage  de  ses  planches  anator 
miques  du  corps  humain  ;  publiées  par  M.  le  comte  de 
Lasteyrie.  MM.  Dumeril  et  Magendie  çprnmissàires  pour 
un  rapport  verbal. 

M.  La  Billardière  lit ,  au  nom  d’une  commission  com¬ 
posée  de  M.  Pesfontaines  et  de  lui ,  , un  rapport  sur  un  mé¬ 
moire  qui  traite  de  la  structure  des  tiges  mpnecotyledonées, 
par  M.  Lestiboudois;,  professeur  de  botanique  b  Lille. 

L’auteur  ,  tojut  en  reconnaissant  qne.  la  divisloii  des 
deux  grandes  classés;  de  .végétaux  (les  .mPfloeP'tyledonés 
et  les  dicotyledonés )  est  la  plus  naturelle,  remarque 
qu’avec  ce  seulcaraptère  elle  laisse  quelque  embarras  dans 
ceux  dont  les  cotylédons  se  trouvent  apudés,  dans  ceux 
pu  ils  sont  oblitérés  ,  et  encojre  dansceçx  dpnt  Ip  ppinhrp 
dépasse  beaucoup  celui  de  la  division  à  laquelle  ilfappaF- 
tiennent,  Cea  Conisidél’ati^sJ’.pnt  engagé  à t?hercber  leur 
différence  dans  |a  ;atsuçture  de  la  lige,  td’est  partiçulièrer 
ment  sur  celle  des  né^jjpptyjedonés  quç fse/sopt  portées 
les  observations,.  11  pe^ffi'queçef  prdre  fieiyégétaux ,  daps 

lequel  il  reconnaît  lestra,çL4es  qne  üpbseryationaaignalées', 

ne  s’acctpît  qu’à  l’extérjenr,,',et  qu’il  nst.eaüièremeat  an,ar 
loguo  au  système  cortical  des  dicotyledonés.. îlijvent^étfi- 
blir  qne  dans  les  naonocotyledonés  les  fibres  se  produisent 
au  centre.  ,  et  qna;dqrfi®d¥®  P™fiux,  etj}ea 

feuilles.  Çet te  thèse  est  k  jirinçipEde:  qn-’^sspie  de  sc^tqr 
nir  dans  un  assez  long  mémoire  où  il  réqpili.^e-qpi-luiisçînr 
ble  prouver  que  ,tpn|.es ,  les  productions  pipnpçoty le- 

dpnés.  s’éçh§ppeqt,ddidé?itïè‘  MM.  ieaiCoptgjiiBsaiTes'trpuT 
vent  qu’au  premier  cpnp-id’oBihd  h’itidg:  deiJ’aUtçuir  est 


6lO  VARIÉÏÉ'S.' 

assez  ingénieuse  ;  mais  étant  contraii-e  à  tout  ce  qu’apprend 
l’observation  ,  ils  pensent  que  ce  travail  ne  saurait  être 
accueilli.  L’Académie  approuve  le  rapport  et  en  adopte  les 
conclusions.  * 

M.  Moreau  de  donnés  donnelecture  d’un  second  mémoire 
sur  la  géographie  des  plantes  d’Amérique,  et  qui  a  pour 
titre  :  Recherches  sur  les  conditions  d’organisation  végé¬ 
tale  nécessaire  aux  différens  modes  de  la  translation 
géographique  des  plantes  par  les  agens  naturels. 

M.  Pèrcy  annonce  qu’une  place  de  correspondant  dans 
la  section  de  médecine  et  de  chirurgie,  est  vacante  par  le 
décès  de  M.  Cotuni.  ' 

Séance  du  24  mars.  ■ —  M.  Cuvier  présente  un  sqüe.. 
lette  humain  incrusté  dans  une  pierré  de  sédiment  calcaire 
de  nouvelle  formation  .  trouvé  au  port  de  môle  de  la  Gua¬ 
deloupe. 

M.  OErsted  annonCe  qu’il  est  parvenu  à  augmenter  les 
effets  qu’il  a  désignés  sous  le  nom  de  thermo-électriques , 
c’est-à-dire,  qui  résultent  du  contact  de  matières  diverses 
et  de  l’inégalité  des  températures. 

M.  Bory  de  Saint-Vincent' lit  un  mémoire  intitulé: 
Essai  sur  la  géographie  physique  de  l’Espagne. 

Séance  du  "b  i  mars.  —  M.^^ftéflroÿ  de  Saint-Hilaire 
présente  un  chien  monstrueux  né  le  même  jour  (5i  mars 
1825)  V  et  Communique  plusieurs  observations  sur  les  con¬ 
nexions  des  divers  organes  dans  cé'  monstre  qu’il  nomme 
triericéphale. 

M.  Varnhagen  ,  membre  de  l’Académie  de  LisBonhe , 
enypie  une-  Dissertation  sur  le  ton  dé  Couleur  de  l’épi- 
derhae  des  peuples  des  tropiques.  MM.  Magendie  etDu- 

méril ,  comüiissa'ires.  h  '  ■ 

Mi  Ampère  Communique  de  nouvelles  expériences  faites 
par  M.  Douillet  ;  sur  les  effets  électriques  excités  par  le 
contact  du  mercure  et  du  bismuth;’^  '  ' 


VARIÉTÉS.'  6n 

M.  Poisson  Ut  une  note  sur  le  phénomène  des  anneaux 
colorés.  ,  .  , 

M.  Oersted  lit  une  note  relative  à  des  expériences 
thermo-électriques  qu’il  a  faites  avec  M.  Fourier ,  et  dont 
il  résulte  que  les  effets  thermométriques  excités  par  les 
inégalités  des  températures ,  peuvent  être  multipliés  au 
moyen  de  la  répétition  alternative  de  barreaux  de  diverses 
matières., 

M.  Dupin ,  au  nom  d’une  commission ,  lit  un  rapport 
concernant  l’usage  de’  diverses  machines  à  feu  ,  les  acci- 
dens  auxquels  cet  usage  a  donné  lieu ,  et  les  moyens  que 
la  commission  juge  propres  à  les  prévenir.  L’Académie 
décide  que  la  discussion  se  continuera  à  la  prochaine 
séance. 


Séances  de  l’Académie  royale  de  Médecine. 

Section  de  Médeùine.  ■ — Séance  du  %  avril  iSaS.  -i— Gh 
dépose  sur  le  bureau  un  mémoire  sur  la  fourbure  ,  par 
M.  Rodet.  — MM.  Huzard ,  Tessier  et  J.  J.  Leroux  sont 
nommés  commissaires.  -  j 

On  présente  également  un  mémoire  sur  le  tétanos  ,  par 
M.  Faure. 

On  procède  à  l’élection  de  quelques-uns  des  naembr,es- 
adjoints.  La  majorité  des  suffrages  se  réunit  sur  MM. 
dral  fils  ,  Rayer  ,  L.  R.  Villermé.  . 

M.  Delens  lit  un  rapport  sur  une  observation  de  M.  Bri- 
cheteau ,  ayant  pour  sujet  l’histoire  d’accidens^rmida'r 
blés  produits  par  des  cblculs  biliaires^  :  !  àyi  .  .  i 

Ce  rapport  et  ses  conclusions ,  .qüi  tendent  faire:  acf- 
cueillir  honorablement,  par  la  section  ,  le  travail  de 
M.  Bricheteau  >  sont  adoptés  sans  rémamation,, 

•  On  lit  une  observation  de  M.  Bourgeoise,  sur  l’angine 


YASIÉTÉS.  , 

couennquse  coûsidéi’és  comme  contagieuse.  MM.  Nac- 
quart ,  François  et  Guersent ,  commissaires. 

Séâtice  du  2ii  avnl  — ^On  dépose  sur  le  iureau 

un  taémoire  de  M.  Bard,  ayant  poüt  objet  l’histoire  de  la 
constitution  médicale  de  1822,  observée  à  Beaune  ,  dé¬ 
partement  de  la  Côte-d’Or.  MM.  Àdelon,  Lucas  et  Mate i 
commissaires.  - 

On  procède  à  la  nomination  de  nouveaux  çaembres- 
adjoints. 

Le  plus  grand  nombre  des  voix  se  idunit  sur  MM.  Boul- 
lay  jeune ,  Bwcheteau ,  Baron.,  Rostan ,  Mahry,  Georget , 
Richard  (Achille) ,  Yilleneneuve. 

Section  de  Chirurgie.  ~  Séance  du  2I7  mars  — é 

M.  ■  Béclard  présente  un  malade  âgé  d’environ  4o  ans  ,  qüi 
fit ,  il  y  a  plusieurs  mois,  une  chute  d’un  endroit  élevé  , 
et  se  fractura  les  os  du  crâne  dans  la  région  temporale, 
droite.,  Gé  îHalâde  ,  ipÔFté  sans., c'onnhiSsahce  à  là  Maison 
royale  de  Santé  ,  présentait  un  état  convulsifdes  muscles 
du  cpté  dé  là  blessure  tandis  que  .le  «ôté  opposé  était 
complètement  paralysé.  Ce  double  symptôme-i  qu’Abeé- 
nethy  avait  déjà  signalé  comihe  l’un  dès  feignes  de  la  bonà- 
'pression  du  cerveau,  joint  à  quelqu-’autres^circonstances  i 
engagèrent  M.  Dubois, à  pratiquer  l’opération  du  trépan  sur 
l’endroit  blessé.  L’ouverture  des  tégumens  fit  reconhèîtiê 
unp  fracture'  du  crâné  t  plusieurs  •cdù'i'olinès  de  trépan 
furfent  appliquées,  et  donnèrent  issue  âtmeéaorme  quantité 
de  caillots  de  sang.  M.  Béclard  pfenié  .que  l’épàncHëmerit 
était  dû  à  l’ouverture  de:  l’aïtère  méningée  môjrehne. 
Après  rSpéràtîon ,  les  facultés  ihteUectuelles  se  rétabli- 
reut ,  les  phénomènes  ,  dé  phràlyfeie  et  'de  coüv.ulsion  dife- 
paruréhit ,  et  le  malade  .parvint  â  se  rétablir  parfaiteuifent 
bîenij  seulement  il  un  peu  sourd  de  rôéeille  déoitërOn 
voit  distinctement  les  inouvemens  du  cerveau  CoirèspoüT 
dans  les  uns  aux  pulsations  des  artères,  et  les  aüttegdux 


.  V  A  B  I  Ê  T  É  î.  6 1 3 

eîTorts  de  la  respiration  ,  à  travers  la  cicatrice  mince  qui 
recouvre  immédiatement  cet  organe. 

M.  Murat  présente  un  grain  de  gros  plomb  que  l’un  de 
ses  malades  a  rendu  par  le  canal  de  l’urètre.  Ge  corps' 
étranger  n’offre  aucune  incrustation  saline.  Le  malàdé 
avait  avalé  dans  un  pari ,  il  y  a  plusieurs  années ,  environ 
deux  onces  de  grains  de  plomb  dans  un  verre  d’huile.  li 
est  probable  que  celiii  rendu  par  l’urètre  a  cheminé  è  tra¬ 
vers  les  parties  molles  du  ventre,  pour  tomber  enfin'  dkns. 
là  vessie  ,  comme  on  l’observe  fréquemment  pour  divers 
corps  étrangers  qui  ont  été  avalés.  Cependant  il  est  diffi¬ 
cile  de  concevoir  comment  ce  petit  corps  orbe  a  pu  se 
frayer  un  chemin  jusqu’à  la  vessie.  M’.  Aumont ,  chirur¬ 
gien  de  rhôpital  de  la  Maison  du  Roi,  rapporte  à  ce  sujet 
l’observation  d’un  homme  qui  rendit  par  l’urètre  une  por¬ 
tion  d’aigiiille  couverte  d’une  incrustation  calculOuse. 

M'.  Percy  communique  l’observation  d’une  petite  fille 
de  dix  ans,  qui  s’est  introduit  dans  la  vessie  une  aiguillé 
de  plomb  dont  jusqu’ici  on  n’a  pu  faire  l’ëxtraction  par 
l’urètré.  M‘.  Percy  fait  des  tentatives  pour  dissoudre  ce 
corps*,  au  moyen  de  mercure  coulant  qu’il  injecte  dans' 
là  vessie,  moyen  dont  Ledran  dit  s’être' servi' avec  succès 
plusieurs  fois  pour  extraire  des  morceaux  de  plojmb  qu’ils, 
avait  introduits  dans  là  vessie  d’animaux.  Jusqu’iciM,  Pèrey 
n’à  obtenu  aucun  résultat  favorable;  Il  se  proposô  de  pour¬ 
suivre  ses  tentHiives  dontil  rendta  compte  à  l’Académie. 

M.  Jules  Cloquet  présente  à  l’Académie  la  colonne  ver¬ 
tébrale  d’un  homme  âgé  d’environ  cibquante  ans ,  qui  avâit 
été  sujet  à  des  douleurs  rhumatismales  dans  cette  p&rtié. 
Toutes  les  vertèbres  sont  ankylosées  non  par  l’ossification 
dqs  fibro-bartilages  ,  mais  àu  moyen  d’üne  longue  incrus¬ 
tation  osseiise  du  périoste  qui  passe  successivement  sur  je 
corpside  tous  ces  os.  Une  chose  bien  di^è  de  reiUarque  , 
c’est  que  cette  ankylOse  ne  porte  que  surla  partielàtérale 


6l4  VARIÉTÉS, 

droite  du  corps  des  vertèbres ,  et  s’arrête  à  la  ligne  mé¬ 
diane  ,  de  sorte  que  le  côté  gauche  de  la  colonne  verté¬ 
brale  est  dans  son  état  naturel.  M.  Jules  Cloquet  annonce 
avoir  déjà  observé  plusieurs  fois  de  ces  ankylosés  bornées 
seulement  à  l’un  des  côtés  du  rachis.  Elles  semblent  prou¬ 
ver,  jusqu’à  un  certain  point ,  l’isolement  des  parties 
droitè  et  gauche  du  corps,  sur  la  ligne  médiane,  dans 
l’explication  de  certains  phénomènes  physiologiques  et 
pathologiques. 

M.  Roux  donne  quelques  détails  sur  une  opération  de 
staphyloraphie  qu’il  a  pratiquée  sans  succès  sur  une 
fille  affectée  de  division  congéniale  de  la  voûte  et  du 
voile  du  palais ,  et  pour  laquelle  M.  Delabarre  a  construit 
un  obturateur  fort  ingénieux.  M.  Roux  fait  la  remarque 
que  la  suture  du  voile  du  palais  offre  bien  moins  de  chan¬ 
ces  de  succès  quand  la  maladie  est  compliquée  d’une  sépa¬ 
ration  complète  des  os  de  la  voûte  palatine  sur  la  ligne 
médiane. 

.  Le  .même  membre  communique  l’observation  d’une 
opération  d’anévrysme  de  l’artère  fémorale ,  qu’il  pratiqua 
suivant  la  méthode  dite  de  Hunter,  chez  un  homme  d’en¬ 
viron  5p  ans.  La  ligature  ne  tomba  que  le  53.°  jour,  et  la 
plaie  se  cicatrisa.  Quelque  temps  après  ,  dans  une  violente 
quinte  de  toux  qu’eut  le  malade  ,  le  plaie  se  r’ouvrit  et 
donna  issue  à  .une  hémorrhagie  foudroyante.  Heureuse¬ 
ment  la  femme  de  ce  malade  eut  la  prés^e  d’esprit  dé 
comprimer  vigoureusement  la  cuisse  jusqu  à  l’arrivée  de 
M.  Roux ,  qui  découlait  de  nouveau  l’artère  ,  et  en  fit ,; 
quoiqu’avec  beaucoup  de  peine,  la  ligature  immédiate. 
Cette  seconde  opération,  a  été  suivie  d’un  plein  succès ,  et 
le  malade  est  maintenant  .parfaitement  rétabli.  La  seconde 
ligature  ne  s’est  détachée  que  le  22-.°  joui'. 

.  M.  Richerand  communique  plusieurs  remarques  quül, a 
faites  sur-les  causés  des  hernies  crurales  chez  les  femmes. 


VARIÉTÉS.  Gl5; 

ïl  observe  que  ces  affections  sont  très-comnaunes  chez  les  : 
servantes  qu’on  emploie  à  frotter  les  appartemens.  Il  en 
cite  plusieurs  observations  ,  et  entr’autres  celle  d’une 
jeune  femme  qu’il  vient  d’opérer  d’une  hernie  crurale 
étranglée  produite  par  une  semblable  cause.  Chez  cette . 
femme,  la  maladie  existait  seulement  depuis  quelques 
jours.  Le  sac  péritonéal  et  les  autres  enveloppes  étaient , 
d’une  très-grande  ténuité.  Du  reste ,  l’opération  ne  pré¬ 
senta  rien  autre  chose  de  particulier. 

M.  Verdier,  bandagiste-herniaire  des  hôpitaux  de  la 
marine  ,  communique  un  tableau  qu’il  vient  de  faire  sur 
la  manière  qu’il  a  adoptée  pour  classer  les  différentes  es-; 
pèces  de  hernies  qu’il  a  occasion  d’observeix  MM.  Bé- 
clard  et  Jules  Cloquet  sont  nommés  commissaires  pour 
rendre  compte  de  ce  travail  à  l’Académie. 

M.  Lisfranc  lit  en  son  nom  et  en  celui  de  M.  Jules 
Cloquet,  un  rapport  sur  un  appareil  construit  par  M.  Ver¬ 
dier  ,  pour  comprimer  l’artère  fémorale  dans  un  cas  d’a- 
néjvrysme.  Cet  appareil ,  qui  est  une  espèce  de  brayer  , 
avec  une  pelote  mobile  au  moyen  d’une  vis  de  rappel  , 
a  complètement  réussi  chez  lè-  malade  pour  lequel  on  l’a 
employé.  Les  conclusions  du  rapport  i  favorables  à  l’au-' 
teur ,  sont  adoptées.  # 

Séance  du  lo  avril.  — ;  M,  Moreau  lit  un  rapport  sur 
le  forceps  du  docteur  Guillon  ;  M.  Moreau  discuté  les 
avantages  et  les  inconvéniens  des  modifications  que 
M.  Guillon  a  fait  subir  à  cet  instrument.  Le  rapport  favo¬ 
rable  à  l’auteur  est  adopté.  M.  Guillon  sera  "porté  sur  la, 
liste  des  candidats  pour  les  places  d’adjoints  dans  la  sec¬ 
tion  de  chirurgie. 

M.  Demours  lit  un  rapport  sur  le  mémoire  de  M.  Har-r 
ving,  de  Manheipx ,  sur. une  nouvelle  manière- d’ppérejf 
la  fistule  lacrywàlp,  au  çaoyen  de  la  cautérisation  de 


vÀftr-fcTÉs. 

toute  là  longueur^  dû' càüaf  ûasàl.  Le  Pùppoft  ,  peu  faro- 
ràble  à  l’auteur ,  est  àd'opté. 

L’Acàdëtüie  charge  tfbe' commission  de  lui  présenter 
une  liste  dé  eau dîdats  pour  remplir  lés  placés  vacantes  dé 
mejnhrés  honéraîresi  ■ 

M'.  Eeroy  offre  à  l’académié  divers  ins  tramens  qu’il 
némmeitr/tupî'tWs- et' qu’il  dëstîne  à  Briser  les  calculs  uri¬ 
naires  dans  la  vessie*,  sdns- pratiquer  l’opération  de  là  tail¬ 
le,  et  auxquels  il  a  fait  s^rBir  di^érses  inodifications  pour 
les  différens  cas'dans  lesquels  on  peut  les  employer.  L’a¬ 
cadémié  a*  chargé, MM.  ;  Rouxi ,;  Marj  olin  et-  Béclard  de  lui 
rendre iComple  des  instrümeuft  de  M.  Leroy.  . 

M.  .Breschet  présente  lé  dessin  dTuine  hernie  ventrale 
observée,  sur  un  enfant  nouveau- iréj,|  qui  mourut  le  trei¬ 
zième  jouraprès.sa  naissance.  La  lnmenr  était  fortnée'par 
la  plus  grande  portion  du  canal  intestinal  et  par  la  totalité 
d.u-foie.  Ce  dernier  organe  présentait  iceci  de  particulier 
que  l’artère  ombilicale  pénétrait  par  sa  surface  supérieure 
qui  était  séparéq,  en  deux  portions,  par  une  profonde 
scissure.  ;  : ,  ,  . 

M.  Jules  Gloq, net  présente  un  forceps  auquel  M.  Beau 
deloque  neveu  a  fait  subn  plusieurs  modifications  dans  le 
mode  d’articulation  des  branches, 

Le  même  membre  offre  à  l’examen  de  l’académie  une 
pièce  pathologique,  qu’il  trouva  sur  lë  cadavre  d’un  Hom¬ 
me  mort  d’apoplexié  après  la.guérison,d*ulcères  variqueux 
aux  jamBés.  Cet.liojmme  ,  âgé  dé  soixante  ans  ,  trèsTreplet  , 
éprouvait  dèpuis  plusieurs  années,  une  gêne  extrême  dans 
la  respiration.  Les  mouveinens  d’inspiration  et  d’expira¬ 
tion  étaient  accompagnés  'd’un  sifflement  particulier  ;  la 
face  était  habituellement  rouge  et  injectée'.  L’ouverture 
dü'cadlivre  fit’  rfeconn'àîtrè  umé  défôt’mâtlpü.  patticulière 
dié  là  dracHée  àrtërc;;  Cç'  cbndült  “était  '  'à^l^ll  tlatis vërsà  -  ^ 
léihetifdâlïs'tbutb  sén  étèndiie,  de  sôriWq^ésà  catîté,  de- 


VàRIJÈTis.  617 

venue  triangulaire ,  représentait  une  fente  fort  étroite  à 
travers  laquelle!  l’air  ne  passait  que  difficilement.  Cet 
aplatissement  s’étendait  également  aux  divisions  des  broli- 
ches  dont  les  parois  se  touchaient  dans  quelques  points. 
Supérieurement  le  cartilage  crlcoïde  était  également  dé¬ 
formé.  Plusieurs  cerceaux  de  la  trachée  artère  et  des 
bronches  étaient  incomplètement  ossifiés.  Aucune  tumeur 
ou  autre  cause  mécanique  n’avait  produit  cette  déforma¬ 
tion  du  conduit  aérien  du  poumon ,  qui  est  analogue  à 
celle  qui  chez  les  chevaux  produit  le  cornage.  M.  Jules 
Cloquet  annonce  qu’il  a  déjà  rencontré  cette  altération 
pathologique  sur  cinq  ou  six  cadavres ,  et  que  dans  les  cas 
où  il  a  pu  preudre  des  renseignemens  sur  les  malades  , 
elle  avait  produit  le  sifflement  particulier  dont  il  a  fait  men¬ 
tion  ,  et  une  suffocation  habituelle. 

M.  Rey  lit  une  observation  sur  une  affection  gangré¬ 
neuse  de  la  joue  chez  un  jeune  enfant  de,  dix-huit  mois , 
guéri  par  l’application  du  chloruré  de  soude  préparé  par 
M.  Labarraque.  MM.  Murat,  Marjolin  et  Béclard  sont 
chargés  de  rendre  compte  de  cette  observation  intéres¬ 
sante.  ‘  , 

M.  Maingault  lit  une  observation  sur  une  plaie  de  tête 
avec  commotion  et  épanchement  de  sang ,  qui  fut  suivie 
de  la  mort  du  malade. 

M.  Sarlandière  communique  à  l’Acadéuiie  diverses  ré¬ 
flexions  sur  l’instrument  qu’il  a  fait  construire  pour  rem¬ 
placer  les  sangsues.  C’est  une  espèce  de  ventouse  à  pompe 
à  laquelle  il  a  donné  le  nom  de  bdcllomètre. 


Priai  proposé  par  l’Athénée  de  Médecine  de  Paris. 

L’Athénée  de  Médecine  de  Paris ,  propose  pour  sujet 
du  prix  de  5oo  fr. ,  qu’il  doit  décerner  en  1824,  le  pro¬ 
blème  suivant  : 


6l8  VARIÉTÉS. 

«Déterminer,  d’après  des  oLservations' précises ,  les 
»  différens  aspects  que  présente  dans  l’état  sain  la  mem- 
«brane  muqueuse  gastro-intestinale,  i 
.  «Indiquer  les  caractères  anatomiques  propres  à  l’in- 
«flammation  de  cette  membrane. 

«Distinguer  cette  inflammation  des  autres  états  sains 
«ou  morbides,  et  notamment  des  congestions  avec  les- 
»  quelles  elle  pourrait  être  confondue.  « 

Les  mémoires  ,  écrits  en  français  ou  en  latin  ,  devront 
être  parvenus ,  sous  les  formes  académiques  ,  avant  le 
1."  juillet  1824,  à  M.  Delens,  secrétaire-général  de  l’A¬ 
thénée  de  Médecine ,  Vieille  rue  du  Temple,  N.“  5o. 

Prix  proposé  par  la  Société  Médico-Pratique  de  Paris. 

La  Société  décernera  ,  à  la  fin  de  Tannée  1825  ,  une 
médaille  d’or  de  la  valeur  de  3oo  fr. ,  à  l’auteur  du  mé¬ 
moire  qui  aura  le  mieux  résolu  la  question  suivante  : 

«  Déterminer  ,  par  des  observations  exactes,  si  parmi 
«les  phlegmasies  des  membranes  muqueuses  ,  séreuses  et 
«fibreuses,  s’il  existe  des  cas  dans  lesquels  l’opium  ou  ses 
«préparations  doivent  être  administrés  comme  moyens 
«  curatifs  ,  et  à  quelles  doses  ?  Signaler  ces  cas ,  ainsi  que 
«  ceux  où  il  faut  s’abstenir  de  toute  préparation  opiacée.  » 

Les  mémoires ,  écrits  très-lisiblement  soit  en  français  , 
soit  en  latin,  devront  être  adressés,  franc  de  port,  ayant 
le  3i  août  1823  ,  à  M,  le  docteur  Vassal,  secrétaire-géné¬ 
ral  de  la  Société  ,  rue  Saint-Martin  ,  N,"  98. 


FIN  nu  PREMIER  VOIUME. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE 

DES  MATIÈRES  CONTENUES  DANS  LE  PREMIER  VOLUME  1 
»  ARCHIVES  générales  DE  MÉDECINE.-* 


Académie  royale  de  Médecine.  (  Séances  de  1’  )  Pages  i3i  -,  28S 
443,  6ii 

Acadéiiiie  royale  des  Sciences.  (  Séances  de  1’  )  18,  501 

Adhérence  du  péricarde  aü  cœur.  (  Diagnostic  de  1’  }  V.  Saiider. 
Amputation  de  la  mâchoire  inférieure. 

Anatomie  comparée.  V.  Meckel ,  0-ebJftoy -Saint-Hilaire  ^  Jàcobson. 
AjiioMARCiiii  Planches  anatomiques  du  corps  humain  ;  annoncées.  àgS 
Aphorismi  Hippocratis  ;  auiionc.  458 

ArDoem.  Analyse  de  la  monographie  du  genre  hirudo  j  ou  description 
des  espèces  de  sangsues  qui  se  trouvent,  ou  qui  sont  en  usagé  en  Pié- 
.  mont  i  avec  des  observations  sur  la  génération  et  sur  d’autres  points 
de  l’histoire  naturelle  de  quelques-unes  de  ces  espèces  ;  par  le  pro¬ 
fesseur  Hyacinthe  Caréna.  '  ggg 

BAbinet.  Sur  jes  rapports  de  la  physique  avec  la  médecine.  iSy 

Baker.  Observation  d’un  bouton  dé  vaccin  qui  ne  s’est  développé  que 
six  mois  après  l’insertion  du  virus. 

Bell  (  Charles  );  Expérience  sur  la  structure  èt  les  fdUcl’ions  des  nerfs 
qui' conduisent  à  un  nouvel  arrangement  du  système  nerveux.  r64 
Bibliographie.  i35,ag2;46i 

Bile  ;  son  action  dans  là  digestion.  264 

BnronAM.  Essai-pratique  sur  les  maladies  et  les  blessures  de  là  vessie. 

Annoncé.  ■  454 

BlaIidin.  Mémoire  sur  la  structure  et  les  mouvemens  de  la  langue  dans 
l’homme.  45y 

Blanb  (Gilbert).  Dissertations  choisies  sur  plusieurs'  sujets  de  médei- 
clne.  AnnOnc.  ■  ‘  '  456 

Botanique.  453 

Bowillaud.  Observations  de  rupture  de  l’œsophage  ,  de  perforation  de 
l’estomac,  survenue  dans  un  cas  d'affection  aiguë  de  cet  organé  ,  et 
d’une  simple  déchirure  survenue  dans  un  cas  d’affection  cancéreuse 
du  même  organe  pendant  les  efforts  de  là  défécation.  53i 

Brayera  anthelnüntica  y  nouvelle  plante  de  la  fatnille  des  rosacés,  em¬ 
ployée  avec  le  plus  grand  succès  en  Abyssinie  contré  le  tœnia  ,  et 
apportée  de  Constantinople  pa'r  M.  Brayer.  •  434 

BnolfssAis.  Traité  de  physiologie  appliquée  à  la  pathologie  ;  ahaly's.  73 
—  Exposit^idé  sa  Doctrine,  206  ,  33S 

Calcul  de  l’urêtvo.  V.  Liston, 


020  TABtE  alphabétique 

CakenA.  Monographie  du  genre  hirado  ;  analys.  V.  Audouin. 
Cerveau.  V.  Home  ,•  Coster.  ,  . 

Chimie.  V.  Orjila. 

CniRAc.  V.  Georget.  , 

Cholera-morbus.  V.  Ranhen. 

Chuistison,  'Mémoire  sur  l’empoisonnement  ^àr  l’acide  oxalique  j 
extrait.  Syi 

Chute  du  rectum.  V.  Goulet. 

Clavelée  ,  clavélisalion.  V.  Hurtrel. 

Cloqxteï  (Jules).  Du  scorbut  qui  se  manifeste,  d’une  manière  locale, 
pendant  le  traitement  des  fractures ,  cl  s’oppose  à  leur  consolida- 


Cœur.  (  Adhérence  du)  V.  Sonder. 

CoiNDET.Mémoiresurl’empoisonnement  par  l’acide  oxalique;  extr.hyi 
Coqueluche.  V. 

Coster.  Analyse  des  discussions  qui  ont  eu  lieu  au  sujet  du  procédé  de 
M.  Sanson,  pour  extraire  la  pierre  de  la  vessie  par  le  rectum.  aSx 
—  Expériences  sur  le  système  nerveux  de  l’homme  et  des  animaux. 
Extrait.  35g 

CoTJLET.  Observation  sur  un  cas  de  chute  du  rectum  exaspérée  par  les 
émolliens  et  guérie  par  les  astringens.  ,  ASy 

CrAtveord  (  Steward  ).  Sur  l’emploi  du  sous-carbonate  de  fer  dans  le 
tic  douloureux.  nyA 

Crithmum  maritimuni.  (Recherebes  chimiques  et  médicales  sur  le)  436 
Croton  tiglium.  (  Observations  sur  l’huile  de  semences  de  )  '  128 

CüLLERiER  C  neveu  ).  Notice  sur  l’emploi  de  l’eau  de  javelle  à.  base  de 
soude  ,  connue  sous  le  nom  de  réactif  de  M.  Labarraque,  dans  le 
traitement  local  de  certains  ulcères.  AyS 

Davv.  Sur  les  organes  urinaires  et  l’urine  de  deux  espèces  du  genre 


Dictionnaire  de  Médecine  ;  annoncé.  292 

Digestion,  y.  Bile. 

Doctrine  doM.  Broussais.  (  Exposition  de  la  )  V,  Goupil. 

Earlb.  (  h.  )  Sut  la  formation  d’un  nouveau  canal  à  la  place  d’une 
portion  détruite  de  l’urètre.  102 

Eau  de  javelle.  V.  Cullerier.  '  ,  . 

Edwarus.,  (  H.  M.  )  Analyse  des  Transactions  philosophiques  de  la 
Société  royale  de  Londres  ,  pour  l’année  1821.  go 

—  Extrait  d’un  Méraoire’sur  l’empoisonnement  par  l’acide  oxalique, 

par  MM.  Christison  et  Coindet.  ,  ,  671 

Empoisonnement  par  l’acide  acétique.  Ibid. 

—  Vàr  l’acide  oxalique.  '  .  Ibid. 

Par  une  espèce  de  jouanctle  ou  cBiiaiithe  ci‘OcataASI$(it  443 

—  Par  l’oxyde  blanc  d’arsenic,  '  «47 


DÉS  MATIÎiÉES.  621 

Ej)idétnie  de  choléra-morbus.  V.  Ranken. 

Esqu;eol.  Remarques  sur  les  signes  donflés  par  les  âuteqrs  de  méde¬ 
cine-légale  ,  comme  propres  à  faire  connailre  si  le  corps  d’une  per¬ 
sonne  trouvé  pendu  l’a  été  après  la  mort  ou  pendant  qu’elle  vivait 

Fer.  (  Sous-carbonaledel  V.  Crawford  et  Thomson. 

Fièvres  malignes  et  pestilentielles.  V.  Georg-et. 

Formey.  Quelques  observations  sur  le  goitre.  280 

Formulaire.  V.  Ratier. 

Fouquier.  V.  Ratier,^ 

Fractures.  (  Traitement  des  )  V.  Cloquet  (_  Jules  ), 

Frank.  Traité  de  Médecine-pratique,  traduit  du  latin  par  J.  M. 
Goudareau  ;  annonc.  45, 

Gendrin.  Recberebes  sur  les  tubercules  du  cerveau  et  de  la  moelle 
épinière  ;  annonc.  '  453 

—  Recherches  sur  la  nature  et  les  causas  prochaines  ’  des  fièvres  ; 
aualys.  '  558 

Geoeproy-Saint-HilAire.  Sur  le  système  intra-vertébral  des  insectes. 

4i8 

Georget.  Quelques  propositions  extraites  du  Traité  de  Chirac  sur  les- 
fièvres  malignes  ePpestilentielles  qui  ont^régné  àRocheforten  iCg4. 

137. 


GirArd.  Analyse  du  Traité  de  la  clavelée ,  de  la  vaccination  et  de  la- 
clavélîsation  des  bêtes  à  laine.  '  532 

Goitre.  V.  Formey. 

GoldmAnn.  Sur  les  phlegmasics  latentes  et  chroniques  du  canal  intes¬ 
tinal.  278 

GoudAreAu.  V.  Frank.  •  '  . 

Goupil.  Exposition 'de  la  Doctrine  de  M.  Broussais.  206  ,  535 

Hernie  du  périnée.  "V.  Scarpa.  ■  ' 

Home  (Everard).  Sur  la  couleur  noire  du  réseau  muqueux  de  la  peau 
des  nègres,  considérée  comme  servant  à  la  préserver  de  l’action 
trop  vive  des  rayons  solaires.  go 

—  Observations  microscopiques  ■,  1.'’  sur  le  cérveau  et  les  nerfs  ;  2.°  sur 
la  découverte  de  valvules  dans  les  branches  des  vaisseaux  courts  si¬ 
tués  entre  les  tuniques  muqueuse  et  celluleuse  de  l’estomac  ;  3.“  sur 
la  structure  de  la  rate.  92 

Huile  de  térébenthine,  V.  Rutchinson. 

Htirtrel-d’Areoval.  Traité  de  la  clavelée ,  de  la  vaccination  et  de  la 
clavélisation  des  bêtes  à  laine  ;  analys.  682 

HutchInson.  CB.J  Tétanos  guéri  par  l’huile  de  térébenthine;  276 
Hydropisio  de  l’ovaire  droit  guérie  par  l’extirpation  du  kyste.  126 
Inflammation.  (■  Médec.-vétérin.  )  V.  Morel. 

Insecte.  V.  Geoffroy •Sainl-Hilaire. 


692  TABIiS  AlPHABÉTIQtË 

Intestinal.  (  Canal  )  Phlegmasies  chroni  jues  ët  latentes.  V.  QoMnianii. 
Introduction.  '  V 

IsENFLAMM.  Observation  snr  la  structure  des  tendons.  129 

Jacobson.  (L.  )  Suc  une  disposition  particulière  du  système  veineux 
chez  un  gra  nd  nombre  d’animaux.  269 

J, usquiame.  V.  ièati'er. 

LabArhaque.  Mémoire  sur  l’Art  du  boyaudier  ;  analys.  88 

Laennec.  Extrait  du  Bisoours  prononcé  à  l’ouverture  Je  sou  cours  de 
.  médecine  au  Collège  royal  de  France.  v 

Lallemand.  Amputation  de  la  mâchoire  inférieure.  laS 

.Langue.  V.  Blandin. 

Leucorrhée.  Y.  Sommé, 

Liseeanc.  Nouvelle  méthode  de  pratiquer  l’opération  de  la  taille  chez 
la  femme.  éSy 

Liston.  Observation  d’un  calcul  formé  dans  l’urètre  autour  d’un  an¬ 
neau  de  cuivre.  268 

Lithotomie.  V.'  Coster ,  Lisfranc. 

Londe.  Analyse  du  Traité  de  Physiologie  appliqué  à  là  pathologie, 
par  Broussais.  yS 

Louis.  Observations  relatives  aux  perforations  spontanées  de  l’intestin 
grêle  dans  les  maladies  aiguës^  suivies  de  quelques  réflexions.  17 
Martini.  Analyse  du  Système  d’anatomie  comparée  de  Meckel.  yS 
MecRel.  f  J.  F.  )  Système  d’anatomie  comparée  j  premier  volume; 

contenant  l’anatomie  générale,  analysv  ‘  Ibid. 

Médecine  ;  ses  rapports  avec  la  physique.  V.  JBa&i/zefr 
Médecine-légale.  V.  jB^quiroZ  ., 

Mondât.  De  la  Stérilité  de  l’homme  et  delà  femme  ;  annonc.-  ,  294 

Morel.  Aperçu  général  sur  l’inflammation  f  Mêdec. -vétérinaire  ) 

'  annoiic.  .  298 

Morphine.  (Observation  sur  la  )■  lay 

Nerfs.  V.  Se//j  Coster^.  Honte. 

Nègres.  V.  Ifome. 

Nerveux.  (Système)  F".  Bell,  Coster, 

OÉuf.  (  Métamorphose  de  1’ )' V.  Panrfer.  ' 

Ollivier.  y,  Scarpa.  * 

Ongle  rentré  dans  les  chairs.  V.  Sommé.  , 

Oreila.  Analyse  du  Mémoire  de  Labarraqne  sur  l’a'rt  du  boyaudier. 

— '  Gouptd’oeil  sur  les  trâyauN  faits  eh  chimie  et- en  pharmacie. 

ii'3,-,433 

—  Note  sur  l’ém'poiSonhement  par  l’oxyije  blànc  d’arsenic- (i.acidb 
atsenieux.  )  ]  ■  lé’y 

Ossification  morbide.  V.  ifoycr.  - 

Pander,  Mémoire  sur  les  métamorphoses  que  l’œuf  éprôüve  dans  ks 


DES  MATINEES.  626 

cinq  premiers  jours  de  son  incubation.  1^8 

~  Second  Mémoire  sur  l’histoire  du  développement  du  poulet  dans 
l’œuf.  346 

Paralysie  du  sentiment  sans  perte  de  mouvement  volontaire.  262 

Peau  :  usages  de  la  couleur  noire  du  réseau  muqueux  de  la  peau  des 
nègres.  V.  Home.  go 

Pendus.  (Signes  fournis  par  l’examen  du  corps  des  )  V.  Esquiroï. 
Perforations  spontanées  de  l’intestin  grêle.  V.  Louis. 

—  De  l’estomac.  "V.  Bouillaud. 

Pharmacie.  V.  Or  fila. 

Phlegmasies  latentes  et  chroniques  du  canal  iutestinaL  V,  Goldmaiin, 
Physiologie.  V.  Broussais ,  Londe. 

Physique;  scs  rapports  avec  la  médecine.  V.  Babinet, 

Planches  anatomiques.  V.  Antomarchi. 

Poulet.  (Développement  du)  V.  Pander. 

Pourriture  d’hôpital.  V.  Sommé. 

Prix  proposé  par  l’Académie  royale  de  Médecine  ,  section  de-  chirurgici 

i32 

—  par  la  Société  des  Sciences  médicales  du  département  de  la  Mo¬ 


selle.  i34 

—  par  la  Société  médicale  d’Emulation  de  Paris.  agi 

—  par  l’Atliénéede  Médecine  de  Paris.  617 

—  par  la  Société  Médico-Pratique  de  Paris.  618 

Quinine.  (  Observation  sur  le  sulfate  de  )  .127 

Ranken.  Observations  sur  une  épidémie  de  cboléra-morbus  qui  régna 

dans  les  Indes-Orientales  en  181g  ;  extrait.,  26S 

Rate.  (  Structure  de  la )  V.  Home. 


Ratier.  Formulaire-pratique  dès  hôpitaùx  civils  de  Paris.  Annoncii35 

—  Recherches  sur  les  propriétés  et  l’emploi  médical  de  la  jusquiàme, 
faites  à  l’hôpital  de  la  Charité  par  lé  professeur  Fouquier.  2g8 

Rayer.  Mémoire  sur  l’ossification  morbide  considérée  comme  une 
terminaison  des  phlegmasies.  3i3,48g 

Richard.  Sur  l’examen  chimique  du  st/ycAnoj  pseudo-itina.  600 

Roche.  Réflexions  sur  une  observation  de  chute  du  rectum.  488 

—  Analyse  de  l’ouvrage  de  M.  Géndrin ,  sur  la  nature  et  les  causes 

prochaines  des  fièvres.  558 

Rupture  de  l’œsophage.  V.  Bouillaud. 

Salivation  mercurielle.  V.  Sommé. 

Sander.  Remarques  sur  le  diagnostic  de  l’adhérence  du  péricarde  au 
cœur.  i53 

Sangsues.  V.  Audouin. 

Sanson.  V.  Cos  ter. 

ScARPA.  Mémoire  sur  la  hernie  du  périnée;  traduit  de  l’italien  par 
C.  P.  Ollivicr.  5d 


624  TABLE  AtliHABÉTIQUE  DES  MATIÈBES. 

Scie  toùrnanle.  V.  Thall.  , 

Scorbut  Ibcal.  V;  . 

Secours  à  administrer  dans  les  maladies  et  accidens  (jui  menacent 
promptement  la  vie.  V.  Trousse! .  ' 

Société  des  Sciences  médicales  du  département  de  la  Moselle.  (Séance 
générale  de  la  )  ^  .  ..  iSa 

Sommé.  Notes  sur  l'emploi  nouveau  ou  .peu  usité  de  quelques  médi  - 
camens  dans  plusieurs  inaladies  ;  pourriture  d’hôpital  j  teigne  ; 
salivation  mercurielle  ;  ongle  reiitrantdans  .les.chairs;  leucorrhée. 48i 
SeiTTA  (  Heuricus  ) .  Novee  Poctrinœ  pathologiçœ ,  auclore  B  toussais , 

.  succincta  epitome  ;  annonc.  454 

iSlérililé  de  l’homme  et  de  la  femme. ..V.  Mondât. 
iStrjc/inoj  pseudo-Ama.  (  Examen  chimique  du  )  600 

Sublimé  corrosif.  V.  Wedeldnd. 

Taille  recto-vésicale.  V.  Cos  ter. 

—  Chez  la  femme.^  V.  Xiis/rauc.  , . 

Teigne.  V.  Sommé. 

Tendons.  (Structure  des)  V.  üerayïamm. 

Tétanos.  V.  Butchinson, . 

Thàll.  Invention  d’une  nouvelle  scie  ,  nommée  scie  tournante,  pour 
'  pratiquer  sur  les  os  plats  une  incision  droite  et  profonde.  267 

Thomson  (Todd).  SurHemploi  du  sous-carbonate  de  fer  dans  le  tic 
douloureux,  ...  274 

Tic  douloureux .  \ .  Crawjbiyi  et  Thomson . , 

Toeuia .  V.  Brayera  anthelmintica . 

Transactions  philosophiques  de  la  Société  royale  de  Londres,  pour 
l’année  1821  ;  analys.  '  4  9° 

TaoiissEL.  Des  premiers  secours  à  administrer  dans  les  maladies  et 
accidens  qui  menacent  promptement  la  vie  ;  annonc.  452 

Tubercule  du  cerveau  et  de  la  moelle  épinière.  V.  Gendrin. 

Ulcères.  V.  Cullerier. 

Urinair.es  (  Organes  )  de  deux  espèces  du  genre  rana.  V.  Bafy. 

Urine.  V,  Davy. 

Vaisseaux  courts.  (Valvules. découvertes  dans  les)  V.  Borne. 

Veineux.  (Système)  V.  J’acotjore. 

Vaccine.  V.  Baker, 

Vessie.  V.  Bingham. 

WoBSTEU  (John).  Sur  la  coqueluche;  extrait.  272 

Wbd'ekind.  Mémoire  sur  l’usage  externe  du  sublimé  corrosif;  extr.  280 

Toi  ^ 


DE  MtGHEEET,  RUE  DU  DRAGON,  N.“  20. 


IMEUIMERIE